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Espagne: Rajoy destitue le gouvernement Catalan au bord de la sécession

octobre 21, 2017

Le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy, le 21 octobre 2017 à Madrid / © AFP / GABRIEL BOUYS

Le chef du gouvernement espagnol a annoncé samedi la destitution de l’exécutif catalan de Carles Puigdemont et la convocation d’élections régionales dans les six mois, afin de reprendre le contrôle de la Catalogne au bord de la sécession.

Invoquant l’article 155 de la Constitution, jamais encore utilisé, Mariano Rajoy a demandé au Sénat de lui confier la faculté de dissoudre le parlement catalan, afin de « convoquer des élections dans un délai maximum de six mois ».

M. Rajoy demande aussi que tout le gouvernement catalan présidé par Carles Puigdemont soit démis de ses fonctions, qui seront exercées « en principe par les ministères (nationaux) aussi longtemps que durera cette situation exceptionnelle ».

« Ni l’autonomie catalane ni la gouvernance autonome ne sont suspendues », a affirmé Mariano Rajoy, pour tenter de rassurer des Catalans très attachés à leur utonomie récupérée après la fin de la dictature de Francisco Franco en 1975.

Il s’agit seulement selon lui de destituer « les personnes qui ont placé ce gouvernement hors la loi », en faisant voter des lois contraires à la constitution espagnole et au statut d’autonomie de la Catalogne.

Ces mesures doivent être approuvées au Sénat, fin octobre, où le parti du Premier ministre est majoritaire. Il s’est assuré de l’appui du parti socialiste (PSOE), principale force d’opposition, et des centristes de Ciudadanos, et o.

Mariano Rajoy prétend revenir à la légalité en Catalogne, rétablir la coexistence dans une communauté qui s’est déchirée depuis des mois sur la question de l’indépendance, et préserver le redressement économique dans une des régions les plus riches d’Espagne.

Le gouvernement séparatiste de Catalogne n’a pas laissé à Madrid d’autre choix, selon lui. « Le gouvernement a été obligé d’appliquer l’article 155 de la Constitution. Ca n’était ni notre souhait, ni notre intention », a-t-il expliqué.

– Risque de mobilisation populaire –

Carles Puigdemont doit faire une déclaration à 21H00 (19H00 GMT), selon un porte-parole officiel de la Generalitat, le gouvernement catalan.

L’ambiance est tendue en Catalogne, où une manifestation est prévue à 17H00 (15H00 GMT) à Barcelone pour réclamer la libération de deux leaders indépendantistes emprisonnés pour sédition.

La mobilisation populaire risque d’être importante avec l’annonce de la destitution du gouvernement régional en place depuis 2016.

« Tout cela va rentrer dans l’ordre, sans faire davantage de tort à qui que ce soit », a assuré Rajoy.

La veille, le roi d’Espagne avait affirmé que l’Etat saurait faire face à cette « tentative inacceptable de sécession (…) avec ses institutions démocratiques légitimes » alors que le pays traverse la pire crise depuis la fin de la dictature de Francisco Franco en 1975.

M. Puigdemont et son cabinet indépendantiste affirment avoir un mandat pour faire sécession, après avoir organisé un référendum d’autodétermination interdit par la justice, un processus déclenché en novembre 2015 avec pour objectif d’instaurer une république indépendante au plus tard en 2017.

D’après eux, plus de deux millions de Catalans, soit 43% de l’électorat, ont voté à 90% oui à l’indépendance malgré des interventions parfois violentes de la police pour les en empêcher.

L’aile dure de la coalition pousse Carles Puigdemont à consommer la rupture mais cet ancien journaliste de 54 ans temporise devant l’impact économique de la crise et le manque d’appuis à l’étranger.

La France et l’Allemagne ont fermement condamné ses efforts en vue de la sécession et l’UE répète qu’elle ne reconnaîtra pas l’indépendance de la Catalogne, qui quitterait automatiquement l’Union.

Vendredi, le président du Parlement européen Antonio Tajani avait dénoncé avec virulence ceux qui « sèment la discorde (et) ignorent volontairement les lois », dans une allusion transparente aux dirigeants catalans qui défient l’Etat depuis deux ans.

Emmenées par les deux plus grandes banques catalanes, Caixabank et Sabadell, près de 1.200 entreprises ont transféré leur siège social hors de Catalogne, les investissements sont suspendus et les réservations d’hôtel chutent dans la région la plus touristique d’Espagne.

Romandie.com avec(©AFP / 21 octobre 2017 15h16)                

Le chef du gouvernement espagnol piégé au téléphone

janvier 21, 2016

Le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, a été victime mercredi du canular d’un imitateur de radio. Ce dernier s’est fait passer pour le président indépendantiste de la Catalogne Carles Puigdemont, allant jusqu’à lui proposer un rendez-vous rapide.

Sur la foi de l’enregistrement diffusé par les médias espagnols jeudi, l’imitateur de la radio catalane Flaixbac est parvenu la veille à engager une conversation téléphonique avec M. Rajoy en se faisant passer pour le dirigeant de l’exécutif catalan en fonctions depuis le 12 janvier, pour proposer un tout premier entretien.

« Je crois que lundi 25 (janvier) je peux vous appeler et en fonction de la situation, s’il y a investiture ou non, nous fixons une date, j’ai un emploi du temps très libre, nous pourrions la fixer dans les 24 ou les 48 heures », répond alors M. Rajoy à celui qu’il prend alors en toute innocence pour Carles Puigdemont.

L’imitateur révèle ensuite au président du gouvernement et dirigeant du Parti populaire (PP, droite) qu’il s’agit d’une blague. Il s’attire alors ce commentaire de Mariano Rajoy: « ce n’est pas sérieux, faite ce que vous voulez mais ce n’est pas sérieux ».

Procédé éprouvé
Le canular s’est produit dans un contexte de grande tension entre le gouvernement central et l’exécutif catalan. Carles Puigdemont – ex-maire de la ville de Gérone (nord-est) et président de l’association des municipalités indépendantistes – avait salué son investiture d’un « vive la Catalogne libre » puis avait confirmé qu’il entendait conduire sa région aux portes de l’indépendance en un an et demi.

« Il ne nous manquera ni la fermeté ni la détermination » pour protéger l’unité de l’Espagne, avait répondu alors par médias interposés le chef du gouvernement conservateur à Madrid.

Le porte-parole du groupe parlementaire du PP au Congrès, Rafael Hernando, a profité jeudi du canular pour affirmer que l’affaire démontrait « que M. Rajoy n’est pas opposé aux appels ni aux conversations ». Critiquant le procédé, il a cependant fait valoir que bien d’autres dirigeants dans le monde avaient subi ce genre de canulars.

Ainsi, l’ex-président français Nicolas Sarkozy avait pareillement été victime d’un canular au début de son mandat à l’Elysée.

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Ebola: création d’une cellule de crise en Espagne

octobre 10, 2014

Le gouvernement espagnol a annoncé vendredi la création d’un comité interministériel spécial pour gérer la crise d’Ebola ouverte par la contamination d’une aide-soignante à Madrid. Il s’agit de la première personne touchée par le virus hors d’Afrique.

Le comité, regroupant notamment des représentants des ministères de la Santé, des Affaires étrangères, de la Défense et de l’Intérieur, sera assisté d’un nouveau comité scientifique sur le virus d’Ebola, a annoncé la vice-présidente du gouvernement, Soraya Saenz de Santamaria, lors d’une conférence de presse.

Lutte contre la mort
« C’est un moment complexe et difficile », a déclaré le président du gouvernement Mariano Rajoy, après une visite à l’hôpital où l’aide-soignante Teresa Romero lutte contre la mort. « Je suis absolument convaincu que tout ce qui est nécessaire sera fait » pour surmonter la crise, a-t-il ajouté.

L’aide-soignante, qui avait approché deux missionnaires morts de la fièvre hémorragique cet été à Madrid, a été admise lundi dans un hôpital madrilène. Elle avait signalé à plusieurs reprises qu’elle se sentait mal, sans déclencher d’alarme médicale.

Douze autres personnes n’ayant pas de symptômes sont en observation, pour certaines à leur demande, après avoir été en contact, soit avec l’aide-soignante malade, soit avec un des deux religieux espagnols porteurs du virus, décédés après leur rapatriement en Espagne en août et septembre respectivement.

Défaillances relevées
L’opposition et les syndicats du personnel de la santé ont critiqué la gestion de la crise, de nombreuses défaillances ayant été relevées dans l’application des procédures mises en place.

Le gouvernement a également été critiqué pour avoir rapatrié des missionnaires mourants. Soraya Saenz de Santamaria a déclaré que ces prêtres qui se dévouaient pour soigner les malades en Afrique « avaient le droit de revenir dans leur pays ».

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