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17 octobre 1961 : 60 ans après, les Parisiens sont dans la rue

octobre 17, 2021

La veille, sur les berges de la Seine, Emmanuel Macron avait participé à une commémoration solennelle, avant de dénoncer « les crimes commis cette nuit-là ».

Il y a 60 ans, jour pour jour, etait perpetre le massacre d'Algeriens venus manifester pacifiquement dans la capitale contre un couvre-feu.
Il y a 60 ans, jour pour jour, était perpétré le massacre d’Algériens venus manifester pacifiquement dans la capitale contre un couvre-feu.© ALAIN JOCARD / AFP

Plusieurs centaines de manifestants sont descendus dans la rue à Paris, dimanche 17 octobre, scandant « 17 octobre 1961, crime d’État ». Il y a 60 ans, jour pour jour, était perpétré le massacre d’Algériens venus manifester pacifiquement dans la capitale contre un couvre-feu. La veille, sur les berges de la Seine, Emmanuel Macron avait participé à une commémoration solennelle, avant de dénoncer par le biais d’un communiqué « les crimes commis cette nuit-là sous l’autorité de Maurice Papon », les jugeant « inexcusables pour la République ».

Le candidat écologiste à l’Élysée Yannick Jadot participait au défilé, comme le numéro un d’EELV Julien Bayou ou encore le député de Seine-Saint-Denis Éric Coquerel (LFI). Derrière la banderole « pour la reconnaissance d’un crime d’État », le cortège est parti du 2e arrondissement de Paris vers le pont Saint-Michel (6e arrondissement ), situé à deux pas de la préfecture de police, qui avait organisé le 17 octobre 1961 la répression de la manifestation d’Algériens.

« Un petit pas de plus »

« C’est un petit pas de plus, mais ce n’est pas satisfaisant », a déclaré à l’Agence France-Presse l’historien Gilles Manceron, un des responsables de la Ligue des droits de l’homme (LDH) qui appelait à manifester, après la déclaration d’Emmanuel Macron. « C’est une reconnaissance d’un crime de préfecture. Nous demandons une reconnaissance de crime d’État et l’accès réel aux archives », a ajouté ce spécialiste de la mémoire de la guerre d’Algérie, dans le cortège. « C’est un geste, mais on sait très bien que Papon n’a pas agi de son propre arbitre. On ne peut pas agir sans ordre politique. Il y a eu une responsabilité au sommet de l’État français », a aussi insisté un manifestant de 45 ans, Othmane Benzaghou, militant associatif, membre des collectifs du hirak.

Le 17 octobre 1961, quelque 30 000 Algériens avaient manifesté pacifiquement à l’appel du FLN contre le couvre-feu qui leur était imposé. La présidence française a reconnu samedi pour la première fois que « près de 12 000 Algériens furent arrêtés et transférés dans des centres de tri au stade de Coubertin, au Palais des sports et dans d’autres lieux. Outre de nombreux blessés, plusieurs dizaines furent tués, leurs corps jetés dans la Seine ». Le bilan officiel ne dénombrait jusqu’à présent que trois victimes. L’appel à manifester ce dimanche pour le 60e anniversaire avait été signé par des dizaines d’organisations et d’associations (LDH, SOS Racisme, Mrap, Attac, Gisti, etc.), de syndicats et de partis (EELV, LFI, PCF…).

Par Le Point avec AFP

Canada: Moins de 3000 anges gardiens régularisés au Québec

septembre 18, 2021

Le programme de régularisation des demandeurs d’asile ayant travaillé au plus fort de la pandémie dans le système de santé a majoritairement profité aux anges gardiens ontariens.

Des gens manifestent.

Différentes manifestations avaient été organisées en 2020 pour pousser Québec et Ottawa à lancer ce programme de régularisation. PHOTO : LA PRESSE CANADIENNE / GRAHAM HUGHES

« On est content d’avoir lancé un mouvement qui a plus profité aux gens de l’Ontario qu’au Québec », confie Marjorie Villefranche, la directrice de la Maison d’Haïti.

Son commentaire, jure-t-elle, est cynique.

Comme d’autres organismes d’aide aux immigrants vulnérables, Marjorie Villefranche n’a pas digéré la décision du gouvernement Legault de restreindre l’accès au programme de régularisation des demandeurs d’asile.

Annoncé l’été 2020 par le gouvernement fédéral, ce programme a permis aux demandeurs d’asile ayant fourni des soins dans les premiers mois de la pandémie d’obtenir une résidence permanente. L’équipe de Justin Trudeau voulait élargir l’accès à ce programme (aux agents de sécurité et aux préposés à l’entretien dans les établissements de santé par exemple), mais François Legault s’y est opposé.

Ce programme a pris fin le 31 août. Au total, selon des données obtenues par Radio-Canada, Québec a finalisé moins de 1500 dossiers, ce qui correspond à environ 2900 certificats de sélection (CSQ) délivrés pour autant de personnes.

Ce chiffre pourrait légèrement grossir dans les prochains jours, puisque la date limite concerne la transmission d’une demande au gouvernement fédéral, précise une porte-parole du ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI).

Sur réception de celle-ci, le gouvernement fédéral en détermine l’admissibilité à la politique d’intérêt public. Ensuite, il en informe [Québec] qui poursuit le traitement de la demande, ajoute-t-elle.

L’Ontario en tête des demandes

Combien de ces anges gardiens, tels qu’ils ont été publiquement qualifiés, ont obtenu ou vont recevoir dans l’ensemble du Canada une résidence permanente? Le chiffre final n’est pas encore connu, mais le gouvernement fédéral a reçu 5260 dossiers, pour 11 910 personnes.

Ces demandes proviennent essentiellement de l’Ontario (7085 personnes potentielles) et du Québec (4270 personnes potentielles).

Mais les exigences pour pouvoir postuler à ce programme pancanadien variaient selon les provinces. Contrairement au reste du Canada, le Québec – qui sélectionne ses propres immigrants dans plusieurs programmes d’immigration – avait sa propre liste de documents à fournir.

Si le travailleur n’avait pas le bon titre de poste, il ne pouvait pas être sélectionné par Québec, regrette Marjorie Villefrance. Pourtant, on l’a vu, avec le manque de personnel dans les CHSLDCentre d’hébergement et de soins de longue durée, tout le monde a mis la main à la pâte et a fait d’autres tâches, même si ce n’était pas l’intitulé du poste.

Aux yeux de la responsable de la Maison d’Haïti, l’un des trois organismes reconnus par Québec pour accompagner ces immigrants dans leurs démarches, les exigences du gouvernement Legault ont privé de nombreux demandeurs d’asile à ce programme.

Marjorie Villefranche.

Marjorie Villefranche, directrice générale de la Maison d’Haïti. PHOTO : RADIO-CANADA

Des gens ont abandonné ou ont été refusés. Je le sais, je le voyais en les aidant à réunir ces documents. C’était la croix et la bannière.Une citation de :Marjorie Villefranche, directrice de la Maison d’Haïti

Selon Marjorie Villefranche, 10 000 personnes, familles comprises, auraient pu revendiquer une résidence permanente, par le biais de ce programme spécial, au Québec.

Aucun élargissement envisagé

C’est très décevant, juge également Stephan Reichhold, le directeur de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI).

On aurait dû, dès le départ, élargir ce programme, surtout dans le contexte de pénurie de main-d’œuvre.Une citation de :Stephan Reichhold, directeur de la TCRI

Ce dernier estime que plusieurs candidats ont quitté le Québec, ces derniers mois, pour s’installer en Ontario, afin de profiter de ce programme de régularisation et de démarches simplifiées.

On se complique la vie inutilement [au Québec], clame-t-il.

À l’instar de Marjorie Villefranche, Stephan Reichhold espère encore un élargissement de ce programme, mais aussi un accès à tous ceux qui ont travaillé dans le milieu de la santé depuis la première vague de COVID-19.

Mais le gouvernement Legault ferme définitivement la porte à une telle idée.

Aucune révision, allongement, élargissement ou prolongation du Programme spécial des demandeurs d’asile en période de COVID-19 ne sera fait.Une citation de :Marie-Hélène Blouin, porte-parole du MIFI

C’est un peu mesquin quand on regarde tout ce que ces gens ont fait, assure Marjorie Villefranche. Finalement, ce n’était pas très généreux.

Avec Radio-Canada par Romain Schué

RDC: Marche du 15 septembre à Kinshasa avec arrestation brutale de Martin Fayulu

septembre 15, 2021

Avec Réaco News

RDC-Kinshasa/Manifestations publiques : la marche de Lamuka reportée

septembre 14, 2021

Initialement programmée pour le 15 septembre, la marche de la coalition Lamuka a été reportée au 17 septembre par le gouverneur de la ville de Kinshasa. Mais ce changement de date ne satisfait pas les dirigeants de cette plate-forme politique, qui continuent à appeler militants et cadres à battre le pavé ce mercredi, bravant ainsi l’interdiction.

Une patrouille de la police/DR

Le gouverneur de la ville-province de Kinshasa, Gentiny Ngobila, après la réunion de concertation avec les organisateurs de la marche de la coalition Lamuka, a autorisé cette manifestation pacifique initialement prévue au 15 septembre, tout en la décalant de deux jours. Il avance trois raisons principales pour motiver sa décision, notamment la rentrée parlementaire, prévue ce 15 septembre; le vandalisme projeté des biens et édifices publics; les mesures liées à la prévention de la transmission de la covid-19.

De leur côté, les organisateurs de la marche ne veulent pas l’entendre de cette oreille. Pour eux, leur rendez-vous sera tenu ce 15 septembre. « J’en appelle à tous les militants et cadres de Lamuka ainsi qu’à tout le peuple congolais de participer à cette marche le mercredi 15 septembre afin d’exiger une Commission électorale nationale indépendante non politisée », a dit l’un des leaders de cette plateforme, Martin Fayulu.

Selon cette option, la marche aura bel et bien lieu ce 15 septembre comme prévu et annoncé à l’autorité urbaine. Martin Fayulu demande, en outre, à la police de sécuriser cette manifestation conformément à la Constitution.

La police déployée pour faire respecter la décision de l’autorité

« Dès ce soir, la police sera déployée. Demain très tôt le matin, nous prendrons possession de tous les points chauds », a dit le commissaire provincial de la police/ville de Kinshasa, le général Sylvano Kasongo sur les ondes de Top Congo FM.

Réagissant à la demande de Lamuka pour la sécurisation de cette manifestation, le commissaire provincial de la police de Kinshasa a dit : « Les paramètres sécuritaires ne nous permettent pas de sécuriser une marche ce mercredi ». Et d’appeler cette plate-forme politique au respect de la décision du gouverneur. « Nos frères de Lamuka peuvent marcher tranquillement et sans problème deux jours après », a souligné le général Sylvano Kasongo. Ceux qui vont se hasarder à troubler l’ordre public mercredi, a promis le chef de la police de la capitale, vont trouver les policiers sur leur chemin.

Selon le général Kasongo, tout attroupement de plus de cinq personnes sera dispersé avec des armes non létales. « Nous avons l’instruction d’interpeller toute personne qui ira à l’encontre de la décision de l’Hôtel de ville’ », a-t-il prévenu. Et d’insister : « À tous ceux qui sortiront demain dans l’intention de saboter les actions du gouvernement, incendier les bus Transco et autres, nous leur disons que la police est là. Si vous voulez marcher, marchez le 17 septembre. Le 15 septembre, la marche a été interdite ».

Dans sa décision, rappelle-t-on, le  gouverneur Ngobila avait instruit le commissaire provincial de la police/ville de Kinshasa et les bourgmestres pour l’exécution du report de cette marche.

Avec Adiac-Congo par Lucien Dianzenza

Angola : manifestation contre une réforme « injuste » de la loi électorale

septembre 12, 2021

Joao Lourenço à l’Ecole polytechnique le 28 mai 2018.

Des centaines de partisans de l’opposition se sont rassemblés samedi 11 septembre à Luanda, la capitale, pour protester contre des modifications de la loi électorale. Selon eux, celles-ci compromettent la transparence des élections prévues l’an prochain.

Le président João Lourenço a présenté cette semaine un projet de loi visant à centraliser le décompte des voix au lieu de le faire au niveau de chaque municipalité et province.

Tous les députés de l’opposition se sont abstenus ou ont voté contre la réforme. Mais ces derniers n’ont que peu d’influence dans un Parlement largement dominé par le Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA, au pouvoir depuis l’indépendance du pays du Portugal, en 1975).

Pour protester contre ce projet et pour réclamer des « élections libres et équitables », le principal parti d’opposition, l’Unita (Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola), a organisé samedi une marche, soutenue par d’autres mouvements politiques et groupes de la société civile. L’Unita a proposé une série de mesures pour éviter les fraudes présumées. Parmi celles-ci, l’identification biométrique des électeurs ou l’implication de la société civile dans le dépouillement des bulletins de vote.

Controverse

Des centaines de manifestants se sont rassemblés dans la capitale, brandissant des drapeaux de l’Unita et de l’Angola tout en scandant « MPLA dégage ». Ils ont défilé dans le centre-ville en tenant des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : « Exigeons nos droits » et « Nous voulons un contrôle biométrique ». Des policiers armés de matraques encadraient la manifestation.

Entre-temps, João Lourenço a également suscité la controverse pour avoir voulu modifier une autre loi électorale, qu’il a récemment soumise à l’Assemblée nationale avec des suggestions d’amendements.

Élu en 2017 après le retrait de son prédécesseur, José Eduardo dos Santos, après un règne de 38 ans, João Lourenço devrait briguer un second mandat lors des élections présidentielle, parlementaires et locales de 2022.

Par Jeune Afrique avec AFP

« Nous n’avons pas peur : à Hérat, des Afghanes manifestent pour leurs droits

septembre 2, 2021

Une cinquantaine de femmes ont bravé la peur ce jeudi pour faire valoir auprès des talibans leur droit à travailler, à étudier et à être protégées.

« Nous sommes ici pour réclamer nos droits et nous n’avons pas peur. » Une cinquantaine de femmes ont manifesté jeudi 2 septembre 2021 à Hérat, en Afghanistan, maintenant la pression sur le nouveau régime taliban avant la présentation très attendue du gouvernement. « C’est notre droit d’avoir une éducation, du travail et la sécurité », ont chanté à l’unisson ces manifestantes, dont certaines brandissaient des pancartes appelant au respect des droits des femmes. « Nous n’avons pas peur, nous sommes unies », ont-elles également crié, sans que les islamistes, qui s’efforcent de montrer un autre visage depuis leur reconquête du pouvoir, ne les rudoient. Durant leurs cinq premières années de règne (1996-2001), toute contestation de leur régime était sévèrement punie.

« Nous sommes ici pour réclamer nos droits », a expliqué Fareshta Taheri, l’une des protestataires, jointe par l’Agence France-Presse. La manifestation se tenait à Hérat, capitale de l’Ouest afghan proche de la frontière iranienne, une ville connue pour être plutôt libérale selon les critères afghans. Au moins une manifestante avait revêtu une burqa, quand les autres arboraient un simple voile masquant leurs cheveux, leurs oreilles et leur cou.

« Peur et incertitude »

« Nous sommes même prêtes à porter des burqas s’ils nous disent de le faire, mais nous voulons que les femmes puissent aller à l’école et travailler », explique Fareshta Taheri, une artiste et photographe. « Pour l’instant, la plupart des femmes qui travaillent à Hérat sont à la maison, dans la peur et l’incertitude. » Durant le premier gouvernement taliban en Afghanistan, la très grande majorité des femmes et des jeunes filles avaient été privées d’accès à l’éducation et à l’emploi. Les burqas étaient devenues obligatoires dans la rue et les femmes ne pouvaient pas se déplacer sans un chaperon, généralement un homme de leur famille.

Depuis leur reconquête du pouvoir et la prise de Kaboul le 15 août dernier, les talibans affirment avoir changé. Ils ont assuré à maintes reprises vouloir mettre en place un gouvernement « inclusif ». Mais leurs promesses ont été contredites mercredi par les déclarations, sur la BBC, du chef adjoint du bureau politique des talibans au Qatar. Interrogé sur le gouvernement à venir, qui pourrait être dévoilé vendredi, Sher Mohammad Abbas Stanekzai a notamment laissé entendre qu’il « pourrait ne pas y avoir » de femmes nommées ministres ou à des postes à responsabilité, mais uniquement à des échelons inférieurs. Une perspective inacceptable aux yeux des manifestantes à Hérat. « Nous regardons les informations, on ne voit aucune femme dans les réunions et les rencontres organisées par les talibans », pointe Mariam Ebram, une des manifestantes.

Moqueries talibanes

« Des pourparlers sont en cours pour former un gouvernement, mais ils ne parlent pas de la participation des femmes », renchérit Basira Taheri, une des organisatrices de la marche. « Nous voulons que les talibans tiennent des consultations avec nous. » Si les filles sont retournées à l’école à Hérat fin août, quelques jours seulement après l’effondrement des forces gouvernementales et des milices locales, la situation s’est dégradée avec la prise de Kaboul. De nombreuses femmes restent cloîtrées chez elles et n’osent plus s’aventurer dans la rue. « Même dans la ville, on ne voit pas beaucoup de femmes », rapporte Mariam Ebram. « Des médecins ou des infirmières qui ont osé retourner au travail se plaignent que les talibans se moquent d’elles. »

Pour l’ancienne ministre Nehan Nargis, réfugiée en Norvège, l’Afghanistan de 2021 n’a plus rien à voir avec l’Afghanistan de 2001, lorsque les talibans ont quitté le pouvoir, chassés par une coalition menée par les États-Unis. « Les gens sont beaucoup plus conscients, ils ont maintenant des aspirations différentes pour l’Afghanistan, et ils ont des attentes vis-à-vis du gouvernement », a-t-elle déclaré sur la BBC mercredi soir, pointant l’importance des réseaux sociaux, un « outil très puissant » de mobilisation. À Hérat, les manifestantes promettent de continuer à battre le pavé jusqu’à ce que leurs revendications soient entendues. « Nous continuerons nos manifestations, assure Basira Taheri. Elles ont commencé à Hérat, elles s’étendront bientôt à d’autres provinces. »

Par Le Point avec AFP

Anti-pass sanitaire : près de 160 000 manifestants en France

août 28, 2021

La mobilisation contre le pass sanitaire continue de s’essouffler, ce samedi 28 août. Le ministère de l’Intérieur a recensé 222 actions en France.

A 19h00, le ministere avait recense 222 actions sur l'ensemble du territoire.
À 19h00, le ministère avait recensé 222 actions sur l’ensemble du territoire.© Julien Mattia / Le Pictorium / MAXPPP / Le Pictorium/Maxppp

Pour ce septième week-end consécutif, 159 484 opposants au pass sanitaire, dont 14 500 à Paris, ont battu le pavé, ce samedi 28 août. La mobilisation est de nouveau en baisse, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur. À 19h00, le ministère avait recensé 222 actions sur l’ensemble de la France. Le collectif militant Le Nombre jaune, qui publie un décompte ville par ville, a recensé dans sa « première estimation » au moins 319 290 manifestants en France, contre 357 100 il y a une semaine. Outre les quatre défilés parisiens, les manifestations les plus importantes ont eu lieu à Montpellier (9 500 personnes) et Mulhouse (5 000). Selon les préfectures, ils étaient également 4 000 à Toulon et Annecy, 3 000 à Marseille ou 2 500 à Lyon.

« Le vaccin n’est pas la solution », clame Hélène Vierondeels, retraitée de l’Éducation nationale au milieu du cortège parisien réuni par les Patriotes de Florian Philippot. « Il faudrait plutôt arrêter de fermer les lits d’hôpitaux, poursuivre les gestes barrières », a-t-elle poursuivi. À quelques jours de la rentrée scolaire, de nombreux manifestants bordelais ont redit leur refus de la vaccination des enfants. « On n’est pas des rats de laboratoire », a dit à l’Agence France-Presse un garçon de 11 ans venu avec son père de 46 ans. « On veut vivre dans un pays libre, il n’y a aucun chiffre qui justifie que l’on vaccine en masse », a dénoncé son père en assimilant la vaccination à rien de moins qu’un « viol ».

« Les dernières réticences sont en train de tomber face au succès du pass sanitaire »

Depuis juillet, des centaines de milliers de personnes de tous horizons – ex-« gilets jaunes », militants « antivax », tenants des théories du complot ou simples opposants à Emmanuel Macron – battent chaque samedi le pavé pour dénoncer vaccins et pass sanitaires. Elles se sont déroulées sans incident notable jusque-là, hormis quelques rares jets de grenades lacrymogènes et interpellations.

Interrogé sur la contestation, le ministre de la Santé Olivier Véran a assuré cette semaine que « les dernières réticences sont en train de tomber face au succès du pass sanitaire ». Ce dispositif, à présenter obligatoirement dans les bars, restaurants, transports longue distance ou encore hôpitaux, pourrait être prolongé au-delà du 15 novembre, la limite fixée par la loi, « si le covid ne disparaissait pas de nos vies », a averti Olivier Véran.

71 % de la population a reçu une première dose de vaccin anti-covid

Depuis le 16 août, le pass sanitaire s’applique aussi dans de nombreux centres commerciaux. À partir de lundi, il s’imposera aux salariés des lieux où il est demandé aux clients. Les employés refusant de le présenter pourront voir leurs contrats de travail suspendus. « J’ai déjà été convoquée par la direction, je ne sais pas ce que je vais faire, car d’un côté je suis radicalement opposée à me faire vacciner, et d’un autre côté je risque de perdre mon boulot, j’ai une petite fille à nourrir », a confié à Toulouse Nancy Peschtel, éducatrice spécialisée dans un hôpital de jour et soumise à la vaccination obligatoire.

« Le pass sanitaire ne devrait pas exister dans une démocratie », s’est pour sa part insurgé à Lille Marc, un informaticien de 43 ans, qui a confié avoir reçu lui-même une première dose. Selon les derniers chiffres du ministère de la Santé, plus de 48 millions de Français (71 % de la population) ont reçu au moins une injection et 42,7 millions les deux doses prescrites.

Par Le Point avec AFP

France-Manifestations antipass sanitaire : des affrontements à Montpellier

août 21, 2021

Des débordements ont eu lieu dans plusieurs villes françaises. À Montpellier, plusieurs personnes ont été blessées, rapporte France Bleu.

A Montpellier, des centaines de personnes manifestent contre le pass sanitaire, samedi 7 aout.
À Montpellier, des centaines de personnes manifestent contre le pass sanitaire, samedi 7 août.© Giacomo Italiano / MAXPPP

En ce sixième samedi consécutif de mobilisation contre le pass sanitaire, des débordements ont été rapportés dans plusieurs villes françaises, notamment à Montpellier, où 9 500 personnes ont battu le pavé, selon la préfecture. Une violente bagarre a éclaté entre des militants de la Ligue du Midi, un mouvement d’extrême droite, et des antifascistes, samedi 21 août, révèle France Bleu Hérault. Plusieurs personnes ont été blessées, dont une à la tête.

Alors que la manifestation s’est majoritairement déroulée dans le calme, des activistes antifas, pour certains vêtus de noir et cagoulés, ont remonté le cortège et se sont placés à l’avant. Un déplacement qui a provoqué des tensions. Le mouvement régionaliste d’extrême droite, la Ligue du Midi, a ainsi tenté de s’interposer, alors que d’autres manifestants appelaient les deux groupes au calme. Des insultes ont alors fusé et des canettes de bière, des bouteilles en verre, ainsi que des planches de bois ont été jetées par les deux groupes. Plusieurs personnes ont été blessées dans ces affrontements.

La façade du journal L’Indépendant pris pour cible

À Perpignan, de nombreux manifestants se sont également mobilisés, samedi, pour clamer leur colère contre le pass sanitaire. C’est ainsi que le siège du journal L’Indépendant a été pris pour cible en début d’après-midi, rapporte France Bleu Roussillon. Des centaines de manifestants se sont arrêtés devant les bureaux du journal et ont jeté des exemplaires sur la façade, en huant. Vers 15 h 15, les opposants au pass sanitaire ont également hué avec véhémence le Conseil départemental de l’Ordre des médecins. Pendant la mobilisation, des manifestants ont aussi brandi des pancartes antisémites, où il était notamment écrit « Qui ? », un slogan déjà vu à plusieurs reprises depuis le début des manifestations antipass.

À Toulouse, la police a également fait usage de gaz lacrymogène. Dans la capitale, où 14 700 personnes se sont mobilisées, un dispositif important de gendarmes a été mis en place pour éviter les débordements. La police a par ailleurs demandé aux manifestants d’évacuer le boulevard Saint-Michel.

Par Le Point

Canada: Des milliers de manifestants protestent contre le passeport vaccinal au Québec

août 14, 2021

Plusieurs milliers de personnes ont défilé dans les rues de Montréal samedi après-midi dans les rues de Montréal pour protester bruyamment contre l’instauration d’un passeport vaccinal au Québec, imposé par le gouvernement Legault.

L’événement est organisé par Québec Debout qui était derrière une manifestation contre les mesures sanitaires en mai dernier.

© Jacques Nadeau Le Devoir

L’événement est organisé par Québec Debout qui était derrière une manifestation contre les mesures sanitaires en mai dernier.

Le signal de départ a été donné vers 14 h devant le 100, René-Lévesque Ouest, près des bureaux de Santé Canada. Les manifestants ont ensuite entamé une longue marche sur l’artère routière avant d’emprunter notamment les rues Guy et Sherbrooke sous la supervision de policiers du SPVM, qui avait été informé en amont de l’itinéraire de cette marche. Celle-ci doit prendre fin en début de soirée à la Place des Festivals avec une série d’allocutions.

L’événement est organisé par Québec Debout, qui était derrière une manifestation contre les mesures sanitaires en mai dernier dans le secteur du Stade olympique. Sur la page Facebook de l’événement, les organisateurs ont décrit le passeport vaccinal comme « un préjudice sans précédent pour la population » qui « est fortement discriminatoire ».

« Liberté ! » scandent d’ailleurs les manifestants, qui regroupent des personnes de tous âges allant des couples de personnes âgées aux jeunes familles avec enfants. « Coalition asservir Québec » et « Non au passeport sanitaire » sont quelques-unes des formulations que l’on peut lire sur les nombreuses affiches brandies au travers des drapeaux du Québec et des Patriotes dans cette foule dense, où le port du masque est l’exception plutôt que la règle.

« On veut revenir à notre liberté […] On ne veut pas d’une deuxième Chine », lance au Devoir une manifestante, Francine, qui a pris part à cette marche sous un soleil de plomb en compagnie de son fils, Gabriel. Tous deux se disent sceptiques quant à l’efficacité des vaccins contre la COVID-19, qui ont pourtant permis de limiter la hausse du nombre d’hospitalisations et de décès reliés à la maladie au Québec dans les derniers mois.

À compter du 1er septembre, seules les personnes doublement vaccinées pourront accéder à certains services non essentiels – comme les bars, les restaurants et les salles d’entraînement – en montrant leur code QR numérique prouvant qu’elles ont bien reçu les deux doses requises devant les protéger contre le virus de la COVID-19.

Des manifestants rencontrés par Le Devoir ont ainsi fait valoir que la mise en place d’un passeport sanitaire représente une atteinte à leurs libertés, puisque ceux-ci refusent de se faire vacciner. Pour le gouvernement du Québec, cependant, cet outil vise à limiter les répercussions sociales et économiques de la quatrième vague de la pandémie, en permettant à la majorité de la population, déjà entièrement vaccinée, de continuer à bénéficier d’une certaine normalité pendant la crise sanitaire.

Le gouvernement fédéral a par ailleurs annoncé cette semaine qu’il imposera la vaccination contre la COVID-19 à tous ses fonctionnaires. « Comment peut-on obliger quelqu’un à se faire vacciner ? » s’insurge Alex, qui affirme avoir quitté un poste dans la fonction publique fédérale dans les derniers mois en raison du port du masque obligatoire dans son lieu de travail.

« Une mesure discriminatoire »

Les manifestants étaient par ailleurs nombreux samedi à brandir des affiches montrant le visage de Maxime Bernier, le chef du Parti populaire du Canada (PPC), qui était présent à la tête de cette marche, entouré de gardes du corps et de nombreux partisans de sa formation, qui se fait l’apôtre du « libre choix ».

« C’est une mesure discriminatoire, injuste et inconstitutionnelle », a lancé M. Bernier au sujet du passeport vaccinal, lorsque rencontré dans la foule. Il n’hésite pas à dire qu’il n’a pas été vacciné, sans toutefois inciter ses partisans à suivre son exemple.

« On n’est pas un pays où on doit brimer les droits des gens […] Tous les Québécois ont le droit de faire ce qu’ils veulent, que ce soit d’aller au gym, au restaurant ou quoi que ce soit. Ce sont des mesures qu’on voit dans les pays communistes et j’espère bien qu’on va avoir un débat au Québec par rapport à ça », a-t-il renchéri. Le passeport sanitaire est néanmoins une mesure qui gagne du terrain dans plusieurs pays à travers le monde, dans un effort de lutte contre la pandémie de COVID-19.

Un premier projet pilote a eu lieu les 11 et 12 août dans un restaurant de Québec afin de tester l’efficacité du passeport. Deux autres établissements, soit un restaurant et une salle de gym du Grand Montréal, se prêteront également à l’exercice au cours de la semaine prochaine.

Pendant ce temps, la vaccination contre la COVID-19 s’accélère au Québec. Samedi, le ministre de la Santé, Christian Dubé, a fait état d’environ 55 820 doses administrées dans les dernières 24 heures, contre une moyenne quotidienne de 43 307 personnes vaccinées au cours des sept derniers jours.

« Il faut profiter des prochains jours pour aller chercher ses 2 doses et ainsi être le plus possible à l’abri des variants à l’automne », a insisté M. Dubé samedi, dans un message Twitter, au moment où le dernier bilan fait état de 433 nouveaux cas de COVID-19 et d’un décès supplémentaire.

Jusqu’à maintenant, 74,5 % de la population québécoise a reçu au moins une dose d’un vaccin contre la COVID-19, tandis que 63 % des Québécois ont reçu deux doses.

Le Devoir  par Zacharie Goudreault avec La Presse canadienne

Canada-Québec: Manifestation contre le passeport sanitaire – Montréal – 2021-08-14

août 14, 2021

Avec Demonbalconmontreal