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Malaisie: prison avec sursis pour avoir mangé du porc

mai 27, 2016

En 2013, Vivian Lee était présentée à un tribunal de Kuala Lumpur.

En 2013, Vivian Lee était présentée à un tribunal de Kuala Lumpur. STR / AFPzoom image

Une bloggeuse malaisienne a été condamnée à six mois de prison avec sursis pour avoir posté sur Facebook une photo d’elle mangeant du porc.

Une façon bien étrange de fêter le Ramadan… En 2013, la bloggeuse malaisienne avait choqué tout le pays en postant sur Facebook une photo d’elle mangeant du porc en guise de vœux pour le Ramadan. Un geste qui avait marqué en Malaisie, un pays à majorité musulmane. Ce vendredi, Vivian Lee a été condamnée à six mois de prison pour ce geste. La jeune femme avait été inculpée peu de temps après avoir publié la photo, en même temps que son compagnon d’alors Alvin Tan, en vertu de la loi sur la sédition. Lui n’était pas présent au tribunal, il est parti vivre aux Etats-Unis.

Vivian Lee va faire appel de cette décision, et a été laissée en liberté en attendant. Elle a tout de même dû verser une caution de 20.000 ringgit, soit près de 4.400 euros. Ses avocats avaient entre temps obtenu la réduction de la peine à cinq mois et 22 jours, en ôtant les huit jours passés en détention préventive.

« Six mois, ce n’est pas une peine trop longue »

Free Malaysia Today a compilé quelques commentaires de Malaisiens choqués par la photo de Vivian Lee: «Je pense que six mois, ce n’est pas une peine trop longue, mais en même temps, beaucoup de racistes ne sont pas mis en examen. La loi doit s’appliquer à tous et pas seulement à un petit groupe», a écrit un internaute malaisien sur Facebook.

En 2012, Vivian Lee et Alvin Tan déjà créé une polémique en Malaisie en créant un blog sur leur vie sexuelle, qu’ils agrémentaient de photos érotiques et de vidéos d’eux pendant leurs ébats. Ils avaient refusé de présenter leurs excuses publiques, estimant n’avoir rien fait de mal. C’était une nouvelle façon de tenir tête aux mœurs malaisiennes: dans le pays, la pornographie est illégale.

Parismatch.com par K. S avec AFP

Caricaturiste kényan et dessinateur malaisien distingués à Genève

mai 3, 2016

Les dessinateurs de presse étaient à l’honneur mardi à Genève. Le caricaturiste kényan Gado et le Malaisien Zunar ont été récompensés par le Prix international consacré à cet art, à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse.

Les deux dessinateurs sont menacés dans leur pays et ne peuvent plus exercer leur métier. Ils « nous mettent face à notre responsabilité de préserver la liberté d’expression », a dit le président d’honneur de la Fondation suisse Cartooning for Peace (Dessiner pour la Paix, NDLR), l’ancien secrétaire général de l’ONU Kofi Annan. Une protection des dessinateurs que souhaite également le conseiller administratif genevois Guillaume Barazzone.

Gado, de son vrai nom, Godfrey Mwampembwa, vient de perdre son emploi de dessinateur de l’un des quotidiens les plus importants d’Afrique centrale et de l’Est. Il a contesté devant la justice cette mesure. Il dénonçait dans ses dessins la corruption des dirigeants africains.

Mais aussi l’impunité de certains d’entre eux face à la Cour pénale internationale (CPI). La relation des médias avec les autorités « est inquiétante dans de nombreux pays africains », a affirmé mardi matin Gado lors d’un débat à l’ONU.

Lauréat malaisien pas content avec Charlie Hebdo
Zulkiflee Anwar Ul-Haque, ou Zunar, est le dessinateur de presse le plus connu de Malaisie. Il a été détenu deux fois et risque 43 ans de prison pour sédition. En cause, son humour pour révéler les abus de pouvoir, la corruption ou encore la crise judiciaire dans son pays. Il s’en est notamment pris au Premier ministre Najib Razak. Ses éditeurs ne peuvent plus publier ses livres et albums.

Plus d’un an après la tuerie de Charlie Hebdo, les dessins mis en cause par les terroristes provoquent toujours le débat. « Comme musulman, je ne suis pas content avec leur contenu. Mais je n’ai pas le droit d’être violent », affirme Zunar. Il préfère répondre avec ses propres dessins.

Pour l’Américaine Liza Donnelly aussi, les dessinateurs ont malgré tout une responsabilité « d’être prudent ». Elle a rappelé la division aux Etats-Unis après la tuerie.

Exposition à Genève
Les réseaux sociaux et Internet ont changé la donne et des dessins en Europe peuvent être critiqués partout dans le monde. Et pourtant, « on continue à faire le travail comme si on était dans des démocraties sécurisées », affirme le Français Plantu, sous protection policière quotidienne. Il admet aussi que certains dessinateurs sont méchants. « Le risque s’est globalisé », renchérit Patrick Chappatte.

« N’importe quel système politique a besoin de critiques. Y compris de provocateurs ». Outre le dessinateur genevois, Plantu et Mme Donnelly constituaient le jury avec le directeur de l’ONG Human Rights Watch Kenneth Roth et M. Barazzone.

Le Prix international du dessin de presse est remis tous les deux ans. Il a été décerné pour la troisième fois. Une exposition dévoile elle une centaine d’oeuvres des lauréats et d’autres dessinateurs. Elle a été inaugurée mardi à Genève.

Romandie.com