Posts Tagged ‘Martin Fayulu’

RDC : Martin Fayulu refuse de se rallier à l’« union sacrée » de Tshisekedi

décembre 31, 2020
Martin Fayulu, ex-candidat à la présidentielle en RDC.

Se proclamant toujours « président élu », Martin Fayulu a brisé le silence qu’il était imposé depuis plusieurs semaines pour rejeter l’« union sacrée » souhaitée par Félix Tshisekedi, à laquelle se sont ralliés Katumbi et Bemba.

Droit dans ses bottes. Dans son « adresse à la nation », mercredi 30 décembre, Martin Fayulu a, sans surprise, affiché son opposition ferme et résolue à l’union sacrée grâce à laquelle le président Félix Tshisekedi espère renverser le rapport de force qui prévalait jusque-là avec son prédécesseur Joseph Kabila.

« Une blanchisserie baptisée “union sacrée” »

Deux ans après, arrivé en seconde positon selon les résultats officiels de la présidentielle de décembre 2018, celui qui fut le candidat de Lamuka n’en démords pas. L’élection présidentielle a été un « hold-up électoral sans précédent dans l’histoire du  continent ».

Quant à l’« union sacrée » et l’annonce par Tshisekedi de la rupture de l’alliance entre Cap pour le changement (Cach, sa coalition) et le Front commun pour le Congo (FCC, de Kabila), elle ne serait selon lui qu’un leurre.

« Le régime FCC-CACH distrait l’opinion. On prend les mêmes acteurs, responsables de l’échec, et on les recycle dans une blanchisserie baptisée « union sacrée », a-t-il notamment déclaré. Cette transhumance que cultivent certains politiques congolais sans idéal est un véritable cancer pour notre pays. »

La communauté internationale indexée

Le divorce entre le camp du président congolais et celui de son prédécesseur, et le ralliement déclaré de Moïse Katumbi et de Jean-Pierre Bemba, ses deux anciens alliés au sein de Lamuka, ne serait pour lui qu’une « tentative de faire subtilement oublier le bilan négatif des deux dernières années ». « Un nouveau nom a été trouvé mais le système reste le même, assène Fayulu. L’« union sacrée » n’est rien d’autre que la seconde grossesse du couple FCC-CACH. »

Dans sa diatribe, l’ancien candidat à la présidentielle n’épargne pas non plus certains acteurs de la communauté internationale, au premiers rangs desquels les États-Unis, l’Union européenne et l’Union africaine, qui ont soutenu publiquement l’initiative du président congolais. « Ces représentants de vieilles démocraties et d’États de droit sont désormais ambigus, et même devenus aphones, quand il s’agit de défendre les principes que leurs pays prônent » a-t-il accusé.

Vers la création d’un « cabinet »

Un procès en « illégitimité » auquel l’opposant congolais à ajouter un autre, en inefficacité, cette fois. « En toute franchise, avez-vous, aujourd’hui, l’impression que vos conditions de vie s’améliorent ? Existe-t-il réellement un pacte social conclu entre vous et ceux qui se sont imposés comme dirigeants ? », a-t-il notamment lancé, évoquant par ailleurs les questions d’éducation et de sécurité, en particulier dans l’est de la RDC.

Assurant vouloir « accompagner le peuple dans la reconquête de sa souveraineté »,  il a annoncé la future mise en place d’une « cabinet composé de femmes et d’hommes qui veulent que le Congo de Kimbangu et de Lumumba soit fort, digne et prospère. »

Avec Jeune Afrique par Stanis Bujakera Tshiamala

Nouvelles concertations politiques : possible entrevue entre Félix Tshisekedi et Martin Fayulu

octobre 26, 2020

Comme il fallait s’y attendre, l’adresse du chef de l’Etat du 23 octobre a donné lieu à une série de réactions en sens divers. Si, pour les uns, Félix Antoine Tshisekedi a pris la bonne option en engageant le pays sur la voie de nouvelles consultations en vue de mise en place d’une Union sacrée pour la nation »; pour les autres, il a simplement botté en touche.

Au regroupement politique Lamuka du chef de file Martin Fayulu, l’on préfère se donner un peu de temps avant de se prononcer sur le message du chef de l’Etat. Entre-temps, le parti de Martin Fayulu, l’Engagement pour la citoyenneté et le développement, n’exclut toute possibilité d’une entrevue entre Etienne Tshisekedi et son leader qui détient, par devers lui, une proposition de sortie de crise. « Nous sommes humains, vous savez que même dans les guerres les plus atroces, on finit toujours par se parler », a-t-on signifié.

Il est à noter que les relations entre les deux hommes se sont détériorées à Genève en 2018, lorsque Félix Tshisekedi, à l’époque président de l’Union pour la démocratie et le progrès social, avait retiré sa signature de l’accord qui avait désigné Martin Fayulu comme candidat commun de l’opposition. Insatisfait des résultats électoraux publiés par la Céni, Martin Fayulu a enfourché la trompette de la contestation au point de devenir le chantre de la vérité des urnes mettant en cause la légitimité du leadership actuel.

Au niveau de la Nouvelle société civile congolaise, l’on se dit satisfait de la communication du chef de l’Etat tout en l’exhortant d’aller au bout de sa logique en démantelant toute force qui fait obstruction à l’avancement du pays en procédant à la recomposition de l’espace de gestion de la gouvernance de la République. Même ressentiment à l’Association congolaise pour l’accès à la justice qui souhaite à ce que les pourparlers que le chef de l’Etat va entamer cette semaine puissent déboucher sur la mise en place d’un gouvernement qui va réunir toutes les grandes forces politiques et sociales sur la base d’un programme censé mettre exclusivement en avant les intérêts du pays.

D’autres personnalités politiques, comme le haut représentant du chef de l’Etat, Kitenge Yesu, soutiennent l’option prise par Félix Tshisekedi d’organiser de nouvelles consultations. « Nous étions en coalition, c’était comme une voiture, qui ne peut pas avoir deux chauffeurs. La voiture n’a qu’un seul chauffeur (…) C’est pourquoi le président de la République a dit que je rentre vers le peuple, qu’il me dise ce qu’il veut que je fasse. Ce que le président a décidé n’exclut personne », avait-il indiqué, ce week-end, dans la foulée de la sortie officielle de la plate-forme Coalition nationale populaire.

Des soutiens à la démarche présidentielle ne cessent de se multiplier dont celle de l’Eglise catholique assortie néanmoins de quelques observations. « Le pays tel que piloté par la coalition actuelle au pouvoir ne sert pas les intérêts des populations. Que le chef de l’État entrevoie une autre solution politique en passant par les consultations. Nous saluons cette initiative si c’est avec l’intention vraiment de servir la population », a dit le secrétariat général de la Conférence épiscopale du Congo, l’abbé Donatien N’shole. Et de marteler : « Si c’est pour partager le pouvoir et oublier encore une fois le peuple, ça personne n’acceptera ».

Avec Adiac-Congo par Alain Diasso

             

RDC: L’interdiction de la marche de l’opposition ce 30 juin signe l’échec de la démocratie

juin 30, 2019

Suivez la réaction de Martin Fayulu !

 

Publiée le 30 juin 2019 par Satellite Congolais TV

RDC : les Congolais majoritairement opposés à l’alliance Tshisekedi-Kabila, selon un sondage

juin 6, 2019

Première rencontre entre le Président de la République Felix Tshisekedi et son prédécesseur Joseph Kabila depuis la cérémonie de remise et reprise le 25 janvier 2019 au Palais de la Nation. © Présidence RDC

 

Félix Tshisekedi est populaire en RDC et la cote d’opinion de Joseph Kabila, si elle est relativement basse, remonte. Mais l’alliance formée par leurs coalitions politiques respectives est rejetée par plus de la moitié des Congolais. Ce sont les conclusions de deux enquêtes d’opinion réalisées aux mois de mars et mai.

C’est un résultat qui peut sembler paradoxal. Si 67% des Congolais interrogés ont une « très bonne » opinion de la gouvernance de Félix Tshisekedi depuis son investiture, en janvier dernier, plus de la moitié désapprouve l’alliance que forme sa coalition politique avec celle de son prédécesseur, Joseph Kabila.

Ce ne sont pas un, mais deux sondages qu’ont publié ce mercredi le Groupe d’études sur le Congo (GEC) de l’Université de New York et le Bureau d’études, de recherche et de consulting international (Berci). Ils ont été réalisés par téléphone entre le 27 mars et le 6 avril pour le premier (sur un échantillon de 1 212 personnes) et du 4 au 9 mai pour le second (sur un échantillon de 1 294 personnes).

Les deux instituts ont également interrogé les personnes sondées sur les élections organisées le 30 décembre 2018. Là encore, le résultat peut sembler paradoxal. Une majorité de répondants (56%) affirme ne pas faire confiance à la Commission électorale nationale indépendante (Céni), alors que, dans le même temps, 62% des personnes interrogées se disent « satisfaits de la façon dont la démocratie fonctionne dans le pays ».

Félix Tshisekedi à 67% d’opinions favorables

« La plupart des répondants soutiennent les premiers pas de Félix Tshisekedi » note l’enquête d’opinion intitulée « Les 100 premiers jours de Tshisékedi au Pouvoir, une élection ambiguë ». « 67% ont une opinion favorable des performances de Félix Tshisekedi en tant que président de la République », notent les enquêteurs, qui soulignent par ailleurs que, « pour la première fois depuis plusieurs années, la majorité des répondants sont optimistes quant à la direction que prend le pays : 51% en mars et 61% en mai 2019, contre 19% dans un sondage de février 2018 et 27% en novembre 2017 ». Vital Kamerhe est, pour sa part, crédité de 62 % d’opinions favorables.

L’ancien président Joseph Kabila est pour sa part crédité d’une cote de popularité en relative hausse depuis qu’il a quitté le pouvoir. « Bien que Kabila soit considéré plus favorablement qu’avant les élections de décembre 2018, où seulement 22% des répondants avaient une bonne opinion de lui, en  mars 2019, il demeure toujours impopulaire, avec seulement 33% de personnes de bonne opinion », notent le rapport.

Surtout, une large majorité des personnes interrogées désapprouve l’alliance actuelle entre la coalition de Félix Tshisekedi (Cap pour le Changement) et celle de Joseph Kabila (Front Commun pour le Congo). Et cette désapprobation est croissante : 53% en mars, pour 58% en mai. En cause, selon le rapport, « la perception négative du FCC ».

La percée de Fayulu parmi les opposants

© Source : GEC / Berci

Dans l’opposition, c’est Moïse Katumbi qui remporte la palme des bonnes opinions, avec 70% des personnes sondées qui ont une « bonne opinion » de l’ancien gouverneur du Katanga.

Vient ensuite Martin Fayulu, qui continue de se présenter comme « président élu », qui affiche 65% d’opinions favorables. Surtout, « les élections ont propulsé Martin Fayulu à la tête du palmarès des politiques pouvant diriger l’opposition », estiment les sondeurs.

En mai 2019, à la question « Quelle personnalité devrait diriger l’opposition », 48% ont répondu Martin Fayulu, soit une progression de 10% par rapport à l’enquête menée en mars. C’est plus du double des résultats obtenus sur la même question par Jean-Pierre Bemba (16%) et Moïse Katumbi (23%). « Si l’alliance entre ces trois leaders se défaisait, il sera intéressant de voir l’évolution de leur popularité », notent les auteurs du rapport.

Steve Kivuata, un des porte-parole de la coalition Lamuka – qui a soutenu la candidature de Martin Fayulu – pose cependant la crédibilité de ces sondages. « La popularité de Martin Fayulu reste intacte », affirme-t-il, tout en martelant son rejet, par principe, de le voir devenir chef de l’opposition. « Il est président de la République élu, il ne peut pas diriger l’opposition », martèle simplement Steve Kivuata.

Publiée par Stanis Tshiamala Bujakera

RDC : la police reporte la convocation de l’opposant Martin Fayulu

mai 5, 2019

Martin Fayulu, lors d’une conférence de presse à Kinshasa, le 8 janvier 2019. © AP/SIPA/Jerome Delay

 

La police a annoncé samedi avoir reporté, pour des raisons de « sérénité », la convocation de l’opposant Martin Fayulu à la suite d’une plainte déposée contre lui. Aucune date n’a été fixée pour une nouvelle audition.

La police judiciaire avait « invité » jeudi 2 mai Martin Fayulu à se présenter à la police lundi. Objectif : fournir « des renseignements utiles » après le dépôt d’une plainte déposée contre lui auprès du procureur général près de la Cour de cassation de la RDC par un membre de la communauté luba (l’ethnie du président Tshisekedi), qui accuse l’opposant d’incitation à la haine tribale, de massacres des Balubas, et de pillage.

Les proches du candidat malheureux à la présidentielle du 30 décembre, qui revendique toujours la victoire, avaient affirmé le même jour que l’opposant répondrait lundi à cette convocation de la police.

Report à une « date ultérieure »

Sa convocation a finalement été reportée. « Pour éviter que la sérénité de la population ne soit rompue, des instructions précises viennent d’être données à la police judiciaire de décaler l’audition de M. Fayulu pour une date ultérieure », écrit dans un communiqué le colonel Pierrot Mwanamputu, porte-parole de la police congolaise.

La police dit regretter que certaines personnes aient donné à « cette invitation de la police un caractère politique », poursuit le texte.

Par Jeuneafrique.com avec AFP

RDC – Félix Tshisekedi : « Aucun parti ne peut gagner seul »

septembre 2, 2014

L'opposant congolais (RDC) Félix Tshisekedi.
L’opposant congolais (RDC) Félix Tshisekedi. © Capture d’écran YouTube.

Après deux semaines passées au chevet de son père, l’opposant congolais (RDC) Étienne Tshisekedi, à Bruxelles, Félix Tshisekedi retourne dans la mêlée Kinoise. Entretien.

Félix Tshisekedi était attendu dans la capitale congolaise, samedi 30 août. Officiellement, il s’agit de préparer le retour du président de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) au pays. Mais, comme Félix l’admet, sa « convalescence » durera encore – au mieux – plusieurs semaines.

Il pourrait poursuivre son rapprochement avec Vital Kamerhe et Martin Fayulu, deux autres opposants en vue. Et en profiter pour tenter de régler des dissensions internes qui se multiplient dans son parti en l’absence du « président et rassembleur ». Si personne ne veut commettre de crime de lèse-majesté (malgré ses 81 ans et un état de santé dégradé, Étienne Tshisekedi reste officiellement le candidat du parti) la succession est dans toutes les têtes à l’UDPS.

Quelques jours avant son son retour à Kinshasa, il a accepté de répondre aux questions de Jeune Afrique.

Jeune Afrique Quel est l’état de santé de votre père, Étienne Tshisekedi ?

Félix Tshisekedi  : Il évolue dans le bon sens. Un premier bilan médical avait été fait à son arrivée [à Bruxelles, le 16 août]. Il était porteur d’espoir car le pronostic vital n’est pas engagé. Il est parti pour une convalescence de quelques semaines. Je pense que fin septembre – début octobre, il sera opérationnel.

Et de retour à Kinshasa ?

Cela il faudra voir, car nous allons devoir préparer son retour.

Est-il hospitalisé ?

Il suit des soins ambulatoires à son domicile. Il a été hospitalisé le jour de son arrivée pour faire un bilan de santé. Cela a pris le temps d’un week-end. Depuis, il est à la maison.

Souffre-t-il d’un handicap ou d’une paralysie ?

Non. Ce sont des rumeurs. Bien évidemment, un homme de son âge [81 ans] récupère moins vite qu’un jeune homme. Il est resté longtemps confiné à la maison, parce qu’à la moindre sortie, c’était l’émeute… Il a besoin de délassement pour remettre les articulations en marche. Mais il n’a pas de handicap. Vous le verrez quand il réapparaîtra.

Sera-t-il capable d’être candidat lors de la prochaine présidentielle ?

Oui, je le pense. Aujourd’hui, un monument comme Étienne Tshisekedi n’a pas besoin de sillonner toute la république pour se faire connaître. Le moment venu on jugera en fonction de la situation où nous sommes. Mais son potentiel physique et intellectuel n’est pas atteint.

Quand le prochain congrès de l’UDPS aura-t-il lieu ?

Normalement fin décembre 2015. Il peut y avoir, d’ici là, un congrès extraordinaire. Mais c’est le président qui doit le convoquer.

S’il ne se représente pas, excluez-vous d’être candidat ?

En politique, il ne faut jamais dire jamais. Donc je ne peux pas l’exclure. Mais je n’y pense pas, parce que, pour l’instant Étienne Tshisekedi est l’homme de la situation et le candidat qu’il nous faut.

Avez-vous été approché pour la constitution du prochain gouvernement de cohésion nationale ?

Non, pas du tout.

Le groupe parlementaire « UDPS et alliés » [présidé par Samy Badibanga] est-il membre de votre parti ?

Leur attitude avait provoqué une crise de confiance, à la suite de leur décision d’aller siéger contre l’avis du parti. Mais je crois que l’UDPS a besoin de se retrouver pour résoudre ce cas. S’ils manifestent vraiment le désir de retrouver leur famille politique, je dis pourquoi pas. On ne peut pas considérer leur acte comme de la trahison, mais plutôt comme de l’indiscipline. L’indiscipline, cela se sanctionne et puis cela s’oublie.

Quand cette réunion pourrait-elle avoir lieu ?

Il pourrait y avoir un forum ou un conclave, convoqué par le secrétaire général Bruno Mavungu et les cadres. Cela permettrait aussi de rassembler le parti. En l’absence du président et rassembleur du parti, différentes tendances se sont manifestées et elles font désordre.

Une révision de la Constitution serait-elle acceptable si elle ne touche pas au nombre de mandats présidentiels ?

Non. Il faudrait qu’on nous dise à quoi elle servira. À chaque échéance électorale, il y a des retouches de la Constitution pour aider [le président] Joseph Kabila. La première, c’était avant les élections de 2006, lorsqu’on a diminué l’âge minimal des candidats pour lui permettre de se présenter. En 2011, nous sommes passés d’un scrutin de deux tours à un tour. Nous disons, pas de réforme de la Constitution avant le départ de Kabila.

Pourriez-vous accepter la suppression d’une élection intermédiaire pour ne pas prendre le risque de retarder la présidentielle de 2016 ? Certains parlent des provinciales ?

Je ne souhaite pas qu’on reporte les provinciales. Ce sont des élections importantes. Elles vont donner lieu à l’élection des gouverneurs de Province qui sont tous du bord politique de Kabila. C’est très dangereux pour la crédibilité du processus électoral.

Par contre, je suis favorable à un report des élections locales. Il doit y avoir 10 000 candidats, 6500 tribunaux de paix à installer, 800 circonscriptions à redécouper…  Je ne crois pas le Congo d’aujourd’hui capable de le faire. Les locales sont destinées à faire tirer en longueur le processus pour passer le cap de 2016, et faire gagner un mandat à Kabila.

Vous avez signé une déclaration avec les opposants Vital Kamerhe et Martin Fayulu, appelant à déférer Joseph Kabila devant la Cour pénale internationale. Est-ce une alliance électorale ?

C’est trop tôt pour le dire. La politique congolaise est imprévisible. Cette déclaration est un instantané de la vie politique. Mais notre système électoral est fait de telle sorte qu’aucun parti ne peut atteindre seul la majorité des sièges au Parlement. Nous n’en sommes pas encore là, mais aucun scénario n’est exclu.

Certains affirment que votre mère, Marthe Tshisekedi, cherche à vous imposer à la tête du parti. Quel rôle y joue-t-elle ?

Je veux tordre le coup aux rumeurs sur son influence. Ma mère me soutient, comme toutes les mères du monde avec leurs fils. Mais elle n’a rien fait de répréhensible. Elle a son mot à dire parce qu’elle connait l’histoire de ce parti, elle l’a vu naître. Elle a été sollicitée à plusieurs reprises, par différents cadres, pour intervenir auprès de son mari. Et aujourd’hui, ce sont les mêmes qui veulent la diaboliser pour jouer leur propre carte.

________

Jeuneafrique.com propos recueillis par Pierre Boisselet

RDC : Tshisekedi, Kamerhe et Fayulu appellent au rassemblement le 4 août contre la révision constitutionnelle

juillet 29, 2014

Vital Kamerhe, président de l'Union pour la nation congolaise (UNC). © AFP

Vital Kamerhe, président de l’Union pour la nation congolaise (UNC). © AFP

Dans une lettre commune publiée mardi, l’UDPS d’Étienne Tshisekedi, l’UNC de Vital Kamerhe et Ecide de Martin Fayulu appellent les Congolais à se réunir le 4 août sur une grande place de Kinshasa pour dénoncer tout projet de révision de la Constitution en RDC.

Trois partis, un objectif. Barrer la route à une éventuelle candidature de Joseph Kabila à la présidentielle de 2016. Dans une lettre publiée le 29 juillet, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) d’Étienne Tshisekedi, l’Union pour la nation congolaise (UNC) de Vital Kamerhe et l’Engagement pour la citoyenneté et le développement (Ecide) de Martin Fayulu, appellent au rassemblement des Congolais le 4 août sur une grande place de Kinshasa.

« Nous lançons un appel à la population de Kinshasa à venir nombreux assister à un meeting populaire de sensibilisation que nous organisons le lundi 4 août 2014 à la place Sainte-Thérèse de Ndjili (est de Kinshasa) », indique la déclaration des opposants lue mardi après-midi à la presse.

« Inopportunité de la révision constitutionnelle »

Conformément à la Constitution de la RDC, les organisateurs ont prévenu le gouverneur de Kinshasa, André Kimbuta, de leur rassemblement, en précisant qu’il visait à débattre avec la population (…) plus principalement de « l’inopportunité de la révision constitutionnelle. »

La lettre a également été adressée pour information au ministre de l’Intérieur, Richard Muyej, et au chef de la mission de l’ONU en RDC (Monusco).

Jeuneafrique.com avec AFP