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Sénégal : le TER, cadeau de Noël de Macky Sall

décembre 27, 2021
Le TER, lors de sa phase de test, en juin 2021. © Sylvain Cherkaoui pour JA

Attendu depuis longtemps, critiqué par l’opposition pour son coût jugé exorbitant, le Train express régional (TER) est enfin une réalité. JA l’a emprunté.

« Et pourtant il roule ! » C’est ce que le président Macky Sall, paraphrasant Galilée, pourrait lancer, ce 27 décembre au soir, à ses compatriotes depuis la gare de Diamniadio, lors de l’inauguration officielle du Train express régional (TER). Ce projet ferroviaire pharaonique, censé donner un nouveau souffle aux transports interurbains entre la capitale sénégalaise et sa grande banlieue – dont les études préparatoires avaient été lancées en 2014 et les travaux en 2016 -, aura fait couler beaucoup d’encre jusqu’à son entrée en service, déjà reportée.

Le trafic passagers (115 000 voyageurs par jour, selon les estimations) devrait atteindre son rythme de croisière d’ici à la mi-janvier, après un « programme découverte » offert aux usagers afin qu’ils puissent « s’approprier » dans un premier temps ce nouveau moyen de transport, dixit l’entourage présidentiel.

Chiffres vertigineux

« Avec un tel budget, j’aurais pu concevoir une liaison ferroviaire entre Dakar et Tambacounda [ville située à 460 kilomètres au sud-est de Dakar] », ironise un entrepreneur sénégalais, résumant les critiques souvent formulées contre le budget estimé de l’ouvrage. Les chiffres avancés oscillent en effet entre 750 milliards de francs CFA côté gouvernemental – 1,15 milliard d’euros – et 1 000 milliards selon l’opposant Ousmane Sonko – soit 1,5 milliard d’euros…

La construction du TER et de ses nouveaux rails a par ailleurs impliqué une vingtaine d’entreprises françaises – dont Eiffage, Engie, Thalès, SNCF – mais aussi turques et sénégalaises. Une autre critique récurrente faite au projet, qui n’aurait pas fait la part assez belle aux entreprises locales, même si le personnel recruté pour assurer l’exploitation du Train express régional est essentiellement originaire du pays.

Censé désengorger le trafic routier entre Dakar et sa banlieue (une agglomération surpeuplée qui concentre près du quart des 17 millions d’habitants du pays sur 0,3 % du territoire national), ce projet novateur en termes de transport urbain est, cette fois, sur les rails.

Une gare ressuscitée

Au lendemain de Noël, Jeune Afrique est allé s’en assurer. Au Plateau, en centre-ville, la gare de Dakar a retrouvé des couleurs. Niché face à la Place des tirailleurs africains, derrière la statue de Demba et Dupont –  le tirailleur sénégalais et le marsouin français -, ce bâtiment d’inspiration coloniale datant du début du XXe siècle était devenu un vestige architectural plus qu’un hub ferroviaire.

Pour seule activité, au cours des dernières années, cette gare devenue orpheline avait dû se contenter du « Petit train de banlieue » (aussi dénommé « Petit train bleu »), une connexion banlieusarde archaïque reliant Dakar à Rufisque en passant par Thiaroye. Et, en guise de « grandes lignes », d’une liaison entre Dakar et Saint-Louis (au nord), hors d’usage depuis des années, et du fameux chemin de fer Dakar-Niger, qui permettait de rallier Bamako en 36 heures, une fois par semaine.

Ce dimanche 26 décembre, la donne a changé. Dans le hall – modernisé – de la gare de Dakar, une boutique Aelia et un Relais H sont encore en sommeil en attendant leur ouverture au public, tandis que des techniciens de la Radio-Télévision sénégalaise (RTS) déploient leurs câbles afin d’immortaliser l’événement. Pour accéder aux quais, des tourniquets modernes assureront demain le filtrage.

Sous le regard vigilant de gendarmes et de militaires – dont l’un, en treillis, filme l’événement tel un journaliste-reporter d’images -, un groupe de lycéens emmenés par un guide de la Seter (la société d’exploitation du TER, qui cédera bientôt la place à la sénégalaise Senter) s’ébroue sur les quais à la découverte des rames ultramodernes qui suppléeront les « cars rapides » hors d’âge, les « Ndiaga Ndiaye » (minibus) bondés et les « taxis clandos ».

Climatisation et rames silencieuses

Entre Dakar et Yeumbeul, une commune de la grande banlieue, JA a pu tester le TER à la veille de son entrée en service. Autant le dire sans ambages : le résultat – fût-il jugé trop tardif ou trop onéreux – dépasse de loin les espérances. Rames ultramodernes, silencieuses et confortables, wifi et climatisation généralisés, prises électriques entre les sièges dans les wagons de première classe, permettant de brancher un ordinateur ou de charger son téléphone portable…

À vide, si l’on devait le comparer à ses homologues français, le successeur du Petit train bleu aurait plus à voir avec un TGV qu’avec une rame de RER entre Les Halles et Torcy-Marne-la-Vallée, en région parisienne.

Reste à savoir, bien sûr, ce que les Sénégalais en feront. Dans un pays où il est banal de transporter des sacs de guédj (poisson séché, à l’odeur très envahissante) ou de ramener son mouton, ligoté, lors de la Tabaski, sur le toit d’un Ndiaga Ndiaye ou dans le coffre d’un taxi, le choc des cultures risque de faire des étincelles au sein de cette modernité ferroviaire.

PAS DE SACS EXHALANT LES ODEURS DU TERROIR CULINAIRE ; ET PAS D’ANIMAUX NON HOMOLOGUÉS À BORD DES RAMES

C’est pourquoi la société chargée d’exploiter ce nouveau bijou a déjà annoncé la couleur : pas de sacs non étanches exhalant les odeurs du terroir culinaire ; et pas d’animaux non homologués à bord des trains.

Révolutionnaire, mais modeste

C’est à Colobane, à un jet de pierre du centre-ville de Dakar, que bat le cœur du TER. D’un côté, un atelier de maintenance où les rames sont révisées, contrôlées ou réparées. Dans un bâtiment connexe, ce dimanche 26 décembre, une quinzaine d’employés s’affairent dans le Centre des opérations ferroviaires, semblable à une tour de contrôle, soucieux qu’aucune avanie ne vienne entacher l’inauguration officielle prévue le lendemain.

Sur un écran géant, sous la coordination de la superviseure Aïssatou Diagne, ils suivent en temps réel le trafic grâce à un système combinant la représentation électronique des trains en service et les images des caméras de vidéosurveillance placées dans les différentes gares parsemant le parcours du TER : Hann, Baux-Maraîchers, Pikine Thiaroye, Yeumbeul, Keur Massar, Mbao, Bargny, Rufisque…

Aussi révolutionnaire soit-elle, l’entrée en service du TER reste, pour l’heure, modeste. Dans cette première phase d’exploitation, il reliera en effet Dakar à la ville nouvelle de Diamniadio, à une trentaine de kilomètres du centre-ville.

Pour se rendre en TER jusqu’à l’aéroport international Blaise Diagne (AIBD), et éviter ainsi les bouchons sur l’autoroute aux heures de pointe, il faudra encore attendre jusqu’à la fin de 2022 – « hors taxes », comme on dit au Sénégal pour signifier qu’une rallonge dans les délais n’est jamais à exclure.

Absence d’embouteillages

Dans l’immédiat, les tarifs affichés apparaissent raisonnables si on les compare aux transports en commun routiers traditionnels : de 550 francs CFA (80 centimes d’euro) à 1 500 francs CFA (2,20 euros) en seconde classe, en fonction du trajet effectué ; et jusqu’à 2 500 francs CFA (près de 4 euros) en première classe.

Avec un net avantage toutefois : la fréquence des trains (en moyenne, une rame toutes les dix minutes en journée), la couverture horaire (de 5h30 à 22 heures) et… l’absence d’embouteillages !

Ce qui, dans la région de Dakar, relève d’un miracle dont seule une fête religieuse comme Noël était susceptible d’accoucher…

Avec Jeune Afrique par Mehdi Ba à Dakar

Au Sénégal, Macky Sall ressuscite le poste de Premier ministre

novembre 25, 2021
Le président sénégalais Macky Sall salue ses partisans après avoir voté pour la présidentielle à Fatick, le 24 février 2019. © SEYLLOU/AFP

Supprimé au lendemain de la réélection de Macky Sall, en février 2019, le poste de Premier ministre vient de faire sa réapparition au Sénégal. Reste à savoir qui en héritera.

« Monsieur le Président de la République a promulgué ce jour la loi constitutionnelle portant suppression du poste de Premier ministre ». Le 14 mai 2019, quelques semaines après avoir été réélu au premier tour de la présidentielle (avec 58,26 %), Macky Sall annonçait cette réforme controversée, entérinée par l’Assemblée nationale quelques jours plus tôt : il se passerait désormais de Premier ministre et piloterait en solo l’action du gouvernement.

En guise d’explication, un slogan anglo-saxon : « fast-track ». « Quand on aspire à l’émergence et qu’on est tenu par l’impératif du résultat, l’urgence des tâches à accomplir requiert de la diligence dans le travail. Ce qui doit être fait aujourd’hui ne peut être remis à demain. Voilà le cap que j’entends fixer aux équipes qui m’accompagneront dans ce nouvel élan de réformes transformatives », se justifiait alors Macky Sall.

Diligence

Censée améliorer cette volonté de réformes énergiques, la suppression du poste de Premier ministre avait été entérinée par une large majorité de députés, même si les détracteurs du chef de l’État avaient alors fait valoir qu’elle n’avait pas été annoncée par Macky Sall avant sa réélection – dès le premier tour -, en février 2019.

Dix-neuf mois plus tard, celui-ci a donc changé son fusil d’épaule. Ce 24 novembre, peu avant de quitter le Sénégal pour la République démocratique du Congo (RDC), où il doit notamment préparer la transition à la présidence de l’Union africaine (UA) avec son homologue Félix Tshisekedi, Macky Sall a en effet informé son gouvernement qu’il revenait sur ses pas et comptait ressusciter la fonction de Premier ministre.

Révision

« Le Président de la République a par ailleurs informé le Conseil de sa volonté d’initier une révision de la Constitution en vue de l’instauration du poste de Premier ministre, peut-on lire dans le communiqué officiel du Conseil des ministres en date du 24 novembre. Cette restauration, qui vient ainsi adapter l’organisation du pouvoir exécutif à un nouvel environnement économique et sociopolitique, s’accompagne d’une nécessaire requalification des rapports entre l’exécutif et le législatif, notamment la réintroduction de la responsabilité du gouvernement devant l’Assemblée nationale et le pouvoir de dissolution de celle-ci, dévolu au Président de la République. »

Un retour à la situation antérieure donc, dans le cadre d’une réforme qui sera soumise à l’Assemblée nationale en procédure d’urgence au cours des prochains jours, et dont l’adoption ne devrait être qu’une formalité.

Reste à savoir à quelle échéance le prochain Premier ministre prendra ses fonctions et, surtout, qui sera l’heureux élu.

Selon nos informations, Amadou Ba, ministre de l’Économie et des Finances de 2013 à 2019 puis des Affaires étrangères jusqu’au remaniement du 1er novembre 2020, semble en pole position. Mais Amadou Hott, devenu ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération internationale en 2019, est également évoqué comme un possible candidat.

Avec Jeune Afrique par Medhi Ba

Depuis le Sénégal, Antony Blinken met en garde le groupe Wagner contre toute ingérence au Mali

novembre 21, 2021
Antony Blinken et Macky Sall, à Dakar, le 20 novembre 2021. © AP/SIPA

Le secrétaire d’État américain, Antony Blinken, a mis en garde le 20 novembre le groupe russe Wagner contre toute ingérence au Mali, appelant à une transition rapide vers un pouvoir civil.

En visite au Sénégal, dernière étape de sa tournée africaine, Antony Blinken a déclaré que les États-Unis « contribuent avec le Mali et d’autres partenaires aux efforts pour la stabilité » dans ce pays. « Je pense qu’il serait malheureux si des acteurs étrangers s’engageaient en rendant les choses encore plus difficiles et plus compliquées, et je pense en particulier au groupe Wagner », a-t-il déclaré devant la presse.

Les autorités maliennes n’excluent pas de recourir aux services de cette société privée russe, soupçonnée d’être proche du président Vladimir Poutine, pour aider dans la lutte contre les jihadistes. Pour nombre d’ONG et de journalistes, la Russie utilise le groupe Wagner et ses mercenaires pour servir ses intérêts à l’étranger, ce que nie le Kremlin.

Sanctions

Les ministres français des Affaires étrangères et des Armées, Jean-Yves Le Drian et Florence Parly, ont, lors d’un entretien à Paris le 12 novembre avec leurs homologues russes Sergueï Lavrov et Sergueï Choïgou, « exprimé le caractère inacceptable que revêtirait le déploiement de mercenaires de Wagner dans la bande sahélo-saharienne », selon un communiqué de la diplomatie française.

Le secrétaire d’État américain a également plaidé pour la tenue d’élections. « Dès qu’un gouvernement démocratiquement élu prendra fonction, la communauté internationale sera prête pour soutenir le Mali », a assuré Antony Blinken, alors que la Cedeao a récemment imposé des sanctions individuelles à 150 personnalités politiques, en raison du retard pris dans l’organisation des élections devant consacrer le retour du pouvoir aux civils.

Par Jeune Afrique avec AFP

Troupes américaines en Afrique : les USA feront « ce qu’il faut », assure Mike Pompeo

février 16, 2020

Mike Pompeo et Macky Sall à Dakar, le  février .

Mike Pompeo et Macky Sall à Dakar, le février . © Andrew Caballero-Reynolds/AP/SIPA

 

Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a assuré dimanche à Dakar que les États-Unis veilleraient à faire « ce qu’il faut » en partenariat avec leurs alliés au sujet de la réduction ou non de leur présence militaire en Afrique, notamment au Sahel confronté aux violences jihadistes.

Mike Pompeo, qui s’exprimait devant la presse, s’est gardé de tout engagement et a laissé ouverte la question d’une réduction ou non des forces combattantes américaines en Afrique, actuellement à l’examen à Washington.

Peu auparavant, le ministre sénégalais des Affaires étrangères Amadou Ba, à ses côtés, avait indiqué que les États-Unis avaient fait part aux dirigeants sénégalais « de leur volonté de retirer leurs forces combattantes ». « Cela ne signifie pas pour nous le retrait des forces américaines » dans leur totalité, a-t-il ajouté en parlant du soutien apporté par les Américains dans les domaines de la formation et du renseignement.

Examen au Pentagone

« Plus que jamais, l’Afrique est confrontée à des défis majeurs liés à l’insécurité et au terrorisme, elle a besoin des États-Unis d’Amérique, qui sont un allié stratégique pour un retour définitif à la paix et à la stabilité », a dit le ministre sénégalais. « Nous ferons ce qu’il faut, nous ferons ce qu’il faut collectivement, j’en suis convaincu », a répondu Mike Pompeo en évoquant les partenaires sénégalais, africains, français et européens des États-Unis.

Mike Pompeo a rappelé que le niveau des forces déployées en Afrique était en cours d’examen au Pentagone. « Je suis convaincu que quand nous aurons terminé cet examen, nous en discuterons, non seulement avec le Sénégal, mais tous les pays de la région, nous discuterons des raisons de ce que nous faisons, de la manière dont nous le faisons, et nous parviendrons à un résultat qui marche pour tout le monde », a-t-il dit.

Par Jeuneafrique avec AFP

Interdire l’homosexualité n’a rien d’homophobe, dit le président sénégalais à Trudeau

février 12, 2020

 

Le président Macky Sall a déclaré mercredi que l’interdiction de l’homosexualité au Sénégal relevait de la spécificité culturelle de son pays et n’avait «rien à voir» avec l’homophobie, en présence du Premier ministre canadien Justin Trudeau, qui a «brièvement» évoqué le sujet avec lui.

«Je suis toujours à la défense des droits humains et j’amène toujours ces enjeux-là partout où je vais», a dit lors d’un point presse commun à Dakar M. Trudeau, connu pour son engagement en la matière. «Le président Macky Sall connaît très bien mes perspectives là-dessus et on en a parlé brièvement», a-t-il ajouté. Il a mis en contrepoint le fait que le Sénégal est, selon lui, «un leader en matière de démocratie, en terme de valeurs. On a tous du travail à faire encore».

«Seulement, les lois de notre pays obéissent à des normes qui sont le condensé de nos valeurs de culture et de civilisation», a-t-il dit. «Cela n’a rien à voir avec l’homophobie. Ceux qui ont une orientation sexuelle de leur choix ne font pas l’objet d’exclusion», a-t-il insisté. Apostrophé par une journaliste qui lui demandait en quoi des lois interdisant l’homosexualité ne relevaient pas de l’homophobie, M. Sall s’est gardé d’expliquer. Mais il n’a pas exclu une évolution.

«On ne peut pas non plus demander au Sénégal de dire: +Demain, on légalise l’homosexualité, et, demain, c’est la gay parade, etc+», a-t-il ajouté, en référence aux Gay Pride ou «marches des fiertés» organisées dans d’autres régions du monde. «Ca, c’est pas possible parce que notre société ne l’accepte pas. La société, elle va évoluer, ça prendra le temps que ça prendra», a dit le président sénégalais. «Chaque pays a son propre métabolisme», a-t-il insisté quant au rythme de cette évolution.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Sénégal : Abdoulaye Wade reçu par Macky Sall au Palais présidentiel

octobre 13, 2019

Le président sénégalais Macky Sall et son prédécesseur lors de l’inauguration de la grande mosquée Massalikoul- Djinane, le 29 septembre. © Papa Matar Diop/Présidence Sénégal

 

Deux semaines après avoir publiquement scellé leur réconciliation, Macky Sall et Abdoulaye Wade se sont rencontrés samedi, à huis clos, au Palais présidentiel.

Après s’être affiché main dans la main avec son prédécesseur à l’inauguration de la mosquée Massalikoul Djinane le 27 septembre, à Dakar, Macky Sall avait promis à Abdoulaye Wade de lui rendre visite « bientôt ».

Ce samedi 12 octobre, c’est pourtant le leader du PDS qui s’est présenté devant le chef de l’État, au Palais présidentiel. Une seconde apparition publique commune pour les deux hommes, irréconciliables depuis 2012.

Arrivés à la présidence de la République aux alentours de 17 heures, Abdoulaye Wade a été accueilli dès la descente de la voiture, et « avec tous les honneurs » par celui qui fut un temps son protégé. Tous deux drapés de boubous blancs, dans lesquels certains pourraient voir un symbole d’apaisement, ils ont foulé devant la presse les marches du Palais avant de s’isoler un salon.

Entretien en tête-à-tête

D’abord accompagnés de leurs délégations respectives (Aly ngouille Ndiaye, Augustin Tine ou Seydou Guèye côté présidentiel ; Mayoro Faye et Nafissatou Diallo notamment côté PDS), les patrons de l’APR et du PDS se sont ensuite longuement entretenus à huis clos.

Près de trois heures trente de discussions au cours desquelles les deux chefs d’État « ont fait un large tour d’horizon de la situation politique nationale », abordant notamment la question « du processus électoral et du statut du chef de l’opposition, thèmes qui seront repris lors du dialogue national », a annoncé le responsable de la communication du PDS Mayoro Faye, chargé de lire un communiqué conjoint à l’issue de la rencontre.

Le dossier Karim Wade

« Dans la perspective d’un potentiel gouvernement d’union nationale à venir, Abdoulaye Wade tient à sécuriser certains sujets qui devront être abordés lors du dialogue national », assurait déjà l’un de ses proches à Jeune Afrique avant la rencontre, évoquant la révision du code électoral, la gestion des ressources naturelles, mais avant tout le dossier Karim Wade.

Si la déclaration lue à la presse fait effectivement état des recommandations d’Abdoulaye Wade sur la gestion du pétrole du gaz, le nom de Karim Wade n’a en revanche pas été publiquement prononcé.

En exil au Qatar depuis 2016, le fils de l’ancien président est toujours sous la menace d’un retour en prison s’il remettait les pieds au Sénégal sans s’être acquitté de l’amende de près de 200 millions d’euros à laquelle il a été condamnée en 2015. Une contrainte par corps que « le Vieux » travaille à faire lever depuis plusieurs mois, comme l’annonçait Jeune Afrique dans son édition du 6 octobre.

« Fraternité » et « sérénité »

« Macky s’est engagé à en étudier les écueils techniques », confiait à ce sujet un leader de l’opposition proche d’Abdoulaye Wade interrogé par Jeune Afrique début octobre. En contrepartie Abdoulaye Wade, aurait accepté de mettre de l’eau dans son vin, notamment en participant au dialogue national convoqué par Macky Sall après avoir déposé ses armes d’opposant lors de l’élection présidentielle de février dernier.

Des négociations qui auraient trouvé un élan lors de la rencontre des deux hommes lors de la dernière Tabaski, selon un collaborateur de Macky Sall, et qui pourraient reprendre « à une date encore à définir ».  À leur séparation vers 20h45, et après s’être réjoui d’une « rencontre toute empreinte de fraternité et de sérénité », Macky Sall a en effet réitéré sa promesse de rendre visite à Abdoulaye Wade, à son domicile cette fois-ci.

Jeuneafrique.com par Manon Laplace à Dakar

Sénégal : la révision de la Constitution adoptée à l’Assemblée nationale

mai 5, 2019

Macky Sall après avoir voté à Fatick lors de la présidentielle, le 24 fevrier 2019. © Sylvain CHERKAOUI pour JA 

Les députés sénégalais ont adopté le 4 mai le projet de révision constitutionnelle visant à supprimer le poste de Premier ministre. Avec seulement 7 voix contre et 7 abstentions, l’opposition a brillé par son absence.

Moins d’un mois après l’annonce de la volonté de Macky Sall de supprimer le poste de Premier ministre, l’Assemblée nationale sénégalaise a adopté le 4 mai le projet de révision de la Constitution avec 124 voix pour, 7 contre et 7 abstentions. Si l’issue du vote ne fut pas une surprise – la coalition présidentielle disposant d’une majorité qualifiée des 3/5e, suffisante pour entériner la révision constitutionnelle –, le très faible nombre de voix contre interroge.

Malgré les 38 sièges que comptent les députés de la minorité et la contestation soulevée par l’opposition pendant les neuf heures de débat qui ont précédé le vote, seuls sept parlementaires se sont opposés au projet de loi, sept autres se sont abstenus. L’opposition a également brillé par l’absence de certaines de ses principales figures, à l’instar du député Ousmane Sonko, arrivé troisième à l’élection présidentielle du 24 février 2019. « Il était en déplacement à Bignona », justifie un membre de son équipe.

Présents dans l’hémicycle, sept députés du Parti démocratique sénégalais (PDS) ont décidé de s’abstenir, face à « une loi sans intérêt ». « Le PDS refuse de participer au vote d’une révision pour laquelle le président n’a pas jugé nécessaire de discuter avec les différents acteurs politiques. Ni d’en parler durant sa campagne et qui n’a pour seul objet que de rendre le pouvoir de Macky Sall monocéphale », confie le député Toussaint Manga.

L’opposition aux abonnés absents ?

Déjà à l’annonce du projet de révision, l’opposition n’avait pas, ou très peu, réagi. Il aura fallu attendre plus de trois semaines pour que les quatre candidats à la présidentielle – Ousmane Sonko, Idrissa Seck, Issa Sall et Madické Niang – publient un timide communiqué commun, déplorant que « des modifications aussi substantielles de la Constitution aient été initiées en l’absence de toute forme de concertation ».

« Ce projet de loi aurait dû faire l’objet d’une concertation ou être annoncé par votre candidat lors de la campagne électorale », a renchéri Aïssatou Sabara dans l’hémicycle. En effet, la suppression du poste du Premier ministre ne figurait pas dans le programme du candidat Macky Sall pour la présidentielle de février. Pas plus qu’il n’a été soumis au vote des citoyens lors du référendum de 2016 portant sur la révision de la Constitution. Bien que l’idée soit apparue dès le premier mandat de Macky Sall, selon un proche de la présidence.

« Avec ce projet, le chef de l’État n’est plus le chef de l’exécutif, il est l’exécutif lui-même. Or, la démocratie nécessite une déconcentration du pouvoir. Avec cette révision constitutionnelle, l’instabilité institutionnelle deviendra la règle », a mis en garde Cheikh Mamadou Abiboulaye Dieye.

« Les pouvoirs exorbitants de Macky Sall »

Parmi les arguments mis en avant par les parlementaires opposés au texte : le basculement vers un « régime présidentialiste » jugé autoritaire. « Cette révision viendra renforcer les pouvoirs déjà exorbitants du président de la République », a fustigé la députée de l’opposition Aïssatou Sabara lors des débats.

Du côté de l’exécutif, on martèle la nécessité d’accélérer la mise en œuvre des réformes et de passer en mode « fast track » pour atteindre l’émergence. Le mandat présidentiel étant passé de sept à cinq ans, l’exécutif veut « faire sauter les goulots d’étranglement ». Seul à la tête de l’exécutif, Macky Sall pourra ainsi « être lui-même au contact direct avec les niveaux administratifs » chargés d’appliquer ses politiques.

Un risque de blocages institutionnels ?

Pour les quelques membres de l’opposition présents dans l’hémicycle, cette nouvelle Constitution « signe la mort du gouvernement en tant qu’institution », selon les mots de Cheikh Mamadou Abiboulaye Dieye, député non-inscrit. Pour cause, selon la nouvelle loi fondamentale, le gouvernement n’est plus tenu de rendre des comptes à l’Assemblée qui pouvait jusqu’ici voter la confiance et déposer une motion de censure à son endroit. À l’inverse, l’exécutif ne serait plus en mesure de dissoudre l’Assemblée nationale. « Il s’agissait de deux armes de dissuasion dont disposaient les deux institutions. En se retirant le droit de dissoudre l’Assemblée, le président permet à l’Assemblée de gagner en sérénité, donc en indépendance », a justifié le garde des Sceaux Malick Sall, qui représentait le gouvernement.

Mamadou Diop Decroix, vice-président du groupe parlementaire Liberté et démocratie, s’est fendu d’une intervention virulente à l’endroit de l’ « Empereur » Macky Sall. Pour le député, cette révision vise à empêcher l’opposition de désigner un Premier ministre si elle obtient la majorité parlementaire aux législatives de 2022. « Cela entraînera de nombreux blocages, car l’Assemblée trouvera des moyens pour saboter le travail [de Macky Sall] et l’empêcher de gouverner », promet-il.

Si la révision est censée supprimer le pouvoir de l’exécutif de dissoudre l’Assemblée, l’opposition craint que l’article 52 de la nouvelle Constitution ne l’y autorise quand même, en cas de blocages institutionnels. « Lorsque les institutions de la République (…) sont menacées d’une manière grave et immédiate, et que le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ou des institutions est interrompu, le président de la République dispose de pouvoirs exceptionnels. Il peut (…) prendre toute mesure tendant à rétablir le fonctionnement régulier des pouvoirs publics et des institutions », dispose l’article en question.

Vers une réforme de l’administration

« Cette révision constitutionnelle permettra de mettre en œuvre plus rapidement les réformes nécessaires pour atteindre les orientations et objectifs de la majorité, notamment autour du Plan Sénégal émergent (PSE) », estime quant à lui Pape Biram Touré, vice-président du groupe parlementaire majoritaire Benno Bokk Yaakaar.

Désormais seul aux manettes, Macky Sall entend à présent s’atteler à une réforme en profondeur de l’administration pour la rendre « plus efficace, plus diligente », comme il l’a appelé de ses vœux lors de son discours d’investiture le 2 avril. Pour cela, il devrait notamment mettre l’accent sur la décentralisation des administrations. Des réformes qui seront annoncées sous peu, l’exécutif étant désormais en mode « fast track » face à une opposition quasi inaudible.

Jeuneafrique.com par Manon Laplace – à Dakar

Chine-Afrique: le président sénégalais rejette les critiques sur la dette

septembre 4, 2018

Le président du Senegal Macky Sall (au centre) parle avec son homologue chinois Xi Jinping à Pékin le 2 septembre 2018n / © POOL/AFP / Nicolas ASFOURI

Le président sénégalais Macky Sall a appelé mardi l’Afrique à ne « pas avoir la conscience perturbée » par les critiques occidentales contre la dette des pays africains vis-à-vis de Pékin, assurant que ce dossier était « parfaitement maîtrisé ».

M. Sall s’exprimait lors de la conférence de presse finale du 7e Forum sur la coopération sino-africaine (Focac). Ce sommet diplomatique et commercial a réuni pendant deux jours des dirigeants de 53 pays africains.

« Tout ce que nous faisons avec la Chine – j’insiste là-dessus – est parfaitement maîtrisé, y compris le volet financier, le volet de la dette », a souligné Macky Sall, dont le pays hérite de la coprésidence tournante du Focac.

« Nous ne devons pas avoir la conscience perturbée par les critiques faites sur la nature de nos relations avec la Chine », a-t-il martelé au côté du président chinois Xi Jinping.

La Chine est le premier partenaire commercial de l’Afrique. Elle investit annuellement plusieurs milliards de dollars sur le continent depuis 2015 dans des infrastructures (routes, chemins de fer, ports) ou des parcs industriels. Des investissements largement salués par les pays africains.

Ces initiatives chinoises suscitent toutefois des critiques croissantes venues d’institutions ou d’instituts de recherche occidentaux. Ils estiment que l’endettement de l’Afrique est en grande partie dû aux prêts généreux accordés par Pékin.

« La Chine n’a pas augmenté le niveau d’endettement de l’Afrique. Les raisons derrière la dette africaine sont complexes », a réagi mardi Xu Jinghu, la représentante spéciale du gouvernement chinois pour les Affaires africaines.

Elle incrimine les fluctuations de l’économie mondiale « qui ont accru le coût du financement pour l’Afrique » et le recul des recettes fiscales pour les pays exportateurs de matières premières à la suite de la baisse des cours mondiaux.

« Même pour les pays lourdement endettés, la Chine n’est pas le principal créancier. C’est donc insensé et infondé de mettre la dette africaine sur notre dos », a plaidé Mme Xu.

Xi Jinping a promis lundi une nouvelle enveloppe de 60 milliards de dollars dédiée au développement de l’Afrique. Elle comprend notamment des investissements et des prêts supplémentaires pour le continent.

« Nous serons très consciencieux (avec cette somme). Nous ferons une étude de faisabilité complète avant de sélectionner un projet », a souligné Xu Jinghu. « Il s’agira d’aider l’Afrique à renforcer sa capacité d’autosuffisance, et d’éviter (d’accroître) la dette ».

Romandie.com avec(©AFP / (04 septembre 2018 16h06)

Sénégal: Khalifa Sall perd la mairie de Dakar sur décision du président

août 31, 2018

Une banderole demandant la libération du maire de Dakar, Khalifa Sall, brandie par ses partisans dans la capitale sénégalaise, le 31 juillet 2017. / © AFP/Archives / SEYLLOU

Le président sénégalais Macky Sall a révoqué vendredi par décret de ses fonctions le maire de Dakar, Khalifa Sall, au lendemain de sa condamnation en appel à cinq ans de prison pour escroquerie sur les deniers publics, soulevant les protestations de ses avocats et de défenseurs des droits de l’homme.

« Monsieur Khalifa Ababacar Sall est révoqué de ses fonctions de maire de la Ville de Dakar », selon un décret signé par Macky Sall et par le Premier ministre, Mahammed Boune Abdallah Dionne.

La Cour d’appel de Dakar a confirmé jeudi la peine de cinq ans décidée en première instance à l’encontre du maire de Dakar, l’un des principaux opposants au chef de l’Etat et candidat déclaré à la présidentielle de février 2019.

Sa révocation a fait l’objet d’éditions spéciales à la télévision et à la radio.

« La condamnation du maire de Dakar par la Cour d’appel le prive de la capacité juridique et de l’autorité morale nécessaires à l’exercice de ses fonctions », d’après un rapport du ministre de la Gouvernance territoriale, qui a la tutelle sur les villes, et sur lequel se fonde notamment le décret.

– « Persécution » –

La révocation du maire de Dakar a été immédiatement dénoncée comme « illégale, anti-démocratique et sans fondement » par un de ses avocats, Amadou Ali Kâne, joint par téléphone par l’AFP.

« Khalifa Sall n’est pas définitivement condamné. Nous sommes dans les délais de recours et en matière pénale ceux-ci sont suspensifs. Il avait six jours à partir » de la date de sa condamnation en appel « pour se pourvoir en cassation », a déclaré Me Kâne, évoquant les textes qui organisent la Cour suprême au Sénégal.

« Le harcèlement et la persécution (contre le maire de Dakar) semblent se confirmer. Cette décision est manifestement illégale », a également déclaré sur une radio Me Assane Dioma Ndiaye, président de la Ligue sénégalaise des droits de l’homme (LSDH) et avocat de Khalifa Sall.

« C’est catastrophique à ce stade de la procédure que le président Macky Sall prenne un décret pour révoquer Khalifa Sall. C’est admettre qu’il est (définitivement) fautif alors que les voies de recours ne sont pas encore terminées », a fait remarquer Babacar Ba, du Forum du justiciable, une organisation de défense des droits de l’homme.

« Khalifa Sall est toujours présumé être innocent. Où sont les conseillers et les juristes du président de la République », s’est demandé M. Ba.

Le maire de Dakar Khalifa Sall, le 6 décembre 2010, dans la capitale sénégalaise. / © AFP/Archives / Erick-Christian AHOUNOU

La défense du maire et son entourage avaient annoncé jeudi un recours devant la Cour suprême après sa condamnation en appel et confié son intention de se présenter à la présidentielle.

– Dissident –

Le porte-parole du gouvernement sénégalais, Seydou Guèye, n’avait pas répondu vendredi en fin d’après-midi aux appels de l’AFP.

La cour d’appel a condamné Khalifa Sall à cinq ans de prison ferme et à verser « solidairement » avec trois de ses sept coaccusés la somme de 1,8 milliard de francs CFA (environ 2,75 millions d’euros) à l’Etat du Sénégal.

Khalifa Sall, en détention depuis mars 2017, avait été condamné en première instance pour « escroquerie portant sur des fonds publics » et « faux en écriture », pour le détournement d’environ 2,5 millions d’euros prélevés entre 2011 et 2015 sur les caisses de la Ville de Dakar.

Maire depuis 2009, ce dissident du Parti socialiste (PS) et de la majorité présidentielle affirme que les poursuites judiciaires à son encontre visent à l’empêcher de se présenter à la présidentielle, ce que démentent les responsables de la majorité.

Homme politique populaire de 62 ans, Khalifa Sall est considéré comme l’un des rares adversaires à pouvoir menacer dans les urnes le président sortant Macky Sall, qui devrait briguer un second mandat.

Jeudi, la Cour suprême du Sénégal avait par ailleurs rejeté jeudi le pourvoi d’un autre opposant, Karim Wade, fils et ministre de l’ex-président Abdoulaye Wade (2000-2012), contre sa radiation des listes électorales. Un décision qui constitue un revers judiciaire pour cet autre candidat déclaré à la présidentielle qui, selon son avocat, conserve néanmoins des chances de se présenter.

Romandie.com avec(©AFP / (31 août 2018 20h43)

Le président chinois au Sénégal pour renforcer les échanges avec l’Afrique

juillet 21, 2018

Dakar – La Chine et le Sénégal ont signé samedi soir de nouveaux accords pour renforcer leurs liens économiques, à l’occasion de la visite d’Etat à Dakar du président Xi Jinping, la première à ce niveau en près de dix ans.

Arrivé samedi en fin d’après-midi à Dakar, le dirigeant chinois a été accueilli par son homologue sénégalais Macky Sall, première étape d’une tournée africaine qui doit le mener ensuite au Rwanda et en Afrique du Sud.

Les deux chefs d’Etat ont eu des entretiens sur « la coopération bilatérale, les relations sino-africaines et l’actualité internationale », a déclaré le président Sall, lors d’un point de presse conjoint avec son homologue chinois.

Il a salué la Chine comme « une des grandes économies de l’ère moderne », un peuple dont « le parcours est un message d’espoir » montrant « que le sous-développement n’est pas une fatalité et que la bataille pour le progrès se gagne d’abord par un esprit combatif ».

« Chaque fois que je viens en Afrique, je peux mesurer le grand dynamisme de ce continent, promis à un avenir radieux », a indiqué le président chinois qui s’est dit « pleinement confiant en l’avenir de la coopération sino-africaine ».

Les deux dirigeants avaient auparavant signé dix accords dans des domaines liés à la justice, la coopération économique et technique, les infrastructures, la valorisation du capital humain et l’aviation civile.

Le président chinois a eu droit à un accueil populaire à Dakar où de nombreuses artères étaient pavoisées aux couleurs des drapeaux des deux pays. Des dizaines de cars ayant servi au transport de partisans du président Sall pour cet accueil étaient stationnés près du palais présidentiel.

M. Xi doit remettre dimanche à Macky Sall les clés d’une enceinte de lutte, le sport le plus populaire au Sénégal, construite par des entreprises chinoises.

– 2e partenaire du Sénégal –

La Chine est le deuxième partenaire commercial du Sénégal, derrière la France, avec un volume d’échanges de deux milliards de dollars en 2016, incluant des projets d’infrastructure, selon des chiffres officiels sénégalais.

Les exportations du Sénégal vers la Chine se chiffraient à plus de 115 millions d’euros en 2017, les principaux produits exportés vers la Chine étant des minerais (zircon et titane) et les arachides. La Chine est le premier pays importateur d’arachides sénégalaises, dont les ventes ont atteint 45 milliards de FCFA (68,6 millions d’euros) en 2017 contre 24 milliards de FCFA (36,5 millions d’euros) en 2016.

La Chine est aussi le deuxième fournisseur du Sénégal après la France. Les importations de la Chine sont passées de 227 milliards FCFA (plus de 346 millions d’euros) en 2013 à 367 milliards FCFA (plus de 559 millions d’euros) en 2017.

Cette évolution est expliquée par l’accroissement des importations des produits tels que les appareils de réception, les compteurs d’électricité et les matériaux de construction (tubes, tuyaux et matériel en fer).

La hausse des importations des matériaux de construction est due à la présence des entreprises chinoises au Sénégal pour l’exécution des chantiers de l’Etat.

De nombreuses infrastructures au Sénégal, dont des stades, des routes et autoroutes, un hôpital, un Grand-théâtre, une arène nationale de lutte et un musée des civilisations noires, ont été construites par la Chine.

Globalement, les financements accordés par la Chine au Sénégal depuis 2005, année du rétablissement des relations diplomatiques entre les deux pays, dépassent 1,8 milliard d’euros.

La visite de Xi Jinping, qui doit quitter dimanche le Sénégal, est la deuxième d’un dirigeant chinois dans ce pays après celle de Hu Jintao en février 2009.

Romandie.com avec(©AFP / 21 juillet 2018 21h33)