Posts Tagged ‘Mahamat Kamoun’

RCA: consensus sur le choix des organisateurs du Forum de Bangui

avril 16, 2015
Le Premier ministre de Centrafrique, Mahamat Kamoun, a présidé avec succès une large concertation sur l'équipe organisatrice du Forum de Bangui.AFP/Pacome Pabandji

Le Premier ministre de Centrafrique, Mahamat Kamoun, a présidé avec succès une large concertation sur l’équipe organisatrice du Forum de Bangui.AFP/Pacome Pabandji

« Consensus », c’était le mot du jour. Le Premier ministre Mahamat Kamoun a présidé une large concertation pour mettre sur pied en un temps record le présidium et le comité technique d’organisation du Forum de Bangui.

« Chaque entité a proposé des personnalités répondant aux critères voulus. Toutes les personnalités ont été admises par consensus aux différents postes des deux structures qui seront chargées d’organiser le Forum de Bangui », précise Laurent Ngon Baba, le vice-président de la séance.

Côté groupe armé, les anti-balaka cèdent leur place au présidium à un représentant de l’ex-Seleka et gagne une place au comité technique. Une décision de bon sens, pour Igor Lamaka, le porte-parole des anti-balaka : « Nous ne voulons pas aller dans les discussions ou encore dans les guéguerres. Donc nous avons décidé de laisser la place à nos frères de la Seleka. »

A la tête du comité technique, la ministre de la Santé Marguerite Samba succède au controversé Jean-Jacques Demafouth. De quoi satisfaire l’assemblée, notamment Thierry George Vacatte, rapporteur adjoint pour le comité : « Elle est ministre, c’est un cadre centrafricain, elle est connue. C’est une dame qui a pignon sur rue, ce n’est pas une parvenue. Elle peut gérer, car elle gère déjà un grand département. »

En une seule journée, partis politiques, société civile et parlementaires ont réussi à s’entendre sur tous les points. Un bel exemple de démocratie qu’il faudra reproduire au Forum de réconciliation.

Rfi.fr

Centrafrique : la transition officiellement prolongée jusqu’à août 2015

janvier 5, 2015

Le président congolais Denis Sassou Nguesso.
Le président congolais Denis Sassou Nguesso. © AFP

Le président congolais et médiateur dans la crise centrafricaine, Denis Sassou Nguesso, a donné son accord pour un prolongement de six mois de la transition, censée initialement s’achever en février.

Censée prendre fin en février, la transition centrafricaine va être prolongée de six mois. Le président congolais Denis Sassou Nguesso, médiateur dans la crise, en a informé les autorités de Bangui dans une lettre datée du 22 décembre 2014.

Dans ce courrier adressé à Catherine Samba-Panza (présidente de la transition), Mahamat Kamoun (Premier ministre) et Alexandre N’Guendet (president du Conseil national de transition), le président congolais déclare que « l’échéance électorale de février 2015 n’étant plus tenable, constat fait également par le Groupe International de contact sur la République centrafricaine le 11 novembre 2014, il y a lieu de procéder à une extension de six mois de la Transition. En d’autres termes jusqu’au mois d’août 2015 ».

Denis Sassou Nguesso répond par cette lettre à la demande formulée par les autorités centrafricaines. Fin octobre, Mahamat Kamoun s’était personnellement déplacé à Oyo, fief du chef de l’État congolais, pour l’en informer.

Prévues en février, les élections générales censées mettre fin à la période de transition avaient déjà été reportées à une date ultérieure en novembre dernier. « Nous avons donc examiné les propositions faites par les autorités de la transition et convenu de repousser les élections en juin ou juillet 2015 », avait alors déclaré le chef de la diplomatie congolaise, Basile Ikouébé.

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Jeuneafrique.com par Vincent DUHEM

« Angolagate », l’affaire qui empoisonne la vie politique centrafricaine

octobre 20, 2014

Catherine Samba-Panza et Eduardo dos Santos, à Luanda, le 4 mars.
Catherine Samba-Panza et Eduardo dos Santos, à Luanda, le 4 mars. © DR

L’affaire des 10 millions de dollars donnés par Luanda continue d’affecter la sphère publique à Bangui. Cette fois, c’est le Parlement centrafricain de transition qui s’en mêle.

Mercredi 15 et jeudi 16 octobre, l’enceinte de l’Assemblée nationale, où le gouvernement centrafricain était appelé à justifier l’utilisation pour le moins opaque du don de 10 millions de dollars (7,8 millions d’euros) octroyé par l’Angola (une affaire révélée par Jeune Afrique), avait des faux airs d’arène chauffée à blanc.

Pendant près de cinq heures, Mahamat Kamoun, le Premier ministre, a été soumis à un feu roulant de questions. Dans son discours d’introduction, Alexandre-Ferdinand N’Guendet, le président du Conseil national de transition (CNT), lui a demandé de s’expliquer sur onze points précis. Une cinquantaine de parlementaires se sont ensuite exprimés avec plus ou moins de véhémence.

Prenant enfin la parole, le Premier ministre a concédé que « compte tenu de l’urgence, le gouvernement [avait] effectué des dépenses sans ordonnancement préalable », mais qu’elles « ont par la suite été régularisées sur le plan comptable » et que des justificatifs avaient été remis au Fonds monétaire international et à la Banque mondiale – précisant que le gouvernement était en mesure de fournir ces documents.

Sans surprise, le président du CNT a jugé que « les principales questions portant sur la gestion du don angolais n’ont véritablement pas trouvé de réponses », et annoncé la création d’une commission d’enquête parlementaire.

Règlement de comptes

Pas sûr que ce spectacle ait satisfait les Centrafricains et la communauté internationale. Car, comme beaucoup le craignaient, ce qu’Alexandre-Ferdinand N’Guendet présentait comme un « exercice salutaire de démocratie » s’est rapidement transformé en règlement de comptes entre ses partisans et ceux de Catherine Samba-Panza, qui l’accusent de profiter de cette affaire pour déstabiliser une présidente dont il se rêve en successeur.

Lors de leurs interventions, des conseillers favorables à Catherine Samba-Panza ont ainsi suggéré au président du CNT de s’expliquer à son tour sur l’utilisation d’un don du Soudan et d’un autre, de 400 millions de F CFA, du Congolais Denis Sassou Nguesso destiné à la rénovation des bâtiments de l’Assemblée.

Pendant que la fine fleur du microcosme politique banguissois s’écharpait, les combats entre les anti-balaka et les forces internationales faisaient rage à quelques centaines de mètres seulement de l’Assemblée nationale… Décidément, la Centrafrique ne semble pas prête pour organiser des élections en 2015.

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Jeuneafrique.com par Vincent DUHEM

Centrafrique: à peine nommé, le gouvernement déjà contesté

août 23, 2014
Centrafrique: à peine nommé, le gouvernement déjà contesté © AFP

Centrafrique: à peine nommé, le gouvernement déjà contesté © AFP

Le nouveau gouvernement de transition centrafricain faisait déjà samedi l’objet de contestations au sein des partis politiques et de l’ex-coalition rebelle de la Séléka, qui affirment n’avoir pas été consultés.

« L’ex-coalition Séléka n’a mandaté personne pour la représenter au sein du nouveau gouvernement formé (vendredi) par le Premier ministre Mahamat Kamoun. Ceux qui sont entrés dans le présent gouvernement ont agi en leur nom, mais pas au nom de Séléka », a réagi Mohamed Moussa Dhaffane, le n°3 de l’ex-rébellion.

Trois personnalités nommées au gouvernement – les ministres des Transports, des Postes et des télécommunications et de l’Elevage – sont issues de la Séléka, ex-rébellion à dominante musulmane qui avait pris le pouvoir à Bangui en mars 2013 et en avait été évincée en janvier 2014 par l’intervention de l’armée française.

Il y a dix jours, la Séléka – qui espérait un Premier ministre issu de ses rangs – avait annoncé son refus de participer au prochain gouvernement dans la foulée de la nomination de Mahamat Kamoun.

Estimant que son avis n’a « pas été pris en compte » dans la composition du nouveau cabinet, la Séléka « se donne le droit de reconsidérer les engagements pris au forum de Brazzaville » fin juillet, une rencontre ayant abouti à un cessez-le-feu entre les groupes armés, a ajouté Mohamed Moussa Dhaffane.

D’autres voix se sont élevées du côté des formations politiques, notamment le groupement de partis GPP-RTL qui rassemble l’ancienne majorité du président François Bozizé renversé en 2013 par la Séléka.

« Nous n’avons désigné personne pour être membre du gouvernement du Premier ministre Mahamat Kamoun. Nous n’avons rien contre Mahamat Kamoun, mais il fut directeur de cabinet de l’ancien président Michel Djotodia (chef de l’ex-Séléka qui a dirigé le pays pendant un an) qui a laissé un passé plein de mauvais souvenirs pour le peuple centrafricain », a déclaré à l’AFP l’un des porte-parole de la coalition GPP-RTL, Mohamed Bengué Bossin.

Les milices majoritairement chrétiennes anti-balaka, qui comptent deux représentants au sein du nouveau cabinet, n’avaient pas encore officiellement réagi samedi matin.

Jeuneafrique.com

Centrafrique : Mahamat Kamoun a formé son gouvernement

août 22, 2014
Mahamat Kamoun, le nouveau Premier ministre centrafricain. © AFP

Mahamat Kamoun, le nouveau Premier ministre centrafricain. © AFP

Quelques heures après le discours à la nation de la présidente de la transition centrafricaine, Catherine Samba-Panza, au cours duquel elle a confirmé Mahamat Kamoun au poste de Premier ministre, celui-ci a annoncé vendredi avoir formé la nouvelle équipe gouvernementale.

Malgré les critiques, Catherine Samba-Panza n’a pas fléchi. Au lendemain de son retour de Luanda où elle a rencontré les autorités angolaises, la présidente de la transition a confirmé, le 22 août, son choix de nommer Mahamat Kamoun pour former un « gouvernement élargi » en Centrafrique, lors d’un discours à la nation prononcé en sango. Elle avait demandé au nouveau Premier ministre de rendre public son équipe gouvernementale au plus tard dans la soirée.

Dans la foulée, Mahamat Kamoun est passé sur les ondes de la radio nationale pour annoncer le nouveau gouvernement. Celui-ci est composé d’une trentaine de ministres dont deux portefeuilles d’État occupés par Marie Noëlle Ande Koyara (Travaux publics) et Aristide Sokambi (Défense nationale). Contacté par Jeune Afrique, ce dernier s’est réjoui « de voir le gouvernement tant attendu par les Centrafricains être enfin mis en place », espérant que cela mette fin aux « supputations diverses » et au « blocage ». « Il est temps de se mettre au travail pour le retour de la paix dans le pays », a-t-il ajouté.

Fin du blocage ?

Pourtant, à en croire des sources diplomatiques centrafricaines à Paris, jusqu’à la dernière minute, « il n’était pas exclu de voir la présidente Catherine Samba-Panza nommer un autre homme afin de mettre fin au blocage ». Des tractations étaient engagées avec le Conseil national de transition pour trouver la « solution la plus adaptée ». D’autant que le président du Conseil, Alexandre Ferdinand Nguendet, avait pris tout le monde de court, le 18 août, en demandant de « sursoir » à la mise en place du nouveau gouvernement. Une déclaration faite à Brazzaville à l’issue d’un entretien de deux heures avec le président congolais, Denis Sassou Nguesso, médiateur dans la crise centrafricaine.

Depuis sa nomination le 10 août au poste de Premier ministre, Mahamat Kamoun était au cœur d’une virulente polémique en Centrafrique. Beaucoup, surtout dans l’ancienne coalition Séléka, estimaient que « son choix [n’était] pas consensuel ». Au final, trois ministères ont été attribués à des membres de l’ancienne rébellion : il s’agit de Mahamat Tahib Yacoub (Élevage), Arnaud Djoubaye Abazène (Transports), et Abdallah Kadre Hassane (Postes et Télécommunications).

Douze ministre reconduits

Les milices anti-balaka n’ont pas été oubliées. Un de ses dirigeants, Jacob Désiré Ngaya, a été nommé ministre délégué aux Finances. Il en est de même d’Armel Ningatoloum Sayo, commandant du mouvement Révolution et justice (rébellion armée active dans le Nord-Ouest), qui hérite du ministère de la Jeunesse et des sports.

Il faut noter également que 12 membres de l’ancien gouvernement démissionnaire ont été maintenus dans la nouvelle équipe. Sept d’eux ont gardé leur portefeuille. Il s’agit de Toussaint-Kongo Doudou (Affaires étrangères), Abdallah Kadre Hassane (Postes et Télécommunications), Marie-Florence Limbio (Économie), Éloi Anguimate (Fonction publique), Gisèle Bedan (Éducation nationale), Gertrude Zouka (Commerce) et Marguerite Samba (Santé).

Sur un total de 31 membres du gouvernement (2 ministres d’État, 27 ministres et 2 ministres délégués), ils ne sont que 17 à faire leur entrée. C’est le cas du général de gendarmerie Thierry-Marie Métinkoué, nommé ministre à la Sécurité.
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Jeuneafrique.com par Trésor Kibangula