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Sénégal : elle refuse un visa pour la France plutôt que d’être « traitée comme une moins que rien »

juin 21, 2013
Bousso

Bousso Dramé, lauréate du concours d’orthographe de l’Institut français de Dakar. © DR

Bousso Dramé, lauréate du concours d’orthographe organisé par l’Institut français de Dakar, a refusé de participer à un voyage en France pour suivre une formation à laquelle son prix lui donnait droit. Indignée, elle explique son geste et les raisons de sa colère.

C’est le geste symbolique d’une Africaine indignée. En avril, Bousso Dramé remportait le concours d’orthographe organisé par l’Institut français de Dakar dans le cadre de la semaine de la Francophonie. Le 27 juin, en guise de récompense, la lauréate devait se rendre en France pour y suivre une formation en réalisation de films documentaires. Mais au lendemain de l’obtention de son visa, la jeune consultante a décidé de renoncer à séjour en signe de protestation.

Elle s’en explique dans une lettre ouverte adressée au consul général de France et au directeur de l’Institut français, qu’elle vient de publier sur Internet : « Durant mes nombreuses interactions avec, d’une part, certains membres du personnel de l’Institut Français, et, d’autre part, des agents du Consulat de France, j’ai eu à faire face à des attitudes et propos condescendants, insidieux, sournois et vexatoires. »

Le consul général de France à Dakar, Alain Jouret, se dit quant à lui « désolé » d’apprendre la mésaventure de Bousso Dramé, non sans préciser qu’il lui eût semblé préférable de prendre contact avec ses services afin de tirer la situation au clair avant de prendre sa décision.

Jeune Afrique : comment s’est passée la rencontre visant à préparer le voyage ?

On nous a expliqué comment allaient se dérouler le séjour et la formation. Ce qui m’a frappée, c’est que notre interlocutrice formulait avec insistance des recommandations infantilisantes : nous devions bien nous comporter et veiller à véhiculer une bonne image, car nous étions en quelque sorte les représentants de l’Institut français du Sénégal… En substance, elle nous demandait de bien nous tenir pendant ce séjour. Je n’ai pas apprécié cette attitude paternaliste.

L’objet de ce voyage c’est de suivre une formation, pas de faire du tourisme et de profiter de la France.

Y a-t-il eu d’autres réflexions qui vous aient choquée ?

Oui. On nous a précisé que nous allions recevoir un per diem extrêmement généreux, tout en nous mettant en garde : « Faites attention, vous allez être tentés par le shopping, il y a beaucoup de choses à acheter à Paris. Et surtout, gardez-vous de tout dépenser et de laisser une note impayée à l’auberge de jeunesse sinon vous empêcheriez les futurs candidats de bénéficier de cette opportunité ! »

Ensuite, on nous a expliqué que la formation prendrait fin le 11 juillet et que nous rentrerions à Dakar dès le lendemain, sans même une journée de battement. Étant donné que j’ai de la famille et des amis en France, j’ai souhaité étendre mon séjour de trois jours, en prenant tous les frais à ma charge. Je les ai senties très frileuses, prétextant que ce serait impossible, que l’ambassade soupçonnerait que je compte rester en France illégalement. Là aussi, on m’a rétorqué : « Vous savez, personne n’a le profil-type d’un immigré clandestin », ce que j’ai trouvé insultant. « Mademoiselle, l’objet de ce voyage c’est de suivre une formation, pas de faire du tourisme et de profiter de la France », m’a-t-on rétorqué. Il m’a fallu énoncer par écrit que j’étais prête à renoncer au voyage pour obtenir gain de cause.

Pourquoi, dans ce cas, avez-vous annulé votre séjour ?

Lorsque je me suis rendue au consulat de France pour déposer mon dossier de demande de visa, et une autre fois pour récupérer mon passeport, j’ai été reçue par une guichetière extrêmement désagréable. Quand j’ai fini par lui faire remarquer qu’elle ne respectait pas la plus élémentaire courtoisie, elle m’a répondu qu’elle n’était pas payée pour être courtoise ni pour distribuer des sourires. Je lui alors expliqué qu’aujourd’hui, à cause de ce genre d’attitudes, l’image de la France se trouvait écornée en Afrique, particulièrement chez nous. « Que vous me trouviez désagréable ou pas, cela importe très peu », m’a-t-elle répondu. J’étais très en colère et le ton est monté au point qu’un garde sénégalais est même venu m’extirper de la cabine. En quittant l’ambassade, j’ai décidé, le cœur lourd, de renoncer à ce voyage.

Quel message entendez-vous faire passer en prenant cette décision ?

Si le prix à payer pour bénéficier de cette formation est d’être traitée comme une moins que rien, je préfère renoncer à ce privilège dans sa totalité. Subir une telle attitude dans mon propre pays est quelque chose que je ne peux accepter sans réagir. J’ai aussi voulu poser un acte symbolique pour mes frères et soeurs sénégalais qui, tous les jours, se font écraser dans les ambassades de la zone Schengen.

Je veux espérer que ma décision fera réfléchir les autorités consulaires des différents pays qui adoptent ce type d’attitude à l’égard des Sénégalais, nous traitant comme des voleurs ou des clandestins en puissance.

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Jeuneafrique.com propos recueillis à Dakar par Mehdi Ba

Coronavirus : 2e cas confirmé en France

mai 11, 2013

PARIS – Un deuxième cas d’infection par le nouveau coronavirus a été confirmé en France, a annoncé dans la nuit de samedi à dimanche à Paris, le ministère de la Santé.

Il s’agit de l’homme qui a partagé la chambre du malade — un homme de 65 ans ayant voyagé à Dubaï– pendant quatre jours à Valenciennes, alors que la pathologie respiratoire n’avait pas encore été détectée.

Pour ce patient et nouveau cas, qui est actuellement hospitalisé et isolé en service d’infectiologie au CHRU de Lille, les résultats positifs viennent d’être confirmés.

Ce patient continue de se voir administrer de manière assez agressive des antibiotiques, selon le professeur Benoît Guéry, du service d’infectiologie du CHRU de Lille.

Pour l’autre cas qui restait suspect, un jeune homme, membre de la famille du malade, resté chez lui, les résultats sont négatifs, a précisé le ministère dans un communiqué.

Une enquête épidémiologique a été lancée à la suite de la confirmation, le 7 mai, du premier cas d’infection par un nouveau coronavirus (nCoV) en France chez un malade de 65 ans, qui a été hospitalisé au centre hospitalier de Valenciennes, puis à Douai et enfin au CHRU de Lille, où il se trouve actuellement en réanimation.

Deux d’entre elles étaient encore en cours d’investigation samedi, rappelle le ministère en rendant publics les résultats des tests les concernant effectués par l’Institut Pasteur.

Par ailleurs, trois membres du personnel soignant – un médecin de Valenciennes, deux membres du centre hospitalier de Douai -, dont le cas avait suscité de l’inquiétude, étaient quant à elles hors de danger et avaient pu rentrer chez elles.

Cent vingt-quatre personnes au total ont été identifiées dans l’entourage du malade comme ayant pu être en contact avec lui ainsi que dans les hôpitaux où il avait séjourné auparavant à Valenciennes et Douai.

L’état de santé de ce malade s’est stabilisé mais reste sérieux, selon le professeur Daniel Mathieu, à la tête du service de réanimation. Il est probable que nous ne verrons pas d’évolution favorable avant au moins 48 à 72 heures, a-t-il estimé samedi lors d’une conférence de presse.

Le malade, qui a besoin d’une assistance respiratoire, s’était présenté le 23 avril au centre hospitalier de Valenciennes (Nord), où il était suivi pour une maladie chronique, et présentait alors des troubles digestifs. Le service de réanimation étant complet, il avait ensuite été transféré le 29 avril au centre hospitalier de Douai (Nord), où des troubles respiratoires avaient été constatés.

La ministre de la Santé, Marisol Touraine, a visité samedi matin les deux services accueillant les patients. La vigilance reste de mise, a ensuite déclaré la ministre en conférence de presse.

Mme Touraine a annoncé la mise en place d’un système d’information dans les aéroports internationaux pour les voyageurs à destination de la péninsule arabique. Un tract, dont le message a été élaboré par les ministères des Affaires étrangères et de la Santé, sera distribué aux comptoirs des compagnies aériennes. Il est notamment recommandé de prendre des mesures de précaution, comme de se laver les mains régulièrement, mais aussi et surtout d’éviter tout contact avec des animaux.

Au total, 34 cas confirmés dans le monde de ce nouveau virus ont été notifiés à ‘Organisation mondiale de la santé (OMS) depuis septembre 2012 et 18 personnes en sont mortes, dont 11 en Arabie Saoudite

Des cas d’infection ont déjà été détectés en Arabie Saoudite, en Jordanie, au Royaume-Uni et en Allemagne.

L’Institut de veille sanitaire (InVS) a indiqué que les deux malades britanniques n’avaient pas voyagé dans la région de la péninsule arabique, mais avaient été en contact avec un malade.

Ces éléments suggèrent très fortement l’existence d’une transmission interhumaine de l’infection, a souligné l’InVS.

Romandie.com avec (©AFP / 12 mai 2013 06h04)

Algerie/Prise d’otages d’In Amenas : les premiers témoignages des rescapés

janvier 18, 2013
Un otage libéré témoigne à la télévision algérienne. Un otage libéré témoigne à la télévision algérienne. © Capture d’écran/Youtube/ENTV

Dans l’après-midi du vendredi 18 janvier, une source sécuritaire algérienne, citée par l’agence officielle Algérie Presse Service (APS), a annoncé que 673 otages, dont 100 étrangers, avaient été libérés. Certains d’entre eux témoignent.

Il ne s’agit que d’un bilan provisoire mais le chiffre est impressionant. Trois jours après l’attaque du site gazier et de la base de vie d’In Amenas par un commando jihadiste, une source sécuritaire algérienne a annoncé vendredi que 673 personnes avaient été libérées. Parmi elles figurent 100 étrangers. Mercredi, les ravisseurs avaient déclaré à l’agence mauritanienne ANI qu’ils détenaient seulement 41 otages occidentaux.

La chaîne de télévision algérienne Algérie 3 a diffusé, vendredi, les premiers témoignages des rescapés qui ont été évacués par l’armée vers la ville d’In Amenas.

« On était 260 dans la même salle, explique un ex-otage algérien. Quand les bombardements ont commencé, on a forcé la porte de derrière et on est sortis. Les forces de l’ordre nous ont pris en charge et ont très bien fait leur travail ». « Les terroristes ne semblaient pas savoir pas qu’il y avait une autre porte, témoigne un autre ouvrier algérien. Quand on est sortis on a agité des tissus blancs pour signaler à l’armée que nous étions des membres du personnel. On va bien, on est sortis indemnes. »

Un Européen interrogé par la télévision algérienne se veut rassurant : « Tout va bien, tout le monde s’occupe bien de nous. Les gens qui s’en sont sortis sont chanceux. » Les images montrent néanmoins des employés blessés et encore sous le choc.

http://www.youtube.com/watch?v=vxBI2oDb1hQ&feature=player_embedded

« On ne cherche que les expatriés »

Vendredi, la radio France Info a diffusé le récit d’un jeune ingénieur algérien travaillant sur le site. Interrogé par téléphone, il est revenu sur l’assaut survenu mercredi matin. « On s’apprêtait à sortir de nos chambres, vers 5h30-5h45, à l’heure du changement des équipes, raconte-t-il. Tout à coup, il y a eu des coups de feu, des explosions et l’alarme s’est déclenchée. Ils ont pris possession de la base, sont entrés dans les chambres et ont cassé les portes en criant : on ne cherche que les expatriés, les Algériens vous pouvez partir ! ». Le témoin évoque des homme jeunes, de type maghrébin, âgés d’une trentaine d’années. D’après lui, ils étaient lourdement armés et étaient « très à l’aise ».

Les Observateurs de France 24 ont également recueilli un témoignage, celui de Brahim, un employé de British Petroleum bloqué sur le site jusqu’à jeudi après-midi. « Malgré la peur, dès le début des tirs nous avons décidé de tenter notre chance. Alors que retentissaient des tirs nourris, nous avons coupé les grillages avec des pinces Monseigneur et nous sommes sortis tous ensemble en courant, raconte-t-il. Nous étions une cinquantaine accompagnés de trois employés étrangers. Nous avons été accueillis par les brigades des forces spéciales qui se trouvaient à quelques dizaines de mètres de la base. »

Depuis le début de l’assaut du site, le GIS (Groupe d’intervention spéciale, les forces spéciales algériennes) auraient abattu 18 islamistes radicaux. L’armée contrôlerait désormais la totalité de la base de vie. Mais une dizaine de terroristes seraient toujours réfugiés dans la salle des machines de l’usine, avec des explosifs et plusieurs otages entre leurs mains. D’après l’ANI, ils réclament l’arrêt des opérations militaires au Mali et la libération de détenus aux États-Unis.

Jeuneafrique.com Par Benjamin Roger