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Manifestations en Côte d’Ivoire : le gouvernement promet « la plus grande fermeté »

août 14, 2020

Des manifestants opposés à une candidature d'Alassane Ouattara a un troisième mandat affrontent les forces de l'ordre, à Abidjan, le 13 août 2020.

Des manifestants opposés à une candidature d’Alassane Ouattara a un troisième mandat affrontent les forces de l’ordre, à Abidjan, le 13 août 2020. © Diomande Ble Blonde/AP/SIPA

 

Au lendemain des affrontements qui ont marqué plusieurs des manifestations contre une candidature d’Alassane Ouattara à un troisième mandat, le gouvernement a mis en garde les contestataires et affiche « sa détermination à ne pas laisser s’installer le désordre ».

« Les instigateurs de ces troubles et leurs auteurs répondront de leurs actes devant la justice ». Dans le communiqué de presse rendu public ce vendredi, au lendemain de manifestations contre une candidature d’Alassane Ouattara à un troisième mandat qui ont pour certaines dégénéré en affrontements violents dans plusieurs villes du pays, le général Diomandé Vagondo, ministre de la Sécurité et de la protection civile, a mis en garde les organisateurs et les personnes qui ont participé à ces rassemblements interdits par les autorités.

Le gouvernement « s’engage à agir, avec la plus grande fermeté, et à ne tolérer aucune entrave à la quiétude des Ivoiriens » et déplore une « dynamique de défiance de l’autorité de l’État », affirme le communiqué. Accusant, sans les nommer, « certaines formations politiques de l’opposition » d’avoir appelé à protester « au mépris des procédures administratives », le général Diomandé Vagondo a également insisté sur « le caractère illicite et violent de ces manifestations ».

Au moins trois morts jeudi

Des policiers interpellent un manifestant lors des rassemblements contre une nouvelle candidature d’Alassane Ouattara, à Abidjan le 13 août 2020.
Des policiers interpellent un manifestant lors des rassemblements contre une nouvelle candidature d’Alassane Ouattara, à Abidjan le 13 août 2020. © REUTERS/Luc Gnago

Si le calme était revenu sur la quasi totalité du territoire, ce vendredi matin – le quartier de Yopougon, à Abidjan, était encore le théâtre de tensions dans la matinée – , la journée de jeudi a été marquée par de violents affrontements qui ont fait trois morts, selon les autorités ivoiriennes. Celles-ci ont par ailleurs annoncé que 59 personnes avaient été interpellées, dont 45 dans la seule ville d’Abidjan.

Les rassemblements sporadiques, lors desquels des manifestants ont érigé des barricades et brûlé des pneus, ont été systématiquement dispersés par les forces de l’ordre. Dans la commune de Yopougon, des confrontations entre policiers et manifestants ont paralysé la circulation dans la zone du palais de justice.

À Port-Bouët, des dizaines de personnes ont bloqué la voie principale, tandis qu’à Cocody, un groupe de femmes du mouvement Générations et Peuples Solidaires (GPS) de Guillaume Soro a été interpellé.

Les événements de jeudi ont été particulièrement violents à Bonoua, la ville de Simone Gbagbo, où deux personnes ont été tuées.

Bictogo pointe la responsabilité de Bédié

Jeudi, la direction du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP, parti présidentiel) a de son côté tenu une conférence de presse pour annoncer la date de l’investiture de son candidat, fixée au samedi 22 août et qui se déroulera au stade Félix-Houphouët-Boigny, à Abidjan. C’est déjà là qu’Alassane Ouattara avait été investi par son parti en 2015, lorsqu’il briguait son second mandat, qui s’achève cette année.

Interrogé sur les manifestations et les violences, Adama Bictogo, secrétaire exécutif du RHDP, a pris à partie Henri Konan Bédié, candidat déclaré du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA). Il est en particulier revenu sur les incidents qui ont éclaté mercredi à Daoukro, où les sièges du RHDP et du PDCI ont été saccagés par des manifestants et où les affrontements entre partisans et opposants à une nouvelle candidature de Ouattara ont fait au moins trois morts.

Le patron du parti présidentiel a estimé que Bédié « doit être conséquent avec lui-même et considérer que sa responsabilité peut être aussi engagée car c’est chez lui, à Daoukro, que ces événements ont eu lieu, au lieu de nous faire croire par un communiqué que les forces de l’ordre n’ont pas encadré les militants de bonne foi. »

La veille, le « Sphinx de Daoukro » – le surnom d’Henri Konan Bédié – avait quant à lui dénoncé « des agressions organisées par des hordes instrumentalisées, venues d’ailleurs », à l’encontre de « braves militants pacifistes de Ferkessédougou, de Daoukro, de Daloa, d’Oumé et d’autres villes de la Côte d’Ivoire, agissant pour la noble cause de préservation de l’inviolabilité de notre loi fondamentale ».

Déplorant par ailleurs « des arrestations arbitraires » Henri Konan Bédié a également « invité ardemment le président de la République, garant des libertés publiques et les autorités militaires ivoiriennes, à faire cesser ces agressions et à assurer la protection des biens et des personnes désireuses d’exprimer librement leur opinion ».

Par Jeune Afrique

En Côte d’Ivoire, une journée de manifestations sous tension

août 13, 2020

 Des militants du RHDP, lors du meeting du 29 juillet 2020 à Abidjan.

Des militants du RHDP, lors du meeting du 29 juillet 2020 à Abidjan. © REUTERS/Luc Gnago

 

Si les directions des principaux partis d’opposition se sont gardées d’appeler à manifester, les organisations de jeunes de ces mouvements mobilisent leurs militants pour répondre à l’appel lancé par des leaders de la société civile. À Daoukro, fief du candidat et ex-président Henri Konan Bédié, des heurts ont déjà éclaté mercredi, faisant au moins un mort.

Ils étaient plusieurs responsables de l’opposition à s’être donné rendez-vous mercredi au siège du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI d’Henri Konan Bédié), à Cocody, commune d’Abidjan. Dans une déclaration lue par Daniel Aka Ahizi, président de l’une des deux tendances du Parti ivoirien des travailleurs (PIT, fondé par Francis Wodié) et porte-parole de la Coalition pour la démocratie, la réconciliation et la paix (CDRP, regroupant plusieurs partis dont le PDCI), les opposants ont égrené sept revendications, dont la démission d’Ibrahime Coulibaly-Kuibiert, président de la Commission électorale indépendante (CEI).

Pas de consigne des partis

Mais dans cette déclaration officielle, aucune mention aux manifestations du 13 août contre la candidature d’Alassane Ouattara à un troisième mandat, auxquelles ont appelé des leaders de la société civile, dont Pulchérie Édith Gbalet, présidente d’Alternative citoyenne ivoirienne (ACI).

Les partis d’opposition semblent s’être passé le mot : aucun appel officiel à manifester n’émanent des principaux responsables. Toutefois, ces derniers, ont, à l’instar de Simone Gbagbo, laissé le soin aux responsables des sections jeunesses de leur parti d’appeler les militants à descendre dans la rue.

Silencieuse depuis juin en raison de son état de santé – elle a annoncé avoir guéri du coronavirus – , l’ex-Première dame a déclaré mardi comprendre « la vague de mécontentement observée par les hommes, les femmes, les jeunes dans plusieurs villes du pays ».

Elle s’est également exprimée sur le sort de son époux. « Je voudrais appeler le chef de l’État à prendre un décret d’amnistie pour rendre Laurent Gbagbo éligible. Que Laurent Gbagbo se présente à l’élection présidentielle ou pas, qu’il soit éligible » a-t-elle déclaré. Mais comme les autres caciques de l’opposition, elle s’est également abstenue de lancer un appel clair à descendre dans les rues.

Violents incidents à Daoukro

En dehors de tout appel direct, les militants des partis politiques s’organisent tout de même sur le terrain. À Ferkessédougou – dans le nord du pays et fief électoral de Guillaume Soro, condamné à vingt ans de prison pour « recel de détournement de deniers publics » et actuellement en exil à Paris – , de timides manifestations ont vite été dispersées ces derniers jours, ainsi que dans diverses villes de l’intérieur comme dans certains quartiers d’Abidjan.

À Daoukro, ville natale de l’ancien président Henri Konan Bédié, candidat à la présidentielle d’octobre, des manifestations ont vite dégénéré en affrontements mercredi entre partisans et opposants à une nouvelle candidature d’Alassane Ouattara. Ces heurts ont fait au moins un mort. Plusieurs blessés ont été recensés, et les sièges du PDCI comme du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP, parti présidentiel) ont été saccagés.

À Toumodi, dans le centre du pays favorable au PDCI, une marche des femmes présentées comme des partisanes de Bédié a paralysé une partie de la ville.

« Désordre et chienlit »

La journée de jeudi s’annonce à haut risque, alors que le député Tilkouété Dah Sansan, président de la jeunesse du RHDP, a de son côté appelé les partisans de la candidature de Ouattara à eux aussi investir les rues le même jour pour « laisser éclater leur joie ». « Notre quartier général sera le jeudi 13 août matin à Yopougon (commune réputée favorable à Laurent Gbagbo, ndlr). Tous en blanc et depuis (le quartier de) Gesco, les militants jeunes du RHDP vont faire une procession », a-t-il annoncé.

Une marche de l’opposition et des militants du parti au pouvoir le même jour, cela va causer désordre et chienlit

« Nous sommes plus que jamais déterminés pour la victoire du président Ouattara » à la présidentielle d’octobre 2020, prévient pour sa part Adama Bictogo, directeur exécutif du RHDP.

Ce regain de tension fait renaître chez certains Ivoiriens les douloureux souvenirs des tensions postélectorales de 2000 et de 2010. Ces dernières avaient causé la mort d’au moins 3 000 personnes. « Une marche de l’opposition et des militants du parti au pouvoir le même jour, cela va causer désordre et chienlit », prévient l’écrivain Macaire Etty, président de l’Association des écrivains de Côte d’Ivoire (AECI). « Le président de la République, garant de l’ordre, doit tenir compte des protestations de l’opposition contre le troisième mandat et anticiper. Je suis contre la violence sous toutes ses formes. J’invite tous les Ivoiriens à la retenue et à la mesure. »

Avec Jeune Afrique par André Silver Konan à Abidjan

Liban/Beyrouth : sous la pression des manifestants, le premier ministre propose des élections anticipées

août 8, 2020

Quelques jours après l’explosion du port, la foule se masse dans le centre-ville. Les manifestants ont pénétré le ministère des Affaires étrangères pour en faire le «quartier général de la Révolution», mettant le gouvernement sous pression.

 

Le samedi de la colère. Quatre jours après la terrible explosion qui a tué au moins 158 personnes, blessé 6000 autres et mis en ruine le port et une partie de la ville de Beyrouth, les Libanais se sont donné rendez-vous pour demander des comptes. Face à la pression de la rue, le premier ministre Hassane Diab a annoncé qu’il allait proposer des élections anticipées.

Dès 15 heures, heure locale (14 heures en France), des centaines de citoyens se sont retrouvés dans le centre. Comme sur la place des Martyrs, symbole de la contestation populaire depuis plusieurs mois, où environ 5000 manifestants, selon des premières estimations, demandent «le Jour du Jugement». Des potences y ont même été installées.

Un groupe de manifestants s’en est également pris au Parlement, jusqu’à tenter d’y pénétrer, rapporte l’agence Reuters. Ils ont été séparés par la police, qui a tiré des gaz lacrymogènes. Plus tard dans l’après-midi, peu après 18h, heure locale, une dizaine de manifestants ont réussi à pénétrer dans le ministère des Affaires étrangères, fortement touché par l’explosion de mardi. Les manifestants ont déclaré, en direct à la télévision libanaise, que ce ministère devenait le «quartier général de la Révolution».

Les manifestants sur le perron du ministère des Affaires étrangères, ont également suspendu des banderoles.

Les manifestants sur le perron du ministère des Affaires étrangères, ont également suspendu des banderoles. ELLEN FRANCIS / REUTERS

«Le peuple veut la chute du régime», «partez, vous êtes des assassins», «vengeance, vengeance, jusqu’à la chute du régime», plusieurs slogans sont scandés dans la ville à l’encontre du pouvoir. Selon l’AFP, le rassemblement reste majoritairement pacifiste, malgré quelques zones de tension. La Croix Rouge libanaise fait état de 110 personnes blessées au cours de la journée, dont 32 emmenées à l’hôpital.

Au même moment, le gouverneur de la ville, Marwan Abboud, était pris pour cible. Après quelques instants de discussion avec des manifestants, il est entré dans sa voiture, qui s’est retrouvée poursuivie et caillassée sur les premiers mètres de son trajet. Sur son compte Twitter, l’armée libanaise assure comprendre «la profondeur de la douleur dans le cœur des Libanais» mais «rappelle aux manifestants l’obligation de préserver l’aspect pacifique du mouvement, d’éviter de barrer les routes et toute atteinte aux biens publics et privés». Depuis l’explosion, près de 300.000 habitants sont sans-abri.


Les forces de l'ordre ont tiré du gaz lacrymogène, à proximité du Parlement.
Les forces de l’ordre ont tiré du gaz lacrymogène, à proximité du Parlement. THAIER AL-SUDANI / REUTERS

Ce samedi, plusieurs députés ont rendu leur mandat, suivant ainsi d’autres membres du Parlement, plus tôt dans la semaine. Selon eux, le temps est venu de bâtir un «nouveau Liban». «Le peuple libanais doit prendre une position historique. Un nouveau Liban doit émerger sur les ruines de l’ancien, que vous représentez», a déclaré Samy Gemayel, chef du parti Kataëb, un groupe chrétien de l’opposition, lors des obsèques de Nazar Najarian, secrétaire général du parti, tué dans l’explosion du port. «J’invite tous les députés qui ont de l’honneur à démissionner pour que le peuple puisse décider de ses gouvernants», a ajouté Samy Gemayel.

Demain, dimanche, une visioconférence des donateurs en soutien au Liban sera organisée. Co-organisée par l’ONU et la France, le président américain Donald Trump y participera également. Elle aura lieu à 14h.

Des manifestants libanais, le 8 août 2020.

Des manifestants libanais, le 8 août 2020. HANNAH MCKAY / REUTERS 

Avec Le Figaro par Pierre Zéau

 

Turquie: des milliers de femmes manifestent contre les violences

août 5, 2020
L'on peut lire «Prostituée» et «Girl Power» sur les pancartes tenues par les manifestantes.
L’on peut lire «Prostituée» et «Girl Power» sur les pancartes tenues par les manifestantes. YASIN AKGUL / AFP

Plusieurs milliers de femmes ont manifesté mercredi 5 août à travers la Turquie pour demander au gouvernement de Recep Tayyip Erdogan de ne pas se retirer d’un traité international visant à mieux lutter contre les violences domestiques.

A Istanbul, elles étaient plusieurs centaines à s’être rassemblées en brandissant des pancartes proclamant que «les femmes ne pardonneront aucune violence», ou d’autres sur lesquelles étaient inscrits les noms de femmes tuées par des hommes, selon des correspondants de l’AFP. «Ils sont en train d’attaquer les droits que les femmes ont gagnés en luttant. Mais nous sommes dans la rue, sur les places pour défendre nos droits. Nous ne lâcherons rien», a déclaré à l’AFP une manifestante, Sinem Ozkan, 31 ans.

Interpellations par la police

D’autres rassemblements ont eu lieu dans les principales villes du pays, comme Ankara et Izmir (ouest), où une dizaine de manifestantes ont été interpellées par la police, selon l’association Femmes solidaires NAR. Cette mobilisation vise à soutenir la Convention d’Istanbul, un traité adopté en 2011 par le Conseil de l’Europe (qui rassemble 47 pays dont la Turquie) qui fixe des normes juridiquement contraignantes en vue de prévenir la violence sexiste.

Depuis plusieurs semaines, des associations et médias conservateurs exhortent Erdogan à retirer la Turquie de ce traité, estimant notamment qu’il «nuit aux valeurs familiales» et «banalise l’homosexualité». Des responsables du parti islamo-conservateur d’Erdogan, l’AKP, ont évoqué la possibilité d’un retrait, suscitant l’inquiétude de nombreuses associations. L’AKP doit prendre une décision la semaine prochaine, selon les médias.

Elles étaient plusieurs centaines.
Elles étaient plusieurs centaines. YASIN AKGUL / AFP

Pour les militants des droits des femmes, un retrait de la Convention d’Istanbul affaiblirait la lutte contre les violences domestiques. Ils accusent en outre les autorités de ne pas appliquer avec assez de fermeté les lois votées après la ratification du traité en 2012, ce qui explique selon elles la hausse du nombre de féminicides ces dernières années.

Selon la plateforme «Nous mettrons fin aux féminicides», 474 femmes ont été tuées en Turquie en 2019, contre 440 en 2018 et 180 en 2010. «Toutes les femmes turques, sans distinction politique, ont besoin de cette convention», estime Benazir Coskun, 31 ans, venue manifester à Istanbul. «Nous sommes convaincues que si les femmes sont unies, nous parviendrons à empêcher ce retrait».

Par Le Figaro avec AFP

Guinée: reprise des manifestations anti-Condé, heurts avec la police

juillet 20, 2020

Suspendue depuis des mois en raison de la pandémie de coronavirus, la contestation contre un éventuel troisième mandat du président guinéen Alpha Condé a repris, ce lundi 20 juillet, à Conakry et a été marquée par des heurts entre manifestants et forces de l’ordre. Le gouvernement guinéen a assuré que l’appel à manifester des opposants au chef de l’État n’avait «pratiquement pas été suivi».

En revanche, le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), qui mène la contestation, a «félicité» et «salué le courage des populations de Conakry et de ses alentours qui, malgré» la pluie «et une forte militarisation des villes, ont répondu à l’appel».

«Les forces de défense et de sécurité ont, à nouveau, réprimé les citoyens en faisant usage des armes de guerre», assure le FNDC, qui fait état d’un bilan «d’au moins 20 personnes blessées, dont cinq par balles et deux dans un état très critique».

Un jeune homme de 22 ans a été blessé par balle au visage dans le quartier de Hamdallaye à Conakry, ont affirmé à l’AFP un de ses proches et une source médicale. «Plusieurs dizaines d’arrestations ont également été enregistrées, dont un groupe de femmes à Lansanaya» près de la capitale, selon le FNDC.

Le ministère de la Sécurité et de la Protection civile a de son côté dénoncé «quelques groupes de loubards» qui se sont «livrés à des actes d’incivisme». Selon le ministère, un adjudant de police a été «grièvement blessé par jets de pierres». Mais «aucun cas de blessé civil en lien avec les échauffourées n’a été constaté», a-t-il indiqué dans un communiqué. Une forte pluie a contribué à l’arrêt des manifestations, selon un correspondant de l’AFP.

Une répression sanglante

Avec l’apparition de la pandémie de Covid-19, le FNDC, collectif de partis, syndicats et représentants de la société civile, avait suspendu les manifestations. L’organisation avait régulièrement appelé à manifester depuis octobre pour faire barrage à une nouvelle candidature du président Condé à la présidentielle prévue en octobre. Cette trêve a été levée lundi, bien que les rassemblements restent interdits en raison de l’état d’urgence sanitaire. Ce pays pauvre, régulièrement en proie à des manifestations et une répression sanglante, a officiellement enregistré quelque 6.500 cas de Covid-19 et 39 décès.

Le second mandat de M. Condé, 82 ans, arrive à échéance à la fin de l’année. L’opposition est convaincue qu’il briguera sa propre succession. Celle-ci a vainement tenté de s’opposer à une nouvelle Constitution soumise le 22 mars à référendum, et dénonce un subterfuge de M. Condé pour se représenter. Ancien opposant historique, devenu premier président démocratiquement élu après des décennies de régimes autoritaires, Alpha Condé entretient l’ambiguïté sur ses ambitions.

Par Le Figaro avec AFP

Éthiopie : plus de 160 personnes tuées dans des manifestations et des heurts communautaires

juillet 5, 2020

Un homme brandit le drapeau de l'Oromo Liberation Front (OLF), à Addis Ababa, en septembre 2015.

Un homme brandit le drapeau de l’Oromo Liberation Front (OLF), à Addis Ababa, en septembre 2015. © Mulugeta Ayene/AP/SIPA

 

Au moins 166 personnes ont perdu la vie au cours des manifestations et des heurts communautaires qui ont secoué l’Éthiopie depuis le meurtre lundi d’un chanteur vedette, a annoncé samedi la police.

« Après la mort d’Hachalu, 145 civils et 11 membres des forces de sécurité ont perdu la vie dans des troubles dans la région », a affirmé le chef-adjoint de la police de l’État d’Oromia, Girma Gelam, dans un communiqué diffusé sur la télévision d’État Fana Broadcasting Corporate. Dix autres personnes, dont deux policiers, ont été tuées à Addis Abeba, selon la police de la capitale.

Girma Gelam a aussi fait état de 167 personnes « sérieusement blessées » et d’un millier d’arrestations. Il a assuré que les violences avaient « complètement cessé ». Parmi les 166 morts, certains ont été tués par les forces de sécurité et d’autres dans des affrontements entre membres de diverses communautés.

Ces violences mettent en lumière les tensions ethniques grandissantes en Éthiopie et soulignent la fragilité de la transition démocratique mise en oeuvre par le Premier ministre Abiy Ahmed, prix Nobel de la Paix 2019. Depuis son accession au pouvoir, il s’est efforcé de réformer un système jusque-là très autoritaire. Mais ce faisant, il a ouvert la porte aux violences intercommunautaires qui mettent à l’épreuve le système éthiopien de fédéralisme ethnique.

Porte-voix des Oromo

Le chanteur Hachalu Hundessa a été assassiné lundi soir à Addis Abeba. Bien qu’apprécié d’Éthiopiens d’origines diverses, il a surtout été le porte-voix des Oromo, qui avaient dénoncé leur marginalisation économique et politique lors des manifestations antigouvernementales ayant débouché en 2018 sur l’arrivée au pouvoir du Premier ministre Abiy Ahmed, un membre de cette communauté.

Ses textes très politiques exprimaient les frustrations de ce groupe ethnique, le plus important par le nombre, mais qui s’est longtemps estimé marginalisé économiquement et politiquement.

Aujourd’hui, de nombreux nationalistes Oromo se sentent trahis par le Premier ministre, qu’ils accusent de ne pas faire suffisamment pour défendre les intérêts de sa communauté, et d’avoir laissé les forces de sécurité ouvrir le feu sur les manifestants, à Addis Abeba et en région Oromia, le plus large des États fédérés éthiopiens, qui enserre la capitale.

Arrestation de Jawar Mohammed

Car Addis Abeba est bien au coeur de la crise actuelle : située en territoire oromo, elle dispose d’un statut spécial, et les Oromo estiment en avoir été déplacés au fil de l’Histoire. C’est d’ailleurs un plan du gouvernement fédéral prévoyant l’extension de la capitale vers l’Oromia qui avait déclenché en 2015 les manifestations antigouvernementales.

Hachalu n’était pas qu’un individu, il était comme les yeux du peuple Oromo »

Cette semaine, c’est le désir des nationalistes oromo de voir Hachalu être inhumé à Addis Abeba, et non dans sa ville natale d’Ambo, à 100 km à l’ouest de la capitale, qui a mis le feu aux poudres.

Selon les autorités fédérales, des nationalistes oromo comptant dans leurs rangs un populaire dirigeant d’opposition, Jawar Mohammed, ont intercepté mardi la dépouille d’Hachalu entre Addis Abeba, où le chanteur a été assassiné, et Ambo où il devait être inhumé, provoquant un affrontement avec la police et l’arrestation de Jawar Mohammed, qui a encore aggravé les tensions. Et jeudi, lors des funérailles à Ambo, des soldats ont ouvert le feu sur un groupe venu assister aux obsèques, faisant deux morts.

Marginalisation

Le mois dernier, Hachalu avait appelé au retrait de la statue proméminente de l’empereur Menelik II, dans le quartier de Piasa de la capitale, désormais sous protection policière. Si Menelik est respecté par beaucoup comme le fondateur de l’Éthiopie moderne, c’est de son règne que les nationalistes oromo datent le début de la marginalisation qu’ils dénoncent.

Pour bon nombre de manifestants, la mort d’Hachalu d’un côté, la protection policière autour de la statue de Menelik de l’autre témoignent des priorités que se fixe le gouvernement.

« Alors qu’ils auraient du protéger Hachalu, ils protégeaient une statue », déplore Firaol, l’un des étudiants réunis à Legetafo, près d’Addis Abeba, pour écouter les chansons du chanteur vedette éthiopien. « Hachalu n’était pas qu’un individu, il était comme les yeux du peuple Oromo. Maintenant, ils nous ont aveuglés ».

Par Jeune Afrique avec AFP

Brésil: manifestations pour et contre Bolsonaro

juin 7, 2020

 

Des Brésiliens sont descendus dans la rue dimanche à Sao Paulo et Brasília pour manifester pour ou contre le président d’extrême droite Jair Bolsonaro, critiqué notamment pour sa gestion de l’épidémie de coronavirus.

Des milliers de personnes se sont rassemblées dans l’après-midi à Sao Paulo, arborant des banderoles en défense de la démocratie, contre le racisme et la politique du président brésilien. De nombreux manifestants portaient des vêtements et des masques noirs.

Gabriela Vitoria, 18 ans, qui n’avait jamais participé à une manifestation, s’est mobilisée parce que «Bolsonaro est contre tout». «Il ne veut pas des noirs, des gays, des femmes, il ne pense qu’aux riches. Nous traversons une pandémie et il veut tout ouvrir, sans regarder les bons exemples des autres pays.»

Sur l’avenue Paulista, à environ six kilomètres de là, une cinquantaine de personnes se sont rassemblées avec des drapeaux brésiliens pour exprimer leur soutien à Jair Bolsonaro et demander la fin des mesures de confinement mises en place par les autorités locales pour freiner la pandémie. «La maladie existe, mais ce n’est pas comme on nous dit. Il est temps d’ouvrir le commerce», a déclaré une manifestante qui a refusé de donner son nom.

Les autorités régionales ont demandé que les événements soient organisés à distance afin d’éviter les confrontations, alors que des heurts avaient eu lieu dimanche dernier entre des supporteurs d’équipes de football marchant «contre le fascisme» et des soutiens de Bolsonaro qui circulaient dans les rues pour dénoncer le confinement.

Mêmes scènes à Brasília

À Brasília, plusieurs centaines de personnes ont marché dans la matinée contre le chef de l’État. «Tous pour la démocratie», «Contre le racisme et le fascisme» proclamaient des pancartes. «Recule fasciste, recule, le pouvoir du peuple est dans les rues», ont chanté les manifestants.

Parallèlement, un groupe plus restreint de manifestants favorables au président s’est également rassemblé dans la capitale. Les partisans du président d’extrême-droite, qui minimise l’épidémie de Covid-19, ont l’habitude de manifester le week-end, en présence du chef de l’État, pour demander la fin des restrictions et attaquer les représentants du Congrès et de la Cour suprême.

Le pays de 210 millions d’habitants a enregistré plus 670.000 cas de coronavirus et 35.900 morts, un nombre que bien des spécialistes considèrent comme largement sous-évalué, faute de tests en nombre suffisant.

Par Le Figaro avec AFP

 

Canada: Manifestations au Québec contre le racisme et les violences policières

juin 7, 2020

 

Des milliers de personnes ont manifesté dimanche à Montréal et dans d’autres villes du Québec contre le racisme et les violences policières, dénonçant aussi les discriminations raciales dans la province francophone. Une foule importante – plus de 10.000 personnes selon des estimations non-officielles – a défilé dans le centre de Montréal, en scandant «Black Lives Matter» (les vies noires comptent), «No justice, No peace» (pas de justice, pas de paix), «je ne peux pas respirer», ou «il faut que ça cesse».

La manifestation, la deuxième à Montréal en une semaine, s’inscrivait dans le cadre du vaste mouvement de protestation provoqué par la mort de l’Afro-Américain George Floyd, étouffé sous le genou d’un policier blanc lors d’une interpellation.

Mais des organisateurs, lors d’allocutions avant le départ du cortège, ainsi que des manifestants, ont aussi reproché au premier ministre du Québec François Legault d’avoir estimé il y a quelques jours qu’il n’y avait pas de «racisme systémique» dans la province. «Il y a du racisme systémique qui existe au Québec (…) toutes les preuves ont été faites», a affirmé un des organisateurs, l’ex-boxeur Ali Nestor.

«Au-delà de la manifestation d’aujourd’hui, au-delà des “plus jamais ça”, il faut qu’il y ait des gestes concrets et cela prend de la volonté politique», a pour sa part lancé Dominique Anglade, nouvelle cheffe du parti libéral du Québec (opposition), dont la famille est d’origine haïtienne.

Les manifestants ont été invités à s’arrêter à plusieurs reprises pour mettre un genou à terre en mémoire de George Floyd et le défilé s’est déroulé dans le calme, alors que la manifestation de dimanche dernier à Montréal avait dégénéré en affrontements dans la soirée.

De nombreux manifestants portaient des masques, mais n’ont guère pu respecter la distanciation physique de deux mètres, en particulier lors du rassemblement qui a précédé le départ du cortège.

Par Le Figaro avec AFP

Des journalistes visés lors des manifestations aux Etats-Unis

mai 31, 2020

Des journalistes ont été pris à partie dans plusieurs villes des États-Unis lors des manifestations de ces derniers jours en réaction à la mort de George Floyd, par police et manifestants, agressés, arrêtés ou ciblés par des tirs.

La scène la plus médiatisée reste celle de l’interpellation du reporter de CNN Omar Jimenez, menotté par des policiers en plein direct à Minneapolis vendredi 29 mai au matin, avant d’être relâché, une heure plus tard.

Mais plusieurs autres incidents ont eu lieu dans le pays, notamment à Louisville, dans le Kentucky, où un policier anti-émeute a tiré des cartouches lacrymogènes sur une équipe de télévision locale qui le filmait. «On me tire dessus!» a crié, à l’antenne, Kaitlin Rust, de la chaîne locale WAVE 3.

A Minneapolis, une journaliste freelance, Linda Tirado, a reçu une balle en caoutchouc au visage et indiqué avoir définitivement perdu l’usage de son oeil.

«Les autorités locales doivent ordonner à leurs forces de police de ne pas prendre des journalistes pour cible», a exhorté samedi soir le Comité de protection des journalistes (CPJ).

Une haine grandissante contre les journalistes

Des membres des médias ont également été attaqués par des manifestants, comme le photographe Ian Smith, qui a affirmé avoir été passé à tabac à Pittsburgh avant que d’autres manifestants ne s’interposent.

A Atlanta, le siège de la chaîne d’information CNN a été attaqué vendredi par un groupe de plusieurs dizaines de personnes, qui ont notamment envoyé une grenade détonante dans le hall où se trouvaient des policiers.

Samedi matin, un journaliste de la chaîne d’information Fox News qui se trouvait devant la Maison Blanche a été chassé par des manifestants, et poursuivi sur plusieurs centaines de mètres, avant que la police ne disperse les assaillants. «Si vous êtes manifestants, faites ce qui vous semble juste, mais ne nous empêchez pas de faire notre travail pour le public», a demandé samedi la Société des journalistes professionnels (SPJ).

Le président américain Donald Trump a lui retweeté un message expliquant: «Ironie du sort, le siège de CNN est attaqué par des émeutiers que la chaîne a présenté comme nobles et justes. Oops.» Depuis son élection, le chef de l’Etat s’en prend régulièrement aux médias, accusés de déformer la vérité, voire de fabriquer de fausses informations dans le but de lui nuire. Il les a régulièrement qualifiés d’«ennemis du peuple», avec une mention particulière à CNN, sa cible favorite.

Par Le Figaro avec AFP

France: Malgré l’interdiction, plusieurs milliers de personnes manifestent à Paris pour les sans-papiers

mai 30, 2020

 

Une foule de manifestants s’est réunie à l’appel d’un collectif d’associations, avant d’être dispersée par les forces de l’ordre notamment aux abords de la place de la République à Paris.

Suite à un appel de 195 associations, plus de 5000 manifestants se sont réunis samedi 30 mai à Paris pour la régularisation des sans-papiers. Malgré l’interdiction de la préfecture de police et les restrictions sanitaires qui limitent les rassemblements à moins de 10 personnes, le cortège s’est élancé de la Madeleine et a pris fin place de la République.

Dans des face-à-face parfois tendus, la police a procédé à 92 interpellations et a dû faire usage de gaz lacrymogènes pour disperser la foule.

D’autres marches des solidarités ont eu lieu à Lyon, Lille, Marseille, Toulouse et Grenoble. Tous dénoncent «une véritable bombe sanitaire» pour les sans-papiers qui sont «sans droits, sans revenus et sans espoir d’accès aux allocations proposées par l’Etat». Les associations ont appelé à une nouvelle manifestation le 20 juin

Par Michalik Marie-Liévine