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Maroc : Israël rappelle son ambassadeur

septembre 6, 2022

Visé par des accusations de harcèlement, d’exploitation sexuelle et de malversations financières, l’ambassadeur israélien David Govrin a été rappelé par l’État hébreu à Tel-Aviv.

David Govrin, chef du bureau de liaison israélien au Maroc. © DR

L’ambassadeur israélien à Rabat, David Govrin, a été rappelé par Tel-Aviv le 6 septembre après avoir été accusé de harcèlement, d’exploitation sexuelle et de malversations financières. Selon la radio publique israélienne Kan, qui a révélé l’affaire, le ministère israélien des Affaires étrangères a dépêché une équipe sur place pour mener l’enquête, dont l’inspecteur général du ministère Hagay Behar.

Ancien ambassadeur en Égypte, David Govrin a été nommé en 2021 à la tête du bureau de liaison israélien au Maroc. Début août, le diplomate a annoncé le lancement de la construction de l’ambassade à Rabat. Rentré au Maroc le 5 septembre, il a été convoqué en urgence par le ministère marocain des Affaires étrangères.

Un cadeau royal volatilisé

L’enquête porte également sur des soupçons de malversations financières, notamment au sujet d’un cadeau de valeur offert par la maison royale marocaine à la mission diplomatique israélienne à l’occasion de l’anniversaire de l’indépendance de l’État hébreu. Le présent aurait disparu sans être signalé. L’ambassadeur David Govrin serait de plus en conflit avec l’officier de sécurité du bureau.

Plusieurs membres du bureau de liaison de l’État hébreu au Maroc seraient impliqués, dont l’homme d’affaires Samy Cohen. Influent membre de la communauté juive madrilène, il a accompagné à plusieurs reprises des diplomates israéliens en visite officielle au Maroc. Il a notamment été vu à Rabat aux côtés de la ministre de l’Intérieur Ayelet Shaked et de David Govrin, fin juin.

Depuis la normalisation des relations entre les deux États fin 2020, rien n’était venu entacher cette lune de miel, les accords se succédant les uns aux autres. Une conférence d’affaires a ainsi débuté lundi 5 septembre à Tel-Aviv, réunissant des représentants privés des deux pays venus conclure des échanges économiques.

Avec Jeune Afrique par Jeanne Le Bihan

France-Expulsion de l’imam Iquioussen : la piste d’« une fuite en Belgique » privilégiée

août 31, 2022

Tentant de se soustraire à un arrêt d’expulsion, l’imam Hassan Iquioussen aurait potentiellement pris la fuite en Belgique, selon le préfet des Hauts-de-France.

Le predicateur musulman Hassan Iquioussen pourrait etre parti en Belgique.
Le prédicateur musulman Hassan Iquioussen pourrait être parti en Belgique.© PIERRE ROUANET / MAXPPP / PHOTOPQR/VOIX DU NORD/MAXPPP

Le préfet des Hauts-de-France, Georges-François Leclerc, a affirmé mercredi 31 août que l’imam marocain Hassan Iquioussen, recherché depuis la validation mardi de son expulsion par le Conseil d’État, était susceptible d’avoir pris la fuite en Belgique.

« Le scénario qui est aujourd’hui privilégié est une fuite en Belgique de Hassan Iquioussen », a déclaré le préfet lors d’une conférence de presse, qualifiant le prédicateur, mis en cause pour des propos jugés contraires aux valeurs de la République, de « délinquant » dès lors « qu’il s’est soustrait à un arrêt d’expulsion ». « Il y a deux scénarios : ou bien Hassan Iquioussen, qui est sous le coup d’un arrêté exécutoire d’expulsion et d’une saisine de l’autorité judiciaire, est dans un pays étranger, auquel cas la coopération internationale se fera ; ou bien s’il est sur le territoire français et est interpellé, il sera immédiatement placé en rétention administrative », a-t-il expliqué.

Son domicile était surveillé

Le préfet a précisé avoir « saisi le parquet du tribunal de Valenciennes » mardi soir, après que deux « visites domiciliaires » organisées à Lourches, où réside l’imam, se sont « révélées infructueuses ». Un des fils du prédicateur avait affirmé mardi soir aux journalistes sur place que son père n’était pas présent à cette adresse et que lui-même ignorait où il se trouvait. Le domicile de Hassan Iquioussen « faisait l’objet d’une surveillance », a souligné Georges-François Leclerc, mais il « était susceptible d’être en plusieurs endroits ». « La surveillance de son domicile était proportionnée aux pouvoirs d’investigation dont les services de police bénéficiaient dans un cadre administratif », a-t-il mis en avant.

Le Conseil d’État a donné son feu vert mardi à l’expulsion de Hassan Iquioussen (né en France il y a 58 ans mais de nationalité marocaine) dont le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, avait fait ces dernières semaines un symbole de la lutte du gouvernement contre les « discours séparatistes ». Gérald Darmanin avait annoncé le 28 juillet l’expulsion de ce prédicateur du Nord, fiché S (pour sûreté de l’État) par la DGSI « depuis dix-huit mois », selon lui. L’arrêté d’expulsion lui reproche « un discours prosélyte émaillé de propos incitant à la haine et à la discrimination et porteur d’une vision de l’islam contraire aux valeurs de la République ».

Le Maroc suspend son « laissez-passer consulaire »

Le Maroc a suspendu le « laissez-passer consulaire » qu’il avait délivré le 1er août à l’imam Hassan Iquioussen afin de permettre son expulsion par la France vers ce pays, a appris mercredi l’AFP de source proche du dossier. Cette source proche du Maroc a expliqué cette décision par le fait qu’il « n’y avait pas eu de concertations avec les autorités marocaines », au lendemain de la décision du Conseil d’État ouvrant la voie à son expulsion. La décision d’expulsion est « unilatérale », a-t-on ajouté.

Dans l’entourage du ministre de l’Intérieur, on a rappelé que la validité d’un laissez-passer était de « 60 jours », soulignant qu’il serait « incompréhensible que ce document qui n’a d’autre fonction que d’officialiser la reconnaissance par le Maroc de la nationalité de M. Iquioussen soit suspendu ». « Comment peut-on reconnaître la nationalité d’un de ses ressortissants un jour et ne plus la reconnaître le lendemain ? » s’est étonné l’entourage de Gérald Darmanin.

Né en France, Hassan Iquioussen n’avait pas opté pour la nationalité française à sa majorité, prenant la nationalité marocaine de ses parents. Âgé de 58 ans, il réside régulièrement en France. Il a 5 enfants et 15 petits-enfants, tous Français.

Par Le Point avec AFP

Les migrants, otages de la géopolitique franco-maghrébine

août 25, 2022

La gestion des flux ininterrompus et mortifères de clandestins aux portes de l’Europe inspire un rapprochement entre l’Union européenne et d’autres nations méditerranéennes, particulièrement le Maroc.

© Damien Glez

Pandémie, hostilités nationalistes, trafics de plus en plus crapuleux, statistiques macabres, concentration de la compassion occidentale sur les Caucasiens d’Ukraine : rien ne semble tarir le flux des migrants africains, en particulier en cette saison où la canicule est censée rendre la Méditerranée moins glaciale. Entre le 13 et le 16 août dernier, la Tunisie annonçait avoir « intercepté ou secouru » plus de 700 candidats à l’exil européen. Près des côtes algériennes, ce sont six migrants qui mouraient, le 8 août, après le naufrage de leur embarcation.

Après la tragédie marocaine du 23 juin qui coûta la vie à 23 clandestins, selon les autorités, lors d’une tentative d’entrée massive dans l’enclave de Melilla, et alors que débutait, le 17 août, le procès de 28 demandeurs d’asile dans la ville marocaine de Nador, l’Union européenne prévoyait, selon l’organe de presse espagnol El Pais, de verser près de 500 millions d’euros au royaume chérifien.

Le nouveau gendarme de l’immigration

Une aide « pour renforcer les actions dans la lutte contre l’immigration clandestine » qui conduit une certaine presse européenne à écrire que l’Europe tente de faire du Maroc le nouveau gendarme de l’immigration. Mais ces « barrières » ne décourageront pas les vocations à l’exil clandestin. Des observateurs suggèrent que les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla soient rétrocédées, à terme, au Maroc, afin de compromettre leur pouvoir « magnétique ». Mais est-ce l’Occident qui est aimantée ou l’Afrique qui est répulsive ?

Par ailleurs, les vies de clandestins n’échouent pas qu’aux abords des plages filmées par les caméras de chaînes de télévision internationales. Mi-août, des forces conjointes soudano-libyennes annonçaient la découverte de 20 corps à la frontière avec la Libye. Venus de l’État du Nord-Darfour, ces déplacés n’auront pas humé les embruns de la Méditerranée…

De même, le calvaire des clandestins ne trouve pas toujours son terme, une fois la mer passée. Le 9 août dernier, un Sud-Soudanais de 22 ans se noyait dans un canal de la commune française de Loon-Plage. Un autre visage des tragédies migratoires…

Avec Jeune Afrique

Par Damien Glez

Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.

Expulsion de l’imam Hassan Iquioussen: la justice française se prononce d’ici vendredi

août 4, 2022
Expulsion de l'imam Hassan Iquioussen: la justice francaise se prononce d'ici vendredi
Expulsion de l’imam Hassan Iquioussen: la justice française se prononce d’ici vendredi© AFP/Archives/DAMIEN MEYER

Aisi en « référé », c’est-à-dire en urgence, sur une suspension de l’expulsion vers le Maroc de l’imam Hassan Iquioussen, le tribunal administratif de Paris rendra sa décision vendredi au plus tard.

Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin avait annoncé la semaine dernière l’expulsion de ce prédicateur exerçant en France, réputé proche des Frères musulmans et accusé par les autorités françaises d’appels à la haine et à la violence visant notamment la communauté juive.

A l’audience jeudi, l’avocate de M. Iquioussen Me Lucie Simon a demandé au tribunal de « protéger les libertés fondamentales » en suspendant l’arrêté d’expulsion.

« Je vous demande de vous méfier de phrases coupées et sorties de leur contexte », a argumenté l’avocate rejetant tout autant « la gravité » que « l’actualité » des propos visés par le ministère de l’Intérieur, dont les plus récents remontent à 2019 et les plus anciens aux années 1990.

« Il n’y a aucune urgence à expulser Hassan Iquioussen », a déclaré Me Simon. « Vous n’êtes pas la caution judiciaire des effets d’annonce du gouvernement », a ajouté l’avocate de l’imam, évoquant les annonces de Gérald Darmanin mercredi sur son futur projet de loi sur l’immigration.

La Ligue des droits de l’Homme (LDH) est intervenue volontairement au soutien de la requête de Me Simon à l’audience.

« Ces propos anciens n’ont jamais donné lieu à un refus de titre de séjour ou à une condamnation pénale », a relevé Me Marion Ogier pour l’association, défendant « le droit au respect à la vie privée et familiale ».

Dans un communiqué diffusé plus tôt dans la journée, la LDH, tout en désapprouvant les propos de l’imam, fait valoir que M. Iquioussen est né en France, « y a toujours vécu et y a fondé sa famille ».

De son côté, la représentante du ministère de l’Intérieur a estimé que les propos de M. Iquioussen « constituent le terreau d’actions terroristes ». « C’est la même rhétorique que (Mohammed) Merah », a-t-elle ajouté, faisant allusion à l’auteur des attentats de Toulouse et Montauban de 2012.

« La récurrence (des propos) plaide pour la continuité de la menace », a estimé la représentante du ministère de l’Intérieur pour justifier la demande d’expulsion vers le Maroc.

Plus tôt dans la journée, la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) a rejeté une demande de suspension de l’expulsion de M. Iquioussen.

Par Le Point

RDC : après la dent de Lumumba, rapatrier la dépouille de Mobutu ?

juillet 19, 2022

Des députés viennent d’enclencher des démarches politiques pour obtenir le retour du corps de l’ancien président du Zaïre, le maréchal Mobutu Sese Seko, dont le corps repose au Maroc.

© Damien Glez

En cette ère d’invocation tous azimuts des anciennes figures africaines, vivantes ou décédées, chacun choisit son icône. En République démocratique du Congo (RDC), c’est en grande pompe que les lumumbistes ont accueilli, en juin dernier, la relique dentaire de Patrice Émery Lumumba. En mai 2019, cinq mois après l’investiture du président Félix Tshisekedi, c’est la dépouille de son père, l’ancien Premier ministre Étienne Tshisekedi, qui revenait d’un funérarium belge.

« Jamais deux sans trois », semble dire un caucus de députés qui s’est réuni à Kinshasa, le 15 juillet dernier, pour mettre au point des démarches « institutionnalisées » visant à inciter le pouvoir en place à rapatrier Mobutu Sese Seko. C’est après trente-deux ans à la tête du Zaïre que le maréchal-président avait dû s’exiler au Maroc, en 1997, sous les coups de boutoir des troupes de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL) emmenées par Laurent-Désiré Kabila. Il sera inhumé au royaume chérifien, trois mois après sa fuite.

Suite à des « concertations nationales »

Pour les députés favorables au retour de sa dépouille, « ce que Mobutu a fait pour ce pays […] n’est pas, jusque-là, égalé ». Ils en veulent pour preuve la situation sécuritaire de l’Est de la RDC, évoquant l’opiniâtreté du maréchal à lutter, par le culte patriotique, contre toute forme de balkanisation. Et le député Willy Bolio Emina de souligner que Mobutu n’avait pas connu de guerre plus longue que quatre-vingts jours. Le collectif d’élus doit saisir le président de l’Assemblée nationale pour que celui-ci atteigne le président de la République…

Si le sujet n’est pas régulièrement évoqué, aucun des successeurs vivants de Mobutu ne s’est déclaré opposé à cette hypothèse. En 2013, devant les deux chambres du Parlement réunies en congrès, Joseph Kabila annonçait que, suite à des « concertations nationales », des dispositions allaient être prises « afin de procéder au rapatriement de la dépouille mortelle de l’ancien président […] Mobutu Sese Seko ». Félix Tshisekedi aurait embouché la même trompette en 2019.

Par contre, si l’on évoque régulièrement l’émergence d’une nostalgie du temps où, dans la mémoire collective, « il y avait à boire et à manger », les réseaux sociaux ne voient guère, dans le rapatriement de la dépouille du maréchal à toque de léopard, une priorité du moment. Le twittos « James Kalaghan » se demande si les élus du peuple « n’ont vraiment rien d’autre à faire », tandis que « IrAgi LAndry CigAngu » devine une « autre urgence pour décaisser des millions ». Certains, comme « dido ndoko », reconnaissent tout de même le « droit légitime » de l’ancien président zaïrois d’être « enterré dans le sol de ses ancêtres ».

Avec Jeune Afrique par Damien Glez

Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.

Maroc : première apparition publique de Mohammed VI guéri du Covid

juillet 16, 2022

Selon les médias officiels, l’événement a eu lieu dimanche lors de l’accomplissement des rituels de la grande fête musulmane de l’Aïd al-Adha.

Le monarque de 58 ans, accompagné du prince héritier Moulay el-Hassan, a conduit la prière de l’Aïd al-Adha – la fête dite du sacrifice marquant la fin du hadj à La Mecque –, au palais royal de Salé, près de Rabat. « Après la prière, le souverain a procédé au rituel du sacrifice, suivant en cela la tradition du Prophète, que la paix et la bénédiction soient sur Lui », a indiqué l’agence de presse officielle MAP. La cérémonie s’est déroulée « dans un cadre privé et avec une assistance très réduite » afin de respecter les mesures préventives en vigueur pour lutter contre la pandémie du Covid-19, a précisé la MAP. Vêtu d’une djellaba jaune, le « commandeur des croyants » est apparu amaigri, mais souriant à la fin de la prière, aux côtés de son fils aîné, le prince Moulay el-Hassan (19 ans), et de son frère cadet, le prince Moulay Rachid (52 ans), selon des images diffusées par la télévision publique.

La fin d’une séquence commencée par un virus contracté en France

Le 16 juin, le nouveau médecin personnel du souverain, Lahcen Belyamani, avait annoncé que Mohammed VI avait été testé positif au Covid-19, sous une forme asymptomatique. Il lui avait prescrit « une période de repos durant quelques jours ». Pendant sa convalescence, le souverain a néanmoins continué à adresser régulièrement des messages protocolaires et des discours. Selon l’hebdomadaire Jeune Afrique, le roi du Maroc a contracté le virus en France, où il était arrivé pour une visite privée le 1er juin. Depuis le début de la pandémie, en mars 2020, Mohammed VI n’avait effectué qu’un seul séjour à l’étranger, au Gabon, en décembre 2021.

L’état de santé du monarque alaouite suscite un grand intérêt auprès des Marocains et au-delà des frontières du royaume. Il a subi une opération au cœur à la clinique du palais royal de Rabat en juin 2020, après une première intervention en janvier 2018 à Paris. Mohammed VI règne sur le Maroc depuis juillet 1999, date à laquelle il a succédé à son père, Hassan II.

Par Le Point avec AFP

Variole du singe : un premier cas confirmé au Maroc

juin 3, 2022

Face à l’alerte mondiale à la variole du singe, le ministère marocain de la Santé lance un « plan national de surveillance et de riposte ». Une stratégie proactive qui prend tout son sens après la confirmation d’un premier cas dans le royaume. Explications.

Tests de dépistage de la variole du singe. © Dado Ruvic/REUTERS

Un premier cas de variole du singe, ou « Monkeypox », vient d’être confirmé par le ministère marocain de la Santé et de la Protection sociale ce 2 juin. Dans son communiqué officiel, le ministère précise qu’il s’agit d’un expatrié européen qui était suivi dans le cadre du protocole présenté jeudi 26 mai. Son état serait « stable et non préoccupant », ajoute la même source.

Mercredi 25 mai, les trois premiers cas suspects enregistrés au Maroc s’étaient révélés négatifs après des analyses de laboratoire effectuées à l’hôpital militaire Ibn-Sina de Marrakech. Le ministère de la Santé a alors assuré que les cas suspects avaient été placés sous surveillance médicale et pris en charge selon les procédures sanitaires en vigueur.

Durant la semaine du 16 mai, les autorités de Marrakech se sont attelées à recenser puis à tester les singes de la très touristique place Jemaa el-Fna. Selon plusieurs sources, une délégation vétérinaire aurait directement prélevé des échantillons de leurs squames afin de les analyser en laboratoire pour s’assurer qu’ils étaient sains. Les professionnels de santé auraient même sommé les dresseurs de vacciner leurs animaux et de surveiller leur état de santé.

Attractions aussi populaires que lucratives, les primates de Jemaa el-Fna sont habituellement photographiés avec les touristes. Dans le cadre du risque épidémique, les vétérinaires auraient donc interdit tout contact avec les singes. En effet, cette zoonose virale (transmissible à l’homme par les animaux) commence à inquiéter les régions non endémiques dont fait partie le Maroc.

180 cas détectés dans 16 pays habituellement à l’abri

La variole du singe est présente dans 11 pays d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale. Mais ces dernières semaines, 180 cas ont été détectés dans 16 pays dans le monde habituellement à l’abri. Les chaînes de transmission directes n’ont jusqu’ici pas encore pu être établies.

« L’Europe reste l’épicentre de l’épidémie de variole du singe le plus important et le plus étendu géographiquement jamais signalé en dehors des zones endémiques d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale », a expliqué l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans un communiqué, le 31 mai dernier. L’OMS estime pouvoir « stopper » cette transmission de la maladie entre humains.

Bien qu’il n’existe pas de vaccin spécifique pour la variole du singe, le vaccin contre la variole classique offre une protection croisée. Les experts situent son efficacité à environ 85 %. Lors d’une conférence organisée ce 2 juin par le Bureau régional pour l’Afrique de l’OMS, plusieurs spécialistes ont justement pointé « un accès inéquitable » à ce vaccin. Le risque serait donc, selon eux, que l’on « répète le même scénario qu’avec la pandémie de Covid-19 ».

Strict suivi et classification des cas suspects

Avant que ce premier cas ne se déclare, les autorités marocaines avaient lancé un « plan de surveillance et de riposte ». »Le ministère de la Santé a travaillé de manière proactive sur la question et a pris un ensemble de mesures nécessaires pour suivre l’évolution de cette maladie, dans le respect des normes sanitaires internationales », a assuré le porte-parole du gouvernement, Mustapha Baitas, lors d’un point de presse le 26 mai dernier.

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Ce dispositif de surveillance épidémiologique a été mis en place par la Direction de l’épidémiologie et du contrôle des maladies, en coordination avec les structures sanitaires publiques, privées et militaires. Il classe les cas d’infection en « cas suspect”, « cas probable » ou « cas confirmé », et définit le mode de prise en charge médicale, ainsi que le suivi des cas contacts.

Ainsi, toute personne présentant une éruption cutanée, vésiculeuse ou vésiculo-pustuleuse, avec une température corporelle de plus de 38 degrés, est qualifiée de « cas suspect ». Sont exclus, les diagnostics habituels pour ce type de symptômes, notamment la varicelle, la rougeole, l’herpès, les rickettsioses, ou toute réaction allergique éventuelle. « Tout cas suspect ou probable doit être immédiatement signalé à l’Autorité régionale de santé, soit le bureau de santé [public ou privé] où le médecin a posé le diagnostic », apprend-on.

Est considéré à risque, selon le dispositif sanitaire, « toute personne ayant eu un contact physique direct non protégé avec la peau infectée ou les fluides biologiques d’un cas probable ou confirmé symptomatique ». Aucune circonstance n’est exclue, « y compris dans les établissements de santé, comme le partage d’objets personnels ou le contact avec des textiles [vêtements, literie] », étaye la Direction de l’épidémiologie.

Auto-isolement de trois semaines

L’autorité sanitaire a évoqué parmi les sources de danger potentiel tout contact non protégé, à une distance inférieure à deux mètres, pendant trois heures, avec un cas possible ou confirmé symptomatique. Elle a également donné plusieurs exemples concrets : « avec un ami proche ou intime, dans les transports, entre collègues, au bureau ou en salle de sport ».

En cas d’apparition desdits symptômes, un auto-isolement de trois semaines est recommandé suivant le dernier contact avec le cas probable ou confirmé symptomatique, ainsi qu’un contrôle biquotidien de la température. La Direction de l’épidémiologie interdit en revanche de se rendre dans un établissement de santé. Le processus de prise en charge est réalisé par l’Équipe d’intervention rapide (EIR), chargée d’instaurer un suivi téléphonique.

Avec Jeune Afrique par Rym Bousmid

Nigeria-Maroc : le projet de gazoduc franchit une étape décisive

juin 2, 2022

Alors que la situation en Ukraine a rendu incertains les approvisionnements énergétiques du Vieux Continent, le projet de gazoduc entre le Nigeria et le Maroc obtient un soutien de poids.

Gazoduc de la centrale électrique Afam VI de Port Harcourt, au Nigeria, en septembre 2015. Le pays est le plus grand producteur d’Afrique, avec environ deux millions de barils de brut par jour. © FLORIAN PLAUCHEUR / AFP

La construction du futur gazoduc qui doit relier l’Afrique à l’Europe a franchi une nouvelle étape mercredi 1er juin. Le Nigeria a en effet donné le feu vert à sa compagnie pétrolière publique NNPC pour signer un protocole d’accord avec l’organisation régionale ouest-africaine Cedeao dans le cadre du projet de construction du gazoduc avec le Maroc. Une décision qui intervient alors que l’approvisionnement de l’Europe en gaz africain gagne en importance, la guerre en Ukraine laissant peser des incertitudes sur les exportations énergétiques russes. L’Algérie a déjà accepté d’augmenter son approvisionnement vers l’Italie.

Le Nigeria et le Maroc ont signé une joint-venture en 2016 pour la construction d’un gazoduc qui acheminera le gaz à travers quinze pays d’Afrique de l’Ouest et, via le Maroc, vers l’Espagne et l’Europe, a déclaré le ministre nigérian du Pétrole, Timipre Sylva, lors d’une réunion du cabinet à Abuja tout en présentant la demande d’approbation.

Recherche d’investisseurs

« Nous en sommes encore au stade de la conception technique préliminaire », a encore déclaré M. Sylva, à la suite de quoi le coût et le financement du gazoduc seront déterminés. Le ministre n’a pas précisé quand la construction commencerait ni quand elle serait achevée. La Banque islamique de développement (BID) a apporté son soutien à deux nouveaux contrats autour de ce projet. L’institution, dont le siège est en Arabie saoudite, avait déjà engagé 15,5 millions de dollars pour des études de conception technique préliminaires, à la mi-2021.

Pour l’heure, aucun investisseur sur le projet n’a été officiellement annoncé, bien que Timipre Sylva ait affirmé début mai que « beaucoup de personnes manifest[ai]ent leur intérêt ».

L’an dernier, le Nigeria et le Maroc ont déclaré que l’oléoduc aurait une longueur de 5 660 km et que la construction se ferait par étapes, sur vingt-cinq ans. De plus, des études de faisabilité ont été engagées en vue de construire le gazoduc à la fois sur terre et en mer. Le Nigeria, membre de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), dispose d’énormes réserves en gaz, les premières en Afrique et les septièmes au niveau mondial. Présenté comme propice à l’intégration économique de l’Afrique de l’Ouest, le projet viendrait également s’ajouter au réseau de gazoducs existants qui approvisionnent l’Europe via la mer Méditerranée.

Par Jeune Afrique – avec Reuters

Maroc, Sénégal, Gabon… Qui sont les champions africains de la finance verte ?

mai 14, 2022

Dans une nouvelle étude, la Banque africaine de développement (BAD) distingue sept pays africains pionniers en matière de croissance verte et de financement climatique.

Dans une pépinière, à Buee, dans le sud de l’Éthiopie, en juin 2020. © Michael Tewelde/AFP

Alors que le débat sur la dette africaine fait rage, la Banque africaine de développement (BAD) a, dans une étude publiée à la fin de janvier et qui vient d’être rendue publique, évalué les nouveaux mécanismes de financement d’une croissance soucieuse de la préservation de l’environnement.

Intitulée « Croissance verte en Afrique », cette étude, menée conjointement avec l’Institut mondial de la croissance verte (GGGI), présente une cartographie des pays selon leur degré d’avancement en matière de projets verts (énergies renouvelables, parcs éco-industriels, etc.). Elle désigne des pionniers en matière de croissance verte et, surtout, de finance climatique.

  • Kenya et Rwanda, deux grands leaders

Parmi ceux qui sortent du lot, le Kenya, dont le leadership en matière de croissance verte découle d’un changement institutionnel efficace. Le Rwanda, qui, lui, a mobilisé 160 millions de dollars par le biais du Fonerwa – un fonds par lequel le financement environnemental et climatique est acheminé, décaissé et suivi –, démontre que le financement de la croissance verte peut être stimulé par un mécanisme de lutte contre le changement climatique.

Bien que la création d’emplois dans les secteurs dits verts ne soit pas systématiquement suivie au niveau national, le Fonerwa estime avoir contribué à en créer 144 858, est-il écrit dans le rapport de la BAD.

  • Maroc, Tunisie et la part des énergies renouvelables

L’étude relève que, tout comme la Tunisie, le Maroc a atteint 100% d’accès à l’électricité, ce qui se traduit par une consommation par habitant relativement élevée dans ces deux pays.

Le Gabon, où la forte consommation d’électricité provient des citadins nantis (40% des populations rurales n’ont pas accès à l’électricité) est également dans cette catégorie. Au Gabon, au Kenya, au Rwanda et au Mozambique, la part des énergies renouvelables dans la production d’électricité est importante (entre 60% et 90%) en raison du poids de l’hydroélectricité.

  • L’exemple éthiopien

L’Éthiopie, qui tente de jeter les bases d’une industrie verte par le biais d’un parc éco-industriel, fait également office de pionnier en matière de financement de la croissance verte, souligne le rapport. Grâce à de « bonnes pratiques de gestion des terres », ce pays a inversé la courbe de la dégradation du couvert végétal, qui est passé de 5% en 2010 à 13 ou 15% trois ans plus tard. Ce qui représente une contribution monétaire d’environ 27 milliards de birr, soit 520 millions de dollars selon le cours actuel.

L’expérience éthiopienne suggère, précise le rapport, que la réussite de la croissance verte dépend en partie de l’adoption et du respect d’un processus de planification ancré localement. En Tunisie, un mécanisme de financement innovant a produit des résultats probants dans le secteur des chauffes-eau solaires grâce au programme Prosol, censé lutter contre la déforestation.

Le mécanisme financier Prosol a été lancé entre 2005-2009 afin d’installer 300 000 m2 de capteurs solaires pour développer le marché des chauffes-eau dans le secteur résidentiel.

  • Lutte contre la déforestation : le label gabonais

Enfin, le Gabon comme le Mozambique constituent des modèles dans la lutte contre la déforestation, en vue d’assurer une croissance verte. L’annulation de l’exploitation forestière sur 1,3 million d’hectares, notamment dans les sanctuaires et les parcs nationaux, ainsi que l’interdiction d’exporter du bois non transformé ont entraîné une baisse de 50% de l’exploitation forestière.

Recouvert à 98% de forêt tropicale, le pays, qui exploitait 3,5 millions de mètres cubes de bois par an il y a quinze ans, a ramené ce seuil à 1,5 million de m3. Libreville a d’ailleurs demandé à toutes les sociétés forestières présentes sur son sol de se conformer au Forest Stewardship Council (FSC), un label qui promeut une gestion durable de la forêt.

Avec Jeune Afrique par Nadoun Coulibaly

Maroc-Algérie : à quelques jours du ramadan, la guerre de la datte est déclarée

mars 23, 2022
Marchand de dattes et de fruits secs, à Marrakech, au Maroc. © Lutz Jaekel/LAIF-REA

L’antagonisme entre les deux voisins a trouvé un nouveau terrain d’expression : la datte, fruit emblématique s’il en est de la période de ramadan.

Depuis quelques mois, plusieurs internautes marocains mènent sur Twitter une campagne de boycott des dattes algériennes. L’année dernière à la même période, une campagne identique avait été lancée dans un contexte similairement tendu entre les deux pays. Mais cette fois, il est également question de la potentielle cancérogénicité, voire radioactivité des dattes algériennes.

Tout est parti d’un premier tweet datant du 8 janvier dernier. Un compte anonyme – @Amal1999777 – évoque les essais nucléaires français réalisés en Algérie pendant les années 1970. « Ces expérimentations ont pollué le sable et les oasis. Malheureusement, à ce jour, l’Algérie vend des dattes issues de cette région et les exporte vers la plupart des pays arabes », avançait, sans aucune preuve ni indice, le tweet, illustré de photomontages dont les métadonnées ont été supprimées.

Solidarité avec les agriculteurs expulsés

Mais le tweet qui a réellement lancé la campagne de boycott a été publié le 14 janvier dernier. Il a été l’instigateur de plusieurs tweets reprenant le hashtag #boycott _ dattes_ algériennes en français et en arabe.

Derrière cette déferlante, le compte de Ali Terrass (@1Terrass), suivi par près de 23 000 abonnés, dont le compte officiel de la Délégation permanente du Maroc auprès de l’Unesco. Le compte, particulièrement actif depuis 2015, communique sur les actualités géopolitiques du Maroc, en particulier celles concernant le Sahara.

LE MAROC PRODUIT LOCALEMENT PRÈS DE 160 000 TONNES DE DATTES PAR AN

« Les exportations algériennes de dattes ont atteint le Maroc via la France. Le premier lot est arrivé et distribué dans certaines villes. C’est pourquoi je renouvelle ma solidarité avec les agriculteurs d’El Arja, dans l’oasis de Figuig, et je déclare mon boycott des dattes algériennes de manière permanente », peut-on lire dans le tweet à l’origine du phénomène.

En mars 2021, l’Algérie avait expulsé une trentaine de familles d’agriculteurs marocains de l’oasis d’El Arja, situé sur le territoire algérien. Dans cette région, la culture des palmiers est souvent le seul moyen de subsistance des familles.

Le gouvernement algérien avait justifié sa décision par la volonté de faire cesser les trafics illégaux persistants malgré la fermeture des frontières terrestres. Plusieurs milliers de manifestants avaient alors défilé à Figuig pour protester contre ces mesures d’expulsion.

70 000 tonnes importées

Dans plusieurs autres tweets et vidéos qui circulent également sur les réseaux sociaux, des internautes affirment même que les dattes algériennes seraient de mauvaise qualité. Certains vont jusqu’à prétendre qu’elles seraient frelatées et artificiellement colorées pour tromper les consommateurs.

Pour contrer ces accusations, ​​l’Organisation algérienne de protection et d’orientation du consommateur et son environnement (APOCE) a assuré dans un communiqué de presse que la qualité des dattes algériennes était garantie par l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Ainsi, l’appellation de la variété « Deglet Nour » serait protégée depuis moins d’un an à l’échelle internationale.

Le Maroc produit localement près de 160 000 tonnes de dattes par an. Mais à l’approche du mois de ramadan, face à la hausse de la demande, le pays en importe 70 000 tonnes supplémentaires. Il peut ainsi assurer à la fois l’approvisionnement et la stabilité des prix.

Le royaume n’étant pas autosuffisant, réduire la consommation de dattes algériennes ou interdire leur importation pourrait entraîner un problème d’approvisionnement au niveau du marché national.

Avec Jeune Afrique par Rym Bousmid