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Covid-19 : à Madagascar, la riposte face au variant sud-africain

avril 9, 2021
Campagne de vaccination à Kigali, le 10 mars 2021

Déjà présent dans 18 pays du continent, le variant sud-africain du coronavirus, réputé plus agressif et résistant, inquiète. À Madagascar, les soignants adaptent leurs traitements face à ce nouvel ennemi.

Quel mal frappe Madagascar ? Depuis la fin de la première vague, en septembre 2020, on croyait le pays tiré d’affaires. Les hôpitaux avaient repris une activité normale. En août 2020, des spécialistes interrogés par Jeune Afrique estimaient même probable que le pays avait atteint une certaine immunité collective.

Une hypothèse aujourd’hui balayée. Depuis la mi-mars, le Covid s’est réveillé. Plus dur que jamais. Les hôpitaux débordent de patients. Les malades manquent d’oxygène et en meurent. Et la maladie dégénère plus vite en forme grave et en décès.

L’assassin, cette fois-ci, s’appelle « variant sud-africain ». Un nouvel avatar du coronavirus, aussi connu sous le nom de code B.1.351 ou encore 501Y.V2, plus résistant aux anticorps, selon une étude de l’institut Pasteur de Paris datée du 26 mars, et au vaccin de Pfizer (le seul étudié).

Problèmes cardiaques

À la fin mars, il avait déjà été signalé dans 18 pays d’Afrique, dont le Cameroun, le Rwanda, ou la RDC, selon le Africa Centres for Disease Control and Prevention (Africa CDC), une instance de l’Union Africaine. Si le centre ne cite pas Madagascar, « ce variant y est bien présent, confirme l’épidémiologiste André Spiegel, directeur de l’Institut Pasteur de Madagascar. Nous l’avons caractérisé dans les séquençages des génomes des virus Sars-Cov-2 identifiés ici. Mais nous ne savons pas encore quelle est sa proportion par rapport aux autres coronavirus qui circulent dans le pays. »

LE COVID N’EST PAS ESSENTIELLEMENT UNE ATTEINTE RESPIRATOIRE. IL ATTAQUE BIEN D’AUTRES ORGANES »

Comme dans les autres zones touchées, la compréhension de la maladie – et des traitements – s’améliore peu à peu sur la Grande île, déconstruisant certaines idées reçues. « Le Covid n’est pas essentiellement une atteinte respiratoire, affirme le cardiologue Rakotoarimanana Solofonirina, qui mène actuellement des recherches. C’est une maladie vasculaire et systémique qui attaque le cœur, tous les vaisseaux du corps humain, y compris ceux des poumons, des intestins, du cerveau, des reins et des autres organes », souligne-t-il. En observant plusieurs dizaines d’échographies, le professeur a notamment constaté que le virus atteignait le cœur du patient dans l’immense majorité des cas.

En conséquence, au-delà de l’oxygène en cas d’insuffisance respiratoire, Rakotoarimanana Solofonirina plaide pour « des traitements plus spécifiques en fonction des organes atteints ou lésés, comme des anticoagulants pour les complications cardiovasculaires et les embolies pulmonaires, ou comme des anti-inflammatoires (corticoïdes) pour les syndromes inflammatoires ».

Plus agressifs, plus précoces

Le cardiologue estime aussi qu’il faut également changer de comportement face à l’ennemi : « Nous devons nous montrer plus précoces et plus agressifs. Pour le diagnostic, nous devons nous fier à des faisceaux d’indices pointant vers le Covid pour ne pas être pris de court ».

En septembre 2020, une étude de l’OMS a bien confirmé que, sur des patients déjà gravement atteints par le Covid, « l’administration de corticostéroïdes systémiques, par rapport aux soins habituels ou au placebo, a été associée à une baisse de la mortalité toutes causes confondues à 28 jours. » Plus simplement, l’aspirine, par son effet anti-coagulant, réduirait aussi les risques d’admission en unité de soins intensifs et de mortalité à l’hôpital, selon une autre étude sur 412 patients.

À Madagascar, la conséquence directe de ces protocoles, déjà appliqués, est une pénurie d’anticoagulants comme le Lovenox. Les malades peinent également à trouver des vitamines et des oligo-éléments bons pour le cœur, comme le magnésium. « Les besoins actuels dépassent très largement le pic de l’année dernière, affirme un pharmacien. Sur le magnésium, c’est inimaginable : les ventes ont été multipliées de 7 à 10 fois. »

Avec Jeune Afrique par Emre Sari

Madagascar : l’ancien président Didier Ratsiraka est mort

mars 28, 2021
L’ancien président de Madagasacar, Didier Ratsiraka (ici le 8 mai 2020), est décédé le 28 mars 2021 à l’âge de 84 ans.

L’ancien président malgache est décédé à l’âge de 84 ans, ce dimanche 28 mars. Il était hospitalisé depuis le début de la semaine à l’hôpital militaire de Soavinandriana, à Antananarivo.

« L’Amiral a tiré sa révérence ce matin. Il a rejoint les étoiles d’où il continuera à veiller sur nous », pouvait-on lire ce dimanche sur la page Facebook officielle de l’ancien président malgache, Didier Ratsiraka, qui devait son surnom à sa formation d’officier de marine.

Celui qui a dirigé Madagascar par deux fois – de 1975 à 1993 puis de 1997 à 2002 – est décédé tôt dans la matinée de ce dimanche 28 mars à l’hôpital militaire de Soavinandriana, à Antananarivo, où il avait été admis le lundi 22. Les causes de son décès n’ont, pour l’heure, pas été rendues publiques.

Il avait été admis, ainsi que son épouse, « à la suite d’un contrôle de routine dû à une petite grippe ». Le test PCR de dépistage du Covid-19 de l’ancien président s’était révélé négatif, selon ses proches.

« Didier Ratsiraka était un grand homme d’État. Il n’est que justice que la Nation entière soit en deuil », a déclaré Lalatiana Rakotondrazafy Andriatongarivo, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, à l’annonce de son décès.

60 ans de l’Histoire de Madagascar

Acteur et témoin privilégié de l’Histoire de Madagascar et du continent pendant près de six décennies, Didier Ratsiraka avait accordé un long entretien à Jeune Afrique en avril dernier, revenant sur ses souvenirs de militant anticolonialiste et d’homme d’État.

À la question « Quel regard portez-vous aujourd’hui sur les 60 années d’indépendance de votre pays ? », il avait répondu : « Nous avons tous les attributs de l’indépendance : le drapeau, l’hymne, le Parlement… Mais nous n’avons pas une pleine souveraineté. Les cours du café et du cacao sont décidés à Londres, tout comme celui du pétrole est fixé au siège de l’Opep, à Vienne. »

Par Jeune Afrique

Coronavirus : à Madagascar, lancement d’un nouveau laboratoire après des erreurs de diagnostic

mai 21, 2020

Le président malgache Andry Rajoelina, le 9 mai.

Le président malgache Andry Rajoelina, le 9 mai. © Andry Rajoelina/Twitter 

Après des « erreurs » dans les résultats de tests menés conjointement par l’Institut Pasteur de Madagascar et les autorités sanitaires locales, le président Andry Rajoelina a annoncé l’ouverture d’un nouveau laboratoire avant le 26 juin.

Ce jeudi 7 mai, l’étonnement et les interrogations ont gagné la cellule de gestion de crise du Covid-19 à Madagascar. La veille, l’Institut Pasteur, le centre d’analyse de référence du pays, a détecté 67 nouveaux cas de coronavirus dans les échantillons que les autorités sanitaires lui ont transmis [l’institut ne s’occupe que des analyses et non des prélèvements, ndlr]. C’est environ six fois plus que la moyenne des bilans quotidiens.

« C’était inexplicable », se souvient Lalatiana Rakotondrazafy, porte-parole du gouvernement. Le président Andry Rajoelina lui-même décide alors de procéder à de nouveaux tests. Ces prélèvements sont effectués par le laboratoire Mérieux, rattaché à l’Université d’Antananarivo, et les analyses sont confiées conjointement à Pasteur et Mérieux. Dix jours plus tard, lors d’une allocution télévisée, le président Rajoelina annonce que les nouveaux résultats sont sans appel : il n’y a plus que 10 patients positifs sur les 67, soit 85 % de tests erronés.

En coulisses, certains conseillers de la présidence parlent de « manipulation politique » visant à faire gonfler les chiffres du nombre de cas de Covid-19, sans toutefois nommer de coupables. Lors d’une allocution télévisée, le 17 mai, Andry Rajoelina s’est lui aussi interrogé : « Était-ce une défaillance ou un acte volontaire pour semer le trouble ? ». Sans préciser s’il s’agit d’une relation de cause à effet, le chef de l’État a par ailleurs annoncé le lancement d’un nouveau laboratoire avant le 26 juin, date du 60ème anniversaire de l’indépendance. On ignore néanmoins si la nouvelle structure remplacera Pasteur ou si elle viendra augmenter les capacités de tests.

Mesure de l’efficacité du Covid-Organics

Comment expliquer de tels écarts entre les deux séries de prélèvements ? « Notre investigation n’a pas montré de dysfonctionnement dans le processus de diagnostic, a déclaré le directeur de Pasteur, André Spiegel, le 15 mai, lors d’une conférence de presse. Mais tout n’est pas encore élucidé. Une charge virale exceptionnelle dans un échantillon a pu en contaminer d’autres sains », reconnaît-il, sans que l’on sache s’ils l’auraient été avant ou après leur arrivée au laboratoire.

Côté gouvernement, le président Rajoelina « n’a pas été satisfait des réponses données », déclare Lalatiana Rakotondrazafy, qui annonce que les investigations se poursuivent. Les autorités malgaches enquêtent aussi sur la chaîne de prélèvements, dont les équipes, récemment constituées, ne sont pas autant expérimentées que celles de l’Institut Pasteur. Depuis le début de l’épidémie, ce dernier a mené plus de 5 000 tests, à 18,5 euros de coût brut, soit près de 100 000 euros. « Nous ne recevons pas d’argent de la part de l’État malagasy », a précisé l’institut lors de la conférence de presse.

À Madagascar, si les tests mesurent l’avancée de la pandémie, ils évaluent aussi indirectement l’efficacité du Covid-Organics (CVO), la tisane « préventive et curative » contre le coronavirus, à base d’artemisia. Depuis début avril, le président fait la promotion de ce « remède miracle » qu’il a déjà offert à une vingtaine de pays africains. Son efficacité, qui n’a pas été prouvée scientifiquement mais suscite l’espoir d’une partie de la population, pourrait être contredite si le nombre de cas venait à augmenter soudainement à Madagascar.

Sur les trois derniers jours, le pays a compté respectivement 45, 21, puis 18 nouveaux cas. Le 17 mai, Madagascar a aussi annoncé son premier mort du Covid-19. « Toutes les personnes récemment atteintes n’avaient pas pris de CVO », a précisé le président Rajoelina qui n’a, cette fois, pas contesté les résultats des dépistages.

Avec Jeune Afrique par Emre Sari 

 

Madagascar/Covid-19 : Andry Rajoelina démontre l’efficacité du Covid-Organics

mai 12, 2020

 

Le président malgache est monté au créneau, le 11 mai, dans un entretien exclusif accordé à France 24 et RFI, pour défendre son médicament, le « Covid-Organics », tiré de l’artemisia.

 

Andry Rajoelina a soutenu que le seul tort du « Covid-Organics », c’est qu’il provient d’un pays africain. Pour le président, ce produit est efficace, non seulement pour prévenir le coronavirus, mais également pour guérir de la maladie. Il a révélé qu’à Madagascar, 80% de la population se soigne à travers le remède médicinal.

D’ailleurs, renchérit le président, c’est le fruit des recherches réalisées par l’Institut malgache de recherches appliquées, qui a le statut de centre régional de recherche de l’Union africaine. « La situation mondiale de la crise sanitaire fait état de trois cent mille morts, maintenant pourquoi ignorer une possibilité de traitement ? » s’est interrogé le président malgache, rappelant les résultats obtenus par son remède. « La preuve que nous pouvons montrer maintenant, c’est bien évidemment la guérison de nos malades. Il n’y a pas de mort actuellement à Madagascar. L’artemisia a fait ses preuves. Sur un échantillon de cent soixante-onze cas, cent cinq sont guéris, soit un pourcentage de guérison, de 61% », a-t-il expliqué.

Répondant à la question relative à une mise en garde de l’OMS et d’autres spécialistes en médecines, le président malgache a répondu sèchement à ses détracteurs. Pour l’ancien maire de la capitale malgache, Antananarivo, « il y a des non-dits dans leurs argumentations, qui ressemblent tout simplement à des manipulations venant des lobbies ». « Je pense que le problème, c’est que ce produit vient d’Afrique et on ne peut pas admettre qu’un pays comme Madagascar ait mis en place cette formule pour sauver le monde », a déploré le chef de l’Etat. « Si ce n’était pas Madagascar mais un pays européen qui avait découvert ce remède, est ce qu’il y aurait eu autant de doutes. Je ne le pense pas ! », a-t-il déploré.

Interrogé sur l’absence d’essais cliniques confirmant les vertus de sa tisane, Andry Rajoelina a rappelé qu’elle avait « le statut de remède traditionnel amélioré » et ne nécessitait donc, avant d’être distribuée, qu’une « observation clinique selon les indications du guide élaboré par l’OMS », précisant : « Nous avons respecté les normes éthiques reconnues universellement en matière d’études et de recherches cliniques ». « C’est une guerre contre le Covid-19, mais ce n’est pas la force militaire ou la puissance économique qui jouent actuellement, mais Dieu. Le Seigneur nous a donné les plantes médicinales pour aider notre pays et le monde entier à lutter contre cette maladie », a indiqué Andry Rajoelina. « Rien ne nous empêchera d’avancer, ni un pays, ni une organisation », a-t-il insisté, en réponse aux mises en garde de l’OMS.

Même si beaucoup de pays africains ont reçu leurs lots de « Covid-Organics », des scientifiques ainsi que l’OMS émettent toujours des réserves quant à l’efficacité du remède. L’OMS a mis en garde les dirigeants africains contre la tentation de promouvoir et d’utiliser la potion malgache sans tests scientifiques. En effet, Madagascar a fourni à sa population et à plusieurs pays africains un breuvage à base d’artemisia, une plante à l’effet thérapeutique reconnu contre le paludisme, en affirmant qu’il prévenait et soignait le Covid-19. A ce jour, la Grande Île compte officiellement cent quatre-vingt cas d’infections au Covid-19 dont cent cinq guérisons et aucun mort.

 

Avec Adiac-Congo par Yvette Reine Nzaba

Artemisia et plantes médicinales : le « Covid-Organics », symbole de la recherche malgache

avril 30, 2020

Distribution de bouteilles contenant du Covid-Organics, à Madagascar, le 24 avril.

Distribution de bouteilles contenant du Covid-Organics, à Madagascar, le 24 avril. © Alexander Joe/AP/SIPA

 

Le lancement à Madagascar du « Covid-Organics » (CVO) a suscité nombre d’interrogations. Mais pour Marcel Razanamparany, président de l’Académie de médecine, cette initiative met en lumière le travail des chercheurs de l’IMRA, qui a mené l’étude clinique. Et dont le fondateur, Albert Rakoto Ratsimamanga, a toujours prôné l’association entre médecines moderne et traditionnelle.

Dans la course contre la montre pour trouver un remède contre le Covid-19, Madagascar a démarré très tôt un protocole de bithérapie basé sur la chloroquine et l’antibiotique azithromycine, en association avec des traitements émanant de savoirs ancestraux faisant la part belle aux plantes médicinales. Au vu de la richesse de la biodiversité de Madagascar et compte tenu du rôle central des tradipraticiens dans la Grande Île, la décision a été prise de valoriser la médecine traditionnelle.

Sous l’impulsion présidentielle, face aux promesses de la chloroquine et à l’utilisation de l’artemisia par la Chine contre le coronavirus, l’Institut malgache de recherche appliquée (IMRA) et le Centre national de recherche en pharmacologie se sont associés pour mener des études et mettre en place un protocole de recherches sur cette plante déjà connue pour ses vertus contre le paludisme.

Cette démarche, a abouti à l’élaboration du Covid-Organics, un remède traditionnel amélioré composé d’artemisia et d’autres plantes médicinales endémiques, telles que le ravintsara.

Association des médecines traditionnelle et moderne

Abondante sur le sol malgache, l’artemisia annua a déjà fait l’objet de plus d’une vingtaine d’études à Madagascar où elle a été introduite en 1975 par le Pr Albert Rakoto Ratsimamanga pour lutter contre le paludisme. Sa forme médicinale est déjà commercialisée en pharmacie.

Le protocole de recherche a permis à l’équipe de l’IMRA, qui travaille de longue date sur cette plante, de vérifier ses bons résultats dans la diminution et la disparition des symptômes du coronavirus. Une découverte de plus pour ce centre de recherche qui compte à son actif une cinquantaine de remèdes élaborés en associant médecines traditionnelle et moderne, dont l’antidiabétique Madéglucyl et l’anti-tussif Madétoxy.

Fort d’une notoriété nationale et internationale et doté du statut de centre régional de recherche par l’Union africaine, ce centre de recherche médical et pharmaceutique et de formation a été fondé en 1957 grâce aux retombées financières d’un médicament cicatrisant, le Madécassol, que ses fondateurs Albert et Suzanne Rakoto Ratsimamanga tirèrent de la plante centella asiatica.

Situé à Antananarivo, composé d’une équipe d’une centaine de personnes, dont une trentaine de chercheurs et techniciens, ses recherches se concentrent sur la phytochimie, la pharmacologie parasitaire et cellulaire, la diabétologie expérimentale, la pharmacodynamique, la toxicologie et la chimie analytique des huiles essentielles. Il a été reconnu d’utilité publique par le Conseil de gouvernement le 2 octobre 2012.

Potentiel de la flore endémique

La mise au point du Covid-Organics est une illustration parfaite du credo du Pr Albert Rakoto Ratsimamanga, dont les recherches portaient sur l’association de la médecine traditionnelle et de la médecine moderne.

Nous devons avant tout avoir confiance en nous-mêmes et dans les vertus thérapeutiques de la nature

Considéré comme le pionnier de la science à Madagascar, ce chercheur qui fut à l’origine de quelque 350 études scientifiques déclarait ainsi : « Nous devons avancer à notre rythme, nous devons avant tout avoir confiance en nous-mêmes et dans les vertus thérapeutiques de la nature. Car la nature et l’homme ne font qu’un. »

Conscient du caractère exceptionnel de la flore endémique, dont il connaissait le potentiel et les bienfaits, il savait mieux que quiconque que la médecine traditionnelle guérit, mais il connaissait aussi ses limites, notamment face au risque infectieux. Sa vie est solidaire des grands enjeux historiques et scientifiques de son époque.

D’abord médecin de l’Assistance médicale indigène, ce militant anticolonialiste, conscient de l’immense précarité sanitaire des populations rurales de Madagascar, poursuivra ses études à Paris où il deviendra docteur en médecine, diplômé de l’Institut de médecine exotique et de l’Institut Pasteur.

Après avoir été assistant à la faculté de médecine de Paris, il sera l’un des quatre directeurs scientifiques refondateurs du CNRS d’après-guerre. Ayant décidé de concentrer ses recherches sur les propriétés médicinales de la flore malgache, il sera aussi le premier à s’interroger sur les moyens de l’intégrer à la médecine moderne.

Avec Jeunafrique parMarcel Razanamparany

Président de l’Académie nationale de médecine de Madagascar

Un million de personnes à la messe du «pape des pauvres» à Madagascar

septembre 8, 2019

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Le pape a célébré une messe dans un ancien vignoble. REUTERS/Yara Nardi

EN IMAGES – Le pape François a dénoncé dimanche à Madagascar la «culture du privilège» devant près d’un million de personnes.

Des centaines de milliers de Malgaches venus des quatre coins du pays ont rallié dimanche la capitale Antananarivo pour participer à la grand-messe du pape François, qui s’en est pris à «la culture du privilège».

L’Eglise catholique locale attendait 800.000 personnes sur le site de «Soamandrakizay» («Un bien pour l’éternité» en langue locale), un ancien vignoble de 60 hectares spécialement aménagé. Selon les organisateurs, l’événement a rassemblé un million de fidèles.

Sur l’immense terrain à l’extrémité de la capitale, ils ont attendu le pape sur des bâches en plastique, se protégeant tant bien que mal de la poussière rouge de la terre balayée par le vent, s’infiltrant dans les yeux et les narines.

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Les gens attendent sous le soleil REUTERS/Yara Nardi

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Ils étaient près d’un million à la messe REUTERS/Baz Ratner

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La «papamobile» a été construite à Madagascar REUTERS/Baz Ratner

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Des religieux étaient présents. MARCO LONGARI / AFP

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La foule venait des quatre coins du pays. Tiziana FABI / AFP

 

Par  Le Figaro avec AFP et Reuters

Madagascar: l’étudiante qui a sauté d’un avion était déprimée, selon les enquêteurs

août 8, 2019

 

La jeune Britannique morte après avoir sauté d’un avion en vol le mois dernier au-dessus de Madagascar avait connu des difficultés dans ses études et traversait une dépression, ont déclaré les enquêteurs malgaches. Etudiante à l’université de Cambridge et effectuant des recherches sur la Grande île, Alana Cutland, 19 ans, s’était jetée dans le vide par la porte de l’avion cinq minutes après le décollage du petit aéroport d’Anjajavy. le 25 juillet, dans le nord-ouest.

Son corps a été transféré ce jeudi à Antananarivo, deux jours après sa découverte à l’issue de deux semaines de recherches dans la forêt de Mahadrodroka. Le chef de l’enquête a déclaré que des pilules contre le paludisme avaient été trouvées dans son sac, dont deux seulement avaient été consommées, sans qu’on sache à quelle date. «On a trouvé dans ses affaires une boite de médicaments anti-palu. Et on nous a rapporté qu’elle avait aussi des somnifères qui traînaient sur sa table à son hôtel», a dit à l’AFP le commandant Spinola Edvin Nomenjanahary.

Selon lui, la jeune fille avait marmonné lors d’un appel téléphonique avec ses parents, qui lui avaient suggéré de rentrer. «Les parents avaient eu du mal à reconnaître leur fille dans leur dernière conversation téléphonique et lui avaient demandé de prendre le même avion que Mme Ruth Johnson, une Anglaise qui séjournait dans le même hôtel qu’elle, pour retourner en Angleterre», a indiqué l’enquêteur mercredi soir à l’AFP.

«Avant le départ, le 25 juillet, en allant la chercher dans sa chambre, Mme Ruth a retrouvé Alana assise sur une chaise, avec un regard perdu dans le vide», a-t-il ajouté. Sa dépouille a été transportée à la morgue de l’hôpital HJRA, le plus grand de Madagascar, en présence de la presse et du colonel D’y La Paix Ralaivaonary, commandant de la gendarmerie de la province de Majunga, où s’est produit le drame.

Sa famille avait précisé le mois dernier dans un communiqué qu’Alana devait poursuivre ses études de sciences naturelles dans le cadre d’un stage à Madagascar. Elle n’a fourni aucune explication du geste de la jeune fille qu’elle décrivait comme curieuse et enthousiaste. Selon l’officier de gendarmerie, Alana était déprimée et n’aurait pas voulu rentrer. «Elle a fait des recherches sur les petits crabes et elle a fait une dépression après constat de l’échec de ses recherches», a indiqué jeudi à la presse le colonel Ralaivaonary.

«Elle a eu une déception et a accepté à contre-cœur de rentrer chez elle», a-t-il dit. «La recherche [qu’avait entreprise Alana] devait durer six semaines. Mais en dix jours de recherches ses parents ont décidé de la ramener après constat de l’échec de la recherche», a-t-il ajouté. Le pilote et l’autre passagère, Ruth Johnson, ont déclaré avoir tenté en vain de l’empêcher de se précipiter dans le vide lors du vol. La reconstitution des faits a montré qu’«elle a sauté, personne ne l’a poussée», a dit le colonel de gendarmerie.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Madagascar: découverte du corps d’une britannique qui avait sauté d’un avion

août 7, 2019

 

Le corps d’une étudiante britannique qui avait sauté d’un avion en vol a été retrouvé mardi, selon la gendarmerie, après deux semaines de recherche dans la forêt de Mahadrodroka, dans le nord ouest de Madagascar.

«Les villageois ont enfin retrouvé le corps d’Alana Cutland après quinze jours de recherche», a déclaré le commandant Spinola Edvin Nomenjanahary, superviseur de l’enquête. Etudiante à l’université de Cambridge, Alana Cutland, 19 ans, était sortie en plein vol de l’avion, cinq minutes après le décollage du petit aéroport d’Anjajavy, dans le nord-ouest de l’île de l’océan Indien le 25 juillet. Le pilote et une femme qui avait pris le même avion ont tenté en vain de l’empêcher de sauter dans le vide. Sa famille avait précisé dans un communiqué qu’Alana devait effectuer un stage à Madagascar dans le cadre de ses études de sciences naturelles. Elle n’a fourni aucune explication du geste de la jeune fille décrite comme curieuse et enthousiaste.

Les villageois d’Anjajavy qui avaient commencé les recherches dès le lendemain avaient procédé lundi dernier à une cérémonie de sacrifice de zébu pour appeler leur dieu «Zanahary» à les aider à retrouver le corps de l’étudiante. La dépouille devait être transportée mercredi dans la capitale malgache Antananarivo.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Hery Rajaonarimampianina : « Je n’ai jamais été en faveur d’un report de la présidentielle malgache »

novembre 1, 2018

 

Le président malgache Hery Rajaonarimampianina, en 2014 à Paris. © Sandra ROCHA pour Jeune Afrique

 

Le 7 septembre, Hery Rajaonarimampianina a officiellement démissionné de la présidence de la République de Madagascar, une condition sine qua non pour pouvoir briguer un second mandat, le 7 novembre.

À une semaine du premier tour des élections présidentielles malgaches, annoncé pour le 7 novembre, les principaux candidats fourbissent leurs slogans de campagne. Après avoir démissionné pour pouvoir se représenter, comme le lui imposait la constitution, l’ancien président Hery Rajaonarimampianina parcourt le pays pour présenter le plan de développement qu’il entend mettre en œuvre d’ici 2030. Il en profite aussi pour défendre son bilan devant les journalistes. Entretien.

Jeune Afrique : Cela n’a pas été trop difficile de quitter le pouvoir début septembre pour pouvoir vous représenter ?

Hery Rajaonarimampianina : J’ai démissionné dans le respect de la constitution, de la démocratie et de l’alternance, à travers les élections. La démocratie est toujours fragile à Madagascar. Je ne veux surtout pas la fragiliser davantage.

Ce légalisme semble vous avoir rapporté quelques points auprès de l’opinion publique.

Ce n’était pas mon objectif. J’ai pris mes responsabilités et j’invite les politiques du pays à en faire de même. Leur seul but est d’accéder au pouvoir et de s’y maintenir le plus longtemps possible, parfois en utilisant des moyens extraconstitutionnels. Il est donc difficile pour eux de comprendre que l’on puisse démissionner lorsqu’on est légitimement à la présidence. Mais pour moi, cela n’a jamais fait l’ombre d’un doute.

Avez-vous été surpris par la décision de la Haute cour constitutionnelle ordonnant la nomination d’un gouvernement d’union nationale fin mai ? L’avez-vous comprise ?

Je l’ai respecté.

Que pensez-vous de la démarche de nombreux autres candidats qui souhaitent un report de ces élections, le temps d’apaiser le contexte ?

Je n’ai jamais été en faveur d’un report, car rien ne garantit qu’il apporterait des conditions plus favorables au bon déroulé des scrutins. Pour apaiser le contexte, je reste persuadé que nous devons accepter ce qui a été définit pour que les élections puissent se dérouler comme convenu.

Pourquoi avez-vous décidé de vous représenter ?

Pour terminer ce que nous avons commencé et poursuivre la réalisation de ma vision pour le pays. À mon arrivée au pouvoir, Madagascar était dans une situation très difficile. Tout était à reconstruire. Durant ma première primature, je me suis donc efforcé à remettre le pays sur les rails, en proposant une véritable stratégie en matière de développement, en installant les institutions, en réalisant d’importants projets dans les domaines sociaux et économiques.

La cohérence en politique, c’est de savoir faire marche-arrière pour garder le cap que l’on s’est fixé à la base

Pensez-vous avoir commis certaines erreurs lors de ces cinq années ?

Non. J’arrive dans une situation d’urgence et le choix évident aurait été de mettre l’accent sur le social pour tenter de satisfaire la population et éteindre les contestations. Mais c’est cela qui aurait été une erreur. Nous devons sortir du quotidien, pour travailler sur le long terme, sur des projets structurants. Et c’est ce que j’ai essayé de faire durant mon mandat.

On vous reproche pourtant votre indécision persistante durant ces cinq ans…

Ce n’était pas de l’indécision. J’ai voulu jouer la carte de la pédagogie et il faut du temps pour cela. Nous avions des priorités qui ont pu changer au fil du temps et des circonstances. Mais c’est aussi cela la cohérence en politique, de savoir faire marche-arrière pour garder le cap que l’on s’est fixé à la base. Il faut également se souvenir que je n’ai pas pu commencer à travailler dès le jour de mon investiture. Certaines institutions comme le Sénat n’existaient pas, les relations avec les bailleurs de fonds étaient au point mort et à cause des blocages liés à notre culture politique, j’ai dû attendre quatre mois, avant de pouvoir nommer un Premier ministre. Hors, le temps est le meilleur allié du politique. C’est pour cela que je me représente, pour avoir le temps de réaliser mon ambition pour Madagascar.

On vous accuse de ne pas avoir fait assez pour lutter contre l’insécurité qui règne ces dernières années dans le pays. Que répondez-vous ?

Ce n’est pas vrai. Nous avons combattu les réseaux de banditismes. Nous avons fait le maximum de ce que nous pouvions. J’ai rapidement été conscient du problème, mais il y a des choix à faire et des moyens à répartir. D’où la difficulté d’atteindre certains objectifs. Maintenant, il faut chercher les causes de cette insécurité. Surtout que l’ennemi vient de l’intérieur. Les kidnappeurs, les voleurs de zébus sont malgaches. Il ne fait aucun doute que la pauvreté est l’une des principales causes de cette insécurité, attisée également par l’absence de paix sociale.

Votre entourage est également montré du doigt dans plusieurs affaires de corruption. Qu’avez-vous fait dans ce domaine ?

Cela fait partie des stratégies d’affaiblissement du pouvoir par les opposants. Je pense au contraire avoir maîtrisé ce dossier, en sanctionnant autour de moi, pour que chacun assume ses responsabilités.

Avez-vous l’impression de vous être endurci durant ces cinq dernières années ?

Je sors personnellement renforcé par cette expérience. Les bouleversements politiques que nous avons connus m’ont permis de mieux comprendre l’environnement, de mieux connaître les gens. Bref, de trier le bon grain de l’ivraie.

Jeuneafrique.com par

Cameroun: la visite de Biya dans le Sud-Ouest « pas confirmée », arrivée du président de la CAF

octobre 2, 2018

Yaoundé – La visite du président Paul Biya dans le Sud-Ouest anglophone du Cameroun en conflit n’est « pas confirmée », selon une source proche de la présidence à Yaoundé où est arrivé mardi le président de la Confédération africaine de football (CAF), Ahmad Ahmad.

Lundi, une source proche du ministère de la Communication avait annoncé à l’AFP la visite mardi du président Biya dans la capitale de la région du Sud-Ouest, Buea, où se font entendre des coups de feu quotidiennement.

« Il y a des préparatifs en cours, la tribune de la place des fêtes a été réfectionnée », a indiqué mardi matin une source proche des autorités locales de Buea.

Dans les deux régions anglophones du Cameroun, le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, les combats entre l’armée et des séparatistes armés sont quotidiens. Ces derniers revendiquent l’indépendance du Cameroun anglophone vis-à-vis de Yaoundé.

Ils ont menacé de s’en prendre à toute personne qui voterait dimanche au scrutin présidentiel à un tour.

Lundi, pour le premier anniversaire de la proclamation symbolique de l’indépendance des régions anglophones, le 1er octobre 2017, un couvre-feu a été mis en place dans la plupart des grandes villes de la zone.

Les rues de Buea et Bamenda, les deux capitales régionales, étaient vides hormis les patrouilles de l’armée, selon des témoins.

Mardi, le président de la Confédération africaine de football (CAF), Ahmad Ahmad, a été reçu par Paul Biya au palais présidentiel à Yaoundé.

Le Cameroun doit accueillir la Coupe d’afrique des Nations (CAN) en 2019, mais des retards dans l’organisation ont soulevé des polémiques sur la capacité du pays à boucler les préparatifs de la compétition en temps et en heure.

« La CAF n’a pas de plan B, la CAF n’a jamais réfléchi à un retrait de la CAN au Cameroun », a déclaré M. Ahmad à sa sortie d’audience avec Paul Biya.

« C’est le Cameroun qui accueille cette compétition, c’est le Cameroun qui pourra nous dire demain +On est prêts+ (ou) +Ah non, donnez nous le temps, on n’est pas prêts+, ça dépend du Cameroun », a-t-il ajouté face à la presse.

Dimanche, neuf candidats – dont Paul Biya – s’affronteront dans les urnes pour briguer la présidence du Cameroun, dans un contexte sécuritaire tendu avec les attaques persistantes des jihadistes de Boko Haram dans le nord du pays, et le conflit armé dans les régions anglophones.

Romandie.com avec(©AFP / 02 octobre 2018 15h47)