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En Ethiopie, deux jours de deuil national après le massacre de 208 personnes

avril 21, 2016

A Addis-Abeba, des enfants portent le drapeau éthiopien cousu en pantalons.

A Addis-Abeba, des enfants portent le drapeau éthiopien cousu en pantalons. Crédits : ROBERTO SCHMIDT/AFP
Depuis mercredi 20 avril, les drapeaux sont en berne en Ethiopie. Ces deux jours de deuil national décidés par le Parlement font suite au massacre, vendredi, de 208 personnes et de l’enlèvement de 125 enfants, à Gambella, une région jouxtant le Soudan du Sud. Plus de 2 000 têtes de bétail ont aussi été volées, d’après Addis-Abeba. Du côté des assaillants : des Sud-Soudanais de l’ethnie Murle. Du côté des victimes : des Nuer, sans doute éthiopiens pour la plupart. Deux peuples traditionnellement agropastoraux, pour qui la frontière n’est qu’un trait sur une carte, et rarement en paix l’un avec l’autre. « Ces raids sur le bétail sont communs dans cette région, explique Hallelujah Lulie, de l’Institute for Security Studies (ISS). Mais, en Ethiopie, nous n’avons pas trace d’un nombre de victimes si élevé. C’est sans précédent. »

En réaction à cette attaque « massive », le premier ministre, Haile Mariam Dessalegn, a promis que « les forces de défense éthiopiennes sont en train de prendre des mesures contre les assaillants pour libérer les enfants sans condition ». Mercredi, Addis-Abeba annonçait que son armée cernait, au Soudan du Sud, une zone où seraient détenus les enfants.

Infinis désirs de représailles

Depuis une semaine, l’événement secoue le pays. Les médias nationaux ont rebaptisé la tuerie « le massacre de Gambella » et les maigres réseaux sociaux éthiopiens ne cessent de bruire d’indignation et de colère. Même la France, par la voix du Quai d’Orsay, a condamné des violences « inacceptables » et exprimé sa « solidarité au gouvernement et au peuple éthiopiens ». L’Union européenne lui a emboîté le pas en appelant « les autorités sud-soudanaises à assurer le retour immédiat des enfants enlevés à leur famille ».

Des deux côtés de la frontière, mais surtout au Soudan du Sud, Murle et Nuer ne s’épargnent rien dans un conflit trop vieux pour que les anciens se souviennent de ses débuts. Fin 2011, par exemple, dans l’Etat de Jonglei, limitrophe de l’Ethiopie, les Nuer s’étaient vengés d’un raid des Murle. Bilan : un millier de morts, autant d’enfants enlevés pour en faire de futurs combattants acquis à leur cause et d’infinis désirs de représailles transmis aux générations suivantes.

Ces affrontements se nourrissent de décennies de « vols de bétail et de l’instauration de la domination des (jeunes mâles) assaillants », mais aussi de la recherche de « richesses et de statut social au sein de leur propre groupe, de même que la vengeance d’attaques précédentes », analyse un rapport du Secure Livelihoods Research Consortium (SLRC), un programme de recherches qui bénéficie de fonds britanniques, irlandais et de la Commission européenne. La militarisation de la région par deux décennies de guerre entre le sud du Soudan – devenu en 2011 le Soudan du Sud – et le nord du Soudan, a rendu plus ténue la différence entre « raids “traditionnels” » et d’« autres types de conflits sociaux et politiques ». La guerre civile, déclenchée fin 2013, n’a rien arrangé.

Au point de valider la crainte d’Addis-Abeba : celle que le conflit sud-soudanais ne déborde du côté éthiopien de la frontière. « Avec la guerre civile, explique Hallelujah Lulie, ces groupes sud-soudanais sont plus armés qu’avant et l’Etat sud-soudanais étant moins présent dans l’est du pays, il est encore plus difficile d’empêcher ces raids. »

Enrayer les efforts de paix

D’innombrables promesses de cessation des hostilités, chaque fois violées, ont finalement abouti, en août 2015, à la signature d’un accord de paix entre le président Salva Kiir, soutenu par son ethnie Dinka, et l’ancien vice-président Riek Machar, derrière qui les Nuer se sont rangés. Ce dernier était censé rentrer à Juba, la capitale sud-soudanaise, lundi 18 avril pour… retrouver son poste au sein d’un gouvernement de transition, qui reste à former. Un retour chaque jour reporté.

Cette instabilité politique irrite l’Ethiopie, tout affairée à maintenir sa croissance économique au-delà des 10 % et déjà hôte de 270 000 réfugiés sud-soudanais. Surtout, le pays a fort à faire avec de nombreuses manifestations de défiance du pouvoir central dans plusieurs régions, ainsi qu’avec l’une des pires sécheresses depuis un demi-siècle.

Il faudra donc à son armée plus qu’une incursion en territoire voisin. L’est du Soudan du Sud, en effet, compte près de « deux douzaines de groupes armés », d’après l’International Crisis Group (ICG), ignorés des pourparlers entre le président Salva Kiir et le chef de la rébellion Riek Machar. « Beaucoup [de ces groupes] ne respectent pas le processus de paix, créant un environnement chaotique », poursuit le cercle de réflexion ICG. Pire, ces nombreux groupes armés restent des leviers sur lesquels les deux principaux protagonistes de la guerre civile sud-soudanaise peuvent s’appuyer pour enrailler les efforts de paix.

 

Lemonde.fr par Vincent Defait (contributeur Le Monde Afrique, Addis-Abeba)

Congo: Les marchands d’armes « mélomanes » au service de Denis Sassou-Nguesso

avril 14, 2016

helicoVoici les hélicoptères qui sèment la terreur et la mort au Congo et principalement dans le Pool. Deux de ces appareils, des MI Super 17, ont été livrés, semble-t-il, par la société sud-africaine Paramount le fournisseur attitré de Denis Sassou Nguesso, et de plus proche de l’éminence grise de ce dernier, Jean-Yves Ollivier. Ces appareils de combats opèrent sans le moindre danger dans leurs massacres de populations civiles, à la demande du grand homme congolais de la paix, le dictatueur Denis Sassou Nguesso.paramount

Pourtant, le marchand d’armes Ivor Ichikowitz est un grand philanthrope et un mélomane averti qui avec son acolyte Jean-Yves Ollivier, de la Fondation Brazzaville, avaient parrainé la tournée sud-africaine de l’Alma Chamber Orchestra avec Mme Anne Gravoin, l’épouse du Premier ministre français, Manuel Valls, comme il a été rapporté dans un récent article de Caroline Michel dans le NouvelObs.

« Dans un courrier électronique, Jean-Yves Ollivier assure toutefois à  « l’Obs » qu’ »il n’y a aucun partenariat financier ou échanges matériels entre la Fondation Brazzaville et l’Alma Chamber Orchestra, mais uniquement la poursuite d’un objectif commun : LA PAIX ». »

« La Paix » promue par un marchand d’armes, Ichikowitz, c’est de l’humour macabre ou bien simplement du « foutage de gueule » ! Mais rien d’étonnant de la part de ce récipiendaire de la Légion d’Honneur accordée par Manuel Valls. L’année dernière dans une interview à Paris-Match, Jean-Yves Ollivier affirmait concernant Sassou-Nguesso : « L’argent ne compte pas pour lui, il en use comme d’un moyen politique ».

On le voit bien maintenant, sa politique est plutôt saignante et expéditive. Quand à l’argent (de Sassou Nguesso) on a une vague idée à qui il a bien pu profiter ! Cela fait d’ailleurs presque quarante ans que cela dure. Il n’est pas appelé le Distributeur Automatique de Billets (DAB) pou rien !

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 Avec Congo-liberty.com

Le Gouvernement français a t-il encore une parole en Afrique ?

avril 14, 2016

Communiqué de presse de Gilbert COLLARD et de Louis ALIOT

Parlementaires Français

Le Gouvernement français a t-il encore une parole en Afrique ?

Deux jours après avoir pris acte du déroulement dans le calme de la présidentielle au Tchad, l’Union européenne a réclamé le 12 avril que le comptage des bulletins se déroule de manière « vérifiable et transparente ».

La demande de la Commission européenne intervient au lendemain des accusations de fraudes par l’opposition lors de l’élection présidentielle du 11 avril.

Il est quand même surprenant que l’UE et la France ne demandent pas la même chose au Congo après les événements post-électoraux très graves qui s’y déroulent. Il est regrettable et totalement incompréhensible que le gouvernement français n’ait pas répondu aux appels à l’aide d’une opposition mise sous surveillance et menacée par le pouvoir en place.
Combien de morts faudra t-il donc pour faire réagir la France ?

On est semble-t-il très loin du discours de Dakar du Président Hollande mettant en garde les chefs d’Etats africains « tentés de se maintenir au pouvoir coûte que coûte » et rappelant le soutien indéfectible de la France aux peuples victimes de tels agissements antidémocratiques.

Cette Politique des deux poids deux mesures est la meilleure manière d’accentuer les fractures, d’aggraver les situations et d’exacerber les tensions.

Il semble que la défense des Droits de l’Homme soit une cause à géométrie variable en fonction des intérêts marchands ou inavoués de la Françafrique malheureusement toujours bien présente et active.

Nous allons interroger dans nos parlements respectifs les autorités afin que des décisions soient prises rapidement pour faire respecter les droits de l’Homme et les règles démocratiques élémentaires, indispensables à la stabilité et au développement du continent africain.

Par Louis.alliot.eu

À Diffa, Boko Haram commet l’un de ses plus lourds massacres au Niger

juin 19, 2015
Nigeria: Soldats de Boko Haram mieux équipés que ceux de l'armée © AFP

Niger: Soldats de Boko Haram massacrent tout sur leur passage © AFP

Trente-huit personnes, dont une majorité de femmes et d’enfants, ont été tuées dans la nuit de mercredi à jeudi dans le sud-est du Niger lors d’une attaque des combattants islamistes de Boko Haram, a annoncé le ministre nigérien de l’Intérieur.

« Des éléments du groupe terroriste Boko Haram ont mené des attaques sur les villages de Lamana et Ngoumao, dans la commune de Gueskérou, dans la région de Diffa« , a déclaré le ministre Hassoumi Massaoudou à la radio publique. « Le bilan global provisoire est de 38 civils morts, dont 14 hommes, 14 femmes et 10 enfants ».

En avril, au moins 74 morts dans une attaque sur le lac Tchad

Il s’agit des plus lourdes pertes civiles enregistrées au Niger depuis que le pays est entré en guerre contre le groupe terroriste sur le sol nigérian début février. L’attaque est la plus meurtrière au Niger depuis celle menée fin avril sur l’île de Karamga – sur le lac Tchad : 74 personnes avaient alors été tuées, dont 46 soldats nigériens. Trente-deux autres militaires sont quant à eux toujours portés disparus.

Le gouvernement  promet de traquer les assaillants

Le ministre de l’Intérieur a également fait état de trois personnes blessées lors de la dernière attaque, qui ont été évacuées à l’hôpital de la capitale provinciale Diffa, alors que « plus de 100 maisons » ont été incendiées.

« Des opérations tant aériennes que terrestres sont actuellement engagées » par les forces de sécurité nigériennes pour « rattraper et neutraliser » les assaillants, a affirmé Hassoumi Massaoudou, promettant que le gouvernement mettrait « tout en œuvre » pour « traquer partout et vaincre définitivement ces hordes terroristes ».

Jeuneafrique.com

Centrafrique: l’Union africaine tire la sonnette d’alarme

septembre 20, 2013

L’Union africaine (UA) a exhorté vendredi la communauté internationale à s’impliquer plus activement en République centrafricaine, où elle décrit la situation comme « désastreuse », et au renforcement rapide de la Force de consolidation de la paix.

« La République centrafricaine a besoin de beaucoup d’aide, la situation humanitaire y est désastreuse, nous devons tous faire plus, et tout ce qui peut être fait en ce sens est bienvenu », a déclaré à l’AFP El Ghassim Wane, le commissaire adjoint à la Paix et la Sécurité de l’UA.

Une coalition d’ex-rebelles, le Séléka, a pris le pouvoir le 24 mars, renversant le président François Bozizé au pouvoir depuis 10 ans.

Le Séléka, qui a été officiellement dissout ces derniers jours, était composé de rebelles opérant depuis 2003 dans le nord du pays, échappant alors au pouvoir central.

Les rebelles ont été accusés de pillage et de massacres, provoquant également le déplacement de 180. 000 personnes, durant leur prise de pouvoir et l’installation de leur chef Michel Djotodia comme chef de l’Etat.

Sur le terrain, une force panafricaine essentiellement policière et militaire, la Mission internationale de soutien en Centrafrique (Misca), composée pour le moment de 1. 100 hommes, doit à terme passer à 3. 652 hommes venant de pays voisins, mais leur déploiement traîne en longueur.

Une réunion sur le renforcement de la Misca est prévue mercredi à New York, en marge de l’assemblée générale des Nations unies, mais « les 3. 600 hommes qui sont prévus ne sont pas fournis, il n’y a pas de soutien logistique, pas de fonds », avait souligné mardi une source diplomatique française.

« Nous devons nous assurer de mobiliser les troupes supplémentaires aussi vite que possible et d’envoyer la mission sur place », a plaidé vendredi M. Wane.

L’UA cherche de nouveaux soutiens dans cette mission, financée en partie par l’Union européenne (UE).

« Nous travaillons déjà avec l’UE, qui contribue financièrement », a-t-il dit. « Pour mettre en place une mission, il faut toujours un soutien international en matière de logistique et aussi de financement, c’est ce à quoi nous travaillons », a ajouté M. Wane.

Jeudi, le président français François Hollande a discuté à Bamako avec les présidents du Gabon, du Tchad et du Cameroun du renforcement de la mission de maintien de la paix en RCA.

Ancienne colonie française, la Centrafrique est un des pays les plus pauvres de la planète malgré ses ressources naturelles, qui restent inexploitées, et a connu une instabilité quasi chronique ces deux dernières décennies.

Jeuneafrique.com

Washington promet 5 millions de dollars pour l’arrestation de Joseph Kony

avril 3, 2013
Washington promet 5 millions de dollars pour l'arrestation de Joseph Kony Washington promet 5 millions de dollars pour l’arrestation de Joseph Kony © AFP

Les Etats-Unis ont promis mercredi 5 millions de dollars de récompense pour toute information qui permettrait l’arrestation du chef rebelle ougandais Joseph Kony, a annoncé le département d’Etat.

Le dirigeant de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) se cacherait aux confins de la Centrafrique, du Soudan du Sud et du Soudan. Comme trois de ses adjoints, il est inculpé par la Cour pénale internationale (CPI) de crimes contre l’humanité et crimes de guerre, parmi lesquels viols, mutilations, meurtres et recrutements d’enfants.

Washington propose une récompense similaire pour l’arrestation de chacun des trois adjoints de Joseph Kony: Okot Odhiambo, Dominic Ongwen, ainsi que Sylvestre Mudacumura, qui combat au sein des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).

La LRA est « l’un des groupes armés les plus cruels au monde », a affirmé l’ambassadeur des Etats-Unis pour les crimes de guerres Stephen Rapp, lors d’une conférence de presse.

« Nous agissons aujourd’hui pour que justice soit rendue à ces hommes, ces femmes et ces enfants innocents, victimes de massacres, d’amputations, d’asservissement, et d’autres atrocités », a-t-il expliqué.

« Etre tenu pour responsable est un pilier clé de l’initiative de l’ONU pour prévenir de telles atrocités », a-t-il souligné.

La LRA est active dans le nord de l’Ouganda depuis 1988, mais ses combattants se sont installés depuis 2005 dans le nord-est de la RDC, ainsi qu’en Centrafrique et au Soudan du Sud.

Ses attaques ont provoqué le déplacement d’environ 450. 000 personnes en RDC, Centrafrique, Ouganda et au Soudan du Sud, selon l’ONU, qui enquête par ailleurs sur des sources de financement illicite de la LRA, notamment celles liées au trafic d’ivoire.

Le président américain Barack Obama avait autorisé l’an dernier l’envoi d’une centaine de forces spéciales pour aider l’armée ougandaise à fouiller la jungle pour retrouver Kony, un des hommes les plus recherchés au monde.

Mais l’armée ougandaise a annoncé mercredi avoir suspendu sa traque de la LRA en Centrafrique, suite à la prise du pouvoir à Bangui par la rébellion Séléka, qui n’est pas reconnue par l’Union africaine (UA). L’UA appuie les recherches de l’Ouganda.

Jeuneafrique.com AFP

Kenya : le Premier ministre officiellement candidat à la présidentielle

décembre 22, 2012

Le Premier ministre kényan, Raila Odinga, est officiellement candidat à l’élection présidentielle de mars dans le pays, les premières depuis celles, meurtrières, de fin 2007, a-t-il annoncé samedi à Nairobi aux côtés des membres de sa coalition.

« Je m’engage auprès du peuple kényan et de la Coalition pour la réforme et la démocratie (CORD) en acceptant la nomination à la candidature présidentielle », a-t-il déclaré lors d’un meeting organisé dans la capitale kényane. Raila Odinga était déjà candidat lors de la présidentielle de 2007 mais avait perdu face au président sortant Mwai Kibaki. La réélection contestée de ce dernier avait débouché sur de sanglantes violences inter-ethniques, qui avaient fait plus de 1.000 morts et des centaines de milliers de déplacés.

Le Premier ministre avait formé l’alliance CORD début décembre avec le vice-président Kalonzo Musyoka, le ministre du Commerce Moses Wetangula et les dirigeants d’une dizaine de petits partis. M. Musyoka, qui visait aussi la présidence, fera finalement campagne dans le but de conserver son poste de vice-président. « Je suis devant vous aujourd’hui pour annoncer que j’ai placé, en premier, les intérêts du pays (…) et abandonné mes ambitions présidentielles personnelles au profit du Premier ministre Raila Odinga, » a déclaré M. Musyoka lors du même meeting.

L’alliance électorale CORD avait répondu à celle formée quelques jours plus tôt par le vice-Premier ministre Uhuru Kenyatta et un ancien ministre, William Ruto. MM. Kenyatta et Ruto, qui comme M. Odinga figurent parmi les favoris du scrutin, sont tous deux inculpés par la Cour pénale internationale (CPI) de crimes contre l’humanité pour leur rôle présumé dans des massacres inter-ethniques post-électoraux de fin 2007 et début 2008. Leur procès devant la CPI doit débuter le 10 avril et devrait donc coïncider avec le scrutin présidentiel, dont le premier tour aura lieu le 4 mars et le second un mois plus tard.

Jeuneafrique.com avec AF

Le Soudan du Sud abat un hélicoptère de l’ONU, quatre morts

décembre 22, 2012

Le Soudan du Sud a reconnu avoir abattu vendredi un hélicoptère de l’ONU, tuant les quatre membres d’équipage, et expliqué avoir pris par erreur l’appareil pour un engin ennemi, selon un porte-parole de l’armée.

« L’unité d’artillerie a malheureusement tiré sur l’hélicoptère, pensant qu’il s’agissait d’un appareil ennemi, car l’ONU n’avait pas prévenu de ce vol dans cette zone », a déclaré à l’AFP le porte-parole de l’armée sud-soudanaise Philip Aguer. « Quinze minutes après avoir tiré (…), nous avons appris que l’ONU avait envoyé un appareil » dans la zone, a-t-il ajouté.

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a réagi vendredi dans un communiqué en « condamnant fermement » l’incident, affirmant que l’appareil était « clairement » identifiable et réclamant que les responsables rendent des comptes. M. Aguer a indiqué que l’armée avait utilisé des armes antiaériennes pour abattre l’engin alors qu’il volait au-dessus de l’Etat de Jonglei, dans l’est du Soudan du Sud. Cet Etat a longtemps été le théâtre de massacres ethniques et des ONG ont dénoncé les exactions contre les civils qui accompagnent la répression de la rébellion par les forces de sécurité sud-soudanaises.

Les militaires du Soudan du Sud ont déclaré à la Mission de l’ONU au Soudan du Sud (Minuss) qu’ils « avaient abattu l’hélicoptère » de la Minuss, a précisé à la presse le porte-parole adjoint de l’ONU Eduardo del Buey. L’hélicoptère de type MI-8 effectuait un « vol de reconnaissance » dans le Jonglei quand il a été attaqué. « Selon des premières informations, l’hélicoptère s’est écrasé et a brûlé. La Mission a aussitôt envoyé une équipe de recherche et de secours, qui a confirmé la mort des quatre membres d’équipage », a précisé le porte-parole.

De nationalité russe

Le vice-ministre sud-soudanais de la Défense, Majak D’Agoot, avait de son côté indiqué que les quatre membres d’équipage « étaient tous de nationalité russe ». « L’hélicoptère de la Minuss s’est écrasé à 10H00 locales (07H00 GMT) entre notre garnison de Likuangole et une zone appartenant au chef rebelle David Yau Yau, appelée Nyarkech, dans le Jonglei », avait-il précisé.

Ancien professeur de théologie et fonctionnaire, David Yau Yau a pris les armes contre Juba après avoir été battu en avril 2010 aux élections locales dans le Jonglei par un candidat du Mouvement pour la libération des Peuples du Soudan (SPLM), l’ex-rébellion sudiste ayant combattu Khartoum durant la guerre civile et désormais au pouvoir à Juba. Le Jonglei fut l’un des principaux champs de bataille de la guerre civile soudanaise qui a opposé entre 1983 et 2005 le pouvoir de Khartoum à la rébellion sud-soudanaise et qui a abouti en juillet 2011 à la partition du Soudan et à l’indépendance du Soudan du Sud.

Jeuneafrique.com avec AFP

RDC – Affaire Chebeya : un nouveau témoignage met en cause le général Numbi

juillet 11, 2012
Floribert Chebeya a été retrouvé mort en juin 2010. Floribert Chebeya a été retrouvé mort en juin 2010. © AFP

Refoulé dimanche à son arrivée à l’aéroport de Kinshasa par les autorités congolaises, le réalisateur belge Thierry Michel, auteur du film « L’Affaire Chebeya », a rendu public, mardi 10 juillet, le témoignage d’un policier affirmant avoir assisté à l’assassinat du directeur de l’ONG La voix des sans voix. Un témoignage qui pourrait relancer le procès en appel qui doit rependre le 17 juillet.

Ce nouveau témoignage, s’il était authentifié, pourrait changer la donne du procès en appel des accusés du meurtre de Floribert Chebeya, qui doit reprendre mardi 17 juillet. Recueilli par le réalisateur belge et auteur du documentaire L’affaire Chebeya, Thierry Michel, il met directement en cause l’ex-inspecteur général de la police, John Numbi. La Haute cour militaire de Kinshasa, seule institution habilitée à le juger, doit statuer le 17 juillet sur la demande des parties civiles de le voir comparaître comme prévenu.

Le témoin est un policier, il s’appelle Paul Mwilambwe. En fuite dans un pays d’Afrique, il a été jugé par contumace dans la même affaire, le 23 juin 2011, pour association de malfaiteurs, assassinat, terrorisme et désertion. Aujourd’hui, il affirme s’être trouvé dans les locaux de l’inspection générale de la police (IGP) lors de l’assassinat de Floribert Chebeya, le 1er juin 2010. Un assassinat qu’il décrit de manière très détaillée et dont il assure qu’il a été intégralement filmé.

Selon Paul Mwilambwe, Chebeya a été assassiné parce qu’il comptait transmettre au roi Albert II, lors de sa visite à l’occasion du cinquantenaire de l’indépendance de la RDC, des informations sur les massacres des adeptes de la secte Bundu dia Kongo, tués par des policiers en 2007 et 2008. Ces documents mettaient directement en cause le bataillon Simba commandé par le second de Numbi, le Major Christian Ngoy, dit-il.

C’est en possession de ces preuves que Floribert Chebeya, accompagné par son chauffeur Fidèle Bazana, se présente à l’Inspection générale de la police, le 1er juin 2010 à 16 H45. Paul Mwilambwe raconte avoir reçu le militant des droits de l’homme seul dans son bureau pendant près d’une heure et demi.

Étouffé avec des sacs plastiques

Les deux hommes sont ensuite rejoints par Christian Ngoy. Ce dernier informe Chebeya que John Numbi n’a pu se déplacer mais qu’il peut l’emmener à son domicile, ce qu’accepte Floribert Chebeya, poursuit le policier. Les deux hommes sortent. Dans les minutes qui suivent, le directeur de la Voix des sans voix est étouffé avec des sacs plastiques dans un hangar de l’inspection. Resté dans son bureau, Mwilambwe raconte avoir assisté à la scène via des caméras de surveillance et dit s’être rendu immédiatement sur le lieu du crime. Il va y découvrir les corps de Floribert, à l’agonie, et de son chauffeur, dont il assure qu’il a été assassiné pendant son entretien avec Chebeya. Il est environ 19 heures 30.

Les corps auraient été ensuite placés dans deux voitures distinctes, puis celui de Bazana finalement enterré. Paul Mwilambwe affirme que les restes de ce dernier se trouvent dans une parcelle appartenant au général Numbi, dont il indique le lieu avec une grande précision.

S’il n’était pas présent lors de l’assassinat, c’est John Numbi qui tirait les ficelles, assure Paul Mwilambwe dans son témoignage. C’est lui qui aurait donné l’ordre au Major Christian Ngoy, aujourd’hui en fuite, d’exécuter Floribert Chebeya contre la somme de 500 000 dollars. Lui aussi qui récompenserait les huit hommes ayant participé aux assassinats. Ou encore lui qui organiserait la fuite de Ngoy. Joint par Jeune Afrique, Thiery Michel assure détenir d’autres témoignages corroborant encore cette version des faits.

« Que toute la lumière soit faite »

Le réalisateur insiste cependant sur le fait que ce témoignage, qu’il a transmis aux avocats et aux autorités congolaises, doit être « vérifié ». Mais il estime qu’il permet d’éclairer « toutes les zones d’ombre de l’affaire. Car les policiers suspectés ont toujours nié que Chebeya ait été assassiné. Les avocats de l’État ont même nié qu’il soit venu dans les bureaux de l’inspection militaire »

Et de conclure : « Je donne au gouvernement des documents pour que la vérité éclate sur une affaire dont le ministre de la Justice congolais a récemment déclaré vouloir que toute la lumière soit faite ».

 Jeuneafrique.com par Vincent Duhem

Côte d’Ivoire : commandant Losseni Fofana, un cobra dans les montagnes

octobre 25, 2011

L’ex-comzone Losseni Fofana est le nouveau seigneur de l’ouest ivoirien. S’il a accepté de parler à jeuneafrique.com, c’est avant tout pour répondre aux accusations portées contre lui par plusieurs ONG, dont HRW, qui le soupçonnent d’être responsables de crimes de guerre pendant les violences postélectorales. Rencontre à Man avec « Cobra », un homme qui préfère l’ombre à la lumière.

« Je n’ai jamais aimé apparaître dans les journaux », dit Losseni Fofana. De fait, l’ex-comzone de Man, Cobra de son nom de guerre, est longtemps resté l’un des plus discrets dirigeants des ex-FAFN (ex-rebelles), jusqu’à ce que l’histoire tumultueuse de la Côte d’Ivoire le place sous les feux de la rampe.

Mais du « lord of war », Fofana n’est pas exactement le portrait-robot. Ce dimanche, dans son bureau climatisé du peloton de la gendarmerie de Man, chef-lieu de la région des Dix-huit montagnes où il a établi son quartier général, il n’est entouré de deux proches, en civil. Lui-même porte un boubou malinké et s’est présenté seul à bord de son véhicule 4X4, sans gardes du corps lourdement armés, ni protocole.

Ce Dioula de Mankono (centre-nord du pays), ancien caporal de la Force d’intervention rapide para-commando (Firpac), avait fui la capitale économique ivoirenne en janvier 2001 (après le complot dit de la Mercedes noire). Pour échapper aux règlements de compte anti-Dioula de l’ère Gbagbo, il avait pris la direction de Ouagadougou avant de revenir pour participer au coup d’État manqué de 2002.

« On va manger Dioula ! »

C’est dans son bureau de Man, où trônent deux cobras sculptés que le commandant Losseni Fofana a minutieusement préparé la bataille de l’ouest, où il règne désormais en maître. Ville après ville, village après village, ce proche de Chérif Ousmane (alias Guépard) a mis en déroute les combattants pro-Gbagbo qui avaient mis la région en coupe réglée depuis 2002.

Pour lui, la vraie guerre a commencé dans la nuit du 24 au 25 février dernier, quand des combattants pro-Gbagbo surexcités et chantant « on va libérer Man, on va installer Gbagbo, on va manger Dioula ! » ont attaqué les positions des ex-FAFN à Bounta (Danané, ouest montagneux). La conquête de l’ouest par ses troupes s’est achevée après la prise de Guiglo, intervenue juste après celle de Duékoué.

Plus de cinq mois après la fin des hostilités, Losseni Fofana s’est décidé à parler. Lui qui n’avait jusque-là accordé aucune interview à la presse, rejette catégoriquement les accusations de crimes de guerre portées contre lui par des organisations des droits de l’homme, en particulier par Human Rights Watch. « Les massacres de Duékoué n’étaient pas de notre fait. Là bas, chaque communauté avait son armée. C’étaient des règlements de compte entre communautés. Nous avons au contraire, mis un terme à cela », affirme-t-il.

Adepte de la boxe

Grand et svelte, calme et concis cet adepte de la boxe a le sentiment du devoir accompli. Et s’il ne veut pas être considéré comme un héros, « Cobra » refuse d’être traité de bourreau. « Mes hommes ont été formés pour faire la guerre, non pour tuer des civils. Depuis quatre ans, nous travaillons avec la Croix rouge sur le droit international humanitaire et les crimes de guerre », se défend-il.

À 37 ans, le plus jeune des comzones s’apprête à assumer sa nouvelle mission : celle de la Force spéciale (FS) créée par Alassane Ouattara, dont il est l’un des responsables. Celle-ci est chargée de combattre le grand banditisme. En attendant qu’elle soit opérationnelle, Cobra se rend régulièrement à Abidjan, où vivent son épouse et ses deux enfants. Pour lui, « la guerre est derrière nous, l’heure est au relèvement de la mère patrie ».

Jeuneafrique.com par André Silver Konan, envoyé spécial à Man