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«Espèce de macaque», «gros singe» : Kofi Yamgnane raconte la «France hideuse» et ses démons

mars 18, 2021

L’un des premiers maires noirs de France dévoile dans un livre des courriers terrifiants, souvent anonymes, reçus depuis son premier mandat dans le Finistère en 1989. Un témoignage pour le passé et l’avenir.

Kofi Yamgnane publie ses « Lettres de l'horreur », des courriers souvent anonymes d'une violence raciste sans nom, pour poursuivre la lutte contre la haine et amener à une réflexion collective dans la France d'aujourd'hui.
Kofi Yamgnane publie ses « Lettres de l’horreur », des courriers souvent anonymes d’une violence raciste sans nom, pour poursuivre la lutte contre la haine et amener à une réflexion collective dans la France d’aujourd’hui. 

« Monsieur, les ignames n’étaient pas bons au Togo pour être venu manger le pain des Français blancs ? » ; « Bamboula, qu’est-ce que t’es venu faire à la Pointe du Raz ? » ; « Honte à cette commune du Finistère qui préfère les gens de la brousse africaine à un Breton ! » ; « Gros singe, gros maque, vilain gorille » Et, finalement, « Retourne dans ton pays, sale nègre ».

1983 : Kofi Yamgname est élu conseiller municipal à Saint-Coulitz, petite commune de 450 âmes adossée à Châteaulin (Finistère), dont il deviendra le maire en 1989. Il est alors le premier maire noir de France métropolitaine et sa nomination, en 1991, comme secrétaire d’Etat à l’Intégration sous François Mitterrand en fera l’un des élus « de couleur » les plus connus.

Il n’avait jamais vraiment mis jusqu’à présent l’accent sur cet aspect des choses mais, à l’époque, celui qu’on a fini par appeler tout simplement « Kofi », s’est retrouvé en butte à un racisme sans nom et à une très grande violence de la part de certains individus, qu’ils soient locaux ou non. Le plus souvent sous forme de courriers majoritairement anonymes.

Un véritable plaidoyer dans la lutte contre la haine raciale

De véritables « lettres de l’horreur » que Kofi Yamgnane publie aujourd’hui en grande partie (71) dans un livre, « Mémoires d’outre-haine », qui paraît cette semaine aux éditions Locus Solus. Un témoignage fort et un véritable plaidoyer dans la lutte contre la haine raciale qui veut amener le lecteur à une réflexion collective, tant sur la France d’hier que d’aujourd’hui et son contexte post colonial irrésolu.

« Ces lettres, je les ai gardées au fil des années », raconte l’ancien député socialiste, 75 ans, aujourd’hui à la retraite, qui, avec son épouse et ses enfants, n’a jamais quitté le Finistère malgré une double candidature à la présidence du Togo, son pays d’origine, en 2005 et 2010. « J’en ai aujourd’hui six cartons pleins, soit plus de 500 courriers. » Le projet du livre démarre en 2018, lorsque le fils d’un ami, voyant ces cartons, comme des marqueurs intemporels d’une mémoire douloureuse, le convainc d’en faire quelque chose. « Il m’a dit : Il faut que tu en parles, il faut que les gens comprennent ce que tu as vécu, ton devoir c’est d’aider à vivre ensemble. »

« Il se trouve que j’ai toujours cherché à comprendre ces propos et j’étais frustré de ne pas pouvoir en parler, raconte l’ex- maire de Saint-Coulitz. Je m’étais toujours dit que, quand j’aurai le temps, je ferai une réponse collective. La voici. » En 52 chapitres, il revient « sans leçon de morale ou simplification et surtout sans pathos » sur ces moments qui l’ont « réellement traumatisé ». Notamment les menaces de mort sur sa famille. La mâchoire encore serrée, il raconte le jour où il a reçu l’un de ces courriers aux propos infâmes recouvert d’excréments.

« Dans notre pays, soit-disant des droits de l’homme, qui n’assume toujours pas son passé colonialiste, nous sommes censés avoir une liberté de pensée et de religion, dit-il. Il faudrait que la France reconnaisse son histoire et l’enseigne de façon adaptée aux nouvelles générations. Qu’on arrête de nous seriner l’esprit avec Napoléon, qui a quand même rétabli l’esclavage ! » Alors que le mouvement « Black Lives Matter » bat son plein aux Etats-Unis, Kofi Yagname cherche avec son témoignage à poursuivre le débat de ce côté-ci de l’Atlantique. « J’ai quand même dédié mon ouvrage à Toussaint Louverture, glisse-t-il avec un sourire. Le symbole parle de lui-même. »

Par Nora Moreau avec Le Parisien et agence

États-Unis: le sénateur républicain McCain va publier de nouveaux mémoires

mars 26, 2018

Le sénateur républicain John McCain en fauteuil roulant, le 1er décembre 2017 à Washington / © AFP/Archives / Brendan Smialowski

Le sénateur républicain John McCain va publier en mai un nouveau livre au ton « franc » sur la politique américaine ces dernières années, notamment la campagne électorale de 2016 qui a vu triompher Donald Trump.

Le livre, intitulé « The Restless Wave » (les flots qui ne se calment pas) chez le grand éditeur américain Simon & Schuster, prendra le relais du livre autobiographique familial publié avant sa candidature présidentielle malheureuse de 2008, et couvrira jusqu’aux événements récents de l’actualité américaine et internationale, notamment la Russie.

« Franc, pragmatique, John McCain dit tout dans ses nouveaux mémoires », affirme l’éditeur, sans dévoiler jusqu’où irait l’élu sur ses relations tempétueuses avec l’actuel président des Etats-Unis.

Agé de 81 ans, John McCain est traité depuis juillet 2017 pour un cancer du cerveau particulièrement dangereux (glioblastome), et il n’a plus participé aux travaux du Sénat à Washington depuis décembre, bien qu’il continue à émettre de nombreux communiqués via son bureau, souvent critiques du président Trump et de son administration.

Il se trouve dans son Etat de l’Arizona, où il vit et subit des séances de chimiothérapie.

Sa fille Meghan a confié au magazine People en février qu’après un passage difficile en décembre, il s’était « incroyablement bien remis ». « J’espère qu’il reviendra vite à Washington pour tenir tête à Trump un peu plus », avait-elle dit.

La semaine dernière, elle s’est dite « très prudemment optimiste » sur un éventuel retour au Sénat cet été, sur une radio locale de Phoenix. Et l’épouse du républicain, Cindy McCain, a démenti sur Twitter au début du mois qu’il envisagerait de démissionner (son mandat court jusqu’en 2022).

Le livre sortira aux Etats-Unis le 22 mai et a été écrit avec son vieux complice Mark Salter, coauteur de plusieurs livres avec l’ancien pilote, élu au Congrès pour la première fois en 1982.

Le titre semble être une référence à la deuxième ligne de « l’hymne de la Navy », chanté notamment à l’académie navale américaine d’Annapolis, par où est passé John McCain avant de devenir pilote de l’aéronavale.

Romandie.com avec(©AFP / 26 mars 2018 23h40)                

Depuis son lieu de détention à Korhogo: Laurent Gbagbo écrit ses mémoires

septembre 3, 2011

L’ex-chef de l’Etat ivoirien, Laurent Gbagbo, n’en a pas fini avec la politique, même s’il est détenu en résidence surveillée depuis la fin de la crise post- électorale. Selon des confidences, qui nous sont parvenues, l’ancien président de la République, auteur de plusieurs titres déjà, se serait remis à l`écriture. Laurent Gbagbo, depuis sa « prison«  de Korhogo, au nord du pays, est en train d`écrire ses mémoires, à en croire les sources, qui nous l`ont confié. Le prédécesseur d`Alassane Ouattara au Palais d`Abidjan, l’avait d`ailleurs annoncé, il y a quelques mois au cours d`échanges qu`il a eus avec des journalistes avant de quitter le pouvoir.

Vraisemblablement, le livre de l`ex-chef de l`Etat, réduit aujourd`hui à sa seule plume, connait une rapide progression, si l`on s`en tient à cette autre information relayée par d`autres sources qui indiquent que les manuscrits sont aussitôt transformés en tapuscrits au fur et à mesure. Laurent Gbagbo, aurait déjà dépassé les 200 pages de ramettes de papiers. Une information confirmée par nos confidents, qui révèlent que l`ex-tenant du pouvoir souhaite achever la rédaction de son livre depuis Korhogo, avant sa sortie « prochaine de prison« .

La question que bon nombre d’observateurs pourraient cependant se poser, c’est de savoir comment l’ex-chef de l’Etat arrive à écrire, lui qui n’a eu droit qu’à une Bible et à certains livres dans sa résidence?

Eh bien, selon nos sources, M. Gbagbo utiliserait des nègres, une forme bien connue des hagiographes des grands hommes d’Etat. Il conte sa biographie ou la rédige et d’autres personnes, plus outillées en matière d’écriture, la mettent en forme dans le style qu’il souhaite, pour donner un livre qui sera apprécié.

« Laurent Gbagbo : Mon sacrifice suprême pour la souveraineté et l’indépendance de la Côte d’Ivoire« , tel serait le titre de cette œuvre sous-titrée également « Mon combat pour la liberté, l’émancipation et la prospérité de l’Afrique et de l’Homme Noir«  et qui pourrait constituer un document historique pour les disciples de l`ancien président. Ainsi, donc, de sa résidence présidentielle de Korhogo qui l’a accueilli depuis le 13 avril 2011, Laurent Gbagbo ne comble pas son temps que de sommeil et de ripailles. Il consigne ses peines, ses frayeurs, ses joies, des anecdotes et retrace son vécu pendant sa quarantaine d’années d’expérience en politique. Ce livre devrait évoquer les grandes époques de l’histoire de la Côte d’Ivoire et de sa vie en tant que leader politique dans son pays et en Afrique.

Nul doute que les événements marquant les six derniers mois passés à la tête du pays, le siège de la résidence présidentielle de Cocody lors de la guerre postélectorale, son arrestation le 11 avril 2011 et la vie d’assigné à résidence à plus de 600 km de la capitale économique y tiendront une place de choix.

L’Inter par Hervé KPODION