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Tunisie: le parti islamiste Ennahdha remporte la majorité des mairies

juillet 19, 2018

La nouvelle maire de Tunis, Souad Abderrahim, lors de son intronisation, le 3 juillet 2018 / © AFP / FETHI BELAID

Le mouvement d’inspiration islamiste Ennahdha a remporté la majorité des sièges de maires à l’issue des premières municipales démocratiques de Tunisie, a annoncé jeudi le ministère des Affaires locales à l’AFP.

Ce scrutin s’est tenu le 6 mai, puis les conseillers municipaux ont été amenés à élire les maires dans chaque localité. A ce jour, 347 maires sur 350 ont été désignés.

Deuxième parti au pouvoir –après Nidaa Tounès, fondé par l’actuel président Béji Caïd Essebsi–, Ennahdha a décroché 130 mairies, a indiqué le ministère de l’Environnement et des Affaires locales.

Les listes indépendantes arrivent en deuxième position avec 114 mairies, juste devant Nidaa Tounès, qui a remporté 80 municipalités.

Vingt-trois ont été remportées par d’autres partis, d’après la même source.

Ennahdha est notamment majoritaire dans le gouvernorat de Sfax (centre), où le mouvement dispose de 14 mairies sur 23, et dans celui de Gabès (sud, 11 sur 16).

A Tunis, une candidate du parti, Souad Abderrahim, est devenue au début du mois la première femme maire de la ville.

Selon l’ONG Al Bawsala, qui évalue le travail législatif depuis la révolution de 2011, 20% des maires tunisiens sont désormais des femmes, à la faveur d’une nouvelle loi électorale exhortant à la parité, dans l’esprit de la constitution de 2014.

En terme de sièges, les listes indépendantes étaient arrivées en tête de ces municipales, marquées par une forte abstention, devant Ennahdha et Nidaa Tounès.

Les élus locaux, qui disposent de pouvoirs plus étendus que leurs prédécesseurs, devront conduire la décentralisation, un projet crucial dans un pays où les municipalités étaient jusque-là peu autonomes, dépendantes d’une administration centrale souvent clientéliste.

Depuis la révolution ayant chassé le président Zine El Abidine Ben Ali en 2011, elles étaient administrées par des délégations spéciales, à la gestion souvent défaillante.

Ces élections devaient aussi permettre d’ancrer la démocratie au niveau local, et pour les partis de renforcer leur ancrage dans les différentes régions, alors que l’année 2019 doit être marquée par la tenue d’élections législatives et présidentielle.

Le parti Nidaa Tounès, sorti vainqueur des scrutins en 2014, est actuellement traversé par de profondes divisions.

Béji Caïd Essebsi, 91 ans, n’a pas encore fait part de ses intentions.

Romandie.com avec(©AFP / 19 juillet 2018 16h34)

Les Indignés arrivent dans les mairies des grandes villes d’Espagne

juin 13, 2015

La gauche radicale espagnole appuyée par le parti anti-austérité Podemos ont fait samedi leur entrée dans les exécutifs. Quatre des cinq principales villes, dont Madrid et Barcelone, se sont officiellement dotées de maires soutenus par ces plateformes.

A Madrid, Manuela Carmena a été élue samedi par le conseil municipal. Elle est devenue la première élue de gauche à diriger la capitale espagnole après 24 années d’administration de la ville par le Parti populaire (PP).

« Nous sommes au service des citoyens de Madrid. Nous voulons gouverner en les écoutant », a affirmé Manuela Carmena.

Le collectif « Ahora Madrid » (Maintenant Madrid) dirigée par l’ancienne magistrate de 71 ans et opposante communiste à Franco, et soutenue par le parti Podemos (« Nous pouvons »), a obtenu le soutien des élus du Parti socialiste (PSOE). Il a été assuré de la majorité absolue de 29 sièges au total au conseil municipal.

Demande lancée par le PP
Mme Carmena a fait campagne sur la suspension de la privatisation des services publics et l’arrêt des expulsions de locataires. Lors d’une conférence de presse organisée avec le PSOE, elle a souhaité que sa désignation permettrait « de changer vraiment la manière de faire de la politique ».

La représentante du PP Esperanza Aguirre, arrivée en tête lors du scrutin avec 44 000 voix de plus, a appelé les conseillers à faire preuve de responsabilité.

A Barcelone, Ada Colau, une militante engagée dans la lutte contre les expulsions immobilières, soutenue par Podemos et le PSOE, succède au nationaliste catalan Xavier Trias. Elle devient aussi, à 41 ans, la première femme à la tête de Barcelone, ville d’1,6 million d’habitants, après avoir reçu 21 voix contre 10 pour M. Trias.

Elle devra toutefois nouer des alliances pour obtenir une majorité stable au delà de cette séance de prise de fonctions, son conseil municipal étant très divisé, avec sept forces en présence. Valence et Saragosse sont également dirigées désormais par des maires proches ou issus du mouvement des Indignés de 2011.

Discussion liée aux régions
Ces changements de majorité font suite aux élections municipales et régionales du 24 mai dernier, qui ont tourné au vote sanction contre le PP de Mariano Rajoy, le chef du gouvernement au pouvoir depuis 2011. Les scrutins ont fait voler en éclats le bipartisme qui organisait la vie politique depuis la fin du franquisme.

En nombre de voix, la droite espagnole est certes arrivée en tête mais, payant le prix de quatre années de politique d’austérité et de scandales de corruption à répétition, elle a réalisé son pire score depuis 1991. Elle est en recul de plus de dix points par rapport aux précédentes élections locales, il y a quatre ans.

Les discussions se poursuivent pour constituer les exécutifs régionaux dans 13 des 17 régions au total où le vote est intervenu également le 24 mai.

Les mesures prises par les nouvelles majorités municipales de même que la stabilité des coalitions mises en place vont être suivies alors que l’Espagne s’apprête à entrer en campagne pour les élections législatives.

Romandie.com