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Congo: Décès du Magistrat BAYI Mathurin

novembre 16, 2021

NÉCROLOGIE : Décès du Magistrat BAYI Mathurin, Président autrefois de la Cour criminelle de Brazzaville. Il vient de nous quitter à l’hôpital hôpital de Loandjili ( Pointe-Noire) de suite du Covid19.

BAYI Mathurin

C’est une sale et triste réputation qui colle au petit pays pétrolier d’Afrique centrale comme la tunique de Nessus. La capitale du Congo-Brazzaville a une longue tradition dans l’organisation des procès staliniens sous la houlette de Denis Sassou Nguesso et Joachim Yhomby Opango.

Sassou a finalement eu raison de Mathurin Bayi le juge qui lui tint tête en 2014. Il a utilisé la « technique du Covid » qui ne laisse pas de traces. Guy Brice Parfait Kolélas, Christophe Moukouéké, Clément Mouamba, Bopaka Peinture…ont été éliminés par le même procédé.

REVELATION

Les populations du Congo-Brazzaville, qui n’ont pas la mémoire courte, se rappellent encore comme si c’était hier en 1978 du procès radiodiffusé de l’assassinat du Commandant Marien Ngouabi le 18 mars 1977 présidé par Charles Assemekang et Jacques Okoko comme Procureur de la République et ponctué au début et à la fin des audiences par la voix du Huissier Malonga qui hurlait à tue-tête : « La Cour ! »
suscitant l’hilarité de l’assistance et de l’auditoire. C’est à l’occasion de ce faux procès que l’avocat Jean Martin Bemba fît ses premières armes. Et, c’est au cours de ce même procès que Jacques Okoko lança : « Je ne mangerai plus les avocats » et son tristement célèbre « Mêmes les Batéké veulent diriger ce pays ». C’est donc à la faveur du procès du Colonel Marcel Ntsourou que les justiciables du Congo-Brazzaville découvrirent le magistrat Mathurin Bayi, Président de la Cour d’Appel de Brazzaville et Corneille Moukala Moukoko, Procureur.

C’est comme une habitude, une coquetterie au Congo-Brazzaville, à chaque faux procès, des hommes de loi sortent du lot défiant la médiocrité judiciaire ambiante, provoquant ainsi le courroux du pouvoir. Mathurin Bayi, mwana ouénzé, et Corneille Moukala Moukoko voulaient signifier, à l’occasion du procès du Colonel Marcel Ntsourou, la marque de l’indépendance de la magistrature vis à vis du pouvoir qui trancherait contre l’allégeance et la soumission aveugle ambiante de la justice du Congo-Brazzaville. Mathurin Bayi aligna des moments et des actes de bravoure comme au spectacle, convoquant le tout puissant Jean-Dominique Okemba à la barre. Mathurin Bayi et Corneille Moukala Moukoko ne s’imaginaient pas qu’il paraphait leur acte de décès professionnel. Et, pour Mathurin Bayi, son acte de décès tout court.

PECHE DE LESE-MAJESTE

Comble de provocation, la convocation de Jean-Dominique Okemba à la barre par Mathurin Bayi qui le cuisina en bonne et due forme durant le procès des explosions de l’ECCRAMU. Cerise sur le gâteau, le juge d’origine mbochi Mathurin Bayi confronta le numéro 1 de la sûreté nationale Jean-Dominique Okemba au jeune Kevin, neveu de Marcel Ntsourou. « Je suis le patron de ce pays » aurait clamé l’amiral Okemba à Kevin au cours d’un interrogatoire musclé à son domicile dans les quartiers nord. (Entendez : Sassou était un pantin à ses yeux.) Fou de rage, Jean-Dominique Okemba proféra à la barre des menaces de mort à l’encontre de Kevin son ex homme à tout faire. Le président Mathurin Bayi ramena à la raison le contre amiral Jean-Dominique Okemba qui confondait droit mbochi et droit positif. Qu’on lui remonte les bretelles en public, le patron des services des renseignements garda une dent contre son compatriote, le magistrat Mathurin Bayi. C’en était trop. Le dentiste Okemba lui a présenté la facture en lui ôtant la vie.

JUGE MATHURIN BAYI DANS SON DROIT

Le réquisitoires du procureur Corneille Moukala Moukoko demandant la relaxe de Marcel Ntsourou et le verdict du président Mathurin Bayi le condamnant à 5 ans avec sursis, conformément aux règle de l’art et contraire au droit mbochi, avaient déplu et fait bondir Sassou Nguesso, Aimé Emmanuel Yoka, Jean-Dominique Okemba et Jean-François Ndengué. Les consignes de la condamnation à la prison ferme du colonel Marcel Ntsourou selon le code mbochi n’avaient clairement pas été respectées. C’était un affront. L’esprit et la lettre n’y étaient pas.

Le khalife d’Oyo, Denis Sassou Nguesso, déteste les gens qui lui tiennent tête. Le fils de « Mama Mouébara » préfère les magistrats qui lui obéissent au doigt et à l’œil et qui rampent à plat ventre à l’instar autrefois de Placide Lenga et aujourd’hui de Henri Bouka, Michel Oniangué, Christian Oba, André Oko Ngakala, Charles Emile Apesse…

Par Brazzanews avec Benjamin BILOMBOT BITADYS

Congo: Lettre d’un magistrat négatif au Covid-19, mais enfermé avec les patients positifs, au CHU de Brazzaville

avril 7, 2020

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Amelin Chrystel BASONGISA Magistrat, Conseiller à la Cour d’appel de Brazzaville.

_Ce jour mardi 07 Avril 2020, du fond de ma salle de confinement à 03h42mn._

_Objet_: Lettre d’indignation et surtout plainte pour mise en danger de ma vie par les services chargés de gérer le centre d’isolement des malades du Covid-19 au CHU de Brazzaville.

Mesdames et messieurs trop c’est trop et je me refuse ce jour d’être complice de la dérive sanitaire bien organisée par les services du ministère de la santé de mon « beau pays »

Alors que se passe t-il ? Je suis venu en consultation aux urgences du CHU de Brazzaville le dimanche 22 Mars dernier à 9h,puisque redoutant un palu.

Malheureusement, je n’ai pas été consulté ce jour là, puisque vu que je me suis séjourné en France courant mois de février du coup j’étais élément à risque. J’ai donc aussitôt été dirigé vers le service d’isolement des malades Covid-19 aux CHU.

Je n’ai opposé aucun refus, puisque me disait qu’un test devrait être fait et qu’à la suite des résultats, le reste devrait être clair.

Curieusement, je dis bien curieusement je n’ai pas subi de prélèvement ce jour et on m’a obligé de prendre place dans une chambre de ce lieu d’isolement où il y avait déjà deux malades déclarés du Covid-19. Je ne pouvais plus sortir des lieux, puisque gardé par les services de police Première erreur.

C’est finalement le lundi à 18h20 que les services du laboratoire national débarquent pour me faire le fameux prélèvement afin de connaître mon statut, m’ayant entre temps laissé pendant quasiment une journée partager le même environnement avec « les deux malades déclarés positif au Coronavirus, dont le premier malade déclaré au Congo »

Les résultats, jugés par eux mêmes les médecins de positif deux jours après, m’ont valu donc d’être retenu dans ces lieux pour 14 jours afin de suivre le traitement y afférent. Sans rechigner, j’ai accepté de suivre ce traitement pendant les 14 jours. Ce traitement étant arrivé à terme et ne présentant aux dires des mêmes médecins plus aucun signe clinique d’un malade, je devrais donc poursuive mon confinement à la maison.

Alors là où le bas blesse et qu’aujourd’hui je refuse d’être témoin de la désorganisation des services du ministère de la santé, on continue à me garder dans ce centre jusqu’à cet instant où je vous écrit(mardi 07 Avril à 04h02mn) dans le même endroit, me laissant encore partager le même environnement avec les nouveaux malades déclarés positifs au Covid-19.
Non ! Quelle est cette logique ? Où alors que me veut-on ?

J’ai donc ce jour (7 avril 2020) envoyé copie de ce courrier à mes mes avocats et donner plein pouvoirs :le cabinet Thomas DJOLANY, le Cabinet Éric IBOUANGA, le cabinet Brudey, ondzeil Gnelenga et le Cabinet NZIKOU Doctrove de tenir une conférence de presse ce jour pour informer l’opinion tant nationale et internationale de la mise en danger de ma vie par les services en charge de centre Covid-19 du CHU de Brazzaville. J’ai envoyé copie du même courrier à mon épouse se trouvant en France a qui j’ai aussi donné pouvoir de ventiler ce courrier aux niveaux de tous les médias ( RFi, BBC, sur les plates formes des réseaux sociaux et aussi d’envoyer une copie au niveau des institutions où mes enfants sont scolarisés en France)

Pour ce qui me concerne, refusant d’être complice de cette désorganisation créée par les services du Ministère de la santé, je donne pouvoir à mes avocats cités plus haut de déposer une plainte contre ces services pour mise en danger de ma vie et d’ores et déjà j’envoie une copie de ce courrier à Secrétaire Général du Gouvernement et au Ministre de la communication et des médias, porte-parole du gouvernement.

Pour le reste, je pense avoir été, mais alors été trop sali et qu’il est temps de retrouver mon honneur.

Fait à Brazzaville aux CHU, dans le centre d’isolement des malades du Covid-19.

*Amelin Chrystel BASONGISA*

Avec Brazzanews