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Violences lors de la présidentielle au Kenya: le bilan monte à trois morts

octobre 26, 2017

Affrontements entre la police et des manifestants de l’opposition kényane à Kibera, à Nairobi, le 26 octobre 2017 / © AFP / Patrick Meinhardt

Le bilan des violences en marge de l’élection présidentielle jeudi au Kenya s’élève désormais à trois morts, après le décès de deux hommes dans un bidonville de Nairobi et à Homa Bay (ouest), a-t-on appris de sources hospitalière et policière.

Un jeune homme a succombé à une blessure par balle à la tête dans le bidonville de Mathare dans la capitale Nairobi, a déclaré à l’AFP le directeur d’un hôpital, Dickens Osimba. Par ailleurs, un communiqué de la police a annoncé la mort par balle d’un homme à Homa Bay dans des affrontements avec la police. Un précédent bilan faisait état de la mort d’un partisan de l’opposition, également tué dans des heurts avec la police à Kisumu, bastion de l’opposition qui a appelé à boycotter le scrutin.

Romandie.com avec(©AFP / 26 octobre 2017 15h13)                

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Kenya: violents affrontements entre groupes Kikuyu et luo à Nairobi

août 13, 2017

De violents affrontements ont opposé dans le bidonville de Mathare à Nairobi des membres de l’ethnie kikuyu du président Uhuru Kenyatta et des partisans luo de l’opposant Raila Odinga, le 13 août 2017 / © AFP / MARCO LONGARI

De violents affrontements ont opposé dimanche dans le bidonville de Mathare à Nairobi des membres de l’ethnie kikuyu du président Uhuru Kenyatta et des partisans luo de l’opposant Raila Odinga, a constaté un photographe de l’AFP.

Les violences ont éclaté quand des Luo ont brûlé des échoppes situées dans le quartier kikuyu du bidonville, entraînant une bataille rangée entre les deux groupes, comprenant plusieurs centaines de personnes, à coups de pierres, de bâtons et de flèches.

Un homme, vraisemblablement kikuyu, a été très sévèrement frappé à coups de bâtons et de pierres, et son corps gisait inerte, le visage ensanglanté, sur la chaussée, selon ce photographe qui a observé la scène.

Des personnels de la Croix-Rouge présents à proximité n’ont pas réussi à accéder immédiatement au corps, les deux groupes continuant à se faire face et la situation restant extrêmement tendue.

La décision des Luo d’incendier les commerces kikuyu aurait été déclenchée par des rumeurs sur la mort de deux membres de leur communauté.

Un autre photographe de l’AFP a vu l’un de ces deux hommes, gisant sur le dos, recouvert de sang mais respirant encore. Il n’a cependant pas pu confirmer la présence d’un autre corps.

Cet incident a fait suite à la visite à Mathare de M. Odinga, venu voir la famille d’une fille de neuf ans tuée par balle samedi matin dans le bidonville, alors qu’elle se trouvait sur un balcon au quatrième étage d’un immeuble.

M. Odinga s’était auparavant rendu dans le bidonville de Kibera, où devant des milliers de partisans enthousiastes, il avait affirmé qu’il n’accepterait pas les résultats de l’élection présidentielle, « volée » selon lui par M. Kenyatta, le chef de l’État sortant.

« Nous n’avons pas encore perdu. Nous n’abandonnerons pas. Attendez que j’annonce la marche à suivre après-demain (mardi) », avait-il ajouté, demandant à ses supporteurs de ne pas aller travailler lundi en raison de la présence massive des forces sécurité.

M. Kenyatta a été réélu vendredi soir pour un second mandat de cinq ans avec 54,27% des voix, contre 44,74% à M. Odinga, selon les résultats officiels. Mais l’opposition conteste ces résultats et dénonce une « mascarade » électorale.

Des scènes de violence et de pillage circonscrites à quelques bastions de l’opposition, dans l’ouest du pays et les bidonvilles de Nairobi, ont éclaté dès la proclamation de la victoire de M. Kenyatta.

Ces violences ont fait au moins 16 morts entre vendredi soir et samedi soir – neuf dans les bidonvilles de Nairobi, dont la fillette, et sept dans l’ouest du pays – selon un bilan établi par l’AFP de sources policières et hospitalières.

Romandie.com avec(©AFP / 13 août 2017 18h46)

Kenya: trois morts au lendemain de la réélection de Kenyatta

août 12, 2017

Un homme blessé est transporté dans le bidonville de Kibera à Nairobi, le 12 août 2017 / © AFP / PATRICK MEINHARDT

Au moins trois personnes ont été tuées au Kenya depuis l’annonce vendredi soir de la réélection du président Uhuru Kenyatta, le gouvernement assurant que les violences restaient localisées et que l’essentiel du pays était calme.

Sitôt la proclamation par la Commission électorale (IEBC) de la réélection de M. Kenyatta, 55 ans, pour un second mandat de cinq ans, des violences ont éclaté dans les bastions de l’opposition, qui a dénoncé « une mascarade » électorale.

Persuadés que la victoire leur a une nouvelle fois été volée, ses supporteurs ont laissé éclater leur colère dans l’ouest du pays et dans plusieurs bidonvilles de Nairobi, tels Kibera, Mathare ou Kawangware.

Depuis vendredi soir, au moins trois personnes, dont un enfant de neuf ans, ont été tuées. Deux décès ont été rapportés près de Kisumu (ouest) et dans le comté voisin de Siaya, de sources hospitalières et policières.

L’enfant a été tué par balle samedi matin à Mathare, alors qu’il se trouvait sur un balcon au quatrième étage d’un immeuble, selon un journaliste de l’AFP.

Selon un décompte de l’AFP, les violences liées à l’élection ont fait au moins 9 morts depuis mercredi dans ce pays de quelque 48 millions d’habitants.

La nuit a été agitée, marquée par des émeutes à Kisumu et des scènes de pillage à Kibera de commerces supposés appartenir à des sympathisants du pouvoir.

Les troubles ont continué dans la matinée à Kisumu et ses environs, où les manifestants ont bloqué des axes routiers. A Kibera, des jeunes munis de pierres ont allumé des feux et bloqué des rues, avant d’être pourchassés par la police. La même scène a été observée à Mathare par un journaliste de l’AFP.

– Des violences circonscrites –

Mettant ces incidents sur le dos « d’éléments criminels qui ont tenté de prendre avantage de la situation, en pillant et détruisant des propriétés », le ministre de l’Intérieur, Fred Matiangi, a assuré que « la sécurité prévaut complètement dans le reste du pays ».

La réponse de la police a été implacable, même si le ministre a certifié que « la police n’a pas fait d’usage disproportionné de la force contre un quelconque manifestant où que ce soit dans le pays ».

Un photographe de l’AFP a toutefois vu la police tirer des coups de feu en direction d’émeutiers dans la nuit à Kibera. A Kisumu, un témoin interrogé par l’AFP, Truphena Achieng, dont le frère a été blessé, a accusé la police d’avoir fait feu sur des personnes qui manifestaient « pacifiquement ».

Crédité de 54,27% des voix, M. Kenyatta, au pouvoir depuis 2013, avait tendu vendredi soir la main à son principal rival Raila Odinga (44,74%), dans une adresse à la Nation.

« Nous devons travailler ensemble (…) nous devons ensemble faire grandir ce pays », avait-il lancé, appelant l’opposition à ne pas « recourir à la violence ».

Il y a dix ans, plus de 1.100 personnes avaient été tuées et 600.000 déplacées en deux mois de violences post-électorales, les pires depuis l’indépendance en 1963, après la réélection fin décembre 2007 de Mwai Kibaki, déjà contestée par M. Odinga.

Ce souvenir ne signifie cependant pas forcément que le pays se dirige dans la même direction. Même si elles remettent en lumière de vieilles divisions tribales, les violences sont pour l’instant circonscrites aux bastions de l’opposition.

Le calme régnait dans une bonne partie de Nairobi, dans le centre du pays, ainsi qu’à Mombasa, sur la côte. Et seule l’ethnie Luo, celle de M. Odinga, semblait se mobiliser, les autres composantes de la coalition d’opposition (Nasa), les Luhya et Kamba, restant pour l’heure à l’écart des violences.

– L’opposition s’en remet au peuple –

Le contexte politique est également différent. En 2008, l’essentiel des violences avaient alors opposé les Kikuyu de M. Kenyatta aux Kalenjin. Or ces deux ethnies sont désormais alliées, le vice-président William Ruto étant un Kalenjin.

Reste que l’opposition dénonce des élections entachées de fraudes massives. « Je pense que tout ça relève d’une mascarade totale, c’est un désastre », avait déclaré vendredi James Orengo, l’un de ses principaux leaders.

L’opposition a écarté l’éventualité d’un recours en justice alors qu’en 2013, M. Odinga avait saisi la Cour suprême, en vain, pour contester la victoire de M. Kenyatta.

La Nasa a préféré s’en remettre au « peuple » sans explicitement lui demander de descendre dans la rue. M. Odinga est resté silencieux depuis vendredi et ses premières déclarations pourraient décider de l’avenir de la contestation.

Jeudi soir, M. Odinga, 72 ans, qui jouit d’une influence énorme sur sa communauté Luo, avait appelé au calme, non sans prévenir: « Je ne contrôle personne. Les gens veulent la justice ».

Les pressions internationales seront certainement intenses dans les jours à venir sur celui qui vient d’essuyer une nouvelle défaite dans la lutte dynastique qui oppose sa famille à celle de M. Kenyatta.

Human Rights Watch a par ailleurs appelé les forces de sécurité « à faire baisser et non augmenter la violence ».

Romandie.com avec(©AFP / 12 août 2017 13h54)

Kenya/présidentielle: scènes de violence dans les fiefs de l’opposition

août 11, 2017

Nairobi – Des scènes de violence ont éclaté dans des fiefs de l’opposition dès l’annonce vendredi soir de la réélection d’Uhuru Kenyatta comme président du Kenya, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Dans le bidonville de Kibera à Nairobi, des partisans en colère du principal candidat de l’opposition Raila Odinga ont attaqué et pillé des commerces appartenant visiblement à des membres de l’ethnie kikuyu, celle du président Kenyatta, selon un photographe de l’AFP.

La police a tiré des coups de feu en direction des émeutiers, selon la même source.

Des violences ont également éclaté dans les quartiers populaires de Kariobangi, Mathare et Dandora, dans la capitale, des groupes de jeunes allumant des feux dans les rues.

Dans la ville de Kisumu (ouest), un groupe d’une centaine de personnes a également déclenché des émeutes dans le quartier de Kongele, où des échauffourées avaient déjà eu lieu mercredi, a constaté un journaliste de l’AFP.

Ce même journaliste a entendu des coups de feu tirés par la police pour tenter de disperser ces manifestants.

« Ils sont venus nous tuer comme en 2007 », a déclaré un manifestant dans le bar d’un quartier de Nyalenda à Kisumu, où il avait trouvé refuge avec quelques personnes, après que la police eut ouvert le feu en direction d’un groupe d’un groupe qui tentait de manifester.

« Pourquoi tirent-ils sur des innocents qui expriment leur opinion? Pourquoi imposent-ils Uhuru aux gens? », a-t-il ajouté, s’identifiant seulement par le surnom Odhis.

Dans le même temps, dans certains quartiers de Narobi et dans les villes de Nakuru, Eldoret et Nyeri, des milliers de personnes chantaient et dansaient en liesse dans les rues pour fêter la victoire de leur champion, M. Kenyatta.

Ce dernier a été réélu avec 54,27% des voix, contre 44,74% à M. Odinga, selon les résultats officiels.

La réélection de M. Kenyatta laissait présager un vif ressentiment chez les partisans de M. Odinga, dix ans après les pires violences post-électorales de l’histoire du pays, qui avaient fait 1.100 morts.

Romandie.com avec(©AFP / 11 août 2017 22h44)                                            

La tension monte au Kenya, où l’opposition crie à la fraude électorale

août 9, 2017

Des habitants marchent près de barricades en flammes dans le bidonville de Mathare à Nairobi, le 9 août 2017. Ils protestent contre les résultats de l’élection présidentielle au Kenya. / © AFP / MARCO LONGARI

La tension montait mercredi au Kenya où l’opposant Raila Odinga rejette en bloc les résultats provisoires d’une élection présidentielle manipulée selon lui par piratage informatique, le sortant Uhuru Kenyatta étant crédité d’une confortable avance.

Au lendemain de l’élection, la police a tiré des grenades lacrymogènes en direction de plusieurs centaines de manifestants dans des fiefs de l’opposition coutumiers de ce genre d’échauffourées en période électorale: un quartier de Kisumu (ouest) ainsi qu’à Nairobi, dans le bidonville de Mathare et le quartier adjacent Huruma.

La Commission électorale (IEBC) a publié mercredi à la mi-journée les résultats transmis électroniquement par plus de 95% des bureaux de vote, créditant M. Kenyatta de 54,35% des suffrages, contre 44,78% pour Raila Odinga, sur un total de 14,4 millions de votes comptabilisés. Ces résultats provisoires doivent encore être validés sur la foi des procès-verbaux des bureaux de vote.

« Il s’agit d’une fraude d’une gravité monumentale, il n’y a pas eu d’élection », a déclaré à la presse Raila Odinga, le candidat de la coalition d’opposition Nasa, des accusations qui, combinées aux manifestations, faisaient ressurgir le spectre des violences de la présidentielle de 2007.

Selon le rival de M. Kenyatta, des pirates informatiques ont « manipulé » l’élection à l’avantage du président sortant en prenant le contrôle du système de comptage des voix grâce aux codes d’accès d’un responsable informatique de la Commission électorale assassiné un peu plus d’une semaine auparavant.

« Uhuru doit rentrer chez lui », a lancé celui qui avait également contesté ses défaites en 2007 et 2013. M. Odinga a soutenu être en tête de l’élection, et a également appelé les Kényans au calme avant toutefois d’ajouter: « Je ne contrôle pas le peuple ».

Le président n’a lui pas encore réagi aux résultats provisoires publiés par l’IEBC, alors que son parti a rejeté les accusations de l’opposition.

Le président de l’IEBC, Wafula Chebukati, a qualifié l’élection de « libre et juste » et souligné que les résultats publiés en ligne, sur la base de transmissions électroniques depuis les bureaux de vote, ne sont pas « définitifs ». La collecte des copies originales des procès-verbaux de chacun des bureaux de vote, en vue de la publication des résultats définitifs, pourrait prendre plusieurs jours, a-t-il dit.

« Pour l’instant, je ne peux pas dire si ce système a été piraté ou non », a en outre déclaré M. Chebukati au sujet du piratage informatique évoqué par l’opposition.

– Déploiement sans précédent –

Pendant ce temps, à Kisumu (ouest), un des bastions de l’opposition, des centaines de partisans de M. Odinga avaient érigé des barricades et mis le feu à des pneus. « Si Raila n’est pas président, nous ne pouvons pas avoir la paix », a vitupéré l’un d’eux avant que les gaz lacrymogènes de la police ne dispersent la foule.

Mercredi matin, les rues de Nairobi étaient anormalement calmes. La police anti-émeute a été déployée dans plusieurs bidonvilles de la capitale, est intervenue à Mathare et Huruma, dans le nord-est de la ville, notamment en tirant des coups de semonce vers le ciel.

Candidat pour la quatrième fois à la présidentielle, M. Odinga avait crié à la fraude en 2007 à l’annonce de la réélection du président Mwai Kibaki. Le Kenya avait alors plongé dans deux mois de violences politico-ethniques et de répression policière ayant fait 1.100 morts et plus de 600.000 déplacés.

En 2013, M. Odinga avait dénoncé des fraudes après la victoire dès le premier tour de M. Kenyatta. Il avait saisi la Cour suprême, qui avait tout de même validé les résultats.

En amont du scrutin, qui a donné lieu au déploiement sans précédent de plus de 150.000 membres des forces de sécurité, de nombreux observateurs avaient exprimé leur crainte de troubles à l’annonce des résultats. La campagne 2017 a été acrimonieuse, l’opposition accusant le pouvoir de préparer des fraudes.

– Problèmes localisés –

Les opérations de vote s’étaient pourtant déroulées sans encombre mardi dans la plupart des 41.000 bureaux. Surtout, malgré quelques problèmes localisés, le système d’identification biométrique des électeurs a semble-t-il fonctionné normalement, contrairement à quatre ans plus tôt.

Les quelque 19,6 millions d’électeurs Kényans devaient aussi élire leurs députés, gouverneurs, sénateurs, élus locaux et représentantes des femmes à l’Assemblée.

Le vote au Kenya se joue plus sur des sentiments d’appartenance ethnique que sur des programmes, et MM. Kenyatta (un Kikuyu) et Odinga (un Luo) avaient mis sur pied deux puissantes alliances électorales.

M. Kenyatta, 55 ans, et son vice-président William Ruto (un Kalenjin) avaient mis en avant leur bilan économique, notamment avec une croissance à plus de 5% par an et le développement des infrastructures. Raila Odinga a dénigré ce bilan, critiquant la hausse du prix des denrées alimentaires et se posant en garant d’une croissance économique mieux partagée.

Romandie.com avec(©AFP / 09 août 2017 15h31)