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RDC: appel à la grève générale suivi dans plusieurs villes

avril 3, 2017

Kinshasa – La vie tournait au ralenti lundi à Kinshasa et dans quatre des principales villes de la République démocratique du Congo, après un appel à la grève générale lancé par l’opposition, a constaté l’AFP.

Le Rassemblement de l’opposition a appelé les Congolais à observer lundi une « journée ville morte » pour exiger du président Joseph Kabila – dont le mandat a échu le 20 décembre 2016 – l’application de l’accord de cogestion du pays signé le 31 décembre entre le pouvoir et l’opposition.

Cet appel a été largement suivi dans la capitale Kinshasa et dans les villes de Lubumbashi, Goma (est), Mbuji-Mayi, Kananga (centre) alors qu’il était ignoré à Kisangani (nord-est) et à Mbandaka (nord-ouest), selon des correspondants de l’AFP.

« Nous avons respecté le mot d’ordre de ville morte parce que nous souffrons beaucoup. Qu’il (le président Kabila) quitte le pouvoir, il a fini son mandat, nous ne voulons plus de lui », a assuré à l’AFP Mamie Biamba, une habitante de Kingasani, bouillant quartier populaire de l’est de Kinshasa.

A 8h00 (07h00 GMT), commerces et stations service étaient encore fermés, les moyens de transports en commun étaient rares, alors que des habitants déferlaient à pied des quartiers populaires de l’est de la capitale congolaise vers le centre des affaires pour rejoindre leurs lieux de travail ou de débrouille.

La place Victoire, au coeur de Kinshasa, mégalopole de plus de 10 millions d’habitants, qui grouille généralement de monde dès les premières heures du matin, était quasiment vide.

Des policiers, moins nombreux que lors des manifestations d’opposition de septembre et décembre, étaient postés à des points stratégiques de la capitale.

Même ambiance à Lubumbashi, dans le sud-est du pays, où des témoins assuraient à l’AFP que les activités étaient quasiment à l’arrêt. « La banque tourne au ralenti », a déclaré un directeur d’une banque qui a ajouté avoir enregistré quelques absents parmi ses agents. « Un magasin sur cinq a ouvert », a témoigné un habitant.

– Vie intenable –

« J’ai réalisé une très bonne affaire en ayant la géniale idée de travailler tôt le matin contrairement à l’immense majorité de mes collègues. J’étais quasiment seul sur la route et j’ai fait payer au prix fort mes courses », a déclaré à l’AFP Nyembo Muyumba, chauffeur de taxi à Lubumbashi.

A Goma, capitale du Nord-Kivu dans l’est de la RDC, des activités tournaient « très timidement », a constaté le correspondant de l’AFP. Des jeunes du quartier Majengo au nord ont tenté de barricader la route du même nom, mais ont été aussitôt dispersés par la police.

A Kananga, capitale du Kasaï central en proie depuis septembre à une rébellion qui a fait plus de 400 morts en six mois, « toutes les banques, les marchés, les magasins et les sociétés de télécommunication sont fermés. Tous les bureaux de l’administration publique n’ont pas ouvert, sauf celui du gouverneur de province », a témoigné à l’AFP un journaliste local.

Vers 6h30, des vendeuses de patates douces et autres produits agricoles étalaient leurs marchandises dans un marché de Kingasani. Au marché Gambela au centre de Kinshasa, des « chailleurs » (vendeurs à la criée) se déployaient à la recherche des rares clients.

« Nous n’avons rien à faire avec des mots d’ordre des politiciens de tous les bords. Notre problème c’est de trouver quoi nourrir nos enfants, les envoyer à l’école. La vie est devenue intenable pour nous le petit peuple tandis que eux (politiciens) vivent aisément », s’enflammait Albertine Bulanga, vendeuse de maïs dans un marché de Kingasani.

L’accord du 31 décembre prévoit le maintien au pouvoir de M. Kabila et la mise en place d’un gouvernement de transition dirigé par un Premier ministre issu de l’opposition. Trois mois après, ce nouveau gouvernement n’est pas encore constitué, alors que le climat politique se tend de jour en jour.

Romandie.com avec(©AFP / 03 avril 2017 13h18)

RD Congo : l’Unesco condamne l’assassinat du journaliste de la RTNC

novembre 21, 2016

La population de Mbuji Mayi réunie au marché le 31 juillet 2006 en pleine période d’élection. © SCHALK VAN ZUYDAM/AP/SIPA

La directrice générale de l’Unesco a condamné lundi l’assassinat la semaine dernière d’un journaliste de la télévision publique congolaise, la RTNC, par des hommes armés dans une ville du Kasaï-Oriental, dans le centre de la RDC.

« Je condamne le meurtre de Marcel Lubala« , écrit Irina Bokova dans un communiqué publié à Paris. « Les journalistes doivent pouvoir mener à bien leur mission, qui consiste à informer les citoyens, sans craindre pour leur vie. Je compte sur les autorités du pays pour qu’une enquête approfondie soit diligentée et que les auteurs de ce crime soient traduits en justice », ajoute le texte.

Journaliste à la Radio télévision nationale congolaise (RTNC), Marcel Lubala a été abattu par des hommes armés dans la nuit du 14 au 15 novembre à Mbuji-Mayi, capitale de la province du Kasaï-Oriental, dans le centre du pays.

Le corps du journaliste « est encore à la morgue » de la ville et « la date de l’enterrement n’est pas encore fixée », a indiqué Guy Robert Mulopo, directeur provincial de la RTNC au Kasaï-Oriental.

Multiplication des « attaques ciblées » contre la presse

Âgé de 59 ans, le journaliste travaillait à la RTNC depuis 15 ans et présentait une émission de télévision sur l’hygiène et l’environnement. Depuis l’annonce de son assassinat, la station nationale de la RTNC à Kinshasa n’en a jamais fait écho.

Cet assassinat a été condamné par plusieurs organisations de défense de la liberté de la presse. Début novembre, l’ONG congolaise Journaliste en danger (JED) avait dénoncé dans son rapport annuel « la montée des attaques ciblées contre la presse » en RD Congo, pays qui occupe le 152e place du classement mondial établi par l’ONG Reporters sans frontières (RSF).

Selon les autorités provinciales du Kasaï-Oriental, une enquête a été ouverte sur cette affaire, sans que cette déclaration n’apaise la colère des confrères de Marcel Lubala. « C’est le seizième journaliste tué en RDC en dix ans et trop souvent les auteurs et commanditaires ne sont jamais sanctionnés », a déploré Joseph Boucard Kasonga Tshilunde, président de l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC). « Nous sommes profondément troublés parce que cet assassinat intervient alors que seule la police fait des patrouilles la nuit dans la ville de Mbuji-Mayi », a-t-il poursuivi.

Jeuneafrique.com avec AFP

RDC: poursuites judiciaires contre un cadre du premier parti d’opposition

mai 17, 2014

Un dirigeant régional du principal parti d’opposition en République démocratique du Congo, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), a été déféré à la justice vendredi, plus de quatre mois après son arrestation, a-t-on appris samedi de source officielle.

Président fédéral de l’UDPS au Kasaï-Oriental, Bruno Kabatshi avait été arrêté le 2 janvier à Mbuji-Mayi, capitale de cette province du centre du pays.

Vendredi, il a été mis « à la disposition de son juge naturel », c’est-à-dire devant un tribunal de Mbuji-Mayi, ville où ont été commis les faits qui lui sont reprochés, a indiqué à l’AFP un haut responsable congolais sous le couvert de l’anonymat.

M. Kabatshi avait été arrêté à la suite d’un débat télévisé avec un membre du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), le parti du président de la République, Joseph Kabila.

Les autorités lui reprochent d’avoir manqué de respect au chef de l’Etat, d’avoir « incité la population à la haine » et les forces de l’ordre à la désobéissance, a indiqué le haut responsable congolais.

Interrogé par l’AFP, Samy Badibanga, chef du groupe UDPS à l’Assemblé nationale, a contesté les fait reprochés à M. Kabatshi, estimant que les poursuites contre lui relevaient « d’une atteinte à la liberté d’expression ».

M. Kabatshi, a-t-il dit, a participé « à une émission tout à fait normale dans laquelle il a donné son point de vue sur les élections de 2011 », qui ont permis au président Kabila, au pouvoir depuis 2001 de se maintenir à son poste pour un nouveau mandat de 5 ans.

« Chacun peut donner son avis sur ce qui s’est passé en 2011 » sans être inquiété, a ajouté M. Badibanga.

Pour l’opposition congolaise et la communauté internationale, la présidentielle et les législatives de 2011 ont été marquées par des irrégularités massives. Rejetant les résultats officiels l’ayant placé en deuxième position derrière M. Kabila, le président de l’UDPS, Etienne Tshisekedi, aujourd’hui âgé de 82 ans, estime depuis lors être le « président élu » de la RDC.

Conduit à Kinshasa après son arrestation, M. Kabatshi avait été détenu par l’Agence nationale du renseignement (ANR) puis emprisonné au centre pénitentiaire de Makala, la grande prison de la capitale congolaise, jusqu’à son transfèrement à Mbuji-Mayi vendredi.

Jeuneafrique.com