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Tunisie : notre collaborateur Mathieu Galtier raconte son passage à tabac par la police

janvier 17, 2022
Des heurts et des arrestations ont marqué la manifestation contre la politique de Kaïs Saïed, le 14 janvier 2022, à Tunis. © YASSINE GAIDI/AFP

Alors qu’il couvrait la manifestation du 14 janvier, le correspondant de « Libération » et collaborateur de « Jeune Afrique » à Tunis a été violemment agressé par les forces de l’ordre. Il témoigne.

Le 14 janvier, Mathieu Galtier, collaborateur de Jeune Afrique à Tunis, couvrait avec d’autres confrères la manifestation marquant à la fois le 11e anniversaire de la chute de Ben Ali et l’opposition au projet politique du président Kaïs Saïed. Ce qui aurait dû être une journée ordinaire dans la vie d’un journaliste a viré au cauchemar pour Mathieu. Son tort ? Avoir voulu faire son travail et tourné des images.

« C’était assez irréel. Par rapport aux manifestations précédentes, celle du 14 janvier n’a pas vraiment drainé la foule des grands jours mais le dispositif policier était totalement disproportionné.

IL FALLAIT QUE JE ME PROTÈGE, JE NE CESSAIS DE HURLER QUE J’ÉTAIS JOURNALISTE

Un déploiement de forces qui se voulait dissuasif pour empêcher l’accès à l’avenue Bourguiba, là où, en 2011, aux abords du ministère de l’Intérieur, quelques milliers de protestataires avaient scellé la fin du régime Ben Ali et inscrit le fameux “dégage” au lexique de la révolution.

Nasse

Une brèche dans le cordon sécuritaire sur l’avenue Mohammed V a permis aux manifestants de se rapprocher de l’avenue Bourguiba, au cœur de Tunis. Les policiers ont ouvert le dispositif, attendu que les manifestants se rassemblent à la croisée des avenues, sur la place de l’Horloge, puis l’ont refermé comme une nasse.

La même technique du piège que celle mise en place lors des mouvements de protestation au quartier Ettadhamen, en janvier 2021, et ceux du 9 avril 2021, selon des témoins. Les camions à eau prennent immédiatement le relais, pendant que les manifestants sont dispersés à coups de matraques et de gaz lacrymogène.

Certains sont arrêtés. A posteriori, il est évident que ce jeu du chat et de la souris et que la bousculade étaient délibérés pour faire un maximum d’arrestations.

J’ai filmé, à ce moment là, l’interpellation musclée d’un homme que les policiers tentaient de mettre dans une fourgonnette. Un agent me demande de ne plus filmer, je lui réponds, en arabe et en français, que je suis journaliste et brandis ma carte de presse.

Ses collègues arrivent, me soulèvent, m’écartent de la manifestation, me mettent au sol entre deux fourgons et commencent à me passer à tabac.

Tout se passe très vite. Dès que j’ai été mis à l’écart, j’ai compris ce qui m’attendait. Je me suis remémoré les positions à adopter pour parer les coups enseignées lors de la formation sécurité de France Médias Monde.

Carte SD confisquée

Il fallait que je me protège, je ne cessais de hurler que j’étais journaliste. De toute évidence, ceux qui distribuaient des coups de brodequins n’en avaient cure. J’essayais d’esquiver en me mettant en position fœtale et en me protégeant la tête.

Ils savaient comment frapper pour faire assez mal sans occasionner de dégâts irréparables. Pour finir, ils m’ont maintenu par les bras, contraint à soulever la tête et l’un d’eux m’a aspergé de gaz lacrymogène à bout portant.

Cet acte délibéré avait pour objectif de me neutraliser pour récupérer mon téléphone. Il ne fallait pas que je sois trop amoché, mais les policiers avaient une certaine latitude pour m’infliger ce qu’ils doivent considérer comme une leçon pour m’ôter toute envie de recommencer.

Je récupérerai ma carte de presse et mon téléphone au commissariat, où je serai conduit après que les pompiers, auxquels je suis reconnaissant, m’ont administré les premiers soins. Mais ma carte SD avec les images de mon reportage a été confisquée, et je m’apercevrai plus tard qu’un cahier de notes a disparu de mon sac, probablement subtilisé pendant que j’étais ausculté par les pompiers. Un moyen de savoir qui sont mes contacts mais est-ce significatif de quoi que ce soit ?

CE PASSAGE À TABAC ME VAUT 15 JOURS D’ARRÊT DE TRAVAIL », RACONTE LE JOURNALISTE ENCORE SOUS LE CHOC

Au commissariat, j’aurai droit à une chaise, alors que des manifestants sont assis à même le sol, et un laconique « c’est bon » me signifiera que je peux quitter les locaux. À l’extérieur, des policiers tentent de minimiser les faits en expliquant, en riant, à des confrères qui m’attendent que “dans des manifs, il est normal de se prendre des lacrymogènes”. »

« Une manière de s’excuser qui n’empêche pas que ce passage à tabac me vaut 15 jours d’arrêt de travail », raconte avec sobriété Mathieu Galtier, encore sous le choc après cette mésaventure, mais bien décidé à continuer à travailler et à couvrir des événements.

Durant cette journée tendue, le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a fait état de 20 journalistes empêchés de travailler ou arrêtés. « Pour une petite manif’, ça interpelle », remarque un cameraman, qui note qu’à l’inverse des mobilisations récentes, les manifestants n’étaient que 1200, selon le ministère de l’Intérieur. Mais, contrairement aux dernières manifestations contre Kaïs Saïed, celle du 14 janvier n’a pas été dominée par le parti islamiste Ennahdha.

Avec Jeuene Afrique par Frida Dahmani – à Tunis

Canada-Québec: Manifestation des préposées en retraitement des dispositifs médicaux

novembre 22, 2021

Des centaines de préposées en retraitement des dispositifs médicaux (PRDM) ont convergé vers Trois-Rivières samedi pour demander une meilleure reconnaissance de la part du gouvernement québécois ainsi que des salaires plus représentatifs de leur travail.

Des manifestantes sont venues de Gatineau ou encore de Québec afin de se faire entendre.

© /Radio-Canada Des manifestantes sont venues de Gatineau ou encore de Québec afin de se faire entendre.

La manifestation nationale organisée par la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) s’est déroulée devant les bureaux de la présidente du Conseil du trésor, Sonia Lebel.

Des manifestantes sont venues de Gatineau ou encore de Québec afin de se faire entendre. Certaines avaient apporté avec elles une blouse médicale.

Le Québec compte quelque 2 000 préposées en retraitement des dispositifs médicaux, soit majoritairement des femmes. Ces dernières veillent notamment à la stérilisation de l’équipement médical. Au plus fort de la pandémie, elles étaient également chargées de désinfecter les masques N95.

Les préposées en retraitement des dispositifs médicaux sont actuellement payées environ 20 dollars de l’heure. Un salaire basé sur une évaluation désuète, selon le syndicat qui les représente.

Des préposées estiment d’ailleurs que la complexité grandissante de leurs tâches est un frein au recrutement de personnel.

La technologie a beaucoup augmenté. On n’est pas capable de garder notre monde parce que c’est très difficile physiquement, moralement», indique une manifestante présente samedi.

Un enjeu d’équité salariale

La Fédération de la santé et des services sociaux accuse également le gouvernement du Québec d’aller à l’encontre de la Loi sur l’équité salariale.

Selon le syndicat, les préposées en retraitement des dispositifs médicaux sont moins bien rémunérées que ceux qui occupent des emplois majoritairement masculins et qui effectuent un travail équivalent.

Deux plaintes en ce sens ont d’ailleurs été déposées à la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité au travail (CNESST).

De son côté, le cabinet de la ministre Sonia Lebel a indiqué qu’il n’émettra aucun commentaire tant que les discussions sont toujours en cours avec la partie syndicale.

Avec Radio-Canada

Soudan: appels à manifester dimanche, 40 morts depuis le putsch du 25 octobre

novembre 20, 2021
Soudan: appels a manifester dimanche, 40 morts depuis le putsch du 25 octobre
Soudan: appels à manifester dimanche, 40 morts depuis le putsch du 25 octobre© AFP/-

Des opposants au putsch au Soudan ont de nouveau manifesté samedi pour réclamer le retour du pouvoir civil et appelé à de nouvelles protestations dimanche, malgré la répression qui a fait au moins 40 morts depuis le 25 octobre, selon des médecins.

Les Etats-Unis et l’Union africaine ont appelé à éviter le recours « excessif » à la force. L’ambassadrice de Norvège, membre de la Troïka à la manoeuvre sur le dossier soudanais avec les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, a dénoncé elle une répression « intolérable ».

En menant un coup d’Etat le 25 octobre, le général Abdel Fattah al-Burhane, chef de l’armée, a rebattu les cartes d’une transition chancelante au Soudan. Il a fait arrêter la quasi-totalité des civils au sein du pouvoir, mis un point final à l’union sacrée formée par civils et militaires et décrété l’état d’urgence.

Depuis, des protestations contre l’armée appelant au retour du pouvoir civil ont eu lieu principalement à Khartoum et ont souvent été réprimées.

Samedi, des centaines de manifestants ont défilé à Khartoum-Nord, une banlieue de la capitale, érigé des barricades dans les rues et mis le feu à des pneus, selon un correspondant de l’AFP. « Non au pouvoir militaire », scandaient-ils. D’autres sont sortis dans les rues dans l’est et le sud de la capitale, selon des témoins.

Commissariat incendié

Un commissariat a été incendié dans le secteur. Les protestataires et les forces de l’ordre se sont accusés mutuellement d’être derrière l’incident.

Des militants prodémocratie ont appelé sur les réseaux sociaux à manifester en masse dimanche contre le coup d’Etat avec le hashtag « La marche du million le 21 novembre ».

L’Association des professionnels soudanais (APS), l’un des fers de lance de la révolte populaire de 2019 qui poussa l’armée à écarter le général Omar el-Béchir après 30 ans de règne, a elle appelé les Soudanais à maintenir la pression pour un retour du pouvoir civil.

Et ce malgré l’intervention musclée des forces de l’ordre contre les manifestants.

Mercredi 17 novembre a été la journée la plus meurtrière depuis le coup d’Etat avec la mort de 16 personnes, la plupart à Khartoum-Nord, une banlieue reliée à la capitale par un pont sur le Nil, selon un syndicat de médecins prodémocratie.

L’une des 16 personnes a succombé samedi à ses blessures. « Un adolescent de 16 ans touché par balle à la tête et à la jambe le 17 novembre est tombé en martyr », a déclaré ce syndicat dans un communiqué.

Son décès porte à 40 le nombre de personnes, parmi lesquelles des adolescents, tuées lors des manifestations depuis le 25 octobre. La grande majorité sont des manifestants.

La police assure qu’elle n’a jamais ouvert le feu contre les protestataires. Elle ne recense qu’un seul mort et 30 blessés parmi eux du fait, selon elle, du gaz lacrymogène, contre 89 policiers blessés.

Samedi, les autorités ont indiqué dans un communiqué qu’une enquête serait lancée sur les manifestants tués.

A Omdurman, la ville jumelle de Khartoum, des manifestants ont dénoncé la répression, scandant: « A bas le pouvoir militaire ».

Après l’aggravation des violences, le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken s’est dit jeudi « profondément préoccupé » par la répression et a exhorté l’armée à autoriser les manifestations pacifiques, répétant la nécessité de « rétablir la transition dirigée par les civils ».

Journalistes arrêtés

L’Union africaine, qui a suspendu le Soudan, a également condamné « dans les termes les plus forts » la répression de mercredi et appelé à « la transition démocratique », selon un communiqué samedi.

De son côté, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a exigé la libération de reporters arrêtés alors qu’ils couvraient les protestations, y compris Ali Farsab, qui selon l’organisation, a été battu et touché par balle mercredi.

Face aux appels au retour du pouvoir civil, le général Burhane reste inflexible. Il s’est renommé à la tête de la plus haute institution de la transition, le Conseil de souveraineté, et a reconduit tous ses membres militaires ou pro-armée et nommé des civils apolitiques.

Les militaires en revanche tardent à nommer un nouveau gouvernement qu’ils promettaient depuis des semaines après la mise à l’écart du Premier ministre Abdallah Hamdok, placé en résidence surveillée.

Pour l’ambassadrice de Norvège, Therese Loken Gheziel, le monde nourrissait « de grands espoirs » au Soudan, qui ont été douchés par le coup d’Etat.

Par Le Point avec AFP

Burkina Faso : Kemi Seba expulsé avant une manifestation contre la présence française au Sahel

octobre 30, 2021
Kemi Seba, de son vrai nom Stellio Capo Chichi, lors d’une manifestation contre le franc CFA et la « Françafrique », à Dakar, le 19 août 2017. © Clement Tardif pour Jeune Afrique

Selon les informations recueillies par Jeune Afrique, l’activiste franco-béninois Kemi Seba a été expulsé du Burkina ce samedi. La veille, il avait été interpellé alors qu’il était en route pour Bobo-Dioulasso.

Le séjour de Kemi Seba au Burkina Faso aura été de courte durée. L’information a été confirmée à Jeune Afrique par plusieurs sources : Kemi Seba a été expulsé du pays samedi 30 octobre après-midi, le lendemain de son arrivée. Il aurait embarqué dans un avion en direction de Cotonou.

Vendredi 29 octobre, aux alentours de 14 heures, Kemi Seba et plusieurs personnes travaillant avec lui ont été interpellés à Sabou, une petite ville située sur la RN 1, à 80 km de Ouagadougou. L’activiste franco-béninois se rendait à Bobo-Dioulasso pour participer à une manifestation « contre le néocolonialisme » qui devait se tenir ce samedi.

Selon nos sources, Kemi Seba et trois membres de son ONG, Urgences panafricanistes, ont été détenus par les services de sécurité burkinabè mais les motifs de leur interpellation restent inconnus. À ce stade, nous ignorons ce qui leur est reproché », a déclaré à Jeune Afrique Roland Bayala, porte-parole de la Copa-BF, organisatrice de la manifestation. Dans la matinée de samedi, ils ont été conduits à l’aéroport de Ouagadougou, selon Prosper Farama, l’avocat de Kemi Seba. Si ce dernier a été expulsé, ses trois collaborateurs sont toujours détenus par les services de sécurité burkinabè.

Lutte contre la présence française

L’activiste était arrivé dans le pays à l’invitation de la Coalition des patriotes du Burkina Faso (Copa-BF), une plateforme qui milite contre la présence militaire française au Sahel. Des manifestations similaires ont déjà eu lieu au Mali et en Guinée ces derniers mois.8’À LIRESénégal : Kemi Seba, prêcheur panafricaniste

N’ayant pas reçu le feu vert des autorités, les organisateurs ont décidé de surseoir à la marche et proposé de tenir en lieu et place un meeting. « Là encore, nous avons reçu un refus catégorique. Les autorités pensaient que Kemi Seba venait pour déstabiliser le pays. Après d’intenses pourparlers, elles nous ont concédé la salle du gouvernorat pour une conférence publique. À notre grande surprise, Kemi Seba a été interpellé avant même d’arriver à Bobo Dioulasso », explique Roland Bayala, porte-parole de la Copa-BF. Lequel tient à clarifier la position de son mouvement : « notre lutte est dirigée contre la présence française et l’impérialisme et non contre nos autorités ».

Coutumier des coups d’éclats

En 2019, Kemi Seba avait déjà été expulsé de Ouagadougou après des propos jugés outrageants contre le chef de l’État burkinabè, Roch Marc Christian Kaboré, qu’il avait accusé d’être aux ordres de Paris. Un tribunal burkinabè l’avait finalement condamné à deux mois de prison avec sursis pour outrage au président. Un an plus tôt, le militant anti-CFA, qui effectuait une tournée de présentation de son ouvrage intitulé « L’Afrique libre ou la mort » avait pourtant été reçu avec tous les égards par le président Roch Marc Christian Kaboré.

Kemi Seba, de son vrai nom Stellio Capo Chichi, se définit comme un « polémiste et conférencier panafricain ». Jouissant d’une certaine popularité, mais adepte des déclarations extrémistes contre la France et le franc CFA, il est coutumier des interpellations et a été de nombreuses fois expulsé de plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest ces dernières années.

Avant de se rendre à Ouagadougou ce vendredi, il était à Conakry. Trois ans après avoir été expulsé du pays, il avait fait son grand come-back, s’affichant avec Mamadi Doumbouya, le chef de la junte qui a renversé Alpha Condé le 5 septembre dernier. 

Avec Jeune Afrique par Nadoun Coulibaly – à Ouagadougou

Un Archevêque émérite africain manifeste devant l’Assemblée nationale française

octobre 21, 2021

Avec Roland Lévy Nitou – Officiel

France: Jean-Luc Mélanchon et sa part de farine au visage

juin 12, 2021

Avec Les News 2

France: Mélanchon a été enfariné au cours d’une manifestation contre l’extrême droite

juin 12, 2021

PARIS — Le chef de la France insoumise, un parti de la gauche radicale, Jean-Luc Mélanchon, a été enfariné lors d’une manifestation contre l’extrême droite, quelques jours après que le président Emmanuel Macron eut été giflé par un citoyen.

© Fournis par La Presse Canadienne

Des syndicats, des groupes communautaires et des dirigeants de la gauche française avaient exhorté les Français à manifester dans l’Hexagone, à une semaine du premier tour des élections régionales et départementales. On s’attend à une forte poussée du Ralliement national, le parti de Marine Le Pen.

M. Mélanchon manifestait à Paris lorsqu’il a été atteint par un sac de farine.

La chaîne de télévision BFMTV, qui a parlé à celui qui a lancé le sac de farine, a indiqué que celui-ci s’était décrit comme un opposant à l’ensemble «de la classe politique» et a nié être un partisan de l’extrême droite.

L’ambiance politique est actuellement délétère en France.

Un tribunal français a condamné jeudi à quatre mois d’emprisonnement un homme de 28 ans pour avoir giflé le président de la République, Emmanuel Macron, deux jours auparavant.

Vendredi, un candidat du Ralliement national et un militant ont été agressés à Arles pendant qu’ils posaient des affiches. Selon une vidéo, un homme aurait projeté ce qui semble être de l’essence avant de leur donner des coups de bâton. Le militant souffrirait d’une fracture à la jambe.

La gauche est si divisée en France depuis la victoire de M. Macron aux élections de 2017 qu’elle n’a même pas pu se rassembler pour les manifs de samedi.

Avec The Associated Press

Congo-Diaspora/Marche du 8 mai 2021: Justice -Vérité sur la mort de Pako

mai 9, 2021

Avec Polémique Congo Brazza Europe

Canada-Québec: Manifestation à Montréal pour la régularisation des personnes migrantes

juillet 26, 2020

Mani

© Valérian Mazataud photo Le Devoir

Des migrants sans papiers, des travailleurs agricoles temporaires, des demandeurs d’asile et des étudiants internationaux ont manifesté dimanche devant les bureaux d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada, dans le Vieux-Montréal.

Plus d’une centaine de personnes ont manifesté à Montréal dimanche pour réclamer la régularisation de toutes les personnes migrantes, sans aucune exception, qui se sentent complètement délaissées depuis le début de la pandémie de coronavirus.

« Statut pour tous » ; « Solidarité avec les sans-papiers » ; « Nous sommes tous essentiels », ont scandé les manifestants en début d’après-midi, rassemblés à l’appel du réseau Solidarité sans frontières, devant les bureaux d’Immigration, réfugiés et citoyenneté Canada (IRCC), dans le Vieux-Montréal.

D’une seule et même voix, des migrants sans papiers, des travailleurs agricoles temporaires, des demandeurs d’asile et des étudiants internationaux ont interpellé Québec et Ottawa pour que chacun puisse obtenir un statut au Canada, où certains vivent depuis plusieurs années déjà.

« La pandémie est venue remettre les pendules à l’heure et montrer comment nous sommes tous dans le même bateau, peu importe notre statut et notre rang social. Notre combat est le combat de tous, celui de la dignité, l’égalité, la liberté et la justice », a lancé devant la foule Samira, une membre de Solidarité sans frontières et animatrice de l’événement de dimanche.

Elle a ensuite invité ceux qui le souhaitent à prendre la parole publiquement pour « briser le silence, briser la peur ».

Adi, un demandeur d’asile, s’est avancé pour raconter son histoire, soulignant à quel point le lieu choisi pour la manifestation était symbolique puisque c’est dans les bureaux d’IRCC que l’on donne rendez-vous aux migrants qui devront être déportés.

Originaire de Mauritanie, il est arrivé de manière irrégulière au Canada par le chemin Roxham, en Montérégie, il y a plusieurs années, mais n’a toujours pas été reconnu comme réfugié. Rappelons que les demandeurs d’asile risquent l’expulsion s’ils n’arrivent pas à prouver que leur sécurité est menacée dans leur pays d’origine.

« Je vous demande d’aller sur Google pour voir c’est quoi [la Mauritanie]. C’est un des derniers foyers d’esclavage et du racisme », dénonce-t-il.

De son côté, Hamida — d’origine algérienne — a pris la parole au nom de son fils de 20 ans, venu étudier au Québec il y a quatre ans. Son permis d’étude a expiré au mois d’avril, mais le gouvernement fédéral a refusé de lui en livrer un autre pour continuer son DEC. Son fils se retrouve maintenant sans statut. « Les sans-papiers ne sont pas des envahisseurs. Ils cherchent un meilleur monde, une vie meilleure », a-t-elle lancé.

« Ici, c’est devenu chez nous, on est des citoyens du Canada dans notre cœur, mais on ne nous donne pas la chance de le devenir sur papier », a renchéri Mohamed, également demandeur d’asile. Il a raconté les difficultés qu’il a rencontrées pour obtenir un permis de travail lors de son arrivée dans le pays il y a sept ans. Il a également été confronté à la complexité du système de santé en raison de son statut de sans-papiers. « J’ai vécu un accident de travail et j’ai été négligé à l’hôpital à cause de mon statut. J’ai perdu des orteils et sept ans plus tard, je suis encore sous traitement. Heureusement, ç’a été remboursé par la CNESST puisque c’était un accident de travail, mais ça aussi, ç’a a été un cauchemar pour y avoir droit », confie-t-il.

Solidarité sans frontières avait déjà organisé une marche à Montréal le 4 juillet pour défendre cette même cause. Une autre manifestation aura lieu le 8 août prochain dans la métropole, devant le bureau du premier ministre fédéral Justin Trudeau, sur Crémazie Est. L’organisme prévoit également organiser une grande marche de Montréal vers Ottawa plus tard dans l’été.

Avec Le Devoir par Annabelle Caillou

États-Unis: le maire de Portland aspergé de gaz lacrymogène lors d’une manifestation

juillet 23, 2020

 

Ted Wheeler allait à la rencontre des manifestants contre les violences policières et le déploiement d’agents fédéraux ordonné par le président Donald Trump.

Le maire de Portland, dans l’État américain de l’Oregon, a été aspergé de gaz lacrymogène, mercredi 22 juillet au soir, alors qu’il allait à la rencontre de manifestants protestant contre les violences policières et le déploiement d’agents fédéraux ordonné par le président Donald Trump dans des villes du pays. Le démocrate Ted Wheeler, qui portait des lunettes de protection et un masque, a été escorté loin de la foule au milieu d’un nuage de gaz, montrent des images AFP.

«Je ne vais pas mentir, ça pique. Difficile de respirer», a-t-il dit au New York Times. «Et je peux vous le dire en toute honnêteté, je n’ai rien vu qui justifie cette» utilisation de gaz lacrymogène, a-t-il ajouté, en parlant d’une «réaction disproportionnée des agents fédéraux» et même d’une «guerre urbaine».

L’intervention des policiers fédéraux a attisé les braises

La police de la ville a dit que les manifestants avaient lancé des fusées éclairantes et des bouteilles incendiaires sur la cour fédérale, provoquant de petits feux. M. Wheeler est lui-même critiqué par de nombreux manifestants à Portland parce que la police a souvent usé de gaz lacrymogène par le passé pour disperser des manifestations, jusqu’à ce qu’un juge ordonne de limiter cette pratique.

Des milliers de manifestants ont encore défilé mercredi soir dans la grande ville de l’Oregon. Le mouvement avait commencé, comme ailleurs dans le pays, après la mort du quadragénaire noir George Floyd fin mai sous le genou d’un policier blanc. Il s’est amplifié lorsque sont arrivés des policiers fédéraux à Portland. Dans de nombreuses vidéos publiées sur les réseaux sociaux, on voit ces agents, en tenue paramilitaire et sans badge visible d’identification, utiliser des véhicules banalisés pour interpeller des manifestants, attisant les braises de l’ire populaire.

Donald Trump, qui fait notamment campagne sur le retour à «l’ordre», a annoncé mercredi renforcer les effectifs des agents fédéraux à Chicago et d’autres villes après une résurgence de la criminalité et des fusillades.

Par Le Figaro avec AFP