Posts Tagged ‘Manifestations’

Deux morts en Irak dans un mouvement de grogne sociale qui s’étend

juillet 14, 2018

Des jeunes irakiens manifestent devant l’entrée d’un champ pétrolier gardé par des soldats, le 14 juillet 2018 à Al-Qournah, dans la province de Bassora (sud) / © AFP / Haidar MOHAMMED ALI

Deux personnes ont été tuées dans le sud de l’Irak dans la nuit de vendredi à samedi au cours d’un mouvement de contestation sociale qui a débuté dans le sud du pays et gagne du terrain, y compris à Bagdad.

Les deux manifestants ont « été tués par balles » dans la province méridionale de Missane, à la frontière avec l’Iran, a indiqué le porte-parole des services de secours provinciaux, Ahmad al-Kanani.

Ces décès porte à trois le nombre de morts depuis le début du mouvement de contestation sociale, au cours duquel des dizaines de personnes, notamment des membres des forces de sécurité, ont été blessées selon des sources médicales.

Les protestations ont débuté le 8 juillet dans la province de Bassora (sud), les manifestants dénonçant la déliquescence des services publics ainsi qu’un chômage endémique, et criant leur colère contre l’incurie des autorités dans cette région pourtant riche en pétrole. La mort d’un manifestant dans la ville de Bassora ce même 8 juillet a exacerbé la grogne.

Face à cette mobilisation, le Premier ministre irakien Haider al-Abadi s’est rendu vendredi à Bassora pour tenter de calmer le mouvement mais en vain.

Les manifestations se sont poursuivies dans cette ville et sa province, s’étendant même à plusieurs régions d’Irak dont Bagdad.

Samedi, des dizaines de protestataires se sont ainsi rassemblés dans plusieurs quartiers de Bassora, y compris près de champs pétroliers à l’ouest de la ville, du siège des autorités provinciales et du port, selon un correspondant de l’AFP.

– « Tirs à l’aveugle » –

Quelques personnes ont également brièvement manifesté à un poste-frontière avec le Koweït, selon la même source.

Des Irakiens manifestent devant le siège du gouvernement de la province de Bassora (sud) dans la ville éponyme, le 13 juillet 2018 / © AFP / Haidar MOHAMMED ALI

La veille à Bassora, les protestataires avaient scandé « les voleurs nous pillent » en brandissant des drapeaux irakiens, en référence au gouvernement. Des rassemblements avaient aussi eu lieu dans les provinces méridionales de Zi Qar et Najaf.

Dans la nuit de vendredi à samedi, la contestation s’est ensuite étendue à une autre province du sud du pays, Missane, où de nombreux rassemblements ont eu lieu devant le siège de partis politiques, dont celui de M. Abadi. Certains ont été incendiés, d’après des médias irakiens.

C’est au cours d’une de ces manifestations, à Amara, chef-lieu de la province de Missane, que deux personnes ont été tuées dans des circonstances qui n’ont pas été clairement établies.

« Il y a eu des tirs à l’aveugle », a indiqué M. Kanani, le porte-parole des services de secours provinciaux.

Une petite manifestation pacifique a également eu lieu après minuit dans le quartier d’Al-Choula dans le nord de Bagdad, sous une forte présence des forces de l’ordre, a indiqué une source de sécurité à l’AFP.

Des appels à une grande manifestation à Bagdad circulaient samedi sur les réseaux sociaux, certains internautes demandant à ce que le cortège prenne la direction de la zone verte, le secteur de la capitale où se concentrent les institutions nationales et les ambassades qui est interdit d’accès à la plupart des Irakiens.

La plus haute autorité chiite d’Irak a annoncé vendredi son soutien aux manifestants, tout en les appelant à éviter les désordres et les destructions.

Romandie.com avec(©AFP / 14 juillet 2018 15h50)

Publicités

« Stop Trump »: des dizaines de milliers de personnes défilent à Londres

juillet 13, 2018

Manifestants à Londres le 13 juillet 2018 contre la visite au Royaume-Uni du président américain Donald Trump. / © AFP / Tolga AKMEN

« #DumpTrump » (« Trump à la poubelle »): des dizaines de milliers de personnes ont défilé bruyamment vendredi contre la visite de Donald Trump au Royaume-Uni, un « carnaval de la résistance » contre le président américain jugé « misogyne, homophobe, xénophobe ».

« #DumpTrump », « Ceci est le carnaval de la résistance », « Même ma mère, qui aime pourtant tout le monde, ne peut pas t’encadrer », pouvait-on lire sur les pancartes et banderoles brandies par les participants.

« Non à Trump, non au KKK (Klu Klux Klan, ndlr), non à l’Amérique fasciste! », chantaient-ils en descendant sous un soleil resplendissant la grande artère commerciale d’Oxford Street pour se rendre à Trafalgar Square, en plein coeur de Londres.

Dans la foule, certains frappaient sur des casseroles ou des poêles, d’autres jouaient de la trompette ou brandissaient des ballons orange, couleur clairement destinée à moquer le teint du milliardaire américain.

La manifestation londonienne, divisée en deux marches, l’une de femmes, l’autre regroupant une coalition d’organisations, constitue le point d’orgue du mouvement de protestation contre la visite de Donald Trump au Royaume-Uni. Celle-ci avait été longtemps différée par crainte de la réaction des détracteurs du président américain, ulcérés à l’idée que leur pays lui déroule le tapis rouge.

Manifestants à Trafalgar Square à Londres le 13 juillet 2018 contre la visite au Royaume-Uni du président américain Donald Trump. / © AFP / Tolga AKMEN

« Donald Trump est misogyne, chauvin, homophobe, xénophobe et promeut le sectarisme », a déclaré Georgina Rose, 42 ans, participante de la « Marche des femmes ».

Grant White, 32 ans, portait lui une pancarte représentant une caricature de Trump en symbole de l’oiseau de Twitter, réseau social dont le président américain a fait un porte-voix, avec une croix gammée autour du bras.

« Je suis anti-Brexit, anti-Trump. Il y a une vague de fascisme dont nous devons nous débarrasser », a-t-il dit.

Passant devant le 10, Downing Street, la résidence de la Première ministre britannique, des manifestants ont sifflé et crié: « Honte (à Theresa May)! », qui avait été la première dirigeante étrangère à se rendre à Washington pour rencontrer M. Trump après son investiture, début 2017.

A Londres le 13 juillet 2018 devant le Parlement, des manifestants se préparent à défiler contre la visite au Royaume-Uni du président américain Donald Trump / © AFP / Niklas HALLEN

– « Immature », « raciste » –

Dawn, 49 ans, est elle venue avec sa fille de 11 ans, Sadie. « Trump est l’homme avec le plus grand ego aux commandes de la plus grande puissance mondiale. Il n’a pas la moindre idée de ce dont le monde a besoin », a estimé cette mère de famille. « Il n’accepte pas les gens qui ont une religion différente », a renchéri sa fille.

Une vingtaine d’artistes drag queen ont pris part au défilé, dont Joey « Bourgeoisie » Frenette, 27 ans, originaire de Washington et installé au Royaume-Uni depuis huit ans.

« Je pense qu’il incarne une représentation particulièrement négative de ce que l’Amérique doit donner au monde », a-t-il déclaré.

Les Londoniens manifestent contre la visite de Trump / © AFP / joe stenson

Plus insolite: dans la matinée, un ballon géant représentant un Trump en couche-culotte a flotté près du Parlement, une initiative qui a reçu le feu vert du maire de Londres, le travailliste Sadiq Khan, objet de nombreuses attaques verbales du président américain.

« En tant qu’Américain, je trouve ça génial. C’est une façon pacifique de protester », a commenté Brett Kirchner, 25 ans, originaire de Caroline du Nord, sur la côte est américaine.

Même si, comme il en a convenu, « il y aura aux États-Unis des gens qui sont très contrariés par cette protestation et qui pensent que c’est insultant ».

« Je pense que c’est hilarant », pense de son côté Paul Fonseca, 23 ans. « C’est une exacte représentation de sa politique qui est tellement immature ».

Romandie.com avec(©AFP / 13 juillet 2018 17h49)

Nuit de violences en Haïti, le gouvernement appelle au calme

juillet 7, 2018

Des barricades installées par des manifestants à Port-au-Prince le 6 juillet 2018 / © AFP / HECTOR RETAMAL

Le gouvernement haïtien a appelé samedi au calme et à la « patience » après les violences qui ont paralysé la capitale et fait au moins un mort, suite à une importante hausse des prix des produits pétroliers dans ce pays où la majorité de la population vit dans une pauvreté extrême.

Beaucoup de rues à Port-au-Prince étaient encore obstruées samedi matin par les barricades dressées la veille. A plusieurs endroits dans la région de Port-au-Prince, des manifestants ont de nouveau mis le feu à des pneus, certains en appelant à la révolution.

Des tirs sporadiques se faisaient encore entendre dans certains quartiers alors que la présence des forces de police restait très limitée, a pu observer une journaliste de l’AFP.

Des mouvements similaires de colère ont été enregistrés au Cap-Haïtien, la deuxième ville du pays, ainsi que dans les communes des Cayes et de Jacmel et de Petit-Goave.

Vendredi soir, un policier assigné à la sécurité d’un dirigeant d’un parti politique d’opposition a été tué dans une altercation avec un groupe de manifestants au cœur de la capitale haïtienne. Il a été lynché alors qu’il cherchait à forcer le passage, et son corps a ensuite été brûlé sur la chaussée.

Plusieurs compagnies aériennes comme American Airlines et Air France ont annulé leurs vols jusqu’à la mi-journée pour l’instant, et au moins un avion a été redirigé vers Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe.

Face aux contestations, le Premier ministre Jack Guy Lafontant a appelé samedi la population à la « patience ».

« Je vous demande de la patience parce que notre administration a une vision, un programme clair », a déclaré le chef du gouvernement dans une allocution diffusée sur la télévision d’État.

« Ne détruisez pas car, à chaque fois, c’est Haïti qui devient plus pauvre (…). Le pays est en chantier mais si à chaque fois on détruit, on restera toujours à la traîne », a-t-il ajouté, alors que la majorité des vitrines des bâtiments et vitres de véhicules ont été brisées dans les quartiers aisés de l’aire métropolitaine.

Le directeur de la police nationale a de son côté lancé un appel au calme.

« On comprend votre droit (à) protester, (à) revendiquer mais on ne comprend pas la violence » a déclaré Michel-Ange Gédéon, en regrettant la mort du policier et en faisant état de l’incendie d’au moins deux commissariats et de plusieurs voitures de police.

– Hausse insupportable –

En début d’après-midi vendredi, les ministères de l’Économie, des Finances, du Commerce et de l’Industrie ont annoncé l’augmentation des prix de l’essence de 38%, celui du diesel de 47% et celui du kérosène de 51%, à compter du samedi 7 juillet à minuit.

Le nouveau cadre de référence entre le Fonds monétaire international (FMI) et Haïti, signé en février, impliquait la cessation de la subvention publique des produits pétroliers, source conséquente du déficit budgétaire de l’État.

Cette importante hausse est perçue comme insupportable par la majorité de la population qui fait face à une pauvreté extrême, un chômage de masse et une inflation supérieure à 13% pour la troisième année consécutive.

Le gouvernement tente de persuader les citoyens qu’il est obligé de réviser les prix des produits pétroliers, en prenant ses précautions dans le choix du vocabulaire.

« On ne parle pas d’augmentation mais plutôt de mettre les carburants aux prix auxquels ils doivent être », a souligné le Premier ministre dans son message télévisé samedi.

« De 2010 à 2018, Haïti a subventionné les carburants à hauteur de 50 milliards de gourdes, soit environ un milliard de dollars. Ce montant aurait pu nous permettre de construire beaucoup de kilomètres de route (…), beaucoup de salles de classe (…), beaucoup de centres de santé », a détaillé le chef du gouvernement pour justifier la mesure impopulaire.

Le gouvernement défend également la diminution de ces subventions publiques du fait qu’elles privilégiaient injustement selon lui l’économie de la République dominicaine voisine, où les tarifs à la pompe sont plus élevés.

Depuis l’annonce des nouveaux tarifs, les stations-service des principales villes du pays ont suspendu la distribution de carburants.

Romandie.com avec(©AFP / 07 juillet 2018 16h54)

Hong Kong: des milliers de manifestants malgré la pression croissante des autorités

juillet 1, 2018

Des militants pro-démocratie défilent dans le centre de Hong Kong pour dénoncer les pressions croissantes des autorités pour interdire les rassemblements et manifestations, le 1er juillet 2018 / © AFP / Philip FONG

Des milliers de manifestants pro-démocratie ont défilé dimanche dans le centre de Hong Kong, dénonçant les pressions croissantes des autorités à l’encontre de ce type de rassemblement.

Pékin tolère de moins en moins de tels signes de contestation à Hong Kong, un territoire qui bénéficie d’une certaine autonomie, depuis les rassemblements massifs de 2014 en faveur de la démocratie qui avaient quasiment bloqué certaines parties de la ville. Des activistes avaient réclamé l’indépendance du territoire vis-à-vis de la Chine.

Hong Kong bénéficie de droits non autorisés sur le continent tels que la liberté d’expression, mais les contestataires redoutent qu’ils ne soient menacés par Pékin et les autorités locales fidèles au gouvernement central.

Les autorités « ont eu recours à différents moyens pour mobiliser leur puissance et faire annuler le rassemblement », a accusé devant l’AFP Sammy Ip du Front civil pour les droits de l’Homme, à l’origine de la manifestation.

La police a ainsi mis en garde les riverains qu’ils pourraient être arrêtés pour rassemblement illégal s’ils se joignaient à la manifestation, un moyen d' »intimider les citoyens », selon Sammy Ip.

Le journal Ta Kung Pao, favorable à Pékin, a appelé le mois dernier dans un éditorial à l’interdiction du rassemblement.

Le défilé s’est achevé devant le quartier général du gouvernement de Hong Kong, les manifestants réclamant « la fin de la dictature du parti unique ».

Des militnats pro-démocratie défilent dans le centre de Hong Kong pour dénoncer les pressions croissantes des autorités pour interdire les rassemblements et manifestations / © AFP / Philip FONG

« Le gouvernement ne travaille pas pour le peuple et beaucoup de gens souffrent », a déclaré à l’AFP Iris Wong, 26 ans.

Depuis le « mouvement des parapluies » de 2014, les principaux militants pro-démocratie ont été poursuivis pour des motifs liés aux réglementations sur les manifestations.

Ces militants pro-démocratie et pro-indépendance ont également été interdits de présenter leur candidature aux élections à Hong Kong.

D’autres groupes se sont joints dimanche à la marche, comme des militants de défense des droits des personnes LGBT, ou encore des manifestants qui réclamaient de meilleures conditions de vie dans cette mégapole très densément peuplée et où l’écart des niveaux de vie ne fait que s’accentuer.

Romandie.com avec(©AFP / 01 juillet 2018 13h37)

« Les familles doivent rester ensemble »: manifestations contre Trump aux États-Unis

juin 30, 2018

« Les immigrés et les réfugiés sont les bienvenus »: un jeune manifestant, le 30 juin 2018 à Washington / © AFP / Alex Edelman

Des centaines de manifestations, petites et grandes, se déroulaient samedi à travers les Etats-Unis contre la politique migratoire de Donald Trump et pour réclamer le regroupement immédiat des enfants et de leurs parents clandestins appréhendés à la frontière mexicaine.

L’un des plus grands rassemblements avait lieu dans le parc jouxtant la Maison Blanche à Washington, noir de monde, dans une atmosphère oscillant entre indignation et tristesse, par 33 degrés sous un soleil implacable.

« Nous ne croyons pas aux frontières, nous ne croyons pas aux murs », lance Sebastian Medina-Tayac, membre de la nation indienne de Piscataway, au début du rassemblement, en espagnol et en anglais.

L’enregistrement d’un enfant de migrants pleurant à la recherche de ses parents a été diffusé sur des haut-parleurs. Jocelyn, une mère brésilienne, séparée de son fils pendant neuf mois, a témoigné de son calvaire au micro: « On lui a dit qu’il finirait peut-être par être adopté », a-t-elle raconté à la foule, déclenchant un cri collectif spontané: « Honte! Honte! »

Manifestation à côté de la Maison Blanche, le 30 juin 2018 / © AFP / Alex Edelman

« C’est du racisme à peine voilé », dit Dorothy Carney, une professeure de français venue de Charlottesville, en Virginie. « Le mal l’emportera si les gens bien ne font rien. Au moins, on fait quelque chose », relève-t-elle.

D’autres prenaient moins de précautions. Pour Rick, originaire de Puerto Rico, « c’est fasciste ».

« Je suis en colère, triste, écœurée », dit Rita Montoya, avocate de Washington originaire du Mexique, venue comme beaucoup d’autres avec ses jeunes enfants. « Nous sommes des enfants d’immigrés, nous contribuons à ce pays depuis suffisamment longtemps, il faut que ce pays commence à nous montrer un peu de respect ».

Des manifestants sur le pont de Brooklyn à New York le 30 juin 2018 / © AFP / EDUARDO MUNOZ ALVAREZ

« Les familles doivent rester ensemble » est le slogan de cette journée, alors que les autorités fédérales américaines ont désormais pour ordre de ramener les enfants auprès de leurs parents, une tâche qui s’éternise.

Mêmes scènes à New York, où l’on voyait aussi des slogans tels que « Abolissez l’ICE », la police de l’immigration, une cause auparavant marginale mais qui est en train de gagner en popularité au sein de la gauche américaine.

Sur une pancarte, Courtney Malloy, avocate new-yorkaise de 34 ans, a écrit que « le seul bébé qui mérite d’être en cage est Donald Trump ». « C’est vraiment très important pour nous de montrer au monde, et en particulier aux immigrés, que nous sommes de leur côté. Ceci n’est pas l’Amérique », dit-elle.

Des pancartes contre la police de l’immigration, « ICE », le 30 juin 2018 à Washington / © AFP / Alex Edelman

« C’est tellement cruel de séparer les enfants », renchérit Julia Lam, 58 ans, immigrée de Hong Kong dans les années 1980. « Je ne sais pas s’il se rend compte de ce qu’il a fait aux enfants ».

– Abolir l’ICE –

Le président américain a annulé le 20 juin sa politique de séparation des familles mais vendredi, environ 2.000 enfants sur plus de 2.300 attendaient toujours de retrouver leurs parents. Les mineurs sont pris en charge dans des foyers répartis dans tout le pays, parfois à des milliers de kilomètres du centre de détention où sont retenus leurs parents.

Manifestation contre la politique migratoire de Donald Trump à New York le 30 juin 2018 / © AFP / EDUARDO MUNOZ ALVAREZ

Un juge fédéral de San Diego (Californie) a donné 30 jours aux autorités fédérales pour ces regroupements, et deux semaines quand les enfants ont moins de cinq ans.

C’est la lenteur de ce processus et l’annonce du gouvernement Trump que les familles entières seraient dorénavant placées en détention, sans exception pour la présence d’enfants, qui provoquent la colère de la gauche et le malaise d’une partie des républicains.

Plusieurs élus démocrates de haut rang souscrivent depuis quelques jours à la revendication de la suppression de l’ICE, dont le maire de New York Bill de Blasio et la sénatrice de New York Kirsten Gillibrand, candidate potentielle à l’élection présidentielle de 2020.

Créée en 2003, moins de deux ans après les attentats du 11 septembre 2001, l’ICE incarne la politique de « tolérance zéro » de l’administration Trump, ses agents ayant pour tâche principale d’interpeller les personnes en situation irrégulière, en vue de leur expulsion.

« A tous les hommes et femmes courageux de l’ICE: ne vous inquiétez pas, gardez le moral. Vous faites du travail fantastique pour nous protéger en éradiquant les pires éléments criminels », a-t-il tweeté samedi matin.

« Les démocrates de la gauche radicale ne veulent plus de vous. Bientôt ce sera toute la police. Aucune chance que ça arrive! », a-t-il ajouté.

Romandie.com avec(©AFP / 30 juin 2018 18h47)

Brexit à Londres, des dizaines de milliers de manifestent réclament un second vote

juin 23, 2018

Des Britanniques manifestent le 23 juin 2018 à Londres pour demander un vote sur les conditions finales du retrait du Royaume-Uni de l’UE / © AFP /

Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté samedi à Londres pour demander un vote sur les conditions finales du retrait du Royaume-Uni de l’UE, actuellement négociées à Bruxelles entre les deux parties.

Deux ans jour pour jour après le référendum sur le Brexit, cette marche organisée par l’association The People’s Vote (Le vote du peuple) marque le début d’une campagne d’actions qui doit durer tout l’été pour exiger une nouvelle consultation populaire.

« J’étais en larmes lors des résultats du référendum, ça laissait présager d’un avenir très sombre », a expliqué à l’AFP Chiara Liduori, une italienne installée à Londres, venue participer à la manifestation avec sa fille de 2 ans, et sa nièce de 14 ans. « C’est pour elles que je suis venue, elles vont grandir dans Europe différente, qui n’est pas celle que je connais, ni celle que je veux ».

Sous un ciel bleu, une foule compacte a traversé le quartier des ministères, ne manquant pas de huer en passant devant Downing Street, résidence de la Première ministre conservatrice Theresa May.

Sur les pancartes s’affichaient de nombreux slogans contre la sortie de l’UE ou le gouvernement, notamment « Le Brexit détruit le Royaume-Uni », « Theresa, dis nous la vérité », ou encore « Le Brexit n’est pas une affaire conclue ».

« Je suis vraiment favorable à ce qu’on laisse les gens s’exprimer une nouvelle fois, beaucoup ont changé d’avis, on comprend mieux les enjeux aujourd’hui », a confié Emily Hill, une infirmière de 55 ans, qui a fait deux heures de route depuis le comté de Gloucestershire (sud-ouest de l’Angleterre) pour participer à l’évènement.

« De nombreux électeurs ont exprimé un vote de contestation » lors du premier référendum, en 2016, estime-t-elle, brandissant un drapeau européen. « Certains ne soutiennent pas l’Europe, mais je ne pense pas que cela représente la majorité de l’opinion dans le pays ».

Des Britanniques manifestent le 23 juin 2018 à Londres pour demander un vote sur les conditions finales du retrait du Royaume-Uni de l’UE / © AFP / Niklas HALLE’N

– « Longue bataille » –

Dans un sondage de l’institut Survation pour la chaine ITV publié vendredi, 48% des personnes interrogées étaient favorable à un second référendum, 25% s’y opposaient, et 27% n’avaient pas d’opinion.

« Le débat sur le Brexit crée des tensions, et polarise encore davantage la société », regrette William Diaz, un journaliste de 52 ans, qui défile avec une pancarte « Je suis un citoyen européen ». « C’est une question très compliquée, ce n’est pas une décision que l’on devrait prendre en votant par oui ou par non ».

Il évoque également ses craintes des « conséquences économiques » que pourrait avoir la sortie du pays de l’UE, mentionnant les menaces formulées cette semaine par les dirigeants d’Airbus ou BMW de mettre fin à leurs activités au Royaume-Uni en cas de Brexit sans accord.

A l’avant du cortège, le chef du Parti libéral-démocrate, Vince Cable, ou la députée conservatrice europhile Anna Soubry défilaient derrière une bannière demandant « un vote sur l’accord final du Brexit ».

Vince Cable a défendu la légitimité d’une seconde consultation. « C’est courant dans certains pays, comme en Suisse, vous votez d’abord sur le principe, puis vous votez sur le résultat final », a-t-il exposé à l’AFP.

Calendrier du Brexit / © AFP / Gillian HANDYSIDE

« C’est le début d’une longue bataille », a-t-il reconnu, « aujourd’hui nous envoyons un puissant message au gouvernement sur les inquiétudes générées par sa gestion du Brexit ».

– « Brexit complet » –

Divisé sur le dossier, l’exécutif britannique n’a pas encore dévoilé sa vision de la relation qu’il souhaite mettre en place avec l’UE après le retrait, prévu le 29 mars 2019.

Favorable à une franche rupture, le ministre des affaires étrangères Boris Johnson a exigé un « Brexit complet » dans une tribune publiée samedi par le tabloïd The Sun. Il a mis en garde Theresa May sur la nécessité de refuser un accord qui laisserait le pays « a moitié dans et à moitié hors » de l’UE, « contraint d’obéir aux règles européennes ».

Le ministre du Commerce international, Liam Fox, s’est lui montré encore plus explicite sur la possibilité de conclure un Brexit sans accord.

« Je pense qu’il ne serait pas prudent pour nos partenaires dans ces négociations de penser que notre Première ministre bluffe », a-t-il déclaré à la BBC. « Elle a toujours affirmé qu’aucun accord valait mieux qu’un mauvais accord ».

A quelques jours d’un sommet européen à Bruxelles, l’inquiétude augmente quant à la progression des discussions, alors que d’importantes interrogations restent sans réponse, notamment la question de la frontière irlandaise. L’UE a même conseillé de se préparer à l’absence d’accord.

Romandie.com avec(©AFP / 23 juin 2018 19h04)

Manifestations au Nicaragua: le bilan monte à 212 morts

juin 22, 2018

Manifestation antigouvernementale à Masaya, au Nicaragua, le 21 juin 2018 / © AFP / MARVIN RECINOS

Le bilan de la répression des manifestations antigouvernementales au Nicaragua est monté à au moins 212 morts, a annoncé vendredi la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH).

« L’action répressive de l’Etat a fait au moins 212 morts au 19 juin et 1.337 blessés », a indiqué la commission, en affirmant que plus de 500 personnes avaient été détenues au 6 juin.

La CIDH a conclu que « la violence étatique visait à dissuader la participation aux manifestations et à étouffer cette expression d’opposition politique », selon un rapport d’une centaine de pages présenté vendredi lors d’une session extraordinaire du Conseil permanent de l’Organisation des Etats américains (OEA), à Washington.

La Commission a appelé le gouvernement à « trouver une solution constitutionnelle, démocratique et pacifique à cette crise des droits humains ».

La vague de contestation, engagée pour dénoncer une réforme de la sécurité sociale qui a depuis été abandonnée, cible le chef de l’Etat Daniel Ortega et son épouse Rosario Murillo, vice-présidente, accusés de confisquer le pouvoir et de brider les libertés.

Romandie.com avec(©AFP / 22 juin 2018 18h27)

Un Américain arrêté au Vietnam après de violentes manifestations

juin 14, 2018

Des manifestants au Vietnam protestent contre un projet gouvernemental controversé sur des zones économiques spéciales, le 10 juin 2018 devant un bureau de la province de Binh Thuan (sud) / © Vietnam News Agency/AFP / Vietnam News Agency

Un citoyen américain a été arrêté au Vietnam pour « atteinte à l’ordre public » après s’être joint à des manifestations contre un projet de loi controversé créant des zones économiques spéciales, a-t-on appris jeudi de source officielle.

William Anh Nguyen, 32 ans, a été arrêté dimanche alors qu’il participait à l’une de ces manifestations à Ho Chi Minh Ville (sud), a annoncé à la presse la porte-parole du ministère des Affaires étrangères Le Thi Thu Hang. « Une visite consulaire pour cet individu est en cours d’organisation et il n’y a eu aucun usage de la force dans le cas de cet individu », a-t-elle ajouté.

Plus de cent personnes ont été arrêtées dans la province de Binh Thuan (sud) où ces manifestations ont dégénéré avec des voitures incendiées et des bâtiments publics endommagés.

Un proche de M. Nguyen, né au Texas et diplômé de Yale, a confirmé son arrestation durant la manifestation à Ho Chin Minh Ville. Les manifestants accusaient le gouvernement d’envisager la location de terrains dans ces zones à la Chine sur de longues durées.

M. Nguyen, qui doit recevoir à Singapour en juillet un diplôme de master, était arrivé samedi au Vietnam. Il a tweeté des photos de foules imposantes manifestant à Ho Chi Minh Ville, avec pour commentaire « Voilà la #démocratie au #Vietnam ».

Il avait également posté la photo d’un homme à terre au milieu de la foule en écrivant: « la police a frappé un manifestant et le chaos a éclaté ».

L’ambassade américaine à Hanoï a indiqué dans un communiqué « avoir connaissance d’informations de presse selon lesquelles un citoyen américain a été arrêté au Vietnam », ajoutant: « quand un citoyen américain est arrêté à l’étranger, le département d’Etat travaille pour fournir toute l’assistance consulaire nécessaire ».

Les manifestations du week-end, un événement rare dans ce pays communiste où les protestations publiques sont interdites ou rapidement réprimées, ont gagné plusieurs villes, y compris la capitale Hanoï, même après l’annonce par le gouvernement qu’il retardait un vote sur les zones économiques spéciales.

Le projet de loi, qui ne mentionne pas spécifiquement les investisseurs chinois, proposait au départ des baux de 99 ans pour des terrains mais le gouvernement a ensuite indiqué qu’il réduirait cette durée.

Les relations entre Hanoï et Pékin sont tendues depuis le conflit de 1979. Des manifestations durant lesquels plusieurs Chinois avaient été tués s’étaient déroulées en 2014 quand Pékin avait installé une plateforme pétrolière en mer dans des eaux revendiquées par le Vietnam.

Romandie.com avec(©AFP / 14 juin 2018 14h24)

Journée de grève en Jordanie, la rue ne décolère pas

juin 6, 2018

/ © AFP / AHMAD GHARABLI

La colère ne faiblit pas en Jordanie, où une grève a été observée mercredi à l’appel de syndicats toutefois à la peine au moment de canaliser des manifestants déterminés à aller jusqu’au bout pour faire tomber le projet décrié de réforme fiscale.

Avocats en robe, enseignantes venues en groupe, médecins avec leurs enfants… Ils étaient plus d’un millier rassemblés devant le siège des syndicats à Amman, sous une chaleur écrasante, clôturant la grève qui s’est tenue de 09H00 (06H00 GMT) à 14H00 (11H00 GMT).

« J’ai peur pour mon avenir », « Je n’ai plus les moyens », pouvait-on lire sur des feuilles blanches, écrites parfois à la main. Certains manifestants brandissaient des galettes de pain, d’autres des drapeaux jordaniens.

« C’est la première fois de ma vie que je participe à des manifestations et je suis surprise de voir que les gens me ressemblent, sont bien habillés, ne sont pas des voyous qui veulent tout casser! », explique en riant Linda, 35 ans, professeure d’anglais dans un lycée privé de la capitale.

La démission lundi du Premier ministre et l’appel du roi Abdallah II à une « révision complète » du projet de loi sur l’impôt sur le revenu n’ont pas suffi à dissiper les craintes et griefs.

La principale revendication reste le retrait pur et simple du texte au Parlement.

« Ce projet de loi est une catastrophe, il va entraîner dans la précarité ce qu’il reste des classes moyennes! », s’indigne Tarek, un avocat de 45 ans, père de deux enfants.

« Nous avons décidé de donner une chance au gouvernement », qui doit encore être formé par le nouveau Premier ministre Omar al-Razzaz, « de mener un dialogue national autour du projet », a lancé à la foule Ali al-Abbous, président de la confédération syndicale.

Cette déclaration a aussitôt été accueillie par des huées des manifestants, qui ne l’ont pas laissé terminer son discours.

– « C’est inacceptable ! » –

« C’est inacceptable! Nous ne dialoguerons avec le gouvernement qu’après le retrait du projet », clame Saad, 27 ans, étudiant en pharmacie.

Autour de lui, les applaudissement fusent. « Ils ont vendu » notre cause, crient en coeur la foule, forçant M. Abbous à interrompre son discours.

Le président de la confédération syndicale a plus tard assuré à la télévision que son propos avait été mal compris, et que la principale revendication -à savoir le retrait du projet de loi- restait inchangé.

« Il faut simplement donner du temps au gouvernement pour répondre », a-t-il argué.

Le texte prévoit une augmentation entre 5% et 25% des impôts pour les particuliers et impose les personnes ayant un salaire annuel supérieur à 8.000 dinars (environ 9.700 euros).

Des manifestations rassemblant des centaines de personnes ont de nouveau eu lieu dans la nuit de mardi à mercredi. Les protestataires se retrouvent quotidiennement depuis une semaine, après le coucher du soleil, lorsque le jeûne est rompu en ce mois de ramadan.

– Bouée de sauvetage –

Le gouvernement « doit procéder à une révision complète de la fiscalité » de manière « à stopper l’imposition (…) injuste qui ne répond pas (au besoin) d’équité » entre classes sociales, avait indiqué mardi Abdallah II.

Il a nommé le même jour M. Razzaz, jusque-là ministre de l’Education, comme nouveau chef du gouvernement, en remplacement de Hani Mulqi.

La réforme fiscale est notamment prônée par le Fonds monétaire international (FMI), qui pousse la Jordanie à des réformes structurelles en échange d’une bouée de sauvetage de 723 millions de dollars accordée en 2016 pour soutenir l’économie de ce pays de 10 millions d’habitants.

L’économie jordanienne traverse une période difficile –la Banque mondiale évoque une « faible perspective de croissance en 2018 »–, 18,5% de la population est au chômage et 20% vit à la limite du seuil de pauvreté.

L’accueil de centaines de milliers de Syriens ayant fui la guerre pèse lourdement sur les finances publiques et Amman appelle régulièrement la communauté internationale à une aide plus substantielle sur ce dossier.

Depuis janvier, le royaume a vécu plusieurs hausses de prix de produits de base, ou encore un inflation des factures d’électricité. Certaines de ces hausses sont dues à la fin des subventions publiques dans le cadre des réformes demandées par le FMI.

Dans un communiqué mardi, Human Rights Watch (HRW) a de son côté jugé « crucial » que les forces de sécurité jordaniennes « agissent avec retenue et permettent aux manifestants pacifistes d’exprimer librement leurs demandes ».

Romandie.com avec (©AFP / 06 juin 2018 15h44)                  

En Jordanie, la contestation sociale fait tomber le Premier ministre

juin 4, 2018

Des manifestants jordaniens protestant contre un projet de loi fiscal devant les bureaux du Premier ministre le 2 juin 2018 / © AFP / Khalil MAZRAAWI

Le Premier ministre jordanien Hani Mulqi a été contraint à la démission lundi, après plusieurs jours d’une contestation populaire, inédite depuis des années, ciblant un projet de réforme fiscale et une hausse des prix.

A la tête du gouvernement depuis mai 2016, « Hani Mulqi a présenté cet après-midi sa démission au roi, qui l’a reçu au palais (…) et l’a acceptée », a indiqué une source gouvernementale sous le couvert de l’anonymat.

Le roi Abdallah II a parallèlement désigné le ministre de l’Education, Omar al-Razzaz, pour former un nouveau gouvernement, selon la même source.

Alors que la Jordanie est sous la pression du Fonds monétaire international (FMI) pour mener des réformes et réduire ses déficits, un récent projet fiscal et la hausse de certains prix ces derniers mois ont suscité un mouvement de contestation grandissant contre le gouvernement de M. Mulqi.

Ces derniers jours, des milliers de personnes –environ 3.000 samedi et 5.000 dimanche– se sont rassemblées en soirée devant les bureaux du Premier ministre à Amman, réclamant sa démission avec des slogans tels que « Le peuple jordanien ne s’agenouillera pas » ou « Le peuple veut la chute du gouvernement ».

Ce mouvement de contestation est le plus important depuis fin 2011 dans ce pays de quelque 10 millions d’habitants, et des manifestations ont aussi eu lieu dans d’autre villes, selon des correspondants de l’AFP.

Ces rassemblements sont rythmés par le ramadan, mois de jeûne musulman durant lequel la vie nocturne est traditionnellement plus animée.

La colère de la population vise notamment un projet élargissant l’impôt sur le revenus à des salaires plus modestes. Ce projet de loi, présenté sur les recommandations du FMI, prévoit une augmentation d’au moins 5% des impôts pour les particuliers et impose désormais les personnes ayant un salaire annuel de 8.000 dinars (environ 9.700 euros). Les impôts des entreprises doivent augmenter de 20 à 40%.

Le FMI a approuvé en 2016 une ligne de crédit de 723 millions de dollars (617 millions d’euros) sur trois ans. En contrepartie, le royaume s’est engagée à mettre en place des réformes structurelles pour entre autres réduire progressivement sa dette publique à 77% du Produit intérieur brut (PIB) d’ici 2021, contre 94% en 2015.

L’accueil de centaines de milliers de réfugiés syriens ayant fui la guerre dans leur pays voisin pèse toutefois lourdement sur l’économie jordanienne.

– « Exigences du FMI » –

Au cours des dernières 48 heures, le Premier ministre n’était pas parvenu à trouver de terrain d’entente avec les syndicats, affirmant in fine que le dernier mot reviendrait au Parlement.

L’Etat doit « garder son indépendance et ne pas se plier aux exigences du FMI », a martelé le président de la principale fédération syndicale, Ali al-Abbous.

Ces syndicats avaient fait monter la pression en appelant à une nouvelle journée de grève nationale mercredi, et en indiquant vouloir adresser une lettre au roi Abdallah II pour qu’il intervienne « dans cette situation délicate que traverse la nation ».

Dans une première tentative pour apaiser la contestation, le souverain avait appelé à « un dialogue national global et raisonnable à propos du projet de loi sur l’impôt ». Lors d’une réunion dimanche pour discuter « des moyens de faire face à la crise », le président du Sénat Fayçal al-Fayez a relayé en vain ce message.

Mais il a dans le même temps mis en garde contre « les actions violentes et le chaos », en appelant à « traîner en justice » les « fauteurs de troubles ».

Depuis janvier, plusieurs hausses de prix ont frappé des produits de première nécessité dont le pain en raison d’un relèvement des taxes.

Le prix du carburant a aussi augmenté à cinq reprises cette année, alors que les factures d’électricité ont connu une hausse de 55% depuis février. De nouvelles hausses qui devaient entrer en vigueur jeudi dernier ont finalement été gelées vendredi en raison du mécontentement.

« Celui qui augmente les prix cherche à enflammer le pays », ont scandé ces derniers jours les manifestants.

Selon des chiffres officiels, 18,5% de la population jordanienne est au chômage et 20% à la limite du seuil de pauvreté.

« Le mouvement populaire (…) a surpris le gouvernement », a dit à l’AFP Adel Mahmoud, analyste spécialisé en sciences politiques, qui estime qu’il « continuera jusqu’à ce que les revendications soient satisfaites ».

Romandie.com avec (©AFP / 04 juin 2018 15h10)