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Mahamadou Djeri Maïga (MNLA) : « Je n’ai rien à voir avec le coup d’État au Burkina »

octobre 2, 2015
Mahamadou Djeri Maïga, est le numéro deux du Mouvement national de libération de l'Azawad. © Capture d'écran / Youtube / France 24

Mahamadou Djeri Maïga, est le numéro deux du Mouvement national de libération de l’Azawad. © Capture d’écran / Youtube / France 24

Arrêté pendant quelques heures au moment même ou Gilbert Diendéré était interpellé, jeudi, le vice-président du MNLA (rébellion malienne), Mahamadou Djeri Maïga, a répondu aux autorités de la transition sur des soupçons de soutien aux putschistes. Des allégations qu’il nie catégoriquement.

Les arrestations se succèdent à Ouagadougou, suite au coup d’État manqué du 17 septembre. Le 1er octobre, au moment même où Gilbert Diendéré, le chef des putschistes, se rendait aux autorités, Mahamadou Djeri Maïga était lui aussi interpellé à l’aéroport, alors qu’il s’apprêtait à quitter le pays. Le numéro 2 du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), qui vit à Ouagadougou depuis plusieurs années, a été entendu quelques heures avant d’être libéré. Dans le bref entretien qu’il a accordé à Jeune Afrique, il nie avoir participé « de près ou de loin » à ce putsch.

Jeune Afrique : Comment s’est passée votre arrestation ?

Mahamadou Djeri Maïga : Je devais me rendre à Bamako pour participer à la rencontre du comité de suivi des accords d’Alger. J’aurais dû partir lundi, mais le vol a été annulé. Puis mardi, vol annulé aussi. Finalement, notre avion devait décoller hier (jeudi 1er octobre) à 15 heures. Je me trouvais dans le salon d’honneur de l’aéroport quand des gendarmes sont venus me trouver. Ils m’ont emmené dans un autre salon de l’aéroport. Deux colonels et des enquêteurs sont arrivés. Ils m’ont posé des questions en rapport avec le fait que des forces extérieures auraient tenté de prêter main forte aux putschistes.

Est-ce votre cas ?

Non. Ce sont des allégations infondées. La preuve, c’est qu’aucun membre de nos familles n’est sorti du pays. Nous sommes cinq ou six dirigeants de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) à vivre à Ouagadougou, et aucun d’entre nous n’a envoyé ses proches dans un autre pays. Nous ne souhaitons aucun malheur au Burkina, car le Burkina nous a accueillis quand personne ne voulait de nous. C’est ce que je leur ai dit. À 23 heures, ils m’ont déposé à ma maison.

Vous ont-ils interrogé sur vos liens avec Gilbert Diendéré et Djibrill Bassolé ?

Oui. Mais la dernière fois que j’ai vu Bassolé, c’était à Alger, le 5 juin. On ne s’est jamais téléphoné. Quant à Diendéré, il était notre seul interlocuteur depuis le départ de Blaise Compaoré. Nous ne connaissons pas les nouvelles autorités. Nous étions donc en contact. Je lui faisais des comptes rendus de nos réunions à Alger. Rien de plus. Diendéré ne nous a jamais demandé de l’aider. D’ailleurs, dès que le RSP [Régiment de sécurité présidentielle] a été dissous [le 25 septembre], la CMA m’a demandé de rompre avec lui, et je le lui ai dit. Nous ne sommes mêlés ni de près ni de loin à ces choses. Aujourd’hui, nous voulons la paix dans notre pays et partout en Afrique.

Burkina/putsch: arrestation du vice-président de la rébellion touareg MNLA à Ouagadougou

octobre 1, 2015

Ouagadougou – Le vice-président de la rébellion touareg Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) Mahamadou Djeri Maïga a été arrêté jeudi à l’aéroport de Ouagadougou pour des motifs en lien avec le putsch avorté du 17 septembre au Burkina Faso, a appris l’AFP de source militaire burkinabè.

Mahamadou Djeri Maïga a été arrêté sur des allégations qui portent à croire qu’il allait fournir un appui logistique au putsch, a affirmé cette source.

De nombreux membres de la rébellion touareg habitent ou passent fréquemment à Ouagadougou. Maïga, qui dispose d’une résidence dans la capitale burkinabè, a été interpellé alors qu’il voulait quitter le pays.

Jeudi, le gouvernement a publié un communiqué annonçant des arrestations futures: Suite à la mise en échec du putsch (…), les autorités compétentes procèdent à l’interpellation de personnes suspectes ou impliquées dans la tentative de déstabilisation des institutions de la Transition. Les procédures judiciaires ont déjà été enclenchées.

Le général putschiste, Gilbert Diendéré, ainsi que plusieurs officiers putschistes ont été arrêtés mercredi et jeudi.

Lundi, le gouvernement avait dans un autre communiqué accusé les putschistes de mobiliser des forces étrangères et des groupes jihadistes qu’ils ont appelés à leur secours.

Le général Gilbert Diendéré, qui a été impliqué dans plusieurs négociations pour des otages au Sahel, avait réfuté en bloc ces accusations alors qu’une source proche du dossier avait qualifié ces accusations d’hallucinantes.

Le général Diendéré a pris les rênes du pouvoir au Burkina le 17 septembre, au lendemain de la prise d’otage du président et de ministres de transition par le Régiment de sécurité présidentielle (RSP), ancienne garde prétorienne du président Blaise Compaoré, chassé par la rue en octobre 2014.

Le général Diendéré a rendu le pouvoir au président de la Transition Michel Kafando le 23 septembre, après le constat d’échec du putsch face à une forte mobilisation populaire.

Romandie.com avec(©AFP / 02 octobre 2015 01h32)