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EXCLUSIF. Affaire PAKO : où sont passés les résultats de l’autopsie ? Me William Bourdon s’est constitué pour défendre la famille Kolelas

avril 3, 2021

La mort de l’opposant congolais Guy Brice Parfait Kolelas dans des circonstances troubles pour ses proches malgré la thèse du Covid-19 avancée par les autorités sanitaires congolaises prend une tournure politico-judiciaire jusque là redoutée par le pouvoir de Brazzaville.

Chronique d’une mort annoncée ?

Guy Brice Parfait Kolelas, candidat à l’élection présidentielle du 21 mars 2021 au Congo est tombé subitement malade alors qu’il était en pleine campagne électorale. Tout commence à Pointe-Noire la capitale économique du Congo, lors d’un meeting, il avait accusé une fatigue soudaine, avant que ses proches ne constatent des signes plus inquiétants lors du meeting qu’il a tenu quelques jours plus tard à Owando avec son allié du RDD, Jean-Jacques Yhomby Opango.

Rentré à Brazzaville, Guy Brice Parfait Kolelas n’a pu être présent à son dernier meeting au stade marchand le vendredi 19 mars. Son épouse Nathalie avait rassuré ses militants qu’il était victime d’un paludisme sévère, rien de plus inquiétant. Le samedi 20 mars, la situation sanitaire de PAKO se dégrade brutalement, il sera évacué en France le lendemain dimanche 21 mars jour du vote dans l’après-midi. Le président de l’UDH YUKI, est déclaré mort à 1H40 du matin dans la nuit du dimanche au lundi 22 mars, cinq minutes après que l’avion médicalisé qui le transportait ait atterri sur le tarmac de l’aéroport de Paris Bourget. Pour ses militants, PAKO était déjà mort à Brazzaville, le pouvoir aurait envoyé sa dépouille à Paris pour se débarrasser d’un cadavre encombrant qui allait mettre fin au processus électoral en cours.

Covid-19 ou empoisonnement ?

La mort de Guy Brice Parfait Kolelas fait l’objet de spéculations dans les rues de Brazzaville. La thèse de l’empoissonnement a envahi les réseaux sociaux, balayant d’un revers de main celle de la Covid-19 avancée par les autorités sanitaires. Sur le tarmac de l’aéroport du Bourget, la famille a bataillé dur avec les autorités françaises afin que la dépouille de PAKO soit déposée à l’Institut Médico Légal de Paris pour une autopsie. Or, selon les médecins que nous avons pu consulter, « le protocole sanitaire en France interdit une autopsie sur un cadavre déclaré mort du Covid-19. En acceptant qu’une autopsie soit réalisée sur la dépouille de PAKO, la France a indubitablement acté le doute persistant des proches du proches du défunt et remis en question la thèse de mort par Covid-19 soutenue par Brazzaville.

Enquête judiciaire et requêtes diplomatiques

Au lendemain de l’annonce de la mort de PAKO, le Parquet de Bobigny ouvrait une enquête par auto saisine. Cette procédure judiciaire devrait permettre à la famille de connaître toute la vérité sur la mort du leader politique congolais. Alors que selon les informations des proches de PAKO l’autopsie avait été réalisée entre le 23 et le 24 mars, à ce jour, ni l’Institut Médico Légal, ni le parquet de Bobigny n’a fourni les résultats attendus à la famille. Il y a quelques jours, la veuve de PAKO a saisi par courrier le parquet de Bobigny et l’Institut Médico Légal leur enjoignant de lui fournir les résultats de l’autopsie. « C’est une rétention que nous ne comprenons pas. On a vu une partie de la presse évoquer le Covid-19 sur la base d’un faux communiqué du parquet de Bobigny, alors que la famille n’a aucune information jusqu’à maintenant sur les résultats de cette autopsie » s’indigne un membre de la famille. Les responsables de l’Institut Médico Légal de Paris ont déjà transmis les résultats de l’autopsie au parquet de Bobigny nous a t-on assuré.

Afin de défendre ses droits, la famille Kolelas a fait se constituer deux avocats dont le très médiatique William Boudon, bien connu dans les affaires des Biens mal acquis, impliquant DSN et sa famille. Il faut redouter que la constitution de Me Bourdon va donner à l’affaire PAKO une tournure médiatique et diplomatique qui va avoir un impact sur les relations entre Paris et Brazza.

En effet, c’est à Paris que la mort de PAKO prend une réelle tournure politique. La manifestation de la diaspora congolaise le samedi 27 mars à Paris a attiré l’attention des autorités françaises qui s’inquiètent des actions de certains activistes incontrôlés. Au Quai d’Orsay, la situation est suivie avec une attention particulière.

Du côté de Brazzaville, c’est une observation active de la situation qui est en cours. Les membres de la famille Kolelas proches du pouvoir sont mis à contribution afin de calmer les velléités de ceux qui veulent voir en la mort de PAKO, un coup politique de DSN. Dans les milieux autorisés à Brazzaville, on ne conçoit pas que DSN puisse prêter serment alors que « son fils » PAKO n’est pas encore enterré. Les obsèques de PAKO devront avoir lieu en France dans les prochains jours.

Avec AfricaWebNews par Vouda NGANOU