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Maroc : Mehdi Ben Barka, agent double ?

décembre 27, 2021
Mehdi Ben Barka (g.), avec le Premier ministre libyen après la conférence de Tanger (du 27 au 29 avril 1958). © Studio Kahia / Archives Jeune Afrique

L’ancien opposant marocain disparu en 1965 aurait été, selon le quotidien britannique « The Guardian », un espion à la solde de la Tchécoslovaquie, voire un agent double. Des révélations intéressantes mais pas nouvelles.

S’agit-il d’un nouveau rebondissement dans l’affaire Ben Barka ? Par tout à fait, dans la mesure où le quotidien anglais The Guardian, dans son édition du 26 décembre, ne fait que reprendre les travaux de Jan Koura, professeur assistant à la Charles University de Prague.

Source « extrêmement précieuse »

Ce dernier a mis la main sur une multitude de documents déclassifiés par la République tchèque. Il a publié la conclusion de ses travaux en novembre 2020 dans la revue Intelligence and National Security, mais ceux-ci sont passés assez inaperçus. Koura avait alors qualifié Ben Barka d’ « opportuniste jouant à un jeu très dangereux ».

Ces nombreuses archives indiquent que l’opposant au régime de Hassan II aurait perçu des sommes d’argent en provenance du StB, la sûreté tchècoslovaque, elle-même liée au KGB.

En 2007 déjà, le journaliste tchèque Petr Zidek révélait en détail dans les colonnes de l’Express comment Mehdi Ben Barka avait été enrôlé par un agent de l’Est.

Selon le chercheur, les liens entre Ben Barka et le renseignement tchécoslovaque remontent à 1960, alors qu’il venait de quitter le Maroc pour Paris, où il y rencontre l’un des espions du StB. À l’époque, le Maroc a pris position dans la guerre froide en faveur de l’Occident, mais a néanmoins décidé de renforcer ses liens avec Moscou.

Les agents soviétiques espèrent donc pouvoir tirer profit à la fois du contexte et des convictions socialistes du charismatique leader politique marocain, dans le but d’obtenir des informations sur les dirigeants du monde arabe, et notamment celui de l’Égypte, Gamal Abdel Nasser.

Le StB sait par ailleurs que Ben Barka est en contact avec plusieurs des figures anticolonialistes et indépendantistes de son temps, comme Malcolm X, Che Guevara ou Nelson Mandela, et iront jusqu’à le qualifier de source « extrêmement précieuse », en lui donnant le nom de code « Cheikh ».

LE STB NE L’A JAMAIS RÉPERTORIÉ EN TANT QU’AGENT, MAIS COMME UN « CONTACT CONFIDENTIEL »

« Ben Barka n’a jamais admis avoir collaboré avec des services de renseignement, et le StB ne l’a jamais répertorié en tant qu’agent, mais comme un « contact confidentiel ». Mais il fournissait des informations en échange d’une rémunération », explique le professeur Jan Koura, interrogé par le Guardian.

Agent double ?

Bien que les liens entre Ben Barka et le StB semblent confirmés, de nombreuses zones d’ombre planent encore quant à la nature exacte des activités qu’il a menées pour le compte des services tchécoslovaques de renseignement.

SELON LES DOCUMENTS DÉCLASSIFIÉS, LE STB AURAIT REÇU PLUSIEURS NOTES ATTESTANT QUE BEN BARKA ÉTAIT EN CONTACT AVEC LES ÉTATS-UNIS

Ces derniers ont eux-mêmes suspecté Ben Barka d’entretenir des connexions avec la CIA, qui appuyait toute initiative de réforme démocratique au Maroc. Selon les documents, le StB aurait reçu plusieurs notes indiquant que Ben Barka était en contact avec les États-Unis, ce qu’il aurait formellement nié lorsqu’il a été confronté à ces allégations. D’autres rapports font état de soupçons sur des financements chinois de l’opposant.

Les défenseurs de Ben Barka affirment que ce dernier a simplement accepté de dialoguer avec des représentants tchécoslovaques afin de plaider et de faire avancer sa cause, sans pour autant devenir un agent à part entière.

Son fils, Bachir Ben Barka, a ainsi déclaré au journal anglais que « les relations de son père [avec la Tchécoslovaquie] s’inscrivaient dans son engagement contre l’impérialisme et le colonialisme ». Il a également mis en cause la provenance des documents dont s’inspire Jan Koura, estimant qu’ils émanent directement des services tchécoslovaques, et peuvent à ce titre s’avérer « modifiés ou incomplets ».

Peu convaincu par cette thèse, Koura estime toutefois que le fondateur de l’Union nationale des forces populaires a fait preuve à la fois de pragmatisme et d’idéalisme. « La période de la guerre froide n’est pas toute blanche ou toute noire », nuance-t-il.

Avec Jeune Afrique par Soufiane Khabbachi

Enseignement technique : les étudiants formés au Maroc de retour au pays

décembre 23, 2021

« Votre séjour au Maroc pendant sept ans a été tantôt heureux tantôt pénible. Mais en toute chose la fin compte », a indiqué le 22 décembre, le ministre de l’Enseignement technique et professionnel, Ghislain Thierry Maguessa, dans sa communication avec les étudiants en provenance du Maroc à l’aéroport international Maya-Maya, à Brazzaville.

Trente-sept étudiants congolais au total ont été formés à l’Université privée de Marrakech, au Maroc, sur plusieurs filières : génie civil, ingénierie de la santé, ingénierie agro-alimentaire, ingénierie industrielle, management et bien d’autres. Leur retour au pays par vol spécial fait suite à un protocole d’accord signé entre le gouvernement congolais, représenté par le ministre Ghyslain Thierry Maguessa Ebome, et les responsables de cette université privée.

Ce protocole d’accord prenait en ligne de compte la nécessité de délivrance des documents académiques de fin de formation : diplômes, attestations de fin d’études ainsi que les relevés de notes. Dans ce même document, un engagement financier a été pris entre le gouvernement congolais et l’établissement.  

Le ministre de l’Enseignement technique a félicité, dans sa communication, les parents d’avoir apporté leur soutien citoyen et républicain aux étudiants au moment où le gouvernement éprouvait les difficultés à honorer ses engagements. « Les problèmes sont en train d’être résolus car le gouvernement travaille à base du protocole d’accord signé avec l’établissement afin que les documents académiques puissent être envoyés, conformément au protocole d’accord », a assuré Ghyslain Thierry Maguessa Ebome, ajoutant que « les diplômes seront envoyés dans les prochains jours »

Il a, par ailleurs, exhorté les parents à accompagner en appoint le gouvernement pour l’insertion professionnelle des enfants. « Le devoir de l’insertion est partagé. Nous le ferons ensemble dans la mesure du possible. Les enfants ne sont pas revenus pour être les fonctionnaires mais pour servir le pays. Ceux qui parviendront au choix du gouvernement travailleront et ceux qui ne parviendront pas travailleront pour leur propre compte car l’Etat encourage l’initiative privée », a-t-il déclaré. 

Avec Adiac-Congo parLydie Gisèle Oko

Maroc : le maintien de la fermeture des frontières inquiète les opérateurs du tourisme

décembre 10, 2021
Les liaisons aériennes avec le Maroc ne devraient pas reprendre avant janvier 2022. © Laurent GRANDGUILLOT/REA

Après la décision du Royaume de prolonger la suspension des liaisons aériennes, le secteur touristique, touché de plein fouet par la crise, désespère de voir le bout du tunnel.

À l’issue du conseil de gouvernement qui s’est tenu le 9 décembre, le Maroc a annoncé la prorogation de la fermeture des frontières, entrée en vigueur le 29 novembre et prévue initialement jusqu’au 12 décembre. « Tous les vols vers et depuis le Maroc sont donc suspendus du 9 décembre jusqu’au 31 décembre minimum », a précisé la Direction générale de l’aviation civile (DGAC).

Cette décision intervient au lendemain d’une série de manifestations, les 7 et 8 décembre, devant les ministères du Tourisme et du Transport, à l’initiative de la Fédération nationale du transport touristique (FNTT).

Depuis plusieurs mois, les professionnels du tourisme réclamaient des mesures d’ampleur pour faire face à la crise liée au Covid-19. Un communiqué de la FNTT faisait état d’une « incapacité du gouvernement à prendre des mesures pour sortir le secteur du transport touristique de la crise », ainsi que d’une « absence de réponse aux demandes de la fédération d’ouvrir la porte au dialogue pour étudier la crise et les solutions possibles ».

Pourtant, avant la pandémie, le tourisme avait le vent en poupe. En 2019, le nombre d’entrées sur le territoire avait crû de 5,2 %, mais la crise du coronavirus est venue bousculer un secteur en pleine expansion. Pour la seule année 2021, l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) a évalué les pertes à 2 000 milliards de dollars à l’échelle planétaire.

En avril 2020, Abdellatif Kabbaj, le patron de la Confédération nationale du tourisme (CNT), déclarait à JA : « L’année 2020 étant compromise, il faut commencer à préparer la saison 2021 avec de gros moyens aussi bien étatiques que privés. »

LA FERMETURE DES FRONTIÈRES A PERTURBÉ LA STRATÉGIE DES ACTEURS TOURISTIQUES, QUI PENSAIENT VOIR ENFIN LE BOUT DU TUNNEL.

C’était compter sans l’arrivée de la cinquième vague de Covid-19 et l’émergence du variant Omicron, le Maroc ayant décidé, le 25 novembre, de suspendre ses vols avec la France, avant de fermer totalement ses frontières aériennes et maritimes pour une durée de deux semaines.

Alors que le Royaume avait mis en place un plan pour maintenir son attractivité, cette annonce est venue perturber la stratégie des acteurs touristiques, qui pensaient voir enfin le bout du tunnel.

Sonnette d’alarme

Dans une lettre datée du 29 novembre adressée au chef du gouvernement Aziz Akhannouch, le président de la Fédération nationale de l’industrie hôtelière (FNIH), Lahcen Zelmat, tire la sonnette d’alarme : « En l’absence de mesures d’accompagnement urgentes et spécifiques, nous craignons une difficulté grandissante à envisager l’avenir de notre industrie, et in fine, une implosion du tissu socio-économique de notre pays. Toutes les réservations ont été annulées et la plupart des hôtels devront fermer, sachant que la moitié d’entre eux le sont depuis le début de la pandémie [en mars 2020]. »

Même son de cloche du côté de la Fédération nationale des agences de voyage du Maroc (FNAVM). « Quelque 80 % des agences de voyages sont déjà à l’arrêt et les récentes décisions vont aggraver notre situation », a regretté son président, Mohamed Semlali.

En 2019, le tourisme représentait 11 % du PIB et 5 % des emplois. Sur les 13 millions de touristes venus visiter le pays l’année précédant l’apparition du coronavirus, plus de 30 % étaient français, suivis par les Espagnols et les Anglais. Les recettes se chiffraient alors à 80 milliards de dirhams (7,5 milliards d’euros), contre 28 milliards seulement au début de 2021, soit une baisse de 65 % sur l’année 2020.

L’optimisme était revenu après les chiffres encourageants du troisième trimestre de 2021 – 15,9 milliards de dirhams (1,5 milliard d’euros) de recettes –, même si ce montant reste inférieur de 40 % à ce que réalise en temps normal le Maroc sur cette période.

Des mesures jugées insuffisantes

Lors de la présentation de son budget devant la commission des secteurs productifs – réalisée avant la nouvelle fermeture des frontières –, la ministre du Tourisme, Fatim-Zahra Ammor, avait annoncé une augmentation de 8 % du budget de son ministère, passé de 626,59 millions  à 679,8 millions de dirhams.

Une mesure louable mais insuffisante au regard de la baisse du nombre de touristes. Ainsi, au cours de l’été 2020, ce sont 165 000 visiteurs qui ont été comptabilisés par le ministère de l’Économie, contre… 2 millions l’année précédente.

CONTRAIREMENT À L’ANNÉE DERNIÈRE, OÙ NOUS POUVIONS FAIRE DES ESTIMATIONS POUR 2021, NOUS NE SOMMES PAS EN MESURE D’IMAGINER DES SCÉNARIOS POUR L’ANNÉE QUI ARRIVE »

Pour faire face à la crise, Fatim-Zahra Ammor a récemment annoncé le retour de l’aide mensuelle de 2 000 dirhams, déjà mise en place au début de la crise sanitaire pour accompagner les salariés des entreprises en difficulté.

« Contrairement à l’année dernière, où nous pouvions faire des estimations pour 2021, nous ne sommes pas en mesure d’imaginer des scénarios pour l’année qui arrive », a déclaré, le 7 décembre, Wissal El Gharbaoui, secrétaire générale de la Confédération nationale du tourisme (CNT), sur le plateau de Medi1 TV. « La subvention ne sert qu’à rester debout le temps d’y voir un peu plus clair. Or, à l’heure actuelle, nous n’avons aucune visibilité », abonde Saïd Tahiri, spécialiste du secteur, lui aussi présent sur le plateau.

« Plan Marshall »

À l’unisson, ils ont réclamé un « plan Marshall » pour sauver le secteur et dénoncé une « absence totale de visibilité », rappelant, à titre d’exemple, que l’économie d’une ville comme Marrakech repose entièrement sur le tourisme. Afin d’atténuer l’impact négatif que cette décision devrait avoir sur les opérateurs touristiques, qui seront privés des recettes de la période des fêtes de fin d’année, le porte-parole du gouvernement Mustapha Baitas a annoncé l’adoption d’un projet de décret qui vise à étendre l’indemnisation des professionnels du tourisme affiliés à la Caisse Nationale de Sécurité Sociale jusqu’au 31 décembre.

Avec Jeune Afrique Soufiane Khabbachi

Maroc : suspension des vols réguliers avec la France à partir du 26 novembre

novembre 25, 2021
Un avion de la Royal Air Maroc décollant de l’aéroport d’Orly, près de Paris. © Laurent GRANDGUILLOT/REA

Face à la flambée de Covid-19 en Europe, le Maroc a durci ses règles d’entrée sur son territoire. La suspension des vols avec la France prend effet le 26 novembre à 23h59.

Face à la flambée du Covid-19, le Maroc a décidé de suspendre les vols réguliers entre le Royaume et la France dès le 26 novembre, à partir de 23h59. Aucune date de reprise du trafic n’a été annoncée.

Dispositif renforcé

Cette décision a été prise par le Comité interministériel de coordination et de suivi du dispositif régissant les voyages internationaux pendant la pandémie. « Cette décision intervient afin de préserver les acquis du Maroc en matière de gestion de la pandémie de Covid-19 et pour faire face à la dégradation de la situation sanitaire dans certains pays du voisinage européen », précise le Comité interministériel dans un communiqué.

LE 5 OCTOBRE, RABAT AVAIT PRIS LA MÊME MESURE POUR LES VOLS AVEC LA RUSSIE

La mesure fait suite aux nouvelles mesures mises en place par le Royaume pour contrer la flambée de Covid-19 ; 32 591 nouveaux cas ont été recensés dans l’Hexagone le 24 novembre, un chiffre en constante hausse depuis le 10 octobre.

Le 5 octobre, Rabat avait pris la même mesure pour les vols avec la Russie, puis, fin octobre, avec le Royaume-Uni, les Pays-Bas et l’Allemagne.

Par Jeune Afrique avec AFP

Maroc : pourquoi l’éditeur Abdelkader Retnani porte plainte contre Éric Zemmour

novembre 22, 2021
Abdelkader Retnani, directeur des éditions La Croisée des chemins au Salon du livre de Paris, en mars 2017 © Jean-Marc ZAORSKI/Gamma-Rapho via Getty Images

Le patron de la maison d’édition marocaine La Croisée des chemins accuse Éric Zemmour d’ « utilisation frauduleuse d’une marque » et assure avoir porté plainte contre le polémiste français.

« J’étais malade et révolté, parce que tout ce que [Éric Zemmour] fait est contre mes principes et ma ligne éditoriale : le vivre-ensemble. » Assis dans un coin de sa librairie, Le Carrefour des livres, en plein Casablanca, Abdelkader Retnani n’en démord pas. Il continue sa bataille contre le polémiste qui ne fait plus mystère de ses ambitions présidentielles en France. Quarante ans après avoir créé la maison d’édition La Croisée des chemins, il assure avoir porté plainte début octobre contre Zemmour pour « contrefaçon » après que celui-ci a lancé un site du même nom.

« Pas d’amalgame »

En septembre dernier, lâché par son éditeur Albin Michel, Éric Zemmour s’est rabattu sur l’autoédition, à travers sa société Rubempré, pour publier son dernier essai La France n’a pas dit son dernier mot. La création de la plateforme Croisée des chemins a suivi pour le promouvoir. Véritable succès commercial, l’ouvrage s’est vendu à plus de 170 000 exemplaires. Mais pour Abdelkader Retnani, « il ne faut pas qu’il y ait un amalgame ».

L’éditeur marocain ne souhaite qu’une chose : que Zemmour change le nom de sa plateforme. Fin septembre, il lui a adressé un courriel par le truchement de son avocat Hubert Seillan, qui a dénoncé au Figaro « l’utilisation frauduleuse d’une marque ». Comme il fallait s’y attendre, le polémiste n’a pas daigné répondre. « Il y a une période d’attente, qui a expiré. J’ai confiance dans la justice française. Quarante ans d’espoir, il est en train de les détruire », ajoute Abdelkader Retnani, à qui des internautes reprochent de vouloir « se faire de la pub gratuite ».

ZEMMOUR AGITE LE CHIFFON ROUGE DU GRAND REMPLACEMENT, ET EST CONTRE TOUT CE QUI EST MUSULMAN

Si on peut lui opposer que plusieurs entreprises portent déjà le nom de « Croisée des chemins » en France, Me Hubert Seillan objecte dans son courrier que « l’ancienneté de la maison d’édition, la qualité de milliers d’ouvrages diffusés en Europe, en Afrique et dans la francophonie lui confèrent une notoriété suffisante pour que des confusions s’établissent dans l’esprit du public ».

« Zemmourisation d’un pays ami »

Au-delà de la bataille judiciaire qu’il compte mener, Abdelkader Retnani entend se dresser surtout contre ce qu’il appelle une « zemmourisation du domaine politique en France ». « Il agite le chiffon rouge du grand remplacement et est contre tout ce qui est musulman. Il veut que les gens soient obligés de changer leur prénom », dénonce-t-il.

Celui qui est également officier de la Légion d’honneur adresse un rappel aux Français : « Ils ont oublié qu’en 1943, le régime de Vichy a demandé à Mohammed V de mettre une étoile jaune à tous les juifs. Le roi lui a répondu qu’il avait des citoyens marocains et non des juifs. Il ne faut pas oublier non plus la bataille de Monte Cassino [en 1944], où des tirailleurs marocains sont allés au casse-pipe pour hisser le drapeau français. »

En janvier 2021, paraitra aux éditions La Croisée des chemins un livre sur Zemmour pour, insiste Retnani – qui a déjà publié plus de 2000 titres dont 1 800 en français –, rappeler qu’il « attise la haine, divise et [représente] un danger ». Intitulé provisoirement La Zemmourisation d’un pays ami, le livre est signé par le journaliste et sociologue spécialiste de l’immigration Driss Ajbali, qui vit à Strasbourg.

« La France de 2021 est horrible. Il faut qu’il y ait un pilote dans l’avion après Macron », estime Retnani, qui déplore la situation des artistes marocains victimes de la récente décision prise par les autorités françaises de réduire le nombre de visas accordés au Maroc, à l’Algérie et à la Tunisie.

Le porte-parole du gouvernement français, Gabriel Attal, avait expliqué sur les ondes d’Europe 1 fin septembre que c’était « une décision rendue nécessaire par le fait que ces pays n’acceptent pas de reprendre des ressortissants que nous ne souhaitons pas et ne pouvons pas garder en France ». « Des artistes de renommée internationale qui ont reçu leur contrat pour faire leur tournée ont tous reçu un refus catégorique. C’est inadmissible », déplore l’éditeur.

Avec jeune Afrique par Bokar Sangaré

Maroc : qui est Nabila Rmili, maire de Casablanca et démissionnaire du gouvernement ?

novembre 14, 2021
Nabila Rmili a été élue en septembre à la tête du Conseil de la ville de Casablanca. © DR

Cette native de la Ville blanche a créé la polémique en cumulant son poste de maire de Casablanca avec celui de ministre de la Santé. Sous la pression, elle a dû renoncer à ses fonctions gouvernementales.

« Mme Rmili, une compétence dont nous sommes fiers et que nous estimons, a fait la preuve de son sens des responsabilité en considérant que les dossiers aujourd’hui sur la table du Conseil de la ville de Casablanca sont importants et prioritaires et exigent d’elle de s’y consacrer pleinement ». Par ces mots, le chef du gouvernement Aziz Akhannouch officialisait, le 14 octobre, le retrait de Nabila Rmili de son poste de ministre de la Santé, afin qu’elle puisse s’atteler entièrement à sa fonction de maire.

Née dans la Ville blanche en 1974, Nabila Rmili est médecin généraliste de formation. Sa carrière débute au sein des urgences du Centre hospitalier provincial de Ouazzane. Puis elle se lance dans des fonctions plus administratives, comme lors de son passage au ministère de la Santé en tant que déléguée à la préfecture d’arrondissement Casablanca-Anfa. Elle devient ensuite directrice régionale de la santé de Casablanca-Settat en 2017.

Une nomination surprise

Encartée au Rassemblement national des indépendants (RNI), elle a par ailleurs exercé dans plusieurs postes à responsabilité au sein du parti. Une source qui l’a fréquentée lorsqu’elle était membre du bureau politique la décrit comme « courageuse et grande bosseuse », très impliquée dans la politique de terrain. Pourtant, sa nomination au ministère de la Santé en a surpris quelques-uns, qui n’ont pas manqué de rappeler son limogeage du poste de déléguée régionale de la santé après avoir été mise en cause pour sa gestion de la crise sanitaire.

Le 20 septembre 2021, Nabila Rmili est élue présidente du Conseil communal de Casablanca, et devient ainsi la première femme maire de la capitale économique. Les événements vont alors s’accélérer puisqu’une quinzaine de jours plus tard, elle est nommée ministre de la Santé et de de la Protection sociale dans le nouveau gouvernement d’Aziz Akhannouch. Une consécration, à 47 ans.

SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX, BEAUCOUP DÉNONCENT L’IMPOSSIBILITÉ D’ASSURER À LA FOIS LA GESTION CHRONOPHAGE D’UNE VILLE AUSSI IMPORTANTE QUE CASABLANCA TOUT EN ÉTANT À LA TÊTE D’UN MINISTÈRE

Mais rapidement, son arrivée suscite une levée de boucliers dans l’opinion publique ; on lui reproche de cumuler cette nouvelle fonction avec celle pour laquelle elle a été élue à peine quelques jours auparavant. Très vite, une campagne médiatique s’organise pour réclamer qu’elle effectue un choix entre le Conseil communal de Casablanca et son poste de ministre. Sur les réseaux sociaux, beaucoup dénoncent l’impossibilité d’assurer la gestion chronophage d’une ville aussi importante tout en étant à la tête d’un ministère.

« Prise de conscience »

Alors qu’aucune mesure législative ne la contraignait juridiquement à quitter son poste (une loi organique stipule qu’il n’existe « pas de contradiction entre une fonction gouvernementale et la présidence du Conseil de la commune »), Nabila Rmili se résout à trancher en faveur de sa fonction de maire, abandonnant ainsi son poste au ministère une semaine jour pour jour après sa nomination. Le portefeuille échoit à son prédécesseur, Khaled Ait Taleb.

Le communiqué royal fait état d’une prise de conscience de « la charge de travail de cette mission représentative », et de la difficulté à concilier ses engagements avec « le suivi quotidien que nécessite le secteur de la santé, surtout en cette période de pandémie ».

Il n’est cependant pas interdit de s’interroger sur le fait que la question du cumul ne semble se poser que dans le cas de Nabila Rmili. De fait, d’autres membres du nouveau gouvernement cumulent leurs fonctions de ministre avec celle de maire d’une grande ville. C’est le cas d’Aziz Akhannouch lui-même et de Fatima-Zahra Mansouri, pour ne citer qu’eux, respectivement maires d’Agadir et de Marrakech, villes se trouvant à plusieurs centaines de kilomètres de Rabat, où ils exercent leurs fonctions ministérielles.

Une version officielle et des questions

Pour le politologue Mustapha Sehimi, la version officielle du départ de Nabila Rmili cache ce qui s’apparenterait plutôt à un limogeage. En réalité, certaines des décisions prises alors qu’elle venait tout juste d’entrer en fonction auraient conduit à son départ précipité. « En limogeant l’inspecteur général de la Santé ainsi que d’autres directeurs d’administrations, puis en étant à l’origine de fuites dans la presse concernant des marchés du ministère, elle s’est décrédibilisée », analyse Sehimi.

Le politologue rappelle également que lors de son passage à la direction régionale de Casablanca, elle avait suscité plusieurs interrogations quant à sa gouvernance. Son mari s’était notamment fait élire troisième vice-président de la municipalité de Casablanca, avant de démissionner… dix jours plus tard.

SON LIMOGEAGE QUELQUES JOURS À PEINE APRÈS SA NOMINATION L’A FRAGILISÉE ET POSE LA QUESTION DE SA CRÉDIBILITÉ, ESTIME SEHIMI

Aujourd’hui, Nabila Rmili revient en poste à Casablanca avec « un coefficient négatif », selon Sehimi, qui estime que « son limogeage quelques jours à peine après sa nomination l’a fragilisée et pose la question de sa crédibilité ». Et d’ajouter que « son parcours très éloigné des problèmes économiques et sociaux de Casablanca lui rendra difficile la tâche de mener des grandes réformes et de présider sereinement le conseil municipal ».

A posteriori, on s’interroge sur le fait que ni la principale intéressée ni son entourage n’ait anticipé les critiques que provoqueraient immanquablement le cumul de ses fonctions. « Le Docteur Rmili a toujours nourri l’ambition de devenir ministre de la Santé, après avoir occupé le poste de directrice régionale », note une source proche du RNI. Elle y sera parvenue, le temps d’une semaine.

Avec Jeune Afrique par Soufiane Khabbachi

Maroc-Mali: Les merveilles de nos neuf bébés

novembre 7, 2021

Avec Nov Actu

Championnat d’Afrique séniors hommes de handball : le Congo déclare forfait

octobre 27, 2021

En réponse à la demande de la Fédération congolaise de handball (Fécohand) d’engager l’équipe nationale séniors hommes, afin de participer aux 25es championnats d’Afrique de la catégorie, le ministère des Sports a posé son veto et estime que l’équipe n’est pas prête techniquement.

Le Congo sera absent à la prochaine Coupe d’Afrique des nations /DR

Le Congo ne participera plus à la prochaine Coupe d’Afrique séniors hommes de handball, prévue du 13 au 25 janvier 2022 à Layeounne, au Maroc. Les vingt-deux Diables rouges présélectionnés, qui devraient débuter la phase de préparation le 25 octobre dernier, seront obligés d’attendre les prochaines compétitions afin de mettre en exergue leur savoir-faire.

« Pour les raisons techniques liées à la préparation de ces Diables rouges (depuis 2019, une seule compétition locale, celle de la Coupe du Congo organisée du 9 au 19 septembre 2021) qui ne rassurent pas d’une prestation élogieuse, il ne serait pas souhaitable de les engager à cette compétition continentale de haut niveau », précise le document signé par le ministre Hugues Ngouélondélé.

Le ministre des Sports pense, au contraire, qu’il est mieux de se focaliser sur la préparation des Diables rouges séniors dames, en vue d’une participation honorable au prochain championnat du monde qui se déroulera en Espagne au mois de décembre.

Le président de la Fécohand a estimé que la décision est certes tombée, mais c’est difficile pour les joueurs qui rêvent de participer à des grandes compétitions pour booster leur carrière et faire honneur au Congo.

« Je souhaite qu’il y ait une certaine équité dans la gestion de nos différents sports. Les filles, lorsqu’elles partaient pour Yaoundé, n’avaient aucune préparation mais elles ont arraché la qualification pour la Coupe du monde. Les hommes, eux, ont eu la chance de jouer au niveau local. Ma prière est que le ministère revienne sur sa décision », a indiqué Ayessa Ndinga Yengue.

Notons que l’ossature de l’équipe nationale séniors hommes est essentiellement composée des joueurs évoluant au Maroc, au Congo et en France. Cette compétition continentale, en effet, est la dernière édition du challenge Denis-Sassou-N’Guesso.

Rude Ngoma

Le baron français de la drogue Sophiane Hambli arrêté au Maroc

octobre 25, 2021

En cavale depuis mars, Sophiane Hambli a été interpellé dans une clinique de Tanger après avoir été violemment agressé dans les rues de la ville marocaine.

Le baron de la drogue Sophiane Hambli a ete interpelle vendredi dans une clinique de Tanger au Maroc ou il a ete admis apres avoir ete agresse dans les rues de la ville. (Image d'illustration)
Le baron de la drogue Sophiane Hambli a été interpellé vendredi dans une clinique de Tanger au Maroc où il a été admis après avoir été agressé dans les rues de la ville. (Image d’illustration)© Capture d’écran Interpol

Le trafiquant de drogue de haut vol Sophiane Hambli, en cavale depuis le mois de mars, a été arrêté vendredi 22 octobre dans une clinique de Tanger, au Maroc, où il a été admis après avoir été agressé dans les rues de la ville, a appris l’Agence France-Presse lundi de sources policière et proche du dossier.

Sophiane (aussi orthographié Sofiane) Hambli, personnage clé du scandale de l’importation en France de 7 tonnes de cannabis en 2015, qui avait abouti à l’éviction de l’ex-patron de la lutte antidrogue François Thierry, était recherché dans le cadre d’une autre affaire d’importation de stupéfiants, a-t-on indiqué de même source, confirmant une information de L’Obs.

Le Français d’origine algérienne, âgé de 46 ans, s’est présenté à la clinique sous de faux papiers allemands « avec une plaie de 20 centimètres à la joue » causée par « un sabre ou une machette », selon la source proche du dossier, précisant que son pronostic vital est encore « réservé ». La Direction générale de la sûreté nationale marocaine (DGSN) avait annoncé samedi dans un communiqué avoir arrêté « un ressortissant français d’origine algérienne, pour son implication présumée dans le trafic international de drogue dans le cadre d’un réseau criminel organisé transnational », sans préciser son identité.

« Dès qu’il sera rétabli, on ira le chercher »

« Le suspect blessé subit actuellement les soins nécessaires à l’hôpital, dans l’attente de l’enquête judiciaire qui sera menée », tant sur ses activités de trafic de stupéfiants que sur les auteurs et les motifs de son agression, ajoutait le communiqué. « Dès qu’il sera rétabli, on ira le chercher », a indiqué une source proche de dossier côté français.

Sophiane Hambli, surnommé « La Chimère », est soupçonné par la justice française d’avoir perçu 2,5 millions d’euros pour organiser la logistique de l’importation de quatre tonnes de cannabis, des accusations qu’il avait démenties en mai via son avocat Hugues Vigier. Sollicité par l’Agence France-Presse, ce dernier n’était pas joignable dans l’immédiat.

Un mandat d’arrêt international émis par Interpol

Placé en détention en novembre 2020 dans ce dossier, puis libéré sous contrôle judiciaire en mars dernier après une décision favorable de la Cour de cassation, le trafiquant de drogue s’est vu décerner peu après un mandat de dépôt par la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris.

Ne s’étant pas présenté à la justice et la police ne l’ayant pas retrouvé, Sophiane Hambli était depuis considéré en cavale et Interpol avait émis un mandat d’arrêt international à son encontre, via une notice rouge, à la demande des autorités françaises.À quelle fréquence vous rendez-vous au cinéma ?Une ou plusieurs fois par semaineDeux à trois fois par moisPlusieurs fois par anMoins souvent2 290 participationsPolitique de confidentialité

Né à Mulhouse, le trafiquant au lourd casier judiciaire est coutumier de la cavale. Il avait notamment été interpellé en 2004 en Espagne après son évasion l’année précédente de la prison de Metz. En 2009, c’est encore en Espagne qu’il avait été arrêté alors qu’un tribunal français l’avait condamné par défaut à 18 ans de prison.

Par Le Point avec AFP

Maroc : Mohammed VI nomme le gouvernement Akhannouch

octobre 7, 2021
Mohammed VI (à dr.) et le chef du Rassemblement national des indépendants (RNI), Aziz Akhannouch, au palais royal de Fès, le 10 septembre 2021. © Azzouz Boukallouch/Moroccan Royal Palace/AFP

Nadia Fettah Alaoui à l’Économie et aux Finances, Abdellatif Ouahbi à la Justice… quelle est la composition du nouveau gouvernement marocain ?

Ce jeudi après-midi, au Palais royal de Fès, Mohammed VI a présidé la cérémonie de nomination du nouveau gouvernement. Dirigé par Aziz Akhannouch, dont le parti, le Rassemblement national des indépendants (RNI),  a remporté les élections législatives du 8 septembre, le gouvernement compte ainsi 24 membres – ministres délégués et secrétaires généraux inclus.

Nizar Baraka, patron de l’Istiqlal, arrivé troisième aux élections de début septembre, prendra la direction du ministère de l’Équipement. Le parti de la balance voit également l’un de ses membres prendre la tête du maroquin des Transports, en la personne de Mohamed Abdeljalil, qui présidait jusque-là le directoire de Marsa Maroc. Ryad Mezzour, ancien chef de cabinet de Moulay Hafid Elalamy devient, lui, ministre de l’Industrie. Des visages nouveaux — à l’exception de Nizar Baraka — qui ne sont pas impliqués dans les instances dirigeantes du parti d’Allal Al Fassi, et qui allient à la fois la compétence technique et la légitimité politique.

Nasser Bourita maintenu

Quant au secrétaire général du Parti Authenticité et Modernité (PAM) Abdellatif Ouahbi, arrivé deuxième lors du scrutin, il hérite du portefeuille de la Justice. Mehdi Bensaïd prend quant à lui la tête de la Jeunesse et de la Culture, et Younès Sekkouri est nommé ministre de l’Inclusion et de l’Emploi.

Jusqu’alors ministre du Tourisme, Nadia Fettah Alaoui devient ministre de l’Économie et des Finances. C’est la première fois qu’une femme occupe ce poste crucial s’il en est dans l’histoire du royaume. Elle est remplacée au Tourisme par Fatim-Zohra Ammor, ancienne directrice marketing d’Akwa qui a notamment été commissaire générale du Pavillon du Maroc à l’Expo universelle de Milan en 2015.

Parmi les ministres reconduits, Abdelouafi Laftit demeure à la tête de l’Intérieur. Les Affaires étrangères continueront d’être dirigées par Nasser Bourita. Quant à Ahmed Toufiq, il est maintenu aux Habous et Affaires islamiques, poste qu’il occupe depuis 2002. Le patron de la fédération marocaine de football Fouzi Lekjaa reste au Budget.

Jusqu’alors ambassadeur du Maroc à Paris, le président de la Commission spéciale sur le modèle de développement, Chakib Benmoussa, devient lui ministre de l’Éducation nationale.

Sans surprise, le RNI garde la main sur la majorité des maroquins. Citons ainsi Mustapha Baïtas, un très proche du chef du gouvernement Aziz Akhannouch, est nommé porte-parole du gouvernement et ministre en charge des relations avec le Parlement.

La nouvelle maire de Marrakech Fatima-Zahra Mansouri devient elle ministre de l’Habitat et de la Ville. Celle de Casablanca-Settat, Nabila Rmili, hérite de la Santé. Leila Benali sera chargée de superviser la Transition énergétique, gros chantier du mandat du nouveau gouvernement.

Ex-secrétaire général du ministère de l’Agriculture, Mohammed Sadiki a pris la succession de Aziz Akhanouch à la tête de ce ministère.

Par Jeune Afrique avec AFP