Posts Tagged ‘madagascar’

Hery Rajaonarimampianina : « Je n’ai jamais été en faveur d’un report de la présidentielle malgache »

novembre 1, 2018

 

Le président malgache Hery Rajaonarimampianina, en 2014 à Paris. © Sandra ROCHA pour Jeune Afrique

 

Le 7 septembre, Hery Rajaonarimampianina a officiellement démissionné de la présidence de la République de Madagascar, une condition sine qua non pour pouvoir briguer un second mandat, le 7 novembre.

À une semaine du premier tour des élections présidentielles malgaches, annoncé pour le 7 novembre, les principaux candidats fourbissent leurs slogans de campagne. Après avoir démissionné pour pouvoir se représenter, comme le lui imposait la constitution, l’ancien président Hery Rajaonarimampianina parcourt le pays pour présenter le plan de développement qu’il entend mettre en œuvre d’ici 2030. Il en profite aussi pour défendre son bilan devant les journalistes. Entretien.

Jeune Afrique : Cela n’a pas été trop difficile de quitter le pouvoir début septembre pour pouvoir vous représenter ?

Hery Rajaonarimampianina : J’ai démissionné dans le respect de la constitution, de la démocratie et de l’alternance, à travers les élections. La démocratie est toujours fragile à Madagascar. Je ne veux surtout pas la fragiliser davantage.

Ce légalisme semble vous avoir rapporté quelques points auprès de l’opinion publique.

Ce n’était pas mon objectif. J’ai pris mes responsabilités et j’invite les politiques du pays à en faire de même. Leur seul but est d’accéder au pouvoir et de s’y maintenir le plus longtemps possible, parfois en utilisant des moyens extraconstitutionnels. Il est donc difficile pour eux de comprendre que l’on puisse démissionner lorsqu’on est légitimement à la présidence. Mais pour moi, cela n’a jamais fait l’ombre d’un doute.

Avez-vous été surpris par la décision de la Haute cour constitutionnelle ordonnant la nomination d’un gouvernement d’union nationale fin mai ? L’avez-vous comprise ?

Je l’ai respecté.

Que pensez-vous de la démarche de nombreux autres candidats qui souhaitent un report de ces élections, le temps d’apaiser le contexte ?

Je n’ai jamais été en faveur d’un report, car rien ne garantit qu’il apporterait des conditions plus favorables au bon déroulé des scrutins. Pour apaiser le contexte, je reste persuadé que nous devons accepter ce qui a été définit pour que les élections puissent se dérouler comme convenu.

Pourquoi avez-vous décidé de vous représenter ?

Pour terminer ce que nous avons commencé et poursuivre la réalisation de ma vision pour le pays. À mon arrivée au pouvoir, Madagascar était dans une situation très difficile. Tout était à reconstruire. Durant ma première primature, je me suis donc efforcé à remettre le pays sur les rails, en proposant une véritable stratégie en matière de développement, en installant les institutions, en réalisant d’importants projets dans les domaines sociaux et économiques.

La cohérence en politique, c’est de savoir faire marche-arrière pour garder le cap que l’on s’est fixé à la base

Pensez-vous avoir commis certaines erreurs lors de ces cinq années ?

Non. J’arrive dans une situation d’urgence et le choix évident aurait été de mettre l’accent sur le social pour tenter de satisfaire la population et éteindre les contestations. Mais c’est cela qui aurait été une erreur. Nous devons sortir du quotidien, pour travailler sur le long terme, sur des projets structurants. Et c’est ce que j’ai essayé de faire durant mon mandat.

On vous reproche pourtant votre indécision persistante durant ces cinq ans…

Ce n’était pas de l’indécision. J’ai voulu jouer la carte de la pédagogie et il faut du temps pour cela. Nous avions des priorités qui ont pu changer au fil du temps et des circonstances. Mais c’est aussi cela la cohérence en politique, de savoir faire marche-arrière pour garder le cap que l’on s’est fixé à la base. Il faut également se souvenir que je n’ai pas pu commencer à travailler dès le jour de mon investiture. Certaines institutions comme le Sénat n’existaient pas, les relations avec les bailleurs de fonds étaient au point mort et à cause des blocages liés à notre culture politique, j’ai dû attendre quatre mois, avant de pouvoir nommer un Premier ministre. Hors, le temps est le meilleur allié du politique. C’est pour cela que je me représente, pour avoir le temps de réaliser mon ambition pour Madagascar.

On vous accuse de ne pas avoir fait assez pour lutter contre l’insécurité qui règne ces dernières années dans le pays. Que répondez-vous ?

Ce n’est pas vrai. Nous avons combattu les réseaux de banditismes. Nous avons fait le maximum de ce que nous pouvions. J’ai rapidement été conscient du problème, mais il y a des choix à faire et des moyens à répartir. D’où la difficulté d’atteindre certains objectifs. Maintenant, il faut chercher les causes de cette insécurité. Surtout que l’ennemi vient de l’intérieur. Les kidnappeurs, les voleurs de zébus sont malgaches. Il ne fait aucun doute que la pauvreté est l’une des principales causes de cette insécurité, attisée également par l’absence de paix sociale.

Votre entourage est également montré du doigt dans plusieurs affaires de corruption. Qu’avez-vous fait dans ce domaine ?

Cela fait partie des stratégies d’affaiblissement du pouvoir par les opposants. Je pense au contraire avoir maîtrisé ce dossier, en sanctionnant autour de moi, pour que chacun assume ses responsabilités.

Avez-vous l’impression de vous être endurci durant ces cinq dernières années ?

Je sors personnellement renforcé par cette expérience. Les bouleversements politiques que nous avons connus m’ont permis de mieux comprendre l’environnement, de mieux connaître les gens. Bref, de trier le bon grain de l’ivraie.

Jeuneafrique.com par

Publicités

Cameroun: la visite de Biya dans le Sud-Ouest « pas confirmée », arrivée du président de la CAF

octobre 2, 2018

Yaoundé – La visite du président Paul Biya dans le Sud-Ouest anglophone du Cameroun en conflit n’est « pas confirmée », selon une source proche de la présidence à Yaoundé où est arrivé mardi le président de la Confédération africaine de football (CAF), Ahmad Ahmad.

Lundi, une source proche du ministère de la Communication avait annoncé à l’AFP la visite mardi du président Biya dans la capitale de la région du Sud-Ouest, Buea, où se font entendre des coups de feu quotidiennement.

« Il y a des préparatifs en cours, la tribune de la place des fêtes a été réfectionnée », a indiqué mardi matin une source proche des autorités locales de Buea.

Dans les deux régions anglophones du Cameroun, le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, les combats entre l’armée et des séparatistes armés sont quotidiens. Ces derniers revendiquent l’indépendance du Cameroun anglophone vis-à-vis de Yaoundé.

Ils ont menacé de s’en prendre à toute personne qui voterait dimanche au scrutin présidentiel à un tour.

Lundi, pour le premier anniversaire de la proclamation symbolique de l’indépendance des régions anglophones, le 1er octobre 2017, un couvre-feu a été mis en place dans la plupart des grandes villes de la zone.

Les rues de Buea et Bamenda, les deux capitales régionales, étaient vides hormis les patrouilles de l’armée, selon des témoins.

Mardi, le président de la Confédération africaine de football (CAF), Ahmad Ahmad, a été reçu par Paul Biya au palais présidentiel à Yaoundé.

Le Cameroun doit accueillir la Coupe d’afrique des Nations (CAN) en 2019, mais des retards dans l’organisation ont soulevé des polémiques sur la capacité du pays à boucler les préparatifs de la compétition en temps et en heure.

« La CAF n’a pas de plan B, la CAF n’a jamais réfléchi à un retrait de la CAN au Cameroun », a déclaré M. Ahmad à sa sortie d’audience avec Paul Biya.

« C’est le Cameroun qui accueille cette compétition, c’est le Cameroun qui pourra nous dire demain +On est prêts+ (ou) +Ah non, donnez nous le temps, on n’est pas prêts+, ça dépend du Cameroun », a-t-il ajouté face à la presse.

Dimanche, neuf candidats – dont Paul Biya – s’affronteront dans les urnes pour briguer la présidence du Cameroun, dans un contexte sécuritaire tendu avec les attaques persistantes des jihadistes de Boko Haram dans le nord du pays, et le conflit armé dans les régions anglophones.

Romandie.com avec(©AFP / 02 octobre 2018 15h47)                                                        

Au moins un mort et 37 blessés dans un à Madagascar

septembre 9, 2018

Antananarivo – Au moins une personne est morte et 37 ont été blessées dimanche dans une bousculade à l’entrée d’un stade de la capitale malgache Antananarivo avant le coup d’envoi d’un match de football entre Madagascar et le Sénégal.

« Il y a eu une bousculade devant le stade (…) pour l’instant nous avons un bilan d’un mort et 37 blessés », a déclaré à la presse le directeur de l’hôpital Hjra, Oliva Alison (bien Alison) Rakoto.

Selon des témoins, la bousculade s’est déroulée à l’entrée du stade de Mahamasina.

Des milliers de spectateurs étaient massés depuis le tout début de la matinée pour assister à la rencontre entre l’équipe nationale de Madagascar et celle du Sénégal pour les éliminatoires de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2019.

« Notre oncle est allé faire la queue pour voir le match. Il est parti de chez nous vers 8 heures. On a entendu qu’il était hospitalisé ici, après avoir été piétiné dans la bousculade », a raconté à l’AFP une femme de 30 ans, Henintsoa Mialy Harizafy.

« Je n’ai pas compris pourquoi il n’y avait qu’un seul portail ouvert alors que c’est un grand match », a poursuivi Mme Harizafy, venue à l’hôpital Hjra pour prendre des nouvelles de son oncle.

« Nous étions venu faire la queue à 6h du matin. Nous étions à un mètre et demi du portail lorsque la bousculade a eu lieu », a déclaré à l’AFP un autre spectateur, Rivo Raberisaona.

« Moi, j’ai été piétiné au dos. Mais mon sac à dos a amorti les coup », a poursuivi M. Raberisaona, précisant qu’un autre de ses amis avait été lui aussi hospitalisé.

Malgré l’accident, la rencontre entre Madagascar et le Sénégal a débuté comme prévu à 14h30 locales (11h30 GMT) devant plus de 20.000 spectateurs.

L’histoire du football africain est marquée par d e fréquents mouvements de foule meurtriers.

En février 2017, un mouvement de foule avait fait 17 morts et 58 blessés en Angola devant le stade de Uige (nord), avant le début d’un match entre le club local de Santa Rita et du Recreativo do Libolo, en ouverture de la saison du championnat national.

La bousculade était survenue après une intervention de la police, qui avait fait usage de grenades lacrymogènes pour dégager les abords du stade devant lequel se pressait la foule.

En 2009, 19 personnes étaient mortes dans la capitale économique ivoirienne Abidjan après une bousculade lors d’un match de qualification pour la Coupe du monde 2010 entre la Côte d’Ivoire et le Malawi.

Romandi.com avec (©AFP / 09 septembre 2018 12h23)                                                        

Présidentielle à Madagascar les 7 novembre et 19 décembre (officiel)

juin 29, 2018

Antananarivo – Les deux tours de l’élection présidentielle à Madagascar ont été fixés aux 7 novembre et 19 décembre, a annoncé vendredi le Premier ministre Christian Ntsay, mettant fin à des semaines de spéculation sur la date du scrutin sur fond de crise politique.

« La décision prise par le gouvernement est de tenir le premier tour de l’élection présidentielle le 7 novembre et le deuxième tour le 19 décembre », a déclaré M. Ntsay, nommé en juin avec la mission de conduire le pays en douceur vers des élections.

« J’espère que la sortie de ces dates sera un moyen pour renforcer l’apaisement politique et nous mener vers une vraie élection qui va résoudre le problème de Madagascar », a ajouté le Premier ministre à Antananarivo.

La Grande Ile, située dans l’océan Indien, est secouée depuis fin avril par une crise ouverte entre le président Hery Rajaonarimampianina et l’opposition.

La situation semblait s’être apaisée avec la formation mi-juin d’un gouvernement de consensus, auquel participe l’opposition. Les dates de la présidentielle annoncées vendredi ne sont pas toutefois conformes à une récente décision de la Haute cour constitutionnelle (HCC).

Pour tenter de sortir le pays de l’impasse politique, la plus haute instance juridique de Madagascar avait décidé d’accélérer le calendrier électoral et exigé que l’élection présidentielle soit organisée d’ici la fin de la saison sèche, c’est-à-dire d’ici septembre-octobre, et non plus à la fin 2018.

Le président Rajaonarimampianina, élu en 2013, n’a pas encore annoncé s’il briguerait ou non un second mandat cette année.

En revanche, les anciens chefs de l’Etat Andry Rajoelina (2009 -2014) et son prédécesseur Marc Ravalomanana (2002-2004) ont laissé entendre qu’ils se présenteraient.

Romandie.com avec(©AFP / 29 juin 2018 08h38)                                                        

Madagascar: le président nomme Christian Ntsay, Premier ministre

juin 4, 2018

Antananarivo – Le président malgache Hery Rajaonarimampianina a annoncé lundi avoir nommé Premier ministre un haut fonctionnaire international, Christian Ntsay, pour former un gouvernement de « consensus » destiné à sortir le pays de la crise politique.

« J’ai nommé Premier ministre Christian Ntsay, un homme expérimenté et ayant les compétences pour l’apaisement », a déclaré M. Rajaonarimampianina devant la presse.

Cette nomination intervient quelques heures après la démission à la mi-journée du précédent chef du gouvernement, Olivier Mahafaly Solonandrasana, en poste depuis deux ans.

L’île de Madagascar est secouée depuis un mois et demi par une vague de manifestations quotidiennes de l’opposition qui exigent le départ du président Hery Rajaonarimampianina, accusé de vouloir faire taire ses rivaux à quelques mois des élections.

Pour tenter de sortir de l’impasse, la Haute Cour constitutionnelle (HCC), la plus haute instance juridique du pays, a ordonné il y a dix jours la nomination d’un nouveau Premier ministre et d’un gouvernement d’union nationale.

Dans leur arrêt, les juges lui ont imposé de composer une équipe qui reflète les résultats des élections législatives de 2013.

Cette exigence a nourri une vive polémique entre les deux camps, qui revendiquaient tous les deux la majorité dans une Assemblée nationale où de nombreux élus ont changé de camp.

« J’en appelle aux leaders politiques pour respecter cet arrangement politique », a demandé lundi le chef de l’Etat.

Agé de 57 ans, Christian Ntsay occupait jusqu’à ce jour un poste de haut fonctionnaire à l’Organisation internationale du travail (OIT). Il a été ministre du Travail de 2002 à 2003, mais n’est membre d’aucun des trois parincipaux partis du pays.

Romandie.com avec(©AFP / 04 juin 2018 14h11)                                                        

A Madagascar, l’inquiétant business des enlèvements

mai 20, 2018

-Depuis des années déjà, Madagascar est le théâtre d’une inquiétante vague d’enlèvements crapuleux / © AFP/Archives / RIJASOLO

C’était il y a cinq ans mais André s’en souvient comme si c’était hier. Un commando armé l’a braqué devant chez lui, roué de coups et séquestré pendant sept jours pour obtenir une forte rançon, au seul prétexte qu’il était censé être riche.

Depuis des années déjà, Madagascar est le théâtre d’une inquiétante vague d’enlèvements crapuleux dirigée en priorité contre la communauté indienne, les « Karanas », forte de quelque 15.000 membres.

Les autorités semblent incapables d’enrayer le phénomène.

Par peur de représailles, André, la cinquantaine, n’a accepté d’évoquer son calvaire que sous couvert d’un prénom d’emprunt.

La vie de ce Karana en a été marquée à jamais. « Aujourd’hui, je suis malade dès que j’entends qu’il y a eu un kidnapping en ville, c’est devenu automatique », confie-t-il.

Ce matin-là, un commando de quatre personnes cagoulées et armées de fusils d’assaut l’enlève devant son domicile et l’embarque en voiture vers une destination inconnue.

Passé à tabac, il est détenu dans une chambre, ligoté, les yeux bandés. Des négociations s’engagent rapidement entre sa famille et les ravisseurs, qui le libèrent sept jours plus tard contre une rançon dont il refuse de donner le montant.

Bouleversé, l’homme décide de se mettre un temps au vert à l’étranger.

« Je suis revenu et je me suis mis au sport mais c’est une expérience que je n’oublierai pas », raconte-t-il.

– Convoitises –

Les Karanas ont commencé à émigrer d’Inde vers Madagascar à la fin du XVIIe siècle. Nombre d’entre eux ont gardé la nationalité française après l’indépendance en 1960. Souvent commerçants, ils occupent une place de choix dans l’économie malgache.

En 2017, le magazine Forbes en recensait trois parmi les grosses fortunes d’Afrique francophone. Hassanein Hiridjee, le PDG du groupe Axian (télécoms), Ylias Akbaraly à la tête de Sipromad (entretien) et Iqbal Rahim, patron de Galana (pétrolière).

Dans un pays où 90% de la population vit avec moins de deux dollars par jour, leur succès suscite toutes les convoitises.

Ces dix dernières années, une centaine d’enlèvements visant la communauté karana ont été signalés. Et le phénomène s’accélère. « De ce que l’on sait, on a recensé 14 cas depuis 2017, un record », indique le directeur Collectif français d’origine indienne de Madagascar (CFOIM), Jean-Michel Frachet.

Parmi ces récents dossiers, celui d’un jeune homme. « Je ne m’attendais pas à ce que notre famille soit victime de cet acte-là », raconte son père, lui aussi sous couvert de l’anonymat, « nous sommes des citoyens lambda tout à fait corrects qui n’ont pas fait de bêtise particulière ».

Même s’il est patron d’une entreprise qui emploie 250 personnes, il n’a pas compris pourquoi son fils avait été la cible de ravisseurs.

« Ils étaient très mal informés sur ma richesse personnelle car ils m’ont demandé une rançon impossible à payer, elle représentait cinq siècles de mon salaire », affirme-t-il. Avant de confier qu’il l’a quand même payée pour obtenir la libération de son fils…

Créé l’an dernier, le CFIOM a décidé de taper du poing sur la table pour interpeller les autorités et « stopper l’escalade ». Le mois dernier, il a organisé un concert de klaxons et de casseroles dans la capitale Antananarivo. Cinq minutes de tapage pour dire « Aok’zay », « l’insécurité, ça suffit ! »

– Représailles –

Jusque-là plutôt discret, le président malgache Hery Rajaonarimampianina a diffusé récemment une vidéo sur les réseaux sociaux dans laquelle il déplore la situation « inacceptable » vécue par les membres de la communauté karana.

Il y a six mois, la police, la gendarmerie et la justice malgaches ont également mis en place une cellule spéciale de lutte contre les rapts. « Des investigations et des enquêtes approfondies ont été menées et se poursuivent », a-t-il insisté.

La justice a elle aussi commencé, timidement, à sévir. L’an dernier, un tribunal a, pour la première fois, infligé des peines exemplaires de travaux forcés à perpétuité à une vingtaine de personnes qui avaient participé en 2015 au rapt de deux adolescents de la communauté karana.

Malgré cette prise de conscience, la lutte contre les kidnappings reste difficile. Pour ne pas attirer l’attention, de nombreuses victimes préfèrent ne pas porter plainte.

« La situation est tendue pour notre communauté, la peur des représailles existe et le choix de la discrétion sur le sujet s’impose », justifie Jean-Michel Frachet. « La communauté (karana) reste mal comprise par la population du pays. »

Le responsable du CFIOM craint une reprise des « opérations karanas » ou OPK, ces pillages des commerces indiens fréquents lors des manifestations politiques qui ont agité Madagascar dans les années 1990 et 2000.

« Aujourd’hui, on voit sur les réseaux sociaux des appels à l’OPK », regrette M. Frachet. « Nous mettons en place avec nos avocats un dispositif pour traîner en justice tous les auteurs d’incitation à la haine raciale et religieuse ».

Inquiets, certains Karanas ont préféré quitter Madagascar.

André, lui, a choisi de rester malgré la peur. « Nos vies et nos affaires sont ici », confie-t-il. « J’ai juste engagé des gardes du corps pour nous protéger. »

Romandie.com avec(©AFP / 20 mai 2018 16h38)                

Le pape va créer 14 nouveaux cardinaux, dont le patriarche des chaldéens d’Irak

mai 20, 2018

 

Louis Raphael Sako, le patriarche des chaldéens d’Irak choisi par le pape François pour devenir cardinal électeur, ici en janvier 2018 à Tal Kaïf, au nord de Mossoul / © AFP/Archives / Ahmad MUWAFAQ

Le pape François a annoncé dimanche la tenue d’un consistoire le 29 juin au cours duquel il va créer quatorze nouveaux cardinaux, parmi lesquels le patriarche de l’Eglise catholique chaldéenne d’Irak, Mgr Louis Raphaël Sako.

En cas de conclave, onze d’entre eux (les moins de 80 ans) pourront participer à l’élection du successeur de François.

« Je suis heureux d’annoncer que le 29 juin aura lieu un consistoire pour la création de quatorze nouveaux cardinaux. Leur provenance exprime l’universalité de l’Eglise », a déclaré le pape, en créant la surprise juste après la prière traditionnelle de la Pentecôte prononcée depuis le palais apostolique sur la place Saint-Pierre.

Parmi les futurs cardinaux électeurs figure Mgr Louis Raphaël Sako, 69 ans, patriarche de l’Eglise catholique chaldéenne (Irak), qui rencontre souvent le pape et s’exprime publiquement sur la souffrance des fidèles de son pays. Cet érudit polyglotte né en Irak, qui a notamment obtenu un doctorat d’histoire de la Sorbonne, avait été élu patriarche de cette église orientale en 2013.

De passage à Paris en mars, le patriarche avait évoqué un « espoir fragile » de paix en Irak, alors que selon lui un tiers des familles chrétiennes du nord du pays ont pu regagner leur terre après la débâcle du groupe Etat islamique (sur les 1,5 million de chrétiens présents avant la chute du régime de Saddam Hussein en 2003).

Fin 2016, le pape François avait déjà fait un choix original en notamment cardinal Mario Zenari, le « nonce apostolique » (ambassadeur du pape) en Syrie, autre pays « martyr » au coeur de ses préoccupations. De telles promotions donnent plus de poids aux représentants de l’Eglise dans des pays où les chrétiens sont en danger.

Trois futurs cardinaux, tous Européens, ont des fonctions au sein du Vatican, ce qui va à contre-courant de précédents consistoires mais donne des indices sur les proches alliés du pape.

– Pakistan, Japon et Madagascar –

Il s’agit du jésuite espagnol Mgr Luis Ladaria Ferrer, 74 ans, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi (gardien du dogme) depuis juillet dernier, l’Italien Mgr Angelo Becciu, 70 ans en juin, substitut aux Affaires générales de la Secrétairerie d’Etat, Mgr Konrad Krajewski, 54 ans, aumônier responsable des oeuvres de charité du pape. Est également promu l’Italien Mgr Angelo De Donatis, 64 ans, vicaire du diocèse de Rome.

Deviendront aussi cardinaux Mgr Joseph Coutts, archevêque de Karachi (Pakistan), Mgr Antonio dos Santos Marto, évêque de Leiria-Fatima (Portugal), Mgr Perdo Barreto, archevêque de Huancayo (Pérou), Mgr Désiré Tsarahazana, évêque de Toamasina (Madagascar), Mgr Giuseppe Petrocchi, archevêque de L’Aquila (Italie) et Mgr Thomas Aquinas Manyo, archevêque d’Osaka (Japon).

Le Pakistan, le Japon et Madagascar étaient dépourvus de cardinaux depuis les décès de trois prélats occupant cette fonction.

Le pape a aussi choisi trois hommes « qui se sont distingués par leur service à l’Eglise » mais ne seront pas des électeurs en raison de leur âge. Il s’agit de Mgr Sergio Obeso Rivera, archevêque émérite de Xalapa (Mexique), Mgr Toribio Ticona Porco, prélat émérite de Corocoro (Bolivie) et le père missionnaire espagnol et auteur de livres Aquilino Bocos Merino.

Le pape François façonne progressivement un collège de cardinaux à son image, moins européen, souvent engagé dans la paix ou la justice sociale.

Chaque nouveau « prince de l’Eglise » s’agenouillera le 29 juin dans la basilique Saint-Pierre devant le pape pour recevoir sa « barrette » pourpre, une coiffe ecclésiastique en forme de toque quadrangulaire, ainsi qu’une bague.

Selon un décompte du site spécialisé Vatican Insider, à l’issue de cette cérémoinie, la majorité des cardinaux électeurs auront été choisis directement par le pape argentin, soit 59 cardinaux sur 125. Le college des cardinaux compte au total 227 prélats.

Romandie.com avec (©AFP / 20 mai 2018 16h31)

Madagascar: l’opposition continue d’exiger la démission du président

avril 29, 2018

 

Les partisans de Andry Rajoelina, au début d’un rassemblement antigouvernemental à Antananarivo, à Madagascar, le samedi 31 janvier 2009. (photo d’illustration) © Jerome Delay/AP/SIPA

Plus d’un millier de partisans de l’opposition se sont à nouveau réunis samedi sur la place du 13-Mai, au cœur de la capitale malgache Antananarivo pour exiger la démission immédiate du président Hery Rajaonarimampianina.

Depuis une semaine, les adversaires du chef de l’État occupent la rue pour protester contre l’adoption récente de lois électorales qu’ils jugent partiales, à sept mois des scrutins présidentiel et législatifs prévus à la toute fin de l’année.

Saisie par des députés de l’opposition, la Haute cour constitutionnelle doit se prononcer sur ces textes rapidement.

Il y a une semaine, une première manifestation de l’opposition, interdite par les autorités, a dégénéré en graves affrontements avec les forces de l’ordre. Au moins 2 protestataires ont été tués et une quinzaine d’autres blessés par la police et l’armée, accusées d’avoir tiré à balles réelles sur le cortège.

Des représentants du parti du président et de l’opposition se sont rencontrés mercredi soir sous l’égide de l’Union africaine (UA) pour trouver une issue à la crise, sans résultat.

« Dégage Rajao assassin, espèce de dangereux killer », proclamait samedi une pancarte sur la place du 13-Mai.

« Il faut enlever de nos banderoles le titre président car pour nous, Rajao n’est plus un président de la République, à la place il faut y mettre Rajao ressort », a lancé sous les applaudissements à la foule un député d’opposition, Lanto Rakotomanga.

Demande de destitution

L’opposition a déposé devant la Haute cour constitutionnelle une demande de destitution de Hery Rajaonarimampianina.

Les manifestations quotidiennes qui agitent Antananarivo depuis une semaine constitue la première fronde sérieuse visant le chef de l’État depuis son élection fin 2013.

Hery Rajaonarimampianina n’a pas encore annoncé s’il allait briguer un second mandat à la fin de l’année mais ses deux principaux opposants, Marc Ravalomanana, président de 2002 à 2009, et Andry Rajoelina, au pouvoir de 2009 à 2014, ont déjà laissé entendre qu’ils étaient prêts à se lancer.

Ces deux anciens ennemis font aujourd’hui cause commune contre le régime en place.

Jeuneafrique.com

Madagascar: un tué, 16 blessés au cours d’une manifestation de l’opposition (hôpital)

avril 21, 2018

Antananarivo – Une personne a été tuée et 16 blessées samedi dans Antananarivo au cours de violences entre policiers et des milliers d’opposants à une nouvelle loi électorale, à quelques mois d’un scrutin général.

« Nous avons reçu 17 blessés aujourd’hui, l’un d’eux a depuis succombé », a déclaré à l’AFP Olivat Alison Aimée Rakoto, chef de l’hôpital HJRA d’Antananarivo.

La manifestation avait été interdite mardi par les autorités locales et les forces de l’ordre ont tiré des gaz lacrymogènes contre les manifestants qui ont répliqué en lançant des pierres, a constaté un journaliste de l’AFP.

L’opposition avait déclaré vouloir maintenir son initiative pour protester contre « l’adoption scandaleuse de trois lois électorales » début avril par le Parlement.

L’opposition accuse le régime du président Hery Rajaonarimampianina de vouloir la museler, à quelques mois des élections présidentielle et législatives prévues pour la fin de l’année.

Romandie.com avec(©AFP / 21 avril 2018 14h08)                                            

Madagascar: l’opposition accuse le gouvernement de censure

avril 14, 2018

Antananarivo – L’opposition malgache a finalement débattu samedi au cours d’une émission sur des lois électorales controversées, après avoir dénoncé une tentative de censure à la suite d’une interruption provisoire de diffusion des chaînes de télévision privées qui devaient retransmettre le débat.

« Les télés Viva, Kolo et TV plus ont été coupées volontairement au moment où un débat est prévu entre les journalistes des trois chaînes et les députés ce soir », avait affirmé dans la journée le député Paul Bert Rahasimanana sur son compte Facebook.

Ces trois chaînes, diffusées par satellite sur l’ensemble du territoire de la Grande Ile par Canal Plus Madagascar, affichaient un écran noir en début d’après-midi.

Dans un communiqué, Canal Plus Madagascar a expliqué qu’un incident technique chez l’un de ses prestataires à Paris avait entraîné la coupure de la diffusion de l’ensemble des chaînes de télévision malgaches sur ses bouquets.

La société a finalement annoncé dans la soirée avoir rétabli le signal, permettant la diffusion de l’émission.

« Alerte à la censure ! », s’était indigné plus tôt M. Rahasimanana, un membre du Mapar, le parti de l’ancien président Andry Rajoelina. « Exigez le rétablissement des programmes ! », avait-il lancé.

L’opposition accuse le régime du président Hery Rajaonarimampianina de vouloir la museler, à quelques mois des élections générales prévues pour la toute fin de l’année.
Les députés de l’opposition dénoncent notamment la récente adoption de lois électorales qui, selon elles, favorisent le camp du pouvoir.

Au cours d’un débat très tendu à l’Assemblée, ils ont accusé le gouvernement d’avoir acheté certains élus pour les faire voter.

C’est de ces lois que des élus ont débattu samedi soir sur les télévision privées, faute d’accès, selon eux, aux médias publics.

Les chaînes de télévision privées ne sont accessibles sur tout le territoire de Madagascar que via satellite. Elles ne le sont par ondes hertziennes que dans la capitale, Antananarivo.

Elu en 2013, le président sortant Rajaonarimampianina n’a pas encore annoncé s’il allait briguer un second mandat.

En revanche, deux anciens chefs de l’Etat ont déjà laissé entendre qu’ils se présenteraient : Marc Ravalomanana, président de 2002 à 2009, et Andry Rajoelina, au pouvoir de 2009 à 2014. Tous les deux avaient été interdits de candidature en 2013.
M. Ravalomanana avait été renversé en 2009 après une mutinerie de l’armée qui avait permis à M. Rajoelina, alors maire d’Antananarivo, de devenir président non élu d’une transition jusqu’en 2014.

Romandie.com avec(©AFP / 14 avril 2018 20h35)