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Gabon: la dépouille de l’opposant Mba Obame accueillie par des milliers de sympathisants

mai 1, 2015

Gabon: la dépouille de l'opposant Mba Obame accueillie par des milliers de sympathisants
Gabon: la dépouille de l’opposant Mba Obame accueillie par des milliers de sympathisants © AFP

Le cercueil de l’opposant gabonais André Mba Obame, dit « AMO », décédé au Cameroun le 12 avril, a été accueilli vendredi par plusieurs milliers de sympathisants à l’aéroport d’Oyem, dans le nord du Gabon, sa région natale, a constaté un journaliste de l’AFP.

Son arrivée a été précédée d’affrontements entre militants et forces de l’ordre. Des policiers qui tentaient de pénétrer sur la zone aéroportuaire ont été pris à partie par la foule qui les accusait de vouloir empêcher l’atterrissage de l’avion.

Malgré les appels au calme des leaders de l’opposition présents sur place, des jeunes ont lancé des pierres et d’autres projectiles, affrontant une trentaine de policiers dépassés par le nombre.

Lorsque l’avion a finalement atterri, la foule a envahi le tarmac, entourant l’appareil en criant « AMO, président élu! »

De nombreuses femmes étaient en pleurs. « Même s’il est mort, il est notre président », a affirmé une enseignante, Peggy Ntsame.

« 50 ans de la même famille c’est trop. Bongo, Bongo, Bongo, on ne connaît que ça », a affirmé Béranger, un jeune Gabonais.

De nombreux cafouillages ont entouré le transfert de la dépouille depuis Libreville vers Oyem, capitale du nord du Gabon et fief ethnique de Mba Obame, où elle était attendue depuis mercredi.

Dans la capitale gabonaise, les partisans de l’opposant avaient envahi l’aéroport international à plusieurs reprises, mercredi et jeudi, obligeant la famille du défunt à rapatrier le corps au siège de son parti, l’Union nationale.

La foule, qui souhaitait l’accompagner jusqu’au pied de l’avion, avait refusé de le laisser embarquer après le refus des autorités de laisser pénétrer les sympathisants sur le tarmac, invoquant « des motifs évidents de sécurité ».

Les militants ont accusé le pouvoir de vouloir perturber le bon déroulement des obsèques.

Finalement, les principales figures de l’opposition, qui attendaient l’arrivée du corps à Oyem depuis mercredi, ont dû rentrer à Libreville vendredi matin pour les convaincre de ne pas faire obstacle au transfert du cercueil.

« Les forces de l’ordre nous ont violemment dispersés à coups de grenades lacrymogènes », a affirmé à l’AFP un militant sous couvert d’anonymat. Le calme est revenu à l’aéroport de Libreville après le décollage de l’avion transportant l’opposant, selon la même source.

Ancien puissant ministre de l’Intérieur, ex-baron du régime, « AMO » était passé dans l’opposition à la mort d’Omar Bongo, resté 41 ans au pouvoir. Candidat à la présidentielle en 2009, il avait contesté la victoire du fils de l’ancien président, Ali Bongo Ondimba, et s’était proclamé vainqueur du scrutin.

Jeuneafrique.com

Gabon: le corps de l’opposant Mba Obame n’a pu rejoindre son fief du nord

avril 29, 2015

Gabon: le corps de l'opposant Mba Obame n'a pu rejoindre son fief du nord
Gabon: le corps de l’opposant Mba Obame n’a pu rejoindre son fief du nord © AFP

La dépouille d’André Mba Obame, opposant gabonais décédé au Cameroun le 12 avril, attendue mercredi dans son fief du nord, n’a pu y être transportée par avion en raison de l’affluence de ses sympathisants à Libreville, selon une source proche de la présidence.

Son cercueil devait être transféré de la capitale jusqu’à Oyem, dans sa région natale du Woleu-Ntem, où l’attendaient des centaines de sympathisants.

A Libreville, « les forces de l’ordre ont empêché la foule (qui voulait l’accompagner) de pénétrer sur le tarmac, pour des motifs de sécurité évidents », a indiqué à l’AFP cette source. « La foule n’a pas voulu l’accepter et le corps est donc retourné » au domicile de Mba Obame.

« L’avion ne pourra plus décoller aujourd’hui à cause de l’heure », l’aéroport d’Oyem n’étant pas équipé pour les atterrissages de nuit, a expliqué cette source, précisant que les autorités n’ont pas empêché le décollage pour d’autres raisons que la sécurité. « Au contraire, nous avons même proposé qu’une délégation de 20 personnes puisse accompagner le corps ».

Depuis le début de l’après-midi, de nombreuses rumeurs circulaient à Libreville et sur les réseaux sociaux autour du transfert de la dépouille.

Le sénateur Jean Christophe Owono, membre de l’Union nationale (le parti du défunt), a confirmé la version des autorités gabonaises et tenté de calmer les centaines de personnes présentes à l’aéroport d’Oyem qui menaçaient de s’en prendre aux installations aéroportuaires et au gouvernorat si le corps n’arrivait pas.

« On veut voir notre frère, notre père, notre grand-père, on a le droit de voir son corps, sinon on gaspille (saccage, ndlr) tout », a affirmé une femme en colère.

Les partisans de l’opposant ont ensuite convergé vers son domicile pour une veillée, brûlant sur leur passage quelques étals de commerçants au marché de la grande ville du nord du pays, a constaté un journaliste de l’AFP.

Ils ont également jeté des pierres sur des édifices publics, près du commissariat central. Les forces de l’ordre sont intervenues et les ont dispersés à coups de matraques et de grenades assourdissantes. Au mois trois personnes ont été interpellées.

Mardi, des dizaines de milliers de Gabonais avaient accueilli à Libreville le cercueil de l’opposant, dit « AMO », en provenance de Yaoundé, et l’avaient accompagné en un immense cortège de l’aéroport de Libreville jusqu’à un stade pour un hommage.

Ancien puissant ministre de l’Intérieur, ex-baron du régime, « AMO » était passé dans l’opposition à la mort d’Omar Bongo, resté 41 ans au pouvoir. Candidat à la présidentielle en 2009, il avait contesté la victoire du fils de l’ancien président, Ali Bongo Ondimba, et s’était proclamé vainqueur du scrutin.

Jeuneafrique.com

Gabon : orphelins de Mba Obame

avril 27, 2015

André Mba Obame à Paris, en septembre 2010
André Mba Obame à Paris, en septembre 2010 © Vincent Fournier/J.A.

C’était l’opposant numéro un. Sa disparition laisse un vide que ses anciens compagnons de route, pressés de prendre le relais avant la présidentielle de 2016, auront du mal à combler. Attention au clash des ambitions.

André Mba Obame s’est éteint le 12 avril à Yaoundé, au Cameroun, emportant avec lui ses secrets. Et Dieu sait si cet ancien ministre de l’Intérieur âgé de 57 ans en avait… Le mystère planera toujours sur les coulisses de son retour au Gabon en 1984 et sur l’ascension fulgurante qui l’a propulsé la même année, alors qu’il était âgé de seulement 27 ans, au cabinet du président Omar Bongo Ondimba.

On n’en saura pas davantage sur les coups fumeux orchestrés vingt-cinq années durant dans l’ombre du parrain de la Françafrique. Silence, enfin, sur l’étendue de ses réseaux qui allaient bien au-delà du monde politique, sur son influence au sein de l’appareil sécuritaire, sur ses accointances avec les dirigeants syndicaux et sur ses amitiés dans les milieux ecclésiastiques.

Des dernières années d’André Mba Obame, on retiendra surtout cette envie de vivre, cette rage de vaincre la maladie et cette course éperdue contre la mort, qui l’a mené de Pretoria à Paris, en passant par Tunis, Niamey et Yaoundé. Mba Obame a arpenté la planète en quête d’une panacée miracle.

Il a beaucoup fréquenté les hôpitaux de Pretoria – le président sud-africain, Jacob Zuma, était un ami qui, avant même qu’il tombe malade, n’avait jamais hésité à mettre à sa disposition un avion de la flotte présidentielle. Les deux hommes avaient fait connaissance du temps de l’apartheid. En tant que patron des services de renseignements de l’ANC (le Congrès national africain, aujourd’hui au pouvoir), Zuma était notamment chargé de la collecte de fonds et était un visiteur régulier du Palais du bord de mer.

« Officier traitant »

Mba Obame était son « officier traitant ». Le Gabonais a été opéré dans un hôpital de Pretoria en 2012, mais son état n’avait cessé de se dégrader. Il lui avait fallu se résoudre à l’évidence : les chirurgiens sud-africains avaient échoué à soigner cette satanée hernie discale, dite « paralysante », et ce constat confortait le malade dans sa certitude d’avoir été en réalité victime « d’un coup de fusil nocturne », ce sortilège si profondément ancré dans la mystique gabonaise.

Face à l’impuissance des médecins, le recours aux traitements alternatifs devint légitime aux yeux du patient et de son entourage. Pour cet homme issu de la cour pléthorique d’Omar Bongo Ondimba, un univers où s’entrelaçaient politique, religion, ésotérisme et cultes animistes, le pas a été vite franchi. Pour conjurer le mal, des notables fangs (l’ethnie d’origine de Mba Obame) ont fait pratiquer toutes sortes de rites venus du fond des âges. En vain.Les prières des prêtres exorcistes n’ont pas non plus été exaucées.

Écrans radars

À partir de 2013, la rumeur d’un empoisonnement commandité par des ennemis politiques commence à circuler. Peu après, l’opposant disparaît des écrans radars, contraint de se mettre en retrait de la vie publique, séjournant souvent loin de son pays, coupé de ses amis et même presque de sa famille. Mba Obame victime d’un poison ?

« Faux, certifie l’un de ses anciens lieutenants, qui a souhaité garder l’anonymat. Sa sciatique avait été diagnostiquée en 1994. Mais la politique lui laissait trop peu de temps pour se soigner, au point de l’obliger à différer des rendez-vous médicaux importants. À une époque, il avait renoncé à traiter le mal à la racine et privilégiait les antalgiques pour calmer ses atroces douleurs lombaires. »

La même source nie que Mba Obame ait été victime d’un accident vasculaire cérébral (AVC) en 2013 – l’intéressé lui-même disait que les examens médicaux qu’il avait subis n’avaient pas trouvé trace d’un AVC et qu’il fallait chercher ailleurs la cause de ses difficultés d’élocution et de sa paralysie partielle. Et de suggérer que la hernie avait peut-être fini par générer des cellules cancéreuses.

« Il n’en est rien », dément catégoriquement la famille, sans en dire davantage sur le fond d’un dossier médical dont elle ne semble pas connaître les détails. La capitale camerounaise, où Mba Obame était arrivé le 10 mars, n’était qu’une escale. Le 14 avril, il devait à nouveau s’envoler vers une clinique spécialisée d’Afrique du Sud. Yaoundé restera l’ultime étape du chemin de croix que le sort a imposé à l’ancien séminariste.

Fin de parcours, donc, pour cet homme de pouvoir qui suscitait chez ses compatriotes un sentiment ambivalent, mêlé d’affection et de crainte. Ses partisans vantaient ses talents d’homme politique avisé et de stratège. Avec lui, la politique était une partie de billard à trois bandes dans laquelle il avait toujours un coup d’avance sur ses adversaires.

Pour ses détracteurs, son nom était associé à une pratique de la politique pervertie par un cynisme sans limite. Vitupérant son génie malfaisant, ses ennemis voyaient sa main derrière toutes sortes d’intrigues et de manoeuvres retorses.

Titillés

Ambivalente aussi fut sa relation avec son « frère » Ali Bongo Ondimba, dont il fut le témoin du mariage contracté avec Sylvia Valentin. Leur amitié fut un long compagnonnage politique sous l’oeil attentif du « Vieux », pas mécontent de voir les caciques du Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir) titillés par les jeunes loups du courant des rénovateurs.

Un tandem qui a fonctionné avant d’éclater sous l’effet du choc des ambitions rivales à la disparition d’Omar Bongo, en 2009. Les « frères » ont fini par s’affronter lors d’une élection présidentielle sous tension. Les deux hommes s’invectivent, mais le lien unissant les familles n’est pas rompu. Le soir de l’annonce des résultats, Pascaline Bongo Ondimba, la soeur de celui qui n’est pas encore chef de l’État, appelle « André » au téléphone. « Si ton frère gagne, je te demande de l’accepter », lui dit-elle.

La brouille embarrasse leurs amis communs, à l’instar de l’Ivoirien Laurent Gbagbo. « Ali » et « André » l’ont connu à l’époque où le fondateur du Front patriotique ivoirien (FPI) était un opposant régulièrement invité au palais, et tous deux sont proches de lui. Jusqu’à ce que Mba Obame considère qu’en accueillant Ali Bongo Ondimba pour une visite officielle, alors qu’à Libreville la contestation électorale n’est pas retombée, Gbagbo a choisi.

L’Ivoirien aggrava son cas lorsqu’il laissa entendre que Bongo père lui avait confié son souhait de faire d’Ali son successeur… À la suite de cette présidentielle très disputée, la classe politique a elle aussi dû choisir son camp. On est catalogué « émergent » lorsqu’on appartient au large spectre des partis ou des personnalités qui soutiennent la politique du chef de l’État. Entre eux et les partisans de Mba Obame, le dialogue n’a jamais été possible, et les tentatives de conciliation n’ont pas abouti à l’apaisement souhaité.

De justesse

Survenue à quelques mois de la présidentielle de 2016 et dans un contexte de tensions politiques et sociales dues, pour une large part, à la chute des recettes pétrolières de l’État, la disparition de Mba Obame n’est paradoxalement pas une bonne nouvelle pour le pouvoir. D’abord parce qu’au soir de son décès des violences ont éclaté à Libreville (à Oyem, la ville carrefour du Nord, des heurts ont été évités de justesse) et que le retour de sa dépouille à Libreville, mi-avril, faisait craindre des troubles.

Surtout, les autorités avaient fini par s’accommoder de cet opposant, certes médiatique, mais tellement absent qu’il n’était plus considéré comme une véritable menace. Mais c’est au sein de l’opposition que ce décès provoquera une redistribution des cartes potentiellement explosive. La question du leadership va devoir être tranchée sans attendre.

Lors du congrès qui s’est tenu en décembre dernier à Paris, Jean Ping, l’ancien président de la Commission de l’Union africaine, s’est posé en candidat par défaut à la prochaine présidentielle, dans le cas où Mba Obame serait indisponible. Cependant, son projet de conquête du leadership de l’opposition est une course d’obstacles. La première difficulté viendra de l’inévitable bataille des ego au sein de l’Union nationale (UN), le parti dont Mba Obame était le candidat « naturel ».

Tirant les leçons de son échec, en 2009, Zacharie Myboto, le président du parti, avait promis de ne pas jeter une nouvelle fois ses forces dans la bataille. Il pousse néanmoins son gendre, Paul-Marie Gondjout, à se lancer. Vice-président de l’UN, Casimir Oyé Mba (qui avait déjà dû renoncer à se présenter en 2009 pour laisser le champ libre à Mba Obame) n’est pas non plus un partisan enthousiaste d’une OPA de Jean Ping sur l’UN – une formation à laquelle Ping n’a d’ailleurs jamais pris sa carte.

Les fidèles du disparu, très virulents, le considèrent même comme un usurpateur, et ils sont résolus à lui faire barrage. Mike Jocktane, le directeur de campagne de Mba Obame en 2009, exclut ainsi de laisser Ping « capter l’héritage » sans rien faire. Ses soutiens, Ping les compte parmi les souverainistes, un courant issu de l’UN dont il s’est rapproché en 2014, à l’occasion de son ralliement à l’opposition (un courant, du reste, en perte de vitesse depuis le retour à la légalité de l’UN, en février).

Ping peut également compter sur l’autre vice-président du parti, Jean Eyéghé Ndong, qui le considère comme la meilleure chance pour les partisans de l’alternance de l’emporter en 2016. Au bout du compte, relève un bon connaisseur de la situation, « l’intéressé devra lui-même clarifier sa démarche. S’il veut se présenter en candidat indépendant au-dessus des partis, qu’il le dise ».

Et s’il souhaite prendre sa carte de l’UN, ce n’est pas gagné. « Je ne vois pas au nom de quoi il faudrait dérouler le tapis rouge à un militant à peine inscrit et tout de suite candidat », tacle Jocktane. En revanche, si Ping jette son dévolu sur une autre formation, il devra en passer par des primaires au sein du Front uni de l’opposition pour l’alternance (FUOPA), une coalition de partis apparue récemment. Et la tâche ne sera pas aisée… Non, vraiment, la disparition de Mba Obame ne profite à personne.

Les Fangs vont devoir se chercher un nouveau chef

André Mba Obame décédé, les Fangs – un tiers de la population – vont devoir se trouver un autre leader. Ainsi fonctionne la redistribution « géopo­litique » telle que l’a conçue Omar Bongo Ondimba. Le fauteuil est donc vacant et pourrait le rester : chez cette ethnie frondeuse, qui vote généralement pour l’opposition et qui se dit marginalisée par le pouvoir, la légitimité ne se décrète pas. Le chef doit montrer des qualités de capitaine à poigne. En 2009, Mba Obame arracha le sceptre du commandeur destiné à Casimir Oyé Mba. Sous pression, ce dernier finit par se retirer de la course la veille du scrutin. C’est ainsi que l’ex-ministre de l’Intérieur obtint un vote massif des Fangs. Qui peut lui succéder ? On soupçonne Raymond Ndong Sima de mijoter une candidature pour 2016. L’ancien Premier ministre vient d’exposer ses vues très critiques envers un pouvoir auquel il a pourtant appartenu dans un livre paru début mars (Quel renouveau pour le Gabon ?), mais se tient encore à distance de l’opposition. Sauf que cet économiste à la rigueur reconnue n’est pas un rassembleur. Tout le contraire du député René Ndémezo’o Obiang, qui a récemment démissionné du parti au pouvoir et rejoint l’Union nationale (UN). Mais le « patron » politique de Bitam est trop identifié au Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir) pour être crédible en leader de l’opposition. Quant à Jean Éyeghé Ndong, son incapacité à conquérir la mairie de Libreville en 2013 (élection à laquelle il avait participé contre l’avis de l’UN) a nui à son image. D’autres, enfin, tels Jean-Christophe Owono Nguéma, le sénateur d’Oyem, ou Vincent Essono Mengue, le maire de la ville, sont également cités… Cela fait, au final, beaucoup de « candidats », mais pas de grand favori.

Jeuneafrique.com par Georges Dougueli

Décès à Yaoundé de l’opposant gabonais André Mba Obame

avril 12, 2015

André Mba Obame, le 14 septembre 2010 à Paris.
André Mba Obame, le 14 septembre 2010 à Paris. © Vincent Fournier/Jeune Afrique

 André Mba Obame est décédé dimanche à Yaoundé, au Cameroun. L’opposant gabonais et ancien ministre de l’Intérieur d’Omar Bongo Ondimba avait 58 ans.

La famille de l’opposant gabonais André Mba Obame a confirmé son décès survenu ce dimanche 12 avril à Yaoundé, au Cameroun, où il séjournait depuis près de deux mois. À 58 ans, l’ancien ministre de l’Intérieur luttait contre la maladie depuis 2012. On lui avait alors diagnostiqué une « hernie discale postéro-latérale ayant entraîné une sciatique paralysante et hyperalgique ».

Après une opération en Afrique du Sud, sa rééducation se révèle plus compliquée que prévu. De retour au pays en août de la même année, il sera victime d’un accident vasculaire cérébral qui va accélérer la dégradation de sa santé. En 2013, il quitte le Gabon pour plusieurs mois de soins médicaux à Tunis. Son exil médical va le conduire à Niamey, au Niger, ou il séjourne jusqu’à son arrivée à Yaoundé il y a quelques semaines.

André Mba Obame fut pendant cinq ans le très puissant ministre de l’Intérieur d’Omar Bongo Ondimba, jusqu’au décès de ce dernier en juin 2009. Son amitié avec Ali Bongo Ondimba, alors ministre de la Défense, fut l’objet de toutes sortes de spéculations jusqu’à la rupture apparue au grand jour peu après le décès du président. La rivalité entre les deux hommes va depuis lors rythmer la vie politique gabonaise jusqu’à l’éloignement de Mba Obame pour des raisons de santé. Son départ laisse orpheline l’opposition gabonaise, alors que des rumeurs le disant en excellente forme lui prédisaient un retour imminent dans l’arène. Le sort en a décidé autrement.

Jeuneafrique.com par Georges Dougueli

Gabon : Mba Obame se fait soigner en Tunisie

février 8, 2014

Mba Obame croit avoir été victime d’un mauvais sort vaudou ou d »attaques mystiques ».

L’ex-principal opposant du président gabonais Ali Bongo Ondimba, André Mba Obame, sillone l’Afrique pour se faire soigner. Sa dernière étape : la Tunisie.

Depuis plusieurs mois, l’ex-principal opposant d’Ali Bongo Ondimba a disparu des écrans radars et sillonne l’Afrique pour se faire soigner. Victime d’une sciatique paralysante dont il a été opéré en Afrique du Sud, mais aussi d’un accident vasculaire cérébral après son retour d’exil, en août 2012, André Mba Obame a couru les guérisseurs traditionnels, convaincu d’avoir été victime d’un mauvais sort vaudou ou d' »attaques mystiques ». D’abord à Lomé, au Togo, puis à Niamey, au Niger. Sans succès. Alors qu’il envisageait de se rendre en France pour consulter des spécialistes d’une médecine plus classique, il a finalement pris la direction de Tunis, où il réside désormais depuis de longues semaines.

Jeuneafrique.com

Gabon: le Conseil d’Etat confirme la dissolution d’un parti d’opposition

juillet 28, 2011

Le Conseil d’Etat gabonais a rejeté jeudi le recours contre la dissolution d’un des deux principaux partis d’opposition, l’Union nationale (UN), a constaté un journaliste de l’AFP.

Statuant sur le recours déposé par le président de l’UN Zacharie Myboto, le Conseil d’Etat a notamment estimé que le parti « s’est rendu co-auteur » ou a été « du moins complice » de son secrétaire exécutif, André Mba Obame qui, le 25 janvier dernier, s’était autoproclamé président du pays, avait prêté serment au siège de son parti et avait formé son « gouvernement ».

« Le pouvoir (. . . ) a atteint son objectif, celui de tuer l’Union nationale », a déclaré à l’AFP M. Myboto, ajoutant: « c’est la négation même de la démocratie ».

« Nous avons tenu à aller jusqu’au bout de notre logique », mais « ce n’est pas la peine de perdre notre temps encore » dans d’éventuels nouveaux recours, a-t-il poursuivi, indiquant ne pas avoir été « du tout surpris » de la décision du Conseil dont l’UN avait mis en doute l’indépendance mercredi.

L’UN avait été dissoute le 27 janvier par le ministère de l’Intérieur pour « non respect des principes démocratiques, atteinte à la forme républicaine de l’Etat, atteinte à la souveraineté nationale et trouble à l’ordre public ».

Candidat malheureux à la présidentielle de 2009 dont il conteste la validité et réclame la victoire, M. Mba Obame s’était réfugié pendant plus d’un mois au siège du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) à Libreville avec une trentaine de personnes.

Le vice-président de l’UN Jean Ntoutoume Ngoua avait mis en garde mercredi sur « les éventuelles conséquences que pourraient entraîner la négation de la réalité des faits et la non lecture du droit dans cette affaire ».

L’UN « rendra responsable le Conseil d’Etat des conséquences des éventuelles frustrations de milliers de Gabonais qui attendent que justice leur soit rendue et appelle l’ensemble des Gabonais à la mobilisation et à la vigilance », avait indiqué M. Ntoutoume Ngoua.

Mardi, les défenseurs de l’Etat gabonais avaient fait valoir qu' »il ne saurait exister deux républiques ». « En s’autoproclamant président, M. Mba Obame a délibérément mis en cause la forme républicaine de l’Etat », ce qui constitue « un grave trouble à l’ordre public » et « une violation manifeste de la Constitution », avaient-ils estimé.

Jeuneafrique.com avec AFP