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Nigeria: second mandat en vue en 2019 pour le président Buhari

avril 9, 2018

Abuja – Le président nigérian Muhammadu Buhari a officiellement annoncé lundi son intention de se présenter pour un second mandat lors des élections générales prévues en février 2019, mettant un terme à des mois de spéculations dans le pays le plus peuplé d’Afrique.

« Le président Buhari vient d’annoncer son intention d’obtenir l’investiture du All progressive Congress (APC) et de concourir pour un second mandat aux élections de 2019 », a annoncé le compte officiel Twitter de la présidence.

Le chef de l’Etat, âgé de 75 ans, a fait cette annonce lors d’une réunion du Comité exécutif national du parti au pouvoir, après avoir laissé planer le suspense durant plusieurs mois et alors que de nombreux gouverneurs d’Etats, membres de l’APC, lui ont publiquement affirmé leur soutien récemment.

« La victoire est assurée par la grâce de Dieu, et ensemble nous devons continuer à assainir l’environnement politique du Nigeria », a ensuite déclaré Muhammadu Buhari, cité dans un communiqué de la présidence.

M. Buhari, un Peul originaire du nord musulman du Nigeria, avait effectué fin mars sa première visite officielle à Lagos, poumon économique du Nigeria, une visite aux accents de pré-campagne électorale. S’il espère gagner, le chef de l’Etat, populaire dans le nord, aura besoin du soutien du sud-ouest, dominé par le groupe ethnique yorouba.

De nombreuses spéculations couraient au Nigeria sur sa volonté de briguer ou non un second mandat. Le président a passé de longs mois à Londres pour se faire soigner d’une maladie non révélée au public l’an dernier. Il voyage rarement à l’extérieur d’Abuja, la capitale fédérale, et n’a visité que quelques uns des 36 Etats du Nigeria ces trois dernières années.

Alors que le premier producteur de pétrole africain a traversé l’an dernier une récession économique aggravée par la chute des cours du baril, le chef de l’Etat a été largement critiqué – jusque dans son propre parti – pour sa passivité et la rigidité de sa politique monétaire, qui a découragé les investisseurs étrangers.

L’APC devrait officiellement désigner son candidat aux primaires du parti dans la seconde partie de l’année 2018.

Romandie.com avec(©AFP / 09 avril 2018 12h33)                                            

En Ouganda, des députés rendent l’argent de la corruption

octobre 26, 2017

 

Des étudiants ougandais protestent contre le projet de réforme de la Constitution visant à supprimer l’âge limite pour les candidats à l’élection présidentielle, le 26 septembre 2017, à Kampala. Crédits : ISAAC KASAMANI/AFP

En Ouganda, le débat sur la réforme de la Constitution destinée à supprimer l’âge limite (75 ans) des candidats à la présidentielle bat son plein. Et le dernier coup d’éclat des opposants au projet de révision a eu lieu au Parlement, à Kampala, mercredi 25 octobre. Six députés de l’opposition se sont présentés avec des sacs pleins de billets pour critiquer l’octroi à chaque parlementaire d’une somme importante destinée officiellement à mener des « consultations » dans leurs circonscriptions… mais considérée par certains comme une forme de corruption.

Assis devant d’impressionnantes liasses de billets, tout de rouge vêtu et portant une toque de même couleur – devenue le symbole de l’opposition au projet de réforme –, Ibrahim Ssemuju, le meneur des députés hostiles au projet, a dénoncé lors d’une conférence de presse le fait que chaque député ait reçu quelque 7 000 euros pour « frais de fonctionnement ». « Il n’y a absolument aucun doute que cet argent a été envoyé par [le président] Museveni pour influencer notre position sur l’abrogation [de l’âge limite] dans la Constitution », a-t-il indiqué.

Sur mesure

Cette réforme, taillée sur mesure pour Yoweri Museveni – officiellement âgé de 73 ans, il serait disqualifié pour l’élection de 2021 si la Constitution restait en l’état –, pourrait ne pas être simple à faire passer. Car les députés du Mouvement national de résistance (NRM, au pouvoir) ne se bousculent pas pour la défendre, et certains d’entre eux ont même clairement pris position contre et ont rejoint les rangs de l’opposition.

Le gouvernement a besoin de 290 députés physiquement présents (les deux tiers du Parlement) pour adopter le projet de loi. La porte-parole du groupe NRM, Margaret Muhanga, a affirmé au quotidien The Observer avoir reçu l’assurance de 320 députés, mais elle dénonce les parlementaires de l’opposition qui auraient « reçu de l’argent des ONG pour désorganiser [son] camp ». Une accusation de partialité qui a déjà valu à plusieurs organisations, comme ActionAid et l’Institut d’études stratégiques des Grands Lacs (Gliss), de voir leurs bureaux perquisitionnés et leurs comptes récemment gelés.

Mais l’explication d’une telle fronde est plus sûrement à trouver dans un sondage mené en septembre par l’institut Hatchile Consult pour l’institut Afrobaromètre. On y apprend que plus de 75 % des Ougandais sont contre la révision de la Constitution, une conviction partagée par près de 67 % des adhérents du parti présidentiel. De quoi faire réfléchir fortement les députés, qui devront rendre des comptes devant leurs électeurs.

Bagarre générale

D’ores et déjà, le gouvernement a réussi le tour de force de remettre en selle le Forum pour le changement démocratique (FDC, opposition), jusque-là divisé par une interminable querelle de leadership. C’est justement alors qu’il revenait d’un meeting de soutien à un député de ce parti en pleine ascension, Patrick Amuriat, que Kizza Besigye, l’opposant historique, a été arrêté, la semaine dernière, pour « incitation à la violence ». Le meeting, qui a donné lieu à une manifestation et à des affrontements avec les forces de l’ordre, a causé la mort d’au moins un manifestant, tué par balle. Libéré sous caution mercredi, Kizza Besigye a été de nouveau arrêté seulement cinq heures après.

Le vieil ennemi de Museveni n’est plus seul à porter la voix de l’opposition. Le très populaire Robert Kyagulanyi, député indépendant mieux connu sous son nom de chanteur de ragga, « Bobi Wine », a également eu l’occasion de faire parler de lui lors d’une bagarre générale au Parlement, fin septembre. Les images le montrant en position de boxeur ou évacué par la force ont depuis fait le tour du monde. Le « président du ghetto », comme il se surnomme, et d’autres députés ont depuis été victimes de menaces de mort et leurs habitations ont fait l’objet d’attaques à la grenade.

Lemonde.fr

 

 

 

 

Brésil : le président Temer joue la montre face à la Justice

avril 4, 2017

 

Le président du Brésil Michel Temer, le 4 avril 2017 à Sao Paulo / © AFP / Miguel SCHINCARIOL

Le Tribunal Supérieur Électoral du Brésil (TSE) a reporté mardi l’examen de la validité de la dernière élection présidentielle, un procès pour financement illégal de campagne que le président Michel Temer compte faire durer dans l’espoir de finir son mandat.

Le report, décidé dès l’ouverture du procès, permettra au tribunal d’entendre de nouveaux témoins à la demande de la défense, qui disposera d’un délai supplémentaire pour présenter ses arguments.

Cette décision est a priori favorable au chef d’État, dont le temps est le principal allié.

Une source au sein du TSE a indiqué à l’AFP qu’il était « impossible de prévoir une date pour la reprise du procès ». Mais même en cas de décision favorable à l’annulation du scrutin, la défense de M. Temer a déjà annoncé son intention d’épuiser tous les recours possibles, ce qui devrait lui permettre d’aller au terme de son mandat, fin 2018.

« La sérénité est de mise. Le temps joue en faveur du président et de nombreux recours sont possibles », a assuré à l’AFP une source gouvernementale, qui prévoit un appel devant la Cour Suprême en cas de décision défavorable au chef d’État.

Vice-président de Dilma Rousseff, Michel Temer lui a succédé en 2016 après que la première femme à la tête du Brésil a été destituée pour maquillage des comptes publics.

Le procès du TSE porte sur le scrutin qui a permis leur réélection en 2014, après un premier mandat de quatre ans.

Le tribunal doit décider si leur réélection est nulle en raison du versement de pots-de-vin qui auraient alimenté les caisses noires des partis des candidats. En ligne de mire, des versements effectués par le géant du BTP Odebrecht, accusé de truquer les marchés publics de la compagnie pétrolière d’État Petrobras.

« L’élection de 2014 sera connue à l’avenir comme la plus longue de l’histoire du Brésil », a résumé mardi Herman Benjamin, un des principaux juges en charge du dossier, à l’ouverture du procès.

Adam, Ève et le serpent

Si le TSE décide d’annuler le mandat du ticket Rousseff-Temer, ce dernier devra quitter le pouvoir.

L’intérim serait alors assuré par un nouveau président désigné par le Congrès, selon la Constitution. Certains juristes estiment cependant que de nouvelles élections doivent être organisées si l’annulation a lieu plus de six mois avant la fin du mandat.

Une telle décision serait un véritable coup de tonnerre, mais les avocats ont remporté mardi une première victoire, en menant à bien leur stratégie de jouer la montre.

Le tribunal a décidé d’entendre quatre nouveaux témoins, parmi eux l’ancien ministre de l’Economie du gouvernement Rousseff, Guido Mantega, et Joao Santana, publicitaire responsable des campagnes présidentielles de Dilma Rousseff en 2010 et 2014, tous deux mis en cause dans le cadre du scandale Petrobras.

« Nous ne pouvons pas transformer cette procédure en un univers sans fin. Nous ne pouvons pas entendre Adam et Ève, et, probablement, le serpent », a déploré Herman Benjamin, farouchement opposé à la tenue d’un procès à rallonge.

Aucun délai n’a encore été déterminé pour le passage des témoins à la barre. Une fois cette étape franchie, la défense disposera encore de cinq jours ouvrables pour présenter sa plaidoirie.

La défense de M. Temer a aussi tenté de couper le ticket électoral en deux et affirmé que le président actuel n’a pas participé aux démarches de financement occulte de la campagne de Mme Rousseff, mais sa motion a peu de chance d’aboutir.

Selon les médias brésiliens, Herman Benjamin devrait requérir l’annulation du résultat de l’élection. Le tribunal peut aussi les déclarer tous deux inéligibles pour une durée de huit ans.

Moins d’un an après la destitution de Mme Rousseff, le Brésil, frappé de plein fouet par une grave crise économique, encaisserait mal un nouveau séisme institutionnel.

Le Parlement est largement contrôlé par la coalition autour du gouvernement Temer, qui dispose aussi du soutien des principales forces économiques du pays, peu désireuses de voir dérailler le train de réformes menées par les dirigeants actuels pour sortir le Brésil de la crise.

Romandie.com avec(©AFP / 04 avril 2017 20h14)

Niger : le président Issoufou assure qu’il ne briguera pas de troisième mandat

avril 2, 2017

Mahamadou Issoufou arrive à Abuja pour rencontrer son homologue nigérian le 29 mai 2015. © Sunday Alamba/AP/SIPA

Le président du Niger, Mahamadou Issoufou, a assuré samedi 1er avril à la télévision, qu’il ne modifierait pas la Constitution pour briguer un troisième mandat à l’issue de son deuxième et dernier quinquennat légal en 2021.

« Une de mes plus grandes ambitions, c’est d’organiser en 2021 des élections libres et transparentes et de passer le témoin à un autre Nigérien que les Nigériens auront choisi », a affirmé le président Issoufou dans un entretien à la télévision d’Etat, à l’occasion du premier anniversaire de son investiture pour un second mandat le 2 avril 2016.

« Le Niger a besoin d’institutions démocratiques fortes »

La Constitution nigérienne limite le mandat présidentiel à deux quinquennats. Mahamadou Issoufou, âgé de 65 ans, a été réélu en mars 2016 pour cinq ans, à l’issue d’un premier mandat.

« Moi, je suis un démocrate dans l’âme (…) je n’ai pas cette arrogance de penser que je suis un homme providentiel irremplaçable », a déclaré le chef de l’Etat.

Selon Mahamadou Issoufou, « le Niger a besoin d’institutions démocratiques fortes » pour cela, « il faut qu’il y ait une respiration démocratique avec des alternances » au pouvoir.

S’il y parvient, il sera le premier président démocratiquement élu du pays à assurer une alternance pacifique à la tête du pays.

Son prédécesseur, Mamadou Tandja, avait été renversé en 2010 par un putsch militaire pour avoir modifié la Constitution afin de se maintenir à l’issue de ses deux quinquennats légaux.

Le Niger, un des Etats les plus pauvres au monde, mais qui est riche en uranium, n’a jamais connu de vraie alternance démocratique au pouvoir depuis son indépendance en 1960.

Jeuneafrique.com

Fin du second mandat de Kabila : l’armée de la RD Congo a « tiré pour tuer », selon l’ONU

février 28, 2017

Des soldats congolais à Kinshasa, le 20 septembre 2016. © John bompengo/AP/SIPA

Dans un rapport publié mardi, le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH) revient sur les événements sanglants ayant marqué la fin constitutionnelle du mandat du président Joseph Kabila. Et accuse l’armée d’avoir délibérément tué des civils en RDC. Ce que Kinshasa conteste.

Le bilan macabre n’a pas changé. En 16 jours, au moins 40 personnes ont été tuées en RD Congo, dont cinq femmes et deux enfants, « dans le contexte des événements du 19 décembre », marquant la fin théorique du second mandat du président Joseph Kabila. C’est ce qui ressort du rapport rendu public, le 28 février, par le BCNUDH et la Monusco.

Le document de 24 pages accable les forces de l’ordre et de sécurité de la RD Congo. S’appuyant sur des « preuves crédibles » collectées sur le terrain, le BCNUDH accuse les soldats congolais, y compris les membres de la Garde républicaine et ceux de la police militaire, d’avoir tué par balle au moins 28 personnes.

La structure onusienne dit également avoir « reçu des informations crédibles selon lesquelles au moins six personnes ont été tuées par des agents de la police nationale congolaise, dont cinq par balle, à Matadi et Lubumbashi, et une [autre] après avoir été renversée par un camion de la police à Kinshasa ».

À bout portant

« Les six autres victimes ont été tuées par balle lors d’opérations conjointes de la police et des Forces armées de la RDC (FARDC), mais le BCNUDH n’a pas été en mesure d’attribuer les responsabilités à une institution spécifique », précise le texte.

L’armée avait une intention délibérée de tirer pour tuer

Et de souligner : « À Boma [dans l’ouest du pays], les 8 personnes tuées ont été abattues par des balles tirées à bout portant dans les parties supérieures de leur corps par des militaires des FARDC du régiment de Boma, des Forces navales et de la Garde républicaine venant de Muanda. » Ce qui démontre, selon le rapport, que l’armée congolaise avait une « intention délibérée de tirer pour tuer ».

Mais aucune mesure n’a été prise, jusqu’ici, par les autorités congolaises pour « enquêter et poursuivre de manière efficace les auteurs de violations des droits de l’homme commises non seulement en décembre 2016, mais également lors d’incidents antérieurs (…) », déplore le Bureau conjoint des Nations unies.

Ce dernier dénonce par ailleurs des violences perpétrées par des manifestants pendant la même période, notamment le meurtre d’un policier à Kinshasa, le 20 décembre. « À Matadi, le 20 décembre 2016, un militaire des FARDC aurait été blessé par des manifestants qui avaient réussi à lui ravir sa machette », peut-on également lire dans le rapport.

Réaction de Kinshasa

De leur côté, les autorités congolaises, qui ont reçu le document avant sa publication, dénoncent un « rapport partisan » et pointent une « partie de l’opposition » d’être les commanditaires des violations des droits de l’homme décriées.

« Cette opposition a donc planifié les violences en ne laissant rien au hasard : des pillages aux tueries, en passant par les viols et les attaques des symboles de l’État », écrit Marie-Ange Mushobekwa, ministre des Droits humains, dans une correspondance envoyée au BCNUDH. « Certains leaders de cette opposition ont préparé leurs partisans pour ces sales besognes et leur ont donné un mot d’ordre clair de s’attaquer à la police pour pousser cette dernière à la faute », ajoute-t-elle.

« Le rapport insiste abondamment sur le fait qu’il s’agit du deuxième et dernier mandat du président Joseph Kabila. Le gouvernement rappelle que cette question relève de la souveraineté nationale et concerne uniquement le peuple congolais, et non pas les organisations internationales », conclut la ministre.

Arrivé au terme de son second mandat le 19 décembre, Joseph Kabila a pu se maintenir au pouvoir, l’élection de son successeur n’ayant pas été organisée dans les délais. Une prolongation qui pourrait s’étendre au moins jusqu’à fin 2017.

Jeuneafrique.com par Trésor Kibangula

Éventualité d’un troisième mandat en Guinée: Alpha Condé franchira-t-il la ligne rouge ?

février 11, 2017

EVENTUALITE D’UN TROISIEME MANDAT EN GUINEE : Alpha Condé franchira-t-il la ligne rouge ?

En Guinée, il est de plus en plus question d’un troisième mandat pour le président Alpha Condé, et cela commence à faire des vagues.

En effet, l’opposition réunie autour de son chef de file, Cellou Dalein Diallo, a lancé cette semaine un front contre une telle éventualité que des proches plus ou moins haut placés du chef de l’Etat, ne se gênent plus d’évoquer publiquement. C’est le cas du directeur général de la police, Bangaly Kourouma, qui s’est prononcé en faveur d’une nouvelle candidature d’Alpha Condé, ou encore de Nantou Chérif Konaté, coordonnatrice nationale du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG), le parti au pouvoir, qui a assuré que le peuple demanderait un troisième mandat à l’enfant de Kankan, en 2020. Il s’agit donc, pour l’opposition guinéenne, de demander au chef de l’Etat de clarifier sa position dans un premier temps et, le cas échéant, de s’organiser pour refuser tout tripatouillage de la Constitution actuelle qui limite à deux, le nombre de mandats présidentiels. Toute chose qui met de facto Alpha Condé hors course, à l’issue de son second mandat. Mais la question que l’on se pose est de savoir si le professeur franchira la ligne rouge. D’autant plus que sur le sujet, il continue d’entretenir le flou sur ses intentions. Comme quand il lance, au passage et presqu’à la cantonade, en réponse à la question, un inquiétant « ce sera aux Guinéens de décider », qui n’est pas sans rappeler la stratégie bien connue des satrapes du continent.

Selon cette stratégie maintenant bien connue, ces derniers commencent toujours par lancer des ballons de sonde et avancent cagoulés, pour ne tomber le masque qu’au dernier moment en comptant sur l’effet de surprise pour couper l’herbe sous les pieds de leurs contempteurs. Et tout porte à croire que le président guinéen est actuellement dans ce schéma, et que c’est ce que l’opposition guinéenne a compris en prenant les devants, pour ne pas se laisser surprendre.

Alpha Condé devrait éviter d’être le mouton noir de la démocratie en Afrique de l’Ouest

Cela dit, si les intentions du locataire du palais Sékoutouréya se précisaient dans ce sens, on pourrait dire que les chefs d’Etat africains ne tirent pas leçon des mésaventures de certains de leurs pairs.

Dans le cas d’Alpha Condé, la situation serait d’autant plus déplorable que non content d’être le président en exercice de l’Union africaine, titre au nom duquel il devrait donner l’exemple, il est aussi le médiateur de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) en Guinée-Bissau et sort fraichement d’une médiation en Gambie, qui s’est achevée dans les conditions que l’on sait. Tout cela devrait l’amener à ne pas succomber à la dangereuse tentation d’un troisième mandat et à clarifier au plus tôt sa position, pour ne pas en rajouter à la pesanteur de l’atmosphère sociopolitique dans son pays. Mais l’homme est ce qu’il est. Et l’éventualité qu’il marche sur les principes de la démocratie pour briguer un troisième mandat n’est pas à écarter. Et elle ne devrait pas étonner outre mesure, tant l’homme s’est quelquefois montré à cheval sur certaines questions de démocratie, et intraitable avec son opposition, là où on attendait de lui plutôt de la compréhension. C’est peut-être tout cela qui lui vaut aujourd’hui la brouille et les récriminations du Premier ministre bissau-guinéen qui le récuse en tant que médiateur dans son pays. Mais Alpha Condé aurait tort de croire qu’il peut tout se permettre en Guinée. Car, s’il venait à trop tirer sur la corde, elle pourrait se casser. Et il est bien placé pour savoir que lorsque l’équilibre de la stabilité nationale est en jeu et au bord de la rupture, la Grande muette n’est jamais vraiment loin et peut, à tout moment, s’inviter dans le débat en troisième larron.

En tout état de cause, au regard de l’avancée de la démocratie en Afrique de l’Ouest, Alpha Condé devrait éviter d’être le mouton noir qui viendrait la ramener en arrière, dans cette partie du continent qui a pratiquement réussi, à l’exception togolaise près, à se débarrasser d’une race de dictateurs accros du pouvoir, qui se croient indispensables au point de caresser des rêves de règne à vie.

Lepays.bf par Outélé KEITA

Côte d’Ivoire: Alassane Ouattara confirme son départ du pouvoir en 2020

janvier 5, 2017

Alassane Ouattara est un économiste chevronné, et singulièrement, un très bon banquier. Il ne se trompe pas dans les calculs. Pour lui, 1 + 1 = 2. Pas 3 ou 4 comme pourraient dire les hommes politiques traditionnels, spécialisés dans le fait d’arrondir sans cesse les angles. L’actuel président va quitter, promu juré, en 2020, le pouvoir, après ses deux mandats, pour laisser la place à une classe politique plus jeune. Il sera alors âgé de 78 ans. Il l’a répété à un parterre de diplomates et de personnalités réunis, ce 4 janvier, lors de la cérémonie des vœux au palais de la présidence. D’où la guerre (intestine) qui se mène au sein du RHDP, qui vient, d’ailleurs, de connaître l’éviction du gouvernement de deux membres éminents : Albert Mabri Toikeusse et Gnamien Konan, respectivement, présidents de l’UDPCI et de l’UPCI, deux des cinq composantes du RHDP.

Alassane Ouattara compte quitter le pouvoir après y avoir imprimé sa marque : faire de la Côte d’Ivoire un pays émergent en 2020. Le pays en prend la voie. Tous ceux qui reviennent de Côte d’Ivoire le disent. Pourquoi ne pas être optimiste.

Là où on peut relever quelques failles, c’est dans la capacité des forces de défense et de sécurité à remplir leur rôle dans un pays qui aspire à l’industrialisation. Actuellement, elles n’en ont pas la capacité. Mais le général 4 étoiles et chef d’état major des armées, Soumaïla Bakayoko (sur notre photo ce 4 janvier avec Alassane Ouattara), a profité des vœux de ses forces armées au chef de l’Etat, pour annoncer, en 2017, l’organisation de stages de formation soutenus, dont le but sera de relever le niveau des troupes, afin que l’armée soit à la hauteur des attentes. On a besoin de dire : il était temps.

Afriqueeducation.com

Fin du mandat de Kabila : black-out et psychose en RD Congo

décembre 19, 2016

Boulevard du 30-Juin à Kinshasa, le 18 décembre 2016. © Trésor Kibangula/J.A.

Réseaux sociaux coupés, renforcement de la présence militaire dans les grandes villes du pays et à Kinshasa, la capitale… La fin du second mandat du président congolais Joseph Kabila ce lundi ouvre une page d’incertitude en RDC.

Tout le pays retient son souffle. Que va-t-il se passer en RDC après le 19 décembre ? « Personne ne peut dire avec certitude ce que les prochains jours nous réservent », confirme Jérôme Sulemani, Kinois quinquagénaire, pressé de regagner son domicile plus tôt que d’habitude.

Dans la capitale congolaise et plusieurs autres grandes villes du pays, la psychose est à son zénith. Depuis deux jours, un important dispositif militaire et policier est visible à Kinshasa. Tous les « points chauds » et « sites stratégiques » ont été investis par des forces de l’ordre et des soldats de la Garde républicaine. Des check-points et des fouilles des véhicules se sont multipliés. Mais aussi leur corollaire de bakchichs. À chaque barrage, une ou deux requêtes de « mayi » (de l’eau, littéralement) à donner au policier ou au soldat commis au contrôle.

Militaires surarmés

Dimanche, à la veille de la fin officielle du second et dernier mandat de Joseph Kabila à la tête de la RDC, Kinshasa avait les allures d’une ville qui se prépare au pire. Sur le boulevard du 30-Juin, principale artère de la capitale, l’on pouvait compter plus de véhicules de policiers et de jeeps transportant des militaires surarmés que de voitures de particuliers. « La circulation a rarement été aussi fluide ici », reconnaît Thom, taximan, après un aller-retour entre le centre-ville et l’aéroport de N’Djili.

Même si dans les quartiers populaires de la capitale, notamment à Masina, commune située dans l’est de Kinshasa, des riverains ont vaqué presque normalement à leurs activités. À la fin de la journée, certains s’affairaient encore pour s’approvisionner en pondu (feuilles de manioc) et autres produits alimentaires. Eux n’ont pas les moyens nécessaires pour aller se mettre à l’abri à l’étranger, comme tout ce monde – des hommes d’affaires, des personnalités politiques et/ou leurs familles pour la plupart mais aussi des expatriés – qui s’est envolé ces derniers jours pour l’Occident.

« Des tensions sont possibles »

Craignant des dérapages lors des manifestations annoncées pour réclamer le départ de Joseph Kabila du pouvoir, Bruxelles a demandé à ses ressortissants de quitter le territoire congolais. Paris recommande aux siens de « reporter les déplacements qui ne seraient pas indispensables, de faire preuve de vigilance renforcée, de [se] tenir à l’écart des manifestations et des rassemblements de foule ». Car, rappelle son ambassade à Kinshasa, « des tensions sont possibles à compter du 19 décembre en RDC ».

Tout rassemblement de plus de 10 personnes sera dispersé, selon la police.

« La situation est calme jusque là, sauf imprévu », a glissé dimanche soir à Jeune Afrique le colonel Pierre Rombaut Mwanamputu, porte-parole de la police. Avant d’annoncer sur la radio onusienne : « Sont notamment prohibées toute incitation de la population à la désobéissance civile et toute instrumentalisation de la jeunesse désoeuvrée à la pose de barricades enflammées sur la chaussée et au jet de graviers sur les usagers ». L’officier a également indiqué que « tout rassemblement de plus de dix personnes » était « d’office illicite » et « sera dispersé d’initiative ».

Réseaux sociaux coupés

Plus menaçant, le général Célestin Kanyama, commandant de la police à Kinshasa, a, dans une vidéo diffusée samedi sur la télévision publique, recommandé quant à lui à chaque Kinois de « bien regarder la photo des membres de sa famille » avant de décider de descendre dans la rue pour manifester… Qualifiant au passage de « diaboliques » et de « sataniques » les réseaux sociaux qu’utilisent, selon lui, les Congolais de la diaspora pour diffuser des messages et « distraire les gens ».

Dans la nuit du dimanche à lundi, Facebook, Twitter, WhatsApp n’étaient plus accessibles en RDC. Une mise à exécution du « blocage momentané » des réseaux sociaux exigé quatre jours plus tôt par les autorités congolaises aux fournisseurs d’accès à Internet dans le pays.

« Après avoir militarisé les villes, le pouvoir instaure un black-out pour réprimer les manifestants sans témoins », dénonce un opposant qui a participé au dernier round des négociations directes avec la Majorité présidentielle. Ces pourparlers qui n’ont pas pu aboutir à un accord avant la fin du mandat du président Kabila, reprendront le 21 décembre, selon les évêques catholiques, médiateurs de ce nouveau dialogue politique.

L’après 19 décembre

Pour l’instant, l’opposant historique Étienne Tshisekedi n’a donné aucun mot d’ordre. Est-ce pour donner encore une chance aux discussions avec le camp Kabila ? « Un deal était tout prêt d’être conclu avant le 19 décembre, mais les délégués de la MP (Majorité présidentielle, ndlr) ont tout fait capoter », souffle une source proche du dossier. « Nous avons enregistré des avancées importantes », nuance un proche du chef de l’État qui dit « [croire] à la signature d’un accord plus large sur la gestion de l’après 19 décembre ».

En attendant, Moïse Katumbi, candidat déclaré à la présidentielle à venir en RDC, a de nouveau invité dimanche soir le président Kabila qui arrive au terme de son dernier quinquennat à « respecter la Constitution ».

Le 20 décembre, Kabila ne sera plus un président légitime, selon Katumbi

Contraint à l’exil après avoir été accusé d’atteinte à la sûreté de l’État et condamné à trois ans de prison ferme dans une autre affaire de spoliation d’immeuble – des « procès politiques », selon son entourage -, le dernier gouverneur du Katanga a également rappelé que le Rassemblement dont il fait partie a « mis les préalables de côté pour permettre à Joseph Kabila de négocier en tant que président légitime » et qu’à partir du 20 décembre ce dernier ne le sera plus. « Si les négociations continuent, nous n’allons [désormais] que discuter de la sortie pacifique de Kabila », a-t-il expliqué, invitant les militaires congolais à « être responsables, à ne pas tirer sur la population ».

Dans deux vidéos distinctes diffusées dimanche sur Youtube, deux hommes – l’un cagoulé, l’autre à visage découvert – qui se présentent comme des officiers de l’armée congolaise, ont également demandé aux forces de l’ordre et de défense de ne pas réprimer les manifestants. L’un de deux, celui qui se présente comme le colonel Freddy Libeba, a même menacé de chasser Kabila par la force si ce dernier s’accroche au pouvoir. Décidément, l’après 19 décembre demeure incertain en RDC.

Jeuneafrique.com par Trésor Kibangula

RD Congo : le championnat de foot suspendu à l’approche de la fin du mandat de Kabila

décembre 14, 2016

L’équipe nationale de RDC avant le match contre la Centrafrique au stade des Martyrs de Kinshasa, le 4 septembre 2016. © Junior KANNAH/AFP

Pour prévenir d’éventuels débordements, le gouvernement congolais a suspendu jusqu’au 14 janvier le championnat de football de première division (Linafoot) de la RD Congo, craignant des « violences » autour de la fin du mandat du président Joseph Kabila, a-t-on appris mercredi de source officielle.

« Cette mesure de suspension du championnat national de football du 15 décembre au 14 janvier » se justifie par des craintes d’« envahissement des terrains (ou de) jets des pierres » pendant les matchs, a déclaré mercredi 14 décembre à l’AFP le ministre de la Jeunesse et des Sports, Denis Kambayi, disant redouter que certains se livrent à « la provocation ».

« Les dirigeants des clubs ont semblé être dépassés par l’encadrement des supporteurs », a ajouté le ministre, faisant référence à de récentes échauffourées entre partisans d’équipes adverses et la police à Kinshasa à l’approche de la fin du mandat du président sortant, le 19 décembre prochain.

Le « Yebela » raisonne dans les stades 

Depuis des semaines, le stade des Martyrs de Kinshasa raisonne en effet de chants exhortant Kabila à quitter le pouvoir. Le 21 octobre, lors du derby très attendu entre le DC Motema Pembe et le FC Renaissance, le stade avait entamé le « Yebela », un chant en lingala dont les paroles sont sans appel : « Eloko nini esilaka te ! Kabila, oyebela, mandat esili ! » Traduction : « Qu’est-ce qui n’arrive jamais à son terme ? Kabila, sache-le, ton mandat est fini. » Malgré les appels au calme lancés par les stadiers, le match avait été interrompu à la 73e minute.

Le « Yebela ! » (« Fais gaffe !) et autres slogans hostiles à Joseph Kabila sont également entamés lors des match des Léopards. Ce fut le cas début février 2016 après la victoire du onze congolais lors du championnat d’Afrique des nations (Chan), quand les Kinois avaient chanté dans les rues  de la capitale congolaise un air qualifié de « chant de l’alternance ».

Un chant retransmis à la télévision nationale 

Même chose en septembre 2016, à l’occasion de la victoire des Léopards face aux Fauves du Bas-Oubangui (Centrafrique), ou encore début octobre, lors du match entre la RDC et la Libye, retransmis en direct à la télévision nationale.

 Jeuneafrique.com avec AFP

L’Église congolaise tente la médiation de la dernière chance à Kinshasa

décembre 12, 2016

A l’approche du 19 décembre, date de la fin du second mandat du président Kabila, la Conférence épiscopale réunit politiques et diplomates de tout bord.

Le président de la Conférence épiscopale nationale du Congo, Mgr Marcel Utembi (au centre) au siège de l’ONU, en novembre.

Le président de la Conférence épiscopale nationale du Congo, Mgr Marcel Utembi (au centre) au siège de l’ONU, en novembre. Crédits : JUNIOR D.KANNAH/AFP
Kinshasa s’en remet à Dieu, ou du moins à ses ministres. L’avenir de la République démocratique du Congo (RDC), plus grand pays d’Afrique, se joue en effet ces jours-ci au deuxième étage d’un petit immeuble austère du centre-ville, siège de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco). Vendredi 9 décembre, une trentaine de politiciens congolais de tout bord s’y sont retrouvés sous les bons auspices de Mgr Marcel Utembi. L’air grave et le pas lent, l’ancien évêque de Kisangani a eu tout le loisir de méditer sur la folie du pouvoir terrestre, entre les 4X4 rutilants de la majorité présidentielle et de l’opposition.

Géant d’Afrique sans gouvernement

L’Eglise congolaise n’a que quelques jours pour mener à bien ce dialogue inclusif et arracher un consensus qui permettrait d’éviter l’explosion. Le second mandat du président Joseph Kabila prend fin le 19 décembre. La Constitution lui interdit de se représenter, mais le président a su jusque-là manœuvrer, usant de la force et de la ruse pour contenir les manifestations, diviser l’opposition et faire « glisser » des élections, reportées à avril 2018. Restent à savoir quels seront les contours de ce qui s’annonce comme une transition à la tête de l’Etat.

Officiellement, le géant d’Afrique centrale n’a plus de gouvernement depuis le 14 novembre. Un nouveau premier ministre a toutefois été nommé le 17 du même mois par Joseph Kabila. Comme convenu en octobre avec une partie de l’opposition et de la société civile lorsqu’il a négocié son maintien au pouvoir durant seize mois, le chef du gouvernement est désormais issu de l’opposition. Mais la frange consensuelle, domptable, et non radicale de l’opposition.

Le chef d’Etat a désigné Samy Badibanga, un ancien disciple de l’opposant historique Etienne Tshisekedi. Ce dernier, âgé, malade mais toujours influent, s’est refusé à participer au « dialogue » d’octobre facilité par l’Union africaine, de même que son allié au sein de la coalition de l’opposition, le « Rassemblement », l’ancien gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi.

De fait, la nomination de Samy Badibanga a aussi douché les espoirs de Vital Kamerhe, ancien président de l’Assemblée nationale à qui le président avait confié la direction de sa campagne en 2006. Rompu aux arcanes du système Kabila, M. Kamerhe pensait que le poste de premier ministre lui reviendrait.

Quête de compromis et de postes

Ce sont ainsi des politiciens avides d’intrigues qui se sont présentés à la Conférence épiscopale vendredi. Au compte-gouttes, ils ont franchi le vieux portail rouillé, rejoint leurs alliés, salué froidement leurs adversaires, croisé des diplomates en soutane venus en voisin. La nonciature apostolique jouxte le bâtiment historique de la Cenco où plane toujours l’ombre tutélaire du cardinal Joseph-Albert Malula, cet esprit libre partisan d’une africanisation de l’Eglise qui avait osé défier Mobutu Sese Seko et lutter pour la démocratisation. Depuis, les prélats ont soutenu ou combattu les pouvoirs en place.

Cela fait plus d’un an, discrètement ou de manière officielle, que l’Eglise tente de convaincre Joseph Kabila de quitter le pouvoir et œuvre à un accord avec ses opposants. Elle s’était refusé à rallier les rassemblements anti-Kabila en janvier mais s’était retirée du dialogue politique en septembre pour protester contre la répression de manifestations qui avait fait plusieurs morts. Aujourd’hui, il y a urgence.

Outre l’Union africaine, des diplomates occidentaux, africains et des chefs d’Etat de pays voisins ont tenté des médiations. Mais les hommes de Dieu sont, semble-t-il, les seuls capables de raisonner des politiques déterminés, conscients que compromis et maroquins s’arrachent au bord du gouffre. Combien de temps tiendra le discret nouveau premier ministre Samy Badibanga ? A voir. Son ami, Félix Tshisekedi, fils du « sphinx de Limete » ne reconnaît pas son autorité. Le Rassemblement négocie déjà son poste en échange d’un appel au calme et pourrait accepter un « glissement », mais jusqu’en 2017 seulement.

« On ne veut pas de drame »

Dans la cour de la Cenco, chacun voit l’après 19 décembre à sa porte. « Face au vide entretenu par la majorité, le peuple congolais est en droit d’espérer un nouveau président, explique Delly Sesanga, député de l’opposition. « On ne veut pas de drame, il faut parvenir à un consensus », tempère Vital Kamerhe. « La Constitution ne se négocie pas, elle s’applique, lâche avec verve Valentin Mubake, l’un des représentants d’Etienne Tshisekedi. Quand vous avez épuisé deux mandats, vous n’avez plus le droit de rester un seul jour de plus. » « Il faut commencer par discuter et voir comment élargir le consensus obtenu lors du précédent dialogue politique », insiste le porte-parole du gouvernement, Lambert Mendé.

« Kabila n’est-il pas en train de nous piéger ? On marche ici à pas feutrés, on continue de dire au peuple que le 19, il doit partir. Mais si on se rate, ce sera la catastrophe car les politiciens ne pourront plus tenir le peuple » Martin Fayulu, député de l’opposition

Et le député de l’opposition Martin Fayulu de résumer : « Est-ce que Kabila n’est pas en train de nous piéger ? s’interroge-t-il. On marche ici à pas feutrés, on continue de dire au peuple que le 19, Kabila doit partir. Mais on sait que si on se rate ici, à la Cenco, ce sera la catastrophe à Kinshasa et dans le reste du pays car les politiciens ne pourront plus tenir le peuple. »

Des positions connues et rabâchées depuis des mois. Les négociations directes n’ont pas encore démarré. Les tractations informelles se sont poursuivies durant le week-end, dans les bureaux d’avocats influents ou de partis politiques, dans les hôtels ou à la sortie de la messe dominicale. Tout devrait être bouclé en trois jours. Résumant l’esprit des diplomates qui tentent d’éviter un nouveau basculement de la RDC dans une période d’instabilité et de violences, Thomas Perriello, l’envoyé spécial des Etats-Unis pour les Grands-Lacs, juge ainsi que « ces premières négociations réellement inclusives sont une fine lueur d’espoir au milieu d’une situation très inquiétante (…) Leur succès n’est pas garanti mais sans elles l’échec est assuré ».

Malgré la date du 19 décembre qui approche à grands pas, le dialogue politique de la Cenco ne doit reprendre que mardi. D’ici là, les délégués doivent réfléchir en commission sur des questions aussi cruciales que le respect de la Constitution, le calendrier électoral et le financement des prochaines élections, mais aussi la forme qu’aura cette transition politique hybride. Le pays entier est suspendu à ces négociations. Il se dit déjà que le 19 décembre ne serait qu’une étape.