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Variole du singe : un premier cas confirmé au Maroc

juin 3, 2022

Face à l’alerte mondiale à la variole du singe, le ministère marocain de la Santé lance un « plan national de surveillance et de riposte ». Une stratégie proactive qui prend tout son sens après la confirmation d’un premier cas dans le royaume. Explications.

Tests de dépistage de la variole du singe. © Dado Ruvic/REUTERS

Un premier cas de variole du singe, ou « Monkeypox », vient d’être confirmé par le ministère marocain de la Santé et de la Protection sociale ce 2 juin. Dans son communiqué officiel, le ministère précise qu’il s’agit d’un expatrié européen qui était suivi dans le cadre du protocole présenté jeudi 26 mai. Son état serait « stable et non préoccupant », ajoute la même source.

Mercredi 25 mai, les trois premiers cas suspects enregistrés au Maroc s’étaient révélés négatifs après des analyses de laboratoire effectuées à l’hôpital militaire Ibn-Sina de Marrakech. Le ministère de la Santé a alors assuré que les cas suspects avaient été placés sous surveillance médicale et pris en charge selon les procédures sanitaires en vigueur.

Durant la semaine du 16 mai, les autorités de Marrakech se sont attelées à recenser puis à tester les singes de la très touristique place Jemaa el-Fna. Selon plusieurs sources, une délégation vétérinaire aurait directement prélevé des échantillons de leurs squames afin de les analyser en laboratoire pour s’assurer qu’ils étaient sains. Les professionnels de santé auraient même sommé les dresseurs de vacciner leurs animaux et de surveiller leur état de santé.

Attractions aussi populaires que lucratives, les primates de Jemaa el-Fna sont habituellement photographiés avec les touristes. Dans le cadre du risque épidémique, les vétérinaires auraient donc interdit tout contact avec les singes. En effet, cette zoonose virale (transmissible à l’homme par les animaux) commence à inquiéter les régions non endémiques dont fait partie le Maroc.

180 cas détectés dans 16 pays habituellement à l’abri

La variole du singe est présente dans 11 pays d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale. Mais ces dernières semaines, 180 cas ont été détectés dans 16 pays dans le monde habituellement à l’abri. Les chaînes de transmission directes n’ont jusqu’ici pas encore pu être établies.

« L’Europe reste l’épicentre de l’épidémie de variole du singe le plus important et le plus étendu géographiquement jamais signalé en dehors des zones endémiques d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale », a expliqué l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans un communiqué, le 31 mai dernier. L’OMS estime pouvoir « stopper » cette transmission de la maladie entre humains.

Bien qu’il n’existe pas de vaccin spécifique pour la variole du singe, le vaccin contre la variole classique offre une protection croisée. Les experts situent son efficacité à environ 85 %. Lors d’une conférence organisée ce 2 juin par le Bureau régional pour l’Afrique de l’OMS, plusieurs spécialistes ont justement pointé « un accès inéquitable » à ce vaccin. Le risque serait donc, selon eux, que l’on « répète le même scénario qu’avec la pandémie de Covid-19 ».

Strict suivi et classification des cas suspects

Avant que ce premier cas ne se déclare, les autorités marocaines avaient lancé un « plan de surveillance et de riposte ». »Le ministère de la Santé a travaillé de manière proactive sur la question et a pris un ensemble de mesures nécessaires pour suivre l’évolution de cette maladie, dans le respect des normes sanitaires internationales », a assuré le porte-parole du gouvernement, Mustapha Baitas, lors d’un point de presse le 26 mai dernier.

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Ce dispositif de surveillance épidémiologique a été mis en place par la Direction de l’épidémiologie et du contrôle des maladies, en coordination avec les structures sanitaires publiques, privées et militaires. Il classe les cas d’infection en « cas suspect”, « cas probable » ou « cas confirmé », et définit le mode de prise en charge médicale, ainsi que le suivi des cas contacts.

Ainsi, toute personne présentant une éruption cutanée, vésiculeuse ou vésiculo-pustuleuse, avec une température corporelle de plus de 38 degrés, est qualifiée de « cas suspect ». Sont exclus, les diagnostics habituels pour ce type de symptômes, notamment la varicelle, la rougeole, l’herpès, les rickettsioses, ou toute réaction allergique éventuelle. « Tout cas suspect ou probable doit être immédiatement signalé à l’Autorité régionale de santé, soit le bureau de santé [public ou privé] où le médecin a posé le diagnostic », apprend-on.

Est considéré à risque, selon le dispositif sanitaire, « toute personne ayant eu un contact physique direct non protégé avec la peau infectée ou les fluides biologiques d’un cas probable ou confirmé symptomatique ». Aucune circonstance n’est exclue, « y compris dans les établissements de santé, comme le partage d’objets personnels ou le contact avec des textiles [vêtements, literie] », étaye la Direction de l’épidémiologie.

Auto-isolement de trois semaines

L’autorité sanitaire a évoqué parmi les sources de danger potentiel tout contact non protégé, à une distance inférieure à deux mètres, pendant trois heures, avec un cas possible ou confirmé symptomatique. Elle a également donné plusieurs exemples concrets : « avec un ami proche ou intime, dans les transports, entre collègues, au bureau ou en salle de sport ».

En cas d’apparition desdits symptômes, un auto-isolement de trois semaines est recommandé suivant le dernier contact avec le cas probable ou confirmé symptomatique, ainsi qu’un contrôle biquotidien de la température. La Direction de l’épidémiologie interdit en revanche de se rendre dans un établissement de santé. Le processus de prise en charge est réalisé par l’Équipe d’intervention rapide (EIR), chargée d’instaurer un suivi téléphonique.

Avec Jeune Afrique par Rym Bousmid

Nigeria-Maroc : le projet de gazoduc franchit une étape décisive

juin 2, 2022

Alors que la situation en Ukraine a rendu incertains les approvisionnements énergétiques du Vieux Continent, le projet de gazoduc entre le Nigeria et le Maroc obtient un soutien de poids.

Gazoduc de la centrale électrique Afam VI de Port Harcourt, au Nigeria, en septembre 2015. Le pays est le plus grand producteur d’Afrique, avec environ deux millions de barils de brut par jour. © FLORIAN PLAUCHEUR / AFP

La construction du futur gazoduc qui doit relier l’Afrique à l’Europe a franchi une nouvelle étape mercredi 1er juin. Le Nigeria a en effet donné le feu vert à sa compagnie pétrolière publique NNPC pour signer un protocole d’accord avec l’organisation régionale ouest-africaine Cedeao dans le cadre du projet de construction du gazoduc avec le Maroc. Une décision qui intervient alors que l’approvisionnement de l’Europe en gaz africain gagne en importance, la guerre en Ukraine laissant peser des incertitudes sur les exportations énergétiques russes. L’Algérie a déjà accepté d’augmenter son approvisionnement vers l’Italie.

Le Nigeria et le Maroc ont signé une joint-venture en 2016 pour la construction d’un gazoduc qui acheminera le gaz à travers quinze pays d’Afrique de l’Ouest et, via le Maroc, vers l’Espagne et l’Europe, a déclaré le ministre nigérian du Pétrole, Timipre Sylva, lors d’une réunion du cabinet à Abuja tout en présentant la demande d’approbation.

Recherche d’investisseurs

« Nous en sommes encore au stade de la conception technique préliminaire », a encore déclaré M. Sylva, à la suite de quoi le coût et le financement du gazoduc seront déterminés. Le ministre n’a pas précisé quand la construction commencerait ni quand elle serait achevée. La Banque islamique de développement (BID) a apporté son soutien à deux nouveaux contrats autour de ce projet. L’institution, dont le siège est en Arabie saoudite, avait déjà engagé 15,5 millions de dollars pour des études de conception technique préliminaires, à la mi-2021.

Pour l’heure, aucun investisseur sur le projet n’a été officiellement annoncé, bien que Timipre Sylva ait affirmé début mai que « beaucoup de personnes manifest[ai]ent leur intérêt ».

L’an dernier, le Nigeria et le Maroc ont déclaré que l’oléoduc aurait une longueur de 5 660 km et que la construction se ferait par étapes, sur vingt-cinq ans. De plus, des études de faisabilité ont été engagées en vue de construire le gazoduc à la fois sur terre et en mer. Le Nigeria, membre de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), dispose d’énormes réserves en gaz, les premières en Afrique et les septièmes au niveau mondial. Présenté comme propice à l’intégration économique de l’Afrique de l’Ouest, le projet viendrait également s’ajouter au réseau de gazoducs existants qui approvisionnent l’Europe via la mer Méditerranée.

Par Jeune Afrique – avec Reuters

Maroc, Sénégal, Gabon… Qui sont les champions africains de la finance verte ?

mai 14, 2022

Dans une nouvelle étude, la Banque africaine de développement (BAD) distingue sept pays africains pionniers en matière de croissance verte et de financement climatique.

Dans une pépinière, à Buee, dans le sud de l’Éthiopie, en juin 2020. © Michael Tewelde/AFP

Alors que le débat sur la dette africaine fait rage, la Banque africaine de développement (BAD) a, dans une étude publiée à la fin de janvier et qui vient d’être rendue publique, évalué les nouveaux mécanismes de financement d’une croissance soucieuse de la préservation de l’environnement.

Intitulée « Croissance verte en Afrique », cette étude, menée conjointement avec l’Institut mondial de la croissance verte (GGGI), présente une cartographie des pays selon leur degré d’avancement en matière de projets verts (énergies renouvelables, parcs éco-industriels, etc.). Elle désigne des pionniers en matière de croissance verte et, surtout, de finance climatique.

  • Kenya et Rwanda, deux grands leaders

Parmi ceux qui sortent du lot, le Kenya, dont le leadership en matière de croissance verte découle d’un changement institutionnel efficace. Le Rwanda, qui, lui, a mobilisé 160 millions de dollars par le biais du Fonerwa – un fonds par lequel le financement environnemental et climatique est acheminé, décaissé et suivi –, démontre que le financement de la croissance verte peut être stimulé par un mécanisme de lutte contre le changement climatique.

Bien que la création d’emplois dans les secteurs dits verts ne soit pas systématiquement suivie au niveau national, le Fonerwa estime avoir contribué à en créer 144 858, est-il écrit dans le rapport de la BAD.

  • Maroc, Tunisie et la part des énergies renouvelables

L’étude relève que, tout comme la Tunisie, le Maroc a atteint 100% d’accès à l’électricité, ce qui se traduit par une consommation par habitant relativement élevée dans ces deux pays.

Le Gabon, où la forte consommation d’électricité provient des citadins nantis (40% des populations rurales n’ont pas accès à l’électricité) est également dans cette catégorie. Au Gabon, au Kenya, au Rwanda et au Mozambique, la part des énergies renouvelables dans la production d’électricité est importante (entre 60% et 90%) en raison du poids de l’hydroélectricité.

  • L’exemple éthiopien

L’Éthiopie, qui tente de jeter les bases d’une industrie verte par le biais d’un parc éco-industriel, fait également office de pionnier en matière de financement de la croissance verte, souligne le rapport. Grâce à de « bonnes pratiques de gestion des terres », ce pays a inversé la courbe de la dégradation du couvert végétal, qui est passé de 5% en 2010 à 13 ou 15% trois ans plus tard. Ce qui représente une contribution monétaire d’environ 27 milliards de birr, soit 520 millions de dollars selon le cours actuel.

L’expérience éthiopienne suggère, précise le rapport, que la réussite de la croissance verte dépend en partie de l’adoption et du respect d’un processus de planification ancré localement. En Tunisie, un mécanisme de financement innovant a produit des résultats probants dans le secteur des chauffes-eau solaires grâce au programme Prosol, censé lutter contre la déforestation.

Le mécanisme financier Prosol a été lancé entre 2005-2009 afin d’installer 300 000 m2 de capteurs solaires pour développer le marché des chauffes-eau dans le secteur résidentiel.

  • Lutte contre la déforestation : le label gabonais

Enfin, le Gabon comme le Mozambique constituent des modèles dans la lutte contre la déforestation, en vue d’assurer une croissance verte. L’annulation de l’exploitation forestière sur 1,3 million d’hectares, notamment dans les sanctuaires et les parcs nationaux, ainsi que l’interdiction d’exporter du bois non transformé ont entraîné une baisse de 50% de l’exploitation forestière.

Recouvert à 98% de forêt tropicale, le pays, qui exploitait 3,5 millions de mètres cubes de bois par an il y a quinze ans, a ramené ce seuil à 1,5 million de m3. Libreville a d’ailleurs demandé à toutes les sociétés forestières présentes sur son sol de se conformer au Forest Stewardship Council (FSC), un label qui promeut une gestion durable de la forêt.

Avec Jeune Afrique par Nadoun Coulibaly

Maroc-Algérie : à quelques jours du ramadan, la guerre de la datte est déclarée

mars 23, 2022
Marchand de dattes et de fruits secs, à Marrakech, au Maroc. © Lutz Jaekel/LAIF-REA

L’antagonisme entre les deux voisins a trouvé un nouveau terrain d’expression : la datte, fruit emblématique s’il en est de la période de ramadan.

Depuis quelques mois, plusieurs internautes marocains mènent sur Twitter une campagne de boycott des dattes algériennes. L’année dernière à la même période, une campagne identique avait été lancée dans un contexte similairement tendu entre les deux pays. Mais cette fois, il est également question de la potentielle cancérogénicité, voire radioactivité des dattes algériennes.

Tout est parti d’un premier tweet datant du 8 janvier dernier. Un compte anonyme – @Amal1999777 – évoque les essais nucléaires français réalisés en Algérie pendant les années 1970. « Ces expérimentations ont pollué le sable et les oasis. Malheureusement, à ce jour, l’Algérie vend des dattes issues de cette région et les exporte vers la plupart des pays arabes », avançait, sans aucune preuve ni indice, le tweet, illustré de photomontages dont les métadonnées ont été supprimées.

Solidarité avec les agriculteurs expulsés

Mais le tweet qui a réellement lancé la campagne de boycott a été publié le 14 janvier dernier. Il a été l’instigateur de plusieurs tweets reprenant le hashtag #boycott _ dattes_ algériennes en français et en arabe.

Derrière cette déferlante, le compte de Ali Terrass (@1Terrass), suivi par près de 23 000 abonnés, dont le compte officiel de la Délégation permanente du Maroc auprès de l’Unesco. Le compte, particulièrement actif depuis 2015, communique sur les actualités géopolitiques du Maroc, en particulier celles concernant le Sahara.

LE MAROC PRODUIT LOCALEMENT PRÈS DE 160 000 TONNES DE DATTES PAR AN

« Les exportations algériennes de dattes ont atteint le Maroc via la France. Le premier lot est arrivé et distribué dans certaines villes. C’est pourquoi je renouvelle ma solidarité avec les agriculteurs d’El Arja, dans l’oasis de Figuig, et je déclare mon boycott des dattes algériennes de manière permanente », peut-on lire dans le tweet à l’origine du phénomène.

En mars 2021, l’Algérie avait expulsé une trentaine de familles d’agriculteurs marocains de l’oasis d’El Arja, situé sur le territoire algérien. Dans cette région, la culture des palmiers est souvent le seul moyen de subsistance des familles.

Le gouvernement algérien avait justifié sa décision par la volonté de faire cesser les trafics illégaux persistants malgré la fermeture des frontières terrestres. Plusieurs milliers de manifestants avaient alors défilé à Figuig pour protester contre ces mesures d’expulsion.

70 000 tonnes importées

Dans plusieurs autres tweets et vidéos qui circulent également sur les réseaux sociaux, des internautes affirment même que les dattes algériennes seraient de mauvaise qualité. Certains vont jusqu’à prétendre qu’elles seraient frelatées et artificiellement colorées pour tromper les consommateurs.

Pour contrer ces accusations, ​​l’Organisation algérienne de protection et d’orientation du consommateur et son environnement (APOCE) a assuré dans un communiqué de presse que la qualité des dattes algériennes était garantie par l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Ainsi, l’appellation de la variété « Deglet Nour » serait protégée depuis moins d’un an à l’échelle internationale.

Le Maroc produit localement près de 160 000 tonnes de dattes par an. Mais à l’approche du mois de ramadan, face à la hausse de la demande, le pays en importe 70 000 tonnes supplémentaires. Il peut ainsi assurer à la fois l’approvisionnement et la stabilité des prix.

Le royaume n’étant pas autosuffisant, réduire la consommation de dattes algériennes ou interdire leur importation pourrait entraîner un problème d’approvisionnement au niveau du marché national.

Avec Jeune Afrique par Rym Bousmid

Maroc : des membres du gouvernement visés par Daech ?

mars 16, 2022

Cinq extrémistes ayant prêté allégeance à l’organisation État islamique ont été arrêtés ce 16 mars. Ils planifiaient de s’attaquer, entre autres, à des casernes militaires et à des bâtiments officiels.

Des personnalités du gouvernement marocain seraient-elles dans la ligne de mire d’extrémistes proches de Daech ? C’est ce qu’indique un communiqué du Bureau central d’investigations judiciaires (BCIJ), qui a procédé à l’arrestation de cinq d’entre eux, ce mercredi 16 mars.

Âgés de 21 à 44 ans,  ces « islamonautes » planifiaient de s’attaquer, entre autres, à de hauts fonctionnaires et à des personnalités publiques du royaume.

« Les perquisitions au domicile des personnes interpellées ont permis la saisie d’armes blanches de différentes tailles, un ensemble de manuscrits faisant l’apologie de Daech, ainsi que du matériel et des supports électroniques qui seront soumis à l’expertise technique et numérique », indique le communiqué du BCIJ.

Arnaque, crime et terrorisme

Arrêtés au cours d’opérations sécuritaires distinctes, menées simultanément dans plusieurs villes marocaines – à Kénitra, Larache, Souk Sebt Ouled Nemma, Taroudant et la commune rurale de Souihla (préfecture de Marrakech) – avec le concours des forces spéciales relevant de la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST), les terroristes présumés faisaient l’apologie de la liquidation physique et de la mutilation des cadavres comme prônée par l’organisation terroriste de Daech.

Les islamistes, censés agir seuls, étaient chargés de viser des cibles spécifiques, dont des « services de sécurités (…) et de hauts responsables étatiques ».

ILS PRÉVOYAIENT DE FINANCER LEURS PROJETS TERRORISTES EN BRAQUANT DES BANQUES OU EN CAMBRIOLANT DES PARTICULIERS

Selon les premiers éléments de l’enquête, les terroristes présumés avaient d’ores et déjà dressé un inventaire des produits et éléments intervenant dans la fabrication d’explosifs, et identifié des lieux, tels que des casernes militaires ou des installations gouvernementales qu’ils comptaient attaquer.

Légitimité religieuse

Des projets qu’ils prévoyaient notamment de financer en braquant des banques ou en cambriolant des particuliers, conformément au concept d’al istihlal censé offrir une légitimité religieuse à des activités en principe considérées comme illicites.

Les cinq extrémistes ont été placés en garde à vue sous la supervision du parquet chargé des dossiers de terrorisme, en vue d’élucider les projets préparés par chacun d’eux et de déterminer les ramifications éventuelles avec d’autres cellules et organisations terroristes au Maroc ou à l’étranger.

Le 2 mars, l’arrestation d’un extrémiste à Foum Zquid aux environs de Tata, pour son implication présumée dans la préparation d’un plan terroriste, avait ainsi révélé des liens avec un islamiste d’origine marocaine surnommé Abdellah Al-Beljiki, qui s’apprêtait à passer à l’action en Belgique. Des informations que la DGST a immédiatement communiqué aux autorités belges qui ont procédé à son arrestation.

Avec Jeune Afrique

Maroc, Algérie, Tunisie : comment les États s’organisent face à l’offensive russe en Ukraine

février 24, 2022
Gare centrale de Kiev, le 24 février 2022. © REUTERS/Volodymyr Petrov

Pour la plupart étudiants, les ressortissants des pays du Maghreb vivant en Ukraine se retrouvent pris au piège d’un conflit qui ne les concernent pas. Quels sont les dispositifs mis en place par leurs États pour les assister ou les rapatrier ?

Le 22 février, alors que l’escalade des tensions entre la Russie et l’Ukraine fait craindre au monde un embrasement militaire imminent, le ministère tunisien des Affaires étrangères estimait que la situation était sous contrôle, tout en invitant ses ressortissants en Ukraine a demeurer en contact avec la chancellerie tunisienne à Moscou.

Moins de 48 heures après cet avis, les premiers tirs provoquent la panique au sein de la communauté tunisienne. Ils sont 1 500, principalement des étudiants, à se sentir livrés à eux-mêmes, au cœur d’une guerre qui ne les concernent pas.

Acheminement depuis la Roumanie

Certains ont été rapatriés par précaution par leurs familles, mais la plupart sont restés chez eux à Odessa et Kharkiv, deux villes ciblées par les premiers tirs russes, selon Tarek Aloui, président de l’Association des Tunisiens d’Ukraine, qui insiste sur la nécessité d’un rapatriement rapide vers la Tunisie.

En attendant, il invite les Tunisiens présents en Ukraine à rester chez eux, à se faire connaître auprès de l’ambassade à Moscou – la Tunisie ne dispose pas d’ambassade à Kiev –, à rester en contact via les réseaux sociaux et à avoir toujours sur eux leurs documents d’identité.

AVEC 10 000 RESSORTISSANTS, LES MAROCAINS REPRÉSENTENT LA DEUXIÈME COMMUNAUTÉ ESTUDIANTINE EN UKRAINE

Des consignes qui permettraient de faciliter l’organisation d’un départ collectif en dépit de la fermeture de l’espace aérien ukrainien. Le gouvernement tunisien négocie actuellement avec la Roumanie l’autorisation d’acheminer les ressortissants tunisiens par bus depuis la frontière ukrainienne jusqu’à un aéroport roumain d’où ils pourraient décoller pour Tunis.

À plus long terme, les étudiants tunisiens pourraient voir leur avenir compromis, les autorités ukrainiennes ayant déjà fait savoir aux étudiants étrangers qui quittent le territoire qu’ils ne seront pas autorisés à revenir et à se réinscrire dans les facultés.

Quand, le 12 février, Vladimir Poutine dénonce « l’hystérie américaine » à propos d’une potentielle invasion russe en Ukraine, le Maroc n’en prend pas moins la situation au sérieux. Avec 10 000 ressortissants, les Marocains représentent la deuxième communauté estudiantine en Ukraine.

Dans un communiqué, l’ambassade du Maroc à Kiev a donc appelé les ressortissants marocains à quitter le pays « pour leur sécurité » et les citoyens marocains souhaitant se rendre en Ukraine à reporter leur voyage.

Vols spéciaux

Les services consulaires marocains ont également mis en place trois numéros de téléphone à destination des ressortissants ayant besoin d’assistance, sans toutefois prévoir d’opération d’évacuation spécifique.

Pour rappel, dès la fin du mois de janvier, de nombreux étudiants ont manifesté leur volonté de rentrer au royaume face à l’éventualité d’une attaque russe. L’ambassade du Maroc à Kiev leur avait rétorqué que leur rapatriement était tributaire de la réouverture des frontières marocaines – à nouveau ouvertes depuis le 7 février.

La Royal Air Maroc (RAM) et Air Arabia ont mis en place des vols spéciaux (Casablanca-Kiev et Tanger-Kiev) dès le 15 février pour pallier l’absence de vols commerciaux directs entre le Maroc et l’Ukraine.

UN DÉPART D’UKRAINE IMPLIQUE, POUR LES ÉTUDIANTS MAROCAINS, ALGÉRIENS ET TUNISIENS, UNE EXPULSION PURE ET SIMPLE DE LEUR UNIVERSITÉ

Les Marocains désireux de rentrer devront débourser 4 700 dirhams (443 euros) pour la RAM et 4 100 dirhams (387 euros) pour Air Arabia. Le 16 février, Valerian Shuvaev, ambassadeur de la Fédération de Russie à Rabat, a commenté ces mesures admettant que « la décision marocaine est souveraine », mais que « l’appel au retrait collectif est d’une logique incompréhensible, politiquement et humainement ».

Limiter les déplacements

Depuis, plusieurs centaines d’étudiants sont rentrés au bercail, soulagés mais très inquiets pour leur avenir. En effet, un départ d’Ukraine implique, pour les étudiants marocains, algériens et tunisiens, une expulsion pure et simple de leur université, sans espoir de s’y réinscrire.

L’ambassade d’Algérie en Ukraine a de son côté appelé ses ressortissants, au nombre de 10 000, à « faire preuve de vigilance, en respectant les instructions données par les autorités ukrainiennes, notamment celles liées à la nécessité de rester chez soi et de se déplacer uniquement en cas de nécessité absolue ».

Le 12 février, l’ambassade d’Algérie à Kiev a informé les ressortissants algériens de la mise en place d’un numéro vert et leur a recommandé de prendre des mesures de protection et de quitter le pays si nécessaire.

L’ambassade n’a pas été évacuée et les Algériens qui l’ont jointe aujourd’hui ont reçu pour consigne de limiter leurs déplacements et de se protéger.

Par Jeune Afrique

Maroc-Allemagne : fin officielle de la crise diplomatique

février 17, 2022
Annalena Baerbock et Nasser Bourita, le 16 février 2022 © MAP

Après plusieurs signes d’apaisement, le Maroc et l’Allemagne actent officiellement leur réconciliation et la reprise de leurs relations.

Ce 16 février, le chef de la diplomatie marocaine Nasser Bourita s’est entretenu pour la première fois avec son homologue allemande, Annalena Baerbock. Cette réunion par visioconférence, placée sous le signe de la cordialité, a été l’occasion « d’entamer un nouveau dialogue afin de surmonter les malentendus et d’approfondir les relations bilatérales aux multiples facettes », selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères allemand.

Toujours selon ce communiqué « les deux ministres ont convenu de renouer avec la qualité particulière des relations bilatérales dans tous les domaines, dans l’esprit des politiques éprouvées, de cohérence et de respect mutuel ».

Au-delà des mots, deux éléments concrets actent officiellement la réconciliation entre le royaume et l’Allemagne : « La reprise de la coopération, dans tous les domaines et avec tous les acteurs », et le retour « prochain » d’un nouvel ambassadeur de la République fédérale d’Allemagne à Rabat, dont le poste est vacant depuis huit mois. Côté marocain, l’ambassadrice Zohour Alaoui a quant à elle retrouvé son poste à Berlin depuis la fin janvier 2022.

Une opération séduction en deux temps

Quatre mois après son arrivée au pouvoir, l’exécutif allemand dirigé par le social-démocrate Olaf Scholz, aura donc réussi à désamorcer la crise diplomatique entre les deux pays. Pour rappel, en mars 2021, la diplomatie marocaine avait décidé de suspendre tout contact avec l’ambassade allemande à Rabat et, par conséquent, de geler ses relations avec Berlin.

LE MINISTÈRE ALLEMAND DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES A SALUÉ LA « CONTRIBUTION IMPORTANTE » DE RABAT SUR LE DOSSIER DU SAHARA

En cause : la position allemande sur le dossier du Sahara, contrariée par la décision de Donald Trump de reconnaître la souveraineté marocaine sur le Sahara en décembre 2020, au point de convoquer une réunion d’urgence au Conseil de Sécurité de l’ONU pour discuter du sujet. Parmi les autres griefs retenus par Rabat contre Berlin, l’absence d’invitation du Maroc à la conférence organisée sur la Libye dans la capitale allemande en janvier 2020, ou encore le cas Mohamed Hajib, un salafiste détenteur de la nationalité allemande, résident en Allemagne, et dont le royaume demande l’extradition après la diffusion de vidéos où il appelle à des attaques contre le Maroc.

Le changement de gouvernement en Allemagne en décembre 2021 aura finalement eu raison de cette brouille. Pour ce faire, Berlin a mis en place une stratégie de réconciliation en deux temps. En décembre, le ministère allemand des Affaires étrangères a publié un communiqué qui déclare que « le Maroc a apporté une contribution importante » concernant la résolution du conflit au Sahara, « à travers un plan d’autonomie au Sahara en 2007 ». Un évolution rhétorique subtile, mais un message reçu 5 sur 5 à Rabat.

Invitation à Berlin

Dans la foulée, le président fédéral allemand, Frank-Walter Steinmeier – qui avait déjà fait part de sa position plutôt favorable au plan d’autonomie marocain lors d’une visite au royaume en 2015 -, a écrit un courrier à l’attention du roi Mohammed VI, pour lui exprimer son souhait de « renforcer leur partenariat stratégique » et l’inviter à effectuer une visite d’État à Berlin.

Des « signaux positifs », selon Rabat, qui avait alors fait part de sa « grande satisfaction ». Et annoncé sa volonté de reprendre une « relation normale ».

Par Jeune Afrique par Nina Kazlowski – à Casablanca

Vague d’émotion au Maroc et dans le monde après la mort du petit Rayan

février 6, 2022
Vague d'emotion au Maroc et dans le monde apres la mort du petit Rayan
Vague d’émotion au Maroc et dans le monde après la mort du petit Rayan© AFP/Fadel SENN

Choc et tristesse. Une vague d’émotion au Maroc et dans le monde entier a accompagné la mort tragique du petit Rayan, coincé pendant cinq jours au fond d’un puits dans une région pauvre du nord du royaume, un drame humain amplifié par les réseaux sociaux.

« Les funérailles auront lieu demain (lundi) », a précisé à l’AFP Abderrahim Bouazza, le député de la province de Chefchaouen.

Aucune information officielle n’a filtré sur une éventuelle autopsie. Mais la dépouille du garçonnet de 5 ans a été transportée à l’hôpital militaire de Rabat, a confirmé un cousin à l’AFP.

« Le monde pleure Rayan ? La chute d’un enfant a rappelé au monde entier les valeurs de l’humanité », a commenté le site de la télévision publique SNRT.

A l’étranger, le pape François, visiblement ému, a salué « tout un peuple (marocain) qui s’est rassemblé pour sauver Rayan », lors de la prière de l’Angélus célébrée au Vatican. « Ils ont tout tenté, malheureusement il n’a pas survécu. Mais quel exemple. Merci à ce peuple pour ce témoignage », a dit François.

« Nos coeurs se sont brisés la nuit dernière », a également réagi dimanche le président israélien Isaac Herzog, dont le pays a scellé une alliance militaire avec le Maroc.

« Catastrophe »

Signe de l’intense émotion provoquée par le drame, c’est le cabinet royal qui avait annoncé samedi soir le décès de l’enfant.

Le roi Mohammed VI lui-même a appelé les parents de Rayan pour présenter ses condoléances aux parents, dont les visages étaient défaits.

« Nous remercions Sa Majesté le roi, les autorités et tous ceux qui nous ont aidé. Que Dieu soit loué, qu’Il ait pitié des morts », a déclaré samedi soir le père, Khaled Aourram, à la télévision.

A Rabat, la capitale du royaume, les habitants rencontrés sont sous le choc.

« C’est une catastrophe, espérons que son âme (de Rayan) repose en paix. Souhaitons à ses parents et à toute sa famille patience et réconfort », résume un passant.

« Ca nous a touché parce que nous aussi nous avons des enfants et on espérait qu’il survive », renchérit une femme.

Tous rendent hommage aux efforts des sauveteurs.

La course contre la montre menée pendant cinq jours par les sauveteurs a été suivie en direct par d’innombrables internautes.

Et dès l’annonce du décès, les hommages sur les réseaux sociaux ont afflué en provenance du monde entier, de l’Algérie voisine et rivale jusqu’en France ou aux Etats-Unis, dans toutes les langues.

« Petit ange »

« Petit ange, tu t’es battu jusqu’au bout, un héros », a salué un internaute sur Twitter. « Il aura réussi là où des dirigeants, des médias ont failli. Il a réuni les peuples autour de lui », renchérissait un autre internaute.

Une voix dissonante cependant. Un internaute déplorait un « monde dystopique dans lequel toutes les nations arabes s’émeuvent du sauvetage d’un enfant au Maroc alors que des dizaines meurent chaque jour de famine ou sous des bombardements au Yémen, en Syrie », avant d’ajouter: « NB: Toutes les vies comptent ».

Solidarité

Rayan était tombé accidentellement mardi dans un puits asséché de 32 mètres, étroit et difficile d’accès, creusé près de la maison familiale dans le village d’Ighrane, dans la province de Chefchaouen (nord).

Entrés dans une brèche horizontale samedi, les sauveteurs avaient continué leur travail centimètre par centimètre, creusant à la main pour éviter tout éboulement.

Jusqu’à vendredi, les secouristes s’étaient efforcés de faire parvenir de l’oxygène et de l’eau à travers des tubes et bouteilles descendus jusqu’à Rayan, sans certitude qu’il puisse les utiliser.

Dès le déclenchement du drame, des milliers de sympathisants ont accouru en signe de solidarité et campé sur place, dans cette zone montagneuse du Rif, à près de 700 mètres d’altitude.

A l’approche du dénouement, dans une ambiance fébrile avant qu’elle ne devienne lugubre, la foule a prié et chanté.

Un foreur bénévole, Ali Sahraoui, un quinquagénaire qui a creusé la terre avec ses mains pendant l’opération de secours, est devenu un temps le « héros » des réseaux sociaux.

Cet accident a fait écho à un drame survenu début 2019 en Andalousie (Espagne), où Julen, deux ans, avait péri après avoir chuté dans un puits de 25 centimètres de diamètre et de plus de 100 mètres de profondeur.

Son corps avait été retrouvé après 13 jours de recherches d’une ampleur exceptionnelle.

Par Le Point avec AFP

Maroc : le petit Rayan, coincé cinq jours dans un puits, est décédé

février 5, 2022

Tombé accidentellement dans un profond puits, Rayan était coincé depuis cinq jours. Le garçon de cinq ans, extrait samedi soir, est mort.

Les secours ont tout tente pour sortir le petit Rayan du puits sain et sauf.
Les secours ont tout tenté pour sortir le petit Rayan du puits sain et sauf.© STR / AFP

Le Maroc saisi par l’effroi. Le petit Rayan, tombé accidentellement dans un puits dans le nord du Maroc, est mort malgré les efforts acharnés des sauveteurs déployés depuis cinq jours pour extraire cet enfant de cinq ans dont le sort a ému tout le royaume et bien au-delà. Peu avant 22 heures (21 heures GMT) samedi, des journalistes de l’Agence France-Presse ont vu le père et la mère, le visage défait, entrer dans un tunnel creusé par les secouristes et communicant avec le puits, d’où a été sorti par la suite l’enfant. Ils sont ressortis peu après et partis à bord d’une ambulance, sans dire un mot, la mère montant à l’avant, les yeux perdus dans le vague. Après un moment de confusion, la foule, amassée depuis des jours, s’est alors dispersée dans un silence lugubre.

C’est le cabinet royal qui a annoncé environ une demi-heure plus tard le décès de l’enfant. « Suite au tragique accident qui a coûté la vie à l’enfant Rayan Oram, Sa Majesté le roi Mohammed VI a appelé les parents du défunt, décédé après être tombé dans un puits », a-t-il fait savoir dans un communiqué. « Je suis complètement anéanti », a réagi un internaute sur Twitter. Il a fallu cinq jours aux secouristes pour parvenir jusqu’à l’enfant, car ils ont dû d’abord forer une énorme crevasse en profondeur puis un tunnel en horizontale. Leur progression a été fortement ralentie par la nature du sol, certaines couches étant rocheuses et d’autres très sableuses.

« Héros »

Vers 20 heures (19 heures GMT) samedi, l’un des nombreux ingénieurs mobilisés pour secourir le garçonnet avait prédit plusieurs heures de forage, pour parcourir les 80 derniers centimètres qui séparaient les sauveteurs de la poche où il se trouvait. Rayan était tombé accidentellement mardi dans le puits asséché de 32 mètres, étroit et difficile d’accès, creusé près de la résidence familiale dans le village d’Ighrane, dans la province de Chefchaouen, dans le nord du royaume. Entrés dans une brèche horizontale samedi d’après-midi, les sauveteurs avaient continué leur travail centimètre par centimètre, creusant à la main pour éviter tout éboulement.

Samedi matin, un chef sauveteur Abdelhadi Tamrani avait indiqué que des images envoyées par une caméra d’inspection montrait l’enfant « allongé sur le côté, de dos » et qu’il était « impossible d’affirmer » s’il était vivant. Mais le responsable avait assuré garder « de très grands espoirs » qu’il soit vivant. Les secouristes s’étaient efforcés de faire parvenir de l’oxygène et de l’eau à travers des tubes et bouteilles descendus jusqu’à Rayan, sans certitude qu’il puisse les utiliser.

Des milliers de sympathisants avaient accouru en signe de solidarité et campé sur place, dans cette zone montagneuse du Rif, à près de 700 mètres d’altitude. Devant le tunnel, des applaudissements nourris saluaient chaque apparition des foreurs, dont le bénévole Ali Sahraoui qui a creusé avec ses mains dans les derniers mètres. Ce cinquantenaire est devenu un « héros » sur les réseaux sociaux. Des barrières métalliques avaient dû être disposées vendredi pour contenir la foule, encadrée aussi par un important disposif des forces auxiliaires. À l’approche du dénouement, les curieux scandaient régulièrement des « Allah Akbar » (Dieu est le plus grand) ou entonnaient des chants religieux. Encore plein d’espoir, le père de Rayan avait remercié vendredi soir à la télévision « toutes les personnes mobilisées et celles qui nous soutiennent au Maroc et ailleurs. »

#sauvezrayan

Le sort de Rayan a suscité énormément de sympathie sur les réseaux sociaux à travers le monde, du Maghreb jusqu’en Irak, au Yémen, au Canada ou aux États-Unis, dans toutes les langues. « Des millions de personnes à travers le monde retiennent leur souffle », commentait un internaute sur Twitter. Un autre levait son chapeau aux secouristes luttant depuis une centaine d’heures : « Ils sont les héros de la vraie vie. Quand ta propre vie ne compte pas devant une noble cause ».

Le hashtag #sauvezrayan continuait samedi de caracoler en tête des principales tendances de Twitter au Maroc. Cet accident fait écho à un drame survenu début 2019 en Andalousie (Espagne), où Julen, deux ans, avait péri après avoir chuté dans un puits de 25 centimètres de diamètre et de plus de 100 mètres de profondeur. Son corps avait été retrouvé après 13 jours de recherches d’une ampleur exceptionnelle.

Par Le Point avec AFP

Au Maroc, les secouristes entrent dans le tunnel pour extraire le petit Rayan

février 5, 2022
Un secouriste fait un signe de pouce en l'air.

Les secouristes marocains sont entrés samedi après-midi dans le tunnel qui conduit à la poche où se trouve Rayan. Photo: AFP/Fadel Senna

Les secouristes marocains sont entrés samedi après-midi dans le tunnel qui conduit à la poche où se trouve Rayan, un enfant de cinq ans tombé dans un puits profond il y a cinq jours, a constaté l’AFP.

Ils sont accompagnés par une équipe médicale, mais il n’était pas possible de savoir dans l’immédiat quand ils ressortiront, selon des journalistes de l’AFP sur place.

À l’entrée du tunnel, un groupe de pompiers se tient fin prêts ainsi qu’une ambulance pour intervenir. Les parents du garçon sont à l’intérieur de l’ambulance. Un hélicoptère médicalisé est également en attente. D’autres pompiers ont acheminé du matériel, notamment médical, à l’intérieur du tunnel.

Sur les dernières images envoyées par une caméra d’inspection, le garçonnet est apparu allongé sur le côté, de dos mais il est impossible d’affirmer qu’il est vivant avec certitude, a expliqué dans la matinée à l’AFP un chef sauveteur, Abdelhadi Tamrani.

Le responsable gardait toutefois de très grands espoirs de l’extraire vivant de ce trou étroit et profond de 32 mètres, creusé près de la maison familiale à Ighrane, non loin du village de Bab Berred, dans la province de Chefchaouen.

Les secouristes se sont efforcés de faire parvenir de l’oxygène et de l’eau à travers des tubes et bouteilles descendus jusqu’à Rayan, sans certitude qu’il ait pu les utiliser, selon des journalistes de l’AFP.

Les travaux de forage à la main d’un tunnel horizontal de quelques mètres avancent à pas de fourmi dans cette localité déshéritée du nord du Maroc. Le principal défi est d’éviter les éboulements.Un homme semble utiliser une soudeuse et est entouré d'étincelles.

Pendant la nuit, les secouristes ont dû batailler avec une grande roche. Photo: AFP via Getty Images/Fadel Senna

Ce risque plane toujours sur l’opération de sauvetage en raison de la nature du sol sur le lieu de l’incident, certaines zones étant rocheuses, d’autres très sableuses.

Espoir et solidarité

Des milliers de sympathisants sont accourus ces derniers jours, certains de loin, en signe de solidarité, et campent sur place malgré le froid glacial de cette zone montagneuse du Rif, à près de 700 mètres d’altitude.

Des barrières métalliques ont été disposées depuis vendredi pour contenir la foule.

À l’approche du dénouement, les badauds scandent en chœur des Allah Akbar (Dieu est le plus grand). Les gens applaudissent pour encourager les sauveteurs ou entonnent des chants religieux en l’honneur du prophète Mahomet.

Nous nous solidarisons avec cet enfant, chéri au Maroc et dans le monde entier, on espère, par la volonté de Dieu, qu’il sorte (du puits), a confié à l’AFP Hafid El Azzouz, un habitant de la région.

Je garde espoir que mon enfant sortira de ce puits vivant, a déclaré vendredi soir le père de Rayan à la télévision publique 2M, en remerciant toutes les personnes mobilisées et celles qui nous soutiennent au Maroc et ailleurs.Une foule nombreuse d'hommes est réunie autour de pelles mécaniques.

Les travaux de sauvetage du petit Rayan attirent de nombreux badauds. Photo : AFP via Getty Images/Fadel Senna

Une vague mondiale de sympathie

Le sort de Rayan a suscité énormément de sympathie sur les réseaux sociaux à travers le monde, du Maghreb jusqu’en Irak, au Yémen, au Canada ou aux États-Unis, dans toutes les langues.

Des millions de personnes à travers le monde retiennent leur souffle dans la course contre la montre pour sauver Rayan, a commenté un internaute sur Twitter.

Un autre lève son chapeau aux secouristes qui luttent depuis cinq jours, sans relâche, pour sauver le petit : Ils sont les héros de la vraie vie. Quand ta propre vie ne compte pas devant une noble cause. Continuez comme ça les gars, le monde entier compte sur vous.

Le mot-clic #sauvezrayan continuait samedi de caracoler en tête des principales tendances de Twitter au Maroc.

J’attends avec impatience le moment où je lirai le tweet qui dira que Rayan est dans les bras de ses parents, espère une internaute sur Twitter. Nos cœurs sont avec la famille et on prie Dieu pour qu’il retrouve ses proches au plus vite, a assuré le porte-parole du gouvernement, Mustapha Baitas, exhortant les curieux à laisser les secouristes travailler pour sauver cet enfant.

Cet accident fait écho à un drame survenu début 2019 en Andalousie (Espagne), où un enfant de deux ans avait péri après avoir chuté dans un puits de 25 centimètres de diamètre et de plus de 100 mètres de profondeur.

Le corps de l’enfant avait été retrouvé après 13 jours de recherches d’une ampleur exceptionnelle.

Par Radio-Canada avec Agence France-Presse