Posts Tagged ‘Manifestations’

Marche interdite en RDC: la police met en garde contre tout « trouble à l’ordre public »

janvier 20, 2018

Kinshasa – La police congolaise a mis en garde contre tout trouble « à l’ordre public » à Kinshasa, samedi, à la veille d’une marche interdite contre le maintien du président Joseph Kabila à la tête de la République démocratique du Congo.

« Il va sans dire qu’aucune action ou tentative visant à troubler l’ordre public ne sera tolérée sur toute l’étendue de la ville de Kinshasa », a prévenu le commissaire provincial Sylvano Kasongo dans un communiqué de presse.

« Demain (dimanche), nous allons nous déployer pour empêcher toute marche dans la ville de Kinshasa », a-t-il indiqué à l’AFP.

En soirée, la police avait allégé les points de contrôle qu’elle avait installés dans l’après-midi sur les grands axes en centre-ville.

Les autorités de Kinshasa ont indiqué vendredi qu’elles interdisaient la marche à l’appel d’un collectif catholique dimanche à la sortie de la messe dans les quelque 160 paroisses de la capitale.

Des appels ont été lancés dans d’autres villes congolaises.

Le 31 décembre, la dispersion d’une première « marche pacifique » avait fait six morts, dont cinq à Kinshasa, d’après les Nations unies et la nonciature apostolique. Les autorités affirment qu’il n’y avait eu aucune victime.

Les organisateurs du « comité laïc de coordination » demandent au président Kabila de déclarer publiquement qu’il a l’intention de quitter le pouvoir, ainsi que le respect d’un accord politique majorité-opposition signé fin 2016.

Romandie.com avec(©AFP / 20 janvier 2018 21h38)                                            

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États-Unis: manifestations géantes pour la 2e « Marche des femmes » anti-Trump

janvier 20, 2018

Des manifestants réunis pour la « Marche des femmes » à Washington le 20 janvier 2018 / © AFP / Andrew CABALLERO-REYNOLDS

Manifestations géantes dans les grandes villes américaines et retour des bonnets roses: la Marche des femmes, qui avait défié Donald Trump il y a un an, a fait un retour en force samedi, portée par le mouvement #Metoo et les élections de novembre prochain.

Il n’y avait pas de chiffre global pour ces rassemblements organisés dans les grandes villes américaines, dont Washington, Philadelphie, Boston ou Denver, pour beaucoup des bastions démocrates qui ont voté contre Trump en novembre 2016.

La plus importante manifestation a eu lieu à Los Angeles, deuxième ville du pays, avec quelque 500.000 manifestants, selon le maire démocrate Eric Garcetti. A New York, la police a estimé la foule rassemblée sur plusieurs dizaines de pâtés de maisons le long de Central Park à 200.000 personnes. Beaucoup étaient coiffées des bonnets roses emblématiques de la marche anti-Trump de l’an dernier, qui avait selon le Washington Post rassemblé plus de 3 millions de personnes à travers le pays.

Dans plusieurs villes, soleil et stars étaient au rendez-vous: le réalisateur Rob Reiner a dénoncé depuis la Californie un président « raciste » et « sexiste », tandis que les actrices Whoopi Goldberg à New York et Natalie Portman à Los Angeles exprimaient un soutien plus global au mouvement anti-harcèlement sexuel #Metoo.

Appelant à « une révolution du désir », Natalie Portman a galvanisé les manifestants en soulignant que « l’an dernier, nous parlions du début d’une révolution (…) Aujourd’hui, grâce à vous, la révolution est en marche! »

Heather Arndt, 44 ans, une artiste qui manifestait à Los Angeles, s’est indignée que Donald Trump ait pu être élu malgré « la façon dont il a traité les femmes ». « Je veux qu’il sache que nous formons une force puissante et qu’on va changer ça », a-t-elle déclaré.

Au festival de cinéma de Sundance, dans l’Utah, les manifestants emmenés par Jane Fonda ont aussi bravé le froid et la neige pour manifester.

Au-delà du #Metoo, les pancartes brandies par les manifestants, qui défilaient dans une ambiance détendue, souvent avec enfants et amis, reflétaient les multiples raisons de leur opposition à l’administration Trump: du durcissement de la politique migratoire aux menaces pesant sur le droit à l’avortement en passant par des accusations d’incompétence.

« Par où commencer? Il y a trop de choses qui ne vont pas, je ne peux pas choisir », a déclaré LeighAnn Ferrara, une mère de 35 ans, quant aux raisons qui l’ont poussée à venir manifester avec deux voisines depuis le nord de l’Etat de New York. Toutes avaient ressorti les bonnets roses tricotés pour la marche de l’an dernier, malgré un temps doux et ensoleillé.

Alors que les manifestants dénonçaient en masse les politiques de l’administration Trump un an exactement après son arrivée au pouvoir, le président américain a tâché de présenter les choses à son avantage.

Dans un tweet, il a encouragé à défiler pour « célébrer les réussites historiques et les succès économiques sans précédent des 12 derniers mois » en ajoutant: « Taux de chômage féminin au plus bas depuis 18 ans! ».

Au moins un manifestant à New York, Dion Cini, a indiqué manifester « pour soutenir le président » et « le premier anniversaire de la renaissance des Etats-Unis grâce à sa victoire ».

– ‘Elan formidable’ –

Mais à quelques exceptions près, la foule était massivement hostile au locataire de la Maison Blanche et déterminée à se mobiliser pour les élections de mi-mandat de novembre prochain, lorsque les démocrates espèrent ravir aux républicains la majorité du Congrès.

« La marche de l’an dernier avait déjà dépassé les attentes (…) A l’approche des élections de mi-mandat, je trouve que nous avons un élan formidable », s’est réjouie Vitessa Del Prete, 51 ans, une ex-militaire qui manifestait à Washington avec sa fille de 14 ans, vêtues en « Wonder Woman » et « Superwoman ».

« L’objectif du jour est d’enregistrer des centaines de milliers d’électeurs à travers les Etats-Unis », a aussi affirmé Marion Novack, 71 ans, qui appelait au milieu du cortège new-yorkais à s’inscrire rapidement sur les listes électorales.

La Women’s March a d’ailleurs appelé dimanche à un nouveau rassemblement à Las Vegas, dans l’Etat du Nevada (ouest), dont elle espère faire un exemple de bataille réussie pour la reconquête du Congrès.

D’autres manifestations sont prévues dimanche par les organisatrices, dans quelques villes américaines mais aussi européennes, notamment à Berlin.

Romandie.com avec(©AFP / 21 janvier 2018 01h15)                

La Tunisie, sous tension, marque le 7e anniversaire de sa révolution

janvier 14, 2018

Des Tunisiens manifestent devant le siège du puissant syndicat UGTT à Tunis à l’occasion du 7e anniversaire de la révolution, le 14 janvier 2018 / © AFP / Anis MILI

La Tunisie a marqué dimanche le septième anniversaire de sa révolution dans un contexte de vive tension sociale, comme en témoignent de récents troubles, en raison de la persistance des maux -pauvreté, chômage, corruption- à l’origine de la chute de la dictature.

Sur l’avenue Bourguiba dans le centre de Tunis, l’un des lieux emblématiques du soulèvement qui fut le point de départ des révoltes arabes, plusieurs centaines de personnes ont manifesté par groupes séparés à l’appel de partis et de syndicats, pour marquer l’anniversaire de la chute de Zine El Abidine Ben Ali après 23 ans de règne sans partage.

Des membres du collectif citoyen « Manich Msamah » (« Je ne pardonnerai pas ») ont défilé en brandissant les photos de « martyrs » de la révolution. Un peu plus loin, des jeunes manifestaient pour l’emploi, tandis que des membres du parti islamiste Ennahdha se succédaient sur un grand podium.

L’avenue a été placée sous très haute sécurité et les arrivants étaient soumis à des fouilles.

L’ambiance, généralement bon enfant, n’occultait toutefois pas une grogne sociale persistante, qui a récemment refait surface dans l’ultime pays rescapé du Printemps arabe.

Sept ans après le départ de Ben Ali, qui vit en exil en Arabie saoudite, nombre de Tunisiens estiment avoir gagné en liberté mais perdu en niveau de vie.

Malgré le succès relatif de sa transition démocratique, la Tunisie ne parvient en effet pas à s’extirper de la morosité économique et sociale. La semaine dernière, des manifestations pacifiques et des émeutes nocturnes ont secoué plusieurs villes.

– ‘Couffin vide’ –

Alimentée par un chômage persistant, la grogne a été exacerbée par des hausses d’impôts prévues dans le budget 2018, grignotant un pouvoir d’achat déjà éprouvé par une inflation en hausse (plus de 6% fin 2017).

Les protestataires réclament la révision du budget voté en décembre mais aussi une lutte plus efficace contre la corruption, autre fléau persistant.

Devant le siège du puissant syndicat UGTT, une foule a exprimé ce vif mécontentement, à l’image de Foued El Arbi, brandissant un couffin vide avec la mention « 2018 ».

« Ce couffin vide résume notre situation médiocre sept ans après la révolution », a fustigé ce professeur de philosophie.

« Nous protestons contre cette loi de finances (…) qui détruit le pouvoir d’achat de la majorité des Tunisiens et sert les intérêts des corrompus et des pilleurs », a de son côté dit à l’AFP Hamma Hammami, le porte-parole du Front populaire, qui défilait sur l’avenue Bourguiba.

Cette coalition de partis de gauche a été accusée par le chef du gouvernement Youssef Chahed d’être responsable des derniers troubles, lors desquels quelque 803 personnes soupçonnées de violence, de vol et de pillage ont été arrêtées, selon le ministère de l’Intérieur.

Le président Béji Caïd Essebsi s’est, lui, rendu dans le quartier populaire d’Ettadhamen, en banlieue de Tunis, où des heurts nocturnes ont opposé des jeunes contestataires aux forces de sécurité la semaine passée.

« Cette année nous allons commencer à nous occuper des jeunes », a assuré M. Essebsi en inaugurant un complexe culturel destiné à la jeunesse.

« La révolution de la liberté et de la dignité (…) a essentiellement été menée par les jeunes » et « il faut que nous nous occupions (…) de ce quartier populaire et défavorisé », a-t-il ajouté.

Mais plusieurs habitants venus pour tenter -en vain- de présenter leurs doléances au président ont exprimé leur frustration.

« Je n’ai pas de quoi acheter un yaourt! », s’époumone en larmes Souad, 40 ans, devant une haie de policiers et de gendarmes. « Il dit qu’il va nous aider et puis il repart dans son palais », lance amèrement Mouna, une lycéenne.

– ‘Libres, mais affamés’ –

La révolution tunisienne avait été déclenchée par l’immolation par le feu le 17 décembre 2010 à Sidi Bouzid -une ville dans l’arrière-pays déshérité- du vendeur ambulant Mohamed Bouazizi, excédé par la pauvreté et les humiliations policières. Sous la pression populaire, Ben Ali avait pris la fuite le 14 janvier. Ce soulèvement a fait 338 morts.

Pour la politologue Olfa Lamloum, les troubles sociaux des derniers jours « révèlent une colère portée par les mêmes (personnes) qui s’étaient mobilisées en 2011 et n’ont rien obtenu ».

« Cela fait sept ans qu’on ne voit rien venir. On a eu la liberté, c’est vrai, mais nous sommes plus affamés qu’avant », a résumé Walid, un chômeur de 38 ans rencontré à Tebourba, près de Tunis, un des fiefs de la contestation actuelle.

Le mouvement social a été lancé début janvier à l’appel de « Fech Nestannew » (« Qu’est-ce qu’on attend? »), dont les instigateurs, issus de la société civile, réclament davantage de justice sociale.

En difficulté financière, notamment après la crise du secteur touristique liée à une série d’attentats jihadistes en 2015, la Tunisie a obtenu un prêt de 2,4 milliards d’euros sur quatre ans du Fonds monétaire international (FMI). En échange, elle s’est engagée à une réduction de son déficit public et à des réformes économiques.

Le gouvernement a promis un plan d’action social qui doit toucher plus de 120.000 bénéficiaires. Il coûtera plus de 70 millions de dinars (23,5 millions d’euros), selon les autorités.

Il prévoit une aide à l’accès à la propriété pour les familles pauvres, des mesures visant à assurer « une couverture médicale pour tous » et une augmentation de l’allocation sociale en faveur des familles nécessiteuses.

Romandie.com avec(©AFP / 14 janvier 2018 14h49)                

Afrique du Sud: manifestations contre une publicité jugée « raciste » de H&M

janvier 13, 2018

Un magasin H&M fermé après une intrusion par des militants des Combattants économiques de la liberté (EFF, gauche radicale), en signe de protestation contre une publicité de la marque, à Johannesbourg, le 13 janvier 2018 / © AFP / WIKUS DE WET

La police sud-africaine est intervenue samedi à Johannesburg pour disperser des manifestants qui dénonçaient une publicité jugée « raciste », aujourd’hui retirée, de l’enseigne de vêtements H&M.

Plusieurs dizaines de militants des Combattants économiques de la liberté (EFF, gauche radicale) ont défilé dans la matinée devant des magasins de la marque dans plusieurs centres commerciaux de l’agglomération, a rapporté un photographe de l’AFP.

« Dans le centre commercial de East Rand, des manifestants ont réussi à entrer dans un magasin et y ont volé des articles. (La police) a dû intervenir et disperser les manifestants en tirant des balles en caoutchouc », a tweeté la police.

La dernière campagne de promotion de H&M comportait une photo montrait un enfant noir portant un sweat-shirt recouvert de l’inscription : « Coolest monkey in the jungle » (« Le singe le plus cool de la jungle »).

Le groupe a annoncé lundi le retrait de cette photo, qui a provoqué un tollé sur les réseaux sociaux, et présenté des excuses.

L’un des chefs des EFF, Floyd Shivambu, a justifié les actions de protestation de ses troupes. « Cette ineptie de magasin de vêtements @hm doit accepter les conséquences de son racisme », a-t-il jugé sur Twitter.

« Tous les gens censés seront d’accord pour que cette enseigne ne soit plus autorisée en Afrique du Sud. Bravo aux militants des EFF qui ont affronté physiquement le racisme », a-t-il ajouté.

Ce n’est pas la première fois qu’une grande marque est mise en cause de la sorte.

En octobre dernier, la marque de cosmétiques Dove avait été aussi accusée de racisme pour une publicité montrant une femme noire enlevant un tee-shirt pour laisser apparaître une femme blanche et rousse, qui elle-même enlevait son tee-shirt pour laisser apparaître une troisième femme brune au teint mat.

Romandie.com avec(©AFP / 13 janvier 2018 16h14)                

Palestiniens : manifestations contre le clergé à l’occasion du Noël orthodoxe

janvier 6, 2018

Des Palestiniens protestent contre le convoi du Patriarche grec orthodoxe de Jérusalem Théophile III à Bethléem, en Cisjordanie occupée, le 6 janvier 2018, avant les célébrations de Noël. / © AFP / Musa AL SHAER

Des Palestiniens ont manifesté samedi à Bethléem, en Cisjordanie occupée, pour protester contre la vente par l’Église grecque-orthodoxe de biens fonciers à Israël, à l’occasion du Noël orthodoxe que les chrétiens de tradition orientale fêtent dimanche.

Les municipalités de Bethléem et celles voisines de Beit Sahour et Beit Jala, toutes en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par l’armée israélienne depuis 50 ans, ont appelé au boycott des célébrations de Noël.

Le Patriarcat grec-orthodoxe de Jérusalem a souvent été accusé par les Palestiniens de vendre ou louer ses biens fonciers à Israël.

Les manifestants ont tenté samedi de bloquer le convoi du Patriarche grec-orthodoxe, Théophile III de Jérusalem, qui se rendait à l’église de la Nativité à l’occasion des célébrations de Noël.

Des affrontements ont opposé manifestants et forces de sécurité palestiniennes mais le patriarche a pu rejoindre en toute sécurité l’église de la Nativité, construite à l’endroit où le Christ est né selon la tradition biblique, pour la traditionnelle veillée de Noël.

Le président palestinien Mahmoud Abbas doit assister à la messe de minuit célébrée samedi soir par le patriarche, a indiqué son bureau à l’AFP.

Les municipalités ont appelé au boycott par les fidèles des célébrations pour protester contre la vente controversée de biens fonciers de l’Église grecque-orthodoxe à des groupes oeuvrant à la colonisation israélienne à Jérusalem-Est, partie palestinienne de la ville sainte occupée et annexée par Israël.

Le patriarche a été accueilli dans l’église par des responsables palestiniens, notamment le gouverneur de Bethléem Jibrine Bakri, a indiqué l’agence officielle WAFA.

– ‘La pratique continue’ –

Le maire de la ville chrétienne de Beit Jala, a réclamé la mise à l’écart du patriarche.

« Notre action aujourd’hui vise à protester contre le patriarche en raison de la vente de terres de (l’Eglise) orthodoxe », a précisé le maire Nicola Khamis à l’AFP.

En 2004, trois entreprises liées à l’association juive israélienne Ateret Cohanim, oeuvrant pour la colonisation juive de Jérusalem-Est, ont acquis dans le cadre d’un bail emphytéotique trois bâtiments de l’Eglise grecque-orthodoxe dont l’hôtel Petra et l’Imperial Hotel ainsi qu’un immeuble résidentiel dans la Vieille ville de Jérusalem dans le secteur de la Porte de Jaffa.

Ces acquisitions avaient provoqué la colère parmi les Palestiniens, qui considèrent Jérusalem-Est comme la capitale de l’Etat auquel ils aspirent, et entraîné la destitution en 2005 du patriarche Irénéos Ier, prédécesseur de Théophile III.

Mais selon M. Khamis, la pratique continue.

« Théophile III a ignoré toutes (nos) demandes et continué à vendre cette terre en dépit de l’opposition de la majorité (des chrétiens) », a-t-il dit.

En août, le patriarche avait lui-même dénoncé une décision de la justice israélienne donnant le droit à Ateret Cohanim d’acquérir les biens appartenant à l’Église.

Il avait assuré que l’Église ferait appel devant la Cour suprême israélienne de ce jugement qu’elle considère « partial » et « politique ».

L’Église avait engagé des poursuites contre Ateret Cohanim, affirmant que ces acquisitions avaient été conclues illégalement et sans son autorisation. La bataille en justice a duré plusieurs années et le jugement rendu en août était le dernier rebondissement de longs démêlés politico-religieux et financiers qu’a connus le Patriarcat grec-orthodoxe de Jérusalem.

L’Église grecque orthodoxe compte près de 200 millions de membres à travers le monde. Ses fidèles en Israël et dans les Territoires palestiniens sont estimés à quelque 90.000 et elle constitue la principale communauté chrétienne en Terre sainte.

Romandie.com avec(©AFP / 06 janvier 2018 17h03)                

Manifestations d’une caste indienne défavorisée à Bombay

janvier 3, 2018

Des policiers lors de la manifestation de la caste défavorisée des dalits contre les violences à Mumbai, en Inde, le 3 janvier 2018 / © AFP / PUNIT PARANJPE

Des manifestants membres de la caste des dalits, la moins considérée en Inde, ont bloqué des routes et des voies ferrées à Bombay mercredi pour dénoncer des violences commises par des groupes nationalistes hindous lors de la commémoration d’une bataille lundi.

Des membres de la communauté dalit (autrefois appelée « intouchable ») ont barré des routes, endommagé des bus et investi des voies ferrées, perturbant le trafic ferroviaire, moyen de transport vital pour la capitale financière de l’Inde.

Les manifestations sont une réaction aux violences qui ont éclaté lundi lors d’une commémoration dans un village près de Pune (Maharastra), à environ 150 km de Bombay, et qui ont fait un mort.

Des dalits s’étaient rassemblés pour célébrer l’anniversaire de la bataille de Bhima-Koregaon en 1818, durant laquelle la communauté avait aidé les forces coloniales britanniques à vaincre la caste « supérieure » des Peshwas.

Les représentants des dalits ont accusé les nationalistes hindous d’avoir provoqué les affrontements de lundi qui se sont propagés à d’autres localités de l’Etat de Maharashtra, dont Bombay est la capitale.

Le gouvernement fédéral a ordonné une enquête judiciaire sur ces affrontements. La police de Bombay a indiqué de son côté avoir arrêté plus de 100 manifestants.

Des représentants politiques ont appelé mercredi à la fin des violences.

« Il y a une tentative de diviser la société que nous devons contrecarrer en restant unis », a déclaré Neelam Gorhe, porte-parole du parti nationaliste hindou Shiv Sena.

Si la Constitution de l’Inde indépendante a officiellement aboli la discrimination de caste, elle reste dans les faits une réalité. Les 200 millions de dalits sont souvent cantonnés à des métiers ingrats, car jugés « impurs », comme le nettoyage d’excréments ou la prise en charge de cadavres d’animaux.

Les hautes castes constituent traditionnellement l’assise électorale du Bharatiya Janata Party (BJP, au pouvoir à New Delhi), mais les nationalistes hindous courtisent les votes de la communauté dalit pour élargir leur base.

Le président indien, Ram Nath Kovind, un dalit, a été élu en juillet après avoir été adoubé par le Premier ministre Narendra Modi, membre du BJP.

Romandie.com avec(©AFP / 03 janvier 2018 15h36

L’Iran limite l’accès aux réseaux sociaux, eux manifestants tués

décembre 31, 2017

Une Iranienne lève le poing dans la fumée des gaz lacrymogènes lors d’une manifestation à Téhéran, le 30 décembre 2017 / © AFP / STR

L’Iran a averti dimanche que les manifestants antigouvernementaux allaient « payer le prix » et a limité l’accès aux réseaux sociaux pour tenter d’empêcher de nouvelles protestations, après trois jours de contestation durant lesquelles deux personnes ont été tuées.

Des vidéos publiées sur les réseaux sociaux ont montré des milliers de personnes défilant à travers l’Iran dans la nuit contre les difficultés économiques et le pouvoir. Les médias officiels ont aussi diffusé des vidéos de manifestations en présentant comme des « contre-révolutionnaires » ceux qui brûlent des drapeaux iraniens ou attaquent des biens publics.

Il s’agit des plus importantes manifestations depuis le mouvement de contestation contre la réélection de l’ex-président ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad en 2009, qui avait été violemment réprimé.

« Ceux qui détruisent les biens publics, créent du désordre et agissent dans l’illégalité doivent répondre de leurs actes et payer le prix. Nous agirons contre ceux qui provoquent la terreur », a averti le ministre de l’Intérieur Abdolreza Rahmani Fazli, en faisant la distinction entre « ceux qui ont des revendications légitimes » et « les contre-révolutionnaires ».

Les manifestations ont éclaté jeudi à Machhad, la deuxième ville du pays avant de prendre de l’ampleur et de toucher de nombreuses autres cités vendredi et samedi. Mais dimanche en fin d’après-midi, les médias et les réseaux sociaux n’avaient rapporté aucune nouvelle manifestation antigouvernementale.

Et pour tenter de les empêcher, « les hauts responsables chargés de la sécurité ont décidé de bloquer provisoirement Telegram et Instagram », a affirmé le site de la télévision d’Etat.

Les autorités accusent des groupes « contre-révolutionnaires » basés à l’étranger d’utiliser les réseaux sociaux, en particulier Telegram, pour appeler les gens à manifester et faire usage de cocktails Molotov et d’armes à feu.

Samedi, deux manifestants ont été tués à Doroud (ouest), a dit un responsable local, Habibollah Khojastehpour, en assurant que les policiers n’avaient pas tiré sur les protestataires. « Notre objectif était de mettre fin pacifiquement aux protestations mais en raison de la présence de certains individus et groupes, deux personnes ont été tuées ».

Selon un canal Telegram des Gardiens de la révolution, armée d’élite du régime, « des gens armés se sont infiltrés parmi les protestataires et ont tiré à l’aveuglette sur les citoyens ».

– Silence Khamenei et Rohani –

Selon l’agence Ilna, 80 personnes ont été arrêtées à Arak (centre) durant les manifestations alors qu’au moins trois personnes ont été blessées samedi. Des individus ont tenté d’attaquer des bâtiments publics.

Ni le numéro un de la République islamique d’Iran, le guide suprême l’ayatollah Ali Khamenei, ni le président Hassan Rohani n’ont encore réagi publiquement depuis le début des troubles.

C’est la première fois qu’autant de villes sont touchées par un tel mouvement depuis 2009.

Mais le régime continue d’avoir un large soutien parmi la population, avec la mobilisation de dizaines de milliers de personnes samedi pour marquer l’anniversaire du rassemblement qui a mis fin à la contestation de 2009.

Et dimanche, des centaines d’étudiants ont manifesté à l’université de Téhéran pour soutenir le gouvernement tout en dénonçant « la corruption et la vie chère ».

Durant les manifestations des trois derniers jours, les Iraniens sont descendus dans la rue pour exprimer leur colère contre le chômage, la vie chère et les scandales financiers dans le pays, isolé et soumis pendant des années à des sanctions internationales pour ses activités nucléaires sensibles. Des slogans comme « Mort au dictateur » y ont été lancés.

« Ces protestations sont le fait d’une partie de la société frappée par les difficultés économiques majeures, notamment ceux qui ont perdu leur argent avec la faillite des établissements de crédit », estime Payam Parhiz, rédacteur en chef du réseau de média réformateur Nazar.

– Contestation limitée à Téhéran –

La contestation a été très limitée dans la capitale Téhéran. Une manifestation a eu lieu samedi à l’intérieur de l’université de Téhéran et une deuxième dans le quartier de l’université, où des centaines de personnes ont tenu tête aux forces de l’ordre avant d’être dispersées par des tirs de gaz lacrymogènes.

Des vidéos ont montré des manifestants attaquant une mairie à Téhéran, renversant une voiture de police et brûlant des poubelles.

« Des dégâts mineurs ont été causés aux services de la mairie », a déclaré le maire Mohammad-Ali Najafi.

Des médias conservateurs iraniens soutiennent que la majorité des appels à manifester viennent de l’étranger, d’Arabie saoudite, rivale régionale de l’Iran, ou de groupes d’opposition en exil.

Fustigeant à nouveau le régime iranien, bête noire des États-Unis, le président Donald Trump a écrit dimanche sur Twitter: « Grosses manifestations en Iran. Le peuple a finalement compris comment son argent et ses richesses sont volés et gaspillés sur le terrorisme. On dirait qu’il ne supporte plus. Les États-Unis surveillent de près en cas de violation des droits de l’Homme ».

Téhéran avait déjà rejeté une précédente critique de M. Trump, en disant n’accorder « aucune valeur » à ses déclarations.

Romandie.com avec(©AFP / 31 décembre 2017 15h01)                

Manifestations prorégime en Iran après deux jours de protestations

décembre 30, 2017

Des Iraniens manifestent en soutien au régime, brandissant notamment des portraits de l’ayatollah Ali Khamenei, le 18 février 2011 à Téhéran / © AFP/Archives / ATTA KENARE

Le régime en Iran a mobilisé samedi des dizaines de milliers de personnes dans les rues après deux jours de protestations contre le pouvoir et la vie chère, les plus importantes de ces dernières années dans le pays.

La télévision d’Etat diffusait en boucle samedi des images de ces manifestations officielles organisées dans de nombreuses villes du pays et prévues depuis plusieurs semaines.

Elles marquent en effet l’anniversaire du grand rassemblement prorégime qui avait sonné la fin du mouvement de protestation contre la réélection de l’ex-président ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad en 2009.

Les manifestants portaient notamment des pancartes avec des inscriptions « Mort à la sédition », en référence au mouvement de 2009.

Ces rassemblements officiels interviennent après deux jours de manifestations contre l’inflation et le chômage dans une dizaine de villes iraniennes, durant lesquelles certains protestataires ont scandé des slogans hostiles au pouvoir.

Samedi, les médias iraniens évoquaient ces protestations mais sans rentrer dans le détail ni publier des témoignages.

Le nombre des protestataires est resté limité à plusieurs centaines mais c’est la première fois depuis 2009 qu’autant de villes ont été touchées par de telles protestations sociales.

Elles avaient commencé jeudi à Machhad, deuxième ville du pays, où une cinquantaine de manifestants ont été arrêtés. Ces arrestations ont été fermement condamnées par l’administration américaine, qui a fait de Téhéran une de ses bêtes noires.

« Le gouvernement iranien devrait respecter leurs droits, notamment leur droit de s’exprimer. Le monde regarde », a tweeté le président américain Donald Trump au sujet des protestataires, avec le hashtag #IranProtests.

– ‘Signal d’alarme’ –

Des vidéos mises en ligne sur les réseaux sociaux ont montré des personnes manifestant vendredi dans la ville sainte de Qom (nord) en scandant notamment « Mort au dictateur » ou encore « Libérez les prisonniers politiques ».

Certains manifestants ont même scandé des slogans en faveur de la monarchie, renversée par la révolution islamique en 1979. D’autres ont demandé au régime d’abandonner son soutien à des mouvements régionaux alliés pour s’occuper de sa population.

Sur Telegram ou Instagram, réseaux sociaux largement utilisés en Iran, on pouvait voir des vidéos de manifestants dans les villes de Rasht (nord), Kermanshah (ouest), Hamedan (ouest) ou Qazvin (nord).

La police est intervenue dans certaines villes, notamment avec des canons à eau. Ailleurs, des officiers de police tentaient de calmer les gens.

Samedi, le quotidien réformateur Arman titrait en Une « Signal d’alarme pour tout le monde » alors que les appels se multipliaient pour appeler le gouvernement à prendre des mesures afin de régler les maux économiques du pays.

Le quotidien conservateur Javan parlait de « mouvement social » et reprenait une phrase du président Hassan Rohani affirmant que « les ennemis (de l’Iran) visaient le soutien populaire au régime » et cherchaient à créer des « divisions » entre les Iraniens.

Des voix se sont également élevées dans le camp conservateur pour dénoncer l’utilisation des protestations des deux derniers jours par des « contre-révolutionnaires ».

– ‘Totale surprise’ –

La promesse de relancer l’économie, affaiblie par des sanctions internationales, a été au coeur des campagnes présidentielles de M. Rohani, un religieux modéré réélu en mai pour un deuxième mandat.

S’il a pu parvenir à la levée de certaines sanctions économiques après l’accord international sur le nucléaire iranien de 2015 et qu’il a réussi à maîtriser l’inflation à environ 10%, le taux de chômage demeure élevé (12%) en Iran selon des chiffres officiels.

« C’est difficile de prédire si ces protestations vont continuer car elles ont été une totale surprise », a déclaré à l’AFP Payam Parhiz, le rédacteur en chef de la plate-forme Nazar (réformateur), présente sur des réseaux sociaux.

Hesamoddin Ashna, conseiller culturel du président Rohani, a estimé sur Twitter que « le pays faisait face à des défis importants avec le chômage, l’inflation, la corruption, le manque d’eau et les disparités sociales ».

« Les gens ont le droit d’être entendu », a-t-il ajouté.

Des conservateurs ont de leur côté appelé le gouvernement à mieux s’occuper des problèmes quotidiens des Iraniens.

« Le peuple, en particulier les petites gens, est sous pression. Le règlement des problèmes économiques est la priorité du pays », a indiqué Ebrahim Raissi, candidat conservateur à la présidentielle battu par Hassan Rohani en mai.

« Si les membres du gouvernement montrent de la détermination à régler les problèmes économiques, le peuple les soutiendra », a-t-il assuré.

Romandie.com avec(©AFP / 30 décembre 2017 11h40)                

Iran: 52 personnes arrêtées lors des manifestations (responsable)

décembre 29, 2017

Téhéran – Cinquante deux personnes ont été arrêtées à Machhad, deuxième ville d’Iran, lors de manifestations la veille contre le chômage et l’inflation, a indiqué vendredi un responsable iranien.

Des centaines de personnes ont manifesté jeudi dans cette cité du nord-est de l’Iran en scandant des slogans contre le gouvernement du président Hassan Rohani, jugé incapable de répondre aux problèmes économiques.

Le chef du tribunal révolutionnaire de Machhad, Hossein Heidari, a indiqué que ces personnes avaient été arrêtées pour avoir scandé des « slogans sévères », selon l’agence de presse iranienne Fars, proche des conservateurs.

Il a également mis en garde les protestataires contre toute dérapage, tout en rappelant le droit du peuple à manifester.

« Certains incidents survenus dans le pays (ont eu lieu) sous le prétexte de problèmes économiques mais il semble qu’il y ait autre chose derrière eux », a affirmé pour sa part le premier vice-président Eshaq Jahangiri, cité par la télévision d’Etat Irib, affirmant que leurs responsables devaient être identifiés.

« Je suis certain que cela va se retourner contre » eux, a-t-il ajouté.

Selon des images vidéo diffusées par le média réformateur Nazar, les manifestants ont scandé « Mort à Rohani » mais aussi « Pas Gaza, pas le Liban, ma vie en Iran », semblant ainsi critiquer les engagements de l’Iran dans des causes régionales.

Nazar a aussi fait état de manifestations jeudi, de moindre ampleur, à Yazd (sud), Sharhoud (nord) et Kachmar (nord-est).

La promesse de relancer l’économie, atone en raison des sanctions internationales passées et de mauvaise gestion, ont été au coeur des campagnes présidentielles de Hassan Rohani, réélu pour un deuxième mandat en mai.

Il s’est notamment appuyé sur l’accord sur le nucléaire signé avec les grandes puissances en 2015 et qui s’est accompagné de la levée de certaines sanctions. Mais s’il a réussi à maîtriser l’inflation à moins de 10% (jusqu’à 40% sous son prédécesseur Mahmoud Ahmadinejad), le taux de chômage demeure élevé (12%), selon des chiffres officiels.

Hamid Garmabi, représentant de la ville de Neychabour, près de Machhad, a de son côté parlé de « crise majeure à Machhad causée par les institutions illégales de prêt », en référence au développement d’organisations illégales de prêt sous la présidence Ahmadinejad (2005-2013).

La mauvaise régulation du secteur bancaire combinée à un boom de la construction ont gravement affecté les établissements de crédit, qui croulent sous les dettes et sont incapables de rembourser les investisseurs.

Le gouvernement Rohani a cherché à faire le ménage dans le secteur de la finance, fermant trois des plus grands établissements de crédit, Mizan, Fereshtegan et Samen al-Hojaj.

Machhad a été l’une des villes les plus touchées par la fermeture de Mizan, qui totalisait environ un million de comptes, engendrant plusieurs manifestations depuis 2015 dans la ville selon l’agence officielle IRNA.

Romandie.com avec(©AFP / 29 décembre 2017 14h31)                   

Nouvelles manifestations de Palestiniens pour Jérusalem

décembre 20, 2017

Des manifestants palestiniens protestent près du barrage militaire israélien de Qalandiya en Cisjordanie occupée, le 20 décembre 2017 / © AFP / ABBAS MOMANI

Des centaines de Palestiniens ont à nouveau manifesté et lancé des pierres sur les forces israéliennes mercredi à travers les Territoires palestiniens pour protester contre la décision de Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme la capitale d’Israël.

Environ un millier de personnes ont manifesté au checkpoint de Qalandiya, entre Jérusalem et Ramallah, en Cisjordanie occupée, nombre d’entre eux jetant des cailloux sur les forces israéliennes, a constaté un photographe de l’AFP. Les soldats et les policiers israéliens ont riposté par des gaz lacrymogènes, des grenades assourdissantes et à balles réelles.

Des rassemblements et des heurts, limités, se sont également produits à Hébron et Naplouse (sud et nord de la Cisjordanie) et dans la bande de Gaza, séparée de la Cisjordanie par le territoire israélien, selon des journalistes de l’AFP sur place.

Neuf Palestiniens ont été blessés en Cisjordanie, aucun gravement, ont indiqué les secours.

Les Palestiniens avaient initialement été appelés à manifester ce mercredi à l’occasion de l’arrivée prévue à Jérusalem du vice-président américain Mike Pence à Jérusalem. M. Pence, qui a reporté sa visite à janvier, passe pour avoir fortement influencé la décision du président américain de reconnaître Jérusalem comme la capitale d’Israël.

De nombreux experts voient dans cette initiative un geste de M. Trump en direction des évangélistes, qui constituent une part importante de son électorat et dont M. Pence fait partie.

La Maison Blanche a finalement annoncé le report de la visite de M. Pence à la mi-janvier pour, a-t-elle dit, lui permettre d’être présent pour un vote crucial au Sénat.

La déclaration de M. Trump, rompant avec des décennies de diplomatie américaine et internationale sur le statut de Jérusalem, l’une des questions les plus épineuses du conflit israélo-palestinien, a suscité des manifestations et des heurts quasiment quotidiens dans les Territoires. Les tensions qu’elle a causées depuis le 6 décembre ont fait huit morts et des dizaines de blessés palestiniens.

Romandie.com avec(©AFP / 20 décembre 2017 16h03)