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Soccer féminin : le Canada remporte l’or olympique contre la Suède

août 6, 2021

Après s’être contentée de la médaille de bronze aux Jeux de Londres et de Rio, l’équipe canadienne de soccer féminin repartira de Tokyo avec la médaille d’or au cou.

Le but de Jessie Fleming, inscrit sur un tir de pénalité à la 67e minute de jeu, a complètement changé l'allure du match.

© Francois Nel/Getty Images Le but de Jessie Fleming, inscrit sur un tir de pénalité à la 67e minute de jeu, a complètement changé l’allure du match.

Christine Sinclair et compagnie ont vaincu la Suède par la marque de 1-1 (3-2 t.a.b.) en finale du tournoi olympique de soccer féminin, vendredi, au terme d’un match âprement disputé.

Complètement dominées en première mi-temps, les Canadiennes ont su puiser dans leurs réserves pour renverser la vapeur et aller chercher une victoire historique.

En temps réglementaire, un tir de pénalité de Jessie Fleming a annulé l’ouverture du score de Stina Blackstenius, ouvrant la voie à une conclusion en tirs de barrage.

La gardienne Stephanie Labbé a effectué deux arrêts, tandis que Julia Grosso a réussi le tir gagnant, inscrivant ainsi son nom dans l’histoire à jamais.

Avec CBC/Radio-Canada

JO de Tokyo 2021 : Sifan Hassan remporte facilement le 5 000 mètres

août 2, 2021

La coureuse néerlandaise s’est lancée dans une tentative de triplé olympique 1 500 m, 5 000 m et 10 000 mètres. Lundi, elle a remporté l’or au 5 000 mètres, premier de ses « trois travaux d’Hercule ».

Sifan Hassan, lors de sa victoire au 1500 m des Jeux olympiques de Tokyo, lundi 2 août.
Sifan Hassan, lors de sa victoire au 1500 m des Jeux olympiques de Tokyo, lundi 2 août. JEWEL SAMAD / AFP

L’entreprise est inédite, pour ne pas dire inconsciente ou orgueilleuse. Enfin, elle le serait pour la totalité des coureurs et coureuses de fond et demi-fond. Pour tous, sauf une peut-être : la Néerlandaise Sifan Hassan qui a débuté, lundi 2 août au Stade olympique de Tokyo, ses « trois travaux d’Hercule », à savoir une tentative de triplé 1 500 m, 5 000 m et 10 000 mètres.

En clôture de cette quatrième soirée olympique d’athlétisme, Hassan (28 ans) en a accompli le premier tiers, en s’emparant sans coup férir du 5 000 mètres dans une course au tempo très lent. Elle a conquis sa première médaille olympique en devançant la Kényane Hellen Obiri et l’Ethiopienne Gudaf Tsegay.

Il y a deux ans, lors des Mondiaux de Doha, elle s’était montrée un peu plus raisonnable en « se contentant » d’un doublé – victorieux – sur 1 500 m et 10 000 mètres, deux épreuves qui nécessitent des qualités différentes. Le finish d’un coureur de 1 500 m n’étant normalement pas celui d’un spécialiste des distances plus longues.

Elle a désormais deux jours pour récupérer avant de s’attaquer aux demi-finales du 1 500 m. Personne n’imagine qu’elle ne soit pas présente vendredi 6 août pour la finale de cette épreuve. Le lendemain, probablement avec une nouvelle médaille à sa collection, elle pourra alors s’aligner au départ du 10 000 mètres. Dommage pour cette insatiable athlète que les épreuves de cross ou de relais de demi-fond par équipes ne figurent plus au programme olympique.

Une athlète « made in Salazar »

Face à ce menu athlétique roboratif, l’heure n’est pas aux superlatifs. La faute à l’ancien entourage sportif de la double championne du monde, née en Ethiopie et réfugiée à l’adolescence aux Pays-Bas. Hassan est l’une des ex-athlètes du controversé Project Oregon, financé et dirigé par l’équipementier Nike jusqu’en octobre 2019, dont la tête pensante s’appelait Alberto Salazar.

L’ancien entraîneur américain de la Néerlandaise – et d’autres coureurs de haut niveau, en particulier le Britannique Mo Farah, qui ont martyrisé leurs adversaires au fil des tours de piste – a été suspendu pour « incitation au dopage » en 2019. Le scandale, qui couvait depuis des années, avait pris de l’ampleur au milieu des derniers mondiaux. Ce qui n’avait pas empêché les athlètes « made in Salazar » d’engranger les médailles. Et Hassan les médailles d’or.

Ce matin, la coureuse – qui est désormais entraînée, selon la presse néerlandaise, par un ancien assistant de Salazar, Tim Rowberry – n’a pas rassuré les sceptiques. En séries du 1 500 mètres, alors qu’elle se promenait en queue de peloton dans le dernier tour, elle a été prise dans une chute – juste devant ses pointes – d’une athlète kényane. Ni une, ni deux, Sifan Hassan s’est relevée et a foncé à la poursuite de ses concurrentes. Elle ne s’est pas contentée d’assurer une des six places qualificatives mais s’est fait un point d’honneur à passer la ligne d’arrivée en tête. Scène estomaquante.

« Je n’arrive pas le croire. J’ai utilisé toute mon énergie ce matin. Je me sentais tellement mal après ça et je n’aurais jamais pensé que j’allais devenir championne olympique », a-t-elle raconté à propos de sa mésaventure matinale après son sacre. Et Sifan Hassan de vanter les bienfaits énergisants d’une boisson chaude : « Avant la course, je n’en avais plus rien à faire. J’étais si fatiguée. Sans café, je n’aurais jamais été championne olympique. J’avais besoin de toute la caféine possible », a-t-elle plaisanté. Une astuce à retenir.

Face aux doutes, l’athlète ne s’est jamais démontée. Avant les Jeux, elle assénait en faisant référence aux conséquences de la suspension de Salazar : « Le plus gros moment de pression de ma vie a été à Doha, et j’ai réussi à m’en sortir, donc Tokyo sera facile. » Pour le moment, on peut difficilement lui donner tort. Ses deuxièmes Jeux olympiques ressemblent à une promenade de santé.

Avec Le Monde par Anthony Hernandez (envoyé spécial à Tokyo)