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Affaire Thomas Sankara : Mariam demande aux députés français d’ouvrir une enquête

juin 17, 2015
Veuve Sankara

Mariam Sankara

Mariam, la veuve de l’ex-président burkinabè Thomas Sankara, poursuit sa quête de vérité, du Burkina Faso à la France où elle a demandé mardi aux députés français d’ouvrir une enquête parlementaire.

« Je n’ai pas abandonné, je n’abandonnerai pas, jusqu’à ce que vérité soit faite », confie Mariam Sankara, dans un rare entretien accordé, le 16 juillet, à l’Agence France presse (AFP).

Elle vit en exil à Montpellier, dans le sud de la France, où elle s’est installée en 1990 avec ses deux enfants. Mais elle était à Paris mardi pour demander aux députés français d’ouvrir une enquête parlementaire sur les circonstances de la mort de son époux.

Si on arrivait à ouvrir les archives, on pourrait situer les responsabilités.

Mariam Sankara souhaite que Paris contribue à éclaircir le mystère. « La France a été souvent citée dans les complicités, en ce qui concerne l’assassinat. Si on arrivait à ouvrir les archives, on pourrait situer les responsabilités », estime-t-elle. « Il y va de l’intérêt de la France, du Burkina et de toute l’Afrique que cette vérité se sache ».

« J’ai écrit à Hollande, pas de réponse »

Les autorités françaises n’ont jusqu’ici jamais donné suite à ses requêtes. « Cela fait 18 ans que la plainte est déposée. J’ai écrit au président Chirac (1995-2007), j’ai reçu une réponse comme quoi ce genre de chose ne se produirait plus. J’ai écrit au président Sarkozy (2007-2012) qui a répondu aussi qu’ils vont veiller à ce que ce genre de situation ne se reproduise plus au Burkina », explique-t-elle.

« J’ai écrit à Hollande quand il est devenu président mais je n’ai pas reçu de réponse… », ajoute-t-elle.

Elle espère que les députés français accepteront sa demande d’enquête parlementaire. Mais cela suppose un consensus politique et « je pense que cela peut être difficile », reconnaît-elle. Deux requêtes similaires, émanant de députés burkinabè, étaient restées lettre morte en 2011 et 2012.

« Je vais revenir au Burkina »

Fêtée à son retour au pays en mai, Mariam Sankara cultive la discrétion et fuit les journalistes. « Je ne me donne pas un rôle politique. Les sankaristes ont un candidat que nous soutenons qui est Bénéwendé Sankara [sans lien de parenté] », souligne-t-elle.

Mais elle s’est inscrite sur les listes électorales et pourrait s’impliquer aux côtés de son candidat dans la campagne électorale au Burkina Faso, à l’approche des scrutins présidentiel et législatif d’octobre.

« Je m’installerai un jour au Burkina », ajoute Mariam Sankara. « J’ai ma mère, j’ai des frères. Je vais revenir ».

Ses deux enfants, adultes et établis aux États-Unis, viendront peut-être aussi. « Ils sont Burkinabè, nous sommes toujours restés Burkinabè », assure-t-elle.

Depuis la chute de Blaise Compaoré, la justice burkinabè a ouvert une enquête en mars et elle a convoqué Mariam Sankara pour l’auditionner en mai.

« J’ai été entendue. J’ai eu l’impression que le juge voulait vraiment aller au bout de cette enquête, je ne peux qu’espérer que cela se passe bien », dit-elle.

À la demande du juge d’instruction, les restes de Thomas Sankara et des douze autres victimes sont exhumés fin mai.

« Le but, c’est d’identifier les corps mais aussi de déterminer les circonstances des décès puisque nous avions reçu des certificats disant qu’il s’agissait de morts naturelles ».

Jeuneafrique.com

Burkina Faso : la veuve de l’ex-président Thomas Sankara entendue par la justice

mai 19, 2015

Mariam Sankara, accueillie dans la liesse, arrive à l'aéroport de Ouagadougou le 14 mai 2015.
Mariam Sankara, accueillie dans la liesse, arrive à l’aéroport de Ouagadougou le 14 mai 2015. © Ahmed Ouoba/AFP

Rentrée au pays il y a cinq jours pour la deuxième fois depuis l’assassinat de son mari, Mariam Sankara a été entendue lundi par la justice burkinabè qui a ouvert une enquête sur les événements du 15 octobre 1987.

Accueillie le 14 mai par une foule en liesse à l’aéroport de Ouagadougou, Mariam Sankara, veuve de l’ancien président Thomas Sankara, a été entendue le 18 mai par la justice du Burkina Faso dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat de son mari lors du putsch du 15 octobre 1987.

Entourée de plusieurs avocats, dont Me Bénéwendé Sankara (aucun lien de parenté, NDLR), qui a été désigné la veille candidat des « sankaristes » pour la présidentielle d’octobre, elle s’est engouffrée dans le palais de justice militaire pour y être entendue pendant huit heures.

La vérité, 27 ans après les faits ?

La justice burkinabè a démarré fin mars une enquête sur la mort de Thomas Sankara, tué le 15 octobre 1987 lors d’un coup d’État qui porta Blaise Compaoré au pouvoir. Le régime de ce dernier, renversé fin octobre 2014 par une insurrection populaire, avait toujours refusé l’ouverture d’une enquête sur les circonstances de cet assassinat.

Plusieurs auditions ont déjà eu lieu dans le cadre de cette affaire ces six dernières semaines.

La figure de Thomas Sankara, révolutionnaire loué pour son intégrité et icône du panafricanisme, a été abondamment revendiquée durant le soulèvement populaire qui a conduit à la chute du président Compaoré le 31 octobre 2014.

Jeuneafrique.com avec AFP

Burkina : Mariam Sankara, retour confirmé le 14 mai à Ouagadougou

mai 7, 2015

Mariam Sankara, veuve de l'ex-président burkinabè Thomas Sankara.
Mariam Sankara, veuve de l’ex-président burkinabè Thomas Sankara. © DR

La veuve de Thomas Sankara est attendue le jeudi 14 mai dans la capitale burkinabè. Elle doit notamment être entendue par le juge d’instruction militaire en charge de l’enquête sur l’assassinat de l’ancien président.

Elle n’était revenue au pays qu’une seule et unique fois depuis l’assassinat de son mari. Le 15 octobre 2007, pour le vingtième anniversaire de sa mort. Pressenti depuis plusieurs semaines, le retour de Mariam Sankara au Burkina est désormais confirmé : elle atterrira le jeudi 14 mai en fin d’après-midi à Ouagadougou.

Éxilée depuis plus de 25 ans dans la région de Montpellier, dans le sud de la France, elle est attendue de pied ferme par sa famille et les partisans de l’ex-président révolutionnaire. La veuve du capitaine au béret rouge sera ensuite entendue en tant que partie civile par le juge d’instruction militaire François Yaméogo, chargé de l’enquête sur l’assassinat de Thomas Sankara. Durant cette audition, qui aura lieu le lundi 18 mai, elle devrait réaffirmer sa plainte et livrer son précieux témoignage au magistrat.

Après avoir placé sous scellé, le 9 avril, les tombes supposées de l’ancien chef de l’État et de ses douze camarades tombés avec lui sous les balles d’un commando, le 15 octobre 1987, le juge Yaméogo a commencé à entendre certains témoins ou proches des victimes. Blandine et Valentin Sankara, la sœur et le frère de Thomas, en font partie.

Convention des partis sankaristes

« Les choses évoluent enfin dans le bon sens : un juge a été nommé et a commencé son instruction, confie Mariam Sankara, 62 ans, à Jeune Afrique. J’espère que tout cela va continuer ainsi. » D’après une source proche de l’enquête, les experts pourraient par ailleurs « prochainement, après l’audition des parties civiles », entamer les travaux d’exhumation des corps pour procéder à leur identification grâce à des analyses ADN.

La veuve du président Sankara est également attendue à la Convention des partis sankaristes, organisée les 16 et 17 mai à Ouagadougou, dont l’objectif sera d’élaborer une stratégie commune et de désigner un candidat à la prochaine élection présidentielle. Cette réunion devrait donc être symboliquement placée sous le « Haut patronage de Mariam Sankara ». La date retenue se veut quant à elle tout aussi symbolique : le 16 mai 1983, Thomas Sankara était arrêté par le régime du président Jean-Baptiste Ouédraogo. Nombre de ses partisans estiment aujourd’hui que cet événement fut une première étape décisive dans l’instauration de la révolution sankariste, moins de trois mois plus tard, le 4 août 1983.

Jeuneafrique.com par Benjamin Roger, envoyé spécial à Ouagadougou

Burkina : Mariam Sankara bientôt de retour à Ouagadougou ?

avril 15, 2015

 Mariam Sankara, sur la tombe de son mari le 15 octobre 2007.

Mariam Sankara, sur la tombe de son mari le 15 octobre 2007. © Kambou Sia/AFP

Selon plusieurs sources, Mariam Sankara se rendra dans les prochaines semaines au Burkina.

D’après plusieurs de ses proches, c’est une certitude : Mariam Sankara, la veuve de Thomas, va se rendre dans les semaines à venir au Burkina Faso. Reste une interrogation sur la date précise de ce retour. La veuve du président assassiné (le 15 octobre 1987) est annoncée pour parrainer la convention des partis et mouvements sankaristes, qui se tiendra les 25 et 26 avril prochains à Ouagadougou, mais sa présence n’est pas encore officiellement confirmée.

Exilée dans la région de Montpellier, dans le sud de la France, depuis vingt-sept ans, elle n’est revenue qu’une seule fois au pays, en 2007, pour le vingtième anniversaire de la mort de son mari. « Elle va se rendre à Ouagadougou parce qu’elle doit être entendue en tant que partie civile dans l’affaire Sankara », glisse l’un de ses confidents. Après avoir placé la tombe supposée du capitaine révolutionnaire sous scellé le 9 avril, François Yaméogo, le juge d’instruction militaire en charge du dossier, va en effet démarrer ses auditions dans les jours à venir.

Jeuneafrique.com

Burkina : le gouvernement autorise l’exhumation du corps supposé de Thomas Sankara

mars 5, 2015

Thomas Sankara à Harare, le 2 septembre 1986.
Thomas Sankara à Harare, le 2 septembre 1986. © AFP

Le gouvernement de transition burkinabè a adopté mercredi un décret autorisant l’exhumation et l’expertise de la dépouille supposée de Thomas Sankara. Mais la procédure s’annonce encore longue, aucun accord n’ayant été conclu entre les autorités et Mariam Sankara, la veuve de l’ex-président.

Une nouvelle étape vient d’être franchie dans l’enquête sur l’assassinat de Thomas Sankara. Le gouvernement de transition burkinabè a adopté, mercredi 4 mars, en conseil des ministres, un décret « portant autorisation d’exhumation et d’expertises des restes du président Thomas Isidore Noël Sankara ». Le compte-rendu du Conseil précise que l’adoption de ce décret permet aux ayants-droit de l’ancien chef de l’État « d’ouvrir la tombe supposée contenir son corps et de faire procéder à toutes expertises nécessaires à l’identification ».

Les autorités de transition répondent ainsi aux critiques qui commençaient à monter à Ouagadougou. À peine arrivés au pouvoir, le président Michel Kafando et le Premier ministre Yacouba Isaac Zida avaient multiplié les déclarations sur la réouverture de l’explosif dossier Sankara, suscitant une forte attente dans la famille et au sein de la population. Mais, en un peu plus de trois mois au pouvoir, le régime de transition a été rattrapé par d’autres priorités et la relance de cette affaire complexe reléguée au second plan. Lors d’une interview accordée à Jeune Afrique au début du mois de février, le président Michel Kafando s’était même montré plutôt agacé lorsqu’il a fallu répondre à la question : « Ce sont des sujets dont je ne veux pas avoir à reparler encore et encore »

Aucun accord conclu entre la famille et les autorités

Malgré ce décret, la réouverture de la tombe de l’ancien capitaine révolutionnaire ne semble pas être pour demain. Dans un communiqué transmis à la presse, Mariam Sankara, la veuve de Thomas, affirme qu’elle n’a jamais eu de « contact officiel » avec les autorités de transition et qu’aucun accord sur les modalités de « réouverture du dossier juridique et les travaux légistes d’identification » n’a été conclu. Installée à Montpellier, dans le sud de la France, elle réaffirme tout de même « sa disponibilité à discuter » de ces formalités qu’elle a sollicités. Reste maintenant au ministre de la Défense de saisir le tribunal militaire – la justice civile s’étant déclarée incompétente sur ce dossier – pour qu’il ordonne l’ouverture d’une procédure.

Thomas Sankara a été tué le 15 octobre 1987 par un commando d’hommes armés à Ouagadougou dans des circonstances troubles. Le régime de Blaise Compaoré, fortement suspecté d’avoir trempé dans l’assassinat de son ancien frère d’armes, a tout fait pour étouffer cette affaire. À tel point que le doute subsiste toujours sur l’identité de la dépouille reposant dans la tombe supposée de Sankara, au cimetière de Dagnoën, dans la capitale burkinabè. Depuis 2010, sa famille réclame donc l’exhumation et l’identification du corps pour tenter de faire la lumière sur la mort de l’idole de la nation.

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Jeuneafrique.com par Benjamin Roger