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Les Maldives s’enfoncent dans le chaos politique

février 6, 2018

La police monte la garde devant la Cour suprême des Maldives à Male après l’instauration de l’état d’urgence, dans la nuit du 5 au 6 février 2018 / © Mihaaru/AFP / STR

Le petit archipel touristique des Maldives s’enfonçait mardi dans le chaos politique après l’arrestation du président de la Cour suprême, l’opposition appelant à une intervention internationale pour renverser le président Abdulla Yameen qui dénonce lui une « conspiration ».

Le président de la Cour suprême Abdulla Saeed et un autre juge ont été arrêtés mardi au petit jour pour « corruption » par des policiers lourdement armés, cinq jours après que la haute juridiction eut infligé un camouflet au régime maldivien en cassant les condamnations de neuf éminents opposants.

Après avoir refusé d’exécuter l’arrêt de la Cour et de libérer les prisonniers politiques incarcérés, le gouvernement a décrété lundi soir l’état d’urgence pour quinze jours.

« J’étais dans l’obligation de déclarer l’état d’urgence car il n’y avait aucun autre moyen d’enquêter sur ces juges. Nous devions d’abord suspendre leur autorité et leur immunité. Car nous devions découvrir jusqu’où va la conspiration ou le coup » d’État, s’est justifié le président Abdulla Yameen dans une allocution télévisée. Selon lui, le président de la Cour suprême œuvrait à le destituer.

Face à la volatilité de la situation, nombre de pays – dont la France, la Chine et l’Inde – ont déconseillé à leurs ressortissants de se rendre dans cet archipel de 340.000 habitants (selon le dernier recensement), dont l’image est associée aux plages paradisiaques de sable blanc et aux mers bleu turquoise.

L’ex-autocrate Maumoon Abdul Gayoom, demi-frère du président Yameen mais récemment passé dans l’opposition, a lui aussi été arrêté. Le Parlement, où l’opposition détient désormais sur le papier la majorité, est suspendu depuis samedi.

« Le président Yameen a illégalement déclaré la loi martiale et s’est emparé de l’État. Nous devons l’évincer du pouvoir. Le peuple des Maldives a une requête légitime envers les gouvernements du monde, notamment l’Inde et les États-Unis », a dénoncé l’ex-président en exil Mohamed Nasheed dans un communiqué.

– Demande d’intervention indienne –

L’ancien chef de l’État, qui figure parmi les opposants dont la condamnation a été cassée par la Cour suprême, a réclamé une intervention militaire indienne et un blocage financier américain.

« Nous voudrions que le gouvernement indien envoie un représentant, appuyé par son armée, pour libérer les juges et les détenus politiques, dont l’ancien président Maumoon Abdul Gayoom, de leur détention et les ramener chez eux. Nous demandons une présence physique », a indiqué M. Nasheed.

Condamné en 2015 à 13 ans de prison pour « terrorisme » et incarcéré, ce champion de la lutte contre le réchauffement climatique était parti l’année suivante à la faveur d’une permission médicale au Royaume-Uni où il avait obtenu l’asile.

L’Inde est déjà intervenue militairement aux Maldives par le passé. En 1988, dans le cadre de l' »opération Cactus », elle avait dépêché des troupes pour faire échouer une tentative de coup d’État contre Maumoon Abdul Gayoom.

L’opposition a par ailleurs demandé que Washington « s’assure que les institutions financières américaines interrompent toutes les transactions en dollars des responsables du régime aux Maldives ».

– ‘Purge’ –

L’instauration de l’état d’urgence vient renforcer les pouvoirs déjà très vastes des forces de sécurité pour arrêter et maintenir en détention des suspects.

Les Nations unies ont appelé mardi le gouvernement maldivien à « respecter la Constitution et la primauté du droit » et à « lever l’état d’urgence le plus rapidement possible ».

La Cour suprême avait justifié son annulation des condamnations des neuf opposants en estimant que celles-ci étaient d’une « nature contestable et politiquement motivée », et avait ordonné la tenue de nouveaux procès. Le gouvernement avait refusé d’obtempérer et qualifié l’arrêt de la Cour d’anticonstitutionnel.

La décision de la Cour a, en principe, libéré la voie à une candidature de M. Nasheed à la présidentielle qui doit se tenir cette année. Il a d’ores et déjà déclaré son intention de se présenter face au président Yameen, qui l’avait défait en 2013 dans des circonstances controversées.

« Un état d’urgence ne peut pas être utilisé pour perpétrer ce qui semble être une purge contre la Cour suprême et l’opposition », a dénoncé mardi Amnesty International en appelant à la libération des juges et des opposants politiques.

Romandie.com avec(©AFP / 06 février 2018 14h51)                

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Le président des Maldives décrète l’état d’urgence, un ex-président arrêté

février 5, 2018

Le président des Maldives Abdulla Yameen, le 22 janvier 2014 à Colombo, au Sri Lanka / © AFP/Archives / LAKRUWAN WANNIARACHCHI

Le président des Maldives Abdulla Yameen a décrété l’état d’urgence pour une durée de 15 jours, avant que des forces armées n’encerclent la Cour suprême et qu’un ancien président soit arrêté, plongeant un peu plus le pays dans le chaos politique.

La répression menée contre l’opposition par le président Yameen ces dernières années a terni l’image paradisiaque de ce petit archipel comptant un peu plus de 400.000 habitants.

L’instauration de l’état d’urgence vient renforcer les pouvoirs déjà très vastes des forces de sécurité pour arrêter et maintenir en détention des suspects, et intervient alors que la Cour suprême et le gouvernement sont engagés dans un rapport de force tendu.

L’ex-président des Maldives et demi-frère d’Abdulla Yameen, Maumoon Abdul Gayoom, a été arrêté lundi par la police selon sa fille.

Agé de 80 ans, M. Gayoom qui a dirigé le pays d’une main de fer pendant 30 ans jusqu’aux premières élections démocratiques tenues en 2008, et qui s’est rangé depuis aux côtés de l’actuelle opposition menée par M. Nasheed, a été arrêté autour de minuit à son domicile de la capitale, Male, a écrit Yumna Maumoon sur Twitter.

« Je n’ai rien fait pour être arrêté », a déclaré M. Gayoom dans un message vidéo publié sur Twitter à l’intention de ses partisans, juste avant son arrestation. « Je vous demande de rester fermes et determinés également. Nous n’abandonnerons pas le travail de réforme que nous menons. »

– forces spéciales –

Un peu plus tôt, des forces lourdement armées et des unités spéciales de la police ont investi le bâtiment de la Cour suprême où le Président de la Cour Abdulla Saeed et d’autres personnes s’étaient réfugiées selon des déclarations de la Cour sur Twitter. Leur sort n’était pas connu dans l’immédiat.

Des centaines de personnes rassemblées devant la Cour de justice ont été aspergées de gaz au poivre par la police qui cherchait à les disperser.

Le président des Maldives a refusé la semaine dernière de libérer des prisonniers politiques comme le lui ordonnait la Cour suprême. Cette dernière avait cassé les condamnations en 2015 de neuf opposants, dont celle de l’ancien président Mohamed Nasheed, qui vit en exil au Royaume-Uni.

La Cour avait également ordonné jeudi la réintégration de douze députés démis de leurs mandats pour avoir fait défection du parti de M. Yameen. Cette décision permet théoriquement à l’opposition de retrouver la majorité absolue au Majlis, le parlement de l’archipel qui compte 85 sièges, et lui donnerait le pouvoir de renverser le gouvernement et le président.

Le gouvernement, qui avait déjà mis en garde la semaine dernière contre toute tentative de destitution ou d’arrestation du président, a déclaré lundi que la Cour n’était pas au-dessus de la loi.

L’intervention de la Cour suprême représente un revers majeur pour le président Abdulla Yameen et ouvre la voie au retour sur le territoire et à une candidature à la présidentielle de son grand rival, l’ancien président Nasheed, qu’il avait battu dans des circonstances controversées en 2013.

Le président Yameen a répondu en suspendant le Parlement et décrétant lundi l’état d’urgence.

Azima Shukoor, adjoint du président, a annoncé l’état d’urgence dans une allocution télévisée, après que le président Yameen eut envoyé trois lettres aux juges de la Cour suprême, leur demandant de revenir sur leur décision.

« La raison de cette déclaration est que la décision de la Cour suprême entrave le fonctionnement du gouvernement », a déclaré M. Shukoor.

– le régime sous pression –

Abdulla Yameen avait déjà décrété l’état d’urgence en novembre 2015, après une tentative d’assassinat présumée à son encontre. Le président est toutefois tenu d’informer le Parlement de toute déclaration de l’état d’urgence dans un délai de deux jours, selon des responsables.

Pour la députée de l’opposition Eva Abdulla, l’état d’urgence montre que le régime est sous pression.

« C’est un acte désespéré. Cela montre qu’il (Abdulla Yameen) a tout perdu: la confiance du peuple, du Parlement, des autres institutions et des cours des justice », a déclaré l’élue sur Twitter.

L’opposition a appelé la communauté internationale à faire pression sur le président Yameen pour qu’il respecte la décision de la Cour et mette un terme à la crise politique.

De leur côté, les Etats-Unis ont appelé lundi le gouvernement des Maldives au « respect des institutions démocratiques ».

Romandie.com avec(©AFP / 05 février 2018 22h30)                

Maldives: le Parlement bouclé par l’armée

juillet 25, 2017

Le président de la République des Maldives Abdulla Yameen, le 26 novembre 2014 à Katmandou au Népal / © POOL/AFP/Archives / NARENDRA SHRESTHA

Le gouvernement des Maldives a fait boucler par l’armée le Parlement, une mesure qu’il a justifiée mardi par des considérations de sécurité avant la visite de dignitaires étrangers.

L’opposition, elle, a accusé le président Abdulla Yameen de chercher à empêcher l’examen d’une motion de destitution du président du Parlement monocaméral, le Majlis du peuple.

Dans un communiqué, la présidence indique mardi que le Parlement est fermé dans le cadre de mesures de sécurité avant les cérémonies du 52e anniversaire de l’indépendance de l’archipel, qui se tiendront mercredi en présence de « personnalités étrangères importantes ».

Le Premier ministre pakistanais Nawaz Sharif est l’invité d’honneur de ces festivités qui débutent mardi pour trois jours.

« Les mesures spéciales prises par les forces de sécurité au Parlement le 24 juillet 2017 visaient à assurer la sécurité des lieux, comme le requiert (…) la Constitution », a indiqué la présidence des Maldives.

Des députés de l’opposition ont été à nouveau empêchés mardi par des soldats d’entrer dans le Parlement. Ils ont été brutalement repoussés, selon des témoins.

Lundi, des députés avaient forcé les cordons de l’armée pour tenter d’entrer dans le Parlement dont les grilles avaient été cadenassées par l’armée. Ils avaient été repoussés aux gaz lacrymogènes et expulsés des lieux, selon le Parti démocratique des Maldives (MDP) de l’ex-président en exil Mohamed Nasheed.

M. Nasheed a jugé illégale l’action des forces de l’ordre.

« Même lorsque le Parlement ne siège pas, les députés sont libres d’entrer dans le bâtiment pour travailler mais ceci n’est pas autorisé actuellement », a déclaré à l’AFP le porte-parole du MDP, Hamid Abdul Ghafoor, estimant: « c’est ridicule ».

L’opposition, qui entend priver M. Yameen du contrôle du Parlement avant la présidentielle de 2018, affirme avoir rallié des parlementaires dissidents de la majorité pour lancer une procédure de destitution du président du Majlis.

Dans un communiqué, le secrétariat du Parlement a cependant affirmé que cette motion de destitution n’était pas valide et que les députés se réuniraient à nouveau le 31 juillet.

Une première tentative de destituer le président du Parlement avait donné lieu en mars à une séance houleuse. Les militaires étaient entrés dans le Parlement pour en expulser certains élus de l’opposition.

Premier président démocratiquement élu des Maldives en 2008, M. Nasheed entend défier l’actuel chef de l’Etat qui l’avait battu lors d’un scrutin controversé en 2013.

La Constitution interdit à M. Nasheed de se présenter en raison de sa condamnation en 2015 pour un chef d’accusation lié au terrorisme – motivée selon l’ONU par des considérations politiques. Il espère cependant faire lever cet obstacle grâce à la pression de la communauté internationale.

Incarcéré, M. Nasheed était parti en 2016 à la faveur d’une permission médicale au Royaume-Uni.

Le Royaume-Uni a recommandé lundi à ses ressortissants de prendre leurs précautions dans la capitale des Maldives et d’éviter les rassemblements à la suite du bouclage du Parlement. Selon des habitants, la sécurité a été renforcée dans la capitale Malé.

Des mois de tensions politiques ont écorné l’image paradisiaque des Maldives. Les Etats-Unis et d’autres pays ont appelé le gouvernement à préserver la démocratie.

Romandie.com avec(©AFP / 25 juillet 2017 14h34)                

Maldives: Abdulla Yameen remporte la présidentielle devant l’ancien président Nasheed

novembre 16, 2013

MALE (Maldives) – Abdulla Yameen a remporté samedi l’élection présidentielle aux Maldives, battant au second tour l’ancien président et chef de l’opposition Mohamed Nasheed, qui était pourtant donné favori, selon des résultats quasi-définitifs.

Alors que 98% des suffrages avaient été dépouillés, Abdulla Yameen l’emportait avec 51,3% des voix contre 48,6% à Mohamed Nasheed, selon les résultats fournis par la Commission électorale.

M. Yameen, 54 ans, est le demi-frère d’un autre ancien président, Maumoon Abdul Gayoom, qui a régné pendant 30 ans sur les Maldives et leurs 350.000 habitants, des musulmans sunnites. Il était le candidat du Parti progressiste de M. Gayoom.

Après l’annulation d’un résultat et le report de deux scrutins, le vote pour le second tour de la présidentielle avait finalement été organisé samedi sous forte pression de la communauté internationale. Les chancelleries occidentales avaient accusé à plusieurs reprises les autorités des Maldives de faire obstruction à l’élection pour des raisons politiques.

Les Etats-Unis et l’Union européenne avaient mis les Maldives en demeure d’organiser un second tour samedi pour désigner un nouveau président afin d’éviter une vacance du pouvoir, le mandat du président sortant Mohamed Waheed ayant expiré le week-end dernier.

M. Nasheed, ancien détenu politique et vainqueur des premières élections libres de 2008, était donné favori de la présidentielle, 21 mois après avoir démissionné sous la pression de la rue.

Il avait remporté le premier tour le 7 septembre avec 45% des voix, mais ce résultat avait été annulé par la Cour suprême, qui avait accueilli favorablement une plainte à propos d’irrégularités concernant une liste électorale.

Après une nouvelle tentative avortée, le premier tour avait été organisé une deuxième fois le 9 novembre, donnant à M. Nasheed une avance encore plus nette – 47% des voix – mais insuffisante pour être élu au premier tour.

Romandie.com avec(©AFP / 16 novembre 2013 17h30)