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Covid-19: manifestations contre les restrictions en Europe, heurts en Allemagne

mars 20, 2021

Des manifestations ont rassemblé samedi des milliers de personnes en Allemagne, en Suisse, en Grande-Bretagne, en Bulgarie ou encore en Autriche pour dénoncer la « dictature » des restrictions sanitaires contre la pandémie, et des heurts ont éclaté avec la police dans la ville allemande de Cassel.

IMAGESPlusieurs milliers de personnes sont rassemblées à Cassel, dans l'État allemand de Hesse, pour manifester contre les mesures de restriction destinées à endiguer la progression du coronavirus en Allemagne.

© Marion PAYET IMAGES Plusieurs milliers de personnes sont rassemblées à Cassel, dans l’État allemand de Hesse, pour manifester contre les mesures de restriction destinées à endiguer la progression du coronavirus en Allemagne.

Dans cette ville du centre de l’Allemagne, entre 15.000 et 20.000 personnes ont participé à la manifestation, a déclaré à l’AFP un porte-parole de la police locale.

Les affrontements se sont produits quand des contestataires qui s’étaient retrouvés sur une place du centre, serrés les uns contre les autres, sans masques de protection, ont tenté de se frayer un passage à travers un cordon de policiers pour se joindre à d’autres mécontents, a constaté un journaliste de l’AFP.

La police repousse des manifestants réclamant la levée des mesures anti-Covid, à Cassel, en Allemagne, le 20 mars 2021

© ARMANDO BABANI La police repousse des manifestants réclamant la levée des mesures anti-Covid, à Cassel, en Allemagne, le 20 mars 2021

Les forces de l’ordre ont alors fait usage de gaz au poivre pour les disperser.

Ailleurs dans la ville, la police a répliqué à coups de matraque et à l’aide d’un canon à eau à des groupes qui tentaient de franchir des barrières et qui jetaient des bouteilles.

Une manifestante porte une pancarte disant: "les esclaves modernes portent un massque", à Liestal, en Suisse, le 20 mars 2021

© STEFAN WERMUTH Une manifestante porte une pancarte disant: « les esclaves modernes portent un massque », à Liestal, en Suisse, le 20 mars 2021

Il y a par ailleurs eu des bagarres avec des contre-manifestants.

Le police a notamment accusé les manifestants d' »attaques répétées » contre les secouristes. « Nous ne tolérons pas de telles attaques », a-t-elle ajouté sur Twitter, mettant prématurément fin au rassemblement en raison des violations des règles d’hygiène.

Lundi, la chancelière Angela Merkel et les dirigeants des 16 Etats régionaux (länder) se réuniront pour décider d’éventuelles nouvelles mesures alors que l’Allemagne avait pu procéder début mars à quelques assouplissements. 

La manifestation de Cassel s’est déroulée à l’appel du mouvement « Querdenker » ou « Anticonformiste », qui a organisé quelques-uns des plus grands rassemblements hostiles aux restrictions sanitaires en Allemagne depuis le début de la pandémie.

Manifestation contre les restrictions sanitaires à Cassel (Allemagne), le 20 mars 2021

© ARMANDO BABANI Manifestation contre les restrictions sanitaires à Cassel (Allemagne), le 20 mars 2021

Il fédère des membres de l’extrême gauche, des adeptes des théories du complot, des détracteurs de la vaccination ainsi que des partisans de l’extrême droite.

« Nous sommes ici aujourd’hui parce que les mesures imposées en Allemagne ne servent plus la population », a dit Helmut, un manifestant de 69 ans.

– « Ca suffit ! » –

Beaucoup d’autres villes allemandes avaient connu de tels rassemblements le week-end dernier, mais de moindre ampleur.

L’Allemagne a enregistré samedi 16.000 nouveaux cas de contamination et 207 morts de plus, d’après l’Institut Robert Koch pour les maladies infectieuses, alors que la vaccination est trop lente, selon des experts, pour éviter une troisième vague du Covid-19 malgré les mesures restrictives prises des mois durant pour en freiner la propagation.Manifestation à Londres contre les restrictions sanitaires, le 20 mars 2021

© Niklas HALLE’N Manifestation à Londres contre les restrictions sanitaires, le 20 mars 2021

A Londres, ce sont aussi des milliers de personnes qui ont défilé pour protester contre les restrictions sanitaires, après s’être rassemblées à Hyde Park. La police de la capitale britannique a indiqué avoir interpellé 33 personnes, majoritairement pour avoir enfreint les règles en vigueur depuis janvier qui interdisent de sortir sans motif autorisé.

Aux Pays-Bas, où des émeutes avaient eu lieu en janvier après l’instauration d’un couvre-feu, la police a fait usage de canons à eau pour disperser un groupe de 500 personnes rassemblées illégalement sur la place des Musées d’Amsterdam.

Les manifestants se sont ensuite déplacés vers un canal où la police a bloqué leur progression. Ils ont été acheminés par cars vers un autre site, selon la chaîne locale AT5.

En Suisse, environ 5.000 personnes ont manifesté dans la ville de Liestal, selon la police.

Certains brandissaient des pancartes sur lesquelles était écrit : « Ca suffit ! », « Les vaccins tuent ». 

« Les esclaves modernes portent un masque », pouvait-on par ailleurs lire sur les pancartes que portaient plusieurs d’entre eux tandis qu’un homme arborait sur le visage l’inscription « Masque obligatoire, fermez votre bouche ». 

Ils estiment que le gouvernement suisse a recours à des mesures « dictatoriales » pour imposer les restrictions sanitaires, comme la fermeture des restaurants et des bars.

A Vienne, environ un millier de manifestants, dont certains d’extrême droite, ont défilé avant que la police ne les disperse, selon la presse autrichienne.

Et à Sofia, une manifestation anti-restrictions a rassemblé 500 personnes, nombre d’entre elles ne portant pas de masque.

Avec AFP par burs-mfp/gde/lpt/cls

Russie: Le prix à payer pour s’opposer à Vladimir Poutine

février 6, 2021

L’endroit ressemble à une colonie de travail.

Une cellule du centre de détention de Sakharov

© Mediazona Une cellule du centre de détention de Sakharov

Plusieurs immeubles en briques jaunes de deux ou trois étages hébergent en temps normal des immigrants illégaux.

Mais le centre de détention de Sakharov, à 70 kilomètres de Moscou, a été transformé en prison temporaire pour les milliers de manifestants arrêtés dans les rues de la capitale depuis le 23 janvier.

Quand nous nous y présentons vendredi matin, il fait moins 20 degrés.

Tout au long de la route qui mène à l’entrée, des dizaines et des dizaines de voitures sont garées, le moteur allumé pour garder au chaud ces familles et amis venus porter des vivres et des cadeaux aux détenus.

D’autres font la file dehors devant la réception, emmitouflés dans leur manteau, des sacs d’épicerie dans les bras.

Une jeune fille vient déposer des couvertures pour sa soeur incarcérée au centre Sakharov.

© Tamara Alteresco/Radio-Canada Une jeune fille vient déposer des couvertures pour sa soeur incarcérée au centre Sakharov.

Papier de toilette, chocolat, bouteilles d’eau, oreiller et couverture, il manque de tout, dit Alexey Karpov, 24 ans.

Il le sait parce qu’il vient d’y passer trois jours et qu’il a reçu un seul repas pendant toute sa détention.

Il revient ce matin, mais cette fois, c’est pour apporter à manger aux neuf autres hommes avec qui il a partagé une petite cellule.

«Regardez!», nous dit-il en tendant son téléphone pour montrer les photos qu’il a pu prendre avant de la quitter.

On y voit des lits en métal superposés, sans matelas ni couverture. Il y a une toilette souillée pour tout le groupe et pas de papier hygiénique.

Le plus jeune d’entre nous n’avait que 18 ans, dit-il.

La cellule d'Alexey Karpov

© Alexey Karpov La cellule d’Alexey Karpov

Alexey nous raconte qu’il a été arrêté alors qu’il chantait «liberté» en marchant, tranquille, sur une rue de Moscou près de la prison Matrosskaïa Tichina où Alexeï Navalny est incarcéré.

«La police m’a accosté d’un coup et m’a poussé de force dans un camion avec d’autres, dont un médecin, un écrivain, des gens bien, calmes et éduqués», relate-t-il.

Ils ont tous été amenés ici sans aucune explication.

Alexey Karpov a passé trois jours en détention et il est revenu porter des vivres à ses amis.

© Tamara Alteresco/Radio-Canada Alexey Karpov a passé trois jours en détention et il est revenu porter des vivres à ses amis.

Au total plus de 11 000 personnes ont été arrêtées en Russie depuis l’appel aux manifestations lancé par l’opposant Alexeï Navalny le 23 janvier.

À ce jour, 5408 d’entre elles sont toujours détenues, dont la moitié dans plusieurs établissements de la région de Moscou.

«Je n’ai jamais rien vu de tel, et leurs droits sont bafoués dès leur arrivée au centre», dit Marina Litvinovich de la commission de surveillance publique de Moscou, la seule ONG qui a pu visiter les cellules et parler aux détenus pour évaluer les conditions de détention.

Elle affirme que le centre de détention de Sakharov n’a ni la capacité ni le personnel pour accueillir autant de détenus. Pourtant, il y en a plus de 800 encore aujourd’hui.

Puis elle répète, pour être sûre d’avoir été entendue, qu’elle n’a jamais vu un nombre si élevé d’arrestations simultanées en Russie depuis 20 ans.

Des policiers antiémeute en Russie procèdent à une arrestation musclée d'un jeune manifestant.

© NATALIA KOLESNIKOVA/afp via getty images Des policiers antiémeute en Russie procèdent à une arrestation musclée d’un jeune manifestant.

«La plupart sont des jeunes de 18 à 30 ans, et je fais mon possible pour alléger leur destin», dit Marina Litvinovich en se frottant les mains pour se réchauffer.

Elle est retenue à l’extérieur du centre par plusieurs familles désespérées de lui parler dans l’espoir d’avoir des nouvelles concrètes de leurs proches.

Car la durée des sentences varie de quelques jours à quelques semaines, selon ce dont ils sont accusés.

D’après le porte-parole du Kremlin, les délits qui leur sont reprochés vont du désordre public à la violation des règles sanitaires anti-COVID.

Des policiers patrouillent dans le centre de Moscou, mardi, après la condamnation de Navalny.

© Mediazona Des policiers patrouillent dans le centre de Moscou, mardi, après la condamnation de Navalny.

Mais les témoignages que nous recueillons au centre de détention confirment que plusieurs personnes ont bel et bien été arrêtées de façon complètement arbitraire alors que la police ratissait les rues du centre-ville mardi soir à la recherche de dissidents, arrêtant au passage toute personne qui se trouvait sur son chemin.

«Mon mari sortait d’un café du centre-ville avec un ami quand les forces spéciales l’ont pris par le bras», dit Olga. Nous la rencontrons pendant que, assise dans sa voiture, elle attend que ce soit son tour d’entrer pour déposer une trousse de survie à la réception.

«Il est un homme d’affaires qui n’exprime pas son opinion politique, jamais. Mais tout ce que je sais, dit-elle, c’est qu’il est ici depuis trois jours, enfermé, et je ne sais pas pourquoi ni pour combien de temps.»

Olga au volant de sa voiture. Sur le siège du passager se trouvent des vivres et des emballages.

© Tamara Alteresco/Radio-Canada Olga au volant de sa voiture. Sur le siège du passager se trouvent des vivres et des emballages.

Notre équipe peut suivre des familles à l’intérieur où deux gardiens en uniforme, assis devant une table de bois, font l’inventaire de la nourriture. Une liste écrite à la main sur laquelle figurent les noms de chaque détenu et les présents qui leur sont destinés. Il y a des sacs de pommes, du dentifrice, des craquelins, du salami et même des jeux de société pour passer le temps.

«Je n’ai aucune garantie que mon ami va recevoir la nourriture, mais je sais qu’il a faim», dit Artium qui est venu en taxi déposer deux gros sacs pour un collègue qui a été condamné à sept jours derrière les barreaux pour le simple fait d’avoir participé à la manifestation dimanche dernier.

Artium nous confie, en toute humilité, qu’il n’avait pas osé se joindre à la foule ce jour-là par crainte de la répression.

Un gardien fait l'inventaire de la nourriture déposée à l'entrée du centre de détention.

© Tamara Alteresco/Radio-Canada Un gardien fait l’inventaire de la nourriture déposée à l’entrée du centre de détention.

D’ailleurs, notre équipe voit et filme depuis deux semaines des arrestations violentes au centre-ville. Des escadrons de policiers qui foncent sur la foule pour en sortir à coup de bâton des citoyens sous le choc.

Des épisodes violents à l’image d’un régime nerveux qui a décidé qu’il ne tolérera plus la dissidence. Point.

Le régime a un nouveau message et il est à sens unique : c’est d’imposer la peur, dit le stratège et analyste Konstantin Kalatchev.

Le leader de l'opposition russe Alexeï Navalny lors d’une audience au tribunal de Moscou, le mardi 2 février 2021.

© /Getty Images Le leader de l’opposition russe Alexeï Navalny lors d’une audience au tribunal de Moscou, le mardi 2 février 2021.

À son avis, Alexeï Navalny, avec son courage de revenir au pays en tant que prisonnier politique, n’est qu’un élément déclencheur, mais pas une fin en soi.

Konstantin Kalatchev connaît bien la machine politique en Russie pour y avoir conseillé de nombreux politiciens, y compris des députés du parti au pouvoir Russie Unie de Vladimir Poutine.

Il a beau se dire «neutre» politiquement, il ne peut s’empêcher de déplorer la répression qui a marqué les dernières semaines en Russie.

Il se dit aussi troublé du fait que, parmi les détenus, on compte de nombreux journalistes qui couvraient les manifestations, bien identifiés, revêtus de gilets orange ou jaunes que portent les membres de la presse pour se distinguer lors des grands rassemblements.

L’intimidation de la presse indépendante ne s’arrête pas là.

Sergei Smirnov, l’éditeur en chef du site indépendant Media Zona, a écopé pour sa part d’une sentence de 25 jours en prison parce qu’il a partagé une blague sur Twitter qui, selon les autorités, incitait à participer aux manifestations.

Mais c’est aussi le signe que la propagande de l’État n’est plus efficace, dit Konstantin Kalatchev, et le régime en est conscient.

Un manifestant arrêté au centre-ville de Moscou.

© Tamara Alteresco/Radio-Canada Un manifestant arrêté au centre-ville de Moscou.

Navalny a beau être en prison pour au moins 2 ans et 8 mois, l’impact de son action politique ne s’arrête pas avec son incarcération. Son équipe a décidé, du moins pour le moment, de suspendre les manifestations à grande échelle pour revenir en force au printemps.

Reste que Navalny aura réussi au cours des dernières semaines à réveiller la colère aux quatre coins de la Russie et qu’il mise désormais sur les élections législatives de septembre pour mesurer l’ampleur du désir de changement en Russie.

Alexeï Navalny a d’ailleurs profité de sa dernière tribune publique à la cour, cette semaine, pour dénoncer un régime sans scrupule.

Au moment de quitter Alexey Karpov au centre de détention de Sakharov, il nous dit qu’il n’a plus peur. «J’ai même dit au gardien de prison dans le couloir que ce n’est qu’un au revoir, que je reviendrai s’il le faut.»

Avec La Presse canadienne

Un site web hébergé à Montréal encourage des manifestations armées aux États-Unis

janvier 13, 2021

 Des membres du mouvement Boogaloo lors d’une manifestation en avril 2020 contre les mesures de santé publique contre la COVID-19 à Concord.

© Michael Dwyer/Associated Press Des membres du mouvement Boogaloo lors d’une manifestation en avril 2020 contre les mesures de santé publique contre la COVID-19 à Concord.

Un site web antigouvernemental utilise des serveurs situés à Montréal pour encourager des manifestations armées à travers les États-Unis cette fin de semaine, laissant craindre le risque de davantage de violence lors des cérémonies de la prise de fonction du nouveau président à Washington.

Le site web Tree of Liberty (Arbre de la liberté) prétend être une «plateforme de presse» du mouvement Boogaloo, dont les adeptes sont des proarmes à feu qui se préparent pour une seconde guerre civile américaine. Plusieurs de ses membres ont déjà été accusés d’une série d’infractions violentes, notamment de meurtre, de tentative de meurtre et d’ouverture de feu sur des officiers de police.

Facebook a tenté d’interdire le mouvement au cours de l’été, en disant qu’il soutenait «la violence contre les civils, les forces de l’ordre, et les fonctionnaires et institutions gouvernementales».

Le site web Tree of Liberty du mouvement Boogaloo hébergé par les serveurs montréalais d'OVH, une multinationale d'infonuagique dont le siège social est en France. (CBC)

© CBC News Le site web Tree of Liberty du mouvement Boogaloo hébergé par les serveurs montréalais d’OVH, une multinationale d’infonuagique dont le siège social est en France. (CBC)

Le site de Tree of Liberty est hébergé par les serveurs montréalais d’OVH, une multinationale de l’info nuagique, dont le siège social est en France.

Avisée, une porte-parole de la société a déclaré qu’elle enquêtait sur le site web.

Le site Tree of Liberty a suggéré à ses utilisateurs qu’ils peuvent échapper à la surveillance des forces de l’ordre parce que le site web est hébergé en dehors des États-Unis.

Dans un commentaire récent, un utilisateur a déclaré qu’il avait probablement été identifié comme une «menace terroriste potentielle» en raison de ses convictions politiques et que le département américain de la sécurité intérieure surveillait son activité en ligne.

Dans un courriel adressé à CBC News, un modérateur de site web non identifié a écrit que «la location du serveur était plus rentable au Canada».

La mise en garde du FBI

Les partisans du président Trump prennent d'assaut le Capitole après un rassemblement avec le président.

© Samuel Corum/Getty Images Les partisans du président Trump prennent d’assaut le Capitole après un rassemblement avec le président.

Les Boogalooers font partie des nombreux groupes qui prévoient d’organiser des manifestations avant la cérémonie d’inauguration le 20 janvier, lors de la prise de fonction officielle de Joe Biden à la Maison-Blanche.

Suite à l’invasion du Capitole le 6 janvier par des extrémistes pro-Trump, alors que les élus votaient pour certifier la victoire de Joe Biden, il y a une inquiétude généralisée aux États-Unis sur de possibles nouvelles violences par des groupes qui rejettent les résultats de l’élection du 3 novembre.

Selon plusieurs médias, le FBI a averti les forces de l’ordre locales de se préparer à des manifestations armées auxquelles pourraient assister des extrémistes de la droite.

Un modérateur sur le site Tree of Liberty a encouragé les partisans à apporter des armes à feu aux manifestations prévues dimanche dans les 50 capitales des États.

«Ce sera l’occasion pour les Américains, jeunes et vieux, de montrer physiquement au monde entier la quantité massive de citoyens armés dans ce pays», peut-on lire dans un article faisant la promotion des manifestations.

Dans la section des commentaires, une personne a écrit que les protestations pacifiques ne suffisaient pas et que les exécutions étaient nécessaires pour résoudre les problèmes aux États-Unis.

Depuis l’invasion du Capitole, au cours de laquelle cinq personnes ont trouvé la mort, les entreprises technologiques américaines ont une fois de plus purgé leurs plateformes de contenus liés à des groupes radicaux.

Tree of Liberty a été mis en ligne à l’automne, après que Facebook et d’autres sites de médias sociaux aient tenté de nettoyer leurs plateformes de tout contenu lié à Boogaloo.

Difficile à cerner politiquement

Dans le monde en ligne de la droite radicale, le terme «boogaloo», tiré du film Breakin’ 2 : Electric Boogaloo de 1984 fait généralement référence à la guerre civile. Certains suprémacistes blancs s’affilient au mouvement pour accélérer une guerre raciale. Pourtant, certains Boogalers ont fait les gros titres au cours de l’été pour avoir participé aux manifestations de Black Lives Matter.

Sur le site de Tree of Liberty, des Boogalooers ont pris leurs distances par rapport aux partisans de Trump, bien que beaucoup d’entre eux soutiennent, sans preuve, que l’élection a été truquée et que l’émeute à Washington a été perpétrée par des militants de gauche.

Avec  CBC/Radio-Canada d’après les informations de Jonathan Montpetit de CBC News

États-Unis: Biden condamne une « insurrection » à Washington

janvier 6, 2021

BIDEN CONDAMNE UNE "INSURRECTION" À WASHINGTON

© Reuters/KEVIN LAMARQUE 

WASHINGTON (Reuters) – Les forces de l’ordre s’efforçaient d’évacuer mercredi le Capitole envahi dans l’après-midi par des centaines de partisans de Donald Trump qui sont parvenus à interrompre la procédure de certification qui devait aboutir à l’officialisation de la victoire de Joe Biden à l’élection présidentielle de novembre dernier.

Galvanisés par l’intervention de Donald Trump lors d’une manifestation organisée à Washington, des centaines de contestataires ont franchi le maigre cordon de sécurité qui protégeait le bâtiment où se réunissaient les élus américains qui ont, dans la foulée, interrompu leurs travaux.

L’un des manifestants est parvenu jusqu’au siège habituellement occupé par le président du Sénat d’où il hurlé que « Trump a gagné cette élection ».

Pour Joe Biden, qui a remporté l’élection du 3 novembre avec 7 millions de voix d’avance, le comportement des manifestants est sans contestation possible « à la limite de la sédition ».

« Ce n’est pas une manifestation, c’est une insurrection », a déclaré l’ancien vice-président.

« Je demande à cette foule de se retirer et de laisser la démocratie faire son oeuvre », a ajouté Joe Biden, priant au passage le président en exercice de se présenter à la télévision pour que « cesse le siège ».

« INSURRECTION A WASHINGTON APRES LES ENCOURAGEMENTS DE TRUMP »

Réagissant dans une vidéo publiée sur Twitter, Donald Trump a réaffirmé que sa victoire lui avait été volée tout en demandant à ses partisans de quitter les lieux.

« Vous devez rentrer chez vous, nous avons besoin de paix », a-t-il dit.

Réunis en Congrès, la Chambre des représentants et le Sénat américains avaient ouvert plus tôt la procédure visant à certifier le résultat du vote des grands électeurs qui a abouti en décembre à la désignation de Joe Biden comme vainqueur de la présidentielle de novembre.

Plusieurs élus républicains, appartenant tant à la Chambre qu’au Sénat, avaient ont prévenu qu’ils entendaient contester ce résultat et jouer leur dernière carte pour empêcher Joe Biden de succéder à Donald Trump, qui affirme depuis deux mois qu’on lui a volé sa victoire sans l’avoir jamais prouvé.

Leurs travaux ont été interrompus lorsqu’une foule d’émeutiers s’est approchée du Capitole avant d’y pénétrer, conduisant des policiers acculés à sortir leurs armes à feu. Selon plusieurs médias américains des coups de feu ont été tirés et une personne, au moins, a été blessée.

Sur CNN, où peu de commentateurs cachent leur hostilité à l’encontre de Donald Trump, des journalistes médusés ont évoqué une « tentative de coup d’Etat » et accusé le président américain d’être responsable et d’avoir encouragé l’insurrection.

De fait, Donald Trump avait électrisé quelques heures plus tôt la foule réunie non loin de la Maison blanche en dénonçant les médias et Hillary Clinton, son adversaire de la présidentielle de 2016, ou en présentant les victoires électorales démocrates comme des « explosions de conneries ».

Parmi ces manifestants figuraient un certain nombre de membres de groupes d’extrême droite dont certains appartiennent au mouvement des « Proud Boys » dont le chef, Enrique Tarrio, a été mis à l’écart de la capitale américaine par les autorités locales.

Consciente des risques, les autorités de Washington avaient demandé aux partisans du président américain de ne pas se munir d’armes à feu.

Reuters par Patricia Zengerle et Jonathan Landay (Avec Susan Cornwell, Susan Heavey, Richard Cowan et Tim Ahmann; version française Nicolas Delame)

Tunisie : les prémisses d’une nouvelle révolution ?

décembre 15, 2020
Manifestation pour la liberté d’expression en Tunisie.

Près de dix ans après la chute de Ben Ali, le pouvoir est confronté à une colère qui monte, et dont les motifs sont aussi variés que nombreux. Plusieurs manifestations sont prévues le 17 décembre.

L’affectation territoriale d’un point d’eau dans le Sud tunisien provoque des tensions entre des tribus de Douz et Beni Gueddache. En moins de 48 heures, les affrontements extrêmement violents entre les Mrezig et les Houaya à Aïn Skhouna se sont soldés par un mort et 53 blessés.

Pourtant le lieu, connu pour les vertus curatives de ses eaux chaudes, existe depuis des décennies sans que nul n’en réclame la propriété. Mais c’est compter sans l’instrumentalisation des événements via les réseaux sociaux et les médias.

Avant que des Tunisiens ne tirent sur d’autres Tunisiens et fassent d’une paisible source d’eau un décor de razzia, de fausses informations assuraient que le lieu était un prospère champ pétrolier dont l’exploitation serait imminente sans qu’aucune prospection n’ait été faite et sans qu’aucune autorisation ou permis n’aient été concédés.

D’autres assuraient qu’un projet qatari d’envergure devait voir le jour à Aïn Skhouna. Suffisamment pour susciter, sous couvert de revendications tribales, les convoitises dans une région oubliée du développement.

Tribalisme

Le phénomène n’est pas nouveau, mais ce tribalisme connaît un nouvel éveil depuis 2011. À Gafsa (Sud), des tribus se sont écharpées en 2012 au motif d’une prééminence sur le terrain. Elles exigeaient que les emplois proposés par la Compagnie des phosphates de Gafsa soient réservés à leurs enfants. Si pour certains, ce mode de transmission est d’un autre temps, à Gafsa il est solidement ancré.

La CPG prévoit en effet des quotas par tribus. « Le réveil de la tribalité a bon dos ; les citoyens cherchent à faire entendre leurs voix par tous les moyens et pourquoi pas à travers ce réseau là quand les autres échouent à être des relais », commente un ancien de l’association Kolna Tounes.

LES TUNISIENS SEMBLENT DÉCIDÉS À RELANCER LES MOUVEMENTS PROTESTATAIRES

L’impossibilité de se faire entendre par un pouvoir, sourd aux demandes populaires, se mue en colère. « Les tensions ont besoin d’un exutoire et nous avons failli à créer du collectif », explique le sociologue Mohamed Jouili. En dix ans, corporations, secteurs, femmes, étudiants, syndicats, tous ont tenté, via différents réseaux, de transmettre leurs revendications, en vain. Les revendications s’accumulent, les exigences se stratifient, mais rien n’aboutit réellement. Même le très attendu Code des collectivités locales adopté en 2018 n’est toujours pas entré en application intégralement.

Ce qui explique pourquoi les Tunisiens, sans se concerter, semblent bien décidés à relancer les mouvements protestataires. « Front du salut », « Dialogue national », « Tous ensemble au Bardo », « Ensemble arrachons la rue », « Contre les violences faite aux femmes » sont autant de bannières, officiellement non partisanes, qui comptent encadrer les manifestations annoncées le 17 décembre.

Faillite sociétale et politique

Le jour choisi n’est pas anodin : il correspond à l’immolation en 2010 de Mohamed Bouazizi, initiateur de la révolution tunisienne. Mais cette date bien que célébrée régulièrement par les médias n’a jamais été considérée comme celle de la révolution malgré la tentative de certains mouvements politiques comme l’ancien Congrès pour la République (CPR) de l’ancien président Moncef Marzouki d’en faire un évènement national.

Toutes classes sociales et tous motifs confondus, les Tunisiens sont passés de la revendication à la colère. « Elle gronde depuis longtemps. Placés au pied du mur, les gouvernements successifs ont tentés de l’apaiser mais les mesures annoncées à grand renforts de gros titres et jamais appliquées ont fini par lasser les citoyens. Tous espéraient un mieux-être mais ont vu leur pouvoir d’achat s’étioler », résume Achraf Zariat, un syndicaliste de Gabès.

AUJOURD’HUI, DE 7 À 77 ANS, ON EST TOUS EN COLÈRE

Si bien que le 17 décembre, la rue sera le réceptacle de cette colère, bien que les différents mouvements protestataires ne soient pas au diapason : les uns veulent annuler la loi de finances, les autres en finir avec la corruption, mais tous disent surtout l’immense désarroi de la Tunisie face à une faillite essentiellement sociétale et politique.

Au fil des années, faute de débats de fonds sur des objectifs communs et les politiques publiques souhaitées, le tissu social s’est disloqué en générant encore plus de divisions. Et d’énormes frustrations.

« En 2011, on parlait de la colère des jeunes. Aujourd’hui, de 7 à 77 ans, on est tous en colère », constate Walid, un étudiant en gestion. Un courroux général dont parfois on oublie la cause face au constat de délabrement du pays. « Comment revendiquer pour ma pension quand la pauvreté s’insinue partout ? », s’interroge une retraitée de la fonction publique.

La rue en ébulition

Mais si la société civile et les partis sont unanimes à imputer l’échec tunisien au système politique, ils peinent à émettre de nouvelles propositions, en dehors des mesures consensuelles — nouvelle loi électorale, amendement de la constitution ainsi que la mise en place des corps constitués comme la cour constitutionnelle et le réveil des instances électorales. Une dissolution de l’Assemblée est en principe possible, mais dans les faits très compliquée à mettre en œuvre sans Cour constitutionnelle.

« L’impasse politique a été dénoncée depuis au moins cinq ans mais les partis ne voudront jamais courir le risque de perdre leur siège. Le pays n’est qu’un butin pour eux » dénonce un membre de l’ONG Mourakiboune. En attendant, la rue est en ébullition au risque de débordements irrécupérables.

Avec Jeune Afrique par Frida Dahmani – à Tunis

Mauritanie : le gouvernement «indigné» par les attaques contre l’islam et son prophète

octobre 27, 2020

Le gouvernement mauritanien s’est dit «indigné» par les attaques contre l’islam «sous le fallacieux prétexte de la liberté de la presse», tout en «dénonçant» tout acte de «terreur» au nom de la religion, après la défense par le président français Emmanuel Macron de la liberté de caricaturer le prophète Mahomet.

«La République islamique de Mauritanie suit avec indignation les actions d’incitation menées depuis un certain temps contre l’islam sous le fallacieux prétexte de la liberté de la presse, ainsi que la provocation des musulmans en portant atteinte à notre Prophète» Mahomet, a indiqué le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué reçu mardi 27 octobre. Le pays sahélien, où est appliquée la charia (loi islamique), «dénonce» cependant «tout acte de terreur commis au nom de la religion contre des innocents», dans ce communiqué.

Emmanuel Macron est devenu la cible de manifestations dans plusieurs pays après avoir promis que la France continuerait à défendre ce genre de caricatures, lors d’un hommage national le 21 octobre à Samuel Paty, un professeur décapité dans un attentat islamiste le 16 octobre pour en avoir montré certaines à ses élèves. Des dizaines de jeunes ont par ailleurs manifesté lundi près de l’ambassade de France à Nouakchott pour dénoncer les propos du dirigeant français, a constaté un journaliste de l’AFP.

Le parti islamiste Tewassoul, première force de l’opposition à l’Assemblée nationale, a quant à lui appelé le gouvernement mauritanien à prendre «une forte position contre les propos indécents et inacceptables de Macron» et appelé «à un boycott économique de la France», à l’instar de celui prôné par le président turc Recep Tayyip Erdogan.

Par Le Figaro avec AFP

Nigeria: Nouvelle manifestation contre les violences policières à Lagos

octobre 17, 2020

Des milliers de Nigérians sont à nouveau descendus dans la rue samedi à Lagos, alors que le mouvement contre les violences policières ne cesse de prendre de l’ampleur, a constaté une journaliste de l’AFP.

Plus de 10.000 personnes ont envahi les rues du centre-ville de la capitale économique du pays, la plupart brandissant des drapeaux vert et blanc du Nigeria, bloquant les principaux axes de circulation.

Cette mobilisation inédite de la jeunesse nigériane est née mi-octobre sur les réseaux sociaux, après la diffusion d’une vidéo montrant un homme tué par des agents présumés de la SARS. Cette unité de police est accusée depuis des années de racketter la population, d’arrestations illégales, de torture et même de meurtre.

Face à la pression de la rue, le gouvernement a annoncé dimanche dernier le démantèlement immédiat de cette unité spéciale et promis de réformer la police.

Mais ces annonces n’ont pas suffi à apaiser la jeunesse, qui demande désormais au gouvernement de rendre des comptes, de lutter contre la corruption et d’accorder plus de libertés.

Les premières marches ont d’abord été dispersées violemment par les forces de l’ordre. Au moins dix personnes ont été tuées et des centaines d’autres blessées, selon Amnesty International.

Vendredi soir, une foule considérable s’était rassemblée devant un péage de Lagos, devenu l’épicentre de la contestation, pour une veillée funèbre en hommage aux victimes des violences policières.

Par Le Figaro avec AFP

Israël: manifestations anti-Netanyahu malgré les restrictions sanitaires

octobre 10, 2020

Des manifestants opposés au premier ministre israélien Netanyahu se sont rassemblés samedi soir en Israël, malgré des mesures liées sanitaires limitant les manifestations.

Depuis juillet, des manifestants se réunissent chaque samedi soir pour critiquer la gestion économique et sanitaire de la pandémie par le gouvernement de Benjamin Netanyahu qu’ils accusent aussi d’être «corrompu».

La semaine dernière, le Parlement israélien a approuvé une loi restreignant les rassemblements lors du reconfinement, qui, selon ses détracteurs, vise à faire taire les manifestations contre Benjamin Netanyahu, inculpé pour corruption. La loi interdit notamment aux manifestants de s’éloigner de plus d’un kilomètre de leur domicile. La police a indiqué samedi que pour pouvoir manifester, les protestataires devaient aussi respecter d’autres consignes: un groupe de manifestants doit comprendre au maximum 20 personnes qui doivent elles-mêmes se tenir à 2 mètres l’une de l’autre et porter des masques. Chaque groupe doit être séparé d’un autre par au moins 20 mètres.

A Jérusalem, les manifestants, arborant des drapeaux israéliens et des banderoles portant l’inscription «va-t’en» en hébreu, ont respecté ces règles.

A Tel-Aviv -où des milliers de personnes ont manifesté selon un photographe de l’AFP-, des affrontements ont éclaté entre la police et les manifestants. Micky Rosenfeld, le porte-parole de la police, a indiqué dans un communiqué que des manifestants n’avaient pas respecté les règles de distanciation requises et se déplaçaient sans coordination. «Les manifestants ont lancé des objets sur des policiers et les ont affrontés. Les unités de police sur les lieux ont répondu aux incidents et aux manifestations illégales», a-t-il dit.

Avec plus de 280.000 cas confirmés et plus de 1900 décès sur une population de neuf millions d’habitants, Israël est un des pays avec le taux d’infection des plus élevés au monde.

Par ailleurs, le ministère de la Santé a appelé la communauté ultra-orthodoxe à la vigilance pendant la fête juive de Simhat Torah qui a lieu samedi soir. Il lui a demandé de respecter les règles sanitaires et de distanciation et de tenir les prières en extérieur

Par Le Figaro avec AFP

                                                  

Côte d’Ivoire : cinq morts après plusieurs jours de violences

août 15, 2020

Des policiers interpellent un manifestant lors des rassemblements contre une nouvelle candidature d’Alassane Ouattara, à Abidjan le 13 août 2020.

Des policiers interpellent un manifestant lors des rassemblements contre une nouvelle candidature d’Alassane Ouattara, à Abidjan le 13 août 2020. © REUTERS/Luc Gnago

 

Cinq personnes sont mortes après plusieurs jours de violences liées à l’annonce de la candidature à un troisième mandat du président Alassane Ouattara, a annoncé le gouvernement, appelant à « la retenue ».

Les manifestations ont engendré « de nombreux dérapages qui ont causé cinq morts et 104 blessés », a fait savoir le ministre de la Sécurité et de la protection Civile, le général Diomandé Vagondo, dans un nouveau communiqué publié vendredi soir.

« Dix policiers et deux gendarmes » comptent parmi les blessés, selon le ministre ivoirien, qui annonce « un retour au calme sur toute l’étendue du territoire national ». Et « 68 personnes ont été interpellées pour troubles à l’ordre public, incitation à la révolte, violence sur les forces de l’ordre et destruction de biens d’autrui », au cours de ces manifestations.

« Le calme est revenu à Gagnoa »

Un peu plus tôt, la police avait annoncé un mort dans des heurts à Gagnoa, ville natale de l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo. « Nous déplorons un tué dans des affrontements dans la nuit d’hier à aujourd’hui entre des pro et anti-troisième mandat », a déclaré le maire de Gagnoa, Yssouf Diabaté. « Il y a eu des blessés de part et d’autre », a-t-il poursuivi, affirmant que « le calme est revenu ».

Selon le communiqué du gouvernement, trois personnes ont été tuées lors des violences survenues à Daoukro, bastion de l’ancien président Henri Konan Bédié, également candidat à la présidentielle d’octobre. Les sièges du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) comme du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP, parti présidentiel) y ont été saccagés mercredi.

« Tout en déplorant ces actes de vandalisme et leurs conséquences dommageables, le gouvernement appelle l’ensemble des populations à la retenue », conclut le communiqué du général Diomandé Vagondo.

Par Jeune Afrique avec AFP

Manifestations en Côte d’Ivoire : le gouvernement promet « la plus grande fermeté »

août 14, 2020

Des manifestants opposés à une candidature d'Alassane Ouattara a un troisième mandat affrontent les forces de l'ordre, à Abidjan, le 13 août 2020.

Des manifestants opposés à une candidature d’Alassane Ouattara a un troisième mandat affrontent les forces de l’ordre, à Abidjan, le 13 août 2020. © Diomande Ble Blonde/AP/SIPA

 

Au lendemain des affrontements qui ont marqué plusieurs des manifestations contre une candidature d’Alassane Ouattara à un troisième mandat, le gouvernement a mis en garde les contestataires et affiche « sa détermination à ne pas laisser s’installer le désordre ».

« Les instigateurs de ces troubles et leurs auteurs répondront de leurs actes devant la justice ». Dans le communiqué de presse rendu public ce vendredi, au lendemain de manifestations contre une candidature d’Alassane Ouattara à un troisième mandat qui ont pour certaines dégénéré en affrontements violents dans plusieurs villes du pays, le général Diomandé Vagondo, ministre de la Sécurité et de la protection civile, a mis en garde les organisateurs et les personnes qui ont participé à ces rassemblements interdits par les autorités.

Le gouvernement « s’engage à agir, avec la plus grande fermeté, et à ne tolérer aucune entrave à la quiétude des Ivoiriens » et déplore une « dynamique de défiance de l’autorité de l’État », affirme le communiqué. Accusant, sans les nommer, « certaines formations politiques de l’opposition » d’avoir appelé à protester « au mépris des procédures administratives », le général Diomandé Vagondo a également insisté sur « le caractère illicite et violent de ces manifestations ».

Au moins trois morts jeudi

Des policiers interpellent un manifestant lors des rassemblements contre une nouvelle candidature d’Alassane Ouattara, à Abidjan le 13 août 2020.
Des policiers interpellent un manifestant lors des rassemblements contre une nouvelle candidature d’Alassane Ouattara, à Abidjan le 13 août 2020. © REUTERS/Luc Gnago

Si le calme était revenu sur la quasi totalité du territoire, ce vendredi matin – le quartier de Yopougon, à Abidjan, était encore le théâtre de tensions dans la matinée – , la journée de jeudi a été marquée par de violents affrontements qui ont fait trois morts, selon les autorités ivoiriennes. Celles-ci ont par ailleurs annoncé que 59 personnes avaient été interpellées, dont 45 dans la seule ville d’Abidjan.

Les rassemblements sporadiques, lors desquels des manifestants ont érigé des barricades et brûlé des pneus, ont été systématiquement dispersés par les forces de l’ordre. Dans la commune de Yopougon, des confrontations entre policiers et manifestants ont paralysé la circulation dans la zone du palais de justice.

À Port-Bouët, des dizaines de personnes ont bloqué la voie principale, tandis qu’à Cocody, un groupe de femmes du mouvement Générations et Peuples Solidaires (GPS) de Guillaume Soro a été interpellé.

Les événements de jeudi ont été particulièrement violents à Bonoua, la ville de Simone Gbagbo, où deux personnes ont été tuées.

Bictogo pointe la responsabilité de Bédié

Jeudi, la direction du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP, parti présidentiel) a de son côté tenu une conférence de presse pour annoncer la date de l’investiture de son candidat, fixée au samedi 22 août et qui se déroulera au stade Félix-Houphouët-Boigny, à Abidjan. C’est déjà là qu’Alassane Ouattara avait été investi par son parti en 2015, lorsqu’il briguait son second mandat, qui s’achève cette année.

Interrogé sur les manifestations et les violences, Adama Bictogo, secrétaire exécutif du RHDP, a pris à partie Henri Konan Bédié, candidat déclaré du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA). Il est en particulier revenu sur les incidents qui ont éclaté mercredi à Daoukro, où les sièges du RHDP et du PDCI ont été saccagés par des manifestants et où les affrontements entre partisans et opposants à une nouvelle candidature de Ouattara ont fait au moins trois morts.

Le patron du parti présidentiel a estimé que Bédié « doit être conséquent avec lui-même et considérer que sa responsabilité peut être aussi engagée car c’est chez lui, à Daoukro, que ces événements ont eu lieu, au lieu de nous faire croire par un communiqué que les forces de l’ordre n’ont pas encadré les militants de bonne foi. »

La veille, le « Sphinx de Daoukro » – le surnom d’Henri Konan Bédié – avait quant à lui dénoncé « des agressions organisées par des hordes instrumentalisées, venues d’ailleurs », à l’encontre de « braves militants pacifistes de Ferkessédougou, de Daoukro, de Daloa, d’Oumé et d’autres villes de la Côte d’Ivoire, agissant pour la noble cause de préservation de l’inviolabilité de notre loi fondamentale ».

Déplorant par ailleurs « des arrestations arbitraires » Henri Konan Bédié a également « invité ardemment le président de la République, garant des libertés publiques et les autorités militaires ivoiriennes, à faire cesser ces agressions et à assurer la protection des biens et des personnes désireuses d’exprimer librement leur opinion ».

Par Jeune Afrique