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Covid-19: l’OMS «inquiète» d’une possible aggravation de la pandémie pendant le ramadan

avril 14, 2021

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’est dite «inquiète» mercredi 14 avril d’une possible aggravation de la pandémie de Covid-19 durant les célébrations du ramadan en Afrique du Nord et au grand Moyen-Orient.

Le nombre de cas a augmenté de 22% et le nombre de décès de 17% «la semaine dernière par rapport à la semaine précédente» dans la région, a dit le Dr Ahmed al-Mandhari, directeur du bureau régional de l’OMS pour la Méditerranée orientale.

S’exprimant lors d’une conférence de presse virtuelle au Caire, le Dr al-Mandhari a estimé que la situation dans cette vaste région qui va du Maroc au Pakistan traduit une «tendance inquiétante». «Nous sommes particulièrement inquiets que la situation actuelle puisse s’aggraver durant le ramadan si les gens ne suivent pas» les mesures sanitaires recommandées par l’OMS.

Le jeûne du mois de ramadan, durant lequel les musulmans s’abstiennent de manger, boire et fumer entre le lever et le coucher du soleil, a débuté mardi dans la plupart des pays musulmans. Les mesures, notamment de distanciation et de port du masque, doivent «être maintenues pour aider à contenir la pandémie», a plaidé le Dr al-Mandhari.

«Distanciation physique, ventilation» des mosquées

L’OMS souhaite que «les pays fassent une évaluation des risques afin de prévenir la dissémination de l’infection», a de son côté indiqué le Dr Dalia Samhouri, responsable pour la région de la préparation aux situations d’urgence. Elle a énuméré plusieurs mesures souhaitables selon l’OMS autour des mosquées pendant le mois de ramadan: «distanciation physique, ventilation, désinfection régulière». «Si je suis malade, je reste à la maison», a-t-elle dit avant d’ajouter que «les gens vulnérables (…) ceux atteints de maladies chroniques, doivent rester chez eux».

Parallèlement, Ahmed al-Mandhari a précisé que l’ensemble des pays de la région avaient reçu des vaccins, mais que ceux qui avaient l’accès le plus limité étaient le Yémen et la Syrie. La région comprend 21 pays outre et les Territoires palestiniens occupés, avec une population de près de 679 millions d’habitants. Selon lui, «il reste un déséquilibre choquant dans la distribution des vaccins» dans le monde. «C’est particulièrement vrai dans notre région où les soignants et les gens vivant dans des conditions de vulnérabilité comme en Syrie et au Yémen, ont l’accès le plus limité aux vaccins». Ainsi, au Yémen, où quelque 14 millions de doses ont été promises via le dispositif Covax, seules 360.000 ont été livrées.

Par Le Figaro avec AFP

Pèlerinage à la Mecque : l’incertitude autour du hajj 2020 persiste

juin 17, 2020

Des fidèles musulmans à La Mecque, en Arabie saoudite, le 7 mars 2020.

Des fidèles musulmans à La Mecque, en Arabie saoudite, le 7 mars 2020. © Amr Nabil/AP/SIPA 

Limiter le nombre de pèlerins ou annuler le hajj en raison du Covid-19 ? À quelques semaines du grand pèlerinage annuel à La Mecque, l’Arabie saoudite se trouve face à un choix délicat.

Prévu fin juillet, le hajj est l’un des plus grands rassemblements au monde. En 2019, le pèlerinage, que tout fidèle musulman doit accomplir au moins une fois dans sa vie s’il en a les moyens, a attiré quelque 2,5 millions de fidèles.

Des milliers de musulmans à travers le monde attendent encore de savoir s’ils pourront accomplir le hajj cette année

Aujourd’hui, des milliers de musulmans à travers le monde attendent de savoir s’ils pourront l’effectuer cette année. Les autorités religieuses de chaque pays sont toujours dans l’attente de précisions de la part de l’Arabie saoudite.

Le ministre tunisien des Affaires religieuses Ahmed Adhoum a ainsi déclaré ce 13 juin à l’agence tunisienne TAP attendre des indications des autorités saoudiennes. Son homologue algérien, Youcef Belmehdi, avait dit la même chose quelques jours auparavant.

Pèlerins en stand-by

Au Maroc aussi, les autorités n’ont pas encore donné d’indications aux potentiels pèlerins. Cette année, ils étaient environ 34.000 à avoir prévu de voyager vers l’Arabie saoudite.

Un voyagiste casablancais spécialisé dans le tourisme religieux confie attendre avec empressement des clarifications : il a déjà dû gérer l’annulation de la omra, plus petit pèlerinage et qui a été suspendu en mars, et il est pressé par les clients qui se demandent s’ils doivent penser à demander des remboursements –la plupart ayant déjà payé les frais relatifs au hajj depuis plusieurs mois. Même situation en Égypte, en Turquie ou encore au Liban.

« La décision sera bientôt prise et annoncée », assurent les autorités saoudiennes

Une affluence telle que celle de 2019 semble exclue cette année : Riyad a demandé dès fin mars aux pays musulmans, chargés de sélectionner les pèlerins candidats, de reporter leurs préparatifs.

« La décision sera bientôt prise et annoncée », assure de son côté un responsable saoudien.

L’Indonésie, pays musulman le plus peuplé, a pris l’« amère et difficile » décision de renoncer au hajj, tout comme la Malaisie et Singapour. Le Sénégal a dit, lui, suspendre « toutes les formalités pour le voyage » des pèlerins.

En France, les fidèles ont été appelés par le Conseil français du culte musulman à « différer» leur pèlerinage à 2021.

Risque de contagion

En raison de la promiscuité entre pèlerins, le hajj peut devenir un énorme vecteur de contagion de la maladie Covid-19.

Le pouvoir saoudien sait que la bonne gestion du hajj qui lui est dévolue de par son rôle de gardien des lieux saints de l’islam est une puissante source de légitimité politique, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur du royaume.

L’Arabie saoudite a la responsabilité du bon déroulement du pèlerinage

Mais cela engage aussi sa responsabilité. Déjà, des incidents mortels, dont une bousculade ayant fait en 2015 quelque 2 300 morts, avaient suscité des critiques sur la gestion du hajj par Riyad.

« Le retard dans l’annonce de sa décision montre que (l’Arabie saoudite) pèse les conséquences politiques de l’annulation du hajj ou de la réduction de son ampleur», estime Umar Karim, chercheur au Royal United Services Institute de Londres.

Une décision politique

Le royaume « gagne du temps», juge le responsable d’un pays d’Asie du sud.

« Si les Saoudiens disent, à la dernière minute, être prêts pour le hajj, de nombreux pays ne seront pas en mesure d’y participer», remarque-t-il.

De nombreux vols internationaux étant suspendus, un hajj n’accueillant que les personnes habitant en Arabie saoudite est un scénario possible

De nombreux vols internationaux étant suspendus, un hajj n’accueillant que les personnes habitant en Arabie saoudite est un scénario possible, ajoute-t-il.

Avec 120.000 cas, dont plus de 1000 décès déclarés officiellement, le pays cherche toujours à contenir le nouveau coronavirus. Les autorités ont ainsi renforcé les mesures de confinement à Jeddah (ouest), porte d’entrée de la Mecque.

Maintenu lors des épidémies d’Ebola et du MERS-CoV (syndrome respiratoire du Moyen-Orient), l’annulation du hajj serait une première depuis la fondation du royaume en 1932.

Double peine

« Si l’Arabie saoudite le maintient, elle accentuera la pression sur son propre système de santé», juge Yasmine Farouk, du centre Carnegie. Et si le virus se propage, « elle pourrait aussi en être tenue responsable », souligne-t-elle.

Un hajj annulé ou limité est une grosse perte de revenus pour le royaume, qui subit déjà le choc de la chute des prix du pétrole

Un hajj annulé ou limité serait aussi une perte de revenus pour le royaume, qui subit déjà le double choc de la pandémie et de la chute des prix du pétrole.

Lors du hajj et de la omra, les pèlerins injectent chaque année 10,6 milliards d’euros dans l’économie saoudienne, selon le gouvernement.

Une annulation serait sans aucun doute durement vécue pour des milliers de fidèles, qui ont parfois consacré toutes leurs économies à ce pilier de l’islam.

« Je ne peux pas m’empêcher d’avoir le cœur brisé. J’attends depuis des années ce moment », se désole, en pleurs, une fonctionnaire indonésienne Ria Taurisnawati, 37 ans.

Par Jeune Afrique avec AFP

Le hajj à la Mecque commence dans la ferveur pour 2 millions de musulmans

août 19, 2018

Des pèlerins musulmans marchent dans une rue de la ville sainte de la Mecque en Arabie saoudite avant le début du hajj annuel, le 18 août 2017 / © AFP / AHMAD AL-RUBAYE

Plus de deux millions de fidèles ont entamé dimanche, dans un climat de ferveur et sous un soleil de plomb, le pèlerinage annuel à La Mecque dans une Arabie saoudite en mutation mais où l’islam conserve une place centrale.

Ce rassemblement religieux annuel, l’un des plus importants au monde, représente un défi logistique pour les autorités saoudiennes qui se sont toutefois déclarées prêtes à assurer son bon déroulement jusqu’à vendredi.

Le hajj est l’un des cinq piliers de l’islam. Tout musulman est censé l’accomplir au moins une fois dans sa vie s’il en a les moyens.

C’est « le rêve de tout musulman de venir ici », c’est « l’ultime voyage », a déclaré à l’AFP Soliman Ben Mohri, commerçant de 53 ans originaire de Boulogne-sur-Mer, en France. « Nous sommes émus ».

Les mouvements de pèlerins s’effectuent dans un climat de ferveur qui fait oublier la chaleur étouffante alors que la température excède largement les 40 degrés Celsius. Certains sont équipés de parapluies pour se protéger du soleil.

« Oh Allah, me voici devant toi », répètent des groupes de fidèles en disant ainsi se présenter en toute humilité devant Dieu dont ils réclament la clémence.

Les pèlerins viennent à la Mecque, dans l’ouest du royaume, des quatre coins de la planète mais, parmi les plus gros contingents, figurent ceux d’Egypte, d’Inde, du Pakistan, du Bangladesh et du Soudan, ont précisé les autorités.

Le hajj / © AFP / Vincent LEFAI

Leur nombre a dépassé les deux millions, a indiqué le ministère de l’Intérieur, précisant que l’immense majorité venait de l’étranger.

« Je me sens si chanceuse », a dit Nazia Noor, une Néo-Zélandaise de 36 ans, en poussant son père dans une chaise roulante. « Qu’Allah nous vienne en aide ».

Saidou Boureima, un pèlerin du Niger, a dit s’attendre à un parcours difficile. « Je me suis préparé en faisant du sport avant. Si Dieu veut, on pourra tenir ».

– High-tech, traducteurs –

Les fidèles se sont rendus dimanche dans la vallée proche de Mina, à travers le lieu dit de Mozdalifa où ils passeront la nuit avant le stationnement sur le Mont Arafat, temps fort du hajj.

C’est sur ce mont que le prophète Mahomet a prononcé son dernier sermon et c’est là que les pèlerins passeront une journée de prières et d’invocations en sollicitant la clémence d’Allah.

Des pèlerins musulmans se rassemblent pour les prières du soir à la Grande Mosquée à la Mecque en Arabie saoudite, le 18 août 2018 / © AFP / AHMAD AL-RUBAYE

Le pèlerinage se terminera avec l’Aïd al-Adha, une fête de trois jours suivie par le rituel de la « lapidation de Satan ».

Au fil des ans, le hajj a pris une dimension de plus en plus high-tech avec une multiplication d’applications mobiles pour aider les fidèles à comprendre les instructions, à trouver leur chemin ou obtenir des soins médicaux d’urgence auprès du Croissant-Rouge saoudien.

De plus, une brigade de traducteurs est à pied d’œuvre pour aider les fidèles musulmans non-arabophones qui viennent du monde entier et parlent une douzaine de langues.

Les autorités ont également amélioré la sécurité après une série de drames ces dernières années. En 2015, le pèlerinage avait été endeuillé par une gigantesque bousculade qui avait fait quelque 2.300 morts, dont des centaines d’Iraniens.

– Yémen, Qatar –

Le hajj de 2018 se déroule alors que l’Arabie saoudite, royaume ultraconservateur, est en pleine transformation avec des réformes concernant les femmes qui ont été finalement autorisées à conduire.

Ãu0080 La Mecque, une brigade de traducteurs au service des pèlerins / © AFP / Akim Rezgui

Dans le même temps, les autorités font preuve d’une grande fermeté face à toute voie dissidente. La religion conserve une place centrale dans la société.

Le jeune prince héritier Mohammed ben Salmane, fils du roi et inspirateur des réformes, a clamé la volonté de son pays de « renouer avec un islam modéré et tolérant », tout en multipliant les arrestations dans les milieux dissidents, y compris parmi les défenseurs des droits de l’Homme et les religieux critiques.

Le pèlerinage intervient en outre en pleine guerre au Yémen où l’Arabie saoudite intervient contre des rebelles soutenus par l’Iran, le grand rival régional de Ryad.

Pour la deuxième année consécutive, le Qatar s’est plaint du fait que ses citoyens soient privés de hajj sur fond de crise diplomatique avec Ryad. Les autorités saoudiennes accusent au contraire Doha d’entraver le déplacement de ses citoyens vers les lieux saints.

Quelque 1.200 citoyens du Qatar devraient en principe pouvoir participer au hajj, selon un système de quotas par pays, mais des Qataris se sont plaints de l’impossibilité de s’inscrire sur un site web du ministère saoudien du Pèlerinage.

Romandie.com avec(©AFP / (19 août 2018 15h19)

Arabie Saoudite: un Français se suicide en se jetant du haut de la Grande mosquée à la Mecque

juin 9, 2018

Un homme de nationalité française s’est suicidé en se jetant du toit de la Grande mosquée à La Mecque, un acte rare dans le premier lieu saint de l’islam en Arabie saoudite.

Samedi, l’agence de presse officielle saoudienne Spa, citant la police, a rapporté qu’un « ressortissant étranger » s’était suicidé vendredi soir dans cette ville de l’ouest du royaume, sans préciser sa nationalité.

Interrogé par l’AFP à Paris, le ministère français des Affaires étrangères a précisé que le ressortissant était Français, sans donner d’autres détails sur les circonstances de son décès.

« Un ressortissant étranger s’est jeté hier (vendredi) soir du toit de la Grande mosquée à La Mecque. Il est mort sur le coup », avait indiqué plus tôt la police saoudienne.

Le corps a été transporté à l’hôpital en attendant les résultats de l’enquête « pour connaître l’identité de la victime, les raisons de son acte et comprendre comment il a pu le commettre malgré l’existence d’une clôture métallique de protection installée autour du toit », selon la même source.

Si de tels actes sont rares, ce n’est pas le premier cas de suicide à La Mecque, berceau de l’islam, qui comme les autres religions monothéistes interdit de se donner la mort.

L’an dernier, un Saoudien a tenté de s’immoler par le feu devant la Kaaba à La Mecque, avant d’en être empêché par les forces de sécurité.

Chaque année, des millions de musulmans du monde entier se rendent à La Mecque et à Médine, le deuxième lieu saint de l’islam, pour effectuer le grand pèlerinage (hajj) qui se tient à des dates spécifiques ou le petit pèlerinage (Omra), qui peut être accompli à n’importe quel moment de l’année.

Romandie.com avec (©AFP / 09 juin 2018 17h19)                                                               

Les pèlerins musulmans au mont Arafat, temps fort du hajj

août 31, 2017

Des pèlerins musulmans sur le Mont Arafat, le 30 août 2017 à La Mecque / © AFP / KARIM SAHIB

Quelque deux millions de fidèles ont commencé jeudi matin à se rassembler sur le mont Arafat, temps fort du grand pèlerinage musulman en Arabie saoudite dédié aux prières et aux invocations.

Au petit matin, plusieurs hélicoptères survolaient déjà le périmètre, pendant que les fidèles convergeaient depuis l’aube vers le mont Arafat ou Jabal al-Rahma, mont de la Miséricorde.

De la plaine d’Arafat, on pouvait apercevoir de petites taches blanches sur les flancs de la colline. Les pèlerins vêtus de blanc s’y rassemblaient et cherchaient une place sur les rochers déjà chauffés par le soleil.

Le stationnement à Arafat est dédié aux prières et aux invocations. Dans les allées bétonnées reliant la plaine au mont, des pèlerins invoquaient Dieu, les paumes tournées vers le ciel.

D’autres étaient installés dans des tentes de fortune ou sur un simple drap au bord de la route, au milieu de bouteilles vides et de déchets.

C’est sur le mont Arafat que le prophète Mahomet a prononcé, selon la tradition islamique, son sermon d’adieu aux musulmans qui l’avaient accompagné pour le pèlerinage à la fin de sa vie, il y a près de 1.400 ans.

« Je suis monté cette nuit et j’ai prié. J’ai pris des photos et j’ai appelé ma famille et mes amis », raconte Maolana Yahia, 32 ans, venu de Jakarta, en Indonésie, une cigarette au bout des doigts.

Avant 10H00 (07H00 GMT), les températures dépassaient déjà les 30°C. Dans l’hôpital situé en face du mont, une section était réservée aux insolations.

« Nous avons déployé 326 ambulances sur le parcours du pèlerinage afin que, très rapidement, elles puissent prendre en charge les malades », a expliqué le docteur Meshal Alanazi, du Croissant-Rouge.

Dans la soirée, les pèlerins rejoindront Mouzdalifa avant d’effectuer vendredi le rituel de la lapidation de Satan, qui avait tourné en 2015 au drame. Une gigantesque bousculade avait fait près de 2.300 morts.

Aux pieds du mont Arafat, des barrières mobiles ont été installées pour réguler la foule. « On les déplacera pour agrandir les couloirs quand les pèlerins seront plus nombreux », a indiqué à l’AFP Ahmed al-Baraka des forces spéciales.

Les autorités saoudiennes ont mobilisé d’importants moyens, dont 100.000 membres des forces de sécurité, et se sont dites prêtes à parer à toute éventualité.

Romandie.com avec(©AFP / 31 août 2017 13h56)                

Hajj 2017: en Côte d’Ivoire, ces arnaqueurs qui n’ont pas peur de Dieu…

août 30, 2017

L’œil de Glez. © J.A. / Glez

 

Réputé premier rassemblement mondial en termes de participants, le pèlerinage de la Mecque a toujours fait saliver les organisateurs véreux. Cette année, c’est le Hajj de centaines d’Ivoiriens qui a été compromis…

On connaissait les malandrins qualifiés de « nés avant la honte », capables de métamorphoser les événements les plus sacrés en sources de revenus illicites, notamment les funérailles en festivals de pickpockets. À un stade supérieur règnent les « même pas peur de Dieu ». C’est ainsi que les pèlerinages aux lieux saints de La Mecque aiguisent à ce point les appétits que des États pourtant laïcs ne peuvent s’empêcher de glisser une phalange dans leur organisation.

L’édition ivoirienne du Hajj 2017, par exemple, a permis le départ de 4 200 pèlerins enregistrés au titre du très officiel « contingent de l’État ». Cette organisation n’interdit pas un contingent privé qui, cette année, dénombrait 1 620 voyageurs ; ou plutôt « présumés » voyageurs, puisque 295 d’entre eux n’ont pas vu le tarmac s’éloigner par le hublot. En Côte d’Ivoire comme ailleurs, les pèlerins sont parfois des excursionnistes peu expérimentés qui économisent toute une vie, souvent 4 ou 5 millions de francs CFA, pour ce qui sera peut-être l’unique périple international de leur existence. Peu au fait de logistique et de démarches administratives, ils s’en remettent quelquefois à tort à des organisateurs au mieux défaillants, au pire véreux.

De nombreux précédents

Selon les informations officielles, les candidats ivoiriens malheureux au séjour saoudien avaient fait appel aux opérateurs « Méridien Hadj et Oumra » et « EIMPC ». Après une manifestation désespérée à Treichville, 263 personnes ont découvert qu’elles étaient illégalement inscrites, ne pouvant donc obtenir les documents de voyage nécessaires. Par la voix du Directeur général des cultes, Bamba Messemba, les autorités ont indiqué, ce dimanche, que des responsables des agences fautives avaient été « interpellés et répondront de leurs actes ». Les frontières étant fermées aux pèlerins depuis le 26 août à minuit, le seul miracle que les croyants peuvent désormais espérer est un remboursement de leur pécule. Pour la suite de leur accomplissement spirituel, les autorités proposent aux victimes d’être inscrites « prioritairement sur la liste du contingent étatique pour l’édition 2018 ».

Les organisations défaillantes et les arnaques patentées ne sont pas une nouveauté dans le monde du Hajj, quelle que soit l’année et quel que soit le lieu d’embarquement des musulmans concernés. Si la Côte d’Ivoire fait la une en 2017, c’est dans la région française de Toulouse, en 2016, que des avions théoriquement dédiés aux pèlerins ne décollèrent jamais. Des sites consacrés à la pratique confortable de l’islam, comme imanemagazine.com, mettent chaque année en garde les candidats au cinquième pilier de leur religion, invitant notamment à se méfier des tarifs trop attractifs ; puisqu’il ne suffit plus de conjurer le mauvais sort en criant aux apprentis escrocs : « Dieu vous voit ! »

Jeuneafrique.com par Damien Glez

Doha accuse Ryad de faire obstacle au pèlerinage des Qataris à La Mecque

juillet 31, 2017

Doha – Le Qatar a accusé l’Arabie saoudite, en crise ouverte avec Doha, de mettre des obstacles à la participation de ses ressortissants au hajj, mais s’est défendu de vouloir internationaliser la gestion du pèlerinage annuel à La Mecque.

Dans un communiqué publié dimanche soir, le ministère des Affaires islamiques du Qatar a affirmé que Ryad « a refusé de communiquer au sujet des garanties de sécurité des pèlerins (qataris) et de l’assistance pour leur hajj ».

L’Arabie saoudite a imposé des sanctions au Qatar, dont la fermeture de son espace aérien, depuis qu’elle a rompu ses relations le 5 juin –en même temps que les Émirats arabes unis, Bahreïn et l’Égypte– avec l’émirat gazier, accusé de soutenir des groupes extrémistes et de se rapprocher de l’Iran chiite, le grand rival du royaume sunnite.

Ryad a toutefois assuré le 20 juillet que les ressortissants qataris voulant se rendre à La Mecque pour le grand pèlerinage musulman –un des cinq piliers de l’islam– étaient les bienvenus, mais a assorti leur venue de certaines restrictions.

Les autorités saoudiennes refusent notamment que ces pèlerins arrivent directement de Doha à bord de vols de la compagnie Qatar Airways.

Le ministère des Affaires islamiques du Qatar a dit souhaiter « connaître les entités haut-placées compétentes en Arabie saoudite, capables d’offrir ces garanties (de sécurité) et exprime ses regrets de voir la politique mêlée à l’un des piliers de l’islam, ce qui pourrait empêcher de nombreux musulmans d’accomplir ce devoir sacré ».

Les déclarations qataries ont été interprétées par des médias de pays hostiles au Qatar comme un appel à « internationaliser » l’organisation du hajj, qui est actuellement assurée par les autorités saoudiennes.

Le ministre saoudien des Affaires étrangères Adel al-Jubeir a estimé dimanche sur la chaîne saoudienne Al-Arabiya qu’un appel à internationaliser la gestion de ce pèlerinage reviendrait à « déclarer la guerre » à son pays.

Lui répondant, son homologue du Qatar a affirmé quelques heures plus tard qu' »aucun responsable (de son pays) n’a fait de déclarations concernant une internationalisation du hajj ».

« Aucune démarche n’a été faite pour discuter du hajj à un niveau international », a ajouté cheikh Mohamed ben Abderrahmane Al-Thani sur la chaîne de télévision qatarie Al-Jazeera.

« Le Qatar n’a jamais politisé le hajj et je regrette de dire que la question a été politisée par l’Arabie saoudite », a-t-il ajouté en référence aux restrictions faites aux pèlerins de son pays.

Il a accusé les médias d’avoir « fabriqué » et « inventé » l’appel qui a été attribué à son pays sur une internationalisation du hajj.

Le rituel du hajj, qui débute fin août cette année, est l’un des cinq piliers de l’islam que tout croyant musulman est appelé à effectuer au moins une fois durant sa vie s’il en a les moyens.

Lundi, dans un communiqué, le Comité des droits de l’Homme du Qatar a annoncé son intention de lancer une campagne contre les restrictions saoudiennes.

Cet organisme va s’adresser à cette fin au Haut commissariat des Nations unies pour les droits de l’Homme, à l’Organisation de la coopération islamique (OCI) et à la Ligue arabe.

Il a appelé Ryad à renoncer « vite à ces restrictions », citant notamment la limitation aux seuls aéroports de Jeddah et de Médine pour l’entrée des pèlerins en provenance du Qatar.

Le comité s’est enfin dit préoccupé par la « rhétorique anti-Qatar (…) qui risque de menacer la sécurité de ses pèlerins ».

Romandie.com avec(©AFP / 31 juillet 2017 15h28)                                            

La bousculade de la Mecque serait la plus meurtrière de l’histoire du hajj

octobre 11, 2015

Dubaï – Plus de deux semaines après la bousculade au pèlerinage de la Mecque, le bilan s’élevait dimanche à au moins 1.501 morts selon des chiffres donnés par 30 pays, ce qui constituerait la catastrophe la plus meurtrière de l’histoire du hajj.

Depuis un bilan officiel de 769 morts fourni le 26 septembre, deux jours après le drame, les autorités saoudiennes n’ont plus donné de nouveaux chiffres, alors que le nombre des morts a quasiment doublé selon des gouvernements et des commissions nationales du pèlerinage.

De plus, des centaines de pèlerins sont toujours portés disparus depuis cette bousculade, qui a eu lieu lors du rituel de la lapidation symbolique de Satan à Mina.

La précédente catastrophe la plus grave au pèlerinage remonte au 2 juillet 1990 quand une bousculade dans un tunnel de Mina avait fait 1.426 morts parmi des pèlerins, asiatiques pour la plupart.

Ryad n’a toujours pas fourni de décompte par nationalité des victimes.

Voici un décompte établi par l’AFP sur la base de bilans donnés par les pays concernés:

– Iran: 464 morts

– Egypte: 177 morts

– Indonésie: 120 morts

– Inde: 101 morts

– Nigeria: 99 morts

– Pakistan: 87 morts

– Bangladesh: 79 morts

– Mali: 60 morts

– Sénégal: 54 morts

– Tchad: 52 morts

– Soudan: 30 morts

– Niger: 28 morts

– Algérie: 28 morts

– Maroc: 27 morts

– Cameroun: 20 morts

– Côte d’Ivoire: 14 morts

– Ethiopie: 13 morts

– Libye: 10 morts

– Somalie: 8 morts

– Kenya: 6 morts

– Ghana: 5 morts

– Maurice: 5 morts

– Tanzanie: 4 morts

– Tunisie: 4 morts

– Burkina Faso: 1 mort

– Burundi: 1 mort

– Irak: 1 mort

– Jordanie: 1 mort

– Oman: 1 mort

– Pays-Bas: 1 mort

– Bénin: nombre non spécifié de morts

Romandie.com avec(©AFP / 11 octobre 2015 15h32)

Pèlerinage: le bilan des Iraniens tués dans la bousculade monte à 226

septembre 28, 2015

Téhéran – Le bilan du nombre de fidèles iraniens tués dans la bousculade au grand pèlerinage annuel en Arabie saoudite est monté à 226, a indiqué lundi le chef de l’organisation iranienne du hajj à l’agence officielle Irna.

Le bilan des morts iraniens n’a cessé de s’alourdir depuis le drame survenu jeudi lors d’un rituel du hajj à Mina, près de La Mecque, qui a coûté la vie au total à près de 770 pèlerins de différentes nationalités et fait un millier de blessés.

L’Iran a payé l’un des plus lourds tributs lors de cette bousculade.

Il reste 248 Iraniens portés disparus après la bousculade, a ajouté lundi Saïd Ohadi. Vingt-sept autres Iraniens blessés sont toujours hospitalisés.

Une grande partie des corps des victimes iraniennes doivent être rapatriés mardi à Téhéran.

Le président iranien Hassan Rohani a décidé d’écourter son séjour à New York, où il s’exprimait lundi devant l’Assemblée générale des Nations unis, pour participer à la cérémonie qui sera organisée en hommage à ces victimes.

Quelques heures après la bousculade de Mina, les plus hautes autorités d’Iran avaient accusé le royaume saoudien d’en être responsable, Ryad reprochant de son côté à Téhéran d’exploiter politiquement le drame.

Le guide suprême d’Iran, l’ayatollah Ali Khamenei, a exigé des excuses de l’Arabie saoudite à l’ensemble de la communauté musulmane.

Romandie.com avec(©AFP / 28 septembre 2015 19h09)

Pèlerinage: 90 Iraniens parmi les morts, Téhéran accuse l’Arabie saoudite

septembre 24, 2015

Téhéran – L’Iran a accusé l’Arabie saoudite de failles dans la sécurité, après la bousculade qui a fait jeudi plus de 700 morts, dont 90 citoyens iraniens, pendant le pèlerinage annuel de La Mecque.

Pour des raisons qu’on ignore, un chemin a été fermé près de l’endroit où les pèlerins effectuent le rituel de la lapidation symbolique de Satan, a affirmé le chef de l’organisation iranienne du hajj (pèlerinage). C’est cela qui a causé ce tragique incident, a ajouté Saïd Ohadi sur la télévision d’Etat iranienne.

Cette bousculade est le deuxième drame à frapper les pèlerins cette année en Arabie saoudite après la chute d’une grue sur la Grande mosquée de La Mecque, et le premier mouvement de foule meurtrier dans le cadre du hajj depuis 2006.

M. Ohadi a indiqué qu’avec la fermeture du chemin, il ne restait plus que trois autres voies à emprunter pour rejoindre le lieu où les pèlerins accomplissaient le rite de la lapidation.

Lincident d’aujourd’hui est le résultat d’une mauvaise gestion et d’un manque de sérieux concernant la sécurité des pèlerins. Il n’y a pas d’autre explication. Les responsables saoudiens doivent être tenus responsables.

Le vice-ministre des Affaires étrangères iranien Amir Abdollahian a indiqué que le représentant de l’Arabie saoudite en Iran allait être convoqué au ministère des Affaires étrangères à Téhéran pour s’expliquer sur l’accident qui a causé selon un bilan encore provisoire saoudien, 717 morts et 863 blessés.

Nous ne pouvons en aucun cas rester indifférents face à l’irresponsabilité dont a fait preuve l’Arabie saoudite et cela doit être réglé par les canaux diplomatiques, a-t-il déclaré à la télévision d’Etat.

M. Abdollahian a également accusé les responsables saoudiens d’avoir grossièrement géré les mesures de sécurité durant le hajj et a annoncé que l’Iran avait installé une cellule d’accueil spéciale sur le lieu de l’accident pour venir en aide aux pèlerins iraniens.

Les responsables saoudiens sont responsables de cet accident et doivent immédiatement prendre des mesures concrètes pour gérer la crise et assurer la plus haute sécurité des pèlerins, a-t-il dit à l’agence de presse officielle Irna.

Le ministre saoudien de la Santé, Khaled al-Faleh a attribué ce drame à un manque de discipline des pèlerins.

Plus prudent, le porte-parole du ministère saoudien de l’Intérieur, le général Mansour Turki, a recommandé de ne pas devancer les conclusions de l’enquête, ordonnée plus tôt par le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Nayef.

Romandie.com avec(©AFP / 24 septembre 2015 18h44)