Posts Tagged ‘Maladie’

Loin des yeux de ma femme

juillet 28, 2020

 

Loin des yeux de ma chère femme

Je rendis malgré tout mon âme

Au soir sinistre de ma triste vie

Après de longues années de maladie

 

Sentant le parfum de ma fin prochaine

Avec ces perfusions relayées à la chaîne

Je revisitais notre vie maritale à la loupe

Avant le soupir de cette triste enveloppe

 

Comme un oiseau solitaire sans compagne

J’admirais déjà l’Olympe cette montagne

Où je préparais ma demeure éternelle

Dans la joie des battements de mes ailes

 

Durant cette pandémie séculaire

Où les chouettes aux yeux lunaires

Erraient dans ces vastes cimetières

Leurs cris d’orfraies étaient linéaires

 

Bernard NKOUNKOU

 

Le bâton de cigarette

janvier 9, 2020

 

Le maudit bâton de cigarette

Est comme une sale arête

En travers de sa petite gorge

Qui chaque jour la ronge

 

Depuis sa maison et son travail

Elle ne cesse de caresser sa taille

Au bout de ses fines lèvres embrassées

Pour des futiles raisons de fumée

 

Quant aux premiers signes de la maladie

J’ai appris qu’elle était très amaigrie

Rongée par ce geste de mauvaise compagnie

Qui la clouait des heures durant au lit

 

Un soir d’hiver dans un supermarché

Au moment où je m’apprêtais à payer

A la caisse mes achats avant de sortir

La maigreur de sa silhouette me fit frémir

 

Je ne réalisais pas de la voir dans cet état

Étiolée et squelettique comme un mât

D’un drapeau pouvant tomber au vent

Dans l’ivresse et la colère du temps

 

Bernard NKOUNKOU

Une maladie non identifiée fait 12 morts en moins de 10 jours au Liberia

mai 3, 2017

A Monrovia, au Liberia, en octobre 2014, alors que le virus Ebola faisait encore de nombreuses victimes. © Jerome Delay/AP/SIPA

Une mystérieuse maladie non identifiée a fait douze morts au Liberia ces derniers jours. Il ne s’agit pas d’Ebola, les tests réalisés étant négatifs. Des prélèvement ont néanmoins été envoyés aux Centres américains de contrôle et de prévention des maladies d’Atlanta, aux États-Unis.

Le Liberia a enregistré le 2 mai, y compris dans sa capitale, Monrovia, de nouveaux cas de cette maladie non identifiée qui provoque chez les personnes atteintes fièvre et vomissements. Testée négative à Ebola, elle a fait 12 morts en moins de dix jours, selon le ministère libérien de la Santé.

Depuis Genève, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a également fait état de nouveaux cas de cette maladie dont les premiers ont été enregistrés dans la province de Sinoe, dans le sud-est du Liberia.

« Le bilan global est maintenant de 21 personnes tombées malades, dont douze sont décédées depuis le dimanche 23 avril », a déclaré un porte-parole de l’organisation, Tarik Jasarevic.

À Monrovia, le porte-parole du ministère libérien de la Santé, Sorbor George, a lui aussi évoqué douze décès parmi les malades enregistrés depuis que les premiers symptômes du premier malade se sont déclarés à Greenville, chef-lieu de la province de Sinoe. Il a également affirmé que la maladie avait atteint Monrovia.

« Un homme est venu de Sinoe pour assister à des funérailles à Monrovia et il est tombé malade. Il a montré les mêmes symptômes [que les cas enregistrés dans le comté de Sinoe] et il est mort », a relaté Sorbor George. La petite amie du malade a également perdu la vie après avoir contracté la maladie, selon lui.

L’hypothèse Ebola écartée

Selon le porte-parole du ministère, l’enquête épidémiologique ouverte pour identifier la maladie est en cours, les premières analyses ayant permis d’écarter les hypothèses du virus Ebola et de la fièvre Lassa.

Des prélèvements ont été envoyés aux Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC) à Atlanta pour des analyses toxicologiques, a expliqué Tarik Jasarevic de l’OMS. Il n’en reste pas moins qu’il faudra des semaines avant de pouvoir identifier la maladie, a averti de son côté Sorbor George.

Le Liberia fait partie des trois pays sévèrement affecté par Ebola en Afrique de l’Ouest entre 2013 et 2016. Une résurgence de l’épidémie a été observée dans la région en juin 2016, après avoir causé plus de 11 300 morts, à plus de 99% en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone.

Jeuneafrique.com avec AFP

« Closer » contraint Johnny Hallyday à révéler son cancer et provoque un tollé

mars 9, 2017

Johnny Hallyday n'avait visiblement pas prévu de parler de son état de santé avant la parution d'Ici Paris et de Closer (image d'illustration).

Johnny Hallyday n’avait visiblement pas prévu de parler de son état de santé avant la parution d’Ici Paris et de Closer(image d’illustration).REUTERS/Charles Platiau

Dans un premier temps, Johnny Hallyday avait démenti les rumeurs qui le disaient malade. Mais la parution des magazines Closer et Ici Paris a obligé le chanteur à en dire plus sur son état de santé.

Mardi, Johnny Hallyday annonçait que contrairement aux rumeurs le disant malade, il se portait très bien. Mercredi soir, il révélait qu’il est atteint d’un cancer mais qu’il est traité et « suivi par d’excellents professeurs. »

Que s’est-il passé entre ces deux annonces, très différentes? La parution successive de deux magazines dévoilant l’état de santé du chanteur contre son gré. D’abord, Ici Paris, mercredi. Johnny est « frappé par le cancer », indique le magazine.

C’est ensuite au tour de Closer de publier la même information, avançant carrément pour l’occasion sa date de parution, initialement prévue le vendredi. « Johnny dans un état très préoccupant », raconte l’hebdomadaire people sorti ce jeudi.

Une publication « abjecte »

Qu’un magazine people contraigne l’artiste à parler de son état de santé a provoqué un tollé chez les fans. Sur Twitter, les réactions sont vives et condamnent pour la plupart Closer, jugeant cette pratique « abjecte » et « honteuse ». « Ce n’est pas a vous de décider quand il doit en parler. Vous n’avez pas à vous attribuer l’exclusivité sur sa santé, » s’indigne un journaliste sur le réseau social.

En 2011, c’est Jean-Luc Delarue qui avait été obligé d’annoncer au grand public qu’il souffrait d’un cancer de l’estomac. Il avait devancé le paparazzi Jean-Claude Elfassi, qui avait contacté plusieurs magazines pour vendre cette information au plus offrant, après plusieurs semaines de « planque » devant l’hôpital où séjournait l’animateur. « L’un [des magazines] a prévenu la famille de Delarue et à partir de là, il s’est servi de moi pour organiser sa com’ avec sa conférence de presse », avait expliqué Elfassi à l’AFP.

Johnny Hallyday « transparent sur son état de santé »

Laurence Pieau, rédactrice en chef du magazine Closer, n’a pas répondu aux questions de L’Express sur les raisons qui ont poussé l’hebdomadaire à révéler cette information privée. Mais sur Twitter, le magazine s’est justifié, indiquant que Johnny Hallyday avait « toujours « été transparent sur son état de santé ».

En 2014, Closer avait révélé au grand public la liaison entre François Hollande et Julie Gayet. A l’époque, le magazine avait expliqué que la sécurité du président était en jeu. « Le chef de l’Etat est accompagné d’un seul garde du corps qui protège le secret de ces rencontres avec la comédienne et apporte même les croissants! », écrivait l’hebdomadaire. Dans le cas de Johnny Hallyday, l’argument semble difficile à défendre.

Lexpress.fr par

Le diabète, un « tueur impitoyable » qui progresse toujours

novembre 10, 2016

De plus en plus de personnes réussissent à vivre avec le diabète. Mais cette maladie continue de causer plus d’1,5 million de décès par an dans le monde, souvent par manque de diagnostic et d’accès aux traitements.

Qualifié de « maladie silencieuse », parce qu’une personne atteinte peut vivre plusieurs années sans présenter aucun symptôme, le diabète n’en est pas moins un « tueur impitoyable », rappelle la Fédération Française des Diabétiques (FFD) avant la journée mondiale contre cette pathologie lundi.

« Par conséquent, il est urgent de dépister, diagnostiquer la maladie et fournir un traitement approprié » aux personnes diabétiques, plaide la Fédération internationale du diabète (FID). Celle-ci organise la campagne « Test2Prevent », avec l’objectif d’enregistrer 1 million de dépistages lors de cette journée de sensibilisation.

Le diabète, un trouble d’assimilation des sucres par l’organisme, existe sous deux formes. Le diabète de type 2 (près de 90% des cas) correspond à une hausse prolongée du taux de sucre dans le sang, souvent associée à l’obésité et aux modes de vie (sédentarité, alimentation…). Le diabète de type 1, qui apparaît le plus souvent de manière brutale chez l’enfant ou chez le jeune adulte, est caractérisé par une production insuffisante d’insuline, une hormone sécrétée par le pancréas.

Explosion des cas
Le nombre d’adultes diabétiques a explosé dans le monde, passant de 108 millions en 1980 à 422 millions en 2014, soit 8,5% de la population adulte, a alerté l’Organisation mondiale de la santé en avril.

Et, selon les estimations de la FID, 193 millions de personnes ignorent qu’elles sont atteintes, courant le risque que « la glycémie élevée endommage silencieusement l’organisme ».

Les diabétiques ont un risque élevé de développer des insuffisances rénales, des plaies du pied pouvant mener à l’amputation, des atteintes de la rétine, des infarctus ou encore des AVC.

La réduction de ces complications passe par un meilleur contrôle de la glycémie, mais aussi par la prévention et la prise en charge des risques associés: surpoids, hypertension artérielle, cholestérol, tabagisme et sédentarité, rappellent les spécialistes.

Romandie.com avec(ats / 10.11.2016 11h59)

Le plaisir féminin, à bouche que veux-tu?

mai 15, 2016

Peinture pompéienne murale 79 av. JC.

Peinture pompéienne murale 79 av. JC. Fer.filol / Wikimedia / CC0
Il est loin le temps où le cunnilingus passait pour une pratique élitiste ou subversive ! Plébiscité par les Français, l’embras(s)ement du sexe féminin compte pas moins de 87 % d’adeptes selon les manifestants, 73 % selon la police – deux scores de république bananière. Ou de république ostréicole.

Recevoir un cunnilingus demande une certaine confiance. Or, comme chacun sait en cette période de prolifération des complexes, la confiance ne coule pas de source. Il est normal d’être gênée : comment ne pas intérioriser des millénaires d’associations douteuses entre vulve et moiteur, maladie, mauvaises odeurs et putréfaction ?

Normal d’être gênée aussi, quand il s’agit de montrer une partie du corps qui normalement ne se voit pas, et ce, sans pour autant se faire accuser de pruderie. Hors de toute sacralisation du sexe, ce sont des questions qu’on se pose en allant chez le dentiste, ou quand le docteur fouine nos oreilles – ce petit doute quant à des points anatomiques échappant à notre contrôle, voire à notre connaissance. A ce titre, pour recevoir un cunnilingus, les complexées trouveront intéressant de s’habituer à regarder leur sexe, avec un miroir. Si la pression est due à l’inconnu, vous pouvez faire connaissance.

Couleurs et variations

Contrairement à la vulve médiatique qui se duplique sur un même moule, la vulve humaine se déploie en toutes les couleurs et variations. Tant que vous n’avez pas d’écailles qui poussent autour du clitoris, tout roule. Et s’il faut aborder les angoisses les plus fréquentes : il est parfaitement répandu d’avoir des petites lèvres qui dépassent des grandes, et parfaitement banal d’avoir une petite lèvre plus grosse que l’autre. Votre partenaire ne sera pas surpris. Dans le cas contraire, il est puceau (et il regarde trop la télévision) – pensez donc à lui indiquer la position de votre clitoris grâce à des panneaux indicateurs en néon.

Pour recevoir un cunnilingus, beaucoup de femmes se sentent dans l’obligation de se préparer – non seulement avec une douche mais à coups de bandes dépilatoires. Chacune fait comme elle veut, mais on peut déceler là une forme d’autocensure : en estimant par avance qu’aucun homme n’aime les poils, les femmes alimentent une culture où leurs amants perdent l’habitude de se confronter aux buissons velus. Or, le cunnilingus n’est pas synonyme de pubis glabre sous prétexte qu’il faudrait mieux voir. La langue n’a pas d’œil. Certains hommes préfèrent sincèrement la version poilue, qui offre des sensations particulières et d’intéressants jeux de texture. Et de toute façon, l’éventuelle préférence masculine n’est pas parole d’évangile : c’est vous qui décidez. Le cunnilingus est censé vous procurer du plaisir. Si la préparation vous plonge en plein malaise et qu’elle vous fait mal, sortez plutôt le jeu de Scrabble.

Frais de participation

Nous avons déjà abordé cette question pour la fellation : nos partenaires ne sont pas télépathes. Nous sommes donc chargées, soit de leur confier notre manuel d’utilisation, soit de miser sur une compatibilité tombée du ciel, soit d’accepter la déception. Offrir le guide du cunnilingus pour les nuls est inutile : il ne s’agit pas pour le partenaire d’apprendre à prodiguer des caresses à toutes les femmes, ou à une femme moyenne. Il s’agit de se spécialiser. Ce que préfèrent les autres femmes, on s’en fiche.

Cet enseignement ne passe pas forcément par les mots : vous pouvez filer un coup de main (en écartant les grandes lèvres pour faciliter l’accès au lieu du crime, par exemple). Vous pouvez participer, montrer comment vous vous masturbez. A ce titre, il serait crucial d’introduire une nuance dans le débat bucco-génital public. On parle du cunnilingus générique alors que cette pratique existe, pour les femmes, en version passive ou active. Parfois l’ambiance est à la détente, parfois à la passion. Nous ne sommes pas toujours des étoiles de mer face aux langues de nos partenaires…

Le paradoxe du mec bien

L’enfer, pavé de bonnes intentions : vous connaissez la musique. Ici, nous affrontons le problème de la gratitude. Les femmes ont en effet tendance à se montrer extra-reconnaissantes dès qu’un homme bouge un orteil – qu’il s’agisse de faire la vaisselle ou d’honorer notre bouton de rose. On nous a bien répété que notre vulve était sale. Nous en déduisons donc, plus ou moins consciemment, que le cunnilingus est une faveur, voire un sacrifice, comme s’il s’agissait pour notre partenaire de partir au feu… alors même que la majorité des hommes le pratiquent pour leur plaisir.

Ce raisonnement est le pire ennemi de la réceptrice parce qu’il la met sous pression : déjà que monsieur se donne un mal de chien, on essaie d’abréger ses souffrances. Quitte à ne jamais atteindre l’orgasme. Recevoir un cunnilingus avec grâce consiste pourtant à le recevoir dans la longueur, sans culpabiliser parce que ce serait trop demander – dix ou vingt minutes, ce n’est pas trop demander. Les hommes qui descendent en eaux profondes le savent. Cette timidité, qui joue contre notre plaisir, peut être rangée au placard.

La gratitude empêche en outre de formuler des critiques. Or, justement parce que les hommes aiment cette pratique, ils sont parfaitement aptes à entendre des suggestions et modifier leur routine – par ailleurs, en les protégeant, nous les infantilisons. Ils n’ont rien demandé, et n’ont aucune envie d’être infantilisés.

Autre conséquence de la gratitude excessive : elle prive les femmes de leur droit à ne pas aimer le cunnilingus. Lequel ne constitue ni la pratique ultime ni un Graal sexuel. Il existe mille raisons de ne pas aimer le cunnilingus – sans même s’en justifier. Certes, la langue offre des monceaux de douceur et de très commodes lubrifications, mais elle manque de précision. Elle manque également, parfois, de puissance et de vitesse, surtout en comparaison avec les doigts. On peut détester le contact visqueux de la langue.

Recevoir un cunnilingus implique donc de se demander honnêtement si on aime le cunnilingus. Ou si on aime le cunnilingus ce jour-là – quand on a ses règles, quand on pense à autre chose, ou quand c’est un mardi.

Fin de partie

Recevoir un cunnilingus inclut l’art délicat de savoir arrêter les frais : soit parce qu’on a joui, soit parce qu’on en a assez, soit parce qu’on voudrait passer à autre chose. Changer de position suffit le plus souvent − soyons honnêtes : votre partenaire a une crampe, il ne se vexera pas. Si votre amant est du genre à penser que tout cunnilingus doit aboutir à un orgasme (non), et que vous préférez vous épargner une conversation embêtante, simuler est une option. Pas forcément une bonne, mais une option quand même.

Rappelons enfin qu’on n’arrête pas forcément un cunnilingus pour passer à l’étape suivante, ou pire, à l’étape « supérieure ». Nous parlons d’une pratique à part entière, comme le baiser ou le bœuf bourguignon. La pénétration vaginale n’est pas le prix à payer pour un cunnilingus. Lequel n’est pas un passage obligé, quand on voudrait être pénétrée tout de suite.

Car enfin, on ne reçoit pas un cunnilingus comme un amuse-bouche : on ne peut pas honorer cette attention tout en l’appelant « préliminaire » − un mot qui induit une hiérarchie des pratiques sexuelles. Le meilleur moyen de rendre grâce à ce baiser est de le prendre au sérieux. Comme cœur du sujet, certainement pas comme accessoire.

Retrouvez chaque dimanche matin la chronique sexualité de Maïa Mazaurette dans La Matinale.

Lemonde.fr par Maïa Mazaurette, Journaliste au Monde

« Présidents africains, pourquoi ne restez-vous pas mourir au pays ? »

avril 21, 2016

Le président du Cameroun, Paul Biya, ici à Yaoundé en avril 2016 avec deux de ses collaborateurs.

Le président du Cameroun, Paul Biya, ici à Yaoundé en avril 2016 avec deux de ses collaborateurs. Crédits : Andrew Harnik / AP
On l’a appris par un communiqué laconique du palais de Koulouba, sur les hauteurs de Bamako : le président malien Ibrahim Boubacar Keita (IBK) a été opéré, mardi 12 avril, d’une « tumeur bénigne » à l’Hôpital militaire Bégin, à Saint-Mandé (Val-de-Marne), en région parisienne. Il effectue sa convalescence à Paris et n’a pas communiqué la date de son retour au Mali. Ancien dirigeant de la Fédération des étudiants d’Afrique noire en France (FEANF), le camarade IBK a donc rejoint la longue liste des chefs d’Etat africains qui délaissent les hôpitaux de leur pays pour venir se soigner en Occident.

Avant le président malien, son homologue ivoirien Alassane Ouattara s’était fait opérer en février 2014 à l’Hôpital américain de Neuilly, à l’instar du Gabonais Ali Bongo Ondimba qui avait choisi, quelques années plus tôt, la clinique chic de l’Ouest parisien pour y subir une intervention chirurgicale. Le Camerounais Paul Biya, lui, se soigne à Genève où il réside une partie de l’année. Son dossier médical est aux mains de médecins suisses, alors qu’il est protégé comme un secret d’Etat au Cameroun. Son épouse, Chantal, préfère les hôpitaux parisiens où elle a passé plusieurs mois ces dernières années.

A ce jeu-là, même les chefs d’Etat maghrébins se sont fait prendre. L’Algérien Abdelaziz Bouteflika a longuement séjourné en 2013 à l’Hôpital militaire du Val-de-Grâce, puis à l’Hôtel national des Invalides pour sa rééducation. Le président algérien était d’ailleurs revenu en décembre 2015 à la Clinique d’Alembert, à Grenoble, pour effectuer un contrôle médical.

Mais le plus surprenant de cette liste non exhaustive, c’est le roi Mohamed VI qui est venu en France en 2013 pour y subir une opération chirurgicale alors que son pays reste une destination sanitaire privilégiée pour de nombreux chefs d’Etat d’Afrique subsaharienne.

Faute politique

Disons le sans ambages : délaisser les institutions sanitaires de son pays pour se soigner à l’étranger est, au bas mot, une faute pour un chef d’Etat. C’est la preuve irréfutable qu’il n’a pas réussi à bâtir sur place un système de santé digne de sa confiance.

Si, dès qu’ils sont malades, même légèrement, les présidents africains sautent dans l’avion pour Paris, Londres, Lisbonne ou Madrid afin d’y recevoir des soins, c’est aussi parce qu’ils n’ont pas favorisé chez eux le développement de l’expertise médicale nationale. Ce n’est pas une blague : il existe aujourd’hui des pays africains qui n’ont aucun spécialiste du cancer ; d’autres qui n’ont que trois ou quatre cardiologues ; d’autres encore où les quelques gynécologues n’exercent que dans la capitale.

Ces chefs d’Etat, qui ne se gênent pas pour aller se soigner à l’étranger, n’ont pas non plus érigé l’acquisition du matériel médical en priorité de leurs actions. En 2016, il est encore impossible, faute d’appareils, de pratiquer une IRM dans certains Etats d’Afrique subsaharienne. Dans d’autres, il existe un seul appareil qui tombe régulièrement en panne, pour cause de surchauffe ou de défaut de maintenance.

L’aller-retour d’un avion médicalisé pour acheminer à Paris un ministre africain malade coûte 120 000 euros, soit une vingtaine de bourses d’études en médecine à Dakar.

Pour un chef d’Etat, se soigner à l’étranger est également une énorme injustice envers le reste de la nation. En effet, pendant que leurs compatriotes sont condamnés à se rendre dans des structures de santé devenues des mouroirs, les présidents africains eux prélèvent sans vergogne sur les deniers publics pour venir en Occident recevoir des soins. Et c’est souvent une affaire de gros sous : la facture d’hospitalisation d’un dirigeant sahélien à l’Hôpital américain de Neuilly a grimpé jusqu’à 300 000 euros, soit le budget de fonctionnement annuel de l’Hôpital de Birao, en Centrafrique.

De même, l’aller-retour d’un avion médicalisé pour acheminer à Paris un ministre ouest-africain malade coûte 120 000 euros, l’équivalent d’une vingtaine de bourses d’études en médecine à Dakar.

La faute politique et l’injustice expliquent ensemble la colère d’une partie de l’opinion malienne lorsqu’elle a appris qu’IBK était venu se faire opérer à Paris.

Derrière le slogan « Tous au Val-de-Grâce », ces Maliens-là ont rappelé que leur président avait acheté en 2014 un nouvel avion pour près de 30 millions euros. Selon eux, cette somme aurait largement suffi à construire à Bamako un hôpital de référence dans lequel IBK aurait disposé d’une chambre réservée à l’année.

Triste record mondial

Pour avoir fait le choix de négliger les structures sanitaires de leur pays, convaincus qu’ils pourront toujours être évacués vers les capitales occidentales, les dirigeants africains ont mis le continent au sommet du palmarès mondial des présidents décédés à l’étranger.

Ici, on n’en citera que les plus récents : le Zambien Michael Sata, décédé en 2014 à Londres, l’Ethiopien Melès Zenawi, mort en 2012 à Bruxelles, le Bissau-Guinéen Mallam Bacai Sanha qui s’est éteint la même année à Paris tout comme le Zambien Levy Mwanassa mort en 2008 à Paris.

Le Nigérian Umaru Yar’Adua, se sentant condamné, est quant à lui rentré d’Arabie saoudite en 2010, juste à temps pour mourir parmi les siens.

Omar Bongo du Gabon (à gauche) et Gnassingbe Eyadema du Togo, décédés respectivement en 2009 et 2005, en dehors de leur pays.

Omar Bongo du Gabon (à gauche) et Gnassingbe Eyadema du Togo, décédés respectivement en 2009 et 2005, en dehors de leur pays. Crédits : AFP

De toute cette liste, les deux cas les plus scandaleux sont ceux du Gabonais Omar Bongo Ondimba et du Togolais Eyadema Gnassingbé. Le premier est mort en 2009 à Barcelone, en Espagne, après avoir dirigé son pays pendant quarante-deux ans sans avoir eu à cœur de bâtir un centre sanitaire dans lequel il rendrait son dernier souffle.

Le second est mort en 2005 dans l’avion qui le transportait de Lomé vers une capitale occidentale après trente-huit ans d’un règne au cours duquel il avait eu les moyens suffisants de doter le Togo d’un centre hospitalier qui lui aurait permis de recevoir les premiers soins avant son évacuation. Cela lui aurait peut-être sauvé la vie !

Plus de dix ans plus tard, les chefs d’Etat africains ne semblent pas avoir tiré les enseignements de l’erreur fatale d’Eyadema Gnassingbé. Hélas, ils continueront donc de mourir hors des frontières nationales.

 

Lemonde.fr par Seidik Abba (Chroniqueur, Le Monde Afrique)

La maladie têtue

août 27, 2015

 

 

Forte seras-tu?

Dans ma maladie têtue

Enfoncé comme un clou

Qui me ronge même debout

À coups de marteau de la pénitence

Comme un supplicié sans résistance

Cloué au pilori de mon lit

Dans cet hôpital comme une souris

Fini et soumis aux expériences

Des chercheurs de la science

Peu à peu, la maladie comédie musicale

M’oblige à terminer mon spectacle

Après un concert enflammé et joyeux

D’où l’on sort le sourire jusqu’ aux yeux

Bernard NKOUNKOU

Une « mystérieuse » maladie fait 17 morts dans le sud-ouest du Nigeria

avril 18, 2015

Scène de rue à Akure, dans l'Etat d'Ondo, au Nigeria.
Scène de rue à Akure, dans l’Etat d’Ondo, au Nigeria. © AFP

Une maladie « mystérieuse » a tué 17 personnes dans le sud-ouest du Nigeria, qui ont succombé brutalement, a déclaré samedi un porte-parole des autorités locales.

« Dix-sept personnes sont mortes de la maladie mystérieuse depuis son apparition au début de la semaine dans la ville d’Ode-Irele », dans l’Etat d’Ondo, a déclaré le porte-parole de l’Etat, Kayode Akinmade, interrogé par l’AFP par téléphone.

Les symptômes de cette mystérieuse maladie sont des maux de tête, des pertes de connaissance et de poids, des troubles de la vue, suivis de la mort dans les 24 heures. Les tests effectués jusqu’à présent n’ont pas indiqué qu’il pouvait s’agir d’une maladie virale ou en particulier d’Ebola, a précisé le porte-parole.

Ebola, une fièvre hémorragique d’origine virale, a fait plus de 10.600 morts essentiellement dans trois pays d’Afrique de l’Ouest : Liberia, Sierra Leone et Guinée depuis début 2014 mais a globalement épargné le Nigeria. Selon le porte-parole, des spécialistes de l’Organisation mondiale de la santé, du ministère nigérian de la Santé et d’autres partenaires se sont rendus à Ode-Irele pour lutter contre l’infection.

Morts en 24 heures

« Les quatre premières personnes à avoir contracté la maladie mystérieuse entre dimanche et lundi sont mortes dans les 24 heures après l’apparition des symptômes », a-t-il ajouté. « En dehors des 17 morts enregistrés, nous n’avons pas découvert de nouveaux cas au cours des dernières 72 heures. Aucun patient souffrant de la maladie n’est hospitalisé et la maladie ne s’est pas propagée au-delà de la ville », a dit M. Akinmade.

A Genève, l’OMS a confirmé les symptômes décrits et ajouté que, selon les informations dont elle disposait, on comptait « 14 cas dont douze (ou 13) morts ». Un porte-parole de l’agence de l’ONU a ajouté que des prélèvements de fluides corporels avaient été envoyés samedi à l’hôpital universitaire de Lagos et que les analystes étaient en cours.

Jeuneafrique.com avec AFP

Togo : décès en France du général Assani Tidjani, tombé en disgrâce

décembre 11, 2012
Assani Tidjani était l'un des hommes forts du régime du père de Faure Gnassingbé, Eyadéma. Assani Tidjani était l’un des hommes forts du régime du père de Faure Gnassingbé, Eyadéma. © AFP

Condamné à vingt ans de réclusion criminelle dans une affaire d’atteinte à la sûreté de l’État avec le demi-frère du président, Kpatcha Gnassingbé, et d’autres, le général Assani Tidjani s’est éteint dans la soirée du vendredi 7 décembre 2012, à Limoge, en France.

Le général togolais Assani Tidjani s’est éteint dans la soirée du vendredi 7 décembre 2012 à Limoge, en France, où il avait été transféré pour cause de grave maladie, probablement un cancer du foie. Autrefois « puissant » du temps de la dictature du père de Faure Gnassingbé, Eyadéma, le général « Adidas » – en référence aux trois larges cicatrices sur ses joues – s’était réfugié dans la religion musulmane. « Il passait des journées entières à égrener son chapelet », raconte un de ses proches qui a passé ses derniers moments avec lui.

Inculpé en septembre 2011 dans le complot d’avril 2009 imputé au député Kpatcha Gnassingbé, l’un des demi-frères du chef de l’État, il est arrêté le 22 juillet 2011. Au cours du procès qui s’ensuit, il est reconnu comme le concepteur de la tentative présumée de putsch contre Faure Gnassingbé, ce qu’il a toujours nié en bloc. Peine perdue : il sera condamné à vingt ans de réclusion criminelle. Entre temps, sa maladie prenait de plus en plus d’ampleur.

« Trahi, humilié »

« Il s’est laissé mourir. Il se sentait trahi, humilié, et traîné dans la boue. Il a estimé que son honneur avait été bafoué et a donc émis le vœu, dans son testament, d’être enterré au Nigeria » le pays dont il était originaire, raconte un proche.

Sa chute fut brutale. Chef d’état-major des Forces armées togolaises (FAT) puis ministre de la Défense et des Anciens combattants, il fut l’un des hauts gradés les plus craints et les plus écoutés par le pouvoir. Signe de son importance, il était d’ailleurs le « représentant » du général Eyadéma auprès des parties en conflit lors de la crise ivoirienne, en 2002.

À la mort d’Eyadéma, Tidjani fait partie des généraux qui portent au pouvoir le fils de l’ancien président, Faure Gnassingbé, en février 2005.

À la mort d’Eyadéma, Tidjani fait partie des généraux qui portent au pouvoir le fils de l’ancien président, Faure Gnassingbé, en février 2005. Il est pointé du doigt par les associations des droits de l’homme dans la sanglante répression des manifestations après la présidentielle du 24 avril 2005. Il use de son influence pour convaincre l’ancien président nigérian, Olesegun Obasanjo, mais aussi le Français Jacques Chirac, de soutenir la « victoire » de Gnassingbé à l’élection.

« Faire échec à Faure »

Mais très vite, il sera lâché par le cercle très fermé de Faure. On lui reprochait son opposition au projet du jeune président de dissoudre le Rassemblement du peuple togolais (RPT) pour le remplacer par l’Union pour la République (Unir). Selon une source proche du parti, Tidjani aurait souvent affirmé que « si Faure se permettait le luxe de créer son parti, eux les barons, s’organiseraient pour faire échec à son projet et faire renaître le RPT de ses cendres. Ce qui aurait sans doute déplu au président », glisse la même source.

De là commence la traversée du désert de cet ancien élève de Saint-Cyr, très proche du Quai d’Orsay et des Forces Nouvelles (FN) ivoiriennes, dont il était l’un des encadreurs. C’est justement en Côte d’Ivoire où il se « reposait après une opération chirurgicale », en 2011, qu’il a été sommé par la présidence de Lomé de rentrer pour l’affaire qui mènera à sa condamnation. Paris et Abidjan avait ensuite fait pression pour qu’il puisse être transféré en France afin d’y subir des soins.

Jeuneafrique.com par Jean-Claude Abalo, à Lomé