Posts Tagged ‘Manifestations’

Harcèlement sexuel: des milliers d’employés de Google manifestent à travers le monde

novembre 1, 2018

San Francisco – De Singapour à New York, en passant par Londres et même au siège mondial en Californie, des milliers d’employés de Google ont observé jeudi un arrêt de travail pour dénoncer la gestion du harcèlement sexuel au sein de l’entreprise.

Ce mouvement social, le premier de cette ampleur au sein de cette entreprise symbole de modernité, est parti d’un article du New York Times paru la semaine dernière: le quotidien affirmait que Google avait couvert ces dernières années une série de cas de harcèlements sexuels impliquant des hauts responsables, dont Andy Rubin, créateur du système d’exploitation mobile Android, parti du groupe en 2014 avec une indemnité de 90 millions de dollars. M. Rubin a nié ces allégations.

Les organisateurs du mouvement avaient appelé les quelque 90.000 employés de Google dans le monde à sortir de leurs bureaux à 11 heures du matin, dans leur fuseau horaire respectif.

Au siège social du groupe, à Mountain View (Californie), des images diffusées par des salariés sur Twitter et par des télévisons locales montraient des milliers de salariés –surnommés « Googlers »– rassemblés entre les nombreux bâtiments du campus, le « Googleplex », en pleine Silicon Valley, le berceau des géants technologiques.

« Douze ans chez Google, et je n’ai jamais vu une foule aussi nombreuse. Fier d’être là pour soutenir la justice et la transparence », a notamment commenté sur Twitter un salarié, Ken Norton.

Le PDG, Sundar Pichai a fait savoir dans une déclaration écrite qu’il soutenait les employés qui choisissaient de débrayer.

Non loin de là, à San Bruno, ce sont des employés de la plate-forme vidéo YouTube, propriété du géant, qui ont eux aussi cessé le travail pour se rassembler par centaines devant leurs locaux.

Les rassemblements avaient démarré en Asie, à Singapour, où une centaine d’employés s’étaient regroupés en interne, selon une photo postée sur un compte Twitter animé par les organisateurs, puis à Tokyo, également en interne, et à Hyderabad, en Inde, selon plusieurs comptes suivant les manifestations.

Le mouvement a ensuite gagné l’Europe. Environ 500 employés se sont rassemblés dans un espace extérieur du siège européen de Google à Dublin. Et à Londres, des centaines d’autres se sont réunis dans une grande salle de l’entreprise avant de sortir dans la rue.

« Nous protestons pour soutenir nos collègues qui ont été victimes de harcèlement et pour réclamer que les auteurs ne soient pas protégés ou récompensés », a expliqué à l’AFP Sam Dutton, un développeur.

D’autres rassemblements ont été organisés à Berlin et Zurich, selon le compte Twitter des organisateurs.

– « Profondément désolé » –

A New York, où Google emploie près de 10.000 personnes, des centaines d’employés, pour la plupart âgés de moins de 40 ans, se sont retrouvés dans un parc proche des bureaux de l’entreprise dans le quartier de Chelsea. Certains étaient munis de pancartes affirmant que « L’heure est venue pour la high-tech » (« Time’s Up Tech »), une référence au mouvement « Time’s Up » de défense des personnes victimes de harcèlement sexuel, né dans la foulée du #MeToo en octobre 2017.

Quatre femmes et un homme se sont succédé au mégaphone pour pousser les manifestants à exiger un changement de culture chez Google, où les femmes représentaient en 2017 seulement 31% des salariés, et 25% des responsables.

« Nous avons l’ambition d’être la meilleure entreprise au monde », a lancé l’une des organisatrices new-yorkaises, Demma Rodriguez. « Chez Google, on attend de nous qu’on soit exceptionnel, qu’on tienne nos objectifs. Mais nous avons aussi des objectifs en tant qu’entreprise », a-t-elle ajouté, soulignant que l’une des valeurs de Google était « le respect ».

Claire Stapleton, une autre organisatrice, s’est félicitée du succès du mouvement, expliquant que l’idée était née lundi et s’était propagée dans l’entreprise via un groupe d’emails réunissant quelque 1.500 personnes.

« Je crois que (…) que nous voulons tous un changement (..) Je crois que la direction nous écoute », a-t-elle déclaré.

Après l’article du New York Times, Sundar Pichai avait envoyé un courriel aux salariés du groupe, indiquant que 48 salariés, dont 13 hauts responsables, avaient été renvoyés pour harcèlement sexuel ces deux dernières années, sans indemnité.

Il a assuré que le groupe ne tolérait plus aucun comportement déplacé.

Mardi soir, dans un autre message interne rendu public par le site spécialisé Ars Technica, le dirigeant s’est dit « profondément désolé pour les actions passées et le mal qu’elles ont causé aux employés ».

Mercredi, Alphabet, la maison mère de Google, a confirmé que Rich DeVaul, un responsable de « X », la division du groupe dédiée aux projets futuristes (ballons pour diffuser internet, drones de livraison…), venait de quitter Alphabet sans indemnité.

M. DeVaul faisait partie des hauts cadres « protégés » par Google alors que le groupe les savait accusés de harcèlement, selon le New York Times. D’après le quotidien, il avait fait des avances en 2013 à une femme qui candidatait chez Google.

La Silicon Valley est depuis plusieurs années accusée de sexisme et de fermer les yeux sur le harcèlement sexuel.

Romandie.com avec(©AFP / 01 novembre 2018 20h26)                                                        

Publicités

Trump attaque les opposants anti-Kavanaugh avant un vote crucial au Sénat

octobre 5, 2018

Des manifestants contre la nomination du juge Kavanaugh à New York, devant la Trump Tower, le 4 octobre 2018 / © AFP / TIMOTHY A. CLARY

Donald Trump a accusé vendredi le milliardaire progressiste George Soros de financer les manifestations contre Brett Kavanaugh, avant un vote crucial au Sénat sur la candidature du magistrat conservateur à la Cour suprême.

Les sénateurs, qui ont le dernier mot sur les nominations à vie au sein de la plus haute juridiction des Etats-Unis, avaient engagé vendredi les dernières délibérations. Un vote de clôture sur la confirmation du juge Kavanaugh est prévu vers 10H30 (14H30 GMT), avant un vote final peut-être le lendemain.

L’issue des débats reste incertaine. La majorité des républicains au Sénat (51 contre 49) est très courte et trois de ses membres n’ont pas encore fait connaître leur position.

La candidature de Brett Kavanaugh, un fervent défenseur des valeurs conservatrices choisi par Donald Trump, divise fortement l’Amérique. Des accusations d’abus sexuels remontant à sa jeunesse ont encore renforcé les tensions.

Des milliers de manifestants ont défilé jeudi à Washington pour demander aux sénateurs de voter contre lui. Certains sont entrés dans un bâtiment du Sénat pour tenter de faire plier les sénateurs indécis et environ 300 ont été brièvement arrêtés. Des femmes avaient aussi, plusieurs jours auparavant, interpellé le sénateur républicain Jeff Flake dans un ascenseur du Congrès.

Brett Kavanaugh entendu par les sénateurs le 5 septembre 2018 à Washington / © AFP/Archives / SAUL LOEB

La Maison Blanche les a vivement critiqués vendredi.

« Les manifestants (…) qui hurlent dans l’ascenseur sont des professionnels qui ont été payés pour donner une mauvaise image des sénateurs. Ne vous laissez pas avoir! », a tweeté le président Trump. « Regardez aussi toutes les pancartes identiques faites par des professionnels. Payées par Soros et d’autres », a-t-il ajouté.

La fondation du milliardaire américain d’origine hongroise George Soros finance plusieurs ONG dans le monde, allant de la défense des droits de l’homme à l’aide aux réfugiés. Il est la cible régulière de la droite dure européenne, notamment du Premier ministre hongrois Viktor Orban, et d’une partie de l’alt-right aux Etats-Unis, l’extrême droite américaine.

– « Colère » –

Des manifestants contre la confirmation du juge Kavanaugh le 4 octobre 2018 au Capitole à Washington, avec une grande banderole « Nous croyons tous les survivants » / © AFP / ANDREW CABALLERO-REYNOLDS

Malgré la mobilisation anti-Kavanaugh, la Maison Blanche s’est dite « confiante » sur l’issue du scrutin. En meeting dans le Minnesota, Donald Trump a même estimé jeudi soir que l’affaire Kavanaugh était de nature à mobiliser l’électorat républicain à l’approche des élections parlementaires du 6 novembre.

La « résistance » des démocrates à la nomination du juge « alimentée par la colère, est en train de se retourner contre eux comme jamais », a-t-il assuré.

Brett Kavanaugh, un brillant magistrat héraut des valeurs conservatrices, était en bonne voie d’être confirmé, quand une femme est sortie de l’ombre à la mi-septembre pour l’accuser d’une tentative de viol remontant à une soirée entre lycéens en 1982.

Lors d’une audition suivie par 20 millions d’Américains, Christine Blasey Ford, une universitaire de 51 ans, s’est dite sûre « à 100% » d’avoir été agressée par le jeune Kavanaugh. En colère et offensif, le magistrat s’est dit tout aussi certain de son innocence.

Manifestation contre le juge Brett Kavanaugh devant le Capitole, le 4 octobre 2018 à Washingtonn / © AFP / JIM WATSON

Démarche extrêmement rare pour un candidat à la Cour suprême, ce dernier s’est expliqué dans une tribune publiée par le Wall Street Journal sur ce ton « tranchant ».

« J’ai dit des choses que je n’aurais pas dû dire. J’espère que tout le monde peut comprendre que j’étais là-bas en tant que fils, mari et père », a-t-il justifié.

– « Incomplète » –

Confronté à deux vérités irréconciliables, le Sénat avait, sous la pression d’élus indécis, demandé un complément d’enquête au FBI, qui a rendu son rapport confidentiel mercredi soir à la Maison Blanche.

La Cour suprême américaine / © AFP / Gal ROMA

Les sénateurs ont pu en consulter une copie jeudi dans une salle fermée. Les républicains en sont sortis ragaillardis, les démocrates frustrés.

« Cette enquête n’a trouvé aucune trace de comportement inapproprié », a estimé le chef républicain de la commission judiciaire du Sénat, Chuck Grassley.

« Ce qui est notable avec ce rapport, ce n’est pas ce qui est dedans, mais ce qui n’y est pas », a rétorqué la sénatrice démocrate Dianne Feinstein, dénonçant une enquête « incomplète ».

L’intensité des débats s’explique par l’importance de la Cour suprême.

La haute cour est l’arbitre des questions de société les plus épineuses aux Etats-Unis: peine de mort, droit à l’avortement, lois sur les armes à feu, mariage homosexuel… L’entrée de Brett Kavanaugh, 53 ans, en son sein, placerait les juges progressistes en minorité pour de nombreuses années.

Les sénateurs républicains soutiennent quasiment tous le candidat de Donald Trump, mais trois modérés –Jeff Flake, Susan Collins et Lisa Murkowski– détiennent la clé du vote. Ils réservent encore leur décision.

Du côté démocrate, le sénateur Joe Manchin reste indécis.

Romandie.com avec(©AFP / (05 octobre 2018 16h23)

RDC: manifestations contre la « machine à voter »

septembre 3, 2018

Kinshasa – Des militants de Lucha (Lutte pour le changement) ont été dispersés ou interpellés lundi lors des manifestations contre la « machine à voter » en République démocratique du Congo, à moins de quatre mois de la présidentielle qui doit élire le successeur du président Joseph Kabila.

A Kinshasa, 22 militants ont été brièvement interpellés devant le siège de la commission électorale (Céni). « Ils ont tenté de marcher, la police les a interpellés. Mais, il n’y avait pas de motif pour les arrêter, je les ai relâchés », a déclaré à l’AFP le général Sylvano Kasongo, chef de la police de Kinshasa.

« Les jeunes de Lucha sont venus, ils n’avaient pas peur, ils sont allés jusque devant la Céni en scandant: non à la machine à voter, non à la machine à voter », a témoigné un vendeur des carte téléphonique.

« Ils ont été interpellés sans opposer de résistance, ils ont été jetés dans une jeep de la police », a ajouté un autre témoin.

A Goma, capitale du Nord-Kivu (est), une manifestation de Lucha a violemment été dispersée par les forces de l’ordre. Plusieurs militants ont été bastonnés et d’autres interpellés, selon un correspondant de l’AFP.

« Nous avons rétabli l’ordre public, il y a une vingtaine des jeunes interpellés », a déclaré à l’AFP le colonel Job Alisi, commandant de la police de Goma (Nord-Kivu).

« Je n’ai pas autorisé la marche d’aujourd’hui, la police n’a fait que son travail de rétablir l’ordre », a dit le maire de Goma, Timothée Mwissa Kiense.

A Bukavu, chef-lieu de la province du Sud-Kivu (est), 17 militants ont été interpellés pendant une heure, selon le mouvement.

« Nous avons été brutalisés, tabassés, torturés. Deux d’entre nous sont grièvement blessés et d’autres ont des égratignures, d’autres ont perdu de l’argent et leurs téléphones portables », a déclaré à l’AFP la militante Judith Maroy.

« Ces militants de la Lucha n’ont été ni brutalisés ni torturés, ils ont été dispersés et les interpellés ont été relâchés sans être verbalisés », a réagi Linda Marhegane, porte-parole de la police.

Des interpellations ont eu lieu ailleurs: 18 à Mbandaka (nord-ouest), deux à Lubumbashi (sud-est), sept à Tshikapa et six à Mbuji-Mayi (centre). Une marche a été dispersée à Kisangani.

A Kananga, grande ville du Kasaï (centre) les militants ont manifesté jusqu’au siège de la Céni où ils ont déposé un mémorandum dans lequel ils exigent « l’abandon de la machine à voter et l’extirpation de 16% d’électeurs fictifs » du fichier électoral, a rapporté un correspondant de l’AFP.

Lucha avait appelé à des marches pour exiger l’abandon des « machines à voter ».

Ces machines, qui servent à choisir les candidats et à imprimer les bulletins de vote, sont au coeur d’une controverse entre la Céni et l’opposition.

Jeudi, la Céni avait dénoncé un « débat politique » et des « intoxications » au sujet des machines à voter et du fichier.

Joseph Kabila, dont le second mandat aurait dû s’achever en décembre 2016 et qui ne pouvait pas se représenter, a désigné comme candidat de son parti Ramazani Shadary.

Romandie.com avec(©AFP / 03 septembre 2018 14h43)                                                        

Allemagne: 18 blessés à Chemnitz, toujours sous tension

septembre 2, 2018

Encadrés par les forces de l’ordre, des partisans du parti d’extrême droite AfD défilent à Chemnitz dans l’est de l’Allemagne le 1er septembre 2018 / © AFP / John MACDOUGALL

Dix-huit personnes ont été blessées en marge de nouvelles manifestations samedi soir dans la ville allemande de Chemnitz, épicentre de la contestation anti-migrants de l’extrême droite, contre laquelle le ministre des Affaires étrangères a appelé à la mobilisation générale.

Selon un bilan publié dimanche par la police, des heurts avec les forces de l’ordre sont survenus lors de la dispersion de deux cortèges antagonistes ayant rassemblé au total plus de 11.000 personnes.

D’un côté, environ 8.000 sympathisants de la droite ultra anti-migrants ont marché dans les rues de cette cité saxonne de l’ex-RDA, en hommage à un Allemand de 35 ans tué il y a une semaine de coups de couteau.

La justice a arrêté dans cette affaire un demandeur d’asile irakien et un Syrien.

– Afghan frappé –

De l’autre, quelque 3.000 sympathisants de gauche ont organisé une contre manifestation pour dénoncer l’extrême droite.

Parmi les blessés, légers pour la plupart, figurent trois policiers.

Un groupe de militants sociaux-démocrates a été agressé et leurs drapeaux cassés en rejoignant leur bus. Un responsable du parti, Sören Bartol, s’est dit « scandalisé » sur Twitter.

Une équipe de la télévision publique locale MDR a déposé plainte après avoir été agressée lors d’un tournage.

Chemnitz n’est ni grise ni brune », pouvait-on lire sur une immense affiche collée sous l’imposant buste de Karl Marx situé devant l’Hôtel de Ville. Chemnitz fut baptisée Karl-Marx-Stadt durant la période communiste en RDA. / © AFP / John MACDOUGALL

Par ailleurs, en marge de ces rassemblements, dans un quartier périphérique de Chemnitz, un Afghan de 20 ans a été roué de coups dans la soirée par un groupe de quatre hommes au visage camouflé. Il a été légèrement blessé selon la police.

Le rassemblement anti-migrants était organisé à l’initiative principalement de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD).

Certains des participants scandaient « nous sommes le peuple », reprenant le slogan des manifestants lors de la chute du régime communiste de RDA à l’automne 1989, ou encore « Merkel dégage! ».

– Merkel sous pression –

Chemnitz est sous tension permanente depuis une semaine.

Le 26 août, juste après le meurtre ayant mis le feu aux poudres, une manifestation de sympathisants d’extrême droite avait dégénéré en « chasses collective » à l’étranger dans les rues de Chemnitz, certains défilant en faisant le salut hitlérien.

Et le lendemain, des échauffourées entre manifestants d’extrême droite et d’extrême gauche avaient fait plusieurs blessés.

Le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas a exhorté dimanche la population à se mobiliser pour défendre les valeurs démocratiques.

Allemagne: face-à-face entre pro et anti-étrangers à Chemnitz / © AFP / Marion Payet, Bart Biesemans

« Malheureusement, notre société s’est installée dans un confort dont il nous faut sortir » face aux défis de Chemnitz, a dit le chef de la diplomatie au quotidien Bild.

« Il nous faut quitter nos divans douillets et prendre la parole », a-t-il dit, en demandant que le « coma éveillé » de la majorité de la population, qui ne soutient pas les idées de la droite ultra, prenne fin.

Lundi à Chemnitz, un concert rock contre la xénophobie est prévu sous le mot d’ordre « Nous sommes plus nombreux ».

Lors d’un concert de son groupe U2 cette semaine à Berlin, le chanteur irlandais a pris position sur ces événements en estimant que les néonazis de Chemnitz n’avaient « pas leur place en Europe ».

Sur le plan politique, les échauffourées de Chemnitz illustrent à nouveau les difficultés persistantes d’Angela Merkel sur la question migratoire dans son pays.

L’opposition, et pas seulement à l’extrême droite, continue à lui reprocher sa décision il y a tout juste trois ans – le 4 septembre 2015 – d’ouvrir les portes du pays à plus d’un million de demandeurs d’asile en 2015 et 2016.

La chancelière de centre-droit a condamné les « chasses » aux étrangers de Chemnitz mais est restée depuis silencieuse sur le sujet.

La question divise il est vrai profondément son propre camp conservateur, et donc son gouvernement.

L’aile droite bavaroise de son parti démocrate-chrétien (CSU) ne cesse de la critiquer et de réclamer une politique migratoire plus dure, avec en ligne de mire deux élections régionales en octobre, en Hesse et justement en Bavière.

Romandie.com avec(©AFP / (02 septembre 2018 15h06)

Des paysans français manifestent contre l’accaparement des terres par des investisseurs chinois

août 30, 2018

Des membres du syndicat paysan « La Confédération paysanne » manifestent contre l’accaparement des terres agricoles, à Murs, dans l’Indre, le 29 août 2018 / © AFP / GUILLAUME SOUVANT

« La terre aux paysans »: venus de toute la France, avec des tracteurs et des fumigènes, plus d’une centaine d’agriculteurs ont occupé mercredi une parcelle d’une exploitation achetée par des investisseurs chinois dans le centre du pays, pour protester contre la « spéculation » sur le foncier français.

Brandissant des drapeaux du syndicat agricole la Confédération paysanne à Murs (centre), les paysans en colère ont rempli un semoir avec des graines de ray-grass et les ont ensuite semées sur la parcelle occupée, un geste symbolique signifiant la volonté de « rendre les terres aux paysans ».

« La terre est là pour faire vivre des familles de paysans et produire de la nourriture. Ici, les propriétaires sont venus faire un business, de la spéculation boursière autour de l’agriculture en s’accaparant du foncier », a dénoncé Laurent Pinatel, paysan et porte-parole de la Confédération paysanne.

Le consortium chinois Hongyang a acquis dans cette région en 2016 1.700 hectares où il produit du blé destiné au marché mondial. Le groupe a également acheté 900 hectares dans l’Allier.

« Les investisseurs chinois ont acheté à plusieurs propriétaires, ont pris des parts sociales ou monté des sociétés de façon tout à fait légale alors qu’un contrôle des structures sur la vente ou les locations de foncier existe en France. Il s’est avéré inefficace. Il faut que les parlementaires fassent dès l’automne une loi sur le partage et le portage du foncier », s’est insurgé M. Pinatel.

A l’arrivée des manifestants, un membre de la Confédération Paysanne et un journaliste ont été frappés au visage par un ouvrier agricole travaillant pour les propriétaires chinois.

Les manifestants ont rempli un semoir et ont ensuite semé les graines de ray-grass sur la parcelle, à Murs, dans l’Indre, le 29 août 2018 / © AFP / GUILLAUME SOUVANT

Le ministre français de l’Agriculture Stéphane Travert a de son côté précisé à l’AFP qu’une mission parlementaire travaillait sur ce dossier et qu’il attendait « le retour de cette mission pour pouvoir faire des propositions concrètes ».

– « Régulation du foncier » –

Selon la Confédération Paysanne, la Safer (Société d’aménagement foncier et d’établissement rural), organisme semi-public qui gère les terres agricoles, devrait « acheter les terrains et décider ensuite à qui ils doivent être attribués, en fonction des projets d’installation, afin d’organiser la régulation du foncier ».

« Plein de gens ont des projets d’installation, alors que la France importe plus de 50% de notre consommation de fruits et de légumes », argumente Laurent Pinatel.

Nicolas Calame, porte-parole de la Confédération Paysanne dans l’Indre (centre), estime que ce département est « emblématique » de la financiarisation du foncier.

Des paysans de plusieurs régions touchées par le même phénomène avaient fait le déplacement à Murs, dans l’Indre, le 29 août 2018 / © AFP / GUILLAUME SOUVANT

« Le problème n’est pas que les propriétaires soient chinois. C’est aussi scandaleux quand des Français s’accaparent des terres en Ukraine ou en Pologne, ou que le groupe Bolloré, qui n’a pas besoin de ça, achète des hectares de vignoble bordelais! », a-t-il relevé.

« Nous demandons juste que le droit d’usage prévale sur le droit de propriété. Les paysans qui vivent de la terre doivent en avoir le plein usage, pas les salariés de grands fonds de pension… », a-t-il ajouté.

Des paysans venus de plusieurs régions françaises avaient fait le déplacement.

« Nous avons le même problème dans le département du Nord, entre Saint-Omer et Dunkerque », a dénoncé Jean-Luc Bardel, paysan-maraîcher qui a « péniblement » réussi à acheter 3 hectares de terre: « dans les écoles d’agriculture, plein de jeunes néo-ruraux aspirent à un retour à la terre. Ils ne trouvent pas de foncier ou beaucoup trop cher car les consortiums font exploser les tarifs ».

Des agriculteurs en âge d’être à la retraite, constate-t-il, louent ou sous-louent leurs terres à des sociétés qui les paient plus chères. « Les retraites des agriculteurs sont tellement faibles qu’on peut pas leur jeter la pierre, mais ce n’est pas très sain », juge-t-il.

Un manifestant arbore un tshirt siglé « Nos fermes ne sont pas des usines », à Murs dans l’Indre, le 29 août 2018 / © AFP / GUILLAUME SOUVANT

Même si elles restent « très minoritaires », selon la Safer, les acquisitions de terres par des entreprises asiatiques (Chine, Singapour, Hong Kong notamment) ont suscité des réactions inquiètes dans le monde rural français, certaines ayant abouti grâce à des montages juridiques astucieux.

Le président français Emmanuel Macron avait annoncé en février la mise en place de « verrous réglementaires » sur les achats de terres agricoles par des étrangers.

Les investissements chinois dans l’agriculture à l’étranger ont totalisé au moins 76 milliards d’euros depuis 2010, selon les chiffres publiés au début de l’année par deux centres de réflexions néo-conservateurs américains, American Enterprise Institute et Heritage Foundation.

Asie du sud-est, Amérique latine, Afrique sont ciblés. Mais, depuis quelques années, l’attention de la Chine semble se tourner vers l’Australie, les Etats-Unis et l’Europe.

Romandie.com avec(©AFP / (30 août 2018 12h44)

Nicaragua: des milliers d’opposants réclament le départ d’Ortega

août 18, 2018

Manifestant anti-gouvernemental à Managua le samedi 18 août 2018 à Managua.n / © AFP / INTI OCON

Des milliers de Nicaraguayens ont défilé samedi à Managua pour demander le départ du président Daniel Ortega et la fin de la persécution et de l’emprisonnement de citoyens qui réclament de « vivre en liberté », quatre mois après le début de la crise qui a fait plus de 300 morts.

« Liberté, si le président ne part pas, nous le chasserons ! », ont scandé les manifestants qui ont défilé pacifiquement en brandissant des drapeaux nicaraguayens dans les rues du sud-ouest de la capitale et au son de chants révolutionnaires et des vuvuzelas.

« Nous voulons que Daniel Ortega s’en aille », a déclaré à l’AFP Juan Silva, 31 ans, le visage dissimulé derrière une écharpe.

« Nous défilons pour dire au gouvernement que nous nous opposons aux abus qu’il commet, que nous voulons vivre en liberté », a ajouté à ses côtés Maria Guevara, 49 ans.

La manifestation était organisée à l’appel de l’Alliance civique pour la justice et la démocrate, coalition d’opposition qui regroupe des étudiants, des chefs d’entreprise et des représentants de la société civile, quatre mois jour pour jour après le début des marches antigouvernementales, le 18 avril.

Les manifestations de l’opposition ont commencé contre une réforme de la sécurité sociale – abandonnée depuis – pour se durcir ensuite et s’étendre à tout le pays en réaction à une violente répression, qui a fait plus de 300 morts.

En juillet, les forces anti-émeutes et paramilitaires ont repris par la force le contrôle de villes et artères occupées par les manifestants, avant qu’une vague de répression ne s’abatte sur les opposants.

Depuis, des milliers de Nicaraguayens ont fui le pays pour se réfugier notamment au Costa Rica voisin de peur d’être interpellés. Des centaines d’autres ont été arrêtés pour « terrorisme » et d’autres délits retenus par le parquet contre les participants aux manifestations.

Daniel Ortega, 72 ans, ex-leader de la révolution sandiniste au pouvoir de 1979 à 1990 avant de revenir en 2007, accuse ses opposants de faire partie d’un plan financé par les Etats-Unis pour s’emparer du pouvoir par la force. Le président assure que la situation du pays est redevenue « normale ».

« Rien n’est normal » au Nicaragua, ont répondu les manifestants samedi, qui comptent poursuivre la mobilisation en dépit des menaces jusqu’au départ du président.

Les opposants à Daniel Ortega l’accusent de corruption, de népotisme et d’avoir instauré une dictature avec son épouse Rosario Murillo, qui est vice-présidente. Ils demandent que l’ élection présidentielle prévue en 2021 soit avancée au mois de mars 2019, ce que refuse Daniel Ortega.

« Nous allons maintenir la pression malgré la répression. Rien ne nous arrêtera », a averti un manifestant disant se prénommer Juan.

Romandie.com avec(©AFP / (19 août 2018 03h10)

Washington attend les néo-nazis, un an après les incidents meurtriers de Charlottesville

août 12, 2018

Des personnes se recueillent le 11 août 2018 à Charlottesville, en Virginie, devant un mémorial en hommage à Heather Heyer, manifestante antiraciste, un an après sa mort dans des heurts avec des suprématistes blancs / © AFP / Logan Cyrus

Plusieurs centaines de sympathisants néo-nazis sont attendus dimanche après-midi devant la Maison Blanche, un rassemblement sous haute tension un an après les incidents meurtriers de Charlottesville, symbole d’une extrême droite décomplexée par Donald Trump.

L’organisation informelle « Unite the Right », qui était à l’origine du rassemblement de Charlottesville (Virginie), a reçu l’autorisation de réunir 400 personnes dans le square Lafayette, devant la résidence présidentielle, à partir de 17H30 et durant deux heures seulement.

Un important dispositif policier a été mis en place, avec plusieurs artères interdites à la circulation, principalement pour empêcher tout contact entre manifestants et contre-manifestants, qui sont également attendus au square Lafayette.

« Il y aura certainement des provocateurs pour tenter de susciter une réaction de votre part en vous mettant des caméras sous le nez, en criant, etc », a prévenu le site de Unite the Right, dans un message d’instructions aux manifestants.

« Ne répondez pas avec colère », ont conseillé les organisateurs.

Initiateur de la manifestation de l’an dernier, Jason Kessler avait demandé à défiler de nouveau à Charlottesville, mais la municipalité a refusé.

La petite cité de Virginie, située à moins de 200 km au sud de Washington, ne voulait pas revivre les évènements du 12 août 2017.

Des fleurs déposées le 11 août 2018 en mémoire de Heather Heyer, manifestante antiraciste, dans une rue de Charlottesville fermée à la circulation, un an après sa mort dans des heurts avec des suprématistes blancs / © AFP / Logan Cyrus

Après une manifestation pour protester contre le projet de la municipalité de déboulonner une statue du général confédéré Robert E. Lee, des heurts avaient éclaté entre suprémacistes blancs et contre-manifestants.

Un sympathisant néo-nazi avait alors foncé en voiture dans une foule de manifestants antiracistes, tuant une jeune femme de 32 ans, Heather Heyer, et faisant 19 blessés.

« Nous savons que dimanche, des gens vont venir dans notre ville dans le seul but de déverser leur haine », a déclaré la maire de Washington, Muriel Bowser, tout en indiquant qu’il ne s’agissait pas d’empêcher l’événement car le premier amendement de la Constitution américaine protège la liberté d’expression.

– « Pas les bienvenus » –

Dans un entretien à la radio publique NPR diffusé vendredi, Jason Kessler a exprimé le souhait que l’événement de dimanche soit « apaisé » et pris publiquement ses distances avec la mouvance néo-nazie.

« Je ne veux pas de néo-nazis à mon rassemblement », a-t-il assuré, « ils ne sont pas les bienvenus. »

Le square Lafayette, en face de la Maison Blanche, le 14 juin 2018 à Washington / © AFP/Archives / Daniel SLIM

Il a néanmoins expliqué vouloir défendre les droits de la population blanche, qu’il estime « sous-représentée ».

L’activiste a également repris à son compte la théorie générale de l’auteur américain Charles Murray, pour qui les capacités intellectuelles sont fonction de l’origine ethnique.

Une affichette non officielle du rassemblement, qui a circulé sur internet, indiquait que plusieurs figures de l’extrême droite et néo-nazies seraient présentes dimanche, mais Jason Kessler a refusé de le confirmer.

En début de semaine, l’un des membres les plus en vue de l’extrême droite américaine, Richard Spencer, avait annoncé qu’il ne se rendrait pas à la manifestation, appelant ses sympathisants à en faire de même.

« Je ne sais pas exactement ce qui va se passer mais ça ne sera probablement pas bon », avait-il écrit.

« Même si les Américains ont la chance de vivre dans une nation qui protège les libertés, d’expression notamment, et la diversité d’opinions », a écrit Ivanka Trump, la fille du président, sur Twitter dans la nuit de samedi à dimanche, « il n’y a pas de place pour le suprémacisme blanc, le racisme et le néo-nazisme dans notre grand pays ».

Des membres Antifa dans une rue de Charlottesville, le 11 août 2018 en Virginie, un après après la mort de Heather Heyer, manifestante antiraciste tuée dans des heurts avec des suprématistes blancs / © AFP / Logan Cyrus

« Plutôt que de nous déchirer avec haine, racisme et violence, nous pouvons nous élever les uns les autres », a-t-elle ajouté.

Elle est allée plus loin que son père, qui avait dit samedi « condamner tous les types de racisme et actes de violence », mais sans désigner l’extrême droite ou les néo-nazis.

De nombreux observateurs reprochent à Donald Trump d’avoir favorisé, durant sa campagne et depuis sa victoire électorale, l’émergence d’un discours extrémiste pro-blanc décomplexé.

A Charlottesville, même si aucune manifestation n’a été autorisée, les autorités ont pris d’importantes mesures de sécurité, après avoir été débordées lors des heurts du 12 août 2017.

Le gouverneur de Virginie Ralph Northam a décrété l’état d’urgence et le quartier piéton du centre-ville de Charlottesville, où avaient eu lieu les incidents de l’an dernier, a été cerné de grillages, barrières en béton et voitures officielles, avec seulement deux points d’entrée pour les piétons.

Samedi, quelques dizaines de militants « antifa », vêtus de noir, ont brièvement marché dans ce quartier piéton, encadrés de très près par la police.

Dimanche matin, quelques centaines de personnes se sont rassemblées dans le calme dans le parc Booker T. Washington, non loin du centre, pour une commémoration des événements du 12 août 2017.

Romandie.com avec(©AFP / (12 août 2018 17h08)

Les Roumains à nouveau dans la rue contre le gouvernement

août 11, 2018

Manifestation antigouvernementale à Bucarest, en Roumanie, le 11 août 2018 / © AFP / Daniel MIHAILESCU

Des dizaines de milliers de Roumains sont de nouveau descendus dans la rue samedi à Bucarest, demandant la démission du gouvernement de gauche et exprimant leur colère après les « excès » des forces de l’ordre ayant entaché la manifestation de la veille.

« A bas le gouvernement ! » et « Justice, pas corruption ! », ont scandé les manifestants, quelque 30.000 selon les médias locaux, sous le regard des membres des forces de l’ordre, beaucoup moins nombreux que la veille.

Eugen, 62 ans, et Madalina, 22 ans, sont descendus dans la rue pour le deuxième jour consécutif. Comme d’autres milliers d’expatriés, ils étaient revenus spécialement dans leur pays pour participer au grand « rassemblement de la diaspora », vendredi.

Mais, accueillis par des tirs de gaz lacrymogène, ils se disent déçus de voir que « les choses n’avancent pas » en Roumanie.

Eugen, qui travaille dans le bâtiment au Canada, dénonce la « corruption omniprésente ». Madalina, ouvrière dans une usine textile en Grande-Bretagne, déplore, quant à elle, le « désintérêt » des autorités pour les jeunes.

Une retraitée bucarestoise, Floarea Toader, 64 ans, dit à l’AFP avoir décidé de se joindre aux manifestants « après avoir vu vendredi à la télé la brutalité des gendarmes qui sont intervenus contre des gens pacifiques ».

« Mes enfants travaillent en Espagne et ils aimeraient bien rentrer en Roumanie. Mais pour l’instant il n’en est pas question, car les dirigeants ne s’intéressent qu’à eux-mêmes et ne font rien pour les autres », ajoute cette femme enveloppée dans un drapeau tricolore roumain.

Environ quatre millions de Roumains (sur une population totale de 20 millions) ont émigré ces 15 dernières années, à la recherche d’une vie meilleure. En 2017, ils ont envoyé à leurs familles 4,3 milliards d’euros, soit près de 2,5% du produit intérieur brut de la Roumanie, l’un des pays les plus pauvres de l’Union européenne, où le salaire moyen s’élève à 520 euros.

Manifestation antigouvernemantale à Bucarest, en Roumanie, le 11 août 2018 / © AFP / Daniel MIHAILESCU

Des milliers de personnes ont également manifesté dans plusieurs autres grandes villes, dont Sibiu (centre) et Timisoara (ouest), scandant « Voleurs ! » et « Unis, nous sauverons la Roumanie ! », selon les médias.

Vendredi, ils étaient environ 80.000 à demander la démission du gouvernement social-démocrate de Viorica Dancila, l’accusant de « corruption » et de vouloir « contrôler la justice ».

Des échauffourées opposant quelques dizaines de hooligans aux forces de l’ordre avaient fait plus 450 blessés, dont une trentaine de gendarmes.

– « Protéger la liberté de la presse » –

Le chancelier autrichien Sebastian Kurz a condamné ces violences et demandé des « clarifications » sur les circonstances dans lesquelles plusieurs journalistes, dont un travaillant pour la télévision publique autrichienne ORF, ont été blessés.

« La liberté d’expression et la liberté de la presse sont des libertés fondamentales de l’Union européenne (…) qui doivent être protégées de manière inconditionnelle », a souligné sur Twitter M. Kurz, dont le pays assure la présidence tournante de l’UE.

Le président roumain de centre droit Klaus Iohannis, en conflit ouvert avec la majorité parlementaire de gauche, a fustigé « l’intervention brutale et disproportionnée » des forces de l’ordre et demandé au parquet général d’ouvrir une enquête.

Heurts entre police et manifestants devant le siège du gouvernement, le 10 août 2018 à Bucarest, en Roumanie / © AFP / Daniel MIHAILESCU

Il a reproché dans la foulée au gouvernement d' »œuvrer contre les intérêts des citoyens », accusant les responsables du parti social-démocrate (PSD, au pouvoir) de « mener le pays vers le chaos et le désordre ».

Mise directement en cause, la ministre de l’Intérieur Carmen Dan a assuré que les gendarmes avaient agi en respectant la loi pour « défendre les institutions de l’Etat ».

Malgré ses explications, des questions restaient en suspens sur l’intervention des forces de l’ordre, qui avaient commencé à faire usage de gaz poivre et lacrymogène avant même les premiers incidents provoqués par des hooligans.

La Roumanie est le théâtre de manifestations régulières depuis un an et demi, avec un pic d’un demi-million de personnes dans la rue en février 2017. Aucun incident violent n’a jusqu’à présent été enregistré.

Depuis son retour au pouvoir fin 2016, le PSD a lancé une vaste réforme de la justice qui menace l’indépendance des magistrats et vise à permettre à des responsables politiques d’échapper aux poursuites, selon ses détracteurs.

Adoptée en plusieurs volets, cette réforme a suscité les critiques de la Commission européenne et provoqué une vague de contestation d’une ampleur sans précédent depuis la chute du régime communiste fin 1989.

Romandie.com avec(©AFP / (11 août 2018 23h13)

RDC: des manifestants à Lubumbashi en faveur du retour de Moïse Katumbi

août 6, 2018

Dans les rues de Lubumbashi, la capitale du Katanga, le 6 août 2018. © DR

La police congolaise a dispersé, ce lundi 6 août, plusieurs marches pro-Katumbi dans la capitale provinciale du Katanga. Les manifestants réclamaient le retour de l’opposant en République démocratique du Congo.

Dans les rues de Lubumbashi, la police a tiré en l’air à plusieurs reprises afin de disperser des rassemblements pro-Katumbi. Des manifestants ont également été arrêtés, mais certains ont été rapidement relâchés. D’après Me Peter Mbala, un avocat partisan de Moïse Katumbi, « une vingtaine » de jeunes auraient été arrêtés dans le centre-ville.

« Depuis 5 heures du matin, la situation est très tendue à Lubumbashi, précise à Jeune Afrique Grégoire Mulamba, du Centre des droits de l’homme et des droits humanitaires. Il y a des militaires un peu partout dans la ville, de nombreux barrages tenus par les forces de l’ordre, et l’activité économique est paralysée. »

« Nous réclamons Katumbi au Congo sans délai », proclamait une pancarte tenue par des femmes en train de marcher par dizaines en chantant, d’après une vidéo diffusée sur internet. « C’est un mouvement spontané, a déclaré à l’AFP un partisan de Moïse Katumbi, Augustin Amundala, qui affirme avoir pris ces images. Les mamans ont appris qu’il y avait des affrontements entre jeunes et policiers dans des quartiers de la ville. Elles ont abandonné le marché et sont arrivées jusqu’au gouvernorat. »

Ni le maire ni la police n’étaient joignables pour confirmer les marches et les échauffourées. Celles-ci interviennent alors que le leader d’Ensemble a été empêché à deux reprises d’entrer sur le territoire congolais. Exilé en Europe pendant plus de deux ans, Moïse Katumbi entend revenir en RDC pour participer au processus électoral.

Jeuneafrique.com avec AFP

Deux morts en Irak dans un mouvement de grogne sociale qui s’étend

juillet 14, 2018

Des jeunes irakiens manifestent devant l’entrée d’un champ pétrolier gardé par des soldats, le 14 juillet 2018 à Al-Qournah, dans la province de Bassora (sud) / © AFP / Haidar MOHAMMED ALI

Deux personnes ont été tuées dans le sud de l’Irak dans la nuit de vendredi à samedi au cours d’un mouvement de contestation sociale qui a débuté dans le sud du pays et gagne du terrain, y compris à Bagdad.

Les deux manifestants ont « été tués par balles » dans la province méridionale de Missane, à la frontière avec l’Iran, a indiqué le porte-parole des services de secours provinciaux, Ahmad al-Kanani.

Ces décès porte à trois le nombre de morts depuis le début du mouvement de contestation sociale, au cours duquel des dizaines de personnes, notamment des membres des forces de sécurité, ont été blessées selon des sources médicales.

Les protestations ont débuté le 8 juillet dans la province de Bassora (sud), les manifestants dénonçant la déliquescence des services publics ainsi qu’un chômage endémique, et criant leur colère contre l’incurie des autorités dans cette région pourtant riche en pétrole. La mort d’un manifestant dans la ville de Bassora ce même 8 juillet a exacerbé la grogne.

Face à cette mobilisation, le Premier ministre irakien Haider al-Abadi s’est rendu vendredi à Bassora pour tenter de calmer le mouvement mais en vain.

Les manifestations se sont poursuivies dans cette ville et sa province, s’étendant même à plusieurs régions d’Irak dont Bagdad.

Samedi, des dizaines de protestataires se sont ainsi rassemblés dans plusieurs quartiers de Bassora, y compris près de champs pétroliers à l’ouest de la ville, du siège des autorités provinciales et du port, selon un correspondant de l’AFP.

– « Tirs à l’aveugle » –

Quelques personnes ont également brièvement manifesté à un poste-frontière avec le Koweït, selon la même source.

Des Irakiens manifestent devant le siège du gouvernement de la province de Bassora (sud) dans la ville éponyme, le 13 juillet 2018 / © AFP / Haidar MOHAMMED ALI

La veille à Bassora, les protestataires avaient scandé « les voleurs nous pillent » en brandissant des drapeaux irakiens, en référence au gouvernement. Des rassemblements avaient aussi eu lieu dans les provinces méridionales de Zi Qar et Najaf.

Dans la nuit de vendredi à samedi, la contestation s’est ensuite étendue à une autre province du sud du pays, Missane, où de nombreux rassemblements ont eu lieu devant le siège de partis politiques, dont celui de M. Abadi. Certains ont été incendiés, d’après des médias irakiens.

C’est au cours d’une de ces manifestations, à Amara, chef-lieu de la province de Missane, que deux personnes ont été tuées dans des circonstances qui n’ont pas été clairement établies.

« Il y a eu des tirs à l’aveugle », a indiqué M. Kanani, le porte-parole des services de secours provinciaux.

Une petite manifestation pacifique a également eu lieu après minuit dans le quartier d’Al-Choula dans le nord de Bagdad, sous une forte présence des forces de l’ordre, a indiqué une source de sécurité à l’AFP.

Des appels à une grande manifestation à Bagdad circulaient samedi sur les réseaux sociaux, certains internautes demandant à ce que le cortège prenne la direction de la zone verte, le secteur de la capitale où se concentrent les institutions nationales et les ambassades qui est interdit d’accès à la plupart des Irakiens.

La plus haute autorité chiite d’Irak a annoncé vendredi son soutien aux manifestants, tout en les appelant à éviter les désordres et les destructions.

Romandie.com avec(©AFP / 14 juillet 2018 15h50)