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Madagascar: Arrestation Claudine Razaimanonjy, femme influente de la Grande île

avril 4, 2017

 

Claudine Razaimamonjy
 

La nouvelle a fait l’effet d’une bombe! La proche conseillère occulte du Président de la République, Claudine Razaimamonjy, a été arrêtée par les forces de l’ordre à Mahamasina alors qu’elle était sur le point de quitter le Palais des sports. Des éléments de la gendarmerie, détachés auprès du Bianco (Bureau indépendant anti-corruption) attendaient cette personnalité connue après un tournoi de basket. L’ironie du sort c’est que Claudine Razaimamonjy venait soutenir son équipe TMBB opposée à l’Ascut à l’occasion de la Coupe du… «Président».

Hier soir, vers 17h30, trois pick-up de la gendarmerie se sont garés devant le parking des officiels du Palais des sports. Une fois sortie pour rejoindre son 4X4 V8 à la fin des matchs, Claudine Razaimamonjy a été approchée par des hommes en tenue civile. Ils se sont présentés, intimant à cette dernière l’ordre de les suivre. Une interpellation qui aurait dû se passer en toute discrétion mais la principale concernée a opposé une farouche résistance. Elle a immédiatement haussé le ton, dédaigneux et irrespectueux dans un premier temps, cherchant visiblement à intimider les éléments des forces de l’ordre, conduits par un lieutenant de la gendarmerie, venus l’arrêter. Ce qui a aussitôt attiré les curieux dans l’enceinte même du palais, qui se sont précipités pour voir de près la scène. D’après les témoins (y compris notre photographe) Claudine Razaimamonjy a refusé d’obtempérer.

« Appelez le PM »

Le ton est monté d’un cran et cette conseillère de la Présidence n’a pas hésité à proférer des menaces à l’encontre des forces de l’ordre. «Appelez le PM, appelez le PM», a-t-elle lancé à l’endroit des gens l’ayant accompagnée au Palais des sports. D’ailleurs, Claudine Razaimamonjy n’a pas arrêté de prononcer le nom du Premier ministre comme étant son protecteur. « Vous allez voir, vous allez perdre votre travail et payer cher votre geste parce que vous ne nous connaissez pas, le Premier ministre et moi  » a-t-elle débité à tout bout de champ.

Courageusement, les hommes en treillis ont conservé leur calme et ne se sont pas laissé intimider. Dans les altercations, ils ont même dit à l’interpellée de ne pas crier parce que, finalement, c’est elle-même qui attirait la curiosité des gens présents sur les lieux avec ses vociférations. La dame, elle, espérait encore les coups de téléphone salvateurs du Premier ministre, mais qui ne sont malheureusement pas tombés pour elle. Finalement, après une poignée de minutes, Claudine s’est résolue à monter à bord du pick-up des limiers qui l’a conduite directement dans les locaux du Bianco à Ambohibao.

Aller jusqu’au bout

Sur place, dans la soirée, les interventions commençaient à pleuvoir. La grande cour de l’enceinte du Bianco était bondée de voitures, certainement des connaissances de Claudine Razaimamonjy qui étaient présentes pour tenter de la sortir de son « pétrin ». On salue en tout cas le grand courage exemplaire des agents du Bianco, qui ont tenu bon malgré les interventions qui fusaient de toutes parts, même du sommet de l’Etat. Nos sources proches du dossier indiquent qu’une grande réunion des employés du Bianco avec le Directeur général a été tenue avant l’arrestation proprement dite, pour s’assurer que tous les agents avaient réellement le courage d’ aller jusqu’au bout de cette mission délicate en raison des relations étroites que la femme d’affaires entretient avec les dirigeants en haut lieu et le parti au pouvoir. Forts du soutien de l’opinion publique qui salue unanimement leur bravoure en accueillant favorablement la nouvelle de l’arrestation, ils ont osé sauter le pas. Plusieurs dossiers liés à de graves cas de corruption attendent d’ailleurs Claudine Razaimamonjy au Bianco, selon toujours nos sources. L’affaire Ambohimahamasina n’est que la partie émergente de l’iceberg, confirment-elles.

Etonnante arrestation

Quoi qu’il en soit, cette arrestation étonne dans la mesure où les deux précédentes convocations contre la grande financière du régime Rajaonarimampianina sont restées lettre morte, elle a toujours été protégée par ses relations très haut placées. Ce qui intrigue justement c’est que des rumeurs sur le fait qu’elle ne serait plus en odeur de sainteté auprès de la première dame ont couru depuis un certain temps. Ce qui serait à l’origine de ses déboires depuis le début. Elle serait ainsi lâchée par ses « amis » dans le cercle du pouvoir, ce qui expliquerait son interpellation par les forces de l’ordre hier après-midi. Un petit indice pourrait conforter cette hypothèse : depuis quelque temps, les évènements et autres gesticulations à visée politique organisés par Claudine Razaimamonjy à Fianarantsoa ne sont pas faits au nom du parti HVM mais au sien. C’est par exemple le cas d’un tournoi sportif baptisé « Tournoi Claudine Razaimamonjy » organisé dans les prochaines semaines dans la partie Betsileo.

Bref, une partie de l’opinion publique reste pessimiste, tentée de croire à une simple mascarade qui ne connaîtra aucune suite, comme ce fut le cas dans des affaires similaires par le passé. Le Bianco et la justice joueront-ils à quitte ou double dans cette affaire, afin de retrouver leur crédibilité en menant leurs enquêtes et auditions en toute indépendance, ou gaspilleront-ils pour de bon le peu de crédit qui leur reste ? La balle est dans leur camp.

La Rédaction

Le PM ne pourra plus en réchapper

L’arrestation de Claudine Razaimamonjy, la richissime femme d’affaires influente proche du régime Rajaonarimampianina a fait l’effet d’une bombe hier en fin d’après-midi. Rappelons qu’elle avait déjà fait l’objet de deux convocations lancées par le Bureau indépendant anti-corruption (Bianco) il y a quelques mois mais elle n’a jamais daigné y répondre. Elle est mise en cause dans les affaires de corruption relatives aux marchés publics fictifs dans la région de Haute-Matsiatra, notamment dans la commune rurale d’Ambohimahamasina, district d’Ambalavao, fief de Claudine Razaimamonjy. Elle- par le biais de ses innombrables prête-noms – était adjudicataire de tous les marchés de gré à gré octroyés par le ministère de l’Intérieur et financés par des subventions exceptionnelles exagérément élevées dans cette région, alors que certains travaux n’ont jamais existé comme l’avaient constaté des inspecteurs d’Etat de l’IGE déployés en mission sur place.

Le ministère de l’Intérieur encore administré par le Premier ministre Olivier Solonandrasana Mahafaly, ce qui a déjà mis ce dernier en cause et l’a fortement ébranlé au moment où ces affaires louches avaient été révélées dans la presse. Le chef du gouvernement avait tenté désespérément de se disculper sur la Radio France internationale (RFI), promettant d’apporter publiquement les preuves de son  « innocence » sous huitaine. Mais qu’il n’a bien évidemment jamais pu faire.

Olivier Solonandrasana Mahafaly devrait maintenant avoir sérieusement du souci à se faire, il ne pourra nullement se dédouaner dans ces affaires concernant sa protégée Claudine Razaimamonjy. Il l’avait toujours couverte, parce que c’est à cette dernière qu’il doit sa nomination à la tête du gouvernement. Pas étonnant que la première réaction de la conseillère occulte de Rajaonarimampianina lors de son arrestation était de faire appeler le Premier ministre pour voler à son secours. L’implication du numéro un du gouvernement ne fait aucun doute, étant lui-même signataire de toutes les décisions d’octroi des subventions exceptionnelles. D’ailleurs, les rapports de l’Inspection générale d’Etat sont accablants pour Olivier Solonandrasana Mahafaly, ne lui permettant absolument pas de se dégager de toute responsabilité dans ces scandales de corruption de haut niveau.

L’opinion publique attend fermement le déroulement des enquêtes pour que tous les responsables, qui qu’ils soient, répondent de leurs actes nonobstant leurs statuts ou leurs influences auprès du couple présidentiel. Tous les yeux se tournent donc vers le Bianco à Ambohibao.

Madanews.com avec Freenews.com

Madagascar: Au moins deux morts et 70 blessés dans une explosion à Antananarivo

juin 26, 2016

Antananarivo – L’explosion d’une grenade a fait au moins deux morts et quelque 70 blessés dimanche à Antananarivo, lors des célébrations de la fête nationale de Madagascar, a-t-on appris auprès de la gendarmerie.

L’explosion a eu lieu vers 19H00 (16h00 GMT) dans le stade municipal de Mahamasina, où se tenait un concert gratuit à l’occasion de la fête de l’indépendance.

C’est dans ce même stade qu’avait eu lieu un défilé militaire dans la matinée.

Il y a deux morts (…) C’est une grenade qui est à l’origine de la déflagration. On peut le qualifier d’acte terroriste car l’auteur a visé plusieurs victimes. On ignore pour le moment cependant la motivation de l’auteur, a déclaré à l’AFP par téléphone le général Anthony Rakotoarison, directeur de la sécurité et des renseignements de la gendarmerie.

On compte également 72 blessés, selon le Premier ministre Olivier Solonandrasana Mahafaly, qui s’est rendu à l’hôpital où sont soignées les victimes.

Devant des journalistes, il a dénoncé un acte immonde et ignominieux.

Le dernier attentat à Madagascar remontait au 25 janvier 2014. L’explosion d’une grenade avait fait un mort et plusieurs blessés à l’extérieur du même stade, dans la rue.

L’auteur n’avait jamais été arrêté et les circonstances de cet attentat n’ont pas encore été élucidées.

Madagascar s’efforce d’émerger doucement d’une très longue période d’instabilité politique, débutée lorsqu’en 2009, lorsque le maire d’Antananarivo Andry Rajoelina avait renversé le président Marc Ravalomanana.

M. Rajoelina avait ensuite dirigé un régime dit de transition et il avait fallu attendre fin 2013 pour trouver une sortie de crise, avec l’organisation d’une élection présidentielle remportée par Hery Rajaonarimampianina.

En mai 2015, le président avait été destitué par l’Assemblée nationale, mais la décision avait finalement été rejetée par la justice malgache.

Les donateurs internationaux, qui avaient fui en 2009, commencent tout juste à revenir, et l’économie sinistrée par les années de crise reprend de timides couleurs.

Le pays reste cependant l’un des plus pauvres du monde. 90% de la population survit avec moins de deux dollars par jour, et Madagascar occupe la quatrième place mondiale en terme de malnutrition chronique.

Romandie.com avec(©AFP / 26 juin 2016 21h48)