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L’Italie plonge dans la crise politique

août 9, 2019

FILE PHOTO: Italy's Minister of Labor and Industry Luigi Di Maio, Prime Minister Giuseppe Conte and Interior Minister Matteo Salvini leave at the end of a news conference after a cabinet meeting at Chigi Palace in Rome

Luigi Di Maio, Giuseppe Conte et Matteo Salvini, en 2018, à Rome. Remo Casilli/REUTERS

 

Le ministre de l’Intérieur Matteo Salvini a pris ses adversaires de court en réclamant des élections anticipées. Crédité d’une large avance dans les sondages, il espère pouvoir gouverner seul à l’issue du scrutin.

Ceux qui espéraient encore éviter une crise politique en Italie ont dû se rendre à l’évidence. La langueur estivale est finie et la politique a repris ses droits. Le réveil a été sonné par Matteo Salvini, chef de La Ligue et vice-premier ministre, jeudi soir, dans un communiqué où il annonçait son envie de «rapidement redonner le choix aux électeurs». Vendredi, son parti s’est exécuté en déposant une motion de censure devant le Sénat, ce qui signe presque de facto la chute de gouvernement et de l’improbable coalition à la tête de l’Italie depuis mars 2018.

Les tensions entre les partenaires gouvernementaux, la Ligue (extrême droite) et le Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème) étaient certes connues, mais la brutalité de la décision des leghisti a pris tout le monde de court, à commencer par ses ex-alliés. Luigi Di Maio, le chef de M5S et lui aussi vice-premier ministre, a accusé Salvini de vouloir capitaliser sur ses bons sondages, sans se soucier de l’intérêt des Italiens. Plus étonnant, l’habituellement très silencieux premier ministre, Giuseppe Conte, a lui aussi fait montre de son agacement, rappelant que ce «n’est pas au ministre de l’Intérieur de déclencher une crise».«Le gouvernement travaille. Il n’est pas à la plage», a-t-il expliqué, dans une critique à peine voilée de Matteo Salvini dont les photos, dansant torse nu sur le sable, s’étalent sur les réseaux sociaux. Ce dernier justifie sa colère par des «blocages» au sein du gouvernement, notamment ceux entourant la construction de la ligne TGV Lyon-Turin, que la Ligue soutient, mais dont le M5S ne veut pas entendre parler.

Le choix est entre les mains du président de la République, Sergio Mattarella, qui décidera avec qui et quand auront lieu ces législatives.

Ces récriminations n’enfoncent qu’un peu plus l’Italie dans l’incertitude. Si l’hypothèse d’une élection anticipée apparaît quasi certaine, le chemin qui mène aux urnes, lui, ne l’est pas. Le choix est entre les mains du président de la République, Sergio Mattarella, qui décidera avec qui et quand auront lieu ces législatives. Les complexes lois italiennes lui offrent plusieurs possibilités, notamment maintenir l’actuel exécutif pour expédier les affaires courantes ou nommer un gouvernement technique. Il peut aussi tenter de gagner du temps, ou accélérer le calendrier. Matteo Salvini penche clairement pour cette dernière option. Il a déjà réclamé une convocation extraordinaire du Parlement, pour l’instant en vacances, sommant, avec son habituel langage fleuri, les élus «de se bouger le cul».

La présidente du Sénat a convoqué les chefs des groupes parlementaires de la Chambre haute lundi pour établir avec eux la date à laquelle sera discutée la mention de censure contre le gouvernement. À la Chambre des députés, cette réunion est prévue mardi midi. Selon les médias italiens, la Ligue voudrait que les élections législatives se déroulent dans la seconde moitié d’octobre.

L’extraordinaire poussée de son parti

En précipitant le retour aux urnes, Matteo Salvini, en position de force, fait en réalité un pari. Celui de pouvoir gouverner seul avec La Ligue ou, au pire, avec les nationalistes de Fratelli d’Italia, dont les voix lui sont déjà acquises. L’extraordinaire poussée de son parti a, en 14 mois de pouvoir, inversé le rapport de force au sein de l’ex-coalition. La Ligue est aujourd’hui créditée de 36, voire 38 % des intentions de vote (contre 17 % en 2018), tandis que le M5S ne cesse de s’effondrer, avec des sondages autour de 17 %, la moitié de son score de 2018.

À Bruxelles, cette crise est suivie avec effroi.

À Bruxelles, cette crise est suivie avec effroi. Elle peut certes faciliter la formation de la prochaine Commission européenne. Les capitales ayant jusqu’au 26 août pour nommer leur commissaire, la confusion actuelle obligerait le premier ministre Giuseppe Conte à désigner un technocrate. «Cela serait beaucoup plus facile à gérer qu’un candidat issu de la Ligue», confie un diplomate. Mais il s’agit de l’unique point positif. L’hypothèse d’un raz-de-marée d’extrême droite provoque des sueurs froides. Ayant toujours fustigé les «diktats» de Bruxelles, le patron de la Ligue pourrait prendre une série de décisions jugées dangereuses pour l’Italie et l’Union européenne. Le gouvernement de Giuseppe Conte avait accepté de diminuer le déficit public du pays. «Avec Salvini au pouvoir, ces engagements s’évaporeront», pronostique un fonctionnaire européen.

Le Figaro.fr par Tanguy Berthemet

France: Macron endosse le rôle d' »opposant principal » à Orban et Salvini

août 29, 2018

Le président Emmmanuel Macron participe au Forum économique franco-danois à Copenhague, le 29 août 2018 / © AFP / LUDOVIC MARIN

A l’approche des élections européennes, Emmanuel Macron assume mercredi le rôle d' »opposant principal » aux « nationalistes », que lui a décerné le Premier ministre hongrois Viktor Orban, pour qui le président français est le chef de file des « partis pro-migrants ».

Après plusieurs mois de critiques indirectes, les accusations se font désormais frontales entre dirigeants de l’Union européenne.

Emmanuel Macron a été clairement pris pour cible mardi par les deux principaux partisans de la ligne dure contre les migrants: Viktor Orban et Matteo Salvini, l’homme fort du gouvernement italien, réunis à Milan.

« Il y a actuellement deux camps en Europe et l’un est dirigé par Macron », a affirmé le Premier ministre hongrois. « Il est à la tête des forces politiques soutenant l’immigration », a-t-il lancé. « De l’autre côté, il y a nous qui voulons arrêter l’immigration illégale », a-t-il ajouté.

Interrogé sur ces propos, Emmanuel Macron a répliqué mercredi: « s’ils ont voulu voir en ma personne leur opposant principal, ils ont raison ».

Car « je ne céderai rien aux nationalistes et à ceux qui prônent ce discours de haine », a-t-il ajouté à Copenhague, au second jour de sa visite au Danemark.

Pour le président français, « il se structure une opposition forte entre nationalistes et progressistes » en Europe.

A neuf mois des élections européennes, celle-ci se cristallise actuellement sur le dossier des migrants, devenu le principal cheval de bataille de Matteo Salvini depuis l’arrivée au pouvoir du premier gouvernement populiste en Italie, l’un des pays fondateurs de l’Union européenne.

La rencontre Orban-Salvini est « fondatrice » pour Marine Le Pen. « Le choix des européennes 2019 sera bien celui entre l’UE de Macron, en marche vers le fédéralisme et l’immigration de masse, et l’Europe des Nations libres, des identités et des protections que nous représentons », juge la présidente du Rassemblement national (RN, ex-FN), idéologiquement proche des deux dirigeants.

Le président français devra aussi faire face à la volonté de l’un de ses principaux opposants, le leader de la France Insoumise (extrême gauche) Jean-Luc Mélenchon, de transformer ce scrutin en « référendum anti-Macron ».

– « arc progressiste » –

Le ministre italien de l’Intérieur Matteo Salvini (D) à côté du Premier ministre hongrois Viktor Orban lors d’une conférence de presse à Milan le 28 août 2018. / © AFP / MARCO BERTORELLO

Le ministre de l’Intérieur italien, martelant que son pays ne sera pas le « camp de réfugiés » de l’Europe, fait front commun avec Viktor Orban en vue du scrutin. « Nous misons sur un axe, nous verrons ce qu’il sera possible de faire ensemble. Nous travaillons tous à la construction d’une autre Europe », a-t-il déclaré mardi.

Dans le même temps, Emmanuel Macron recherche des alliés au sein de l’UE afin de constituer un « arc progressiste », l’un des objectifs de sa visite au Danemark et en Finlande jusqu’à jeudi.

« Les extrêmes ont progressé et les nationalismes se sont réveillés. Est-ce une raison pour abandonner? Certainement pas (…). Il faut en réalité redoubler nos efforts », a-t-il lancé lundi en présentant sa feuille de route diplomatique aux ambassadeurs français. En avertissant que ce combat, qui « ne fait que commencer », sera « long » et « difficile ».

A Copenhague, le chef de l’Etat français a insisté sur le « sérieux » et « l’esprit de responsabilité » nécessaires « pour traiter » le sujet des migrations « en profondeur » et « en restant attaché à nos valeurs ». Or, « ce n’est pas ce que proposent MM. Orban et Salvini ».

Pour lui, ces derniers sont « des « opportunistes » de l’Europe qui profitent de ses subventions mais en refusent les contraintes. Les « xénophobes n’apportent aucune solution au mal qu’ils dénoncent », a-t-il accusé lundi.

Les échanges s’annoncent tendus au prochain rendez-vous des dirigeants européens, qui se retrouveront le 20 septembre à Salzbourg (Autriche) pour un conseil informel consacré en partie au dossier des migrants.

Lors de leur dernier sommet, en juin, ils s’étaient entendus pour promouvoir des « centres contrôlés » sur le territoire de l’UE et des « plateformes régionales de débarquement » dans le bassin méditerranéen. Les discussions doivent reprendre en septembre, mais elles s’annoncent difficiles.

Rome a haussé le ton la semaine dernière en menaçant de cesser de contribuer au budget de l’UE si une solution n’était pas trouvée pour régler la situation du Diciotti, un navire bloqué dans le port de Catane (Sicile) avec environ 150 personnes secourues en mer à son bord.

Ces dernières ont finalement débarqué dans la nuit de samedi à dimanche à la suite d’un accord entre l’Eglise italienne, l’Albanie et de l’Irlande pour se répartir leur prise en charge.

Romandie.com avec(©AFP / (29 août 2018 19h08)

Migrants: le Lifeline n’ira pas en Italie, confirme Matteo Salvini

juin 25, 2018

Rome – Le ministre italien de l’Intérieur Matteo Salvini a confirmé lundi lors d’une conférence de presse que le navire humanitaire Lifeline, avec 234 migrants à son bord, ne serait pas autorisé à entrer dans un port italien.

Ce navire, affrété par l’ONG allemande du même nom, se trouvait lundi en Méditerranée, à environ 30 milles nautiques des côtes maltaises, où il attendait une indication sur le port où il pourrait enfin débarquer ses migrants.

« Voyons si l’Europe se rappelle si elle existe parce qu’il y a encore un bateau chargé de migrants dans les eaux maltaises qui attend d’être accueilli, et nous réaffirmons qu’il sera accueilli dans un port qui ne sera pas italien », a-t-il dit devant la presse au retour d’une visite éclair à Tripoli en Libye.

M. Salvini, parti en guerre contre les ONG qui viennent en aide aux migrants au large des côtes libyennes, a jugé lundi qu’elles étaient « consciemment ou inconsciemment les complices » des trafiquants d’êtres humains en Libye.

Le Lifeline, qui bat pavillon néerlandais, s’est vu refuser l’autorisation d’accoster dans un port italien par les autorités italiennes qui lui ont demandé de s’adresser à la Libye.

Interrogé sur sa proposition d’ouvrir des centres d’accueil de migrants à la frontière sud de la Libye, M. Salvini a indiqué qu’il y aurait « cette semaine une mission technique avec la participation de l’Italie impliquant le Niger, le Mali, le Tchad, le Soudan ».

« Il faut impliquer ces pays et pour les impliquer il faut une action forte de l’UE », a-t-il ajouté.

Romandie.com avec(©AFP / 25 juin 2018 16h38)                                                        

Migrants: si la France ne s’excuse pas, mieux vaut annuler la rencontre Conte-Macron (Salvini)

juin 13, 2018

Rome – Le ministre italien de l’Intérieur Matteo Salvini a estimé mercredi que sans « excuses officielles » de la France il valait mieux annuler la rencontre prévue vendredi entre le président français Emmanuel Macron et le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte.

« Si les excuses officielles n’arrivent pas, le Premier ministre Conte fera une bonne chose en n’allant pas en France » pour ce sommet, a déclaré à des journalistes M. Salvini, qui est aussi le patron de la Ligue (extrême droite) .

M. Macron avait dénoncé mardi la « part de cynisme et d’irresponsabilité du gouvernement italien », qui a refusé d’accueillir le navire Aquarius avec plus de 600 migrants à son bord tandis que le porte-parole de son parti La République en marche, Gabriel Attal, a déclaré que la position de l’Italie était « à vomir ».

« Le gouvernement italien considère inacceptables les paroles utilisées dans des déclarations publiques hier à Paris », ajoute mercredi un communiqué du ministre italien des Affaires étrangères Enzo Moavero Milanesi, qui avait convoqué dans la matinée l’ambassadeur de France en Italie.

C’est finalement la numéro deux de l’ambassade, Claire Anne Raulin, qui s’est rendue à cette convocation, l’ambassadeur ne se trouvant pas à Rome.

Selon M. Moavero, « de telles déclarations compromettent les relations entre l’Italie et la France ».

« Les tons utilisés sont injustifiables » et même si M. Moavero « comprend qu’un Etat ami et allié puisse être en désaccord avec les positions d’un autre Etat, le désaccord doit être exprimé d’une manière et dans des formes cohérentes avec un tel rapport d’amitié ».

Dans un ton très diplomatique, M. Moavero réclame lui aussi des excuses de la part de la France.

« Le gouvernement italien souhaite que les autorités françaises, une fois faites les réflexions opportunes, assument rapidement des initiatives de nature à réparer la situation qui s’est créée », a conclu M. Moavero.

Romandie.com avec(©AFP / 13 juin 2018 11h19)                                                        

Italie: les chefs de file des populistes furieux après le retrait de Conte

mai 27, 2018

Rome – Luigi Di Maio et Matteo Salvini, les chefs de file des antisystème et de l’extrême droite en Italie, ont exprimé leur fureur dimanche soir après que Giuseppe Conte, le Premier ministre qu’ils avaient choisi, a jeté l’éponge.

Le président italien Sergio Mattarella a en effet refusé de nommer un ministre de l’Économie et des Finances opposé à l’euro.

« Nous avons travaillé pendant des semaines pour faire naître un gouvernement qui défende les intérêts des citoyens italiens. Mais quelqu’un (sur la pression de qui ?) nous a dit NON », a réagi M. Salvini, le patron de la Ligue (extrême droite), sur les réseaux sociaux.

« Nous ne serons plus jamais les larbins de personne. L’Italie n’est pas une colonie, nous ne sommes pas les esclaves des Allemands ou des Français, du spread (l’écart entre les taux d’emprunt à dix ans allemand et italien, ndlr) ou de la finance », a-t-il insisté.

« Les Italiens d’abord. Moi je ne lâche rien », a-t-il ajouté.

M. Di Maio, le chef de file du Mouvement 5 étoiles (antisystème), était encore plus furieux et amer, dans une vidéo diffusée sur Facebook.

« Il y a un grand problème en Italie : la démocratie », a-t-il estimé, jugeant « incompréhensible » le veto mis par M. Mattarella sur Paolo Savona, un vieux routier de la finance et ancien ministre, mais qui considère l’euro comme « une prison allemande ».

« Nous étions prêts à gouverner et on nous a dit non, parce que le problème est les que les agences de notation dans toute l’Europe étaient inquiètes à cause d’un homme qui allait devenir ministre de l’Économie », a-t-il expliqué.

« Alors disons-le clairement qu’il est inutile d’aller voter, puisque les gouvernements ce sont les agences de notation, les lobbies financier et bancaire qui les font. Toujours les mêmes », a-t-il ajouté.

Romandie.com avec(©AFP / 27 mai 2018 19h28)