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Algérie-France : le général de Gaulle a été informé du massacre du 17 octobre 1961

juin 8, 2022

Des archives inédites de la présidence française révèlent que de Gaulle avait été informé de l’ampleur de la répression, sur ordre de Maurice Papon, des manifestations du 17 octobre 1961. Un crime d’État resté impuni qui a fait entre 200 et 300 morts.

Des Algériens arrêtés lors de la manifestation du 17 octobre 1961, à Paris. © UPI/AFP

Le général de Gaulle n’ignorait rien du massacre du 17 octobre 1961 qui a fait plusieurs dizaines de victimes parmi les Algériens au cours d’une manifestation pacifique à Paris sauvagement réprimée par la police.

Selon les archives déclassifiées citées par le site d’information Mediapart, le président de la République a été informé de l’ampleur du massacre et s’en est indigné, demandant même que toute la lumière soit faite. Mais le général de Gaulle n’a pas pris de sanction contre le préfet de police de Paris, Maurice Papon, principal responsable de cette tuerie.

Exécutions, noyades, lynchages

Mardi 17 octobre 1961, cinq mois avant la fin de la guerre d’Algérie, plus de 30 000 Algériens manifestent pacifiquement contre le couvre-feu imposé le 4 octobre aux « musulmans d’Algérie » et contre la répression organisée par le préfet de police Maurice Papon.

La réaction de la police sera d’une brutalité inouïe. Exécutions, noyades, lynchages… La répression fera officiellement 3 morts. Mais selon d’autres sources, le bilan de ces violences qui se sont poursuivies tout au long de la nuit du 17 octobre ont fait entre 200 et 300 morts.

Dans les archives déclassifiées, Mediapart a ainsi retrouvé une note datée du 28 octobre 1961, rédigée par Bernard Tricot, conseiller du général de Gaulle pour les affaires algériennes, dans laquelle il indique au président que ces manifestations ont fait 54 morts. « Les uns auraient été noyés, les autres étranglés, d’autres encore abattus par balles, explique Bernard Tricot. Les instructions judiciaires ont été ouvertes. Il est malheureusement probable que ces enquêtes pourront aboutir à mettre en cause certains fonctionnaires de police. »

Le 6 novembre, le même fonctionnaire adresse une seconde note dans laquelle il expose une « question d’ordre gouvernemental » et fait part de « la découverte dans la région parisienne, depuis le 22 octobre, des cadavres d’un certain nombre de Musulmans algériens ».

Au président de la République, le conseiller pour les affaires algériennes écrit encore qu’il a besoin de « savoir si on se bornera à laisser les affaires suivre leur cours, auquel cas il est probable qu’elles s’enliseront, ou si le ministre de la Justice [Bernard Chenot], ainsi que le ministre de l’Intérieur [Roger Frey] doivent faire savoir aux magistrats et officiers de la police judiciaire compétente que le gouvernement tient à ce que la lumière soit faite ».

Il poursuit : « Il importe beaucoup, semble-t-il, que le gouvernement prenne dans cette affaire une position qui, tout en cherchant à éviter le plus possible le scandale, montre à tous les intéressés que certaines choses ne doivent pas être faites et qu’on ne les laisse pas faire. »

« Il faut poursuivre les coupables »

Réponse manuscrite du général de Gaulle retrouvée dans les archives déclassifiées : « Il faut faire la lumière et poursuivre les coupables. Il faut que le ministre de l’Intérieur prenne vis-à-vis de la police une attitude d’“autorité”, qu’il ne prend pas, et qui, d’ailleurs, n’exclut nullement, bien au contraire, la “protection”. »

Mais aucune mesure ne sera prise contre les policiers et responsables qui ont ordonné et couvert ce massacre. Les poursuites judiciaires, pourtant encouragées par le président de Gaulle, ont été abandonnées en mars 1962 à la suite de la promulgation d’une loi d’amnistie portant sur tous les crimes et délits « en relation avec les événements d’Algérie ».

Les ministres de l’Intérieur et de la Justice, ainsi que le préfet Maurice Papon ont été maintenus dans leurs fonctions. Ce dernier, qui a toujours nié les violences policières, a été condamné en 1998 pour complicité de crimes contre l’humanité pour son rôle dans la déportation de juifs entre 1942 et 1944.

Il faudra attendre octobre 2021 pour que la présidence française reconnaisse pour la première fois que « près de 12 000 Algériens furent arrêtés et transférés dans des centres de tri au stade de Coubertin, au Palais des sports et dans d’autres lieux. Outre de nombreux blessés, plusieurs dizaines furent tués, leurs corps jetés dans la Seine ». Dans un communiqué, le président Emmanuel Macron a évoqué des « crimes inexcusables » commis « sous l’autorité de Maurice Papon ».

Par Jeune Afrique avec AFP

Des combattants russes soupçonnés d’être impliqués dans un massacre au Mali

avril 5, 2022

Depuis plusieurs années maintenant, les forces maliennes et étrangères sont engagées dans une lutte impitoyable contre les mouvements islamistes armés. Photo: AFP via Getty Images/AFP Contributor

Les soldats maliens associés à des combattants étrangers présumés être russes ont exécuté sommairement 300 civils, dont certains qu’ils soupçonnaient d’être des djihadistes, fin mars, dans une localité du centre du pays, dénonce Human Rights Watch.

Dans un rapport publié mardi, l’ONG décrit un massacre perpétré sur plusieurs jours entre le 27 et le 31 mars dans la localité de Moura, entre Mopti et Djenné, dans une région qui est l’un des principaux foyers des violences sahéliennes.

Ces faits sont le pire épisode d’atrocités commises depuis le déchaînement des violences au Mali en 2012, dit l’organisation, qui cite 27 personnes informées des évènements, dont 19 survivants et témoins.

Aucune réaction à ce rapport n’a été obtenue dans un premier temps des autorités dominées par les militaires qui ont pris le pouvoir par la force en 2020.

Alors que les messages se multipliaient sur les réseaux sociaux, elles ont donné vendredi une tout autre version des évènements de Moura, parlant d’opération qui avait permis d’abattre 203 membres de groupes armés terroristes et d’en arrêter 51 autres. Elles se sont inscrites en faux contre des spéculations diffamatoires.

Mais la Mission de l’ONU au Mali, les États-Unis, l’Union européenne et la France ont exprimé leurs préoccupations devant les informations remontant de Moura.

Le gouvernement malien doit de façon urgente et impartiale ouvrir une enquête sur ces meurtres de masse, y compris sur le rôle de soldats étrangers, dit Corinne Dufka, directrice pour le Sahel à HRW. Pour la crédibilité de ces investigations, les autorités doivent se faire assister de l’Union africaine et des Nations unies, dit-elle.

Islamistes armés

Les évènements de Moura ont commencé le 27 mars par l’arrivée en hélicoptères de soldats en pleine foire aux bestiaux, dit HRW. Les soldats auraient alors échangé des tirs avec une trentaine d’islamistes armés qui se trouvaient dans la foule; plusieurs islamistes, quelques civils et deux soldats étrangers auraient été tués.

Moura est décrite comme une localité passée, comme beaucoup d’autres au Mali, sous la coupe de groupes affiliés à Al-Qaïda.

Avec des renforts transportés par hélicoptères, les soldats maliens et étrangers ont pris le contrôle de Moura, relatent les témoins cités par HRW.

Les étrangers, blancs de peau, sont assimilés à des Russes parce qu’ils ne parlent pas français et qu’il a beaucoup été question dans les médias, y compris de la part des autorités, de l’arrivée de soldats russes ces derniers mois pour aider à combattre les djihadistes.

Exécutions sommaires

Les soldats auraient ratissé la localité, exécutant un certain nombre de personnes et en capturant des centaines d’autres. Les jours suivants, ils auraient exécuté par balles et par petits groupes des dizaines de captifs, peut-être en fonction de leur tenue vestimentaire ou parce qu’ils portaient la barbe suivant des règles édictées par les djihadistes, ou en raison de leur appartenance ethnique.

La grande majorité des hommes, exécutés aussi bien par des soldats maliens que blancs, étaient Peuls, un groupe dans lequel les djihadistes ont largement recruté, dit HRW.

Tuer délibérément ou maltraiter un individu en détention est un crime de guerre, dit HRW.

Des civils ont été forcés de creuser des fosses communes avant d’être exécutés, dit HRW. Certaines dépouilles ont été brûlées au point d’être méconnaissables, ajoute HRW.

Par Radio-Canada avec Agence France-Presse

Ukraine: Évoquant un possible génocide, l’UE discute de nouvelles sanctions contre Moscou

avril 4, 2022

Volodymyr Zelensky a visité Boutcha, où les services d’urgence continuait de rassembler les cadavres de civils tués pendant l’occupation russe, le 4 avril 2022. Photo: AFP via Getty Images/Ronaldo Schemidt

Les Européens, révoltés par les images de cadavres de civils retrouvés dans les environs de Kiev, discutent lundi d’un alourdissement des sanctions contre Moscou, accusé de « génocide » en Ukraine, mais qui nie en bloc et dénonce une provocation.

Lundi, le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est rendu à Boutcha, en banlieue nord-ouest de Kiev, où les services d’urgence ukrainiens continuaient d’arpenter les rues et les domiciles pour rassembler les corps de civils tués pendant l’occupation russe.

« Ce sont des crimes de guerre et ce sera reconnu par le monde comme un génocide. »— Une citation de  Volodymyr Zelensky, président de l’Ukraine

Selon M. Zelensky, il est devenu plus difficile pour l’Ukraine de négocier avec la Russie à mesure qu’elle prend connaissance des atrocités commises par son armée, au fur et à mesure qu’elle se retire de la région de Kiev. Plus la Fédération de Russie fait traîner en longueur le processus de rencontres, pire ce sera pour eux, pour cette situation et pour cette guerre.

Occupée dès le 27 février par l’armée russe, Boutcha a été inaccessible pendant plus d’un mois. Les bombardements y ont cessé jeudi et les forces ukrainiennes n’ont pu complètement y pénétrer qu’il y a quelques jours. Samedi, les funestes découvertes ont commencé à faire surface.

Des cadavres dans une rue.

Le corps de civils jonchent une rue de Boutcha, en banlieue de Kiev, le 2 avril 2022, après le retrait des forces russes. Photo : Reuters/Zohra Bensemra

Le nombre total de morts reste encore incertain. Selon la procureure générale d’Ukraine Iryna Venediktova, les corps sans vie de 410 civils ont été retrouvés dans les territoires de la région de Kiev récemment repris aux troupes russes, qui s’en sont retirées pour se redéployer vers l’est et le sud.

L’AFP a vu samedi les cadavres d’au moins 22 personnes portant des vêtements civils dans des rues à Boutcha, tuées d’une balle dans la nuque, aux dires du maire, Anatoli Fedorouk, à l’Agence France-PresseAFP.

M. Fedorouk avait par ailleurs affirmé samedi que 280 personnes avaient quant à elle dû être enterrées dans des fosses communes, car elles ne pouvaient être inhumées dans les cimetières communaux, tous à portée des tirs russes pendant les combats.

Anatoli Fedorouk, maire de Boutcha, explique que des civils ont aussi dû être enterrés en masse dans des fosses en raison des tirs russes près des cimetières. Photo : AFP via Getty Images/Sergei Supinsky

Exclure la Russie du Conseil des droits de l’homme

Se disant horrifiée, la Haute-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, a déclaré lundi que la découverte de cadavres de civils à Boutcha, en Ukraine, faisait naître des soupçons de crimes de guerre.

Toutes les mesures doivent être prises pour préserver les preuves, a-t-elle ajouté. Il est essentiel que tous les efforts soient entrepris pour garantir des enquêtes indépendantes et efficaces sur ce qui s’est passé à Boutcha afin de garantir la vérité, la justice et la responsabilité, ainsi que des réparations et des recours pour les victimes et leurs familles.

Les États-Unis ont annoncé lundi qu’ils allaient tenter d’obtenir la suspension de la Russie du Conseil des droits de l’homme de l’Organisation des Nations uniesONU. Nous ne pouvons pas laisser un État membre qui est en train de saper tous les principes qui nous tiennent à coeur participer au Conseil des droits de l’homme de l’ONU, a tweeté l’ambassadrice Linda Thomas-Greenfield.

On ne peut pas laisser la Russie utiliser son siège au Conseil comme outil de propagande lui permettant de suggérer qu’elle a une préoccupation légitime au sujet des droits de la personne, a-t-elle ajouté.

De son côté, la Russie nie les accusations de l’Ukraine et de ses alliés et affirme que les multiples photographies et vidéos de Boutcha ne sont qu’une provocation et une mise en scène ukrainienne, orchestrée par les États-Unis.

Le premier ministre polonais Mateusz Morawiecki a pour sa part appelé lundi à créer une commission d’enquête internationale sur le génocide commis selon lui par l’armée russe à Boutcha. Ces massacres sanglants commis par des Russes, des soldats russes, méritent d’être appelés par leur nom. C’est un génocide, et il doit être jugé, a déclaré à la presse Mateusz Morawiecki. C’est pourquoi nous proposons de mettre en place une commission internationale pour enquêter sur ce crime de génocide.

Le pétrole russe divise l’Europe

La Commission européenne prépare un nouvel ensemble de sanctions contre la Russie en raison de son offensive militaire en Ukraine et n’exclut pas de proposer aux pays membres de l’Union européenneUE un embargo sur le pétrole russe, a déclaré lundi Valdis Dombrovskis, vice-président de l’exécutif européen.

Très clairement, en tant qu’Union européenne, nous devons en faire davantage pour mettre fin à cette guerre et à ces atrocités, a dit Valdis Dombrovskis à son arrivée à une réunion des ministres des Finances de l’Union européenneUE à Luxembourg.

La Commission prépare déjà le prochain paquet de sanctions et j’espère que les États membres seront en mesure de prendre des décisions sur de prochaines mesures ambitieuses en ce qui concerne les sanctions. Nous devons accentuer la pression sur la Russie et nous devons accentuer notre soutien à l’Ukraine, a-t-il ajouté.

À la question de savoir si un embargo sur le pétrole russe pourrait figurer dans ce nouveau train de sanctions, Valdis Dombrovskis a répondu : En ce qui concerne la Commission, rien n’est exclu.

L’Union européenneUE importe environ 40 % de son pétrole et de son gaz de Russie. Elle prévoit déjà réduire du deux tiers sa dépendance à l’énergie russe d’ici la fin de l’année, et s’en défaire complètement d’ici 2030.

L’Allemagne, l’un des pays d’Europe les plus dépendants de l’énergie russe, continue toutefois d’exclure de frapper le secteur gazier russe.

Nous devons envisager de dures sanctions, mais à court terme, les livraisons de gaz russe ne sont pas substituables et les interrompre nous nuirait plus qu’à la Russie, a déclaré le ministre allemand des Finances, Christian Lindner, avant la réunion avec ses homologues lundi.

Le président français Emmanuel Macron a quant à lui évoqué lundi des sanctions individuelles et des mesures sur le charbon et le pétrole, mais il n’a pas mentionné les achats de gaz.

Par Radio-Canada avec les informations de Agence France-Presse et Reuters

Ukraine: « Le massacre de Boutcha était délibéré », dit Kiev

avril 3, 2022

C’est en reprenant la ville de Boutcha après le départ des troupes russes que les soldats ukrainiens ont découvert plusieurs cadavres dans les rues. Photo: Reuters/Zohra Bensemra

Au 39e jour de l’invasion de l’Ukraine par l’armée russe, le ministre ukrainien des Affaires étrangères a accusé la Russie de « massacre délibéré » après la découverte de plusieurs cadavres à Boutcha, une ville située au nord-ouest de la capitale, Kiev, juste après le retrait des troupes russes. Plus de 400 habitants y auraient été tués par les forces d’occupation, d’après les autorités ukrainiennes.

En se repliant, les Russes laissent derrière eux un désastre total et de nombreux dangers, a déclaré le président ukrainien, Volodymyr Zelensky.

Les corps de 410 civils ont été retrouvés dans les territoires récemment libérés près de Kiev, a indiqué la procureure générale d’Ukraine Iryna Venediktova. Les experts médico-légaux en ont déjà examiné 140, a-t-elle précisé.

S’exprimant plus tôt sur Twitter, le conseiller présidentiel Mykhaïlo Podoliak a décrit l’horreur :

« [Nous avons découvert] les corps d’hommes et de femmes tués les mains liées. Les pires crimes du nazisme sont de retour en Europe. Ceci a été fait délibérément par la Russie. »— Une citation de  Mykhaïlo Podoliak, conseiller de la présidence ukrainienne

Les corps de 57 personnes ont été retrouvés dans une fosse commune à Boutcha, a déclaré dimanche Serhii Kaplytchny, chef des secours locaux.

Des cadavres gisent dans une rue de Boutcha, au nord-ouest de Kiev, après le retrait des forces russes. Photo : Getty Images/Ronaldo Schemidt

Les journalistes de l’Agence France-PresseAFP qui se sont rendus sur place ont pu constater qu’une dizaine de cadavres étaient visibles, certains étant partiellement inhumés.

L’Agence France-PresseAFP a indiqué avoir vu la veille les corps sans vie d’au moins vingt hommes qui portaient des vêtements civils dans une rue de Boutcha. Un des hommes avait les mains liées et les cadavres étaient éparpillés sur plusieurs centaines de mètres.

On ne pouvait pas déterminer la cause de leur mort dans l’immédiat, mais une personne présentait une profonde blessure à la tête.

Tous ces gens ont été fusillés. Ils [les Russes] les ont tués d’une balle dans la nuque, a affirmé à l’Agence France-PresseAFP le maire de Boutcha, Anatoly Fedorouk.

Le maire a aussi fait état de 280 personnes déjà enterrées dans des fosses communes, car il était impossible de le faire dans les trois cimetières de la municipalité.

Un homme à la recherche de nourriture à Boutcha, le 2 avril 2022. Photo: Getty Images/Ronaldo Schemidt

Aux yeux du ministre ukrainien des Affaires étrangères, Moscou doit payer pour ce massacre délibéré.

« Les Russes veulent éliminer autant d’Ukrainiens qu’ils le peuvent. Nous devons les arrêter et les expulser du pays. J’exige de nouvelles sanctions dévastatrices du G7 immédiatement. »— Une citation de  Dmytro Kouleba, ministre ukrainien des Affaires étrangères

Moscou dément toute responsabilité

Par la voix de son ministère de la Défense, la Russie a réagi rejetant ces accusations.

« Pendant la période au cours de laquelle cette localité était sous le contrôle des forces armées russes, pas un seul résident local n’a souffert d’actions violentes. »— Une citation de  Extrait du communiqué du ministère russe de la Défense

Moscou a ajouté que son armée avait distribué 452 tonnes d’aide humanitaire aux civils dans ce secteur.

Le ministère a ajouté que tous les habitants avaient eu la possibilité de quitter librement la localité vers le nord, alors que les banlieues sud de la ville étaient la cible de tirs des troupes ukrainiennes 24 heures sur 24.

Pour ce qui est des images de cadavres dans les rues de la ville, c’est une nouvelle production du régime de Kiev pour les médias occidentaux, poursuit le communiqué du ministère de la Défense.

Il a assuré que toutes les unités militaires russes s’étaient retirées de Boutcha le 30 mars, au lendemain de l’annonce par la Russie qu’elle allait réduire de façon significative son activité dans le nord de l’Ukraine.

Vague d’indignation en Occident

Les États-Unis et l’Organisation du traité de l’Atlantique nordOTAN ont exprimé dimanche leur horreur devant les récits d’atrocités imputées aux forces russes.

Ces images sont un coup de poing à l’estomac, a réagi le secrétaire d’État américain Antony Blinken sur la chaîne CNN en rappelant avoir prévenu avant l’agression de la Russie que ce pays risquait de commettre des atrocités.

Deux personnes poussent leur vélo en traversant une rue où gisent plusieurs cadavres à Boutcha, au nord-ouest de Kiev. Photo : Getty Images/Ronaldo Schemidt

Le secrétaire général de l’Organisation du traité de l’Atlantique nordOTAN, Jens Stoltenberg, a pour sa part dit estimer que les violences de Boutcha étaient horribles et a dénoncé une brutalité inédite en Europe depuis des décennies.

Il est absolument inacceptable que des civils soient pris pour cibles et tués, et cela souligne l’urgence de mettre fin à cette guerre, a-t-il affirmé sur la même chaîne.

Évoquant des actes révoltants commis par l’armée russe contre des civils en Ukraine, la cheffe de la diplomatie britannique, Liz Truss, a réclamé une enquête pour crimes de guerre.

« Les attaques acharnées contre des civils innocents durant l’invasion illégale et injustifiée de l’Ukraine par la Russie doivent faire l’objet d’une enquête pour crimes de guerre. »— Une citation de  Liz Truss, ministre britannique des Affaires étrangères

Nous devons faire toute la lumière sur ces crimes commis par l’armée russe, a déclaré de son côté le chancelier allemand Olaf Scholz.

Les auteurs de ces crimes et leurs commanditaires doivent rendre des comptes, a-t-il dit, réclamant notamment que des organisations internationales aient accès à la région pour documenter ces atrocités.

Le chef du gouvernement italien Mario Draghi pense lui aussi que la Russie doit payer. Les autorités russes doivent cesser immédiatement les hostilités, mettre fin aux violences contre les civils et devront rendre des comptes, a-t-il ajouté.

Les autorités russes devront répondre de ces crimes, a quant à lui déclaré le président français Emmanuel Macron.

Se disant choqué, le président du Conseil européen, Charles Michel, a lui aussi accusé l’armée russe d’avoir commis des atrocités dans la région libérée de Kiev. Il a également réclamé davantage de sanctions à l’encontre de Moscou.

L’Union européenneUE aide l’Ukraine et des ONG à rassembler les preuves nécessaires pour intenter des poursuites devant les cours internationales, a précisé le président du Conseil européen.

Par Radio-Canada avec les informations de Agence France-Presse, Reuters et CNN

Algérie : Oran, 5 juillet 1962, autopsie d’un massacre

février 1, 2022
Entrée dans Alger des troupes de l’ALN de la wilaya 5 (Oranie), en juillet 1962. © ROBERT DELVAC/UPI/AFP

Face à des représentants de pieds-noirs reçus à l’Élysée, Emmanuel Macron a demandé que l’on « regarde en face » le massacre de centaines d’Européens le 5 juillet 1962 à Oran. Mais la question reste ouverte sur les auteurs du carnage.

Depuis que le général de Gaulle a visité Oran en mai 1958, on surnomme la deuxième plus grande ville d’Algérie « La Radieuse » pour sa douceur de vie. Quatre ans après cette visite historique, et alors que la date de la proclamation de l’indépendance (juillet 1962) s’approche inéluctablement, Oran devient terre de feu et de sang.

Attentats à la bombe, massacres, assassinats, exécutions sommaires d’Algériens ou de militaires français, attaques d’infrastructures : l’OAS (Organisation armée secrète) sème la terreur dans une ultime tentative de s’opposer à l’abandon de l’Algérie française.

Mais au fur et à mesure qu’approche le 5 juillet, jour de la proclamation de l’indépendance, les commandos de la sinistre organisation fuient la ville. Les tueurs de l’OAS ne sont pas les seuls à faire leurs valises. Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu du 19 mars 1962, deux tiers des quelque 220 000 Européens qui vivent à Oran ont déjà gagné la France.

SOUDAIN UN PREMIER COUP DE FEU RETENTIT. PUIS UN DEUXIÈME, UN TROISIÈME, UN QUATRIÈME

En ce début juillet, des milliers d’autres pieds-noirs se précipitent à l’aéroport ou s’amassent sur le port pour embarquer vers la Métropole. La guerre est finie et l’Algérie française avec.

Comme partout en Algérie, c’est un jour de liesse et de réjouissances populaires à Oran. Dès le matin, des processions venues des quartiers arabes convergent vers le centre-ville pour célébrer la fin d’une guerre qui aura duré presque huit ans.

L’heure est à la fête, même si la veille, d’inquiétantes et vagues rumeurs de grabuge et de troubles ont couru en ville. Il est 11 heures quand la marée humaine atteint la Place d’Armes, le cœur d’Oran, où le drapeau algérien s’apprête à être hissé sur la façade de la mairie, une cérémonie organisée par l’Armée de libération nationale (ALN).

L’ambiance est festive et joyeuse. Soudain un premier coup de feu retentit. Puis un deuxième, un troisième, un quatrième. Qui a tiré ? Nul ne le sait. « C’est l’OAS ! C’est l’OAS », crie un manifestant. Le cri est repris en écho. La foule se disperse en un mouvement de panique, dans la précipitation et le chaos.

Dizaines de cadavres

C’est le début d’un carnage qui va durer plus de six heures. Des hommes armés, surgis de nulle part, tirent sur des Européens et des musulmans à l’aveuglette. Les quartiers où vivent les pieds-noirs sont investis par des individus armés de couteaux, de machettes, de poignards et de haches. Des barrages sont dressés pour y intercepter femmes, enfants, jeunes et vieux. Une telle organisation indique que le massacre n’a rien de spontané.

On tue, on égorge, on lynche, on brûle sans distinction. Une heure après le début des tueries, des dizaines de cadavres s’étalent déjà dans les rues. Oran bascule dans l’horreur. À midi, le général Joseph Katz, qui assure le commandement du corps de l’armée française d’Oran depuis février 1962 avec ses 18 000 hommes, est informé des exactions en cours contre les Européens.

DES DIZAINES DE PIEDS-NOIRS SONT EMBARQUÉS VERS DES DESTINATIONS INCONNUES. D’AUTRES SONT SUPPLICIÉS DANS LEURS MAISONS

Sur son journal de bord des opérations, il donne ses consignes à 12 h 15 : « Troupes restent consignées. S’il est attenté à la vie des Européens, dans ce cas prendre contact avec le secteur avant d’agir. » Les consignes de ce général obtus et carré sont claires : les 18 000 militaires français doivent rester dans leurs casernes et ne pas intervenir.

Un peu moins d’une heure après son premier ordre, Katz survole Oran à bord d’un hélicoptère avant d’aller déjeuner tranquillement à l’aéroport. Ce général qui a mené une lutte implacable contre les commandos de l’OAS depuis sa désignation constate que tout est calme dans la ville.

Dans les quartiers européens, le massacre ne fait que commencer. Des dizaines de pieds-noirs sont embarqués vers des destinations inconnues. D’autres sont suppliciés dans leurs maisons, dans des garages et des entrepôts.

Des camions arrivent d’on ne sait où pour embarquer des Européens de tous âges vers Le Petit Lac, une décharge sauvage située à la périphérie de la ville. Sur place, ils sont tués à coups de couteau, à la hache, brûlés vifs avant d’être enterrés dans des fosses communes. Dans les abattoirs, des victimes sont pendues aux crochets de boucher.

Les militaires ne bougent pas

De jeunes auxiliaires temporaires occasionnels, des unités de l’ALN, participent à la chasse à l’homme en conduisant notamment des pieds-noirs dans des commissariats où ils seront là aussi battus et tués. Dans la moiteur de cet après-midi du 5 juillet, l’odeur du sang se répand partout. Les morgues des hôpitaux débordent de cadavres.

Ceux qui parviennent à s’échapper tentent de se réfugier dans les casernes. Les portes sont closes. Les instructions sont toujours aussi strictes qu’au début du massacre : les militaires ne doivent pas bouger de leurs cantonnements.

Des appelés et des sous-officiers qui demandent à leurs supérieurs de sortir pour porter secours aux victimes sont rappelés à l’ordre. Bravant l’interdit, le capitaine Rabah Kheliff, qui dirige la 4e compagnie du 30e BCP (Bataillon de chasseurs à pied), quitte sa caserne avec ses hommes pour porter secours à des dizaines de pieds-noirs sur le point d’être conduits au Petit Lac.

Ramdane Bechouche, lieutenant de l’armée française, en fait de même pour libérer des dizaines d’Européens entassés dans des véhicules qui s’apprêtent là aussi à se diriger vers les fosses communes du Petit Lac.

Ils ne seront pas les seuls à porter secours aux victimes. Des Algériens interviennent pour arracher des Européens des mains des tueurs. Dans un quartier de la ville, un jeune officier de l’ALN sort son pistolet pour sauver un homme que des individus avaient extrait de son véhicule pour tenter de le supplicier en présence de son petit garçon. Dans les locaux du secteur que dirige le général Katz, des télégrammes alarmants arrivent en rafales. Comme celui-ci qui tombe vers 16h15 : « Barrage FLN Carrefour. 70 FSE [Français de souche européenne] arrêtés et conduits dans un local proche où ils subissent des supplices. »

Des appels au secours sont lancés par radio et sont captés par des bateaux qui croisent au large de la Méditerranée. Ils arrivent à Marseille, puis à Paris. Les informations sur les tueries en cours à Oran parviennent au ministère de l’Intérieur et au ministère des Armées. Mais à Paris comme à Alger, les autorités politiques et militaires ne bougent pas.

Affaire étouffée ?

Il est un peu plus de 18 heures quand le calme revient peu à peu. Ce n’est qu’à ce moment-là que des véhicules sont autorisés à quitter les casernes pour ramasser les cadavres qui jonchent les rues. Ce soir de 5 juillet, Oran est enveloppée dans un silence de mort. La ville compte ses morts et ses blessés. Historiens et spécialistes s’accordent aujourd’hui sur le nombre de 700 personnes tuées et disparues.

Qui est derrière ce carnage et qui en porte la responsabilité ? Au petit matin du lundi 9 juillet, un bataillon de l’ALN saisit deux tonnes de matériel de guerre et procède à l’arrestation de 58 personnes présentées comme les auteurs de ces tueries. À la tête de ce qui est présenté comme une bande criminelle, un certain Moueden, dit « Attou ».

Un personnage d’une violence sans limites, ivre de sang, cruel même avec ses sicaires. Selon le capitaine Bekhti, officier de l’ALN, Attou est tué au cours de cette opération alors qu’il tentait de fuir. Mais selon divers témoignages, Attou a été tué plus tôt, en avril 1962, par un commando de l’OAS.

LA FRANCE NE DOIT AVOIR AUCUNE RESPONSABILITÉ DANS LE MAINTIEN DE L’ORDRE APRÈS L’AUTODÉTERMINATION » DÉCLARE LE GÉNÉRAL DE GAULLE

Qu’est-il advenu des hommes arrêtés ? Ils auraient été jugés et condamnés dans les semaines qui ont suivi le carnage, sans que les autorités communiquent davantage sur la question. Le régime de Ben Bella a-t-il cherché à étouffer l’affaire ? Quid du général Katz surnommé le « boucher d’Oran » ?

Jusqu’à sa mort en 2001, il n’a eu de cesse de clamer son innocence en expliquant avoir agi selon les instructions de sa hiérarchie. Une plainte pour complicité de crime de guerre et obéissance à des ordres criminels est déposée contre lui en 1999 au nom des familles de victimes. Il décède avant la procédure en appel.

Qu’en est-il de la responsabilité du général de Gaulle ? Ses instructions ont été d’une limpidité cristalline. Le 24 mai 1962, en conseil des ministres, il déclare que « la France ne doit avoir aucune responsabilité dans le maintien de l’ordre après l’autodétermination. Elle aura le devoir d’assister les autorités algériennes, mais ce sera de l’assistance technique. Si les gens s’entre-massacrent, ce sera l’affaire des autorités algériennes ».

L’ouverture des archives annoncé par Emmanuel Macron pourrait permettre de faire toute la lumière sur ce crime et ceux qui l’ont commis.

Avec Jeune Afrique par Farid Alilat

France: un différend familial, tourne au massacre, cinq morts

juillet 10, 2018

Pau – La piste du « drame familial » était privilégiée mardi par les enquêteurs français après la découverte, dans un appartement à Pau (sud-ouest), des corps de quatre adultes et d’un enfant, membres de la même famille franco-espagnole, a-t-on appris de source proche de l’enquête.

La mère de l’enfant a été retrouvée ligotée et bâillonnée et le père les veines tailladées.

Ce sont les pompiers, appelés pour des fumées se dégageant d’un appartement situé au premier étage d’une résidence du centre-ville, qui ont fait la macabre découverte.

Lorsqu’ils ont pénétré dans l’appartement, où « un canapé se consumait », ils y ont découvert les corps de quatre adultes et d’un enfant.

« Il s’agit de deux couples et d’un enfant. Le drame s’est déroulé à l’intérieur (de l’appartement). Il y a des traces de violences sur un couple » et sur la femme dans l’autre couple, « Tout laisse penser qu’on est sur la piste d’un drame familial », a dit à l’AFP une source proche de l’enquête.

« La jeune femme a été trouvée ligotée et bâillonnée avec de l’adhésif autour du cou » dans la salle de bains, a précisé cette source, et son mari « se serait tailladé les veines ». Quant aux parents de la jeune femme, présents dans l’appartement, « ils portent des traces de violences par objets contondants », a ajouté cette source.

Selon la même source, il n’y a « pas de traces de violences apparentes sur l’enfant, qui serait mort des suites de l’incendie », probablement intoxiqué par les fumées.

« Il semblerait qu’il y avait un différend familial qui a tourné au massacre », a ajouté à l’AFP Jean-Paul Brin, premier adjoint à la mairie de Pau.

Des voisins interrogés par le quotidien régional Sud Ouest ont affirmé que « les disputes étaient fréquentes au sein du couple ». Un collègue de l’épouse affirme même qu’elle a récemment porté plainte pour violences contre son mari.

Selon une voisine habitant l’immeuble, l’appartement était occupé par un couple franco-espagnol et leur enfant de deux ans. L’homme était français. Sa femme, une Espagnole d’une trentaine d’années, était professeur stagiaire.

Les parents de la jeune femme, des Espagnols de Saragosse (nord-est de l’Espagne), étaient allés leur rendre visite à Pau. « Une grosse dispute a éclaté à 05H00 (03H00 GMT) du matin, j’ai entendu des cris d’enfant », a-t-elle témoigné.

Des autopsies devraient avoir lieu dans les prochains jours.

Romandie.com avec(©AFP / 10 juillet 2018 15h13)                                                        

Les présidents polonais et ukrainien commémorent séparément les massacres de Volhynie

juillet 8, 2018

Kiev – Le président polonais a commémoré dimanche dans l’ouest de l’Ukraine les massacres de Polonais en Volhynie par des Ukrainiens, son homologue ukrainien se rendant de son côté en Pologne pour saluer la mémoire des Ukrainiens tués en représailles pendant la Seconde Guerre mondiale.

Ces célébrations séparées constituent une nouvelle illustration des tensions entre les deux pays concernant leur histoire douloureuse.

Le président polonais Andrzej Duda s’est rendu à Loutsk, ville de l’ouest de l’Ukraine à l’époque située en Pologne, assister à une messe en hommage aux victimes des massacres de Volhynie au cours desquels quelque 100.000 Polonais ont été tués entre 1943 et 1945 par des militants de l’Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA).

« C’était du nettoyage ethnique, c’est comme cela nous nous l’appellerions aujourd’hui », a déclaré le président Duda cité par l’agence de presse polonaise PAP.

Le président ukrainien Petro Porochenko s’est pour sa part rendu côté polonais, à 125 kilomètres de là, dans le village de Sahryn pour inaugurer un mémorial en hommage aux 20.000 Ukrainiens tués par les partisans polonais.

« Nos nations ont le droit de connaître la vérité, mais ce n’est pas le travail des hommes politiques », a-t-il déclaré aux membres de la communauté ukrainienne en Pologne.

Selon Piotr Tymon, responsable de l’Union des Ukrainiens de Pologne, les discussions entre les deux pays sur ce sujet sensible sont dans l’impasse depuis l’élection en 2015 de M. Duda, candidat du parti conservateur Droit et Justice (PiS).

« Les discussions ne portent que sur les victimes polonaises de Volhynie. Le dialogue sur la commémoration des victimes ukrainiennes a été suspendu », a-t-il ajouté interrogé au téléphone par l’AFP.

Il n’était pas prévu que les deux chefs d’Etat se rencontrent et les deux hommes ont fait savoir qu’ils n’avaient pas invité leur homologue dans leur pays.

Le président Duda a été convié en Ukraine par l’évêque de Loutsk selon Varsovie, tandis que Petro Porochenko a été invité en Pologne par la communauté ukrainienne, a fait savoir Kiev.

Selon des médias ukrainiens s’appuyant sur des sources anonymes, Varsovie a refusé une offre ukrainienne de commémorer ensemble les massacres de Volhynie.

La Pologne reproche à l’Ukraine de n’avoir pas explicitement condamné les massacres. Le Parlement polonais les a qualifiés de « génocide » dans une résolution de 2016.

Aux yeux des historiens ukrainiens, les représailles polonaises justifient qu’on mette sur le même plan les actes commis par les deux parties et donc l’absence d’excuses de Kiev. Le président Petro Porochenko a prononcé à plusieurs reprises la phrase « nous pardonnons et demandons pardon », et a déposé en juin 2016 à Varsovie une gerbe de fleurs devant le monument aux victimes polonaises en Volhynie.

Romandie.com avec(©AFP / 08 juillet 2018 14h56)                                                        

Casamance: ;a rébellion condamne le massacre dans un Sénégal en deuil

janvier 8, 2018

Une personne hospitalisée, le 7 janvier 2018 dans un hôpital de Ziguinchor, dans le sud du Sénégal / © AFP / SEYLLOU

La rébellion indépendantiste de Casamance a condamné lundi le massacre de 13 jeunes dans une forêt de cette région du sud du Sénégal en deuil, prônant la poursuite du dialogue pour trouver une « issue heureuse » à un conflit vieux de 35 ans.

Le Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC), qui lutte depuis 1982 pour l’indépendance de la Casamance, « condamne fermement cet acte », a-t-il indiqué lundi sur son site.

Soupçonnés par certains observateurs d’être à l’origine de ce regain de violence dans une région qui a connu plusieurs années d’accalmie, le mouvement rebelle demande « aux autorités sénégalaises d’orienter leurs enquêtes vers » des responsables administratifs et militaires locaux « à la tête d’un vaste réseau de coupe clandestine et de vente illicite du bois de teck », selon le texte.

Le teck est un arbre tropical qui produit un bois précieux très recherché notamment pour la fabrication de ponts de bateaux et de meubles de jardin. Il pousse en Casamance, une des régions les plus boisées du Sénégal, voisine de la Guinée-Bissau et de la Gambie, et fait l’objet de nombreuses convoitises et de trafics.

La rébellion lie plus précisément le massacre de samedi, qui s’est déroulé près de Ziguinchor, la principale ville de la région, à un conflit entre des scieries locales, dont la « forte concurrence a fini par instaurer une atmosphère d’animosité entre les employés ».

– ‘Fossoyeurs de la paix’ –

« Le MFDC continue dans sa dynamique d’ouverture au dialogue en faveur d’une issue heureuse au conflit casamançais. Le mouvement « ne se laissera pas distraire ni désorienter par les fossoyeurs de la paix » et des acteurs locaux « qui ne visent rien d’autre que de casser la dynamique de paix afin de pouvoir mieux vivre du conflit », poursuit le texte.

Un responsable local de la rébellion, Oumar Ampaye Bodian, a également condamné le massacre de samedi, « un acte odieux (qui) ne peut rester impuni au moment où le président de la république a tendu la main » au MFDC, a affirmé M. Bodian sur la radio privée Sud FM.

« Nous restons déterminés » dans la recherche de paix parce que « la question de la Casamance doit être réglée autour d’une table », a-t-il poursuivi.

« L’aile politique intérieure et extérieure du MFDC se démarquent de cet acte odieux. Nous allons descendre dans le maquis pour situer les responsabilités », a t-il ajouté, en n’indiquant pas si des membres de la rébellion étaient ou non impliqués dans la tuerie.

Alors que l’armée continue à ratisser la région pour rechercher ses auteurs, le président sénégalais Macky Sall a décrété un deuil national de deux jours, qui a commencé lundi, pour « honorer la mémoire des victimes de l’attaque armée ».

– ‘Réjouissances interdites’ –

« Pendant cette période, le drapeau national est en berne et des minutes de silence sont observées durant toutes les cérémonies officielles. Les rassemblements et autres cérémonies de réjouissance sont interdits sur l’étendue du territoire national », indique un communiqué du gouvernement.

L’attaque s’est produite dans la forêt de Borofaye, dans la commune de Boutoupa-Camaracounda, lorsque des jeunes, qui affirment être partis chercher du bois de chauffage, ont été surpris par une bande d’hommes armés.

« Ils nous ont fait coucher à plat ventre et ont commencé à tirer », a raconté à l’AFP un rescapé, Ayib Ly.

Cette attaque a causé « la mort de treize jeunes hommes, dont dix par balle, deux par arme blanche et un brûlé » et une demi-douzaine de blessés, selon les autorités.

Ce massacre met à l’épreuve le processus de paix en Casamance, relancé en octobre lors d’une réunion à Rome entre le gouvernement et une faction du MFDC mandatée par l’un de ses chefs, Salif Sadio.

Cette médiation se fait sous l’égide de la communauté catholique de Sant’Egidio, médiatrice dans ce conflit qui a fait des milliers de victimes civiles et militaires, ravagé l’économie de la région et poussé de nombreux habitants à fuir.

Les tractations de paix se sont multipliées depuis l’arrivée au pouvoir de Macky Sall en 2012.

Evoquant dimanche de « possibles règlement de comptes », une source sénégalaise proche de la médiation avait affirmé à l’AFP: « Je ne pense pas qu’il y ait une remise en cause du processus de paix ».

Romandie.com avec(©AFP / 08 janvier 2018 13h44)                

Congo/Arrêt sur image : L’ampleur des tueries dans le Pool

avril 21, 2017

 

Un véritable massacre est en cours en ce moment dans le département du Pool. L’emploi de façon disproportionné de la force par les miliciens du régime prouve bien que le régime de Brazzaville a lancé une opération de purification ethnique.

Au lendemain du massacre de civils, division et colère en RDC

août 15, 2016

Le massacre de dizaines de civils dans la nuit de samedi à dimanche à Beni dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) attisait lundi la contestation contre le président Joseph Kabila. Le climat politique est tendu à quelques mois de la fin de son mandat.

Dimanche, un porte-parole de l’armée a imputé cette tuerie aux rebelles ougandais musulmans des Forces démocratiques alliées (ADF). Ces derniers sont accusés d’être les principaux responsables d’une série de massacres qui ont fait plus de 650 morts dans la région de Beni depuis octobre 2014.

Joseph Kabila était lundi à Goma, capitale de la province du Nord-Kivu, où se tient une réunion de sécurité. Il devait ensuite se rendre à Beni. Le Premier ministre Augustin Matata devait faire de même, accompagné d’une délégation d’officiers militaires.

Selon un nouveau bilan donné lundi par la société civile de Beni, ville de la province du Nord-Kivu, ce sont 51 civils qui ont été « tués à la machette ». Un bilan contesté par les autorités.

Dimanche, le porte-parole du gouvernement Lambert Mende avait annoncé un bilan officiel de 36 morts. Quelques heures plus tard, le maire de Beni évoquait 42 victimes. Interrogé lundi par l’AFP, M. Mende estimait que la société civile avançait un bilan qui « n’est pas objectivement vérifiable ».

Amers
Lundi, au premier des trois jours de deuil national décrété par le gouvernement, alors que les drapeaux étaient mis en berne, les Congolais se montraient amers.

Dès dimanche, une centaine d’habitants de Beni avaient exprimé leur colère en scandant des slogans hostiles au gouvernement et au président Kabila qui avait promis, 72 heures plus tôt, de tout mettre en oeuvre pour « imposer » la paix et la sécurité à Beni.

Signe de défiance ultime, certaines familles ont même refusé de placer leurs défunts à la morgue, préférant « organiser leur deuil en privé et refus(ant) que le gouvernement les enterre alors qu’il ne les avait pas sécurisés de leur vivant », déclarait lundi à l’AFP Teddy Kataliko, membre de la coordination de la société civile de Beni.

« Il est temps d’agir »
Côté politique, l’ambiance n’était pas meilleure lundi, certains opposants réclamant la démission du pouvoir en place. Le Front citoyen 2016, une plate-forme opposée à tout report de la présidentielle – censée se tenir cette année, mais devenue hautement improbable – note « avec regret que le président Kabila et son gouvernement ont totalement échoué à ramener la paix dans cette région ». Par conséquent, conclut-il, le chef de l’État doit « démissionner ».

La plate-forme va encore plus loin. Elle suggère que M. Kabila « pourrait être le véritable responsable de l’insécurité » à Beni, afin de « pérenniser une terreur quasi-généralisée dans plusieurs coins du pays » alors que les « Congolais attendent la fin de son régime, et l’avènement de la première alternance démocratique au sommet de l’État ».

L’opposant Moïse Katumbi, candidat déclaré à la prochaine élection présidentielle, dénonce de son côté l' »inaction coupable de nos dirigeants », ajoutant sur Twitter: « Il est temps d’agir ».

Exilé à l’étranger depuis mai, officiellement pour s’y faire soigner, M. Katumbi, poursuivi par la justice congolaise, craint surtout pour sa sécurité. Les autorités congolaises ayant promis de l’arrêter dès son retour au pays.

Dans le clan présidentiel, on proteste contre ces mises en cause. « Instrumentaliser à des fins politiciennes la plaie fraîche que porte encore Beni est tout simplement déplorable », a déclaré sur Twitter le président de l’Assemblée nationale et chef de la Majorité présidentielle (MP), Aubin Minaku.

Condamnation
Les Etats-Unis condamnent « dans les termes les plus forts cette horrible attaque et (continueront) de soutenir tous les efforts pour mettre un terme aux violences en cours dans l’est du Congo », a déclaré lundi Elizabeth Trudeau, porte-parole du département d’Etat.

M. Kabila est au pouvoir depuis 2001, son mandat s’achève le 20 décembre et la Constitution lui interdit de se représenter, mais l’opposition le soupçonne de manoeuvrer pour s’accrocher à son poste, quitte à reporter la présidentielle.

Le gouvernement congolais et la Mission de l’ONU en RDC (Monusco) attribuent la succession de massacres de la région de Beni aux rebelles des ADF. Une thèse partiellement remise en cause par un récent rapport de l’Université de New York, selon lequel les ADF portent effectivement une part très importante de responsabilité, mais au côté d’autres éléments armés, parmi lesquels des soldats de l’armée régulière.

Romandie.com avec(ats / 16.08.2016 03h12)