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Canada-Québec/Soins de santé et racisme systémique : Manon Massé fustige le gouvernement Legault

novembre 27, 2020

Manon Massé persiste et signe : pour offrir des services de santé et des services sociaux dignes de ce nom aux Autochtones du Québec, le gouvernement Legault doit reconnaître l’existence du racisme systémique. Une chose à laquelle se refuse le ministre responsable des Affaires autochtones, dit-elle.

La co-porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, affirme que l'amélioration de l'offre de soins de santé pour les Autochtones passe par la reconnaissance du racisme systémique.© /Radio-Canada La co-porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, affirme que l’amélioration de l’offre de soins de santé pour les Autochtones passe par la reconnaissance du racisme systémique.

Quelques jours après le rejet d’une motion présentée par le Parti libéral du Québec sur le Principe de Joyce, principe qui réclame un accès égal pour tous aux services de santé, en plus de la reconnaissance du racisme systémique, faute de consensus, la co-porte-parole de Québec solidaire et porte-parole en matière d’affaires autochtones s’est dite déçue, vendredi matin, de n’avoir pas pu échanger directement avec le ministre de la Santé, Christian Dubé, lors d’une interpellation à l’Assemblée nationale.

« Ma déception, et je l’ai de nouveau mentionné en Chambre, est importante, parce que dans les faits, ça ne se peut pas, dans un gouvernement qui se targue de discuter de nation à nation, qu’à chaque fois que le mot autochtone est mentionné, c’est le ministre du secrétariat des Affaires autochtones qui se pointe pour répondre… C’est une responsabilité transversale », a indiqué Mme Massé.

Celle-ci soutient qu’il existe des « lacunes » dans la Loi sur la santé et les services sociaux, lacunes qui font en sorte que les populations autochtones n’ont pas toujours droit aux services de santé ou aux services sociaux adéquats.

Dans l’une de ses interventions, lors de l’interpellation au Salon bleu, vendredi avant-midi, la députée solidaire a notamment évoqué le cas d’une femme autochtone qui s’est présentée à plusieurs reprises à l’hôpital pour se plaindre de douleurs, pour se faire constamment renvoyer chez elle, avant de mourir sans avoir été soignée. Pourtant, évoquait Mme Massé dans un point de presse, tout juste avant l’interpellation, les Premières Nations présentent régulièrement des rapports « étoffés » et « complets » sur leurs besoins en matière de santé et de services sociaux.

Après ses échanges avec le ministre Lafrenière, la coporte-parole solidaire estime qu’il faut « continuer le travail, notamment sur la question de l’inclusion, à l’intérieur de la Loi sur la santé et les services sociaux, du concept de sécurisation culturelle, et de la question d’assumer pleinement notre responsabilité populationnelle », avant d’affirmer que « nos institutions ne jouent pas pleinement leur rôle ».

Le racisme systémique, la pierre d’achoppement

Pour la députée, une chose est claire : «C’est sûr que la question du racisme systémique fait que ça ne progresse pas, j’en suis certaine. J’ai parlé du racisme systémique avec le ministre Lafrenière, et il nous dit « écoutez, vous allez vivre avec ça, nous, on ne s’entend pas, on n’est pas d’accord avec ça ». Le gouvernement dit que le racisme systémique divise, alors que, pour nous, refuser de reconnaître la réalité vécue par les Autochtones, ça aussi, ça divise.»

Mme Massé estime par ailleurs qu’il est grand temps que le gouvernement Legault « amène des solutions systémiques » aux problèmes d’accès « systémiques » vécus par les populations autochtones.

« J’ai essayé de démontrer au ministre Lafrenière, tout au long de l’interpellation, que tout le monde, y compris lui, a parlé des impacts du racisme systémique sur les Autochtones. Alors, pourquoi ne pas reconnaître ça, rendu là? »

La députée solidaire juge que « le principal enjeu, c’est quand tu ne reconnais pas le problème de fond, à la base, cela ne mène pas à des solutions qui répondent à ce problème-là ».

Avec Radio-Canada par Hugo Prévost