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RDC-Alimentation : cinq communes kinoises en situation de crise

septembre 15, 2021

Masina, Matete, Ndjili, Ngaba et Ngaliema sont arrivés à la phase trois du cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire du Programme alimentaire mondial (PAM). Entre 20 à 25 % de leurs habitants respectifs sont en phase trois ou plus. Comme l’explique l’institution onusienne, ce niveau vient juste avant la famine.

Le rapport IPC du PAM, paru dans la presse le 14 septembre, révèle une situation alimentaire très difficile dans certaines communes peuplées de Kinshasa et même quelques provinces congolaises. Cinq des vingt-quatre communes kinoises sont touchées par la crise alimentaire. Pour atteindre ces résultats, les enquêteurs ont recouru à un ensemble d’outils et de processus qui leur ont permis d’analyser et de classifier la sévérité de l’insécurité alimentaire suivant des normes scientifiques internationales.

Situation difficile à Kinshasa

Selon le rapport, plus de 1,5 million de personnes affichent un besoin d’assistance humanitaire pour sauver leur vie et protéger leurs moyens d’existence sur la période courant de février à juillet 2021. Dans les cinq communes les plus touchées, 20 à 25 % de la population est en phase 3 de l’IPC ou plus. Par ailleurs, d’autres zones urbaines comme les communes de Bumbu et Kimbanseke se trouvent dans la même situation.

Quelques grandes villes touchées

Pour la situation des provinces, le rapport IPC s’étend sur des zones urbaines jadis présentées comme le grenier du pays en raison de leur vocation hautement agricole. Il s’agit des villes de Kindu (Maniema), Beni (Nord-Kivu), Kananga (Kasaï central), Kalemie (Tanganyika), Mbuji-Mayi (Kasaï oriental), Uvira (Sud-Kivu) et Gemena (Sud-Ubangui). Selon le PAM, elles se trouvent également dans la phase 3 dite « situation de crise ». Là aussi, entre 20 à 40 % de leurs habitants respectifs approchent de la famine.

Causes

Après la publication de ces chiffres alarmants, le rapport va plus loin en présentant les principaux facteurs responsables de l’insécurité alimentaire en milieu urbain. Il y a bien entendu les effets directs de la pandémie de la covid-19, mais également d’autres facteurs comme le faible accès à l’emploi, les revenus des ménages et la hausse des prix des denrées alimentaires. Le but ultime de cette étude est de permettre aux décideurs de disposer d’une analyse rigoureuse de l’insécurité alimentaire dans les contextes d’urgence, de transition et de développement, ainsi que des objectifs clés pour mieux coordonner les interventions, conclût le rapport.

Avec Adiac-Congo par Laurent Essolomwa

RDC : convoqué par le procureur, Vital Kamerhe ne répondra pas à « l’invitation »

avril 6, 2020

Le président Félix Tshisekedi aux côtés de Vital Kamerhe, le 23 novembre 2018.

Le président Félix Tshisekedi aux côtés de Vital Kamerhe, le 23 novembre 2018. © Ben Curtis/AP/SIPA

 

Le directeur de cabinet de Félix Tshisekedi, est convoqué ce lundi devant le parquet général près la cour d’appel de Matete dans le cadre des enquêtes sur l’utilisation des fonds alloués au programme présidentiel des 100 jours. D’après nos sources, il sera représenté par ses avocats.

« L’UNC réaffirme son attachement à l’État de droit dans notre pays, mais note que la dite invitation du parquet est le point culminant de l’acharnement contre la personne de son président national ». L’annonce de « l’invitation » du chef de cabinet du chef de l’État par le parquet général près la cour d’appel de Matete a été accueillie par une levée de boucliers de la part des cadres de l’Union pour la nation congolaise, son parti.

Le procureur veut en effet entendre Vital Kamerhe, ce lundi, dans le cadre de l’enquête sur l’utilisation des fonds alloués au programme présidentiel des 100 jours.

Kamerhe se fera représenter

Mais pour les ministres, députés et nombreux conseillers présidentiel et ministériels qui forment la direction politique du parti, cette convocation est le fruit d’une « campagne de diabolisation par certaines officines en mal de positionnement » visant Kamerhe, « aussi bien sur les médias que les réseaux sociaux, et ce, depuis plusieurs mois ».

Dans un communiqué au vitriol, la direction politique nationale de l’UNC dénoncé « la grave légèreté avec laquelle cette invitation a été adressée » au directeur de cabinet du chef de l’État, y relevant notamment erreurs de dates et confusion sur l’adresse du destinataire.

D’après nos sources, le principal intéressé a décidé de ne pas répondre à cette « invitation » du parquet, et se fera représenter par ses avocats.

Selon un proche du directeur de cabinet du président congolais, il existe un « noyau autour du président de la république » qui veut « obtenir la tête de Vital Kamerhe » qui, selon les accords politiques signés entre lui et Tshisekedi à Nairobi fin 2018, fait du président de l’UNC le candidat de la coalition Cap pour le Changement à la présidentielle de 2023.

La justice congolaise enquête depuis plusieurs semaines sur des soupçons de détournement des fonds alloués à l’exécution du « Programme des 100 jours », lancé en mars 2019 par le président Félix Tshisekedi, prévoyant notamment la construction d’infrastructures routières et à la gratuité de l’enseignement de base.

Plusieurs personnes ont déjà été entendues dans le cadre de ces enquêtes, dont le directeur général de la Rawbank, Thierry Taeymans, ou encore celui de Safricas, David Blattner. La justice congolaise a également entendu l’un des frères du directeur de cabinet de Félix Tshisekedi, membre de la commission présidentielle sur les 100 jours, ainsi que le comptable de la présidence.

Avec Jeuneafrique par Stanis Bujakera Tshiamala

RDC : les miliciens de Kamuina Nsapu derrière l’évasion de la prison de Matete ?

juin 16, 2017

Dans le Kasaï, en août 2007. © Lionel Healing/AP/SIPA

Dans la nuit du 10 au 11 juin, une vingtaine de personnes cagoulées ont attaqué le commissariat et le parquet de la commune de Matete, au sud de Kinshasa. Si les autorités congolaises n’ont pas encore mis la main sur les assaillants, des témoignages indiquent la piste Kamuina Nsapu.

Le commissariat du district de Mont-Amba et le parquet de Matete, distants de 50 mètres, ont été attaqués par une vingtaine de personnes non identifiées dans la nuit du 10 au 11 juin. Blessé par balle, un seul de ces assaillants a pu être arrêté par la police, juste avant de succomber à sa blessure. Au total, 17 détenus se sont enfuis, dont 14 qui se trouvaient dans les cellules du commissariat et trois au parquet. D’après un responsable local, les assaillants chantaient et dansaient en citant le nom de Kamuina Nsapu : « Après avoir vu plus d’une fois le mode opératoire de la bande de Kamuina Nsapu [milice active dans le Kasaï et en proie à une forte répression des autorités, NDLR], tout laisse à croire que ces sont ses adeptes qui se sont pointés à Matete cette nuit-là ».

Contacté par Jeune Afrique, la police congolaise n’exclut pas cette hypothèse. » Ils nous a été rapporté que les assaillants entonnaient des chants à la gloire de Kamuina Nsapu mais, pour l’instant, nous ne pouvons affirmer que ce sont eux les auteurs de l’attaque », a précisé son porte-parole, le colonel Pierre Rombaut Mwanamputu Empung, soulignant que « l’enquête [était] en cours ».

Pourquoi pas les Kuluna ?

La commune est connue à Kinshasa pour être mouvementée. C’est notamment dans ce secteur que les Kuluna, ces gangs de jeunes criminels, faisaient régner la terreur il y a quelques années. Mais aux yeux du bourgmestre Thierry Gaibene Bayllon, les auteurs de l’attaque ne sont pas issus de leurs rangs : « Ces jeunes ne font plus parler d’eux en mal et je doute fort que ce soit eux. À ce stade, laissons la police militaire mener l’enquête. »

Ces incidents sont extrêmement graves

Du coté des politiques, ça grogne. « Ces incidents sont extrêmement graves », s’exclame le député et membre du Rassemblement de l’opposition, Claudel Lubaya, contacté par Jeune Afrique. « Les prisons sont des lieux de haute sécurité, poursuit-il. Si les prisons sont attaquées assez régulièrement, que les agents de l’ordre ne parviennent pas à rattraper les assaillants et que les autorités chargées de s’en occuper ne sont pas démises de leurs fonctions, cela prouve à suffisance la défaillance et la complaisance du système militaro-sécuritaire du pays. »

Le 17 mai dernier, c’était la grande prison de Makala qui était attaquée par les combattants de Ne Mwanda Nsemi, le chef de la secte Bundu Dia Kongo, occasionnant ainsi sa sortie de prison, avec dans son sillage plus de 4 000 autres détenus. Les autorités congolaises, qui s’étaient exprimées par la voix d’Alexis Tambwe Muamba, ministre d’État en charge de la Justice, n’avaient fourni aucun bilan sur cet incident dans lequel au moins huit personnes ont trouvé la mort.

Jeuneafrique.com par

RDC: une policière tuée dans l’attaque d’un parquet de Kinshasa

juin 10, 2017

Kinshasa – Une policière congolaise a été tuée et quatre grièvement blessées dans la nuit de vendredi à samedi dans l’attaque d’un parquet de Kinshasa, a-t-on appris de source judiciaire.

« Le parquet a été attaqué cette nuit par des hommes armés non identifiés, une policière a été tuée et une autre grièvement blessée », a d’abord déclaré à l’AFP un magistrat du parquet de Matete, un quartier populaire de l’est de Kinshasa.

« Sur les 11 détenus, majoritairement de droit commun, trois manquent à l’appel », a-t-il ajouté, indiquant qu’une autre attaque a simultanément visé un commissariat de police situé non loin du parquet.

« Il y a eu effectivement une attaque armée cette nuit » au parquet de Matete, a ensuite confirmé à l’AFP le colonel Pierrot-Rombaut Mwanamputu, porte-parole de la police congolaise.

Dans un communiqué publié samedi après-midi, la police congolaise a indiqué que « l’État major du commissariat urbain de Mont Amba a fait l’objet d’une attaque par un groupe ».

« Repoussés, ces criminels armés se sont ensuite attaqués aux installations du Parquet de Grande Instance de Matete où il est signalé l’évasion de 3 détenus sur un effectif de 33 », ajoute le texte.

Le document confirme la mort d’une policière « lors des échanges des tirs », indiquant par ailleurs que quatre autres policiers « sont grièvement blessés ».

« Du côté des inciviques, l’on signale que nos forces de police ont réussi à maîtriser l’un d’entre eux, qui malheureusement a succombé de suite à ses blessures », ajoute cette source.

Selon la police, 11 véhicules et 3 motos ont été incendiés et 4 motos ont été emportées par les assaillants.

Cette attaque intervient trois semaines après celle contre la prison de Makala, la grande prison de Kinshasa, qui avait entrainé une évasion massive de détenus le 17 mai et d' »importants dégâts matériels », selon les autorités.

Le 19 mai, plusieurs dizaines de détenus s’étaient également échappés d’une prison située à 40 km au sud-ouest de Kinshasa.

Ces différentes attaques et évasions interviennent alors que la RDC est minée par une crise politique profonde liée au maintien au pouvoir du président Joseph Kabila dont le mandat a échu le 20 décembre dernier.

Âgé de 46 ans, M. Kabila a succédé à son père en janvier 2001. Élu président en 2006, il a été réélu en 2011, lors d’un scrutin entaché de fraudes massives.

Son mandat s’est achevé en décembre et la Constitution lui interdit de se représenter, mais il se maintient à la tête du pays en vertu d’un arrêt controversé de la Cour constitutionnelle, entérinée par un accord signé le 31 décembre 2016 entre la majorité et l’opposition.

Romandie.com avec(©AFP / 10 juin 2017 16h51)