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« Projet Pegasus » : le Maroc attaque « Forbidden Stories » et Amnesty International en diffamation

juillet 22, 2021

En France, un conseil de défense a « permis d’avoir un point d’étape » sur la présence des téléphones d’Emmanuel Macron parmi les cibles potentielles, selon l’Elysée, ajoutant qu’« un certain nombre de protocoles de sécurité ont été réajustés ».

Le roi du Maroc Mohammed VI (à droite) et le prince Moulay Rachid au Palais royal de Casablanca, le 17 mars 2015.
Le roi du Maroc Mohammed VI (à droite) et le prince Moulay Rachid au Palais royal de Casablanca, le 17 mars 2015. FADEL SENNA / AFP

Les secousses continuaient d’ébranler certains Etats, jeudi 22 juillet, à la suite des révélations sur le logiciel Pegasus faites par un consortium de dix-sept rédactions, parmi lesquelles Le Monde. Le Maroc, accusé d’avoir eu recours au logiciel d’espionnage, a décidé d’attaquer en diffamation Amnesty International et Forbidden Stories, les deux associations à l’origine des révélations sur les clients de ce logiciel conçu par la société israélienne NSO Group, devant le tribunal correctionnel de Paris.

De son côté, le chef de l’Etat, Emmanuel Macron, a réuni un conseil de défense exceptionnel consacré à l’affaire Pegasus et à la cybersécurité. Le Parlement israélien a mis en place une commission d’enquête, tandis qu’en Hongrie, le parquet de Budapest a ouvert une enquête sur « le recueil potentiel non autorisé d’informations confidentielles ».

  • Le Maroc attaque « Forbidden Stories » et Amnesty international

Accusé d’avoir eu recours au logiciel d’espionnage Pegasus, le royaume du Maroc et son ambassadeur en France, Chakib Benmoussa, ont décidé d’attaquer en diffamation Amnesty International et Forbidden Stories devant le tribunal correctionnel de Paris, a annoncé jeudi son avocat, Olivier Baratelli. Une première audience procédurale est prévue le 8 octobre, mais le procès ne devrait pas avoir lieu avant environ deux ans.

« L’Etat marocain entend immédiatement saisir la justice française car il souhaite que toute la lumière soit faite sur les allégations mensongères de ces deux organisations qui avancent des éléments sans la moindre preuve concrète et démontrée », accuse Me Baratelli, déplorant un « procès d’intention médiatique, infondé et visiblement créé de toutes pièces pour déstabiliser la relation diplomatique profonde entre le Maroc et la France ». Le royaume chérifien « entend ne pas laisser impunis les multiples mensonges et les fake news propagés ces derniers jours ».

Rabat a menacé mercredi d’« opter pour une démarche judiciaire, au Maroc et à l’international contre toute partie reprenant à son compte ces allégations fallacieuses ». Parallèlement, le parquet général marocain a annoncé mercredi « l’ouverture d’une enquête judiciaire sur ces fausses allégations et accusations ».

  • Emmanuel Macron convoque un conseil de défense « exceptionnel »

En France, Emmanuel Macron a convoqué, jeudi matin, un conseil de défense exceptionnel consacré à l’affaire Pegasus et à la question de la cybersécurité. Cette réunion a « permis d’avoir un point d’étape » sur les investigations portant sur la présence des téléphones d’Emmanuel Macron parmi les cibles potentielles du logiciel espion, selon le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, interrogé sur BFM-TV.

« Un certain nombre de protocoles de sécurité ont été réajustés, notamment autour du président de la République. Par ailleurs, l’Agence nationale de sécurité des systèmes d’information a commencé à proposer aux personnes qui pourraient avoir été ciblées par une attaque un accompagnement technique », a-t-il ajouté.

« Le président de la République suit au plus près ce dossier et prend cette affaire très au sérieux », avait souligné dans la matinée M. Attal sur France InterL’enquête sur Pegasus a révélé qu’un numéro du chef de l’Etat figurait dans la liste des numéros sélectionnés par un service de sécurité de l’Etat marocain pour un potentiel piratage. « C’est une affaire qui, si ce qui a été révélé est confirmé et avéré, est très grave », a-t-il redit.

« Les téléphones [du président] sont changés régulièrement. Il y a un certain nombre de paramètres de sécurité qui protègent, qui sont changés très régulièrement. Il y a des protections qui sont faites », a assuré le porte-parole, interrogé sur une possible négligence au sommet de l’Etat. Gabriel Attal a par ailleurs affirmé qu’il fallait « protéger les autres [personnes visées], les secteurs public et économique » du pays, rappelant qu’un plan de « 100 millions d’euros » avait été lancé depuis un an pour « équiper nos hôpitaux et aider nos collectivités locales » à faire face aux cyberattaques.

  • Israël ouvre une enquête parlementaire

Le Parlement israélien a mis en place une commission pour enquêter sur des allégations selon lesquelles le logiciel d’espionnage Pegasus a été utilisé à « mauvais escient » par certains Etats pour espionner des personnalités, a annoncé jeudi un député israélien.

« La défense a désigné une commission composée d’un certain nombre de groupes », a déclaré à la radio militaire Ram Ben-Barak, à la tête de la commission des affaires étrangères et de la défense du Parlement israélien. « A l’issue de l’enquête (…) nous évaluerons si nous devons apporter des corrections », a ajouté le député centriste et ancien directeur adjoint du Mossad, les services de renseignements extérieurs israéliens.

Le logiciel Pegasus, conçu par la société israélienne de cybersécurité NSO, est au cœur d’un scandale mondial d’espionnage qui a poussé l’ONG Reporters sans frontières à réclamer un moratoire sur ses ventes, et la chancelière allemande Angela Merkel, notamment, à demander plus de restrictions sur la vente de ces systèmes.

  • En Hongrie, la justice lance une enquête après plusieurs plaintes

A la suite de plusieurs plaintes, le parquet de Budapest a annoncé jeudi l’ouverture d’une enquête sur « le recueillement potentiel non autorisé d’informations confidentielles ». L’enquête vise à établir les faits et à déterminer si un crime et, le cas échéant, lequel, a été commis, a-t-il précisé.

Cette affaire suscite beaucoup d’émotion dans ce pays d’Europe centrale, régulièrement accusé par les organisations internationales de saper l’Etat de droit depuis le retour au pouvoir du souverainiste Viktor Orban en 2010. L’opposition libérale, les représentants des journalistes et des avocats ont réclamé une enquête indépendante.

De son côté, le gouvernement a dénoncé, par la voix de son porte-parole, Zoltan Kovacs, « un groupe de médias de gauche » proférant « des affirmations non fondées »« gobées par le reste de la presse », qui « suivrait le troupeau ».

  • Angela Merkel demande plus de restrictions sur la vente de logiciels espions

La chancelière allemande, Angela Merkel, a quant à elle demandé, jeudi, plus de restrictions sur la vente de logiciels espions de type Pegasus. « Il est important » que de tels logiciels « n’arrivent pas entre de mauvaises mains » et « il ne faudrait pas vendre ces logiciels à des pays où la surveillance des opérations [d’écoute] par la justice n’est peut-être pas garantie », a déclaré Mme Merkel.

La haut-commissaire aux droits de l’homme de l’ONU, Michelle Bachelet, avait également réclamé, lundi, une meilleure « réglementation » des technologies de surveillance et de leur transfert, voyant un « besoin urgent » à assurer leur « strict contrôle et autorisation ».

Le Monde avec AFP et Reuters

Pegasus : le Maroc attaque en diffamation Amnesty et Forbidden Stories

juillet 22, 2021

Le Maroc est accusé d’avoir eu recours au logiciel d’espionnage Pegasus. Une première audience procédurale est prévue le 8 octobre.

Une premiere audience procedurale est prevue le 8 octobre devant la chambre specialisee en droit de la presse, mais le proces ne devrait pas avoir lieu avant environ deux ans.
Une première audience procédurale est prévue le 8 octobre devant la chambre spécialisée en droit de la presse, mais le procès ne devrait pas avoir lieu avant environ deux ans.© MARIO GOLDMAN / AFP

Le Maroc attaque en diffamation Amnesty et Forbidden Stories, deux associations à l’origine des révélations sur les clients de Pegasus, devant le tribunal correctionnel de Paris, a annoncé, ce jeudi 22 juillet, son avocat dans un communiqué. Le pays est en effet accusé d’avoir eu recours à ce logiciel d’espionnage. « Le royaume du Maroc et son ambassadeur en France, Chakib Benmoussa, ont mandaté maître Olivier Baratelli pour délivrer, dès aujourd’hui, deux citations directes en diffamation » contre les associations.

Une première audience procédurale est prévue le 8 octobre devant la chambre spécialisée en droit de la presse, mais le procès ne devrait pas avoir lieu avant environ deux ans. « L’État marocain entend immédiatement saisir la justice française, car il souhaite que toute la lumière soit faite sur les allégations mensongères de ces deux organisations qui avancent des éléments sans la moindre preuve concrète et démontrée », accuse maître Baratelli.

Un « procès d’intention médiatique, infondé et visiblement créé de toutes pièces »

« L’État marocain considère faire face à une nouvelle affaire de liste et que le passé a largement démontré qu’il était aisé de tirer des conclusions mensongères de telles pratiques », ajoute l’avocat, déplorant un « procès d’intention médiatique, infondé et visiblement créé de toutes pièces pour déstabiliser la relation diplomatique profonde entre le Maroc et la France ».

Le royaume chérifien « entend ne pas laisser impunis les multiples mensonges et les fake news propagés ces derniers jours ». Dès lundi, le gouvernement marocain s’était défendu en démentant avoir acquis des « logiciels informatiques pour infiltrer des appareils de communication ».

Pegasus : Abdellatif Hammouchi, l’espion marocain qui embarrasse la FranceRabat a ensuite menacé, mercredi, d’« opter pour une démarche judiciaire, au Maroc et à l’international contre toute partie reprenant à son compte ces allégations fallacieuses ». Parallèlement, le parquet général marocain a annoncé, mercredi, « l’ouverture d’une enquête judiciaire sur ces fausses allégations et accusations ».

Les deux associations ont obtenu une liste de 50 000 numéros de téléphone

Introduit dans un smartphone, ce logiciel – conçu par la société israélienne NSO – permet d’en récupérer les messages, photos, contacts, et d’activer à distances les micros. Les organisations Forbidden Stories et Amnesty International ont obtenu une liste de 50 000 numéros de téléphone, sélectionnés par les clients de NSO depuis 2016 pour être potentiellement surveillés, et l’ont partagée avec un consortium de 17 médias qui ont révélé son existence dimanche.

La liste des cibles potentielles comprend les numéros d’au moins 180 journalistes, 600 hommes et femmes politiques, 85 militants des droits humains ou encore 65 chefs d’entreprise, d’après l’analyse du consortium – qui en a localisé beaucoup au Maroc, en Arabie saoudite ou encore au Mexique.

Mardi, Le Monde et Radio France, membres du consortium, ont révélé qu’une ligne de téléphone du président français faisait partie des « numéros sélectionnés par un service de sécurité de l’État marocain […] pour un potentiel piratage ».

L’ancien Premier ministre Édouard Philippe, 14 membres du gouvernement, dont Jean-Yves Le Drian et Gérald Darmanin, ainsi que d’anciens ministres et des responsables politiques figurent également sur cette liste, selon ces médias.

Par Le Point avec AFP

Covid-19 : Mohammed VI donne le coup d’envoi à la production de vaccins « made in Morocco »

juillet 6, 2021
Le roi Mohammed VI et Othman Benjelloun (à g.), le 6 juillet 2021, au Palais royal de Fès, lors de la cérémonie de signature des accords de coopération avec Sinopharm.

La volonté du monarque de faire du royaume un hub régional de fabrication et de distribution de vaccins se concrétise à travers la signature d’accords de coopération avec le géant chinois de l’industrie pharmaceutique Sinopharm. Explications.

Après avoir été l’un des pionniers mondiaux en matière de vaccination de sa population contre le Covid-19, Rabat veut désormais se lancer dans la production de vaccins : le roi a ainsi présidé, ce lundi 5 juillet au Palais royal de Fès, la cérémonie de lancement et de signature de conventions relatives au projet de fabrication et de mise en seringue au Maroc du vaccin anti-Covid-19 et d’autres sérums.

« Ce projet a pour objet la production dans notre pays du vaccin anti-Covid, ainsi que d’autres vaccins-clés, de manière à promouvoir l’autosuffisance du royaume et de faire du Maroc une plateforme de biotechnologie de premier plan à l’échelle du continent africain et du monde dans le domaine de l’industrie du fill & finish« , indique un communiqué du cabinet royal diffusé dans la soirée.

Souveraineté sanitaire

Il vise également à « doter le royaume de capacités industrielles et biotechnologiques complètes et intégrées, dédiées à la fabrication de vaccins au Maroc ». « Il s’agit de renforcer la souveraineté sanitaire » du pays face « aux dépendances extérieures et aux contingences politiques », précise le document.

Au cours de cette cérémonie, à laquelle ont pris part, entre autres, le chef du gouvernement, Saâdeddine El Othmani, le conseiller royal Fouad Ali El Himma, le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, le PDG d’Attijariwafa Bank, Mohamed Kettani, et le PDG de Banque populaire, Mohamed Karim Mounir, plusieurs mémorandums ont été signés, dont un premier concernant la coopération entre le royaume et le groupe pharmaceutique chinois Sinopharm.

CE PROJET MOBILISERA 500 MILLIONS DE DOLLARS POUR UNE PRODUCTION INITIALE DE 5 MILLIONS DE DOSES PAR MOIS

Fruit d’un partenariat public-privé qui survient après l’entretien téléphonique du 31 août entre le roi Mohammed VI et le président chinois Xi Jinping, le projet devrait démarrer à court terme – la date n’a pas été précisée – avec une capacité de production de 5 millions de doses de vaccin anti-Covid-19 par mois. Puis cette capacité devrait être démultipliée progressivement, à moyen terme.

Collaboration avec Sothema

L’investissement global représentera 500 millions de dollars, selon un montage qui a fait l’objet d’un accord signé ce 5 juillet par le ministre de l’Économie et des Finances, Mohamed Benchaâboune, le PDG de la société Recipharm, Marc Funk, et le représentant du consortium de banques marocaines, le milliardaire Othman Benjelloun. Objectif : permettre l’établissement de capacités de fabrication de vaccins au Maroc dans les meilleures conditions, et le développement de ce qui s’apparente à un géant de l’industrie pharmaceutique sino-marocain.

Enfin, un contrat de mise à disposition des installations de remplissage du laboratoire pharmaceutique marocain Sothema pour la fabrication du vaccin anti-Covid-19 (propriété de la société chinoise Sinopharm) a été signé par sa PDG, Lamia Tazi, et par le ministre de la Santé, Khalid Ait Taleb. L’entreprise avait déjà participé aux essais cliniques de phase III du vaccin Sinopharm dans le royaume.

Depuis le début de la campagne de vaccination fin janvier, le Maroc, qui compte 36 millions d’habitants, a vacciné plus de 10 millions de personnes, dont 9,1 millions ont déjà reçu les deux injections requises.

Avec Jeune Afrique par Fadwa Islah

Tunisie, Maurice, Maroc : addition salée pour le tourisme africain

juin 30, 2021

Quelque 80 % des hôteliers tunisiens estiment avoir perdu 50 % de leur chiffre d’affaires en 2020. El Jem, en Tunisie, le 20 mai 2021.

Estimant les pertes dans le secteur à plusieurs centaines de milliards de dollars, un rapport de l’Organisation des Nations unies table sur un retour à la normale en 2023.

L’heure n’est pas encore à la reprise pour le tourisme en Afrique. C’est la conclusion d’un rapport publié le 30 juin par la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced)*. S’appuyant sur les statistiques de l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), elle a évalué les dégâts passés et à venir, provoqués par la pandémie de Covid-19.

Bilan : en 2021, le recul des arrivées de touristes internationaux va engendrer un manque à gagner pour le continent chiffré entre 170 et 253 milliards de dollars, selon les scénarios.

Sans surprise, la région la plus touchée sera l’Afrique du Nord avec un recul de 78 % des dépenses des visiteurs, synonyme d’une chute du produit intérieur brut (PIB) de 7,5 % selon le scénario pessimiste, et de 5 % d’après le scénario optimiste. Mais le reste du continent ne fera guère mieux avec un recul des dépenses de 69 %.

L’ARRÊT DU TOURISME EN 2020 A PRIVÉ LA TUNISIE ET LE MAROC DE 79 % DE SES VISITEURS INTERNATIONAUX

Au niveau des professionnels du secteur, l’impact est tout aussi rude. C’est encore en Afrique du Nord que les moins qualifiés d’entre eux seront les plus touchés, avec une contraction des effectifs de -10,44 %. Pour les professionnels les plus qualifiés, le recul le plus fort, soit -11,82 %, interviendra en Afrique de l’Est.

L’an dernier, la Cnuced estime que l’arrêt quasi-total du tourisme a privé la Tunisie et le Maroc de 79 % de ses visiteurs internationaux. Les autres pays dépendants du secteur accusent aussi le coup : la chute a été de 78 % pour l’île Maurice, de 72 % pour le Kenya, 70 % pour l’Afrique du Sud, 69 % pour l’Égypte et l’Éthiopie, 55 % pour le Ghana et 43 % pour Madagascar.

Vaccination, formation et réflexion stratégique

Les auteurs du rapport, qui espèrent un retour à la normale en 2023, formulent trois conseils aux dirigeants des États pour enclencher la reprise. En premier lieu, ils mettent l’accent sur la nécessité d’accélérer la vaccination afin de surmonter les craintes de contamination des visiteurs étrangers.

Ensuite, ils plaident pour un soutien aussi important que possible aux salariés du secteur, incluant le développement de formation. Enfin, ils appellent à mener une réflexion stratégique, soulignant que le tourisme africain ne sortira pas indemne de la pandémie.

Les voyageurs âgés des pays industrialisés, qui contribuent majoritairement à la croissance des visites et des recettes, risquent en effet de se limiter encore pendant un moment à un tourisme domestique quand la poussée globale de la préoccupation écologique pourrait pénaliser durablement les vols longs courriers, notamment à destination du continent. Plus que jamais, le secteur africain a intérêt à diversifier sa clientèle et donc ses produits tout en pariant sur l’essor du tourisme domestique.

Avec Jeune Afrique par Alain Faujas

[Chronique] Mali : la preuve par neuf… enfants

mai 7, 2021
Damien Glez

Une jeune tombouctienne vient d’accoucher, au Maroc, de neuf bébés. Si l’état de santé des enfants se maintenait, l’événement pourrait être une première à l’échelle de la planète.

Si Emmanuel Macron entend toujours, conformément à son intervention de juillet 2017, susciter un ralentissement de la fécondité africaine sans laquelle « des milliards d’euros » ne « stabiliseraient » aucun développement, il a du pain sur la planche sahélienne. Alors que le président français déplorait la situation où « des pays ont encore sept à huit enfants par femme », une jeune malienne vient de lui administrer la preuve par… neuf que la tâche est plus complexe qu’il n’y paraît.

Alors qu’elle attendait les septuplés dénombrés sur ses échographies, Halima Cissé a donné naissance à des « nonuplés ». Difficile de faire baisser une moyenne malienne de 6,1 naissances par femme, quand on accouche de neuf enfants dans la même journée…

Une procréation extraordinaire

Originaire de Tombouctou, c’est au Maroc que la jeune femme de 25 ans avait été transférée par avion le 30 mars, tant une grossesse de sept fœtus était déjà jugée « extraordinaire » et porteuse de risques, aussi bien pour la mère que pour sa progéniture. Mardi 4 mai, une césarienne a été pratiquée. « Extraordinaire », cette procréation multiple l’est assurément, à l’échelle de la planète. Alors que huit naissances d’octuplés sont listées dans le monde et qu’aucune naissance humaine de dix bébés ou plus n’a été enregistrée, seules deux naissances de nonuplés ont été répertoriées, en Australie en 1971 et en Malaisie en 1999.

Cette perspective de voir naître neuf bébés de la même grossesse est à ce point rare que sa survenue devient systématiquement une affaire nationale. En 2012, la Mexicaine Karla Vanessa Perez avait piégé des médias fébriles en annonçant, à tort, qu’elle attendait des nonuplés…

LES ÉQUIPES MÉDICALES DU MALI ET DU MAROC, DONT LE PROFESSIONNALISME EST À L’ORIGINE DE L’ISSUE HEUREUSE DE CETTE GROSSESSE

Cette fois, la naissance exceptionnelle de cinq filles et quatre garçons n’est pas un canular et le ministère malien de la Santé s’est saisi du buzz feel-good, la ministre relayant elle-même les informations du médecin malien dépêché pour accompagner la mère au Maroc. Fanta Siby a officiellement félicité « les équipes médicales du Mali et du Maroc, dont le professionnalisme est à l’origine de l’issue heureuse de cette grossesse ». Le président de la transition du Mali a même téléphoné au père des nouveau-nés, l’adjudant Kader Arby.

Aucun nonuplé n’a jamais vécu plus de six jours

Régulièrement endeuillé par l’insécurité devenue endémique, le Mali a bien besoin de carnets roses enthousiasmants. Et si la santé de la mère et des bébés mérite une attention prudente, pendant les jours qui viennent, le caractère historique de cet heureux événement pourrait se muer en exploit inédit. Aucun nonuplé n’a jamais vécu plus de six jours. Les neuf bébés maliens qui pesaient entre 500 grammes et 1 kilo à leur naissance devraient passer deux à trois mois dans des couveuses. C’est un Mali ému qui retient son souffle, suspendu aux informations médicales.

Avec Jeune Afrique par Damien Glez

Covid-19 : face à une troisième vague en Europe, le Maroc se calfeutre

mars 31, 2021
Un avion de la Royal Air Maroc (RAM).

Ces dernières semaines, le royaume a pris la décision de suspendre les liaisons aériennes avec une quarantaine de pays. La France et l’Espagne sont les derniers en date.

Le royaume a décidé de suspendre jusqu’à nouvel ordre les liaisons aériennes avec 39 pays, dont certains sont de gros pourvoyeurs de touristes pour le Maroc, pour freiner la propagation du Covid-19, dont le nombre de cas a fortement progressé en Europe depuis début mars. La Direction générale de l’aviation civile (DGAC) précise que cette suspension concernent les vols de passagers, les « vols spéciaux de passagers » étant eux soumis à des contrôles renforcés.

Ces « vols spéciaux » sont des vols non-réguliers organisés pour une circonstance particulière, comme un rapatriement d’urgence. Les conditions d’accès à ces vols spéciaux demeurent néanmoins floues à l’heure qu’il est.

LA FRANCE, AVEC 1,9 MILLION DE TOURISTES QUI SE RENDENT CHAQUE ANNÉE AU MAROC, EST DE LOIN LE PREMIER PAYS DE DÉPART VERS LE ROYAUME

Depuis le 30 mars les liaisons régulières avec la France et l’Espagne en particulier sont suspendues, toutes compagnies aériennes confondues. Selon les chiffres du ministère marocain du Tourisme, la France, avec 1,9 million de touristes qui se rendent chaque année au Maroc, est de loin le premier pays de départ vers le royaume. L’Espagne arrive en deuxième position avec près de 815 000 touristes par an. Sans compter que les deux Etats européens comptent une forte communauté marocaine binationale.

Baisse des recettes

Autant dire que le cru 2021 s’annonce particulièrement médiocre pour le tourisme marocain, un secteur déjà touché de plein fouet par la crise sanitaire mondiale depuis janvier 2020. En constante hausse depuis 2012, le nombre de visiteurs étrangers du Maroc avait atteint la barre des 13 000 000 en 2019, selon les chiffres du ministère marocain du Tourisme. Sur l’année 2020, le secteur touristique marocain a été confronté à une baisse des recettes en devises de l’ordre de 60 %.

Parmi les autres pays européens concernés par les mesures marocaines, la Belgique, l’Italie, les Pays-Bas ou encore l’Allemagne. Du côté africain, les liaisons avec l’Algérie, l’Egypte, l’Afrique du Sud, la République démocratique du Congo (RDC) ou encore la Guinée-Conakry, ont elles aussi été suspendues jusqu’à nouvel ordre.

SUR LE FRONT DE LA VACCINATION, LE MAROC SE CLASSE PARMI LES BON ÉLÈVES MONDIAUX, AVEC PLUS DE 8 % DES MAROCAINS QUI ONT REÇU LEURS DEUX DOSES DE VACCIN À CE JOUR

Sur le front de la vaccination, le Maroc se classe parmi les bon élèves mondiaux, avec plus de 8 % des Marocains qui ont reçu leurs deux doses de vaccin à ce jour. Sur le continent africain, le royaume est même le plus performant dans le domaine. L’Espagne, l’Italie, l’Allemagne et la France, tous concernés par la suspension des liaisons aériennes avec le Maroc, se classent derrière le royaume en termes de vaccination de leur population.

Avec Jeune Afrique

Maroc-Israël : le premier vol en provenance de Tel-Aviv atterrit à Rabat

décembre 22, 2020
La délégation américano-israélienne conduite par le conseiller du président Donald Trump, Jared Kushner, et le conseiller à la sécurité nationale d’Israël, Meier Ben Shabbat, à son arrivée  à l’aéroport de Rabat-Salé ce 22 décembre. 

Dix jours après la reconnaissance par le président Trump de la souveraineté marocaine sur le Sahara, une délégation américano-israélienne menée par son conseiller spécial Jared Kushner est arrivée au royaume à bord d’un avion de la compagnie El Al.

Le vol LY555 a décollé à 9h30 de l’aéroport Ben-Gourion de Tel-Aviv et a atterri à Rabat un peu avant 15 heures. À son bord, de hauts responsables américains et israéliens, menés par le conseiller spécial et gendre du président Trump, Jared Kushner. Une visite qui intervient un peu plus de dix jours après la proclamation présidentielle américaine reconnaissant la souveraineté marocaine sur le Sahara, et la décision de Mohammed VI de rétablir des relations diplomatiques avec Israël.

Ce premier vol commercial et officiel entre les deux pays est chargé de symboles. Arborant les drapeaux marocain, israélien et américain, le vol a reçu le numéro LY555. Un choix qui n’est pas anodin, le chiffre 5 (hamsa en hébreu, khamsa en arabe) permettant, selon les croyances traditionnelles au Maroc comme au sein de la diaspora juive marocaine vivant en Israël, de se protéger du mauvais œil, le plus souvent par le biais d’une Khmissa (les cinq doigts de la main), comme celle qui orne l’avion qui a transporté la délégation israélo-américaine.

Le lieu de l’arrivée est également hautement symbolique. Ce n’est pas à l’aéroport Mohammed V de Casablanca, capitale économique du royaume, que la délégation israélo-américaine a atterri, mais à Rabat. Ce qui donne au voyage un caractère (très) officiel, confirmant la reprise des relations diplomatiques et des liaisons aériennes directes annoncée le 10 décembre par le président Trump et le communiqué du cabinet royal.

Le choix de Rabat relève aussi de considérations pratiques. Le programme de la visite se déroulant dans la capitale, entre le mausolée Mohammed V, le Palais royal, la primature et le ministère des Affaires étrangères, tous situés dans la capitale administrative.

Un jour très spécial

Composée de plusieurs hauts responsables américains et israéliens, la délégation est menée par le gendre et Haut Conseiller du président Trump, Jared Kushner, architecte de ce rapprochement entre Tel-Aviv et Rabat. Ce dernier est accompagné, côté américain, par le patron de l’US International Economic Development Corporation (IEDC) et, côté israélien, par Meir Ben Shabbat, conseiller à la sécurité nationale d’Israël et chef d’état-major pour la sécurité nationale, ainsi que par Haim Regev, chef d’état-major adjoint.

À son arrivée à l’aéroport de Rabat, la délégation a été accueillie par des officiels locaux, dont Mohamed Yacoubi, le wali de Rabat-Salé-Kénitra, et le président de la région Rabat-Salé-Kénitra, Abdelsamad Sekkal.

LES IMAGES REPRISES EN DIRECT PAR LES CHAÎNES TÉLÉVISÉES MAROCAINES ET ISRAÉLIENNES SONT HISTORIQUES ET RESTERONT DANS LES ANNALES

Si les poignées de mains ne sont pas au rendez-vous, Covid oblige, les images reprises en direct par les chaînes télévisées marocaines et israéliennes sont historiques et resteront dans les annales. On y voit notamment Meir Ben Shabbat, tout sourires à l’occasion de cet évènement qui, selon ses propres mots, revêt une grande valeur.

Dans un entretien accordé au journal marocain arabophone Al Ahdat Al Maghribiya, le conseiller à la sécurité nationale d’Israël et chef d’état-major, dont les parents sont d’origine marocaine, a souligné que ce vol constituait pour lui un évènement très spécial. Au-delà de sa dimension diplomatique, il a aussi une valeur sentimentale car son père, le grand rabbin Makhlouf Khalifa, sa mère, Aziza, ainsi que ses frères aînés sont nés au Maroc. Cette spécificité, souligne-t-il, lui a permis de grandir avec les histoires de cette famille qui a vécu dans le royaume dans la paix, la prospérité et le bonheur et qui n’a jamais cessé de glorifier son pays d’origine. Comme le million (ou presque) d’Israéliens d’origine marocaine vivant en Israël qui, malgré la distance et les vicissitudes diplomatiques et politiques, ont gardé des liens très forts avec leur pays d’origine.

Avant même la réactivation des canaux diplomatiques, actuellement à l’ordre du jour, plus de 70 000 Marocains de la diaspora juive visitaient le royaume tous les ans. L’ouverture de vols directs fera passer ce nombre à au moins 200 000 touristes, selon la ministre marocaine du Tourisme et du Transport aérien, Nadia Fettah.

Des annonces diplomatiques et économiques attendues

Selon le programme convenu, la délégation restera au Maroc une journée et retournera en Israël mercredi midi au plus tard. Si le programme officiel de la visite n’est pas encore communiqué, plusieurs sources médiatiques israéliennes et marocaines évoquent d’abord une visite au mausolée Mohammed V, où sont enterrés les rois Mohammed V et Hassan II. Deux rois qui comptent beaucoup dans l’imaginaire judéo-marocain : le premier a été celui qui a protégé la communauté juive marocaine contre le régime français de Vichy lors de Seconde Guerre mondiale. Le second, lui, a été tout au long de son règne l’intermédiaire de la paix entre Israéliens et Palestiniens.

LA DÉLÉGATION SE RECUEILLERA AINSI SUR LA TOMBE DU PÈRE ET DU GRAND-PÈRE DE ROI MOHAMMED VI, AVANT D’ÊTRE ACCUEILLIE PAR LE SOUVERAIN

La délégation se recueillera ainsi sur la tombe du père et du grand-père de roi Mohammed VI, avant d’être accueillie par le souverain au Palais royal de Rabat où un dîner sera offert en son honneur. Une information relatée par une dépêche de Reuters, citant le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.

La délégation a prévu également une série de réunions officielles avec des responsables marocains, dont une rencontre entre Meir Ben Shabbat et le chef du gouvernement islamiste, Saadeddine El Othmani, Rencontre qui se tiendra selon nos sources au siège de la primature, attenant au Palais royal.

Au-delà de la symbolique de ce premier vol commercial entre Tel-Aviv et Rabat et de la réception officielle de hauts responsables israéliens par les plus hautes autorités du royaume, cette visite sera l’occasion de signer plusieurs partenariats et accords dans les domaines diplomatique, politique, sécuritaire et surtout économique.

Une annonce officielle de la réouverture de canaux diplomatiques entre les deux pays – les bureaux de liaisons sont fermés depuis 2002 –, sera à l’ordre du jour, selon nos sources.

Cette visite « historique », comme la qualifie Jared Kushner, vient ainsi consacrer de manière officielle les annonces faites le 10 décembre dernier par le président américain Donald Trump et le cabinet royal sur la réactivation des liens diplomatiques entre le Maroc et Israël.

Elle sera aussi l’occasion pour les États-Unis de confirmer de manière solennelle leur reconnaissance de la souveraineté du Maroc sur le Sahara. L’essentiel des annonces économiques, côté américain, porteront, selon les premiers éléments dont nous disposons, sur des investissements qui seront réalisés dans les provinces du Sud. Des investissements qui seront chapeautés par le futur consulat américain qui ouvrira à Dakhla…

Avec Jeune Afrique par Fadwa Islah

Covid-19 : le Maroc, premier pays au monde à lancer une campagne de vaccination nationale

novembre 10, 2020

Selon les instructions de Mohammed VI transmises le 9 novembre, la campagne de vaccination doit atteindre d’ici fin mars l’ensemble de la population âgée de plus de 18 ans.

Alors que le spectre d’un nouveau confinement plane sur le royaume depuis quelques semaines, vu le nombre affolant des contaminations, voilà que Mohammed VI prend tout le monde de court en annonçant le lancement imminent d’une campagne de vaccination. « Sa Majesté le Roi a donné Ses Hautes Orientations en vue du lancement, dans les prochaines semaines, d’une opération massive de vaccination contre le Covid-19 », souligne un communiqué du cabinet royal.

En présence de la task-force constituée de conseillers royaux et de membres du gouvernement, Mohammed VI a présidé, dans la soirée du lundi 9 novembre, une séance de travail consacrée à cette stratégie de vaccination contre le Covid-19.

Task-force royale

La réunion a notamment rassemblé le conseiller personnel du roi Fouad Ali El Himma, le chef du gouvernement Saâdeddine El Othmani, le ministre de l’Intérieur Abdelouafi Laftit, le ministre des Affaires étrangères Nasser Bourita, le ministre de la Santé Khalid Aït Taleb, l’inspecteur général des Forces armées royales le général Abdelfattah Louarak, le commandant de la gendarmerie royale Mohamed Haramou, le directeur de la DGSN Abdellatif Hammouchi, sur la base de l’avis rendu par le comité national scientifique.

SELON LES RÉSULTATS DES ÉTUDES CLINIQUES, LA SÉCURITÉ, L’EFFICACITÉ ET L’IMMUNOGÉNICITÉ DU VACCIN ONT ÉTÉ PROUVÉES

« Selon les résultats des études cliniques déjà achevées ou toujours en cours, la sécurité, l’efficacité et l’immunogénicité du vaccin ont été prouvées », rassure le communiqué émis par le cabinet royal. Pas moins de 600 « beta-testers » marocains ont pris part à des tests cliniques qui ont démarré en août dernier au CHU Ibn Rochd de Casablanca et au CHU Avicenne de Rabat.

Les résultats  de ces études doivent être communiqués le 15 novembre. Le vaccin a par ailleurs été testé sur près d’un million de personnes à travers le monde, notamment au Brésil, en Argentine et en Égypte.

« Le démarrage de cette campagne de vaccination pourrait intervenir dès la semaine prochaine », nous confie une source proche du département de la Santé. Elle devrait s’effectuer en deux phases, comme l’a d’ailleurs précisé le cabinet royal.

« La priorité sera donnée aux personnels de première ligne, en l’occurrence, le personnel de Santé, les autorités publiques, les forces de sécurité et le personnel de l’éducation nationale », indique le communiqué.

Priorité aux plus vulnérables

Cette première étape devrait se dérouler sur un mois avant d’élargir la vaccination à toute la population, en accordant néanmoins la priorité aux personnes âgées et à celles qui sont les plus vulnérables au virus. « Si l’on démarre dès ce mois de novembre, on pourrait vacciner et immuniser l’ensemble de la population âgée de plus de 18 ans d’ici mars », nous indique notre source. La vaccination se fera en deux injections, à 21 jours d’intervalle.

Pour l’heure, aucune annonce n’a été faite quant aux quantités de vaccin devant être livrées au Maroc. Mais certaines sources évoquent une première commande de 5 millions de doses qui devrait parvenir au royaume dans les prochains jours.

L’ANNONCE ROYALE RASSURE QUANT À LA CAPACITÉ DU MAROC À SE POSITIONNER DANS CETTE COURSE MONDIALE À L’ACQUISITION DE VACCINS

Quoi qu’il en soit, l’annonce royale rassure quant à la capacité du pays à se positionner dans cette course mondiale à l’acquisition de vaccins : 51 % des commandes sont destinées à 13% seulement de la population mondiale.

Le Maroc certifie avoir obtenu de Sinopharm le droit de produire lui-même le vaccin puis de l’exporter vers d’autres pays du continent. Le royaume est aussi en négociation avec Astra Zeneca, Pfizer, Johnson & Johnson et CanSino Biologics pour se procurer des vaccins.

L’annonce marocaine est concomitante avec celle de Pfizer et BioNTech, qui ont communiqué ce lundi sur leur vaccin « efficace à 90 % » et pour lequel ils vont demander une autorisation d’utilisation d’urgence aux États-Unis. De toute évidence, la course entre laboratoires pour le vaccin est ardue.

Parallèlement, toujours hier, le Brésil a suspendu les tests sur un autre vaccin chinois, le CoronaVac de Sinovac, après un « incident grave ». Le laboratoire nie néanmoins tout lien entre l’incident et son vaccin.

Par ailleurs, l’OMS et GAVI ont lancé cet été l’initiative COVAX, à laquelle l’Afrique est associée. L’objectif ? Distribuer les vaccins – quand ils seront validés – à tous les pays de manière équitable (au prorata de la population).

Avec Jeune Afrique par Fahd Iraqi

Maroc : l’hôpital public au bord de la crise de nerfs

octobre 21, 2020
Sous pression en raison de la pandémie de Covid-19, les médecins du secteur public dénoncent leurs conditions de travail.

Alors que la crise sanitaire met le secteur sous tension, le gouvernement doit faire face à une grogne croissante des médecins.

Le temps où le Maroc se targuait de sa gestion exemplaire de la crise sanitaire du Covid-19 semble bien révolu. Depuis fin juillet, la pandémie a pris une nouvelle ampleur et fait des ravages : les cas recensés atteignent chaque semaine des records (plus de 175 000 cas cumulés) et les décès se comptent désormais par dizaines quotidiennement (près de 2500 en tout).

Et les perspectives sont loin d’être rassurantes : une dernière étude du Haut commissariat au plan (HCP) anticipe jusqu’à 500 000 cas d’ici mars prochain. Surtout, l’organisme s’alarme de « la saturation » du système sanitaire national si le cap des 31 000 cas actifs est atteint. Alarmant, sachant qu’on en compte déjà 26 000 actuellement.

Alors que la situation épidémique est préoccupante, les tensions entre les médecins du public et le gouvernement reprennent de plus belle. Après la trêve annoncée au début de la crise sanitaire, le Syndicat indépendant des médecins du secteur public (SIMSP) déterre la hache de guerre : une grève nationale de 48 heures est prévue à partir du 4 novembre, avec l’organisation de sit-in simultanés aux quatre coins du pays.

Ce débrayage devrait néanmoins épargner les urgences, ainsi que les services de réanimation où sont déjà actuellement admis 540 patients atteints du Covid-19.

Revendications

« Nos revendications sont toujours les mêmes depuis des années : l’amélioration de la situation financière des médecins ainsi que leurs conditions du travail », synthétise Abdellah El Montadar Alaoui, secrétaire général du SIMSP. Comme ses collègues de l’hôpital public, il se dit déçu de voir les autorités de tutelle renier leurs engagements.

Le 6 août dernier, le ministre de la Santé — qui recevait pour la première fois ce syndicat — répondait favorablement à l’une de ses principales revendications. Khalid Aït Taleb s’est engagé via un communiqué de presse à ajuster « dans les plus brefs délais » les salaires des médecins sur l’indice 509 de la grille salariale de la fonction publique.

Une injustice qui aurait du être réparée il y a bien longtemps, sachant qu’un médecin généraliste est rémunéré actuellement au même échelon qu’un titulaire de master (indice 336), alors qu’avec leur bac+8, les médecins peuvent prétendre au statut de docteur (échelon 509).

LE GOUVERNEMENT TOURNE LE DOS AU CORPS MÉDICAL, QUI SE RETROUVE OTAGE DE CALCULS POLITICIENS

« Plusieurs semaines après que le ministre nous a assuré que cette revendication est juste et acquise, aucune mesure n’a été prise », assure Abdellah El Montadar Alaoui. « Le gouvernement tourne le dos au corps médical, qui se retrouve otage de calculs politiciens ou de guerres intestines au sein de la majorité ».

Résultat, le bureau national du SIMSP a décidé de relancer le mouvement de contestation, suspendu depuis le déclenchement de la crise sanitaire. Concrètement, les médecins ont décidé de remettre les blouses noires ornées du brassard 509 et d’entamer des sit-in devant le parlement ainsi que des veillées devant les ministères de la Santé et des Finances.

Les médecins brandissent même à nouveau le spectre des démissions collectives. « Si le gouvernement ne veut pas nous assurer de bonnes conditions pour travailler, qu’il nous libère alors. Nous ne pouvons plus rester otage de ce système sanitaire défaillant, tout en devant le justifier auprès des citoyens », s’insurge le syndicaliste. Pendant ce temps, le département de la Santé continue de faire la sourde oreille.

Avec Jeune Afrique par Fahd Iraqi

Coronavirus : le Maroc isole huit villes, dont Marrakech

juillet 26, 2020

Les autorités marocaines ont décidé d’interdire à partir de lundi les déplacements de et vers huit villes du pays dont Casablanca, Marrakech et Tanger, à cause d’une «hausse considérable» ces derniers jours des cas de contamination au coronavirus.

Cette décision annoncée ce dimanche 26 juillet intervient à quelques jours de l’Aïd al-Adha, une fête traditionnellement marquée par des réunions familiales. Elle entre en vigueur lundi jusqu’à nouvel ordre, selon un communiqué conjoint des ministères de l’Intérieur et de la Santé.

L’interdiction des déplacements a été prise «en raison de la hausse considérable des cas de contamination» à la maladie Covid-19 et «au regard du non-respect par la majorité des citoyens des mesures de prévention -distanciation sociale, port du masque-», selon le texte.

Elle concerne huit villes, dont la capitale économique Casablanca (ouest), la capitale touristique Marrakech (sud), Tanger (nord), le deuxième pôle économique du royaume, et Fès (centre).

20.278 cas, 313 décès

Le Maroc avait annoncé il y a une semaine un nouvel allègement des mesures de confinement mais les derniers jours ont été marqués par des cas record de contamination: 811 samedi et 633 dimanche. Le nombre total des cas officiellement enregistrés dans le pays est de 20.278, dont 313 décès.

Samedi, le ministre de la santé Khalid Ait Taleb a appelé à «éviter les visites inutiles et les contacts physiques et à veiller au respect des mesures de prévention lors des rassemblements familiaux» pendant l’Aïd al-Adha, la fête musulmane du sacrifice prévue cette année à partir du 31 juillet.

Le ministère de l’Intérieur a noté un «relâchement de certains individus» dans le port du masque obligatoire au Maroc, affirmant dans un communiqué que les autorités «n’hésiteront pas à appliquer les sanctions prévues par la loi». Les peines vont jusqu’à trois mois de prison et/ou jusqu’à 1.300 dirhams d’amende (115 euros).

Le Maroc autorise depuis juin l’ouverture des cafés, restaurants, commerces et le tourisme intérieur mais l’état d’urgence sanitaire a été prolongé jusqu’au 10 août.

Par Le Figaro avec AFP