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Canada-Québec: Devrait-on continuer de porter le masque s’il n’est plus obligatoire?

mai 4, 2022
Un homme portant le masque sort d'une station de métro.

Le gouvernement du Québec doit annoncer que le port du masque ne sera plus obligatoire dans plusieurs lieux publics à la mi-mai. Photo : The Canadian Press/Graham Hughes

Le gouvernement du Québec doit annoncer aujourd’hui que le masque ne sera bientôt plus obligatoire, mais qu’il sera fortement recommandé dans la majorité des lieux publics. Si certains ont vraiment hâte de l’enlever, des experts disent qu’il ne faut pas changer nos habitudes du jour au lendemain.

Trois experts consultés disent qu’ils continueront de porter un masque dans les endroits clos, mal ventilés et là où il y a beaucoup de personnes. Ils recommandent au public de faire de même.

Si la pression populaire semble avoir poussé les autorités à abandonner cette obligation, porter un masque continue d’être l’un des meilleurs moyens pour prévenir la transmission du virus, dit le Dr Christopher Labos, cardiologue et épidémiologiste montréalais.

Il recommande surtout que les personnes de 60 ans et plus, les personnes immunodéprimées et les femmes enceintes continuent de porter un masque lors de rassemblements ou dans les endroits bondés. Les personnes non vaccinées devraient elles aussi porter un masque, puisqu’elles sont plus à risque de développer des complications de la maladie.

Après, pour la population générale, qui n’est pas trop à risque, si les personnes l’enlèvent, elles ont des chances de développer la maladie et de toucher le numéro gagnant de la « COVID longue », ajoute Roxane Borgès Da Silva, professeure à l’École de santé publique de l’Université de Montréal.

Rappelons que les études estiment qu’entre 10 et 20 % des personnes infectées par la COVID-19 développent des symptômes à long terme.

De plus, il y a une tranche de la population qui n’a pas le choix de continuer à vivre avec des risques élevés. Porter le masque protège notamment les aînés et les personnes immunodéprimées du virus, tout en leur permettant de retrouver une certaine normalité.

On voit partout dans les autres pays et provinces, le masque est tombé. C’est une demande basée sur l’intérêt individuel, pas sur l’intérêt collectif, dit Mme Borgès Da Silva.

Continuer de porter le masque est un moindre mal et est une mesure facile à adopter et à appliquer, ajoute pour sa part la Dre Catherine Hankins, professeure en santé publique et en santé des populations à l’Université McGill et coprésidente du Groupe de travail sur l’immunité face à la COVID-19.

En outre, Mme Borgès Da Silva tient à rappeler que les masques maison ne sont clairement pas suffisants pour faire face au variant Omicron, qui est hautement contagieux.

Une étude des CDCCentres pour le contrôle et la prévention des maladies aux États-Unis(Nouvelle fenêtre) a montré que, dans les lieux publics intérieurs, les masques médicaux réduisent les risques d’infection de 66 %, tandis que les masques N95 et KN95 les réduisent de 83 %. Le port d’un masque en tissu semblait réduire les risques d’être infecté de seulement 56 %.

Comment déterminer son risque individuel?

Une autre raison qui pousse ces experts à continuer de porter le masque est le fait qu’il est actuellement difficile de connaître son risque individuel d’être infecté.

Le Dr Labos affirme que, si le gouvernement veut laisser aux personnes le choix de porter ou non le masque, il doit aussi mieux les informer de la situation épidémiologique, ce qui n’est pas le cas en ce moment. Sans données, on ne sait pas trop combien il y a de COVID-19 dans la communauté. Les gens doivent deviner.

S’il semble y avoir un ralentissement du nombre d’infections, le Dr Labos rappelle que le virus est loin d’avoir disparu. Il craint qu’en changeant le message, trop de personnes interpréteront la fin du port du masque comme la preuve que la pandémie est terminée.

De nombreux Québécois ne réalisent peut-être pas que la pandémie continue d’avoir des répercussions majeures sur le système de santé, dit le Dr Labos.

« C’est facile d’avoir l’impression que tout est fini, que tout semble normal. Mais c’est aussi facile de sous-estimer à quel point la situation est encore difficile. »— Une citation de  Dr Christopher Labos, cardiologue et épidémiologiste

Mme Borgès Da Silva rappelle que la province connaît encore des niveaux élevés d’infections et d’hospitalisations. Selon le Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations (CIRANO), il y a encore des dizaines de milliers de cas par jour au Québec. En date du 4 mai, il y a encore près de 2200 personnes hospitalisées, ce qui correspond à un niveau deux fois plus élevé que celui qui avait cours lors des premières vagues.

Omicron cause beaucoup d’infections asymptomatiques. Il y a de très grandes chances de transmettre le virus [sans même le savoir]. On ne sait pas si les personnes autour de nous sont vaccinées, si elles sont infectées, ajoute Catherine Hankins.

Pour toutes ces raisons, Mme Hankins et Mme Borgès Da Silva auraient préféré que le gouvernement maintienne l’obligation du port du masque un peu plus longtemps, le temps que cette sixième vague commence à descendre.

On ne voit pas de forte pente décroissante de l’incidence des cas. Dans ce contexte, si on enlève le masque, ça va augmenter la circulation du virus. Avec un niveau déjà très élevé, ça risque de créer des enjeux, dit Mme Borgès Da Silva.

Une mesure généralement acceptée

Ces experts ne seront probablement pas les seuls Québécois qui continueront de porter le masque, selon le dernier sondage fait par l’Institut national de santé publique du Québec(Nouvelle fenêtre) (INSPQ).

Environ 60 % des Québécois ont affirmé à la mi-avril qu’ils porteront le masque même si la mesure ne sera plus obligatoire. Seulement la moitié des jeunes de 25 à 44 ans disent avoir l’intention de porter le masque lorsqu’il ne sera plus obligatoire, tandis que 85 % des personnes de 60 ans et plus affirment qu’elles continueront de porter un masque.

Le Dr Labos ne sera pas surpris de voir plusieurs Québécois porter un masque dans les lieux publics. Les gens se sont habitués et ont été sensibilisés [aux bienfaits des masques].

D’ailleurs, plus de 80 % des Québécois sondés croient que le port du masque est très ou plutôt efficace.

Il y a plusieurs élèves qui n’ont pas encore retiré leur masque en classe, même s’ils ne sont plus obligés, souligne Roxane Borgès Da Silva. C’est un changement de pratique; j’adopte une norme d’hygiène respiratoire afin de me protéger et de protéger les autres. Et, pas juste pour la COVID-19.

Le Dr Labos dit que tous ses collègues continueront de porter le masque et exigeront que leurs patients portent le masque. Si la majorité des médecins continuent de le faire, c’est probablement signe que c’est une bonne idée, affirme-t-il.

Même si une grande proportion des Québécois disent qu’ils porteront encore le masque, seulement le tiers des Québécois se considèrent comme très à risque d’attraper la COVID-19 et plus de la moitié ne croient pas que la maladie sera dangereuse pour leur santé. Par contre, près de 60 % des répondants disent qu’ils sont inquiets d’infecter une personne de leur entourage.

Un changement de paradigme pour l’avenir

Le Dr Labos pense qu’il sera extrêmement difficile d’exiger de nouveau le port du masque s’il y a de nouvelles vagues. Pourtant, dit-il, le port du masque demeure l’une des méthodes les plus efficaces et les moins coûteuses d’éviter des confinements et des fermetures.

La société sera de plus en plus sensibilisée à l’utilité et à l’efficacité du masque pour prévenir la transmission de maladies respiratoires comme la COVID-19, de la même façon qu’elle l’a été à l’égard du port de la ceinture dans un véhicule. Cependant, il faudra probablement encore des années avant que la majeure partie de la population n’adopte cette mesure sanitaire lors de nouvelles vagues, estime le Dr Labos.

Dans 20 ans, on sera surpris [d’apprendre] qu’on a déjà laissé des gens visiter un patient hospitalisé sans porter un masque, dit-il. On fera comme au Japon, où le port du masque est courant pendant la saison grippale.

Radio-Canada par Mélanie Meloche-Holubowski

Canada: La santé publique du Québec n’exclut pas un resserrement des mesures sanitaires

mars 31, 2022

Le Dr Luc Boileau s’attend à ce que le mois d’avril soit «difficile» sur le front de la COVID-19 au Québec. (Archives) Photo: Radio-Canada/Sylvain Roy Roussel

Le directeur national de santé publique du Québec, le Dr Luc Boileau, n’exclut pas un resserrement des mesures sanitaires pour faire face à la sixième vague de COVID-19.

Toutes les options sont sur la table [mais] ce n’est pas celle que nous privilégions actuellement , a déclaré le Dr Boileau jeudi matin en entrevue à l’émission Première Heure.

Le médecin a laissé entendre qu’au lieu de recommander un resserrement des règles sanitaires, la santé publique pourrait d’abord conseiller au gouvernement Legault de retarder le retrait de l’obligation du port du masque dans les lieux publics, prévu à la mi-avril.

Geste barrière important

Nous allons faire nos recommandations au gouvernement la semaine prochaine pour vérifier si nous souhaitons ou encourageons le maintien de cette activité-là, de ce geste-là, qui est un geste barrière important. Il n’est pas le seul qui peut être pris, a-t-il précisé.

Québec prévoit de mettre fin à l’obligation de porter un masque dans les lieux publics à la mi-avril. (Archives) Photo: Getty Images/Istockphoto/Skodonnel

Luc Boileau a indiqué que la stratégie des autorités sanitaires allait dépendre de la capacité de la population à modifier ses habitudes pour tenir compte de la grande contagiosité du sous-variant BA.2.

« On va passer au travers de cette vague si les gens respectent ce principe de ne pas contaminer les autres et de ne pas chercher à se contaminer soi-même lorsqu’on est à risque. »— Une citation de  Dr Luc Boileau, directeur national de santé publique du Québec

Le numéro un de la santé publique a rapporté que le nombre de nouveaux patients hospitalisés pour soigner la COVID-19 avait pratiquement doublé au Québec par rapport à la semaine dernière.

Limiter les contacts

Il a rappelé que les personnes infectées demeurent contagieuses durant 10 jours, d’où l’importance d’éviter les grands rassemblements après la fin de la période d’isolation obligatoire de 5 jours.

Le sous-variant BA.2 est désormais dominant au Québec. Photo : Istock

Restons encourageants pour l’instant. Si on est capable d’assister à ce changement de comportements et d’attitudes dans cette vague-ci, ça va aider tout le monde, a mentionné le médecin.

Pour prévenir une nouvelle fragilisation du système de santé, le Dr Boileau a également insisté sur l’importance de réduire au minimum le nombre de professionnels de soins infectés par la COVID-19.

Celui-ci aurait déjà pratiquement atteint le niveau maximum observé durant la cinquième vague.

Dubé exclut un resserrement

Le ministre de la Santé, Christian Dubé, a mentionné qu’il s’attendait à ce que le relâchement des mesures sanitaires ait un impact sur le nombre d’infections et d’hospitalisations liées à la COVID-19. Malgré l’apparition de la sixième vague, il a indiqué que son gouvernement n’avait pas l’intention de modifier sa stratégie.

Oui, on est préoccupé, mais en même temps, c’était prévu, puis je demande aux gens de continuer à se protéger. Mais il n’y a aucune raison, pour le moment, de changer la stratégie qu’on a parce que les gens doivent apprendre à vivre avec le virus et continuer à se protéger, a déclaré le ministre lors d’un point de presse à l’Assemblée nationale.

« Je pense qu’il n’y a personne qui veut revenir à des mesures sanitaires. Je pense qu’on s’entend tous là-dessus. »— Une citation de  Christian Dubé, ministre de la Santé

Christian Dubé exclut pour l’instant tout resserrement des mesures sanitaires au Québec. Photo : Radio-Canada/Sylvain Roy Roussel

Christian Dubé a expliqué que l’augmentation des cas de COVID-19 était davantage observée dans les régions qui ont été les moins frappées par le variant Omicron. C’est le cas, notamment, de l’Abitibi, de la Côte-Nord et de la zone allant de la région de Québec jusqu’à la Gaspésie.

Protection immunitaire

Puisque la région de Montréal, où réside environ la moitié de la population québécoise, est relativement épargnée, l’impact sur les hospitalisations et la capacité du système de santé à maintenir la prestation de services risque d’être moins important que lors de la vague précédente, selon le ministre.

On a eu une protection immunitaire de la population énorme avec Omicron, et on le voit en ce moment, ce n’est pas à Montréal que ça frappe, ça frappe dans des régions qui n’ont pas été touchées. Et dans ces régions-là, bien, il y a moins de gens, a fait remarquer M. Dubé.

À l’instar du Dr Luc Boileau, il a insisté sur l’importance de continuer à se protéger et de faire particulièrement attention aux personnes plus vulnérables, notamment celles vivant dans les résidences privées pour aînés.

Radio-Canada par Louis Gagné avec la collaboration d’Alexandre Duval et de Martin Boucher

Canada-Québec: Les masques tombent, mais de nombreuses personnes demeurent vulnérables à la COVID

mars 11, 2022
Un masque sale, au sol.

Les provinces canadiennes font tomber rapidement les mesures sanitaires, comme le port du masque, la distanciation sociale et l’isolement. Photo : Radio-Canada/Jean-Claude Taliana

En ce début de troisième année de pandémie de COVID-19, la plupart des pays dans le monde lèvent la majorité des mesures sanitaires. Si certains s’en réjouissent et considèrent que la pandémie est « terminée », il y a une tranche de la population qui n’a pas le choix de continuer à vivre avec des risques élevés.

C’est une responsabilité maintenant qui est la nôtre, a dit le Dr Luc Boileau, directeur national par intérim de la santé publique du Québec, jeudi en conférence de presse, tout en ajoutant qu’il faut penser à ceux qui sont les plus vulnérables, les gens qui sont immunodéprimés, les personnes plus âgées et en particulier celles qui souffrent de maladies chroniques.

L’immunologiste André Veillette dit qu’il est désolant de voir qu’on met un si gros fardeau de gestion du risque sur les épaules de ces personnes vulnérables. Ces gens font déjà attention. Mais ils sont enfermés, cloîtrés depuis deux ans. Ils ne sortent pas parce qu’ils connaissent le risque, dit M. Veillette, qui est membre de l’Institut de recherches cliniques de Montréal.

Daron Basmadjian, un pharmacien montréalais qui a offert des plages horaires « sécurisées » pour vacciner les patients immunodéprimés en toute sécurité, critique d’ailleurs le Dr Boileau qui dit qu’on ne peut plus continuer d’exiger le port du masque dans les endroits publics pour 3 % de la population qui est immunosupprimée. Trois pour cent sur 8 millions de personnes, c’est beaucoup de personnes. C’est plus de 250 000 Québécois, en fait.

M. Basmadjian dit que plusieurs de ses clients à risque sont anxieux par la levée rapide des mesures. Ils n’ont pas le choix de vivre dans une société qui ne veut plus prendre de mesures. Ils sont découragés, anxieux et ne savent pas ce qu’ils vont faire. Une bonne partie va se mettre à risque, parce qu’ils n’ont pas le choix.

La société devrait avoir un peu plus de compassion pour ces personnes qui n’ont pas choisi d’être à risque de développer des complications de la COVID-19, précise M. Basmadjian. Plusieurs sont nés comme ça ou prennent des médicaments [qui compromettent leur système immunitaire].

C’est le cas d’Annie-Danielle Grenier qui a une maladie auto-immune et une maladie auto-inflammatoire qui la rendent très à risque de développer une forme sévère de COVID-19. De plus, le cocktail de médicaments qu’elle prend pour gérer ses symptômes fait en sorte que son système immunitaire est complètement à plat.

Depuis deux ans, Anne-Danielle est isolée chez elle. Elle aimerait bien pouvoir retourner à la normale comme le reste de la population, mais puisque le virus est encore très présent dans la communauté et qu’on retire les mesures sanitaires de base, son niveau de risque est trop élevé, même si elle continue de porter un masque.

Cette Montréalaise croit que plusieurs ne comprennent pas qu’il y a de nombreux Québécois comme elle qui ont des maladies qui les mettent à risque de développer des complications de la COVID-19, mais qui ne sont pas à l’article de la mort.

« Les gens s’imaginent qu’une personne avec des comorbidités, c’est une personne de 90 ans ou qui est à deux semaines de mourir… »— Une citation de  Annie-Danielle Grenier

André Veillette tient à souligner qu’il y a beaucoup plus de Canadiens qui sont vulnérables à la COVID-19 qu’on ne le pense.

Selon Statistique Canada(Nouvelle fenêtre), en 2020, environ 14 % des Canadiens âgés de 15 ans ou plus ont un système immunitaire affaibli qui augmente leur risque de résultats indésirables liés à la COVID-19.

Environ 38 % des adultes canadiens ont un ou plusieurs problèmes de santé sous-jacents qui pourraient les exposer à un risque élevé de complications à la suite d’une infection par la COVID-19. L’Institut national de santé publique du QuébecINSPQ liste d’ailleurs plus de 30 états de santé préexistants qui entraînent un risque plus élevé de présenter une forme grave de la maladie.

Quand on dit à Annie-Danielle que sa peur par rapport à la COVID-19 est irrationnelle ou exagérée, elle réplique que c’est réellement une question de vie ou de mort. N’importe quelle infection est dangereuse pour elle; la COVID-19 est encore plus dangereuse.

« Mes médecins sont d’avis qu’avec mes quatre doses du vaccin, peut-être que je ne vais pas mourir, mais mon risque de décès est très élevé. »— Une citation de  Annie-Danielle Grenier

En effet, explique M. Veillette, la vaccination chez les gens immunosupprimés n’est pas aussi efficace. Ils peuvent avoir quatre doses du vaccin, mais il n’y a pas de garantie que ça marche pour eux. Le système immunitaire de certains ne répond pas ou pas suffisamment. La seule garantie qu’ils ont est de ne pas être exposés au virus.

De plus, le port du masque n’est pas suffisant pour ces personnes, ajoute Daron Basmadjian. Même s’ils suivent toutes les directives, ils ont un risque assez grand d’avoir une infection sévère, dit Daron Basmadjian.

De plus, bien des personnes, y compris Annie-Danielle, doivent oublier les traitements antiviraux, comme le Paxlovid. Si les gouvernements du Québec et du Canada ont annoncé que cet antiviral pourrait être utilisé prioritairement pour traiter les personnes vulnérables (cancer, insuffisance cardiaque, néphrologie, greffes, VIH/sida), chez certaines d’entre elles, ce médicament est en fait contre-indiqué parce qu’il interagit avec d’autres médicaments.

Par exemple, dans la liste de médicaments qui pourraient interagir avec le Paxlovid, Santé Canada énumère des médicaments pour traiter les cancers, le cholestérol, l’asthme, la dépression ou pour prévenir des caillots.

C’est moins utilisé qu’on prévoyait dans cette communauté. Par exemple, la plupart des médicaments antirejet interagissent avec le Paxlovid, dit M. Basmadjian.

Un peu de compassion demandée

Annie-Danielle est frappée par les commentaires des gens qui lui disent qu’elle n’a qu’à rester à la maison pour que le reste de la société profite de sa liberté. Quand c’est pas toi [qui vit cette situation], c’est facile de dire que ta vie ne vaut rien. On ne peut pas rester chez nous tout le temps, dit-elle, en rappelant qu’avant la pandémie, elle n’avait pas besoin de s’isoler à ce point.

André Veillette est lui aussi choqué de recevoir des messages des gens sur les réseaux sociaux qui disent ouvertement ne pas avoir de compassion pour ces personnes vulnérables et les aînés : C’est correct qu’ils meurent, ils sont âgés, ils sont malades. Ils sont dus [pour mourir].

En ne tenant pas compte de toutes les personnes vulnérables et des aînés, croit M. Veillette, la société a l’air de porter un jugement de valeur sur l’importance des gens. C’est comme si ces gens, leurs vies, sont moins importants que le reste de la société. C’est triste.

« C’est comme si ce sont des citoyens de deuxième ordre; le fait qu’ils souffrent, qu’ils décèdent [de la COVID-19], c’est moins problématique. »— Une citation de  André Veillette, immunologiste

Geneviève Solomon, présidente de l’Association des patients immunodéficients du Québec (APIQ), craint d’ailleurs que certaines personnes vulnérables s’isolent de peur d’être infectées ou même stigmatisées. Ces personnes ont peur de se faire dire « pourquoi tu portes le masque, c’est fini ». C’est important de ne pas ridiculiser et d’ostraciser ces gens. Ça fait partie d’un geste de tous les jours.

Si les personnes immunodéprimées comprennent la fatigue de la population et doivent accepter le fait qu’on retire les mesures sanitaires, elles souhaitent que quelques mesures simples soient prises pour faciliter leurs vies, comme :

  • offrir des services gouvernementaux par téléphone ou en ligne;
  • offrir des plages horaires « sécuritaires » dans certains commerces;
  • expliquer à la population pourquoi certaines personnes continueront de porter un masque, afin d’éviter les situations d’intimidation.

L’un des éléments les plus importants, selon Mme Solomon, est que toutes les personnes doivent continuer de porter un masque si elles ont des symptômes, mêmes légers de la COVID-19. Même si chaque personne immunosupprimée porte un masque pour se protéger, elle ne peut pas se protéger des personnes qui ont des symptômes et qui ne portent pas de masque.

« On dit : « faites attention à nous parce qu’on a besoin d’une protection supplémentaire ». On a envie de profiter de cette nouvelle phase de la vie avec vous. »— Une citation de  Geneviève Solomon, APIQ

La pandémie des pays moins nantis

Si la levée des mesures sanitaires inquiète les personnes immunosupprimées au Canada, la Dre Joanne Liu s’inquiète particulièrement pour les pays moins nantis, où les habitants sont très peu vaccinés.

Selon l’Organisation mondiale de la santéOMS, 23 pays n’ont pas encore pleinement vacciné 10 % de leur population et 73 pays n’ont pas encore atteint une couverture vaccinale de 40 %. Seulement 7 % des personnes dans les pays à faible revenu ont été entièrement vaccinées, contre 73 % dans les pays à revenu élevé.

Je pense que ça va devenir l’endémie COVID des pays à bas et moyen revenu dans les prochains mois, dit la Dre Liu, qui tient à rappeler que de nouveaux variants pourraient émerger des endroits comportant de hauts taux de transmission. Ces variants pourraient revenir hanter l’Occident qui se déconfine rapidement.

Si l’Occident peut se permettre actuellement de relâcher certaines mesures puisque la situation semble se stabiliser, bon nombre de pays continueront de subir la pandémie pendant les mois à venir, avertit la Dre Liu.

Mais après deux ans de pandémie et maintenant avec une guerre en Ukraine, les gens sont peu intéressés par ce qui se passe à l’étranger, se désole la Dre Liu. Et ce n’est pas la première fois qu’une problématique mondiale qui est réglée dans les pays riches demeure un problème pour les pays moins nantis.

Elle cite en exemple la pandémie du virus de l’immunodéficience humaineVIH et de l’Ebola. Il y a eu des avancées des médicaments rétroviraux, mais quand les pays de hauts revenus ont réussi à stabiliser l’épidémie, c’est devenu la pandémie des pays pauvres. […] Même chose avec l’Ebola. Les premiers cas sont apparus en 2013, mais on a seulement commencé à en parler quand on a rapatrié deux travailleurs humanitaires aux États-Unis. Tout d’un coup, les pays nantis se sont sentis menacés.

Selon la Dre Liu, il reste un acte à l’opéra COVID et il faut le finir. Ce n’est pas impossible. Pour arriver à endiguer la pandémie à travers le monde, il faut non seulement augmenter la quantité de doses du vaccin offertes aux pays à bas revenus, dit la Dre Liu, mais il faut aussi leur offrir l’équipement nécessaire (p. ex., des seringues) et l’appui logistique pour organiser des campagnes de vaccination.

Elle réclame aussi de donner à ces pays les outils technologiques pour qu’ils puissent produire eux-mêmes leur vaccin. Ça va permettre aux gens des pays à bas revenus de se faire vacciner, s’ils le veulent.

Avec Radio-Canada par Mélanie Meloche-Holubowski

Canada: Doug Ford « maudit » le masque et dit que les triple vaccinés attrapent la COVID

février 15, 2022
Doug Ford en point de presse dans une usine.

Le premier ministre Doug Ford dit que les Ontariens doivent apprendre à vivre avec la COVID. Photo : Pool des Médias

Le premier ministre ontarien Doug Ford affirme qu’il faut en finir avec le « maudit » masque. Il ajoute qu’il connaît des « centaines » de personnes qui avaient reçu trois doses de vaccin contre la COVID-19 et qui ont tout de même été infectées, y compris Justin Trudeau.

M. Ford a annoncé lundi un déconfinement accéléré en Ontario, y compris l’abandon du passeport vaccinal dès le 1er mars, mais pas du masque.

En point de presse mardi dans une usine à Hamilton, il a rappelé qu’il n’avait jamais aimé le passeport vaccinal, mais qu’il s’était plié aux recommandations à l’époque du médecin hygiéniste en chef de la province, le Dr Kieran Moore.

Maintenant que les hospitalisations et le taux de positivité des tests de dépistage baissent, il est temps d’en finir avec le passeport vaccinal, selon lui.

« Qu’on ait eu une dose ou dix doses, on peut attraper la COVID. Le premier ministre [Justin Trudeau, il était triplement vacciné, et je connais des centaines de personnes qui avaient eu trois doses et qui ont été infectées. »— Une citation de  Doug Ford, premier ministre de l’Ontario

Il faut être prudents et se laver les mains, mais il faut apprendre à vivre avec le virus, lance-t-il.

M. Ford a aussi écorché mardi la directive provinciale quant au port obligatoire du masque dans les lieux publics.

« Je pourrais demander à n’importe qui autour de moi s’ils veulent se débarrasser de ces maudits masques et ils vont me répondre que oui. Ils veulent revenir à la normale. »— Une citation de  Doug Ford, premier ministre

Il a ajouté ceci : Certains ne croient pas à ça, c’est leur choix. C’est une question de démocratie et de libertés. Je n’aime pas en tant que gouvernement dire aux gens quoi faire.

M. Ford n’a pas fixé de date pour ce qui est de la fin du masque obligatoire.

Il a dit lundi que le couvre-visage était une couche supplémentaire de protection pendant le déconfinement, promettant d’attendre le feu vert du Dr Moore avant d’abandonner le masque.

La santé publique en faveur de la 3e dose

Le chef de la santé publique ontarienne a expliqué que le passeport vaccinal était devenu inutile, selon lui, parce que plus de 90 % des Ontariens de 12 ans et plus ont déjà reçu au moins deux doses de vaccin.

Le Dr Moore continue toutefois à inciter le public à recevoir une troisième dose, pour éviter les complications liées au virus et prévenir une autre hausse des hospitalisations, dit-il.

L’attachée de presse de Doug Ford, Ivana Yelich, a d’ailleurs nuancé les propos de ce dernier en réponse aux questions de Radio-Canada mardi.

Selon notre expérience récente avec Omicron, même les gens pleinement vaccinés ou ceux qui ont eu leur dose de rappel peuvent contracter ce variant et avoir des symptômes, dit-elle. Toutefois, le fait d’être pleinement vaccinés aide grandement à éviter les complications, l’hospitalisation ou la mort. C’est pour ça que le premier ministre a reçu sa dose de rappel et qu’il incite constamment tous les Ontariens admissibles à faire de même.

Hospitalisations

Il y a 181 hospitalisations de plus que la veille en Ontario mardi, pour un total de 1550 patients infectés par le coronavirus.

En revanche, le nombre de patients infectés aux soins intensifs diminue de 10, se chiffrant à 384.

Il y a 19 décès de plus et 1593 nouveaux cas confirmés de COVID-19. Toutefois, ce chiffre représente une sous-estimation des infections, compte tenu de l’accès restreint aux tests de dépistage PCR.

Près de 13 000 tests de dépistage PCR ont été effectués au cours des dernières 24 heures. Le taux de positivité des tests est de 11,9 %.

Près de 25 300 doses de vaccin contre la COVID-19 ont été administrées lundi, y compris près de 13 000 doses de rappel.

Cinq écoles sont fermées en lien avec la pandémie.

Avec Radio-Canada

Canada: Québec paie pour récupérer des masques sans savoir si c’est bon pour l’environnement

janvier 28, 2021

Le gouvernement Legault n’a pas l’intention de vérifier les procédés des entreprises de récupération qui recevront des millions de dollars de fonds publics pour traiter les masques chirurgicaux utilisés dans les écoles du Québec.

Quelque 85 millions de masques de procédure seront distribués aux élèves du secondaire au cours des prochains mois au Québec (archives).

© Harry Wedzinga/getty images/istockphoto Quelque 85 millions de masques de procédure seront distribués aux élèves du secondaire au cours des prochains mois au Québec (archives).

Depuis la rentrée de janvier, chaque élève du secondaire reçoit deux masques chirurgicaux par jour. On évalue à 85 millions le nombre de masques jetables qui seront distribués dans le réseau scolaire d’ici la fin des classes. L’opposition libérale à Québec s’attend à ce que leur récupération coûte environ 30 millions de dollars.

Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a récemment indiqué que les dépenses encourues par les centres de services scolaires pour récupérer les masques jetables des élèves seraient remboursées. Pour les aider à choisir l’entreprise avec qui ils feront affaire, le Ministère leur a remis une liste des récupérateurs préparée par Recyc-Québec.

Le document répertorie quatre entreprises offrant un service de récupération des masques et autres équipements de protection individuelle (ÉPI). Il est basé sur les informations fournies par les récupérateurs au 16 décembre 2020. Recyc-Québec précise que sa liste «ne constitue pas un avis, une recommandation ou une quelconque garantie de [sa] part».

La compagnie TerraCycle, qui vend des boîtes servant à collecter les masques jetables, fait partie des récupérateurs recensés par Recyc-Québec (archives).

© /Radio-Canada La compagnie TerraCycle, qui vend des boîtes servant à collecter les masques jetables, fait partie des récupérateurs recensés par Recyc-Québec (archives).

Deux entreprises, l’Américaine TerraCycle et la Québécoise MedSup affirment recycler les différents éléments qui composent les masques (élastique, barrette nasale, tissu, etc.). TerraCycle trie les masques à Fergus, en Ontario, et les recycle en Illinois, tandis que MedSup effectue l’ensemble de ses opérations au Québec.

De leur côté, les compagnies Sanexen et Multirecycle, toutes deux québécoises, envoient les masques à Niagara Falls, dans l’État de New York, où ils sont incinérés afin de générer de la vapeur et de l’énergie. Ce mode de récupération, appelé valorisation énergétique, n’est pas considéré comme du recyclage.

Aucune vérification

Les informations fournies par les récupérateurs n’ont fait l’objet d’aucune vérification de la part de Recyc-Québec ou d’un tiers indépendant. Il en va ainsi des procédés qu’ils emploient. Impossible, donc, de connaître leur impact environnemental.

Le directeur général du Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets (FCQGED), Karel Ménard, soutient que certaines méthodes de récupération peuvent avoir des impacts négatifs sur l’environnement. L’incinération de masques, par exemple, peut entraîner le rejet de dioxines et de furanes, des substances «extrêmement nocives pour l’homme et persistantes dans l’environnement ».

«Ce n’est pas parce qu’on récupère l’énergie que c’est bon pour l’environnement […] C’est malheureux à dire, mais souvent, l’enfouissement du masque, purement et simplement, est peut-être la meilleure des options, et certainement la moins chère également », fait valoir M. Ménard.

Selon Karel Ménard (photo) et le FCQGED, le remboursement des coûts liés à la récupération des masques dans les écoles devrait être conditionnel à leur recyclage au Québec.

© /Radio-Canada Selon Karel Ménard (photo) et le FCQGED, le remboursement des coûts liés à la récupération des masques dans les écoles devrait être conditionnel à leur recyclage au Québec.

C’est sans compter l’empreinte carbone associée au transport par camion, sur des centaines de kilomètres, des masques qui sont envoyés en Ontario ou aux États-Unis pour y être traités.

Karel Ménard mentionne qu’il est souvent difficile d’obtenir auprès des entreprises les informations permettant d’assurer la traçabilité des matières récupérées, telles que l’endroit où elles sont envoyées et les procédés utilisés.

Pas dans le mandat de Recyc-Québec

Recyc-Québec affirme qu’elle peut difficilement émettre des recommandations sans analyse du cycle de vie des matières recyclées, un exercice qui «permettrait d’établir un diagnostic complet, scientifique et neutre sur les procédés de ces entreprises ».

«Nous n’avons pas le mandat ni les leviers d’intervention pour auditer les informations des entreprises de récupération. De plus, vu le contexte COVID, aucune visite des installations n’était possible », indique la société d’État dans un courriel à Radio-Canada.

Depuis le retour du congé des Fêtes, les élèves du secondaire reçoivent deux masques chirurgicaux par jour au Québec (archives).

© Josée Ducharme/Radio-Canada Depuis le retour du congé des Fêtes, les élèves du secondaire reçoivent deux masques chirurgicaux par jour au Québec (archives).

Elle maintient les recommandations adoptées au début de la pandémie, soit «d’opter pour des masques réutilisables lorsque cela est permis et recommandé par la santé publique » et de ne jamais déposer les masques et autres ÉPI dans les bacs de récupération ou dans l’environnement.

En se fiant uniquement aux informations fournies par les entreprises, Recyc-Québec risque de partager des renseignements inexacts à la population.

Le quotidien La Voix de l’Est a rapporté le week-end dernier que contrairement à ce qui est écrit dans le guide gouvernemental, MedSup n’est pas encore en mesure de recycler le polypropylène qu’on retrouve dans les masques de procédure.

Confusion

La porte-parole de Québec solidaire en matière d’environnement, Ruba Ghazal, croit que même s’il n’est pas présenté comme un avis ou une recommandation, le guide de Recyc-Québec porte à confusion.

«C’est sûr que n’importe qui qui voit ça dit, bien, le gouvernement nous dit que ces entreprises-là font un bon travail et on les a choisies pour vous », fait valoir la députée de Mercier.

La députée solidaire Ruba Ghazal parraine une pétition demandant au gouvernement de mettre en place une solution écoresponsable pour le recyclage des masques jetables.

© /Radio-Canada La députée solidaire Ruba Ghazal parraine une pétition demandant au gouvernement de mettre en place une solution écoresponsable pour le recyclage des masques jetables.

Elle s’inquiète que des fonds publics soient utilisés pour recourir à des services de récupération qui n’ont pas été validés par Recyc-Québec.

Au lieu de dépenser des dizaines de millions de dollars pour récupérer les masques jetables, le gouvernement devrait investir dans l’homologation d’un masque réutilisable qui serait produit au Québec, croit Ruba Ghazal. Cette solution aurait l’avantage d’être écologique et locale.

Karel Ménard abonde dans le même sens. «Si on avait un masque réutilisable et qu’on en donnait aux étudiants, ce serait un méchant beau message sur le plan environnemental, beaucoup plus que ce qu’on est en train de faire actuellement », avance-t-il.

Pas de compromis sur la santé et la sécurité

Le ministre de l’Environnement, Benoit Charette, tient pour sa part à rappeler que «nous sommes dans une crise sanitaire sans précédent » et que l’utilisation des masques chirurgicaux dans différents secteurs, notamment en éducation, découle d’une recommandation de la santé publique.

«C’est une question de santé et de sécurité pour tous, alors on ne peut pas faire de compromis », affirme le ministre dans une déclaration écrite transmise à Radio-Canada.

Il souligne l’attitude «proactive» de Recyc-Québec depuis le début de la pandémie. Le document qui recense les entreprises faisant la récupération de masques «a été fait de bonne foi avec les informations qui ont été transmises lors des vérifications ».

«[Recyc-Québec] a travaillé en collaboration avec le ministère de l’Éducation pour développer des mesures adaptées au milieu scolaire », précise Benoit Charette.

Le ministre ajoute que l’organisme «poursuit ses démarches pour ajouter d’autres éventuelles solutions de récupération à la liste ».

Avec Radio-Canada par  Louis Gagné 

Coronavirus : tour du monde des restrictions qui reprennent de la vigueur

juillet 25, 2020

 

Un exemple parmi d’autres : les quelque 10 millions d’habitants de Tokyo sont invités à rester chez eux depuis jeudi.

Contrôles de voyageurs en Europe, restrictions pour les étudiants étrangers aux Etats-Unis, ports de masques obligatoires : les mesures sanitaires contre l’épidémie de coronavirus reprennent de la vigueur à travers le monde.

Aux Etats-Unis, pays le plus endeuillé avec 145.000 décès liés au Covid-19, plus de 70.000 nouveaux cas ont encore été dénombrés vendredi 24 juillet, ainsi que 1150 morts, selon le comptage de l’université Johns Hopkins. Le nombre total d’infections diagnostiquées sur le sol américain est de 4,1 millions.

Le gouvernement Donald Trump a ciblé vendredi les étudiants étrangers. Ceux-ci ne pourront plus entrer aux Etats-Unis si leurs cours sont en ligne, ce qui risque d’être le cas dans de multiples universités. Le pays compte près d’un million d’étudiants étrangers.

Dans ce pays, l’imposition du port de masques gagne aussi du terrain: le géant des fast-food McDonalds va obliger tous ses clients à en porter à partir du 1er août.

En Europe, l’épidémie a tué 207.118 personnes pour plus de 3 millions de cas, selon un comptage de l’AFP.

«La récente résurgence de cas de Covid-19 dans certains pays après l’assouplissement des mesures de distanciation est certainement une cause d’inquiétude», a déclaré à l’AFP une porte-parole de la branche européenne de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). L’organisation a appelé les pays européens à rester réactifs et à lever les restrictions «avec attention» voire à les réintroduire si besoin.

Plusieurs pays de la région ont renforcé les contrôles des voyageurs.

L’Allemagne propose des tests gratuits aux voyageurs de retour dans le pays. Et la France, où la circulation virale est en «nette augmentation» selon les autorités sanitaires, a rendu obligatoires les tests pour les voyageurs arrivant de 16 pays, dont les Etats-Unis et l’Algérie.

En Catalogne, dans le nord-est de l’Espagne, le gouvernement a ordonné vendredi la fermeture des discothèques et bars de nuit face à l’augmentation des infections.

La Norvège a, elle, de nouveau imposé des restrictions sur les voyages avec l’Espagne, où l’épidémie repart à la hausse.

La Belgique a battu vendredi un triste record: une fillette de trois ans est morte des suites du Covid-19 il y a quelques jours, ont annoncé les autorités sanitaires, faisant d’elle la plus jeune victime du virus dans ce pays qui connaît une hausse des contaminations, avec 64.847 cas.

En Angleterre, l’obligation de porter le masque dans les magasins et les supermarchés est entrée en vigueur alors que piscines et salles de sport sont appelées à réouvrir samedi.

En Amérique latine et aux Caraïbes, le seuil des quatre millions de cas a également été franchi. Le Brésil à lui seul compte désormais plus de 2,2 millions de cas.

Sao Paulo a décidé de reporter son carnaval, et Rio de Janeiro réfléchit à cette option.

La Colombie a enregistré jeudi 315 décès, le nombre le plus élevé en une seule journée.

La situation est particulièrement dramatique au Pérou, où le système sanitaire de la deuxième ville du pays, Arequipa, est totalement saturé. Des personnes infectées dorment dans des tentes devant les hôpitaux ou dans leurs voitures, dans l’espoir d’obtenir une place.

Au Nicaragua, les masques seront aussi pour les reines de beauté alors que la compétition pour la couronne de Miss Nicaragua 2020 est maintenue mais à huis clos.

Le Panama a quant à lui annoncé qu’il renonçait à organiser la Coupe du monde féminine de football des moins de 20 ans, qui devait avoir lieu début 2021, ainsi que les Jeux sportifs d’Amérique centrale et des Caraïbes de 2022.

En Inde, 740 nouveaux décès attribués au Covid-19 ont été recensés en 24 heures, selon un bilan officiel vendredi. Avec 30.000 décès, le pays devient le sixième comptant le plus de morts, derrière les Etats-Unis, le Brésil, la Grande-Bretagne, le Mexique et l’Italie.

Plusieurs pays ont eux choisi d’imposer à nouveau des mesures de confinement partiel. Les quelque 10 millions d’habitants de Tokyo ont ainsi été invités à rester chez eux depuis jeudi, premier jour d’un long week-end férié. A Anvers, en Belgique, les réunions de plus de 10 personnes sont interdites à partir de samedi.

Selon la Croix-Rouge, le bilan économique dévastateur de la pandémie risque par ailleurs de déclencher de nouvelles vagues de migrations une fois les frontières rouvertes.

Par Le Figaro avec AFP

Coronavirus: les masques pourraient être bientôt obligatoires dans les lieux publics fermés au Québec

juillet 13, 2020

 

La province canadienne compte près d’un tiers des décès liés au coronavirus survenus dans le pays.

Le Québec, province canadienne la plus touchée par le coronavirus, va rendre le port du masque obligatoire dans les lieux publics fermés à partir du 18 juillet, rapportent, ce lundi, plusieurs médias.

Le Premier ministre local François Legault doit en faire l’annonce lors de son point presse en début d’après-midi, selon La Presse et Radio-Canada. La mesure devrait concerner aussi bien les commerces et les centres sportifs que les bars ou les restaurants, dans cette province qui compte près des deux tiers des quelque 8800 décès recensés au Canada, selon ces médias.

Les commerçants qui accueilleront des personnes ne portant pas de masque s’exposeront à une amende de 1000 à 6000 dollars canadiens (650 à 3900 euros) mais les citoyens ne seront pas sanctionnés, affirment le journal et la chaîne publique.

Recommandé jusqu’à présent, le port du masque est devenu obligatoire lundi dans les transports en commun de l’ensemble de la province. La semaine dernière, la maire de Montréal Valérie Plante avait annoncé qu’elle rendrait le port du masque obligatoire dans les lieux publics fermés à partir du 27 juillet, emboîtant le pas à Toronto et Ottawa où cette mesure s’applique déjà.

Le Canada se prépare à une seconde vague du virus

En outre, les autorités de la santé de la ville de Montréal ont appelé samedi les personnes ayant fréquenté les bars de la métropole québécoise depuis le début du mois à se faire dépister contre le nouveau coronavirus. Des clients ou employés contagieux ont fréquenté au moins cinq établissements montréalais depuis le 1er juillet, malgré les précautions mises en place.

Cette situation dans les bars intervient alors que la région de Montréal, épicentre de l’épidémie au Canada, connaît une augmentation des cas survenant chez les jeunes de moins de 39 ans ces dernières semaines. Fin juin, le Premier ministre Justin Trudeau avait déclaré que le Canada se préparait pour une deuxième vague de coronavirus, qui pourrait frapper à l’automne.

Par Le Figaro avec AFP

 

Canada-Québec: 90 000 masques destinés au Québec disparaissent à l’aéroport de Toronto

mai 28, 2020
Les masques avaient été commandés par le CHU de Québec, responsable de l'approvisionnement en équipement médical pour l'ensemble du système de santé québécois.©
mihalec/getty images/istockphoto Les masques avaient été commandés par le CHU de Québec, responsable de l’approvisionnement en équipement médical pour l’ensemble du système de santé québécois.
En 32 ans de métier comme fabricant de matériel médical, Pierre Jean Messier n’a jamais vu une situation pareille au Canada. Une demi-tonne de masques médicaux destinée aux hôpitaux du Québec a disparu d’une zone sécurisée de l’aéroport international de Toronto.

Le président et fondateur de I3 Biomédical hésite à parler carrément d’un vol, mais il admet que c’est l’hypothèse la plus probante en ce moment.

«Ça fait maintenant une dizaine de jours et plus qu’une recherche a été faite et tout compte fait, ils se sont vaporisés dans les airs», s’étonne Pierre Jean Messier, un peu perplexe.

Pierre Jean Messier, président et fondateur de I3 Biomédical

© /Radio-Canada Pierre Jean Messier, président et fondateur de I3 Biomédical
Un courriel qu’il a reçu du transporteur aérien – courriel que nous avons pu consulter – confirme que les 90 000 masques en provenance du Mexique ont bel et bien passé les douanes à Toronto le 12 mai pour un transfert vers Montréal.

Le 18 mai, les autorités aéroportuaires ont signalé que le matériel manquait à l’appel. Des recherches ont été effectuées le lendemain aux aéroports de Toronto et Montréal sans que la demi-tonne de masques soit retracée.

Selon Pierre Jean Messier, il est peu probable qu’une telle quantité de masques ait pu être remise à bord d’un avion et quitter le pays. Il soupçonne plutôt une ou plusieurs personnes mal intentionnées de les avoir fait sortir de l’entrepôt.

«Le récipiendaire est clairement identifié comme étant des hôpitaux. Alors prendre du matériel que tout le monde est au courant qu’il est tellement nécessaire, et le faire disparaître comme ça, c’est pas très noble», dénonce l’entrepreneur.

Pas de conséquences pour le CHU de Québec

Les masques qui ont disparu représentent qu’une petite partie d’une commande de deux millions de masques effectués par le CHU de Québec, responsable de l’approvisionnement en matériel médical pour tout le Québec pour la durée de la pandémie.

Le président de I3 Biomédical précise que les masques manquants ont rapidement pu être remplacés, à grands frais, en devançant une autre livraison en provenance du Mexique.

L’incident a néanmoins grandement ébranlé sa confiance quant à la fiabilité des transferts de matériel médical par la métropole canadienne.

«Cette situation à Toronto, elle est particulièrement unique. Sincèrement, je ne me serais pas attendu à ce que ça se passe. […] On ne passera plus par Toronto. C’est déjà implanté au niveau opérationnel.»

Il a aussi mis en place plusieurs mesures de protection additionnelles pour les chargements de matériel médical qui transitent au Canada, des mesures que son entreprise réserve habituellement pour les pays où le matériel est plus à risque de disparaître.

L'aéroport Pearson de Toronto vu des airs

© Francis Ferland/Radio-Canada L’aéroport Pearson de Toronto vu des airs
Fabriqués au Québec, assemblés au Mexique
 

Pierre Jean Messier précise que les masques chirurgicaux qu’il fabrique sont entièrement conçus au Québec, mais que le dernier assemblage se fait au Mexique, pour des raisons de coûts.

Selon lui, il serait très facile de faire l’ensemble de la production au Québec, à condition que les gouvernements renoncent à acheter des produits qui sont trois cents plus bas.

Le dirigeant de I3 Biomédical soutient qu’il n’aurait pas besoin de prêts ou de subventions pour rapatrier l’ensemble de ses opérations au Québec, seulement l’engagement que les hôpitaux vont continuer à acheter des produits canadiens et québécois, pas pour deux ou trois mois, mais pour les années qui viennent.

Pierre Jean Messier se souvient très bien des discours politiques quand le SRAS et la grippe H1N1 menaçaient la planète. «On a toujours dit qu’il fallait cesser d’être dépendants, mais dès que la crise passait on revenait aux achats au plus bas prix.»

Il espère que les conclusions qui seront tirées de la pandémie de COVID-19 seront plus durables.

Par la Radio-Canada avec les informations d’Olivier Lemieux

Congo/Covid-19 : le gouvernement réceptionne plus de 805 mille masques

mai 18, 2020

Les artisans congolais ont livré, le 18 mai, à la ministre des Petites et moyennes entreprises, de l’Artisanat et du Secteur informel, Yvonne Adelaïde Mougany, un dernier lot de 805 mille 949 masques de fabrication locale.

 

La ministre Adélaïde Mougany après avoir reçu l’enveloppe des artisans/Photo Adiac

 

Les couturiers retenus ont tenu le pari en produisant la totalité de la demande du gouvernement. Ils ont livré au total un million cinq cents mille masques. En plus de la commande officielle, ces derniers ont confectionné quatre-vingt-trois mille masques supplémentaires. Ce qui porte le nombre total à un million cinq cent quatre-vingt-trois mille.

« Le gouvernement, par le bien du chef de l’Etat, Denis Sassou N’Guesso, avait donné mission aux artisans de produire 1,5 million de masques. Je suis contente de ce que les artisans ont réussi à couvrir la commande en si peu de temps, avec un surplus de quatre-vingt mille masques », s’est réjouie Yvonne Adélaïde Mougany.

L’objectif du gouvernement est de permettre à chaque Congolais, surtout les plus démunis, de disposer d’un masque afin de se protéger contre la pandémie du coronavirus. La commande des masques fait partie des stratégies adoptées par le gouvernement pour renforcer la riposte à la pandémie et briser la chaîne de contamination.

En vue de contribuer à la riposte à la maladie, les artisans congolais ont collecté trois millions francs CFA et les ont remis à la ministre des Petites et moyennes entreprises qui a promis de transmettre la somme au gouvernement.

« Je vous dis merci pour avoir remis au gouvernement, ce matin, votre contribution d’un montant de trois millions francs CFA, pour soutenir le Fonds national de solidarité mis en place par le président de la République », a souligné la ministre des Petites et moyennes entreprises.

 

Avec Adiac-Congo par Firmin Oyé

Congo/Covid-19 : la première livraison des masques artisanaux attendue mardi prochain

mai 1, 2020

Le gouvernement congolais a lancé une commande publique d’un million et demi de masques protecteurs auprès des artisans à Brazzaville et Pointe-Noire. Pour accélérer la fabrication, le gymnase Nicole Oba a même été transformé en un gigantesque atelier.

  

Yvonne Adélaïde Mougany observant le travail des couturiers/Adiac

La production locale de masques est l’une des stratégies adoptées par le gouvernement pour stopper la propagation du coronavirus(Covid-19) dans le pays. Dans son message à la nation, le 30 avril, le président Denis Sassou N’Guesso a annoncé que les masques commandés seront distribués gratuitement aux ménages démunis.

Moins de 24 heures après cette annonce, la ministre des Petites et moyennes entreprises, de l’artisanat et du secteur informel, Yvonne Adélaïde Mougany, est allé visiter quelques ateliers consignés par les autorités. L’objectif de la descente, d’après la tutelle, est de voir si les normes retenues pour la fabrique de ces équipements sont bien respectées. Dans le cadre de ce partenariat, l’État se charge de la fourniture des matériels et tissus dont une partie a déjà été remise aux artisans.

La ministre Yvonne Adélaïde Mougany s’est montrée rassurante sur la qualité des plateaux techniques des ateliers sélectionnés, le respect des dimensions des masques, ainsi que de leurs modèles. « Quant au délai de livraison, la production a commencé effectivement que cette semaine sans compter le temps des installations des ateliers. La moitié de la commande est déjà prête, nous espérons recevoir une première livraison dès le 5 mai. Des moyens ont été mis en œuvre pour que le travail se passe un peu plus vite », a-t-elle déclaré.

En effet, les masques attendus devraient être confectionnés selon des dimensions définies, soit 19 cm de longueur et 8 cm de largeur. Les matériaux de confection ont été minutieusement étudiés, soit un tissu en coton, la doublure légère, l’élastique dont la couleur doit correspondre à celle du tissu et le rouleau en biais.

Le gymnase Nicole Oba transfromé en atelier/Adiac

Plusieurs dizaines d’ateliers de couture ont été sollicités parmi lesquels l’atelier ‘‘Palacio’’ qui a mobilisé 225 artisans dans le gymnase Nicole Oba, à Talangaï, dans le sixième arrondissement de la capitale. Avec une capacité de production journalière de quatre mille masques, l’atelier doit livrer une commande de cinq-cent-mille masques avant le 15 mai.

C’est la même ambiance dans les autres ateliers visités à Brazzaville. Celui d’Hippolyte Diayoka a commencé sa production de masques. Il a déjà mobilisé ses travailleurs et son plateau technique pour une capacité journalière de trois cents masques. Par contre, le promoteur de l’atelier ‘‘Welua’’ attend de nouvelles machines afin d’accélérer sa livraison de quarante mille masques avant le 10 mai.

 

Avec Adiac-Congo par Fiacre Kombo