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Centrafrique : les rebelles annoncent avoir pris le palais présidentiel, Bozizé en fuite

mars 24, 2013
Des rebelles de la Séléka. Des rebelles de la Séléka. © AFP

Les rebelles de la coalition centrafricaine du Séléka ont pris dimanche le palais présidentiel de Bangui, a annoncé à l’AFP un de leurs chefs militaires, le colonel Djouma Narkoyo, précisant que le président François Bozizé ne s’y trouvait pas.

« Nous avons pris le Palais présidentiel. Bozizé n’y était pas. Maintenant, nous allons nous rendre à la radio (nationale) pour que le président du Séléka (Michel Djotodia) prenne la parole », a-t-il déclaré. « Nous savions que Bozizé n’était pas là », a-t-il précisé. Le chef de l’État aurait fui la ville vers la RDC, après avoir franchi le fleuve Oubangui, selon un de ses conseillers, cité par Reuters.

Une source militaire sous couvert de l’anonymat a confirmé la prise de la présidence par le Séléka, soulignant qu’il y avait encore des poches de résistance dans la ville mais que le rapport de force était clairement en faveur des rebelles. Dimanche matin, le colonel Narkoyo avait averti que la journée d’aujourd’hui sera décisive. « Nos hommes sont dans Bangui, on prend nos emplacements ».

Non respect des accords de Libreville

L’assaut de la rébellion a commencé vers 07H30 (6h30 GMT). « Nos éléments ont lancé l’offensive en début de matinée passant le +bouchon+ du PK10 (point kilométrique 10) près de la base sud-africaine pour aller vers le centre-ville », a expliqué Eric Massi, un porte-parole de la rébellion depuis Paris. Les échanges ont été très intenses vers 08h00 (07h00 GMT) mais sont devenus plus sporadiques, a constaté un journaliste de l’AFP proche de la zone des affrontements dans le centre ville où se trouve le palais présidentiel. Les rebelles avaient commencé à entrer dans la capitale samedi en fin d’après-midi après avoir repris les armes la veille.

La rébellion avait lancé une offensive le 10 décembre dans le nord du pays et avait enchaîné victoire sur victoire face aux forces gouvernementales avant de stopper sa progression sous la pression internationale à 75 km au nord de Bangui. Des accords de paix signés à Libreville le 11 janvier avaient débouché sur la formation d’un gouvernement d’union nationale composé du camp Bozizé, de l’opposition et de la rébellion. Arguant du non respect des accords par le clan Bozizé, les rebelles ont déclenché à nouveau les hostilités vendredi et déclaré vouloir mettre en place un gouvernement de transition s’ils prenaient Bangui.

 Jeuneafrique.com avec AFP

Centrafrique: Bozizé limoge son fils, la rébellion accepte de négocier

janvier 3, 2013

Le président centrafricain François Bozizé a fait le ménage dans la haute hiérarchie militaire mercredi, limogeant son fils du ministère de la Défense pour reprendre lui-même en main l’armée, incapable de résister sur le terrain à l’avancée des rebelles qui exigent son départ du pouvoir.

La coalition rebelle du Séléka a conquis en trois semaines la majeure partie du pays, mais devant la détermination de la force africaine d’interposition à l’empêcher de marcher sur la capitale Bangui, elle a toutefois décidé mercredi de stopper sa progression et d’accepter des pourparlers de paix avec le gouvernement centrafricain. Ces négociations pourraient débuter le 8 janvier à Libreville, la capitale du Gabon.

Dans son discours de voeux du Nouvel An, le président Bozizé avait « regretté » le manque de discipline et l’échec des Forces armées centrafricaines devant la progression éclair de la rébellion.

Le service de presse de la présidence a annoncé mercredi soir que le propre fils du chef de l’Etat, « le ministre délégué à la Défense Jean-Francis Bozizé avait été relevé de ses fonctions » tout comme « le chef d’état-major » Guillaume Lapo. « Le chef de l’Etat prend en main le portefeuille (de la Défense) », et le général de Division Michel Bémakoussi est nommé directeur de cabinet de la Défense, est-il indiqué.

Actuellement colonel, Jean-Francis Bozizé devait être promu général prochainement. Discret mais bien présent en politique, certains le voyaient déjà prendre la suite de son père.

Du côté des rebelles, le porte-parole de la coalition du Séléka, Eric Massi, a confirmé « suspendre l’offensive en direction de Bangui ». « Nous allons envoyer une délégation au Gabon en vue de participer aux pourparlers de paix », a-t-il ajouté.

« Normalement, ces négociations doivent avoir lieu le 8 janvier à Libreville. Il semblerait que la date du 8 janvier soit confirmée », a indiqué une source diplomatique. C’est le président congolais Denis Sassou Nguesso qui dirigera ces pourparlers, selon la même source.

Le porte-parole du Séléka a rappelé que les rebelles exigeaient le départ du pouvoir de François Bozizé qui dirige le pays depuis 2003. « Le départ du président Bozizé reste toujours pour nous une exigence parce que nous mettons en doute sa sincérité », a-t-il déclaré. François Bozizé s’est dit prêt à un dialogue sans condition en vue de la formation d’un gouvernement d’union nationale.

La ville de Damara désertée

Après avoir enlevé plusieurs villes du nord et du centre depuis le 10 décembre, la rébellion du Séléka campe à Sibut, à 160 kilomètres au nord de la capitale centrafricaine. Dans sa ligne de mire se trouve la ville de Damara, dernier verrou à 75 km de Bangui, où est positionnée la Force multinationale d’Afrique centrale (Fomac) qui s’est renforcée ces derniers jours.

Un contingent de 120 militaires camerounais est ainsi arrivé mercredi soir en République centrafricaine, a indiqué la Fomac.

La Force a clairement prévenu mercredi la rébellion que toute tentative de marcher sur Bangui serait considérée comme « une déclaration de guerre ». « Si les rebelles attaquent Damara, c’est une déclaration de guerre, cela veut dire qu’ils ont pris la résolution d’engager les 10 Etats d’Afrique centrale », a déclaré le général Jean-Félix Akaga, chef de la Force.

Ses effectifs, dont le gros des troupes est tchadien, devraient atteindre 760 hommes à la fin de la semaine, selon une source interne.

A ces effectifs s’ajoutent 600 soldats envoyés par la France, l’ancienne puissance coloniale, officiellement pour protéger et éventuellement évacuer ses ressortissants.

Le chef de l’Etat tchadien, Idriss Déby Itno, président en exercice de la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale et allié du président Bozizé, qu’il a aidé à prendre le pouvoir en 2003, avait déjà prévenu lundi que Damara constituait « une ligne rouge à ne franchir par aucune des deux parties ».

Damara, ville d’environ 40. 000 habitants, a été presque entièrement désertée il y a six jours, à l’annonce de l’arrivée des rebelles, a constaté un journaliste de l’AFP. Les maisons sont presque toutes abandonnées, les habitants dorment à la belle étoile dans la brousse.

A Bangui, de nombreux « patriotes », répondant à l’appel de M. Bozizé, élèvent à la nuit tombée des barrages, censés prévenir toute incursion rebelle.

Jeuneafrique.com avec AFP

Centrafrique : suspension de l’offensive rebelle en vue de l’ouverture des négociations à Libreville

janvier 2, 2013

Les rebelles de la coalition Séléka ont suspendu leur avancée vers la capitale centrafricaine, Bangui. Ils acceptent d’aller négocier à Libreville (Gabon). Les pays d’Afrique centrale se font dorénavant plus menaçants.

« J’ai demandé à nos forces de ne pas bouger de leurs positions à partir d’aujourd’hui parce que nous voulons participer aux discussions de Libreville (Gabon) pour trouver une solution politique », a déclaré, mercredi 2 janvier, Eric Massi, le porte-parole, à Paris, de la coalition Séléka.

Les rebelles ont ainsi annoncé la suspension de leur offensive en direction de la capitale, Bangui.

« Je suis en discussion avec nos partenaires pour avancer des propositions afin de mettre fin à la crise mais une solution pourrait être une transition politique dont le président (François Bozizé) serait exclu », a-t-il ajouté.

Les alliés d’Afrique centrale sécurisent la capitale

Auparavant, le général Jean-Félix Akaga, commandant de la Force multinationale d’Afrique centrale (Fomac) déployée en Centrafrique, avait averti la rébellion centrafricaine que toute tentative de prendre la ville de Damara, dernier verrou à 75 kilomètres de Bangui, serait considérée comme une déclaration de guerre.

« Nous ne cèderons pas Damara, que ce soit clair. Si les rebelles attaquent Damara, cela veut dire qu’ils ont pris la résolution d’engager les dix États d’Afrique centrale. Je ne pense pas sincèrement qu’ils en arriveront là », a-t-il déclaré lors d’un point de presse à Bangui. « La ligne rouge est valable pour les Faca (les forces régulières centrafricaines) et pour les rebelles, a-t-il ajouté. Nous empêchons dans les deux sens de franchir la ligne rouge. »

Le chef de l’État tchadien, Idriss Déby Itno, président en exercice de la Communauté économique des États d’Afrique centrale (CEEAC) avait déjà prévenu lundi que Damara constituait une ligne rouge à ne franchir par aucune des deux parties.

Renforts

Face à l’offensive rebelle qui a débuté le 10 décembre et a rapidement progressé sans rencontrer de résistance jusqu’à Sibut, les pays d’Afrique centrale ont envoyé des renforts pour protéger la capitale centrafricaine. Les effectifs de la Fomac, dont le gros des troupes est tchadien, devraient atteindre 760 hommes à la fin de la semaine.

Dimanche, le chef de l’État, François Bozizé, s’était dit prêt à ouvrir sans délai un dialogue qui pourrait se tenir à Libreville, au Gabon, comme l’ont réclamé ses pairs d’Afrique centrale. Il a proposé la formation d’un gouvernement d’union nationale auquel pourraient participer les rebelles.

Jeuneafrique.com avec Agences