Posts Tagged ‘Manifestation’

Liban: manifestation devant le Parlement contre les violences faites aux femmes

janvier 27, 2018

Manifestation contre les violences faites aux femmes dans le centre de Beyrouth, le 27 janvier 2018 / © AFP / ANWAR AMRO

Des dizaines de personnes ont manifesté samedi à Beyrouth devant le Parlement libanais contre les violences faites aux femmes, dénonçant l’inaction des autorités alors que huit femmes ont été tuées depuis début décembre.

La manifestation était organisée par plusieurs organisations de la société civile, notamment l’association féministe Kafa, qui réclame l’adoption de réformes législatives pour protéger les femmes contre les violences conjugales.

Des mannequins en bois rouge, représentant des silhouettes de femmes et sur lesquels était inscrit le nom d’une femme et les circonstances de son meurtre, ont été dressés au milieu de la place de l’Etoile, devant le Parlement, a constaté un correspondant de l’AFP.

« La colère n’est pas une excuse », « Pas de funérailles avant la justice », pouvait-on lire sur certaines des pancartes brandies par des manifestantes.

Depuis début décembre, huit femmes sont mortes au Liban, notamment une épouse tuée par balle par son mari lundi à Beyrouth.

Parmi les huit cas figurent notamment une adolescente de 15 ans qui s’est suicidée après un mariage précoce, ou encore la Britannique Rebecca Dykes, travaillant pour l’ambassade de son pays au Liban, étranglée par un chauffeur de taxi qui a tenté de la violer.

Pour l’année 2017, 17 cas au total ont été rapportés.

« L’une après l’autre, les femmes tombent, à cause de l’inaction des pouvoirs législatifs, exécutifs et judiciaires qui ne considèrent pas cette question comme une priorité », selon un communiqué signé par plusieurs ONG participant à la manifestation.

En 2014, le Liban a adopté une loi qui, pour la première fois, punissait les violences domestiques grâce à une campagne sans précédent de la société civile après le meurtre de plusieurs femmes sous les coups de leurs maris.

Mais l’association Kafa réclame l’adoption d’une réforme de cette loi pour imposer des peines plus lourdes contre les violences conjugales et accélérer les procédures judiciaires dans ces affaires.

« On veut la justice. La justice pour Zahraa et toutes les filles. On veut que les criminels soient punis », lâche Ali al-Qabbout, 50 ans, dont la fille a été tuée il y a plus d’un an par son ex-mari.

Romandie.com avec(©AFP / 27 janvier 2018 15h09)                

RDC: « Sommes-nous dans une prison à ciel ouvert ? », s’interroge le cardinal Laurent Monsengwo

janvier 24, 2018

  

Des policiers congolais pendant la manifestation du 31 décembre, à Kinshasa. © John Bompengo/AP/SIPA

Après la répression des manifestations du 21 janvier, qui a fait au moins six morts, le cardinal Laurent Monsengwo lance une nouvelle charge contre les autorités congolaises.

Le cardinal Laurent Monsengwo s’est exprimé devant la presse congolaise et internationale, mardi 23 janvier, pour condamner la répression par les forces de l’ordre des marches initiées par les laïcs catholiques en RDC. Au moins six personnes ont été été tuées le 21 janvier et 49 autres ont été blessées durant ces manifestations – interdites par le gouvernement, alors que la dispersion d’une marche similaire avait déjà fait six morts le 31 janvier 2017.

« Sommes-nous dans une prison à ciel ouvert ? Comment peut-on tuer des hommes, des femmes, des enfants, jeunes et vieux scandant cantiques religieux, munis des bibles, chapelets, crucifix ? Que veut-on au juste ? Le pouvoir pour le pouvoir ou bien le pouvoir pour le développement intégral du peuple, dans la paix, dans la justice et la vérité ? Nous voulons que règne la force de la loi et non la loi de la force », a déclaré le Cardinal Monsengwo,  déplorant « des morts, des arrestations des prêtres, des religieuses et de plusieurs laïcs, des vols et des extorsions des biens des citoyens ».

Black-out forcé

Ce discours fait écho à celui du pape François, qui a appelé le 21 janvier à « prier pour le Congo ». Lors de son audience hebdomadaire mercredi place Saint-Pierre, le souverain pontife a renouvelé son appel « pour que tous s’emploient à éviter toute forme de violence. « Pour sa part, l’Église ne veut rien d’autre que contribuer à la paix et au bien commun de la société », a-t-il déclaré.

Pour sa part, le secrétaire général des Nations-unies, Antonio Guterres,  a réclamé des « enquêtes crédibles » afin que les responsables de violences soient « traduits en justice ». Antonio Guterres a également « exhorté les forces de sécurité congolaises à faire preuve de retenue » et en « appelé également au plein respect des lieux de culte ».

Internet rétabli mardi soir

En amont de ces marches, le 20 janvier des barrières avaient été installées dans le centre-ville de Kinshasa. Les autorités ont également « instruit » les opérateurs de couper l’accès à internet dans la nuit du 20 au 21 janvier, a indiqué à l’AFP un responsable d’une société de télécommunication.

La coupure a été effective autour de minuit. Internet a été rétabli mardi 23 janvier au soir. Les messageries sur les réseaux sociaux ont repris en soirée, après les échanges de SMS. Depuis le rétablissement des réseaux, de nombreuses images de la répression du 21 janvier déferlent sur les réseaux sociaux – sans qu’il soit toujours possible d’authentifier leur provenance.

Jeuneafrique.com avec AFP

Togo: dizaines de milliers de manifestants dans les rues de Lomé

décembre 30, 2017

Lomé – Des dizaines de milliers de personnes sont à nouveau descendues dans les rues de Lomé samedi, avant-dernier jour d’une année tourmentée au Togo, pour protester contre le régime du président Faure Gnassingbé, a constaté un journaliste de l’AFP.

A l’appel de la coalition des 14 partis politiques de l’opposition, les manifestants ont sillonné plusieurs artères de la capitale togolaise, scandant des slogans hostiles au régime en place, avant de tenir un meeting en bordure de mer.

Jean-Pierre Fabre, chef de file de l’opposition et Brigitte Adjamagbo-Johnson, coordonnatrice de la coalition, marchaient au milieu du cortège, encadré par les forces de l’ordre.

« Nous ne serons jamais fatigués. Cette fois-ci, nous irons jusqu’au bout de cette lutte que nous avons entamée depuis plusieurs mois », a lancé au milieu d’un groupe de jeunes manifestants, Alain, conducteur de taxi-moto.

« Personne ne baissera les bras, car nous voyons déjà la fin de ce régime cinquantenaire », a renchéri une manifestante, vêtue d’un tee-shirt orange, frappé de l’effigie de M. Fabre.

Aucun incident n’a été enregistré lors de cette nouvelle manifestation de l’opposition, la troisième cette semaine. Jeudi, la marche avait été dispersée par des gaz lacrymogènes, les manifestants n’ayant pas respecté l’itinéraire prévu, selon la police.

Au moins 12 personnes avaient été blessées, dont cinq grièvement, et une quinzaine arrêtées, selon l’opposition.

La coalition de l’opposition organise depuis septembre des manifestations quasi hebdomadaires contre le président, héritier d’une famille au pouvoir depuis 50 ans.

Faure Gnassingbé est à la tête du Togo depuis 2005, succédant à son père, le général Gnassingbé Eyadéma, qui a dirigé sans partage le pays pendant 38 ans.

Un projet de révision de la constitution est en cours, mais la limitation à deux mandats présidentiels n’est pas rétroactive, et autoriserait le président à se représenter en 2020 puis en 2025, ce que rejette l’opposition.

Plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, inquiets de l’instabilité que peut engendrer la crise togolaise, ont demandé des pourparlers entre le pouvoir et l’opposition, sous la médiation du président ghanéen Nana Akufo-Addo et guinéen Alpha Condé.

Mais le dialogue annoncé depuis début novembre par le gouvernement, peine à démarrer.

L’opposition exige des « mesures d’apaisement » notamment la libération des manifestants en prison et le retrait des forces de sécurité dans le Nord, avant le début des discussions.

Le 12 décembre, la coalition a boycotté des « consultation » initiées par le gouvernement, reprochant au pouvoir en place de vouloir être juge et partie.

Une délégation de l’opposition a été reçue vendredi à Accra par le président Nana Akufo-Addo.

« Nous avons rencontré le président ghanéen et ce dernier nous a affirmé que les deux médiations (ghanéenne et guinéenne) se poursuivent », a déclaré Jean-Pierre Fabre à l’AFP.

« Au lendemain du sommet de la Cédéao, le pouvoir a tenté de distiller au sein de la population des informations selon lesquelles les Togolais sont suffisamment mûrs pour discuter entre eux. Le niveau atteint par la crise exclut toute discussion des Togolais entre eux », a-t-il martelé.

Romandie.com avec(©AFP / 30 décembre 2017 19h49)

Congo: Réactions de l’opposition suite à leur marche pacifique et arrestations des leaders

novembre 27, 2017

Communiqué de la Fédération de l’opposition suite à la brutalité et aux arrestations abusives de la police politique

Congo: la police disperse une manifestation de l’opposition

novembre 27, 2017
  

 

La manifestation appelée par une vingtaine de personnes membres de la plate-forme dirigée par Claudine Munari ce lundi 27 novembre au rond-point Moungali, dans le 4e arrondissement de Brazzaville, a été étouffée dans l’œuf par les forces de maintien d’ordre.

Un dispositif de sécurité a été déployé dans le carré du rond-point Moungali. Les forces de l’ordre n’ont toléré aucune mobilisation tout autour.

L’opposition protestait pour demander, entre autres, la libération d’André Okombi Salissa, Jean Marie Michel Mokoko, Paulin Makaya, le paiement des pensions des retraités congolais et le retour de la paix dans le département du Pool (sud).

Du côté du Ministère congolais de l’Intérieur, l’on estime qu’il n’était pas informé officiellement de cette manifestation sur la place publique.

Malgré l’engouement des organisateurs de la manifestation, de leurs militants et sympathisants, elle n’a pas pu se tenir.

Charles Zacharie BOWAO empêché d’arriver sur le lieu

« J’ai été escorté et bloqué par 4 véhicules RAV4 m’empêchant d’accéder au lieu de la manifestation, selon Charles Zacharie Bowao.
Après, nous sommes maintenant réfugiés chez Mme Munari et avions diffusé un communiqué.
Ne nous laissons plus faire!

La mobilisation continue ! »

« Dans le cadre des festivités de la fête de la République, la fédération de l’opposition frocad-idc-j3m a organisé ce jour 27/11/2017 au rond point de Moungali. Cette manifestation Pacifique a été sauvagement réprimée par la police politique de Sassou Nguesso. Des dizaines de jeunes sont arrêtés. Les leaders de l’opposition se sont repliés au domicile de Madame Munari Claudine. Assiégé, les éléments de la police se sont introduits, saccageant au passage les véhicules et autres matériels au domicile de Madame Munari. La situation a été très tendue au vu de la brutalité et la violence des éléments qui assiégeaient le domicile. »

 

Photo de BrazzaNews.
Photo de BrazzaNews.

 

Avec les Echos du Congobrazzaville par  Stany Franck

Un million de manifestants pour l’unité de l’Espagne, selon la préfecture

octobre 29, 2017

Manifestation pour l’unité de l’Espagne à Barcelone, le 29 octobre 2017, deux jours après la déclaration unilatérale d’indépendance du Parlement régional / © AFP / LLUIS GENE

Un million de personnes ont manifesté dimanche à Barcelone en faveur de l’unité de l’Espagne, selon l’estimation livrée par la préfecture, représentant l’Etat en Catalogne.

La police municipale a pour sa part estimé que 300.000 personnes avaient participé au défilé où flottaient des milliers de drapeaux de l’Espagne et de la Catalogne. Les organisateurs avançaient pour leur part, à la fin de la manifestation, le chiffre de 1,3 million.

Romandie.com avec(©AFP / 29 octobre 2017 15h05)                

Kenya: un manifestant tué par balle dans un fief de l’opposition

octobre 16, 2017

Manifestation le 16 octobre 2017 à Kisumu, à l’ouest du Kenya / © AFP / YASUYOSHI CHIBA

Un jeune manifestant a été tué par balle lundi dans l’ouest du Kenya, a-t-on appris auprès de témoins, alors que des centaines de partisans de l’opposition sont à nouveau descendus dans les rues pour demander des réformes en vue de la présidentielle du 26 octobre.

La police a encore utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser la foule à Kisumu, sur les rives du lac Victoria (ouest), un fief du principal opposant, Raila Odinga.

Les manifestants avaient auparavant bloqué des routes, mis le feu à des pneus et lancé des pierres vers les policiers, pour marquer le passage à des manifestations désormais quotidiennes.

L’un des manifestants, Michael Odiambo, 21 ans, a raconté avoir vu la police tuer par balle un jeune homme dont un photographe de l’AFP a pu voir le corps.

« Il courait pour se cacher de la police. Un policier a juste pointé son pistolet vers lui et a tiré sur lui à distance. Il a été touché au cou », a-t-il déclaré.

Le jeune homme tué était un étudiant de 18 ans, Michael Okoth, a indiqué sa mère, Caroline Okello. « Il ne manifestait pas. Il était parti acheter une glace quand il a reçu une balle. Ils ont tué mon enfant. Un garçon innocent qui n’était pas dans la manifestation ».

Le président Uhuru Kenyatta a observé que la police avait décidé à Kisumu de laisser les manifestants avancer jusqu’au centre-ville, ce que le gouvernement a normalement interdit depuis la semaine passée.

« Ils ont été autorisés à manifester dans toute la ville. Et quand ils se sont rendu compte que les policiers n’intervenaient pas, ils ont commencé à leur lancer des pierres. Qu’attendre de tout ça? Les policiers ne sont-ils pas autorisés à se protéger », a-t-il argué.

Vendredi, deux manifestants avaient été tués par la police à Bondo, la ville d’origine de Raila Odinga, à environ 50 km à l’ouest de Kisumu.

« Pendant combien de temps ces meurtres insensés de la police (vont-ils continuer)? La police ne peut pas à chaque fois tirer sur des manifestants. Manifester est-il un crime? », a demandé Margaret Akinyi, une vendeuse de légumes à Kisumu. Le jeune manifestant tué lundi « a été abattu par une balle juste à côté de moi et nous nous sommes tous mis à courir. Il est mort », a-t-elle ajouté.

A Nairobi, un petit groupe de manifestants a été rapidement dispersé par la police.

Au moins 37 personnes avaient été tuées, dont 35 par la police, dans les jours qui ont suivi les élections générales du 8 août, selon la Commission nationale kényane des droits de l’Homme (KNCHR).

Dans un rapport conjoint publié lundi, Human Rights Watch et Amnesty International ont indiqué avoir confirmé la mort de 33 personnes des mains de la police.

Le chef de la police kényane, Joseph Boinnet, a qualifié ce rapport de « complètement trompeur et basé sur des mensonges », affirmant que la police n’était informée que de 12 morts sur lesquels elle dit enquêter.

Le climat politique est particulièrement tendu au Kenya depuis la décision le 1er septembre de la Cour suprême d’invalider la réélection du sortant Uhuru Kenyatta à la présidentielle du 8 août, face à M. Odinga, pour des irrégularités dans la transmission des résultats.

M. Odinga a annoncé la semaine passée son retrait de la présidentielle du 26 octobre, arguant que la Commission électorale, qui est très critiquée, n’était pas en mesure d’organiser une élection crédible.

L’opposant estime que son retrait entraîne l’annulation du scrutin et l’organisation d’un tout nouveau processus électoral, solution rejetée par M. Kenyatta.

Romandie.com avec(©AFP / 16 octobre 2017 17h31)                

Togo: – Payadowa Boukpessi:  » Sur quelle base Faure Gnassingbé devrait-il partir ? »

septembre 19, 2017
Le président togolais Faure Gnassingbé, à Lomé, le 25 avril 2015. © Erick Kaglan/AP/SIPA

Selon Payadowa Boukpessi, ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et des Collectivités locales, les opposants qui invoquent la Constitution de 1992 pour rejeter une éventuelle nouvelle candidature de Faure Gnassingbé à la présidentielle en 2020 se livrent à « un faux procès ».

Jeune Afrique : À quelques heures de marches éclatées de l’opposition, diriez-vous que la situation est grave au Togo ?

Payadowa Boukpessi : Le gouvernement, dans son ensemble, prend au sérieux la situation. À partir du moment où il y a des manifestations qui perturbent certaines activités publiques et privées, il a le devoir de prendre la mesure de la situation, dans l’intérêt de la population.

Tandis que certains opposants réclament un retour à la Constitution de 1992, d’autres voix s’élèvent pour exiger le départ pur et simple du président Faure Gnassingbé. Comment vivez-vous cette ambiance ?

Nous nous posons des questions. Le président de la République a été élu en 2015, face à un candidat de l’opposition soutenu par une coalition de plusieurs partis politiques. Le scrutin, supervisé par des observateurs nationaux et internationaux, a été jugé globalement crédible et transparent. Les élections ont eu lieu sur la base d’une Constitution en vigueur et acceptée par l’opposition. Et le président Faure Gnassingbé a été réélu en réalisant son meilleur score depuis son arrivée au pouvoir en 2005. Nous disons unanimement qu’il est important d’opérer des réformes pour mieux enraciner notre démocratie, mais dès lors qu’au lieu du jeu démocratique des élections, des gens commencent à dire qu’il faut que le Président parte, cela soulève des questions. Sur quelle base un président élu pour cinq ans et dont le mandat court jusqu’en 2020 devrait-il partir ?

Certains opposants vous répondront qu’il devrait partir sur la base de la Constitution de 1992 qui précise qu’ « en aucun cas, nul ne peut exercer plus de deux mandats », et qui a été amendée en 2002 par l’ancien président Gnassingbé Eyadéma, qui a supprimé cette disposition.

Je vais les prendre au mot. Il y a une jurisprudence qui existe. En 1993, en dépit de la Constitution qui avait été adoptée un an plus tôt, le président Gnassingbé Eyadéma a été admis à se présenter à la présidentielle, alors qu’il avait déjà à son compteur plus de deux mandats, et cela faisait vingt-huit ans qu’il était au pouvoir. Il est allé aux élections en 1993 et en 1998. Il est clair que c’est un faux procès.

Si les opposants sont convaincus que le président de la République est vomi par le peuple, alors il leur sera facile de le battre dans les urnes, dans trois ans

Ces personnes veulent une Constitution qui soit dirigée contre une personne, alors qu’une loi doit être impersonnelle et générale. Certains se disent que c’est maintenant ou jamais, mais le Togo c’est pour l’éternité. On ne peut pas rédiger une Constitution qui exclut, cela ne se voit plus dans le monde. Ce n’est pas possible. Il y a un mandat en cours et la démocratie dont nous nous proclamons tous les hérauts exige qu’un mandat présidentiel aille à son terme. En 2020, chaque parti présentera son candidat et nul ne peut, à trois ans de cette échéance, présager que tel sera le candidat de tel parti et donc qu’il faille que le potentiel candidat de tel parti soit exclu dès maintenant. Cela n’a aucun sens démocratique. Si les opposants sont convaincus que le président de la République est vomi par le peuple, alors il leur sera facile de le battre dans les urnes, dans trois ans.

Les discussions à l’Assemblée nationale semblent bloquées. Qu’allez-vous faire ?

Pour l’instant les réformes sont à l’Assemblée nationale, la balle est dans le camp des parlementaires. Les pouvoirs sont séparés. Le pouvoir exécutif a déposé le projet de réforme entre les mains du pouvoir législatif. La Constitution est claire, il faut 4/5ème des députés pour apporter un amendement à la Constitution. Or Unir (Union pour la République, parti présidentiel, NDLR), notre parti, ne dispose pas de cette majorité. Les débats vont donc se poursuivre. En attendant, j’insiste sur la nécessité pour les Togolais de préserver la paix.

On ne consolide pas la paix dans un pays en jouant sur le communautarisme ou sur la fibre religieuse

En effet, nous assistons depuis quelques semaines à l’introduction de discours politiques d’un genre nouveau tendant à instrumentaliser la fibre religieuse et à jouer sur le communautarisme. Il y a des musulmans et des chrétiens dans tous les partis politiques, tout comme tous les groupes ethniques sont libres de militer dans toutes les formations politiques de leur choix. C’est avec un pincement au cœur que nous entendons certains discours. On ne consolide pas la paix dans un pays en jouant sur le communautarisme ou sur la fibre religieuse, c’est dangereux.

Jeuneafrique.com

Côte d’Ivoire: Nouveaux affrontements entre policiers et étudiants à Abidjan

septembre 18, 2017

Affrontements entre policiers et étudiants après une manifestation contre la « hausse abusive des frais d’inscription », le 18 septembre 2017 à Abidjan. / © AFP / Sia KAMBOU

Des nouveaux affrontements ont éclaté lundi entre policiers et étudiants qui protestaient à Abidjan contre une « hausse abusive des frais d’inscription » pour la rentrée, a constaté un journaliste de l’AFP.

La police a lancé des gaz lacrymogènes et utilisé des jets d’eau pour disperser les étudiants, qui ont mis en place des barrages, jeté des pierres et autres projectiles ou tiré avec des lance-pierres. Ces incidents se sont déroulés dans le quartier chic de Cocody qui abrite l’université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan et les campus universitaires.

« Nous projetions une marche vers les bureaux du ministère de l’Éducation pour dénoncer des cotisations qui s’élèvent à 20.000 fcfa (30,50 euros) en plus des 6.000 FCFA (9,15 euros) normalement perçus pour les droits d’inscriptions », a affirmé à l’AFP Sylvère Kennedy, responsable à la Communication de la puissante Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (Fesci).

« Nous disons non à cette escroquerie rentable et organisée, cautionnée par le ministère », a-t-il déclaré.

Un autre syndicaliste a fait état d’une « hausse artificielle », chaque établissement faisant payer des « frais » supplémentaires, au-delà du coût d’inscription qui revient à l’Etat.

Par ailleurs, la police ivoirienne a retiré lundi la carte mémoire d’un photographe de l’AFP qui couvrait la manifestation.

Mercredi, des échauffourées avaient déjà eu lieu entre forces de l’ordre et étudiants, pour les mêmes raisons. Ces affrontements ont fait plusieurs blessés parmi les étudiants, selon une source syndicale.

La ministre ivoirienne de l’Éducation Kandia Camara, a assuré qu’il n’y avait « aucune augmentation » des droits d’inscription. Mme Camara a même menacé « d’engager des poursuites judiciaires à l’encontre de Fulgence Assi, secrétaire général de la Fesci, après des casses perpétrées dans certains établissements ».

De son côté, Fulgence Assi a menacé de porter plainte contre la ministre de l’Éducation devant l’Unesco, pour « non respect des normes de l’éducation ».

Les affrontements entre étudiants et forces de l’ordre ne sont pas rares en Côte d’Ivoire. La Fesci, puissant et sulfureux syndicat proche de l’ex-président Laurent Gbagbo, est souvent à l’origine des manifestations parfois violentes.

Créée en 1990 à l’avènement du multipartisme, la Fesci, vue comme une milice par ses plus farouches détracteurs, a été accusée par des ONG nationales et internationales de violences à l’égard des opposants de M. Gbagbo, ainsi que de racket en milieu étudiant. Ce que dément formellement les responsables de la Fesci

Romandie.com avec(©AFP / 18 septembre 2017 18h55)                

Togo: la manifestation ne faiblit pas même dans la nuit à Lomé

septembre 7, 2017

Manifestation pour réclamer une alternance politique et des réformes, le 7 septembre 2017 à Lomé / © AFP / PIUS UTOMI EKPEI

Une foule massive était encore rassemblée dans le centre de Lomé jeudi soir, longtemps après le coucher du soleil, les manifestants se disant déterminés à rester « toute la nuit », jusqu’au départ du président Faure Gnassingbé et la mise en place de réformes.

Le reste de la ville était quasiment désert, la population ayant dressé des barricades de fortune, à l’aide de pierres et de pneus. Les chauffeurs de moto-taxis filtraient également certains axes à la circulation, pour assurer la sécurité des manifestants.

Les manifestants ont marché dans le calme mercredi et jeudi, à grand renfort de sifflets et brandissant des drapeaux du Togo.

Aucun incident n’a été pour l’instant enregistré à Lomé ou dans les autres villes du pays où des manifestations se sont également déroulées.

Les manifestants réclament des réformes constitutionnelles, notamment la limitation des mandats présidentiels à deux, un scrutin à deux tours, et ils protestent contre le régime du président Faure Gnassingbé, qui a succédé il y a douze ans à son père, lui-même resté au pouvoir près de quarante ans.

« Nous sommes fatigués, nous sommes fatigués, 50 ans, c’est trop », scandaient les manifestants, toujours survoltés après 10 heures de marche. « Nous resterons toute la nuit s’il le faut, et demain encore », a lancé un groupe de jeunes hommes, assis au milieu du rond point de la Paix.

« Nous avons prévu des bougies, au cas où ils coupent l’éclairage public », expliquaient-ils à l’AFP. « Nous avons ramené de la pâte (de maïs), nous pouvons tenir le temps qu’il faudra. »

Les manifestants ont tenté de converger vers la présidence togolaise, mais ils ont été bloqués par les forces de l’ordre. Une centaine de gendarmes, épuisés après des heures d’immobilité, faisaient toujours face à la foule.

Une banderole déployée demandait aux « soldats, policiers et gendarmes de faire allégeance au peuple ».

Plus bas sur le boulevard, à quelques kilomètres de là, des milliers d’autres personnes étaient réunies dansant sur de la musique reggae contestataire, autour du chef historique de l’opposition, Jean-Pierre Fabre.

Le président de l’ANC (Alliance Nationale pour le Changement) s’est dit « très ému » devant la foule de ses supporters.

« De voir le peuple togolais se lever comme un seul homme, c’est une très grande satisfaction », a-t-il déclaré à l’AFP. « C’est une grande émotion qui m’étreint », a confié cet opposant qui bat le pavé depuis des années, sans avoir jusqu’à présent réussi à imposer des réformes au pouvoir.

Les journées du 6 et 7 septembre ont été lancées par une coalition de l’opposition togolaise (Cap 2015, le Groupe des six et le Parti National Panafricain – PNP, rejoints par plusieurs partis mineurs), d’où l’importance de la mobilisation.

Mercredi, une marée humaine (plus de 100.000 selon Amnesty International, un million selon des opposants) avait déjà défilé dans la capitale togolaise, véritable démonstration de force pour une opposition qui a longtemps échoué à parler d’une seule voix.

« Il y a beaucoup d’électricité dans l’air », a relevé jeudi Adoté Delali, observateur de l’Association des droits de l’homme, une ONG locale, affirmant qu’il y avait « beaucoup plus de monde qu’hier » (mercredi).

« Hier, je n’était pas venu », a témoigné Dodo M.. « J’avais peur, mais quand j’ai vu qu’il n’y avait pas de violence j’ai rejoint les frères. »

– « Du jamais vu » –

Le président Gnassingbé ne s’est pas exprimé depuis le début du mouvement, et la présidence, contactée à plusieurs reprises par l’AFP, n’a pas donné suite.

Jeudi soir encore, tous les accès à internet étaient coupés à travers le pays, et les communications téléphoniques très sporadiques.

Le gouvernement avait tenté de joué l’apaisement mardi, à la veille des rassemblements, en annonçant une réforme constitutionnelle concernant la « limitation des mandats et le mode de scrutin », mais cela n’a pas suffi à dissuader les manifestants.

« Nous allons rester dans la rue jusqu’à ce qu’il nous écoute. Nous voulons que Faure (…) s’en aille », a affirmé Jonas Badagbon, 29 ans.

Selon Aimé Adi, directeur d’Amnesty International au Togo, des manifestations ont également rassemblé des milliers de personnes dans plusieurs villes du nord, dont Sokodé, Bassar et Bafilo, « où une centaine de manifestants occupent la route principale, bloquant la circulation ».

Le président Faure Gnassingbé a succédé à son père, le général Gnassingbé Eyadéma à la présidentielle de 2005 avec l’appui de l’armée, ce qui avait entraîné de violentes manifestations et une féroce répression.

Il a été réélu en 2010 et en 2015 lors de scrutins très contestés par l’opposition.

Romandie.com avec(©AFP / 07 septembre 2017 23h51)