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Maroc-Israël : le premier vol en provenance de Tel-Aviv atterrit à Rabat

décembre 22, 2020
La délégation américano-israélienne conduite par le conseiller du président Donald Trump, Jared Kushner, et le conseiller à la sécurité nationale d’Israël, Meier Ben Shabbat, à son arrivée  à l’aéroport de Rabat-Salé ce 22 décembre. 

Dix jours après la reconnaissance par le président Trump de la souveraineté marocaine sur le Sahara, une délégation américano-israélienne menée par son conseiller spécial Jared Kushner est arrivée au royaume à bord d’un avion de la compagnie El Al.

Le vol LY555 a décollé à 9h30 de l’aéroport Ben-Gourion de Tel-Aviv et a atterri à Rabat un peu avant 15 heures. À son bord, de hauts responsables américains et israéliens, menés par le conseiller spécial et gendre du président Trump, Jared Kushner. Une visite qui intervient un peu plus de dix jours après la proclamation présidentielle américaine reconnaissant la souveraineté marocaine sur le Sahara, et la décision de Mohammed VI de rétablir des relations diplomatiques avec Israël.

Ce premier vol commercial et officiel entre les deux pays est chargé de symboles. Arborant les drapeaux marocain, israélien et américain, le vol a reçu le numéro LY555. Un choix qui n’est pas anodin, le chiffre 5 (hamsa en hébreu, khamsa en arabe) permettant, selon les croyances traditionnelles au Maroc comme au sein de la diaspora juive marocaine vivant en Israël, de se protéger du mauvais œil, le plus souvent par le biais d’une Khmissa (les cinq doigts de la main), comme celle qui orne l’avion qui a transporté la délégation israélo-américaine.

Le lieu de l’arrivée est également hautement symbolique. Ce n’est pas à l’aéroport Mohammed V de Casablanca, capitale économique du royaume, que la délégation israélo-américaine a atterri, mais à Rabat. Ce qui donne au voyage un caractère (très) officiel, confirmant la reprise des relations diplomatiques et des liaisons aériennes directes annoncée le 10 décembre par le président Trump et le communiqué du cabinet royal.

Le choix de Rabat relève aussi de considérations pratiques. Le programme de la visite se déroulant dans la capitale, entre le mausolée Mohammed V, le Palais royal, la primature et le ministère des Affaires étrangères, tous situés dans la capitale administrative.

Un jour très spécial

Composée de plusieurs hauts responsables américains et israéliens, la délégation est menée par le gendre et Haut Conseiller du président Trump, Jared Kushner, architecte de ce rapprochement entre Tel-Aviv et Rabat. Ce dernier est accompagné, côté américain, par le patron de l’US International Economic Development Corporation (IEDC) et, côté israélien, par Meir Ben Shabbat, conseiller à la sécurité nationale d’Israël et chef d’état-major pour la sécurité nationale, ainsi que par Haim Regev, chef d’état-major adjoint.

À son arrivée à l’aéroport de Rabat, la délégation a été accueillie par des officiels locaux, dont Mohamed Yacoubi, le wali de Rabat-Salé-Kénitra, et le président de la région Rabat-Salé-Kénitra, Abdelsamad Sekkal.

LES IMAGES REPRISES EN DIRECT PAR LES CHAÎNES TÉLÉVISÉES MAROCAINES ET ISRAÉLIENNES SONT HISTORIQUES ET RESTERONT DANS LES ANNALES

Si les poignées de mains ne sont pas au rendez-vous, Covid oblige, les images reprises en direct par les chaînes télévisées marocaines et israéliennes sont historiques et resteront dans les annales. On y voit notamment Meir Ben Shabbat, tout sourires à l’occasion de cet évènement qui, selon ses propres mots, revêt une grande valeur.

Dans un entretien accordé au journal marocain arabophone Al Ahdat Al Maghribiya, le conseiller à la sécurité nationale d’Israël et chef d’état-major, dont les parents sont d’origine marocaine, a souligné que ce vol constituait pour lui un évènement très spécial. Au-delà de sa dimension diplomatique, il a aussi une valeur sentimentale car son père, le grand rabbin Makhlouf Khalifa, sa mère, Aziza, ainsi que ses frères aînés sont nés au Maroc. Cette spécificité, souligne-t-il, lui a permis de grandir avec les histoires de cette famille qui a vécu dans le royaume dans la paix, la prospérité et le bonheur et qui n’a jamais cessé de glorifier son pays d’origine. Comme le million (ou presque) d’Israéliens d’origine marocaine vivant en Israël qui, malgré la distance et les vicissitudes diplomatiques et politiques, ont gardé des liens très forts avec leur pays d’origine.

Avant même la réactivation des canaux diplomatiques, actuellement à l’ordre du jour, plus de 70 000 Marocains de la diaspora juive visitaient le royaume tous les ans. L’ouverture de vols directs fera passer ce nombre à au moins 200 000 touristes, selon la ministre marocaine du Tourisme et du Transport aérien, Nadia Fettah.

Des annonces diplomatiques et économiques attendues

Selon le programme convenu, la délégation restera au Maroc une journée et retournera en Israël mercredi midi au plus tard. Si le programme officiel de la visite n’est pas encore communiqué, plusieurs sources médiatiques israéliennes et marocaines évoquent d’abord une visite au mausolée Mohammed V, où sont enterrés les rois Mohammed V et Hassan II. Deux rois qui comptent beaucoup dans l’imaginaire judéo-marocain : le premier a été celui qui a protégé la communauté juive marocaine contre le régime français de Vichy lors de Seconde Guerre mondiale. Le second, lui, a été tout au long de son règne l’intermédiaire de la paix entre Israéliens et Palestiniens.

LA DÉLÉGATION SE RECUEILLERA AINSI SUR LA TOMBE DU PÈRE ET DU GRAND-PÈRE DE ROI MOHAMMED VI, AVANT D’ÊTRE ACCUEILLIE PAR LE SOUVERAIN

La délégation se recueillera ainsi sur la tombe du père et du grand-père de roi Mohammed VI, avant d’être accueillie par le souverain au Palais royal de Rabat où un dîner sera offert en son honneur. Une information relatée par une dépêche de Reuters, citant le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.

La délégation a prévu également une série de réunions officielles avec des responsables marocains, dont une rencontre entre Meir Ben Shabbat et le chef du gouvernement islamiste, Saadeddine El Othmani, Rencontre qui se tiendra selon nos sources au siège de la primature, attenant au Palais royal.

Au-delà de la symbolique de ce premier vol commercial entre Tel-Aviv et Rabat et de la réception officielle de hauts responsables israéliens par les plus hautes autorités du royaume, cette visite sera l’occasion de signer plusieurs partenariats et accords dans les domaines diplomatique, politique, sécuritaire et surtout économique.

Une annonce officielle de la réouverture de canaux diplomatiques entre les deux pays – les bureaux de liaisons sont fermés depuis 2002 –, sera à l’ordre du jour, selon nos sources.

Cette visite « historique », comme la qualifie Jared Kushner, vient ainsi consacrer de manière officielle les annonces faites le 10 décembre dernier par le président américain Donald Trump et le cabinet royal sur la réactivation des liens diplomatiques entre le Maroc et Israël.

Elle sera aussi l’occasion pour les États-Unis de confirmer de manière solennelle leur reconnaissance de la souveraineté du Maroc sur le Sahara. L’essentiel des annonces économiques, côté américain, porteront, selon les premiers éléments dont nous disposons, sur des investissements qui seront réalisés dans les provinces du Sud. Des investissements qui seront chapeautés par le futur consulat américain qui ouvrira à Dakhla…

Avec Jeune Afrique par Fadwa Islah

Covid-19 : le Maroc, premier pays au monde à lancer une campagne de vaccination nationale

novembre 10, 2020

Selon les instructions de Mohammed VI transmises le 9 novembre, la campagne de vaccination doit atteindre d’ici fin mars l’ensemble de la population âgée de plus de 18 ans.

Alors que le spectre d’un nouveau confinement plane sur le royaume depuis quelques semaines, vu le nombre affolant des contaminations, voilà que Mohammed VI prend tout le monde de court en annonçant le lancement imminent d’une campagne de vaccination. « Sa Majesté le Roi a donné Ses Hautes Orientations en vue du lancement, dans les prochaines semaines, d’une opération massive de vaccination contre le Covid-19 », souligne un communiqué du cabinet royal.

En présence de la task-force constituée de conseillers royaux et de membres du gouvernement, Mohammed VI a présidé, dans la soirée du lundi 9 novembre, une séance de travail consacrée à cette stratégie de vaccination contre le Covid-19.

Task-force royale

La réunion a notamment rassemblé le conseiller personnel du roi Fouad Ali El Himma, le chef du gouvernement Saâdeddine El Othmani, le ministre de l’Intérieur Abdelouafi Laftit, le ministre des Affaires étrangères Nasser Bourita, le ministre de la Santé Khalid Aït Taleb, l’inspecteur général des Forces armées royales le général Abdelfattah Louarak, le commandant de la gendarmerie royale Mohamed Haramou, le directeur de la DGSN Abdellatif Hammouchi, sur la base de l’avis rendu par le comité national scientifique.

SELON LES RÉSULTATS DES ÉTUDES CLINIQUES, LA SÉCURITÉ, L’EFFICACITÉ ET L’IMMUNOGÉNICITÉ DU VACCIN ONT ÉTÉ PROUVÉES

« Selon les résultats des études cliniques déjà achevées ou toujours en cours, la sécurité, l’efficacité et l’immunogénicité du vaccin ont été prouvées », rassure le communiqué émis par le cabinet royal. Pas moins de 600 « beta-testers » marocains ont pris part à des tests cliniques qui ont démarré en août dernier au CHU Ibn Rochd de Casablanca et au CHU Avicenne de Rabat.

Les résultats  de ces études doivent être communiqués le 15 novembre. Le vaccin a par ailleurs été testé sur près d’un million de personnes à travers le monde, notamment au Brésil, en Argentine et en Égypte.

« Le démarrage de cette campagne de vaccination pourrait intervenir dès la semaine prochaine », nous confie une source proche du département de la Santé. Elle devrait s’effectuer en deux phases, comme l’a d’ailleurs précisé le cabinet royal.

« La priorité sera donnée aux personnels de première ligne, en l’occurrence, le personnel de Santé, les autorités publiques, les forces de sécurité et le personnel de l’éducation nationale », indique le communiqué.

Priorité aux plus vulnérables

Cette première étape devrait se dérouler sur un mois avant d’élargir la vaccination à toute la population, en accordant néanmoins la priorité aux personnes âgées et à celles qui sont les plus vulnérables au virus. « Si l’on démarre dès ce mois de novembre, on pourrait vacciner et immuniser l’ensemble de la population âgée de plus de 18 ans d’ici mars », nous indique notre source. La vaccination se fera en deux injections, à 21 jours d’intervalle.

Pour l’heure, aucune annonce n’a été faite quant aux quantités de vaccin devant être livrées au Maroc. Mais certaines sources évoquent une première commande de 5 millions de doses qui devrait parvenir au royaume dans les prochains jours.

L’ANNONCE ROYALE RASSURE QUANT À LA CAPACITÉ DU MAROC À SE POSITIONNER DANS CETTE COURSE MONDIALE À L’ACQUISITION DE VACCINS

Quoi qu’il en soit, l’annonce royale rassure quant à la capacité du pays à se positionner dans cette course mondiale à l’acquisition de vaccins : 51 % des commandes sont destinées à 13% seulement de la population mondiale.

Le Maroc certifie avoir obtenu de Sinopharm le droit de produire lui-même le vaccin puis de l’exporter vers d’autres pays du continent. Le royaume est aussi en négociation avec Astra Zeneca, Pfizer, Johnson & Johnson et CanSino Biologics pour se procurer des vaccins.

L’annonce marocaine est concomitante avec celle de Pfizer et BioNTech, qui ont communiqué ce lundi sur leur vaccin « efficace à 90 % » et pour lequel ils vont demander une autorisation d’utilisation d’urgence aux États-Unis. De toute évidence, la course entre laboratoires pour le vaccin est ardue.

Parallèlement, toujours hier, le Brésil a suspendu les tests sur un autre vaccin chinois, le CoronaVac de Sinovac, après un « incident grave ». Le laboratoire nie néanmoins tout lien entre l’incident et son vaccin.

Par ailleurs, l’OMS et GAVI ont lancé cet été l’initiative COVAX, à laquelle l’Afrique est associée. L’objectif ? Distribuer les vaccins – quand ils seront validés – à tous les pays de manière équitable (au prorata de la population).

Avec Jeune Afrique par Fahd Iraqi

Maroc : l’hôpital public au bord de la crise de nerfs

octobre 21, 2020
Sous pression en raison de la pandémie de Covid-19, les médecins du secteur public dénoncent leurs conditions de travail.

Alors que la crise sanitaire met le secteur sous tension, le gouvernement doit faire face à une grogne croissante des médecins.

Le temps où le Maroc se targuait de sa gestion exemplaire de la crise sanitaire du Covid-19 semble bien révolu. Depuis fin juillet, la pandémie a pris une nouvelle ampleur et fait des ravages : les cas recensés atteignent chaque semaine des records (plus de 175 000 cas cumulés) et les décès se comptent désormais par dizaines quotidiennement (près de 2500 en tout).

Et les perspectives sont loin d’être rassurantes : une dernière étude du Haut commissariat au plan (HCP) anticipe jusqu’à 500 000 cas d’ici mars prochain. Surtout, l’organisme s’alarme de « la saturation » du système sanitaire national si le cap des 31 000 cas actifs est atteint. Alarmant, sachant qu’on en compte déjà 26 000 actuellement.

Alors que la situation épidémique est préoccupante, les tensions entre les médecins du public et le gouvernement reprennent de plus belle. Après la trêve annoncée au début de la crise sanitaire, le Syndicat indépendant des médecins du secteur public (SIMSP) déterre la hache de guerre : une grève nationale de 48 heures est prévue à partir du 4 novembre, avec l’organisation de sit-in simultanés aux quatre coins du pays.

Ce débrayage devrait néanmoins épargner les urgences, ainsi que les services de réanimation où sont déjà actuellement admis 540 patients atteints du Covid-19.

Revendications

« Nos revendications sont toujours les mêmes depuis des années : l’amélioration de la situation financière des médecins ainsi que leurs conditions du travail », synthétise Abdellah El Montadar Alaoui, secrétaire général du SIMSP. Comme ses collègues de l’hôpital public, il se dit déçu de voir les autorités de tutelle renier leurs engagements.

Le 6 août dernier, le ministre de la Santé — qui recevait pour la première fois ce syndicat — répondait favorablement à l’une de ses principales revendications. Khalid Aït Taleb s’est engagé via un communiqué de presse à ajuster « dans les plus brefs délais » les salaires des médecins sur l’indice 509 de la grille salariale de la fonction publique.

Une injustice qui aurait du être réparée il y a bien longtemps, sachant qu’un médecin généraliste est rémunéré actuellement au même échelon qu’un titulaire de master (indice 336), alors qu’avec leur bac+8, les médecins peuvent prétendre au statut de docteur (échelon 509).

LE GOUVERNEMENT TOURNE LE DOS AU CORPS MÉDICAL, QUI SE RETROUVE OTAGE DE CALCULS POLITICIENS

« Plusieurs semaines après que le ministre nous a assuré que cette revendication est juste et acquise, aucune mesure n’a été prise », assure Abdellah El Montadar Alaoui. « Le gouvernement tourne le dos au corps médical, qui se retrouve otage de calculs politiciens ou de guerres intestines au sein de la majorité ».

Résultat, le bureau national du SIMSP a décidé de relancer le mouvement de contestation, suspendu depuis le déclenchement de la crise sanitaire. Concrètement, les médecins ont décidé de remettre les blouses noires ornées du brassard 509 et d’entamer des sit-in devant le parlement ainsi que des veillées devant les ministères de la Santé et des Finances.

Les médecins brandissent même à nouveau le spectre des démissions collectives. « Si le gouvernement ne veut pas nous assurer de bonnes conditions pour travailler, qu’il nous libère alors. Nous ne pouvons plus rester otage de ce système sanitaire défaillant, tout en devant le justifier auprès des citoyens », s’insurge le syndicaliste. Pendant ce temps, le département de la Santé continue de faire la sourde oreille.

Avec Jeune Afrique par Fahd Iraqi

Coronavirus : le Maroc isole huit villes, dont Marrakech

juillet 26, 2020

Les autorités marocaines ont décidé d’interdire à partir de lundi les déplacements de et vers huit villes du pays dont Casablanca, Marrakech et Tanger, à cause d’une «hausse considérable» ces derniers jours des cas de contamination au coronavirus.

Cette décision annoncée ce dimanche 26 juillet intervient à quelques jours de l’Aïd al-Adha, une fête traditionnellement marquée par des réunions familiales. Elle entre en vigueur lundi jusqu’à nouvel ordre, selon un communiqué conjoint des ministères de l’Intérieur et de la Santé.

L’interdiction des déplacements a été prise «en raison de la hausse considérable des cas de contamination» à la maladie Covid-19 et «au regard du non-respect par la majorité des citoyens des mesures de prévention -distanciation sociale, port du masque-», selon le texte.

Elle concerne huit villes, dont la capitale économique Casablanca (ouest), la capitale touristique Marrakech (sud), Tanger (nord), le deuxième pôle économique du royaume, et Fès (centre).

20.278 cas, 313 décès

Le Maroc avait annoncé il y a une semaine un nouvel allègement des mesures de confinement mais les derniers jours ont été marqués par des cas record de contamination: 811 samedi et 633 dimanche. Le nombre total des cas officiellement enregistrés dans le pays est de 20.278, dont 313 décès.

Samedi, le ministre de la santé Khalid Ait Taleb a appelé à «éviter les visites inutiles et les contacts physiques et à veiller au respect des mesures de prévention lors des rassemblements familiaux» pendant l’Aïd al-Adha, la fête musulmane du sacrifice prévue cette année à partir du 31 juillet.

Le ministère de l’Intérieur a noté un «relâchement de certains individus» dans le port du masque obligatoire au Maroc, affirmant dans un communiqué que les autorités «n’hésiteront pas à appliquer les sanctions prévues par la loi». Les peines vont jusqu’à trois mois de prison et/ou jusqu’à 1.300 dirhams d’amende (115 euros).

Le Maroc autorise depuis juin l’ouverture des cafés, restaurants, commerces et le tourisme intérieur mais l’état d’urgence sanitaire a été prolongé jusqu’au 10 août.

Par Le Figaro avec AFP

Coronavirus/Maroc: interdiction de quitter Tanger pendant l’Aïd al-Adha

juillet 23, 2020

 

Les autorités marocaines ont décidé d’interdire les déplacements hors de la ville de Tanger pendant l’Aïd al-Adha, fête traditionnellement marquée par des réunions familiales, pour réduire les risques de contagion au nouveau coronavirus. Selon une note de la confédération patronale (CGEM) publiée jeudi 23 juillet, «les opérateurs économiques ont été informés qu’il serait strictement interdit de quitter la ville de Tanger (nord-ouest) pendant la période de l’Aïd al-Adha», la fête du Sacrifice prévue cette année à partir de fin juillet.

Il a donc été demandé aux entreprises locales de ne pas délivrer d’autorisation de circulation à leurs employés pour cette période, précise la note diffusée après une réunion à la préfecture locale. Après l’apparition de nouveaux foyers de contamination de la maladie Covid-19, les autorités avaient annoncé le 13 juillet un reconfinement sévère dans le grand port de Tanger (environ un million d’habitants), avant d’assouplir les mesures face aux protestations de la population.

18.000 contamination pour 285 décès

La région de Tanger est celle qui compte le plus de cas actifs au Maroc. Selon le dernier bilan du ministère de la Santé, environ 18.000 contaminations ont été recensées dans l’ensemble du pays, dont 285 décès. Plusieurs foyers de contamination ont été en outre enregistrés ces dernières semaines dans les zones industrielles du royaume. Pour tenter de juguler la pandémie, les autorités ont déjà fermé 514 unités de production pour «non respect des mesures sanitaires», selon les derniers chiffres officiels.

Dimanche, le chef du gouvernement Saad-Eddine El Othmani a appelé la population à limiter ses déplacements pendant l’Aïd afin de «célébrer la fête sans danger et sans contamination». Après trois mois de confinement, sous haute surveillance policière, un certain relâchement face aux mesures préventives -port du masque, distanciation physique- est apparu dans plusieurs villes du Maroc malgré les avertissements répétés des autorités, selon les médias locaux.

Par Le Figaro avec AFP

Dix choses à savoir sur… Moncef Slaoui, le chercheur marocain recruté par Trump

mai 22, 2020

Le chercheur d'origine marocaine Moncef Slaoui, à Washington le 15 mai.

Le chercheur d’origine marocaine Moncef Slaoui, à Washington le 15 mai. © © SAMUEL CORUM/The New York Times-REDUX-REA 

Chercheur en immunologie originaire du Maroc, Moncef Slaoui s’est vu confier par le président américain Donald Trump la direction scientifique d’un ambitieux programme. Son objectif ? Trouver un vaccin contre le coronavirus.

1. Sauveur de l’Amérique ?
C’est à cet homme de 60 ans, détenteur de la triple nationalité maroco-belgo-américaine, que Donald Trump vient de confier la direction scientifique de l’opération « Warp Speed ». Son but ? Développer rapidement un vaccin contre le coronavirus afin que des millions de doses soient disponibles avant la fin de l’année.

2. Millionnaire
Après près de trente années de carrière au sein du groupe pharmaceutique GSK, il entre au conseil d’administration de Moderna en 2017. Cette société mène aujourd’hui des essais cliniques sur un vaccin  contre le coronavirus. Pour éviter tout conflit d’intérêts, il a donc été contraint de vendre les 156 000 stock-options de Moderna qu’il détenait encore, pour plus de 10 millions de dollars.

3. Mentor et concurrent
Chez GSK, il présidait le département vaccins – un poste auparavant occupé par Jean Stéphenne, son mentor –, avant de devenir le numéro deux du groupe. Figure du monde pharmaceutique, Stéphenne dirige actuellement CureVac, un laboratoire allemand qui cherche également un vaccin contre le coronavirus.

4. Super-chercheur
Natif d’Agadir, il assiste, enfant, au décès de sa sœur, qui a succombé à la coqueluche. C’est à ce moment-là que naît sa vocation. Son palmarès en recherche et développement est impressionnant : il a contribué au développement de quatorze vaccins, y compris contre le cancer de l’utérus ou la gastro-entérite infantile à rotavirus.

5. Histoire belge
Après avoir obtenu son bac au lycée Mohammed-V, à Casablanca, il rate son inscription à la faculté en France et doit se résoudre à rejoindre l’Université libre de Bruxelles (ULB). Il pense alors n’y rester qu’une année, mais il achèvera finalement ses études dans le pays et obtiendra la nationalité belge.

S’il trouvait un vaccin contre le Covid-19, le prix Nobel de médecine lui serait tout destiné en 2021.

6. Espoirs déçus
En 1986, il tente de revenir s’installer au Maroc, mais les facultés de médecine de Rabat et de Casablanca se montrent peu intéressées par sa spécialisation en immunologie et en biologie moléculaire. Dès lors, il comprend que sa place est ailleurs.

7. Solidarité
De retour en Belgique, il ne rompt pas les liens avec son pays d’origine. Les nombreux étudiants marocains de médecine de l’ULB se souviennent de ce jeune docteur brillant et avenant qui leur a rendu de nombreux services.

8. Virus de l’amour
À la fin des années 1990, alors qu’il est professeur d’université en Belgique, il décide de suivre aux États-Unis la virologue qui deviendra son épouse, Kristen Belmonte (elle a été recrutée outre-Atlantique pour travailler sur un vaccin contre le sida). Les premières années, il en profite pour approfondir ses études post-doctorales à l’université de Harvard puis à Boston.

9. Une pointure
Chercheur de renom, il compte une centaine d’articles et de présentations scientifiques à son actif. Il est également membre de plusieurs conseils d’administration et des comités consultatifs de différentes fondations s’intéressant à la recherche médicale. Parmi elles, le National Institutes of Health américain.

10. Futur Prix Nobel ?
En 2016, le magazine Fortune le plaçait déjà au 29e rang de son top 50 des « personnalités qui changent le monde ». En 2021, le prix Nobel de médecine lui serait tout destiné s’il parvenait à être le premier à mettre au point un vaccin contre le coronavirus.

Avec Jeune Afrique par Fahd Iraqi – à Rabat

Maroc: le port du masque devient «obligatoire»

avril 7, 2020

Le port du masque devient obligatoire «à partir de mardi pour l’ensemble des personnes autorisées à se déplacer» pendant le confinement décrété par le Maroc, a annoncé un communiqué officiel publié lundi soir. La décision a été annoncée à l’issue d’une réunion du conseil du gouvernement pour un meilleur contrôle de l’épidémie.

Le Maroc a instauré le 19 mars un «état d’urgence sanitaire», avec un confinement total et obligatoire pour tous, sauf pour ceux disposant d’un permis de circuler dérogatoire pour se rendre à leur travail. Des policiers, des agents de sécurité et des militaires appuyés par des blindés ont été déployées partout dans tout le pays, avec de fréquents barrages de contrôles sur les routes et dans les villes. Mais la consigne est difficilement appliquées dans les quartiers populaires et pauvres, très densément peuplés où les familles s’entassent dans des surfaces réduites.

Le nombre de cas officiellement déclarés au Maroc a doublé en moins d’une semaine, à 1.120 lundi après midi, dont 80 décès et 81 rémissions. Ces chiffres doivent être analysés en tenant compte du faible nombre de tests menés -un peu moins de 4.000 depuis le début de la pandémie. Les autorités ont annoncé la semaine dernière avoir commandé 100.000 tests de «dépistage rapides» pour élargir la détection précoce, conformément aux conseils de l’OMS.

Ceux qui ne portent pas de masques sont soumis aux mêmes sanctions prévues pour les infractions aux mesures exceptionnelles: un à trois mois de prison, amende de 1300 DH (115 euros). Depuis le 19 mars, un total de 8.612 personnes ont été arrêtées et poursuivies pour défaut de permis, transport clandestin de personnes, violation du confinement ou vente de produits frauduleux, selon un récent bilan officiel.

Les masques sanitaires qui sont produits par des industriels locaux qui ont adapté leur production à la crise sanitaire seront vendus 80 cts l’unité (environ 7 cts d’euros), avec des subventions du Fonds spécial d’urgence abondé par l’Etat et par des donations, précise le communiqué. Des supermarchés ont commencé à en vendre dimanche mais les stocks étaient déjà épuisés lundi après-midi dans certains magasins de Rabat.

Le Maroc, qui compte 35 millions d’habitants, dispose d’une capacité d’accueil des malades potentiels de «1.642 lits de réanimation» dans le public et le privé.

Par Le Figaro avec AFP

Coronavirus : le Maroc réquisitionne tous les stocks de chloroquine produits par le pays

mars 23, 2020

Un policier ordonne aux habitants de Rabat de rester chez eux, le 22 mars 2020.

Un policier ordonne aux habitants de Rabat de rester chez eux, le 22 mars 2020. © Mosa’ab Elshamy/AP/SIPA

 

Alors que se multiplient les essais cliniques pour trouver un remède contre le Covid-19, les autorités sanitaires du royaume ont acheté à Sanofi Maroc tous les stocks des médicaments à base de chloroquine.

Nivaquine, Plaquenil… Tous les Marocains entendent désormais parler de ces deux antipaludéens, dont l’usage était jusque-là réservé à la minorité qui voyageait vers l’Afrique subsaharienne. Ces médicaments à base la chloroquine sont jugés, depuis quelques jours, comme prometteurs dans le traitement du Covid-19. Y compris par Washington, d’où Donald Trump a annoncé le 19 mars que les États-Unis allaient « rendre ce médicament disponible quasiment immédiatement. »

En Chine, une vingtaine d’essais cliniques sont en cours pour explorer l’efficacité de la molécule chez des patients affectés par le coronavirus. La Belgique soigne d’ores et déjà ses malades à la chloroquine. Et en France, la première étude clinique lancée par le professeur marseillais Didier Raoult, directeur de l’IHU Méditerranée Infection, a ouvert la voie à de nouveaux essais plus institutionnels et de plus grande ampleur.

Réquisitions

En Tunisie, une enveloppe de 2,5 millions de dinars – 800 000 euros – est allouée à des recherches sur l’usage de la molécule dans le traitement du Covid-19. Le ministre de la Santé, Abdellatif Mekki, en a autorisé l’usage de manière expérimentale dans les hôpitaux tunisiens.

Au Maroc aussi, la piste est prise très au sérieux. Au point que le ministère de la Santé a décidé de réquisitionner l’ensemble des stocks disponibles de Nivaquine et Plaquenil, fabriqués dans le site industriel de Sanofi Maroc à Casablanca.

« Sanofi Maroc à répondu favorablement à cette demande de mise à disposition l’intégralité de son stock actuel. L’approvisionnement ainsi que les conditions d’utilisation de ce produit seront du ressort exclusif du ministère de la Santé au Maroc », explique-t-on chez la filiale marocaine du groupe pharmaceutique français Sanofi. Celle-ci a tenu néanmoins de préciser que « le traitement du virus Covid-19 ne fait pas partie, à ce jour, des indications de la chloroquine ».

Avec Jeuneafrique par Fahd Iraqi 

 

Maroc : le ministre de l’Équipement, Abdelkader Amara, testé positif au Coronavirus

mars 16, 2020

Le ministre marocain de l'Équipement et du transport, Abdelkader Amara, le 24 mai 2019.

Le ministre marocain de l’Équipement et du transport, Abdelkader Amara, le 24 mai 2019. © Capture d’écran/ministère de l’Équipement et du transport

 

Quelques jours après son retour d’une mission officielle en Europe, le ministre de l’Équipement présentait des symptômes du nouveau Coronavirus. Avant d’être testé positif samedi, il a participé à un Conseil de gouvernement, où le cabinet Othmani se trouvait quasiment au complet.

Un premier cas de contamination au Coronavirus est enregistré au sein du personnel politique. Abdelkader Amara, ministre de l’Équipement et du Transport a été testé positif samedi 14 mars en début de soirée, portant à 18 le nombre de cas confirmé au royaume.

De retour d’Europe

Quelques heures plus tôt, le ministre appartenant au Parti justice et développement (PJD) s’était présenté aux services médicaux pour se soumettre aux examens d’usage, après avoir ressenti une fatigue anormale, accompagnée de maux de tête, alors qu’il venait de rentrer d’une mission officielle d’une semaine dans un pays européen.

Un communiqué du département de l’Équipement se veut rassurant quant à l’état de santé du responsable de 58 ans. « Étant donné que les symptômes présentés par le ministre sont légers et ne suscitent aucune inquiétude, et conformément aux instructions des médecins, le ministre demeurera chez lui durant 14 jours. » Avec sa femme et son fils, il se retrouve donc astreint à l’isolement et devrait donc assurer ses fonctions en télétravail.

Immédiatement après la confirmation de la contamination d’Abdelkader Amara qui avait pris part à un Conseil de gouvernement le jeudi 12 mars, tous ses collègues ministres ainsi que leurs conjoints ont effectué le test. Les résultats de ces tests n’ont pas encore été rendus publics.

Avec Jeuneafrique par Fahd Iraqi – à Casablanca

 

 

Coronavirus : le Maroc prend de nouvelles mesures drastiques

mars 14, 2020

Au poste frontière de Tarajal à Ceuta, vendredi 13 mars 2020.

Au poste frontière de Tarajal à Ceuta, vendredi 13 mars 2020. © Antonio Sempera/AP/Sipa

 

Le Maroc a annoncé samedi la suspension des liaisons aériennes avec l’Allemagne, les Pays-Bas, la Belgique et le Portugal. Tous les rassemblements publics de plus de 50 personnes ont également été interdits.

Le ministère des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger a annoncé, samedi 14 mars, « suspendre jusqu’à nouvel ordre, les vols en provenance et à destination de l’Allemagne, des Pays-Bas, de la Belgique et du Portugal », peut-on lire sur le site de l’agence officielle MAP.

Le Royaume avait déjà suspendu ses connexions aériennes et maritimes avec l’Italie, l’Espagne et la France.

Le Maroc a néanmoins autorisé des vols pour permettre aux ressortissants français de rentrer chez eux, a annoncé samedi Jean-Yves Le Drian, le chef de la diplomatie française.

Quelques milliers de touristes français sont bloqués, essentiellement à Marrakech et Agadir, depuis la suspension des vols vers la France et d’autres pays européens, selon une source diplomatique à Rabat citée par l’Agence France presse.

Afin de limiter la propagation du coronavirus sur le territoire, le ministère de l’Intérieur marocain a également interdit « tous les rassemblements publics auxquels prennent part plus de 50 personnes », selon la MAP.

Tous les événements et rencontres sportifs, culturels et artistiques ont été annulés jusqu’à nouvel ordre.

Vendredi 13 mars, les autorités sanitaires du pays ont déclaré un huitième cas de coronavirus.  Il s’agit d’une femme arrivée à Taroudant le deux mars dernier, en provenance de France. 

Parmi les cas déclarés au Maroc, on recense cinq ressortissants français, arrivés en ce mois de mars.

Les deux premiers cas de contamination sont des Marocains rentrés d’Italie, fin février, parmi lesquels, on déplore déjà un décès.

Avec Jeune Afrique