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Les larmes de la Nobel de la Paix Malala, enfin de retour au Pakistan

mars 29, 2018

Une photographie officielle montre Malala aux côtés du Premier ministre pakistanais Shahid Khaqan Abbasi, le 29 mars 2018 à Islamabad / © PID/AFP / HANDOUT

La prix Nobel de la paix Malala Yousafzai a retrouvé dans les larmes jeudi son Pakistan natal, laissé derrière elle dans des circonstances dramatiques en 2012 et qu’elle a souhaité n’avoir jamais quitté.

« Je suis très heureuse. Je n’arrive toujours pas à croire que je suis ici », a-t-elle déclaré, bouleversée, dans un discours prononcé à la résidence du Premier ministre Shahid Khaqan Abbasi à Islamabad, quelques heures après une arrivée qui a pris le pays de court.

« Ces cinq dernières années j’ai toujours rêvé de pouvoir revenir dans mon pays », a-t-elle lancé devant le public.

« Si cela avait été possible, je ne (l)’aurais jamais quitté », a-t-elle ajouté, évoquant avec nostalgie la « beauté » de sa vallée natale de Swat, parfois comparée à la Suisse pour ses paysages verdoyants. Elle en avait été évacuée d’urgence vers la Grande-Bretagne en 2012 après avoir reçu une balle dans la tête lors d’un attentat la ciblant à son retour de l’école.

« Nous sommes vraiment ravis que notre fille, qui a fait beaucoup pour le nom du Pakistan, soit de retour à la maison », a déclaré de son côté le chef du gouvernement. « Vous recevrez un respect total ici ».

– Visite non annoncée –

La jeune femme et ses parents ont atterri au petit matin à l’aéroport d’Islamabad. Leur visite, qui doit durer quatre jours, n’avait pas été annoncée et leur programme n’a pas été rendu public « pour des raisons de sécurité », ont indiqué les autorités. La famille se déplace sous forte escorte policière.

On ignore ainsi si Malala, âgée aujourd’hui de 20 ans, entend se rendre dans son district natal de Shangla, ou dans la ville de Mingora, où s’est produit l’attentat, tous deux situés dans la vallée de Swat (nord-ouest).

Si elle est célébrée en Occident, son image est plus controversée dans son pays où certains la considèrent comme un « agent de l’étranger » manipulé ou payé pour nuire au Pakistan.

Outre les cercles islamistes radicaux opposés à l’émancipation des femmes, Malala est également critiquée par une partie de la classe moyenne pakistanaise qui lui reproche de ternir l’image du pays.

Nombre de ses compatriotes ont toutefois salué l’annonce de son arrivée, notamment dans sa vallée de Swat et sur les réseaux sociaux.

« Elle est un symbole de courage pour tous les Pakistanais et nous nous réjouissons de sa visite. Elle aurait dû revenir bien plus tôt », a jugé de son côté Ahmad Shah, un ami du père de la jeune femme et habitant de Swat.

« Chers Pakistanais, Malala n’est pas votre ennemie. Vos ennemis sont les monstres qui lui ont tiré dessus à bout portant sur le chemin de l’école », a plaidé une internaute, Shahira Lashari, sur Twitter.

« Certains pensaient que cela n’arriverait jamais. Certains ne voulaient pas que cela arrive », a commenté de son côté l’analyste Michael Kugelman, spécialiste de la région au Wilson Center à Washington, saluant « un grand moment pour le Pakistan ».

– 6 millions pour l’éducation –

C’est dans des circonstances dramatiques, entre la vie et la mort, que Malala avait dû quitter son pays en 2012 après sa tentative d’assassinat par des talibans pakistanais.

Elle n’avait plus foulé le sol pakistanais depuis lors. « C’est dur de ne pas voir sa maison, sa famille et ses amis pendant plus de cinq ans », avait-elle déclaré en janvier.

Soignée en Angleterre, où elle vit, elle est devenue une icône du droit des filles à l’éducation. C’est à ce titre qu’elle s’est vue décerner le Prix Nobel de la paix en 2014, conjointement avec l’Indien Kailash Satyarthi.

Après avoir vécu avec sa famille à Birmingham, dans le centre de l’Angleterre, elle poursuit aujourd’hui des études à Oxford.

Malala avait commencé son combat en 2007 lorsque les talibans imposaient leur loi sanglante dans sa vallée de Swat, autrefois paisible région touristique des contreforts de l’Himalaya.

Du haut de ses 11 ans, la fillette alimentait un blog sur le site de la BBC en ourdou, la langue nationale du Pakistan. Sous le pseudonyme de Gul Makai, elle y décrivait le climat de peur régnant dans sa vallée sous la férule des extrémistes.

L’attentat qui a failli lui coûter la vie n’a nullement entamé sa détermination.

« La nouvelle génération du Pakistan est l’avenir du Pakistan. Ce sont les gens. Donc nous devrions investir dans l’éducation de ces enfants », a-t-elle déclaré jeudi matin, soulignant que le Fonds qui porte son nom avait déjà contribué à hauteur de plus de 6 millions de dollars à l’éducation des filles dans le pays.

Romandie.com avec(©AFP / 29 mars 2018 15h57)                

Les deux lauréats du Nobel de la paix félicités à travers le monde

octobre 10, 2014

Le Pakistan et l’Inde ont chacun félicité vendredi leur lauréat respectif du prix Nobel de la paix attribué le même jour. Plusieurs pays, dont la Suisse, l’UE et l’ONU se sont joints aussi à ces félicitations pour l’adolescente pakistanaise Malala, rescapée des balles des talibans, et l’Indien Kailash Satyarthi.

« Fierté nationale », « exemple pour la jeunesse », « preuve que le Pakistan n’est pas terroriste »: le « pays des purs » s’est congratulé du prix Nobel de la Paix décerné à Malala Yousafzaï, même si la jeune icône n’y fait pas l’unanimité partout.

A Islamabad, l’annonce du prix Nobel de Malala a été flashée par des chaînes d’info en continue plus habituées d’ordinaire à aligner des bilans d’attentats ou des soubresauts politico-militaires.

Dès l’annonce du prix, le Premier ministre pakistanais a envoyé un SMS à Malala, qui vit en Grande-Bretagne, pour la « féliciter ». « Elle remplit de fierté le Pakistan et les Pakistanais » par « sa réussite inédite et inégalée », a-t-il déclaré dans un communiqué diffusé par ses services. Selon lui, « les garçons et filles du monde entier devraient prendre exemple sur son combat et son engagement ».

Hommage en Inde et à l’ONU
Le Premier ministre indien Narendra Modi a pour sa part félicité son concitoyen Kailash Satyarthi. « Toute la nation est fière de cette réussite capitale », a dit le chef de gouvernement indien.

Réaction aussi aux Nations unies. « Avec son courage et sa détermination, Malala révèle ce que les terroristes redoutent le plus: une fille en possession d’un livre », a estimé le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon. « Par le simple fait d’aller à l’école, (elle) est devenue un professeur mondial ».

L’Union européenne (UE) a elle estimé que cette double distinction était « une victoire pour des millions d’enfants ».

La joie de Didier Burkhalter
Le président de la Confédération Didier Burkhalter a aussi officiellement réagi dans un communiqué. Il a exprimé sa joie pour la remise du Nobel de la paix à des défenseurs des droits des enfants. Il voit dans cette distinction « un appel à tous les êtres humains de prendre en compte les besoins des jeunes et de s’engager pour que ces jeunes puissent avoir une perspective d’avenir ».

Romandie.com

Canada: Ottawa octroiera la citoyenneté honoraire à Malala

octobre 15, 2013
 Malala Yousafzai, militante pour l'accès des jeunes filles à l'éducation.  Photo :  AFP/STAN HONDA


Malala Yousafzai, militante pour l’accès des jeunes filles à l’éducation. Photo : AFP/STAN HONDA

Malala Yousafzai, militante pour l’accès des jeunes filles à l’éducation. Photo : AFP/STAN HONDA

Exclusif – Le gouvernement de Stephen Harper annoncera mercredi lors du discours du Trône son intention d’octroyer la citoyenneté canadienne à titre honorifique à la jeune Pakistanaise Malala Yousafzai, a appris Radio-Canada.

Elle deviendra ainsi la sixième personne à recevoir cet honneur, après entre autres Aung San Suu Kyi, Nelson Mandela et le dalaï-lama.

Ottawa veut ainsi reconnaître son courage. Malala, 16 ans, a risqué sa vie en militant pour les droits de la personne et pour la liberté face à l’extrémisme et l’oppression des talibans, explique une source gouvernementale.

Cette démarche s’inscrit aussi dans le cadre d’un signal plus large que souhaite envoyer le Canada. Le premier ministre Stephen Harper tient ainsi à démontrer que sa politique étrangère vise avant tout à promouvoir les valeurs canadiennes et qu’elle ne laisse aucune place aux compromis sur la liberté et les droits de la personne.

Des talibans avaient tenté, l’an dernier, d’assassiner l’adolescente en lui tirant une balle dans la tête, parce qu’elle se battait pour que les filles puissent aller à l’école. L’adolescente a réussi à s’en sortir après avoir reçu des soins en Grande-Bretagne.

Elle était considérée comme la favorite, cette année, pour le prix Nobel de la paix, qui est finalement revenu à l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques.

Courtiser les consommateurs

Dans son discours du Trône, le gouvernement Harper doit annoncer une série d’initiatives pour mieux protéger les consommateurs canadiens en ciblant notamment les compagnies de téléphonie cellulaire, les câblodistributeurs et les compagnies aériennes. (Consultez le texte d’Emmanuelle Latraverse à ce sujet.)

Par ailleurs, le gouvernement fédéral devrait lancer un signal au sujet de la sécurité ferroviaire. Le Québec réclame des mesures claires sur ce front.

Sans annoncer d’accord, le gouvernement devrait également parler de progrès dans les négociations sur le libre-échange entre le Canada et l’Union européenne.

Le discours s’inscrit dans la volonté du gouvernement de montrer que le Canada est un îlot de stabilité dans le monde avec la création d’un million d’emplois depuis 2008 et les plus bas impôts depuis plusieurs générations, avec des baisses approximatives de 3200 $ par famille depuis que les conservateurs ont pris le pouvoir.

Radio-canada.ca avec les informations d’Emmanuelle Latraverse

Malala chez les Obama

octobre 12, 2013
Malala Yousafzai à la Maison Banche

Malala Yousafzai à la Maison Banche

Malala Yousafzai, Pakistanaise de 16 ans qui s’est vue attribuer jeudi le prix Sakharov décerné par le Parlement européen, a été reçue, vendredi, à la Maison-Blanche par le président Barack Obama et son épouse Michelle.

Des talibans avaient tenté, l’an dernier, d’assassiner l’adolescente en lui tirant une balle dans la tête, parce qu’elle se battait pour que les filles puissent aller à l’école. La jeune fille, originaire de la vallée de Mingora, dans la vallée de Swat, a réussi à s’en sortir après avoir reçu des soins en Grande-Bretagne.

Elle était considérée comme la favorite, cette année, pour le prix Nobel de la paix, qui est finalement revenu à l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC).

Les Obama ont remercié Malala pour son « engagement exaltant et passionné au profit de l’éducation des jeunes filles au Pakistan », a déclaré la Maison-Blanche.

Radio-canada.ca avec Reuters

Malala n’a rien fait pour mériter le prix Sakharov, affirment les talibans

octobre 10, 2013

Malala n’a rien fait pour mériter le prix Sakharov, affirment les talibans

MIRANSHAH (Pakistan) – La jeune militante pour le droit à l’éducation Malala Yousafzaï n’a rien fait pour mériter le prestigieux prix Sakharov du Parlement européen, ont affirmé jeudi les talibans pakistanais qui menacent encore de la tuer.

Elle n’a rien fait. Les ennemis de l’islam lui ont décerné ce prix car elle a abandonné la religion musulmane pour se convertir à la laïcité, a déclaré à l’AFP Shahidullah Shahid, porte-parole des talibans pakistanais du TTP.

Elle remporte des prix car elle oeuvre contre l’islam. Les talibans vont cibler Malala qu’elle soit aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni, a ajouté ce cadre du TTP, un groupe islamiste armé en lutte depuis six ans contre les forces pakistanaises.

Les présidents des groupes politiques du Parlement européen ont choisi jeudi à l’unanimité d’honorer l’adolescente aujourd’hui âgée de 16 ans, cible il y a un an d’un attentat des talibans pakistanais pour avoir milité en faveur de l’éducation des filles.

Malala, dont le nom est également cité pour le Prix Nobel de la Paix annoncé vendredi, est invitée à venir recevoir le 20 novembre à Strasbourg le prix Sakharov qui récompense chaque année un défenseur des droits de l’Homme et de la démocratie.

Malala Yousafzaï s’était fait connaître au Pakistan en dénonçant le régime imposé par les talibans dans sa vallée de Swat, région du nord-ouest du Pakistan sous l’emprise des insurgés du TTP de 2007 à 2009.

Dans son autobiographie publiée cette semaine, elle revient sur cette période sombre de l’histoire du nord-ouest pakistanais et sur l’attaque des talibans dont elle est sortie vivante in extremis.

Quiconque vend ce livre sera visé par les talibans, a menacé le porte-parole de la rébellion islamiste conviée à des pourparlers de paix par le gouvernement d’Islamabad. Des exemplaires du livre sont disponibles dans des librairies au Pakistan.

Romandie.com avec (©AFP / 10 octobre 2013 13h29)