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La Belgique a expulsé l’imam Hassan Iquioussen vers le Maroc

janvier 13, 2023

L’imam marocain Hassan Iquioussen a été expulsé vendredi vers le Maroc par la Belgique, après son expulsion de France cet été, annoncée par Gérald Darmanin.

L’imam marocain Hassan Iquioussen, arrêté en Belgique le 30 septembre après son expulsion de la France pour des « propos incitant à la haine et à la discrimination », a été expulsé vendredi 13 janvier vers le Maroc, ont annoncé son avocate française et les autorités belges. Le prédicateur du nord de la France, dont l’expulsion a été annoncée fin juillet par le ministre français de l’Intérieur Gérald Darmanin, a été reconduit par un avion à Casablanca, après que les autorités marocaines lui ont délivré un laissez-passer jeudi, a indiqué son avocate Me Lucie Simon.

La secrétaire d’État belge à l’Asile et la Migration, Nicole de Moor, s’est félicitée de « la bonne coopération » avec la France sur ce dossier, en confirmant le renvoi de l’intéressé vers le Maroc. « Nous ne pouvons pas permettre à un extrémiste de se promener sur notre territoire. Toute personne qui n’a pas le droit d’être ici doit être renvoyée », a commenté Nicole de Moor, citée dans un communiqué.

« Gérald Darmanin s’était beaucoup impliqué auprès de ses homologues sur ce sujet. C’est une grande victoire contre le séparatisme », a de son côté commenté l’entourage du ministre français de l’Intérieur.

Fin juillet, Gérald Darmanin avait annoncé l’expulsion de l’imam Iquioussen, lui reprochant « un discours prosélyte émaillé de propos incitant à la haine et à la discrimination et porteur d’une vision de l’islam contraire aux valeurs de la République ». Mais l’imam était introuvable au moment où l’arrêté d’expulsion avait été définitivement validé par le Conseil d’État le 31 août. Il avait fui en Belgique francophone où il a été arrêté dans la région de Mons le 30 septembre.

Son avocate « surprise » par la « volte-face des autorités marocaines »

Hassan Iquioussen avait ensuite été placé en centre fermé près de Liège (est) à la mi-novembre pour séjour illégal, visé par un ordre de quitter le territoire belge après l’échec de la procédure du mandat d’arrêt européen lancée par la France.

Son avocate française Lucie Simon s’est étonnée vendredi soir de la « volte-face » du Maroc, qui avait refusé l’été dernier à la France le laissez-passer consulaire permettant l’éloignement de l’imam dans son pays d’origine.

« Je suis surprise de la volte-face des autorités marocaines et j’estime que la vie de Hassan Iquioussen est en France », a réagi Me Lucie Simon, soulignant que les avocats n’ont pas été informés de la délivrance du document consulaire. « Nous attendons le jugement sur le fond du Tribunal administratif de Paris, si l’arrêté d’expulsion (français) était annulé, la France devra assurer son retour », a-t-elle ajouté.

Par Le Point avec AFP

Une cellule de Daesh démantelée au Maroc et en Espagne

janvier 12, 2023

Trois suspects affiliés à l’organisation État islamique (EI) ont été arrêtés lors d’une opération sécuritaire conjointe.

Arrestation de l’un des 6 membre d’une cellule terroriste à Melilla le 6 septembre 2017. Les 5 autres jihadistes ont été arrêtés au Maroc lors de cette opération conjointe. © Jesus BLASCO DE AVELLANEDA / AFP

Une cellule affiliée à l’organisation État islamique (EI), composée de trois suspects, a été démantelée en Espagne et au Maroc lors d’une opération sécuritaire conjointe, a indiqué mercredi la police marocaine.

Un des « éléments extrémistes » a été interpellé par les forces spéciales de la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST) à Chtouka-Aït Baha, région rurale dans le sud du Maroc, a précisé le Bureau central d’investigations judiciaires (BCIJ) dans un communiqué. Cet homme a été placé en garde à vue. Simultanément, deux autres membres de la même cellule ont été arrêtés par les autorités espagnoles à Almeria, en Andalousie (sud de l’Espagne), ajoute le communiqué. À Madrid, une source policière a confirmé les informations de la police marocaine, sans vouloir donner de détails.

Recrutement et embrigadement

Selon le BCIJ marocain, l’enquête a montré que les suspects avaient prêté allégeance à l’EI et œuvraient à diffuser et promouvoir « des idées extrémistes pour les besoins de recrutement et d’embrigadement ». Selon le communiqué marocain, « les mis en cause ont montré leur disposition à s’impliquer dans des opérations terroristes faute de pouvoir rejoindre les fiefs de Daech (acronyme du groupe État islamique) dans la région du Sahel. […] Ils entretenaient des liens avec des combattants chargés de recruter et de faciliter l’accès des volontaires pour combattre dans cette zone. »

Si le royaume chérifien a été épargné ces dernières années par les violences liées aux groupes jihadistes, ses services de sécurité font régulièrement état de coups de filet antiterroristes et de projets d’attentat déjoués. Depuis 2002, la police marocaine a démantelé plus de 2 000 « cellules terroristes » et interpellé plus de 3 500 personnes dans le cadre d’affaires liées au « terrorisme », selon le BCIJ.

Par Jeune Afrique (avec AFP)

Au Maroc, nouvelles tentatives d’entrée dans l’enclave espagnole de Melilla la nuit du Nouvel An

janvier 2, 2023

Des dizaines de personnes ont tenté de franchir la frontière depuis la ville voisine de Nador, au Nord, selon une ONG. Il n’a pas été possible de confirmer cette information auprès des autorités marocaines.

À la frontière de l’enclave espagnole de Melilla, en janvier 2015. © David Ramos / Getty Images Europe/ Getty Images via AFP.

Durant la nuit du Nouvel An, « des dizaines de jeunes marocains ont tenté de traverser » pour pénétrer dans l’enclave espagnole de Melilla, au nord du Maroc, via le poste-frontière de Nador, et « malgré le dispositif policier, quelques-uns ont réussi à s’y introduire », a indiqué le 1er janvier l’association marocaine des droits humains (AMDH) sur Twitter. Il n’a pas été possible de confirmer cette information auprès des autorités marocaines.

Un précédent violent

Le 24 juin, près de 2 000 migrants en majorité originaires du Soudan avaient tenté de s’introduire dans Melilla via Nador. Cette tentative avait été précédée de violents heurts pendant plusieurs jours entre migrants et forces marocaines dans des campements clandestins installés aux alentours de Nador. Le drame a fait 23 morts parmi les migrants, selon les autorités marocaines, 27 d’après l’AMDH.À LIRE« Sur Ceuta et Melilla, il n’y a rien à négocier : elles sont espagnoles »

Ce bilan a été le plus lourd jamais enregistré lors d’une des nombreuses tentatives de migrants d’entrer à Melilla et dans l’enclave espagnole voisine de Ceuta, seules frontières terrestres de l’Union européenne avec le continent africain.

2 janvier 2023 à 10:31

Par Laszlo Perelstein et Jeune Afrique avec AFP

Nonuplés du Mali : ils quittent le Maroc pour rentrer chez eux

décembre 13, 2022
Les nonuplés
Légende image, Seules deux autres séries de nonuplés ont été enregistrées dans l’histoire, mais aucune d’entre elles n’a survécu plus de quelques jours.

Les seuls nonuplés au monde – neuf bébés nés en même temps – sont rentrés sains et saufs au Mali après avoir passé les 19 premiers mois de leur vie au Maroc.

Les bébés ont battu le record mondial Guinness du plus grand nombre d’enfants mis au monde en une seule fois à survivre.

Avant la naissance en mai 2021, la mère Halima Cissé, aujourd’hui âgée de 27 ans, s’est envolée vers le Maroc pour recevoir des soins spécialisés.

Avant son retour, elle vivait sous surveillance médicale à Casablanca.

Les bébés – cinq filles et quatre garçons – sont nés par césarienne à 30 semaines, selon les autorités maliennes l’année dernière.

Les filles – nommées Kadidia, Fatouma, Hawa, Adama et Oumou – et les garçons – nommés Mohammed VI, Oumar, Elhadji et Bah – pesaient entre 500g et 1kg à la naissance, a déclaré à l’agence de presse AFP le professeur Youssef Alaoui, directeur médical de la clinique où ils sont nés.

Il y avait des risques qu’ils développent des problèmes de santé en raison de leur naissance prématurée et ils ont passé les premiers mois de leur vie à l’hôpital.

Les neuf bébés ont reçu d’excellents soins médicaux et ont tous survécu.

Ils ont ensuite été transférés dans un appartement où ils ont été soignés 24 heures sur 24 par la clinique d’Ain Borja.

Plus tôt cette année, à l’occasion de leur premier anniversaire, leur père Abdelkader Arby a déclaré que chacun d’eux avait une personnalité unique.

« Ils ont tous un caractère différent. Certains sont calmes, tandis que d’autres font plus de bruit et pleurent beaucoup. Certains veulent être pris dans les bras tout le temps. Ils sont tous très différents, ce qui est tout à fait normal. »

M. Arby a également déclaré qu’ils étaient devenus célèbres au Mali et que les gens étaient « très désireux de voir les bébés de leurs propres yeux ».

Pour tous les parents qui doivent faire face à une crise de colère de leur enfant, ayez une pensée pour Halima et Abdelkader – les repas à neuf peuvent être bruyants et peut-être un peu désordonnés.

Avec BBC Afrique

Qatar 2022 : le Maroc, première équipe africaine en demi-finale de Coupe du Monde

décembre 10, 2022

Après avoir éliminé l’Espagne, le Maroc s’est qualifié pour les demi-finales de la Coupe du Monde en battant le Portugal (1-0) ce samedi à Doha. Les Lions de l’Atlas, qui sont la première sélection africaine à atteindre ce niveau, affronteront mercredi le vainqueur de France-Angleterre.

L’attaquant marocain Youssef En-Nesyri et le défenseur Achraf Hakimi exultent après le premier but lors du quart de finale du Mondial 2022 au Qatar entre le Maroc et le Portugal à Doha le 10 décembre 2022. © (Photo by Patrcia De Melo Moreira/AFP)

Le Cameroun en 1990, le Sénégal en 2002 et le Ghana en 2010 avaient échoué en quarts de finale. Le Maroc est devenu la première sélection africaine à franchir ce niveau, après avoir dominé le Portugal (1-0) grâce à un but de Youssef En-Nesyri en fin de première mi-temps. Les joueurs de Walid Regragui connaîtront samedi soir le nom de leur futur adversaire, la France ou l’Angleterre.

Le Maroc ne partait évidemment pas le favori de ce quart de finale, même s’il avait devancé la Croatie et la Belgique dans la phase de groupes, puis éliminé l’Espagne, un autre favori, en 8e de finale (0-0 après prolongation, 3-0 aux t.a.b), à l’issue d’un match parfaitement maîtrisé et d’une séance de tirs au but haletante, lors de laquelle Yassine Bounou, son gardien, avait écœuré les Ibériques.

Car le Portugal, même avec Cristiano Ronaldo devenu remplaçant de luxe depuis la flamboyante qualification obtenue contre la Suisse, pas habituée à subir un tel affront (6-1), avait le profil d’un candidat au titre mondial. On prédisait beaucoup de souffrances aux Lions de l’Atlas, privés avant le coup d’envoi de Nayef Aguerd et Noussaïr Mazraoui, deux de ses meilleurs défenseurs et artisans de l’épatant parcours de leur sélection au Qatar.

En-Nesyri, l’opportuniste

Les joueurs de Walid Regragui ont construit leur succès en utilisant les mêmes recettes que celles qui fonctionnent si bien depuis leur premier match face à la Croatie (0-0, le 23 novembre). Une défense de fer, une énorme solidarité, un état d’esprit impeccable, une habilité technique évidente pour exploiter les phases offensives, et un peu de réussite, comme sur le but inscrit à la 41e minute par Youssef En-Nesyri, l’attaquant du FC Séville, bien placé pour reprendre un long centre d’Attiatallah et profiter d’une mésentente entre Diego Costa, le gardien portugais et Ruben Dias pour propulser le la tête le ballon au fond des filets.

Jusqu’à ce but historique, les Marocains avaient le plus souvent subi face à un adversaire ayant décidé de confisquer le ballon. Yassine Bounou avait évité le pire à son équipe en détournant en corner une tête de Joao Felix (4e), et vu l’attaquant de l’Atletico Madrid manquer le cadre (30e, 38e). Mais les Lions de l’Atlas, qui s’attendaient forcément à ce scénario, avaient pointé le bout de leur nez en quelques occasions, sur quelques tentatives d’En-Nesyri (6e, 25e) ou Boufal (35e), avant d’ouvrir le score. Ils auraient pu inscrire un second but grâce à Attiatallah (45e + 2), mais aussi voir les Portugais revenir à la hauteur si une frappe de Bruno Fernandes dans un angle impossible n’avait pas heurté la barre de Bounou (44e).

Bounou encore décisif

Les souffrances, les Nord-africains les ont connues également lors d’une seconde période ultra-dominée par un adversaire obligé de prendre tous les risques et de faire sortir Ronaldo du banc de touche (50e). Quand Romain Saïss, le défenseur et capitaine marocain, blessé contre l’Espagne fût contraint de céder sa place (56e), la tâche devint encore plus compliquée.

Après Gonçalo Ramos (58e), Bruno Fernandes faisait passer une grosse frayeur dans le camp marocain (63e), puis Yassine Bounou réussissait un nouvel arrêt décisif sur un tir de Joao Felix, sa meilleure victime de ce jour historique (82e). Fatigués mais héroïques, obligés de faire huit minutes d’efforts supplémentaires après la fin du temps réglementaire, les Marocains pouvaient encore compter sur Bounou qui venait confirmer qu’il est bien un des meilleurs gardiens de cette compétition, en stoppant une tentative d’un Ronaldo qui ne sera jamais champion du monde, le seul titre qui manquera à son immense carrière (90e + 1).

Les Marocains finiront même la rencontre à dix contre onze, après l’expulsion de  Walid Cheddira (90e + 2), auront l’occasion de se mettre définitivement à l’abri par Yahya Jabrane (90e + 5) et trembleront une dernière fois sur une tête de Pepe juste à côté (90e + 6). Mais il était écrit que ce Maroc épatant ne pouvait pas perdre ce match…

Avec Jeune Afrique par Alexis Billebault

Qatar 2022 : le Maroc, espoir du monde arabe et de l’Afrique

décembre 6, 2022

Les Lions de l’Atlas affrontent la Roja espagnole ce 6 décembre. Au-delà de l’exploit sportif que constituerait une victoire, le parcours de l’équipe marocaine revêt une dimension très politique.

Jawad El Yamiq brandit le drapeau palestinien. © DR

Le royaume vit au rythme de la Coupe du monde : après une qualification historique des Lions de l’Atlas pour les 8e de finale, un exploit qui ne s’était plus produit depuis 1986 au Mexique, « tout s’est arrêté dans le pays, confie un conseiller ministériel, même au niveau de l’État où les réunions sont moins longues et nombreuses qu’auparavant. La généralisation de la couverture sociale vient d’être appliquée, l’OCP vient de présenter un ambitieux programme d’investissement devant le roi Mohammed VI et pourtant personne n’en parle, il n’y a plus que le foot ». Un propos à nuancer : le 4 décembre, des milliers de Marocains ont manifesté à Rabat contre « la vie chère et la répression », à l’appel de plusieurs organisations politiques de gauche.

David contre Goliath

Mais il est vrai que les victoires successives de l’équipe nationale (qui finit première de son groupe) insufflent beaucoup d’espoir. Dernier pays arabe et africain en lice dans cette compétition, le Maroc, qui s’apprête à affronter l’Espagne, ce 6 décembre « incarne presque malgré lui le combat de David contre Goliath, celui du Sud contre le Nord, des dominés contre les dominants. C’est un combat qui dépasse le football », souligne Abdellah Tourabi, politologue et animateur de l’émission politique Confidences de presse sur 2M. Les mèmes faisant allusion au protectorat espagnol et au retour de l’Andalousie dans le giron marocain fleurissent d’ailleurs un peu partout sur la Toile.

Depuis son ouverture, la Coupe du monde 2022 a apporté son lot de surprises : la qualification du Sénégal en 8e de finale, une première depuis 20 ansla victoire de l’Arabie saoudite sur l’Argentinecelle du Cameroun sur le Brésil ou encore celle du royaume contre la Belgique (pourtant deuxième au classement Fifa), sans oublier celle de la Tunisie sur les Bleus de Didier Deschamps. De quoi nourrir le rêve d’un « nouvel ordre footballistique mondial », si ce n’est un nouvel ordre géopolitique. Pour la première fois depuis très longtemps, les Marocains croient fermement en leur chance de remporter la Coupe du monde.

Nouvel ordre mondial ?

Pourtant, le monde entier est un peu allé au Qatar en traînant des pieds. Quelques semaines avant le lancement de l’événement, plusieurs ONG et chancelleries occidentales ont appelé au boycott de cette grand-messe, dénonçant le non-respect des droits humains, l’ultra-conservatisme de la société qatarie, le coût écologique et financier exorbitant de l’événement. Or cela n’a trouvé que peu d’échos en Asie, en Amérique latine, en Afrique et dans le monde arabe. Au contraire, des milliers d’internautes ont à leur tour critiqué l’hypocrisie des pays occidentaux – qui ont largement contribué à ce que la Coupe du monde soit organisée au Qatar –, et dénoncé ce qu’ils estiment être un énième cas d’« arab-bashing ».

« Ce Mondial a été attribué au Qatar en connaissance de cause, certains aspects étaient bien connus et mettront de toute façon du temps à être résorbés. Au final, cette campagne de boycott a fait plouf et les opinions publiques arabes, africaines, même asiatiques, se sont retournées contre elle. De son côté, le Qatar a su y répondre par les faits, les actes : une organisation impeccable, une ambiance très festive », affirme le mordu de foot et responsable politique Nabil Benabdellah, entre deux vols pour le Qatar.

Envolées lyriques

Pour l’économiste franco-marocain, Abdelghani Youmni, galvanisé par les événements, le Mondial 2022 est un marqueur de renaissance pour le Maroc. « Le royaume a définitivement enterré le complexe d’ancienne nation colonisée, il ne veut plus être aligné, mais partenaire : le Maroc ne rentre pas dans l’histoire mais il y retourne », affirme-t-il.

Pour la première fois depuis longtemps, le sélectionneur des Lions de l’Atlas, Walid Regragui, est marocain. Et chacune de ses prises de parole, même s’il s’en défend, semble éminemment politique. Face à la presse avant le match Maroc-Canada, il a déclaré : « Nous, au départ, sans faire de politique, on va déjà parler football et on défend le Maroc et les Marocains. C’est la première des choses. Ensuite, forcément, on est aussi Africains et c’est la priorité. »

Quelques semaines auparavant, il annonçait déjà vouloir « changer les mentalités africaines » et vantait les mérites de son équipe, « une nouvelle génération, une nouvelle mentalité », qui dit « stop à la négativité du passé ». Prières sur la pelouse, louanges à dieu après la victoire contre le Canada, drapeau palestinien brandi par Jawad el Yamiq, les joueurs eux-même font très attention aux symboles.

Historiquement, le foot a toujours eu un fort impact dans le royaume. Les paroles de l’hymne national n’ont été écrites qu’en 1969, après que le pays a été qualifié pour la Coupe du monde organisée l’année suivante. Plus tôt, en 1958, la Fifa avait exclu et sanctionné le Maroc car il avait disputé un match avec le Front de libération nationale (FLN) pour soutenir l’Algérie dans sa lutte contre le colonialisme.

À la veille du match Maroc-Espagne, les pays arabes soutiennent bec et ongles le royaume. Un micro-trottoir réalisé en Algérie, et vu par 2 millions d’internautes, montre que la rue algérienne est elle aussi derrière le Maroc, car c’est un pays « arabe et musulman ». « Finalement, cette coupe ressuscite une idée qu’on croyait morte : le panarabisme », abonde Abdellah Tourabi.

Soft power

Du côté de Rabat, la Coupe du monde est scrutée avec la plus grande attention. Ancien joueur professionnel dans sa jeunesse, le chef du gouvernement Aziz Akhannouch n’aurait manqué les matchs de l’équipe nationale sous aucun prétexte. Le 1er décembre, le chef de la diplomatie marocaine, Nasser Bourita, le patron de la sécurité intérieure (DGSN-DGST), Abdellatif Hammouchi, ainsi que le directeur des renseignements extérieurs (DGED) Yassine Mansouri, ont assisté au match Maroc-Canada au stade Al Thumama, à Doha. Juste avant la rencontre, ces trois personnalités avaient été reçues par l’émir du Qatar, Tamim Ben Hamad Al Thani.

Plusieurs photos inédites ayant circulé sur les réseaux sociaux ont montré le ministre des Affaires étrangères, connu pour sa retenue et son flegme, en train de siffler, crier, sauter, applaudir et encourager son équipe jusqu’au coup de sifflet final. « Le ministre n’a pas fait ça par hasard, il contrôle totalement son image, le moindre de ses faits et gestes, il a parfaitement conscience de l’impact politique et mobilisateur du football sur une nation. Il y a bien évidemment un coup à jouer en termes de soft power », estime une source au gouvernement.

« Le sport est une porte d’entrée pour déclencher une nouvelle donne politique, mais il faut savoir raison garder, la Coupe du monde ne va pas métamorphoser les équilibres mondiaux. Si les Lions vont plus loin, ce sera source de fierté nationale et ça aura un impact moral et probablement socio-économique sur le Maroc, comme en 1998 pour la France », souligne Nabil Benabdellah. Et le pays en a bien besoin : selon une récente note du Haut-Commissariat au Plan, le Maroc est revenu « au niveau de pauvreté et de vulnérabilité » de 2014, principalement à cause de la pandémie, de l’inflation et de la sécheresse.

L’autre impact de cette Coupe du monde rejaillira sûrement sur Fouzi Lekjaa, le président de la Fédération royale marocaine de football et ministre du Budget. « Il prend de plus en plus de pouvoir au sein du gouvernement, confie une source politique. Lekjaa est déjà indispensable, il tient les cordons de la bourse, tout passe par lui. Cette Coupe du monde va lui servir directement, quelle que soit l’issue pour les Lions, le crédit lui reviendra. »

Avec Jeune Afrique par Nina Kozlowski

Mondial : des violences éclatent à Bruxelles après le match Maroc-Belgique

novembre 27, 2022

Après la rencontre comptant pour la Coupe du monde 2022, une centaine de policiers belges ont essuyé des jets de projectiles ce dimanche.

Des dizaines de personnes s'en sont prises aux forces de l'ordre et au mobilier urbain.
Des dizaines de personnes s’en sont prises aux forces de l’ordre et au mobilier urbain.© Nicolas Maeterlinck/Belga/AFP

Des violences ont éclaté dimanche à Bruxelles après la victoire du Maroc contre la Belgique à la Coupe du monde de football, quelques « dizaines de personnes » s’en prenant à du mobilier urbain et aux forces de l’ordre, selon la police. Avant même la fin du match, en centre-ville, « des dizaines de personnes, dont une partie cagoulée, ont cherché la confrontation avec les forces de l’ordre, ce qui a compromis la sécurité publique », a annoncé la police dans un communiqué.

Elle a fait état de l’utilisation de matériel pyrotechnique, de lancers de projectiles, de manifestants armés de bâtons, d’un incendie sur la voie publique et de la destruction d’un feu de signalisation. « Un journaliste a été blessé au visage par des feux d’artifice », toujours selon la police, qui a alors décidé d’intervenir avec un canon à eau et des gaz lacrymogènes.

Arrestations administratives

Une centaine de policiers, qui ont essuyé des jets de projectiles, étaient mobilisés dans cette intervention. Les forces de l’ordre ont demandé aux habitants et supporteurs d’éviter certains quartiers du centre-ville. Des stations de métro ont été fermées et des rues bloquées pour limiter les attroupements. « Je condamne avec la plus grande fermeté les incidents de cet après-midi. La police est déjà intervenue fermement. Je déconseille donc aux supporteurs de venir dans le centre-ville. La police engage tous ses moyens pour maintenir l’ordre public », a réagi le bourgmestre de Bruxelles, Philippe Close, sur Twitter. « J’ai donné ordre à la police de procéder à des arrestations administratives des fauteurs de troubles », a-t-il ajouté.

Par Le Point avec AFP

Le Maroc vise la construction de drones militaires

novembre 13, 2022

Rabat cherche à développer une industrie militaire locale, notamment avec la fabrication de drones de renseignement et de combat.

Un drone civil utilisé par une start-up marocaine pour désinfecter une rue, à Harhoura, près de Rabat, le 23 avril 2020, en pleine épidémie de Covid-19. © AFP / FADEL SENNA

Le gouvernement marocain veut développer « certains secteurs de l’industrie militaire, notamment ceux des armes et des munitions, ainsi que la fabrication de drones capables de mener des opérations de renseignement, de surveillance et des attaques armées, en plus de la maintenance des avions militaires », a indiqué le ministre marocain chargé de l’administration de la Défense nationale, Abdellatif Loudyi, cité samedi dans un compte-rendu d’une réunion parlementaire autour du projet de budget alloué à la défense pour 2023.

M. Loudyi, qui n’a pas donné plus d’informations sur la nature de ces opérations, a affirmé qu’un projet de construction d’une usine de maintenance d’avions militaires a été confié à une entreprise internationale spécialisée dans la région de Benslimane (nord de Casablanca).

« Renforcer l’indépendance » du Maroc

Le ministre a par ailleurs souligné que le gouvernement a déjà adopté une loi ouvrant la voie à l’octroi de licences pour le développement d’industries militaires « pour renforcer l’indépendance » du royaume dans ce domaine.

Des médias marocains et israéliens ont fait état en novembre 2021 d’un contrat de 22 millions de dollars – non confirmé officiellement – entre Rabat et Israel Aerospace Industries (IAI), le premier groupe aéronautique public israélien, pour la livraison de « drones kamikazes ».

Israël et le Maroc ont normalisé leurs relations en décembre 2020 dans le cadre d’un processus de normalisation entre l’État hébreu et plusieurs pays arabes, soutenu par l’ex-administration américaine de Donald Trump.

Tensions avec l’Algérie

La normalisation des relations diplomatiques entre le Maroc et Israël – en contrepartie d’une reconnaissance américaine de la « souveraineté » marocaine sur le territoire disputé du Sahara occidental – a encore avivé les tensions avec l’Algérie, fervent soutien de la cause palestinienne.

Rabat utilise déjà des avions sans pilote à des fins de renseignement et de surveillance de ses frontières, selon des experts militaires marocains.

En avril dernier, un des chefs des indépendantistes sahraouis du Front Polisario aurait été tué à la suite d’une frappe de drone marocaine, selon certaines informations non confirmées officiellement.

Par Jeune Afrique (Avec AFP)

Ligue arabe : l’Algérie refuse de laisser l’absence de Mohammed VI gâcher « son » sommet

octobre 31, 2022

Le 1er novembre s’ouvre le 31e sommet de la Ligue arabe, sans le souverain marocain qui a finalement renoncé à y participer. En retrait depuis plusieurs années, Alger compte malgré tout faire son grand retour sur le devant de la scène diplomatique régionale.

Les drapeaux des pays de la Ligue arabe au CIC qui accueille le sommet des chefs d’État de la Ligue à Alger, le 1er novembre 2022. © Fethi Belaid / AFP

La dernière fois que l’Algérie a accueilli un sommet des chefs d’État arabes est si lointaine que peu d’Algériens s’en souviennent. C’était en mars 2005. À l’époque, le président Abdelaziz Bouteflika était au sommet de sa puissance – et en bonne santé – et l’Algérie tournait la page de la décennie noire. La Syrie de Bachar al-Assad était un pays stable et fréquentable, le colonel Kadhafi régnait en maître absolu de la Libye et, en Égypte et en Tunisie, Hosni Moubarak et Zine el-Abidine Ben Ali paraissaient promis à des règnes à perpétuité. Dix-sept ans après ce conclave durant lequel Bouteflika avait fait miroiter au roi Mohammed VI la possibilité de rouvrir leur frontière commune fermée depuis août 1994 avant de tourner casaque, l’Algérie accueille à nouveau, les 1er et 2 novembre, un sommet de la Ligue arabe dans un contexte national, régional et international totalement bouleversé.

Date particulière

À Alger, Abdelmadjid Tebboune a succédé au vieux président Bouteflika, chassé du pouvoir par le Hirak en 2019. Les printemps arabes ont emporté avec eux Moubarak, Ben Ali et Kadhafi, et aboli les présidences à vie. En guerre depuis dix ans, la Syrie est tombée dans les bras de la Russie et reste bannie de la Ligue arabe, tandis que la Libye peine à sortir du chaos dans lequel l’a plongée la chute du fantasque guide. L’ennemi juré, Israël, a normalisé des relations avec les monarchies du Golfe ainsi qu’avec le Maroc, dont les relations avec l’Algérie sont rompues depuis août 2021.

C’est dans ce contexte chamboulé que chefs d’État et monarques arabes se retrouvent ce 1er novembre à Alger, au somptueux Centre international des conférences (CIC) Abdelatif Rahal, situé dans la station balnéaire du Club des Pins. Que ce 31e sommet s’ouvre le jour où l’Algérie célèbre le 68e anniversaire du déclenchement de la guerre d’indépendance de 1954 contribue à conférer à cet événement un caractère très particulier.

Retour de la diplomatie algérienne

Au-delà de l’ordre du jour, le premier enjeu de ce sommet est la participation des chefs d’État. Depuis des mois, les Algériens n’ont pas ménagé leurs efforts pour convaincre les dirigeants arabes de venir à Alger. Jamais depuis son retour à la tête de la diplomatie en juin 2020, Ramtane Lamamra n’a autant voyagé à travers le monde pour obtenir des accords de participation. « La présence de tous est indispensable afin de prendre des décisions nécessaires pour relancer la coopération entre les pays arabes », confiait le ministre à deux semaines de l’ouverture du sommet.

CERTAINES ABSENCES NE DOIVENT PAS OCCULTER LA FORTE PARTICIPATION

En dépit de l’absence du roi du Maroc, Mohammed VI, et de certains monarques du Golfe, comme celle de l’émir du Koweït ou encore du prince héritier saoudien Mohammad Ben Salman qui s’est excusé pour sa défection auprès du président Tebboune en invoquant des raisons de santé, les Algériens insistent sur le nombre de participants. « L’absence du prince saoudien n’est pas diplomatique, insiste un diplomate algérien. Elle a été comprise à Alger. De plus, l’émir du Qatar sera bien présent. Certaines absences ne doivent pas occulter la forte participation. »

Ce 31e sommet de la Ligue arabe marque sans conteste le retour de la diplomatie algérienne sur la scène internationale. C’est d’autant plus vrai que Bouteflika avait brillé par son absence à tous les sommets arabes et africains depuis qu’un AVC l’avait cloué sur un fauteuil roulant, en 2013. Une situation qui avait provoqué la paralysie – voire le délitement – de l’appareil diplomatique algérien. « L’ancien président du Sénat, Abdelkader Bensalah, qui représentait l’Algérie dans les grands rendez-vous internationaux pour pallier l’absence de Bouteflika, évitait même de rencontrer ses homologues étrangers, se rappelle un ancien ambassadeur. C’est dire combien l’effacement de notre diplomatie a réduit l’influence de l’Algérie sur la scène internationale. »

Premier grand rendez-vous

Si ce 31e sommet reste celui de la Ligue arabe, il n’en demeure pas moins qu’il est le sommet algérien du monde arabe, se plaisent à dire les Algériens. Il est d’abord le premier grand rendez-vous international auquel participe Abdelmadjid Tebboune. C’est que, depuis son élection en décembre 2019, le chef de l’État algérien a peu voyagé, aussi bien à l’étranger que dans le pays. « L’enjeu de ce sommet est aussi de reprendre la place laissée vide par la maladie, et l’éclipse de son prédécesseur », avance notre diplomate.

Ce 1er novembre, le président algérien pourra aussi mesurer le chemin parcouru depuis son accession au pouvoir. Le 1er novembre 2020, Tebboune était hospitalisé dans une clinique en Allemagne, où il avait été admis dans un état grave après avoir été contaminé au Covid-19. De son propre aveu, il doit la vie aux médecins allemands, auxquels il n’a pas manqué de manifester ses remerciements et sa gratitude. Une chose est sûre : ce 31e sommet de la Ligue arabe ne ressemblera pas aux autres.

Avec Jeune Afrique par Farid Alilat – Envoyé spécial à Alger 

France-Maroc : l’imam Iquioussen libéré en Belgique et placé sous surveillance électronique

octobre 28, 2022

Réclamé par la France, l’imam marocain vient d’être remis en liberté par la justice belge, qui refuse toujours de l’extrader. Mais l’intéressé devra porter un bracelet électronique.

L’imam marocain Hassan Iquioussen. © DR

L’imam Hassan Iquioussen, arrêté le 30 septembre près de Mons, fait l’objet d’une autorisation de libération en Belgique. Placé sous surveillance électronique, il devra résider chez un ami. Le parquet de Tournai, en Belgique, a confirmé à l’AFP l’information de BFMTV. « La détention sous bracelet a été accordée », a expliqué son avocat belge.

Âgé de 58 ans, le prédicateur et conférencier de nationalité marocaine fait l’objet d’une procédure d’expulsion en France depuis le 29 juillet. Son titre de séjour n’a pas été renouvelé. Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, avait justifié cette procédure, sur la chaîne de télévision CNews, le 4 août, en arguant que l’intéressé avait tenu « des propos ouvertement antisémites, ouvertement xénophobes, ouvertement homophobes, ouvertement anti-femmes ».

Fiché S par les services de renseignement français, le prédicateur se voit reprocher par l’arrêté d’expulsion « un discours prosélyte émaillé de propos incitant à la haine et à la discrimination et porteur d’une vision de l’islam contraires aux valeurs de la République ».

Mandat d’arrêt « juridiquement infondé »

Après une cavale de plusieurs semaines en Belgique, afin d’éviter son interpellation par la police française et son expulsion vers le Maroc – qui avait initialement délivré un laissez-passer consulaire avant de revenir sur sa décision –, Hassan Iquioussen a été arrêté et placé en détention à la prison de Tournai.

La chambre du conseil de Tournai a refusé, le 21 octobre, de remettre le prédicateur aux autorités françaises. Le mandat d’arrêt européen lancé par une juge de Valenciennes à son encontre, lors de son départ de France, a été jugé juridiquement infondé. La défense de l’imam contestait en effet l’infraction reprochée de « soustraction à l’exécution d’une mesure d’éloignement ».

« Ni le droit ni les autorités de poursuite ne peuvent être instrumentalisés à des fins politiques, il fallait peut-être la Belgique pour le rappeler », a tweeté l’avocate française de l’imam, Maître Lucie Simon. Le parquet a fait appel de la décision.

Le même jour, le prédicateur a annoncé porter plainte contre le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, pour diffamation publique. Le locataire de la place Beauvau s’est exprimé plusieurs fois à ce sujet, déclarant notamment le 2 septembre qu’Hassan Iquioussen était « un délinquant, un fuyard et un séparatiste ».

Avec Jeune Afrique par Jeanne Le Bihan