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Madrid barre la route à une réélection de Puigdemont à la tête de la Catalogne

mai 9, 2018

Le dirigeant catalan Carles Puigdemont à Berlin le 18 avril 2018 / © dpa/AFP/Archives / Gregor Fischer

Le gouvernement espagnol est intervenu mercredi pour barrer la route à une réélection de l’ex-président indépendantiste de Catalogne Carles Puigdemont à la tête de l’exécutif régional, forçant les séparatistes à présenter un nouveau candidat s’ils veulent enfin former un gouvernement.

Les indépendantistes ont remporté les élections régionales en décembre mais s’ils n’élisent pas un nouveau président d’ici le 22 mai, les Catalans seront automatiquement rappelés aux urnes.

En revanche, l’élection d’un président qui formerait son gouvernement leur permettrait de se libérer de la tutelle de Madrid, imposée après une tentative de sécession le 27 octobre dernier.

Le Conseil des ministres a décidé de saisir la Cour constitutionnelle pour qu’elle annule une loi votée la semaine dernière au Parlement catalan qui permettrait d’investir en son absence l’ex-président Carles Puigdemont, installé hors d’Espagne depuis la sécession mort-née.

« Aucun candidat à la présidence de la Generalitat (exécutif catalan) ne peut être investi sans être présent au parlement de Catalogne », a de nouveau soutenu le porte-parole du gouvernement espagnol Iñigo Méndez de Vigo.

Dès lors que la Cour constitutionnelle acceptera d’examiner le recours, le texte sera suspendu, a-t-il rappelé.

Or la Cour a annoncé jeudi soir qu’elle avait déclaré « recevable le recours du gouvernement » et suspendu la loi de réforme de la présidence catalane.

Carles Puigdemont est en Allemagne dans l’attente d’une éventuelle extradition vers l’Espagne qui voudrait le juger pour « rébellion » et « détournement de fonds publics ».

– Obstination –

Les partisans de Carles Puigdemont, qui promettaient la « restitution du gouvernement légitime » de la Catalogne, avaient annoncé samedi leur intention de tenter une dernière fois d’investir l’ex-président, après une première tentative fin janvier, déjà bloquée par la justice.

Mais ils ont reconnu que s’ils n’y parvenaient pas, ils présenteraient une candidature alternative pour débloquer la situation, plus de six mois après la mise sous tutelle de la Catalogne par le gouvernement central.

Le chef du gouvernement Mariano Rajoy avait annoncé dans la matinée ce recours contre la loi votée vendredi par les indépendantistes: « Nous allons contester une décision qui permet qu’un fugitif, vivant à l’étranger, puisse être investi (…), ce qui est absurde », avait-il déclaré.

« Le gouvernement de l’Etat utilise tous les moyens pour tordre le droit et éviter (…) que Carles Puigdemont soit élu », avait répliqué un élu séparatiste, Carles Campuzano.

– Vers un déblocage –

Les indépendantistes catalans n’ont jusqu’ici proposé à la présidence de la région que des candidats dont la justice a bloqué l’investiture.

Leurs adversaires les accusent de présenter délibérément ces candidats pour « jouer les victimes ».

« Ce n’est de la faute ni de l’Etat ni du gouvernement ni des juges ni de cette chambre si vous êtes incapables de former un gouvernement », a lancé M. Rajoy aux indépendantistes au Sénat.

Il les a accusés d’avoir « placé la politique catalane dans une boucle absurde dans laquelle les intérêts d’un seul individu, un seul, sont placés avant le projet collectif de toute une société ».

Pour les séparatistes, les poursuites pour rébellion de la Cour suprême, passibles de 30 ans de prison, sont injustifiées et les neuf indépendantistes en détention provisoire sont des « prisonniers politiques ».

Outre M. Puigdemont, qui s’était réfugié en Belgique après la tentative de sécession, ils ont proposé les candidatures de Jordi Sanchez et Jordi Turull, tous deux incarcérés. La justice a refusé de les laisser sortir de prison pour se présenter à un débat d’investiture.

Tous sont poursuivis pour « rébellion » pour leur rôle dans la tentative de sécession, le 27 octobre, de cette région de 7,5 millions d’habitants avec une langue et une culture propres.

Le gouvernement central avait placé dans la foulée la Catalogne sous administration directe, destitué M. Puigdemont et son gouvernement et convoqué des élections anticipées en décembre.

Carles Puigdemont avait cependant remporté une victoire électorale surprise en décembre et les indépendantistes avaient conservé leur majorité absolue au Parlement catalan.

Les indépendantistes n’ont pour l’heure pas dévoilé l’identité du candidat alternatif qui permettrait de débloquer la situation.

Romandie.com avec (©AFP / 09 mai 2018 20h17)                

Sorti de Prison, Puigdemont appelle Madrid au « dialogue » sur la Catalogne

avril 6, 2018

L’ex-président catalan Carles Puigdemont à sa sortie de prison à Neumuenster, dans le nord de l’Allemagne, le 6 avril 2018. / © DPA/AFP / Carsten Rehder

A peine sorti de sa prison allemande, l’ancien président catalan Carles Puigdemont a exhorté vendredi Madrid à cesser la confrontation et « entamer le dialogue » sur la question de l’indépendance de la Catalogne.

« Le temps du dialogue est venu (…) il est temps de faire de la politique », a-t-il déclaré à la presse en quittant le centre de détention de Neumünster en Allemagne, où il était détenu depuis une dizaine de jours, et au lendemain d’un succès judiciaire.

« Les autorités espagnoles n’ont aucune excuse pour ne pas entamer (ce) dialogue », a ajouté l’indépendantiste, qui reste sous le coup d’une possible procédure d’extradition vers l’Espagne.

Sa libération sous contrôle judiciaire avait été ordonnée la veille à la surprise générale par un tribunal allemand chargé d’examiner une demande d’extradition espagnole.

Parmi les conditions fixées pour qu’il puisse quitter sa prison : le paiement d’une caution de 75.000 euros, dont M. Puigdemont s’est acquitté vendredi matin.

Il lui est aussi interdit de quitter l’Allemagne dans l’attente d’une décision finale sur son cas et il devra pointer une fois par semaine dans un commissariat.

– ‘Honte’ –

L’indépendantiste catalan a aussi appelé à la « libération immédiate » de tous les indépendantistes catalans détenus en Espagne.

« Avoir des prisonniers politique dans l’Union européenne constitue une honte », a-t-il clamé, alors que neuf indépendantistes sont actuellement en détention provisoire en Espagne, dont six anciens membres de l’exécutif de la province et l’ancienne présidente du parlement catalan.

S’il reste en Allemagne sous la menace d’une remise à l’Espagne, M. Puigdemont peut d’ores et déjà se targuer d’une première victoire judiciaire notable.

La justice allemande a infligé un camouflet politico-juridique aux autorités espagnoles en rejetant leur accusation de « rébellion ».

Ce chef constituait la clé de voûte du mandat d’arrêt européen récemment réactivé par Madrid à l’encontre de M. Puigdemont et qui a conduit à son interpellation le 25 mars dans le nord de l’Allemagne, alors qu’il revenait d’un déplacement en Finlande.

Madrid soutient que l’organisation du référendum sur l’indépendance de la Catalogne en octobre 2017, en dépit du refus du gouvernement et de la Cour constitutionnelle espagnols, relève de la « rébellion ». Une accusation passible de 30 ans de prison.

Les magistrats allemands ont eux estimé que cette charge ne pouvait être retenue au regard du droit allemand car elle supposerait que Puigdemont se soit directement rendu coupable de faits de violence ou que l’ampleur des violences ait contraint l’Etat espagnol « à céder ».

Le tribunal continue en revanche à examiner l’accusation — politiquement moins sensible et pénalement moins lourdement réprimée — de détournements de fonds publics en lien avec l’organisation du référendum d’indépendance, qui selon Madrid a coûté 1,6 million d’euros. Il a demandé à l’Espagne davantage d’éléments pour étayer sa position.

– No comment –

Si le leader indépendantiste n’est remis à l’Espagne que pour détournement de fonds, c’est le principal pan de l’accusation de Madrid qui tombera: en vertu de la législation européenne, il ne pourra plus en effet être jugé en Espagne pour rébellion.

Les avocats de M. Puigdement pensent eux-mêmes pouvoir faire tomber la dernière accusation.

Le gouvernement allemand a fait savoir qu’il n’entendait pas intervenir dans le dossier. « La procédure est entre les mains de la justice et c’est bien comme cela », a déclaré vendredi une porte-parole du gouvernement allemand, Ulrike Demmer.

« C’est une affaire entre juges, pas entre gouvernements et le gouvernement espagnol est respectueux de ce que disent les juges et s’y conforment toujours », a dit pour sa part le porte-parole du gouvernement espagnol, Inigo Mendez de Vigo.

M. Puigdemont avait été destitué par Madrid après la déclaration unilatérale d’indépendance de la Catalogne le 27 octobre, restée sans effets.

En partant à l’étranger, M. Puigdemont et six autres indépendantistes ont échappé aux poursuites en Espagne et cherché à « internationaliser » leur cause en impliquant d’autres pays européens.

Jeudi, la justice belge a aussi laissé en liberté conditionnelle trois anciens ministres indépendantistes catalans dont l’Espagne réclame l’extradition.

Romandie.com avec(©AFP / 06 avril 2018 15h31)                

Espagne: A Madrid les hommes ne devront plus écarter les jambes dans le bus

juin 16, 2017

Un autocollant dans un bus à Madrid, le 15 juin 2017 / © AFP / GERARD JULIEN

« C’est un manque total de respect et d’éducation »: à Madrid les premiers autocollants apposés dans les bus contre la pratique consistant à s’asseoir les jambes écartées sont apparus cette semaine, une initiative largement approuvée par les madrilènes.

Depuis jeudi, plusieurs bus affichent un autocollant contre la pratique dite du « manspreading ».

Le terme est apparu en 2014 à New York, suite à une campagne de la Metropolitan transit authority (MTA, transports new-yorkais) selon le dictionnaire d’Oxford.

A Madrid, dirigée depuis 2015 par une plateforme citoyenne de gauche, l’image qui sera affichée dans 2.000 bus, montre un homme peint en rouge écartant allègrement bras et jambes, empiétant sur la place d’à côté, accompagné de la mention « Respectez l’espace d’autrui ».

Pour Melisa Garcia, Madrilène de 30 ans, c’est une bonne idée: « C’est un manque total de respect et d’éducation », dit-elle avant d’avouer qu’elle n’a pas hésité à « donner un coup de pied » au dernier auteur de ce méfait: « Je lui ai dit: +la place que tu occupes est assez large pour toi+ ».

La mise en place du pictogramme intervient après une campagne du collectif « Femmes en lutte » sur les réseaux sociaux avec le hashtag #MadridSinManspreading contre cette pratique plutôt attribuée aux hommes.

« Il y a un sens de la hiérarchie et de la territorialité, comme si l’espace leur appartenait », écrit le collectif.

« Nous ne disons pas que les hommes sont mal élevés ou machistes, c’est un problème de société (…) On nous apprend à nous les femmes à nous asseoir les jambes bien serrées, et aux hommes à prendre de l’espace », explique Paula Argilacé, membre de ce collectif.

D’ailleurs, si la pratique est souvent attribuée aux hommes, elle est aussi parfois adoptée par des femmes, se plaint Robert Durou, retraité de 75 ans. « Avant… les gens étaient plus soucieux des autres », ajoute t-il l’air déçu.

David Correa Clares, 19 ans, fait partie de ceux qui pratiquent le « manspreading ». « Des gens m’ont déjà dit que ça les dérangeait et je me suis assis poliment et puis voilà (…) mais je ne pense pas qu’on ait besoin d’une règle ou d’un pictogramme qui dise +vous devez vous asseoir de telle façon+ », estime-t-il.

C’est aussi le point de vue de la région de Madrid, dirigée par les conservateurs et qui gère le métro. La région estime que les règles sont déjà claires: « Un siège par personne ». Mettre des autocollants dans les rames « ne fait pas partie des dépenses prioritaires », explique une porte-parole.

Romandie.com avec(©AFP / 16 juin 2017 13h28)                

Les Indignés arrivent dans les mairies des grandes villes d’Espagne

juin 13, 2015

La gauche radicale espagnole appuyée par le parti anti-austérité Podemos ont fait samedi leur entrée dans les exécutifs. Quatre des cinq principales villes, dont Madrid et Barcelone, se sont officiellement dotées de maires soutenus par ces plateformes.

A Madrid, Manuela Carmena a été élue samedi par le conseil municipal. Elle est devenue la première élue de gauche à diriger la capitale espagnole après 24 années d’administration de la ville par le Parti populaire (PP).

« Nous sommes au service des citoyens de Madrid. Nous voulons gouverner en les écoutant », a affirmé Manuela Carmena.

Le collectif « Ahora Madrid » (Maintenant Madrid) dirigée par l’ancienne magistrate de 71 ans et opposante communiste à Franco, et soutenue par le parti Podemos (« Nous pouvons »), a obtenu le soutien des élus du Parti socialiste (PSOE). Il a été assuré de la majorité absolue de 29 sièges au total au conseil municipal.

Demande lancée par le PP
Mme Carmena a fait campagne sur la suspension de la privatisation des services publics et l’arrêt des expulsions de locataires. Lors d’une conférence de presse organisée avec le PSOE, elle a souhaité que sa désignation permettrait « de changer vraiment la manière de faire de la politique ».

La représentante du PP Esperanza Aguirre, arrivée en tête lors du scrutin avec 44 000 voix de plus, a appelé les conseillers à faire preuve de responsabilité.

A Barcelone, Ada Colau, une militante engagée dans la lutte contre les expulsions immobilières, soutenue par Podemos et le PSOE, succède au nationaliste catalan Xavier Trias. Elle devient aussi, à 41 ans, la première femme à la tête de Barcelone, ville d’1,6 million d’habitants, après avoir reçu 21 voix contre 10 pour M. Trias.

Elle devra toutefois nouer des alliances pour obtenir une majorité stable au delà de cette séance de prise de fonctions, son conseil municipal étant très divisé, avec sept forces en présence. Valence et Saragosse sont également dirigées désormais par des maires proches ou issus du mouvement des Indignés de 2011.

Discussion liée aux régions
Ces changements de majorité font suite aux élections municipales et régionales du 24 mai dernier, qui ont tourné au vote sanction contre le PP de Mariano Rajoy, le chef du gouvernement au pouvoir depuis 2011. Les scrutins ont fait voler en éclats le bipartisme qui organisait la vie politique depuis la fin du franquisme.

En nombre de voix, la droite espagnole est certes arrivée en tête mais, payant le prix de quatre années de politique d’austérité et de scandales de corruption à répétition, elle a réalisé son pire score depuis 1991. Elle est en recul de plus de dix points par rapport aux précédentes élections locales, il y a quatre ans.

Les discussions se poursuivent pour constituer les exécutifs régionaux dans 13 des 17 régions au total où le vote est intervenu également le 24 mai.

Les mesures prises par les nouvelles majorités municipales de même que la stabilité des coalitions mises en place vont être suivies alors que l’Espagne s’apprête à entrer en campagne pour les élections législatives.

Romandie.com

La Marseillaise à Madrid, première d’une série de manifestations européennes pour Charlie

janvier 11, 2015

Madrid – Des centaines de personnes se sont rassemblées dimanche dans le centre de Madrid déployant un grand drapeau français et des pancartes Je suis Charlie, première d’une longue série de manifestations dans le monde en solidarité avec la France endeuillée.

La manifestation avait été convoquée samedi sur les réseaux sociaux. Les participants se sont donné rendez-vous Puerta del Sol, dans le centre historique de Madrid, et ont observé plusieurs minutes de silence, brandissant des pancartes et des stylos avant de chanter La Marseillaise.

Nous sommes (aussi) là pour dire que nous n’avons pas peur, a déclaré à l’AFP le Français Louis Eimery de 21 ans, un des organisateurs de cette manifestation qui a démarré trois heures avant le départ d’un grand cortège à Paris en hommage aux 17 victimes des attentats jihadistes de cette semaine.

C’était un acte terriblement barbare, ils ont attaqué des valeurs universelles, a aussi déclaré à Madrid Angel Freire, un enseignant retraité de 65 ans.

Les participants devaient ensuite rejoindre un autre rassemblement prévu devant la gare d’Atocha, théâtre des attentats islamistes les plus meurtriers commis en Europe, le 11 mars 2004, avec 191 victimes.

Ils répondent ainsi à l’appel de la Fondation pour la culture arabe en Espagne. Plus de 50 mosquées et associations musulmanes ont prévu d’y participer. A Barcelone, un rassemblement est également prévu, devant l’Institut français.

De Londres à Berlin en passant par Washington et Montréal, des rassemblements étaient prévus pendant tout le week-end en solidarité avec la France endeuillée.

En Allemagne, un rassemblement est prévu dimanche à Berlin à 14h00 (13h00 GMT) devant l’ambassade de France, porte de Brandebourg. Plus de 5.000 personnes ont indiqué qu’elles y participeraient sur la page Facebook de l’évènement.

A Londres, un rassemblement baptisé Nous sommes Charlie se tiendra à Trafalgar Square, et le Tower Bridge affichera les couleurs du drapeau français entre 16H00 et 17H30 GMT.

Une marche contre la haine et pour la liberté d’expression sera organisée à Bruxelles, une baptisée ensemble contre le terrorisme à 13h30 GMT, et d’autres encore sont prévues à Vienne, Lisbonne, Lausanne, Stockholm, ainsi qu’un rassemblement devant le parlement grec à Athènes.

Hors Europe, l’ambassade de France aux Etats-Unis prévoit une marche silencieuse à Washington dimanche à 14H00 (19H00 GMT), et un rassemblement similaire est attendu à New York, à Washington Square.

A Québec, Montréal, Ottawa ou à Vancouver au Canada, pays lui-même touché en octobre par deux attaques menées par des jeunes radicalisés aux idées islamistes, des marches silencieuses seront organisées à l’initiative de groupes citoyens.

Romandie.com avec(©AFP / 11 janvier 2015 13h55)

Espagne: un homme lance sa voiture chargée d’explosifs contre le siège du parti au pouvoir

décembre 19, 2014

Madrid – La police a arrêté vendredi à Madrid un homme qui avait foncé sur le siège du parti conservateur, au pouvoir en Espagne, avec sa voiture chargée de deux bonbonnes de gaz qui n’ont pas explosé.

Contrairement à de premières indications, on ne lui connait pas de maladie mentale diagnostiquée et traitée, a précisé un porte-parole de la police. Ce sera maintenant aux médecins de déterminer s’il souffre de troubles mentaux, a déclaré la porte-parole du gouvernement Soraya Saenz de Santamaria.

L’homme a été identifié comme Daniel Perez Berlanga, un chômeur de 37 ans de la région de Teruel (220 km à l’est de Madrid). Lors de son arrestation, il avait affirmé aux policiers être un entrepreneur ruiné, en colère contre le gouvernement de Mariano Rajoy.

A 07H00, il a lancé sa voiture contre la façade du siège du Parti populaire dans le centre de Madrid, sans faire de blessé. Le véhicule a pulvérisé la façade en verre et s’est arrêté au pied de l’escalier.

A bord, la police a trouvé un engin explosif composé de 5,8 kilos de nitrate d’ammoniaque et de deux bonbonnes de butane, avec un détonateur à retardement qui n’avait pas été armé, et un autre qu’il aurait fallu allumer avec des allumettes, selon le porte-parole.

C’était une charge explosive importante qui aurait pu endommager gravement le rez-de-chaussée du bâtiment et même les immeubles attenants, a-t-il ajouté.

Nous pouvons nous féliciter qu’il n’y ait eu aucun dommage personnel, parce que certains étaient déjà au travail au siège du PP, a déclaré la porte-parole du gouvernement.

Après l’incident, la police a bouclé un large périmètre autour du siège du parti dans le centre de la capitale, accroissant les bouchons à l’heure de pointe. La circulation du métro a également été perturbée mais était retournée à la normale à la mi-journée.

Romandie.com avec(©AFP / 19 décembre 2014 19h32)

Ebola: la psychose s’étend, la patiente espagnole dans un état grave

octobre 10, 2014

Madrid (awp/afp) – Entre peur et psychose, l’Europe et les Etats-Unis ont renforcé les mesures de précaution face à une éventuelle propagation du virus Ebola, alors qu’en Espagne la première malade infectée hors d’Afrique luttait contre la mort.

A Madrid, l’aide-soignante Teresa Romero, 44 ans, hospitalisée lundi, était vendredi matin dans un état « grave mais stationnaire », selon une porte-parole de l’hôpital Carlos III de Madrid. Au total, 14 personnes étaient hospitalisées dans ce service spécialisé, à titre préventif, l’hôpital ayant décidé d’accepter les personnes exposées qui en manifesteraient le souhait.

Ce cas espagnol, sur fond d’explosion de l’épidémie en Afrique de l’Ouest, a donné une dimension planétaire à l’angoisse: fausses alertes, rumeurs, hospitalisations de précaution se sont multipliées ces derniers jours.

Des personnes ont été hospitalisées dans plusieurs pays d’Europe et aux Etats-Unis, mais c’est en Afrique qu’Ebola continue à flamber. L’épidémie a déjà tué près de 3900 personnes depuis le début de l’année, essentiellement en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone.

Alors que le principal centre de traitement de Médecins sans frontières (MSF) était proche de la « saturation » en Guinée, des personnels de santé du Liberia ont entamé vendredi un débrayage pour réclamer des primes de risques.

A New York, quelque 200 personnes employées à nettoyer les cabines des avions s’étaient déjà brièvement mises en grève à l’aéroport La Guardia mercredi soir, inquiètes des risques. Elles devaient reprendre le travail, après avoir reçu une formation.

Tirant les leçons de l’erreur commise à Dallas, où un patient libérien, décédé mercredi, avait initialement été renvoyé chez lui alors qu’il arrivait d’Afrique, les autorités ont renforcé la formation du personnel médical.

Les standardistes du « 911 » le numéro de téléphone à composer en cas d’urgence, sont notamment formés à poser des questions pour repérer d’éventuels malades.

Dès samedi, l’aéroport J.F. Kennedy, principal aéroport international de New York, va renforcer les contrôles des voyageurs en provenance des trois pays africains les plus touchés.

Londres a décidé aussi de renforcer le dépistage à Heathrow et Gatwick et les terminaux de train Eurostar en interrogeant les passagers sur leurs voyages récents. Ils pourront aussi prendre la forme d’un contrôle médical.

En France, de nouvelles mesures pourraient être rapidement annoncées. Après un cas de panique dans une école primaire accueillant des enfants arrivés de Guinée, un bâtiment public en banlieue parisienne a été bouclé jeudi pendant une heure et demie après le malaise d’un jeune homme, lui aussi arrivé de Guinée. Une fausse alerte.

’21 JOURS D’INCERTITUDE’

En Espagne, des collègues de l’aide-soignante contaminée ne pouvaient s’empêcher d’avoir peur d’être à leur tour touchés. Une crainte qui a entraîné la désaffection du personnel censé s’occuper de la patiente à titre volontaire, c’est-à-dire en provenance d’autres services, selon Charly Manuel Torres, l’un des infirmiers qui s’occupe d’elle.

« La seule chose que l’on peut faire c’est attendre 21 jours (durée maximum de la période d’incubation), 21 jours d’incertitude pendant lesquels tu ne sais pas si tu peux embrasser tes enfants », a dit l’une des collègues de l’aide-soignante à l’AFP.

Selon Elvira Gonzalez, du syndicat des techniciens en infirmerie, d’autres employés en contrat temporaire ont même préféré démissionner, une information que l’hôpital a refusé de confirmer.

Peu de mesures concrètes étaient cependant annoncées. La ministre de la Santé Ana Mato a pour l’instant annoncé que les protocoles seraient revus et dépasseraient les standards européens. Elle envisage d’abaisser le seuil de température déclenchant les procédures à appliquer face à un cas suspect.

L’euthanasie du chien de l’aide soignante, au nom du principe de précaution, a été jugée « inutile » et « regrettable » par des experts, car elle a privé la science d’une occasion d’étude unique.

Vendredi, la ministre espagnole devait réunir les responsables de la santé dans les 17 régions d’Espagne, qui gèrent chacune avec autonomie la santé, ce qui rend la coordination encore plus complexe.

La police espagnole multiplie elle les mises en garde contre les faux bruits sur la contagion du virus Ebola qui circulent sur les réseaux sociaux.

« Les bobards à propos d’Ebola se poursuivent sur #whatsapp (application mobile, ndlr). Informe toi auprès de médias sérieux et ne répand pas la panique », a prévenu la Guardia Civil, force de sécurité nationale sur son compte tweeter.

Romandie.com avec(AWP / 10.10.2014 13h43)

Un dirigeant de l’Opus Dei a été béatifié à Madrid

septembre 27, 2014

L’évêque espagnol Alvaro del Portillo, qui a dirigé l’organisation conservatrice Opus Dei de 1975 jusqu’à sa mort en 1994, a été béatifié samedi à Madrid. Une grande gigantesque messe présidée par un envoyé du pape s’est déroulée à cette occasion.

Des dizaines de milliers de fidèles, rassemblés sur une avenue au nord-est de Madrid, ont suivi sur des écrans géants la cérémonie en plein air concélébrée par 17 cardinaux -dont Angelo Amato, préfet de la congrégation du Vatican pour les Causes des Saints- et plus de 150 évêques.

Alvaro del Portillo fut le bras droit du fondateur de l’Opus Dei, le saint espagnol Josemaria Escriva de Balaguer, à qui il a succédé après sa mort en 1975. Il a été béatifié pour la guérison d’un enfant chilien, José Ignacio Ureta Wilson, une guérison reconnue comme un miracle par le Vatican.

Le bébé, frappé par un long arrêt cardiaque et une hémorragie massive en 2003, peu après sa naissance, avait guéri contre toute attente après que ses parents eurent adressé des prières à Alvaro del Portillo. Aujourd’hui âgé de onze ans, José Ignacio a participé à la cérémonie.

Fondé en 1928 par Josemaria Escriva de Balaguer, l’Opus Dei – l’oeuvre de Dieu, en latin – a pour mission de diffuser la foi catholique dans la vie quotidienne par l’intermédiaire de ses fidèles, des laïcs dans leur immense majorité.

Présente sur les cinq continents, l’institution revendique 90’000 membres (plus de 30’000 en Espagne), dont 18% pratiquent le célibat.

Très influente en Espagne sous la dictature franquiste (1939-1975), l’Opus Dei est connue pour ses positions conservatrices sur des questions de société, comme l’opposition à l’avortement, à l’euthanasie ou aux relations prémaritales, et pour le mode de vie très strict de ses membres.

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