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Nicaragua: des milliers d’opposants réclament le départ d’Ortega

août 18, 2018

Manifestant anti-gouvernemental à Managua le samedi 18 août 2018 à Managua.n / © AFP / INTI OCON

Des milliers de Nicaraguayens ont défilé samedi à Managua pour demander le départ du président Daniel Ortega et la fin de la persécution et de l’emprisonnement de citoyens qui réclament de « vivre en liberté », quatre mois après le début de la crise qui a fait plus de 300 morts.

« Liberté, si le président ne part pas, nous le chasserons ! », ont scandé les manifestants qui ont défilé pacifiquement en brandissant des drapeaux nicaraguayens dans les rues du sud-ouest de la capitale et au son de chants révolutionnaires et des vuvuzelas.

« Nous voulons que Daniel Ortega s’en aille », a déclaré à l’AFP Juan Silva, 31 ans, le visage dissimulé derrière une écharpe.

« Nous défilons pour dire au gouvernement que nous nous opposons aux abus qu’il commet, que nous voulons vivre en liberté », a ajouté à ses côtés Maria Guevara, 49 ans.

La manifestation était organisée à l’appel de l’Alliance civique pour la justice et la démocrate, coalition d’opposition qui regroupe des étudiants, des chefs d’entreprise et des représentants de la société civile, quatre mois jour pour jour après le début des marches antigouvernementales, le 18 avril.

Les manifestations de l’opposition ont commencé contre une réforme de la sécurité sociale – abandonnée depuis – pour se durcir ensuite et s’étendre à tout le pays en réaction à une violente répression, qui a fait plus de 300 morts.

En juillet, les forces anti-émeutes et paramilitaires ont repris par la force le contrôle de villes et artères occupées par les manifestants, avant qu’une vague de répression ne s’abatte sur les opposants.

Depuis, des milliers de Nicaraguayens ont fui le pays pour se réfugier notamment au Costa Rica voisin de peur d’être interpellés. Des centaines d’autres ont été arrêtés pour « terrorisme » et d’autres délits retenus par le parquet contre les participants aux manifestations.

Daniel Ortega, 72 ans, ex-leader de la révolution sandiniste au pouvoir de 1979 à 1990 avant de revenir en 2007, accuse ses opposants de faire partie d’un plan financé par les Etats-Unis pour s’emparer du pouvoir par la force. Le président assure que la situation du pays est redevenue « normale ».

« Rien n’est normal » au Nicaragua, ont répondu les manifestants samedi, qui comptent poursuivre la mobilisation en dépit des menaces jusqu’au départ du président.

Les opposants à Daniel Ortega l’accusent de corruption, de népotisme et d’avoir instauré une dictature avec son épouse Rosario Murillo, qui est vice-présidente. Ils demandent que l’ élection présidentielle prévue en 2021 soit avancée au mois de mars 2019, ce que refuse Daniel Ortega.

« Nous allons maintenir la pression malgré la répression. Rien ne nous arrêtera », a averti un manifestant disant se prénommer Juan.

Romandie.com avec(©AFP / (19 août 2018 03h10)

Nicaragua: nouvelles attaques des forces de l’ordre, 8 morts dont un enfant

juin 24, 2018

Un étudiant fait le guet sur une barricade dans la zone de l’Université nationale autonome du Nicaragua (UNAN), où des heurts avec la police sont survenus, le 23 juin 2018 à Managua / © AFP / Marvin RECINOS

Au moins huit personnes, dont un enfant de 15 mois, ont été tuées dans des opérations samedi des forces de l’ordre et des groupes paramilitaires au Nicaragua, marquant un regain de la répression contre les opposants au président nicaraguayen Daniel Ortega.

Le bilan de la vague de contestation lancée le 18 avril pour exiger le départ du président Ortega et de sa femme Rosario Murillo, vice-présidente, dépasse les 200 morts.

Le dernier bilan de huit morts, dont sept à Managua et un dans la ville rebelle de Masaya, au sud de la capitale, a été communiqué à l’AFP par le Centre nicaraguayen des droits de l’Homme (CENIDH).

Dans la nuit de vendredi à samedi, et huit heures durant, les forces de l’ordre et groupes paramilitaires ont lancé une attaque contre des étudiants retranchés dans les locaux de l’Université nationale autonome du Nicaragua (UNAN), au sud-ouest de Managua, ainsi que dans six quartiers de l’est de la capitale, selon le témoignage d’étudiants, confirmé par des défenseurs des droits de l’Homme.

« Ils nous attaquent depuis une heure du matin. (…) Il y a aussi des franc-tireurs, nous sommes sur les barricades », a témoigné un jeune homme, le visage masqué par un foulard, dans une transmission en direct sur Facebook, où on le voit dans une tranchée avec d’autres jeunes tandis que l’on entend des tirs.

Un étudiant portant une cagoule se tient devant l’université UNAN, au sud-ouest de Managua, le 23 juin 2018 / © AFP / MARVIN RECINOS

– « Ils tirent pour tuer » –

« Ils tirent pour tuer. Ils sont en train de massacrer le peuple, les jeunes. Nous sommes assiégés. C’est une guerre inégale », a-t-il ajouté.

Un autre jeune évoque le survol du campus universitaire par « quatre drones ». Pendant ces témoignages en direct sur les réseaux sociaux, des tirs se faisaient entendre. « Nous ne nous rendrons pas », criaient des jeunes.

Le CENIDH a précisé que deux des morts avaient été tués dans la zone de l’université UNAN. Quinze étudiants ont été blessés.

Rosario Sanchez pleure son petit-fils Teiler Lorio, 15 ans, mort pendant une opération des forces de l’odre à Managua, le 23 juin 2018 / © AFP / MARVIN RECINOS

Plusieurs autres décès, y compris l’enfant mortellement touché par une balle perdue, ont été recensés dans d’autres quartiers, selon la même source.

« La police a tiré. Je l’ai vu: c’étaient des policiers et ils ont commencé à tirer (…) J’attends que justice soit faire », a affirmé à l’AFP la mère de l’enfant, Karina Navarrete.

Dans un communiqué, la police a imputé la responsabilité de ce décès aux « délinquants » qui occupent les quartiers.

La Conférence épiscopale du Nicaragua (CEN), qui a oeuvré depuis le début de la crise pour maintenir un dialogue entre le gouvernement et ses opposants, a mobilisé une délégation de quatre prêtres pour évaluer la situation.

Cette mère a perdu son bébé dans les violences au Nicaragua / © AFP / Inti Ocon, Luis Sequeira, Marvin Recinos, Myriam Adam

« Au nom de Dieu, nous demandons que cessent ces attaques, que cesse cette vague de violence, que cessent les morts », a déclaré le père Raul Zamora depuis l’université.

Le cardinal Leopoldo Brenes, archevêque de Managua et président de la CEN, a appelé le gouvernement et les groupes armés légaux et illégaux à ne plus ouvrir le feu. Personne ne doit « pointer son arme pour enlever la vie à un frère », a-t-il déclaré.

Une coalition de groupes d’opposition de la société civile, l’Alliance civique pour la Justice et la Démocratie, a annoncé suspendre une « marche des fleurs » en mémoire des victimes de la répression, programmée dans l’après-midi de samedi dans la capitale.

Ce groupe a toutefois appelé « tous les secteurs de la société à observer une grève de 48 heures » dans les jours à venir. Une grève générale avait déjà paralysé le Nicaragua le 14 juin.

L’Eglise appelle le président Ortega à organiser des élections générales anticipées en mars 2019, au lieu de fin 2021. L’ex-guérillero de 72 ans, au pouvoir depuis 2007 après l’avoir déjà été de 1979 à 1990, reste muet sur ce point.

« L’action répressive de l’Etat a fait au moins 212 morts au 19 juin et 1.337 blessés », avait indiqué vendredi la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH), ajoutant que plus de 500 personnes avaient été détenues au 6 juin.

Romandie.com avec(©AFP / 24 juin 2018 16h16)

Au moins 8 morts dans des violences au Nicaragua

juin 16, 2018

A l’intérieur de la maison incendiée d’une famille dont six membres ont péri à Managua, le 16 juin 2018 / © AFP / INTI OCON

Au moins huit personnes ont été tuées samedi à Managua, selon la police, portant à plus de 178 le nombre de morts depuis le début des protestations antigouvernementales il y a deux mois au Nicaragua.

Six des nouvelles victimes sont des membres de la même famille dont le domicile a été incendié par un groupe d’hommes cagoulés qui ont lancé un cocktail molotov, et deux autres ont été attaquées alors qu’elles dégageaient une barricade dressée sur une route, a indiqué la police dans un communiqué.

L’opposition exige depuis deux mois le départ du président Ortega, 72 ans, « héros » de la révolution sandiniste qui a dirigé le pays de 1979 à 1990 après avoir évincé le dictateur Anastasio Somoza et qui est revenu au pouvoir depuis 2007.

Vendredi, le gouvernement et l’opposition ont trouvé un accord autorisant des observateurs des droits de l’homme à venir enquêter sur les violences.

Les représentants de l’opposition ont de leur côté accepté une demande clef du pouvoir du président Daniel Ortega : un plan visant à lever les blocages qui entravent les routes pour empêcher les forces anti-émeutes de passer, selon la conférence épiscopale, médiateur dans le conflit.

Son président, le cardinal Leopoldo Brenes, a indiqué que l’Eglise catholique avait demandé à Daniel Ortega d’avancer les prochaines élections générales à 2019, deux ans avant l’échéance prévue.

Le président n’a pas accédé à la demande, se contentant de répondre: « Nous réitérons notre volonté totale d’écouter toutes les propositions entrant dans un cadre institutionnel et constitutionnel ».

Un cycliste passe devant un graffiti réalisé au cours des manifestations contre le président Daniel Ortega, à Diriamba, à 40 km de Managua, le 124 juin 2018. / © AFP / MARVIN RECINOS

Le Nicaragua a basculé dans le chaos après la répression le 18 avril des manifestations contre l’insécurité sociale.

Des opposants ont dressé des barricades sur plus des deux tiers des routes du pays afin d’empêcher les forces anti-émeutes de passer.

Ces barrages routiers perturbent la livraison de marchandises et minent la commerce régional.

Si la crise se prolonge, l’ardoise pour le pays pourrait dépasser les 900 millions de dollars, selon la Fondation nicaraguayenne pour le développement social et économique (Funides), qui calcule que le Nicaragua pourrait perdre jusqu’à 150.000 emplois d’ici la fin de l’année.

Romandie.com avec(©AFP / 16 juin 2018 23h14)

Nicaragua: une victime d’exorcisme affamée puis brûlée vive

avril 26, 2017

Le pasteur jugé dans ce procès « nous a dit que nous ne devions pas aimer (Vilma Trujillo, la victime, ndlr) car elle était le diable en personne, qu’il fallait la brûler jusqu’à ce qu’il ne reste plus que sa tête », a raconté le cousin de la victime, Roberto Trujillo, devant un tribunal de Managua au deuxième jour du procès.

Le rite a eu lieu entre le 15 et 21 février à El Cortezal, petit village isolé du nord-est du pays.

Des témoins ont raconté que pendant cette période, la femme, mère de deux enfants, a été attachée, privée d’eau et de nourriture avant d’être condamnée au bûcher pour l’exorciser.

Elle est finalement décédée le 28 février dans un hôpital de Managua où elle avait été transportée. Son corps présentait des brûlures du deuxième et troisième degré après avoir été exposé à une température de 400 degrés, a indiqué le médecin légiste, Ricardo Larios.

La petite soeur de la victime, Marlene, a raconté mercredi au procès qu’elle avait vu Vilma, ligotée à un hamac, mais n’avait rien fait. « Ils ne me laissaient pas aller avec elle et le pasteur Juan Rocha a dit qu’il ne fallait pas y faire attention, (car) elle avait un démon » en elle.

Quand le père et le cousin de Vilma sont venus la chercher, dans la petite chapelle où elle avait été torturée et brûlée, « elle ne pouvait pas marcher », a raconté d’une voix faible le cousin, Roberto.

Son père a lui déclaré que le pasteur lui avait interdit de voir sa fille pendant les sept jours qu’a duré l’exorcisme. Il lui a ensuite affirmé qu’elle s’était brûlée elle-même.

Le juge Alfredo Silva a suspendu l’audience jusqu’au 2 mai pour permettre l’audition de nouveaux témoins.

Le ministère public accuse le pasteur Rocha, ainsi que quatre complices dont deux de ses frères, d’enlèvement et assassinat.

La-croix.com avec AFP