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Sexisme, menaces, agressions… La dure vie politique des députés africaines

décembre 5, 2021
Manifestation contre les violences faites aux femmes à Johannesburg, en septembre 2019 © REUTERS/Marius Bosch

Sur le continent, de plus en plus de femmes parviennent à se faire une place sur la scène politique. Mais elles y sont la cible de nombreuses discriminations et même de violences.

« Au moment de l’attribution des postes de responsabilité à l’Assemblée, témoigne une élue, un collègue de mon parti m’a bousculée et a menacé de me frapper. » « On a essayé de m’enlever, des coups de feu ont visé ma voiture. Il y a eu un mort », affirme une candidate à propos de sa campagne électorale. D’autres encore évoquent des menaces via les réseaux sociaux – « On m’a menacée en disant qu’on avait une sextape de moi » – ou par des biais plus traditionnels – « J’ai reçu un message d’un marabout à qui l’on avait demandé de m’éliminer ».

Scènes de violence ordinaire d’une vie politique africaine trop souvent marquée par la brutalité ? Possible. Mais ce qui ressort des témoignages, c’est aussi que les agressions, qu’elles soient physiques ou verbales, directes ou plus insidieuses, touchent particulièrement les femmes engagées dans la vie politique.

« Au lit et à la cuisine »

« Pendant longtemps, les hommes du parti ont essayé d’imposer le fait qu’une femme doive coucher avec eux pour pouvoir être candidate », résume l’une d’elles. « J’ai été attaquée à mon domicile. Je suis allée voir un officier de police. Il m’a promis son aide en échange de faveurs sexuelles », poursuit une deuxième tandis qu’une autre indique que « [son] mari est devenu violent et [elle] a commencé à [la] frapper lorsque [elle a] été élue à l’Assemblée. »

MON ADVERSAIRE ME TRAITE DE PROSTITUÉE, IL RACONTE QUE JE COUCHE AVEC N’IMPORTE QUI

« On m’attaque parce que je suis célibataire, mon adversaire me traite de prostituée, il raconte que je couche avec n’importe qui », renchérit une autre élue, alors qu’une collègue résume le discours tenu par nombre de ses voisins de banc à l’Assemblée : « Vous les femmes, votre place est au lit et à la cuisine. »

En matière de représentation politique des femmes, l’Afrique n’est pourtant pas la plus mal lotie. Le pourcentage d’élues siégeant dans les parlements du continent est passé, depuis le début du siècle, d’un peu moins de 10 % à plus de 20 %, grâce parfois à des lois introduisant des quotas obligatoires. L’exemple le plus connu reste le Rwanda, où plus de 60 % des députés sont des femmes, mais quelques autres pays approchent progressivement de la parité et on recense aussi des présidentes de parlements, des ministres en nombre croissant et occupant de plus en plus de postes régaliens ainsi que des dirigeantes de gouvernement.

C’est un progrès, mais est-ce assez ? L’accession équitable de personnes des deux sexes aux fonctions politiques règle-t-elle l’ensemble des problèmes, compense-t-elle toutes les discriminations que les femmes peuvent encore subir ?

Violences physiques et économiques

Pas si l’on en croit l’étude publiée récemment par l’Union interparlementaire (UIP), institution basée en Suisse et qui réunit des représentant de 179 parlements nationaux. De juin 2020 à juin 2021, elle a interrogé, avec l’appui de l’Union parlementaire africaine, 137 femmes siégeant dans les parlements de 50 pays africains et 87 y travaillant comme fonctionnaires, afin de dresser un état des lieux des formes de discrimination qu’elles rencontrent dans leur activité, d’en mesurer la fréquence et d’élaborer des solutions.

CELA VA DES PROPOS SEXISTES JUSQU’À DES AFFAIRES DE HARCÈLEMENT ET DE VIOL, DES MENACES DE MORT

La palette des problèmes rencontrés est large, explique Martin Chungong, le secrétaire général de l’UIP : « Cela va commencer par des propos sexistes relativement anodins que la plupart des hommes vont juger tout à fait normaux, mais ça va aussi jusqu’à des affaires de harcèlement et de viol. Des menaces de mort. » Quant à la proportion de femmes se disant victime de telles pratiques, elle n’a rien d’anecdotique : 80 % assurent avoir subi des violences psychologiques, 67 % des remarques ou comportements sexistes, 46 % ont été victimes d’attaques en ligne.

42 % ont en outre fait l’objet de menaces de mort, de viol, ou d’enlèvement les visant elles-mêmes ou leurs proches. 39 % évoquent intimidations ou harcèlement. Enfin, 39 % affirment avoir subi des violences sexuelles, 23 % des violences physiques et 29 % des violences économiques, c’est-à-dire des pressions les empêchant d’exercer leur mandat ou de mener leur campagne en les privant d’aides financières auxquelles elles avaient droit.

Des formes de violences très variées, qui s’exercent à n’importe quel moment de la vie politique des élues interrogées, et en n’importe quel lieu. « Les agressions peuvent venir des membres du parlement, survenir lors des meetings, quand les femmes viennent d’être élues… », égrène Nkhensani Kate Bilankulu, députée sud-africaine issue des rangs de l’ANC, qui dirige le Multi-Party Women’s Caucus, au Cap.

Un problème mondial

« Dans les réunions ou dans l’hémicycle, on a en théorie le même temps de parole que les hommes. Mais si on ne se lève pas pour demander la parole, personne ne nous la donne, complète la députée béninoise Mariama Baba Moussa Soumanou. Parfois aussi, les journalistes se retirent avant qu’on parle. Pendant la campagne, l’équipe d’un candidat est venue au dernier moment tenir une réunion exactement à l’endroit où mes partisans avaient préparé un meeting. On a préféré aller ailleurs… Les hommes ne tolèrent pas qu’on soit en concurrence avec eux. »

À discuter avec les femmes élues, d’un bout à l’autre du continent, on se fait vite l’image d’une vie politique africaine particulièrement violente, d’une corporation excessivement misogyne où rôdent machos décomplexés et prédateurs sexuels à l’affût. Erreur d’analyse, corrigent les témoins interrogés : l’UIP a mené le même type d’enquêtes au niveau mondial, puis européen, en 2016 et 2018, posant les mêmes questions aux élues et obtenant des résultats extrêmement comparables. Les parlementaires européennes sont même plus nombreuses que leurs consœurs africaines à se dire victimes de violences psychologiques (85 %) et 25 % d’entre elles évoquent des violences physiques.

La patronne des députées sud-africaines ne se dit « pas surprise » par la similarité des chiffres observés d’un continent à l’autre : « Nos sœurs ont des problèmes dans le monde entier. D’ailleurs, je pense que les chiffres réels sont encore plus élevés car beaucoup n’osent pas se signaler. » Le sujet des violences que subissent les femmes engagées en politique a d’ailleurs fait l’objet, en 2018, d’une étude de la Rapporteuse spéciale des Nations unies en charge de ces questions, l’universitaire croate Dubravka Šimonović.

« En Afrique les femmes sont victimes de discrimination dans la société en général. Elles n’ont pas le droit de prendre la parole en public, surtout devant des hommes, souligne  Oumo Sanogo, membre du parlement malien. Mais les chiffres sont presque les mêmes partout dans le monde donc ce n’est pas qu’une question de culture locale. »

39 % de victimes de violences sexuelles

« Dans l’ensemble, les niveaux sont les mêmes, confirme Martin Chungong. La principale spécificité africaine, c’est l’ampleur des violences physiques – 40 % des femmes interrogées en ont été victimes, contre 17 % en Europe – mais je pense que c’est lié au fait que plusieurs pays sont en situation de crise, de conflit… Vous retrouvez alors au parlement des représentants de groupes qui étaient en conflit sur le terrain et ces oppositions se transportent dans l’hémicycle. Sans compter les raisons religieuses, culturelles… »

BEAUCOUP DISENT : LES FEMMES, IL FAUT QU’ON LES VOIT MAIS QU’ELLES NE S’EXPRIMENT PAS

Selon les femmes ayant témoigné, les violences sexuelles sont sensiblement plus fréquentes en Afrique (39 %) qu’en Europe (25 %) et au dessus de la moyenne mondiale (22 %). Martin Chungong tente prudemment d’analyser le phénomène : « Souvent, et sans vouloir sombrer dans le cliché ou être condescendant, les hommes africains veulent renvoyer une image de force et ça doit se traduire à tous les niveaux. Tous les moyens sont bons. Beaucoup disent : les femmes, il faut qu’on les voit mais qu’elles ne s’expriment pas. »

Le sujet est d’autant plus délicat que beaucoup de victimes d’agression sexuelle préfèrent ne pas se manifester. La honte, comme souvent, les pousse à rester muettes, confirme la Béninoise Mariama Baba Moussa Soumanou : « Quand une femme dit qu’un homme l’a attaquée, on va lui dire qu’elle l’a provoqué. Quant à parler de viol… c’est très difficile, socialement. Une femme qui dit “on m’a violée” peut en pâtir toute sa vie. » Le problème est même décuplé dans le milieu politique, où une femme qui déclare avoir été agressée va souvent se voir répondre que « de toute façon », elle est arrivée au poste qu’elle occupe en jouant de ses charmes voire, plus crûment, en couchant avec le chef de son parti…

« Elle n’a pas le niveau »

À ce préjugé vient fréquemment s’en ajouter un autre, présent chez beaucoup d’hommes mais aussi chez certaines femmes : celui d’être illégitime, de ne pas posséder les compétences requises pour occuper des fonctions politiques et, donc, de « voler » les postes aux hommes, qui à l’inverse sont a priori supposés compétents et « naturellement supérieurs ».

« Ce sont des choses qu’on entend lors de réunions et qui nous visent mais sans avoir l’air de nous être destinées directement : “vous n’avez pas le niveau”, “vous réagissez avec vos émotions”…, confirme Mariama Baba Moussa Soumanou. La question du niveau intellectuel revient toujours quand il faut nommer une femme à un poste, mais jamais à propos des hommes ! Quand il y a des postes à pourvoir aussi c’est difficile, il y a lutte pour le pouvoir et pour beaucoup, la lutte c’est pour les hommes. Intellectuellement, on est pourtant aussi bien pourvues qu’eux, mais ces arguments reviennent toujours et créent un malaise. La politique reste considérée comme un milieu d’hommes. On entend : elle n’a pas le niveau, ou c’est une femme légère… »

CERTAINES DISENT “ON VA SE BATTRE”, MAIS C’EST UNE MINORITÉ. LA PLUPART TROUVENT ÇA INVIVABLE

« Les femmes sont aussi considérées comme insuffisamment productives, ajoute Oumo Sanogo. Si leur enfant tombe malade elles ne vont pas travailler, même chose si elles tombent enceintes… » « Tout ça est fait avant tout pour les décourager, soupire le secrétaire général de l’UIP. Certaines disent “on va se battre”, mais c’est une minorité. La plupart trouvent ça invivable. »

Les attaques sont souvent encore plus marquées lorsque les élues sont célibataires ou veuves, défenseuses des droits des minorités, membres de l’opposition, ce qui amène l’UIP à évoquer des « discriminations croisées » rendant le quotidien de certaines représentantes parfois insupportable. La question de l’incompétence supposée des femmes est d’ailleurs instrumentalisée à tous les niveaux, souligne Martin Chungong : « Parfois nous interpellons les autorités de certains pays sur le manque de parité et on nous répond : “qu’est-ce qu’on peut faire, il y a trop peu de femmes à qui on peut confier des responsabilités ?” »

Quotas et lieux d’écoute

Le plus triste, témoignent certaines élues, c’est que les agressions viennent souvent de collègues parlementaires que les victimes côtoient au quotidien (dans 49 % des cas), et même de camarades du même mouvement politique (41 %). « On a pourtant milité ensemble, mené les mêmes campagnes, on est tous là par la volonté du peuple », souligne avec amertume Oumo Sanogo.

LA TUNISIE, LA SIERRA LEONE, L’OUGANDA, LE BURKINA FASO, LE RWANDA, L’AFRIQUE DU SUD ET LA ZAMBIE S’ATTAQUENT AU PROBLÈME

Une part croissante des hommes occupant des fonctions politiques semble toutefois avoir identifié le problème et, dans plusieurs pays, la législation évolue, des mesures sont prises. Réservation d’une proportion de sièges ou de circonscriptions aux femmes, lutte plus active contre les discriminations ou les actes et propos sexistes, mise en place d’instances permettant aux victimes d’être entendues, parfois de façon anonyme… La situation évolue. La Tunisie, la Sierra Leone, l’Ouganda, le Burkina Faso, le Rwanda, l’Afrique du Sud et la Zambie ont ainsi choisi de s’attaquer au problème et adopté des règles protégeant mieux les femmes victimes de violences sexistes, qu’elles soient ou non des responsables politiques.

Pour Oumo Sanogo, la création de lieux permettant de déposer plainte est sans doute la première priorité mais il y en a d’autres : « Il faut des lieux d’écoute. Les quotas sont aussi une bonne chose : au Mali, les femmes sont plus nombreuses que les hommes donc il faut les encourager à intégrer les instances de décision. Après tout, ce sont elles qui subissent les conséquences des décisions que les hommes prennent à leur place ! »

Mais le problème des violences et du harcèlement que subissent les femmes politiques du continent ne se résoudra qu’avec une évolution des mentalités. Chantier long et ambitieux, conclut la Sud-Africaine Nkhensani Kate Bilankulu : « Il faut éduquer les gens, ça prendra du temps. Il faut expliquer l’impact négatif que ces violences ont sur nos enfants, sur nos sociétés, sur nos pays… Dans beaucoup de familles, les enfants grandissent dans une atmosphère de domination des hommes qui peut être abusive, brutale… Ce sera difficile de changer ça. Et ce sera long. Mais c’est impératif. »

Avec Jeune Afrique par Olivier Marbot

Congo: Pour avoir refusé d’engager des poursuites contre le colonel Oniangue, le procureur Oko mon parquet menacé par JDO

juin 24, 2021

Monsieur mon parquet, le fameux procureur de la république Oko Ngakala aurait decidé de vivre désormais en paix avec sa conscience en évitant d’incriminer des innocents qui finissent à la maison d’arrêt. Son refus catégorique d’engager des poursuites judiciaires contre les colonel Albert Oniangue lui coûte des menaces de la part de Jean Dominique Okemba et son acolyte Jean François Ndenguet. Mais il a décidé de leur tenir tête.

Les deux sécurocrates diaboliques du pouvoir de Brazzaville ont pêché de naïveté et d’amateurisme en envoyant quelques éléments de la police à leurs bottes déposer des armes au domicile du Colonel Oniangue au plateau des 15 ans. Les cameras de surveillance de la résidence avaient tout filmé.

Quelques jours plus tard, dans la continuité de leur idiotie, ils ont ramené des journalistes pour immortaliser la grande découverte des armes qui devraient servir de motif à l’accusation d’atteinte à la sûreté intérieur de l’État contre le colonel Oniangue. Le procureur Oko Ngakala détenait alors tous les éléments pour clouer Oniangue.

Une enveloppe Top secret parvenue au bureau du chef de l’État et ensuite du procureur de la république va tout changer du plan des deux bêtisiers que sont JDO et Ndenguet. On y voit comment les policiers ont déposé les armes et leur conversation a été enregistrée. Un coup de maître du colonel pasteur qui a ridicule ceux qui en voulaient à sa peau. Son unique tort a été de participer à la présidentielle du 21 mars contre son ancien chef, un acte impardonnable pour le clan de l’Alima qui a fait de Sassou leur dieu.

Depuis cette mise en scène stupide, le procureur Oko Ngakala aurait pris la décision de ne plus seconder les sales coups de JDO et Ndenguet. En refusant de faire leur volonté Oko Ngakala fait l’objet des menaces de leur part. Malgré les évidences innocentant Oniangue, JDO et Ndenguet poussaient Ngakala à ouvrir une enquête.

Du reste Oko Ngakala s’est rapproché de Dieu et évite de faire du mal à son prochain. Il a demandé à JDO de le virer si ses agissements de ne leur plaisent plus !

Avec Sacer-infos par Stany Frank

RDC – Vital Kamerhe condamné en appel : l’UNC menace de conséquences politiques

juin 16, 2021
Vital Kamerhe, ancien directeur de cabinet de Félix Tshisekedi, à Paris, dans les locaux de « Jeune Afrique », le 20 août 2013.

Même si sa peine a été réduite, Vital Kamerhe a été reconnu coupable de « détournement » de fonds publics en appel. Dénonçant un « procès politique », son parti menace de « suspendre sa participation aux institutions ». Au risque de provoquer de nouveaux remous au sein de l’Union sacrée.

Le procès en première instance avait tourné au grand spectacle. Mais cette fois, pas de retransmissions en direct des témoignages et déclarations des accusés. Pas d’attroupements devant les écrans de télévision pour écouter les passes d’armes entre avocats et magistrats. Les audiences devant la cour d’appel de Kinshasa-Gombe se sont déroulées sans micro, sans caméra, et sans journaliste, aucun représentant de la presse n’ayant été accrédité.

Les juges d’appel ont confirmé la culpabilité de Vital Kamerhe, 62 ans, mais ont réduit sa peine, qui passe de vingt à treize ans de « travaux forcés » – ce qui, dans les faits, correspond à de la prisonL’homme d’affaires libanais Samih Jammal, 79 ans, a pour sa part vu ses vingt ans de réclusion se muer en six années d’emprisonnement. Quant à Jeannot Muhima Ndoole, troisième coaccusé dans ce procès dit des cent jours, sa condamnation a diminué de moitié, passant de deux à un an d’enfermement.

50 millions de dollars détournés

L’avocat de l’ancien directeur de cabinet de Félix Tshisekedi affirme cependant qu’il persiste un « flou » dans le détail du jugement en appel. Me Jean-Marie Kabengele Ilunga évoque en particulier les dix ans d’inéligibilité auxquels avait été condamné Kamerhe en première instance, et qui doivent s’appliquer à l’issue de sa réclusion. Selon l’avocat, cette peine « ne figurait pas » dans le jugement d’appel, a affirmé l’avocat.

Vital Kamerhe et Samih Jammal ont été reconnus coupables du détournement de plus de 50 millions de dollars de fonds publics engagés dans le programme des cent jours lancé par Félix Tshisekedi dans les mois qui ont suivi son accession au pouvoir. Selon les juges, 48,8 millions de dollars ont été détournés par les deux hommes dans le cadre d’un premier contrat portant sur 1 500 maisons préfabriquées prévues dans le cadre du projet de construction de logements sociaux dans cinq provinces du pays (Kinshasa, Kasaï-Central, Kasaï-Oriental, Kongo-Central et Sud-Kivu). Un autre contrat, de 3 000 maisons préfabriquées destinées aux policiers et aux militaires de Kinshasa celui-là, a donné lieu au détournement de 2,1 millions de dollars.

Vital Kamerhe avait en outre été reconnu coupable d’avoir indûment perçu 1,1 million de dollars remis par Jeannot Muhima Ndoole en échange du dédouanement et du transport desdites maisons préfabriquées.

L’UNC vent debout

Sans surprise, la confirmation de la culpabilité de Vital Kamerhe a provoqué de vives réactions au sein de l’Union pour la nation congolaise (UNC), la formation de celui qui fut le principal allié de Félix Tshisekedi lors de la campagne présidentielle qui a amené celui-ci au pouvoir. « C’est une machination politique qui ne passera jamais. Ce jugement en appel confirme ce que nous disions dès le départ : tout cela repose sur un complot », dénonce Billy Kambale, secrétaire général de l’UNC.

Le nouveau patron du parti de Kamerhe a d’ailleurs convoqué ce 16 juin une réunion de toutes les structures décisionnaires de son mouvement. L’UNC pourrait annoncer sa décision de « suspendre sa participation aux institutions », a affirmé Kambale à Jeune Afrique.

L’UNC est membre de l’Union sacrée, la majorité constituée par Félix Tshisekedi après sa rupture avec son prédécesseur, Joseph Kabila. À l’Assemblée nationale, le parti ne dispose que de seize députés, sur 500 au total et alors que l’Union sacrée en compte 391, selon le décompte réalisé par Modeste Bahati Lukwebo lorsqu’il était « informateur ». En revanche, l’UNC pèse lourd au sein du gouvernement, avec cinq ministres, dont ceux du Budget (Aimé Boji Sangara) et des Affaires foncières (Aimé Molendo Sakombi), ainsi qu’avec un vice-ministre à la Justice (Bahibazire Mirindi Amato).

L’UNC est-elle prête à aller jusqu’à se retirer du gouvernement ? Cette option serait synonyme d’un nouveau round de négociations complexes entre les composantes de la très hétérogène majorité constituée autour du chef de l’État, des anciens pro-Kabila ralliés aux partisans de Moïse Katumbi et de Jean-Pierre Bemba.

Avec Jeune Afrique par Stanis Bujakera Tshiamala

France: Victime d’injures racistes, un candidat aux départementales suspend sa campagne

juin 13, 2021

Sur un marché de Limoges, un individu aurait dit à Omar Diawara que sa couleur de peau l’empêchait d’être candidat aux élections départementales.

Le candidat a ete pris a partie en pleine rue, a Limoges.
Le candidat a été pris à partie en pleine rue, à Limoges. © Thomas JOUHANNAUD / MAXPPP / PHOTOPQR/POPULAIRE DU CENTRE/MAX

L’incident semble avoir profondément choqué Omar Diawara, candidat sur la liste de la droite et du centre pour les élections départementales en Haute-Vienne. Il a annoncé son retrait provisoire après avoir été la cible de propos racistes. Une liste concurrente a annoncé également mettre sa campagne entre parenthèses en signe de soutien. Selon France info, ce directeur d’Ehpad a été visé par des insultes et des menaces.

Les faits se sont produits sur le marché de Limoges, samedi 12 juin. « Un individu s’est avancé » et « a tenu des propos racistes jusqu’à des menaces de mort contre Omar », témoigne Muriel Jasniak-Laskar, colistière d’Omar Diawara. L’homme en question aurait demandé ses papiers au candidat, affirmant qu’un homme de couleur ne devrait pas avoir le droit de se présenter. La scène aurait duré de longues minutes au milieu du marché. « Je n’avais jamais assisté à un tel déferlement de haine à l’état le plus brutal, ni à des menaces physiques répétées aussi sordides, violentes », a déclaré Muriel Jasniak-Laskar.

Adversaires solidaires

Au lendemain de l’altercation, Omar Diawara a annoncé se retirer temporairement pour « se ressourcer en famille et pour faire le point sur sa campagne ». La liste rassemblant les écologistes et La France insoumise a annoncé en faire de même. « Nous sommes certes opposés dans ces élections, nous ne partageons pas les mêmes idées et nous pouvons nous affronter dans un débat : c’est la démocratie. Or, ce que vient de subir Omar Diawara est une atteinte grave à la démocratie », a-t-elle fait savoir dans un communiqué.

Les échanges houleux et les agressions ont particulièrement touché le monde politique ces derniers jours, de la baffe reçue par Emmanuel Macron à l’enfarinage de Jean-Luc Mélenchon. Les dénonciations de ces violences à l’égard des individus se sont succédé de la part des responsables politiques des différents partis.

Avec Le Point

France/Strasbourg : un couple homosexuel insulté et menacé par plusieurs individus

février 3, 2021

Un mineur a été interpellé et a reconnu les faits en garde à vue.

Un couple homosexuel a été pris à partie en raison de son orientation sexuelle, dimanche 31 janvier, à Strasbourg. Ce jour-là, un couple de deux jeunes hommes, connu sur les réseaux sociaux, se promène sur la place Kléber lorsqu’il est insulté et menacé par un groupe de jeunes, explique au Figaro une source policière.

Présente à proximité des lieux de l’agression, la patrouille de l’Unité Canine de la police nationale du Bas-Rhin a interpellé l’un des agresseurs, tandis que le reste de la bande a pris la fuite.

L’individu interpellé – Mohamed M., né en 2005, de nationalité espagnole -, a reconnu les faits en garde à vue. Il a été déféré et convoqué au mois de mars devant le délégué du procureur de Strasbourg du chef d’injure publique discriminatoire.

Avec Le Figaro par Guillaume Poingt

Canada: Un professeur victime de racisme après avoir critiqué le gouvernement albertain

novembre 29, 2020

Un professeur d’Edmonton dit avoir reçu des messages teintés de racisme après avoir publiquement critiqué la réponse albertaine à la pandémie de COVID-19.

Ubaka Ogbogu est professeur associé en droit spécialisé en politiques en matière de santé à l'Université de l'Alberta.© /Radio-Canada Ubaka Ogbogu est professeur associé en droit spécialisé en politiques en matière de santé à l’Université de l’Alberta.

Dans la dernière semaine, Ubaka Ogbogu a donné une entrevue à CBC en lien avec la publication d’enregistrements réalisés secrètement lors d’une réunion quotidienne du Centre des opérations d’urgence.

Ces enregistrements révélaient que le gouvernement provincial n’a pas suivi toutes les recommandations formulées par la médecin hygiéniste en chef de la province, Deena Hinshaw.

Lors de l’entrevue, le professeur associé en droit et spécialiste en politiques de santé publique à l’Université de l’Alberta a décrit la réponse de la province à la pandémie comme étant «en morceaux».

C’est à la suite de cette entrevue qu’il a reçu un message d’une quarantaine de secondes chargé d’invectives et l’invitant à «retourner dans [son] pays» qu’il a publié sur le réseau Twitter samedi matin.

«Quel intérêt as-tu à t’investir dans notre politique? Tu veux en faire venir d’autres comme toi? Retourne chez toi, [le Canada] n’est pas ton pays», poursuit l’appelant, ornant ses propos d’injures.

Ubaka Ogbogu dit être habitué à recevoir des messages acrimonieux à cause de ses opinions, mais souligne que ce dernier est beaucoup plus haineux que la normale, ce qui l’a incité à demander le retrait de son profil du site Internet de l’Université de l’Alberta.

«Ils ont pris le temps de faire des recherches sur moi. Ce n’est pas qu’une publication sur Facebook ou Twitter. La personne m’a cherché, a trouvé mon numéro de téléphone, a trouvé mon adresse courriel… c’est une menace sérieuse», souligne-t-il.

L’appel a été fait depuis un numéro inconnu, mais le professeur croit que la personne qui l’a appelé est la même que celle qui lui a écrit des courriels haineux après l’entrevue.

L’incident a été rapporté à l’unité des crimes haineux de la police d’Edmonton.

Le rôle de la partisanerie politique

S’il reconnaît que ses propos lors de l’entrevue ont pu heurter les sensibilités de certaines personnes, le professeur Ogbogu croit que la partisanerie politique n’a pas aidé.

Il cite notamment la façon dont certains employés du Parti conservateur uni ont décrit son intervention dans les réseaux sociaux, le décrivant notamment comme un partisan du Nouveau Parti démocratique.

Après la diffusion du reportage de CBC et de Radio-Canada, Steve Buick, le secrétaire de presse du ministre de la Santé, a qualifié Ubaka Ogbogu «d’universitaire le plus frénétiquement biaisé de l’Alberta».

Joint samedi, M. Buick a rappelé que le gouvernement condamne tout geste ou propos haineux à l’endroit d’un Albertain, tout en défendant sa critique.

«C’est normal que le gouvernement réponde lorsque des informations erronées sont publiées sur les réseaux sociaux», soutient-il, ajoutant que «rien, dans la réponse du gouvernement, ne faisait référence à la race ou au pays d’origine» de M. Ogbogu.

Le professeur croit néanmoins que le genre de rhétorique utilisé par Steve Buick peut déclencher le type de réactions auxquelles il a été confronté. Selon lui, ces propos peuvent être perçus par certains comme un encouragement à harceler les universitaires.

«Nous aussi, nous sommes des citoyens. C’est notre droit d’étudier les politiques gouvernementales et de les critiquer lorsque c’est nécessaire.»

Le professeur n’entend toutefois pas se laisser abattre par ce ressac. Il compte continuer d’offrir son opinion en tant qu’expert invité puisque, note-t-il, il est important de débattre vivement des politiques en santé et il croit fermement avoir quelque chose à apporter à la discussion.

Avec CBC/Radio-Canada par Paige Parson

France: L’imam Chalghoumi fait l’objet de milliers de menaces depuis la mort de Samuel Paty

novembre 8, 2020

L’imam à la mosquée de Drancy en Seine-Saint-Denis, dont la représentativité est souvent contestée dans la communauté musulmane, est connu pour ses prises de position contre l’intégrisme.

L’imam Hassen Chalghoumi, un pourfendeur de l’intégrisme islamiste, fait l’objet de «menaces exacerbées» depuis la mort de Samuel Paty, selon son avocat qui a écrit un courrier à Emmanuel Macron et obtenu l’ouverture de trois enquêtes notamment pour «menaces de mort», a appris l’AFP dimanche 8 novembre.

Hassen Chalghoumi, imam à la mosquée de Drancy en Seine-Saint-Denis, dont la représentativité est souvent contestée dans la communauté musulmane, est connu pour ses prises de position contre l’intégrisme et ses rapports d’amitié avec la communauté juive, qui lui valent critiques et menaces, largement relayées sur internet. Selon son avocat Me David-Olivier Kaminski, il fait l’objet d’une menace «complètement exacerbée» depuis la décapitation mi-octobre du professeur d’histoire-géographie au collège de Conflans-Sainte-Honorine. «Il ne s’exprime pas au nom des musulmans mais est une des voix, et défend les valeurs de la République», a souligné son avocat.

Trois enquêtes

Me Kaminski a écrit le 27 octobre un courrier au chef de l’Etat, révélé par Le Parisien et consulté par l’AFP, pour demander un «renfort» de la protection policière autour de son client. Me Kaminski a aussi adressé trois plaintes au parquet de Paris, également consultées par l’AFP, concernant les menaces «par milliers» et la «fatwa» dont Hassen Chalghoumi, âgé de 48 ans, fait l’objet.

Trois enquêtes ont été ouvertes et confiées à la Brigade de répression de la délinquance aux personnes, a indiqué dimanche à l’AFP le parquet de Paris, confirmant une information du Parisien. «L’une porte sur des faits d’apologie du terrorisme et de menace de mort, une autre sur des faits de provocation à la commission d’atteinte à l’intégrité physique ou à la vie et la dernière sur des faits de menaces de mort», a précisé le parquet.

Hassen Chalghoumi a notamment été la cible du collectif pro-palestinien Cheikh Yassine, dont le fondateur Abdelhakim Sefrioui, un militant islamiste radical, a été mis en examen dans l’enquête sur l’assassinat de Samuel Paty. Le collectif avait déclenché en 2010 une cabale contre cet imam, en manifestant pendant des mois devant la mosquée de Drancy. Deux membres de l’organisation avaient même été condamnés à deux mois de prison avec sursis pour avoir tenté de s’introduire au domicile de l’imam.

Par Le Figaro avec AFP

L’économie de la Polynésie française menacée

juin 1, 2020

La Polynésie française, chapelet d’îles au cœur de l’océan Pacifique Sud, s’inquiète d’être économiquement «asphyxiée» par la crise sanitaire de Covid-19 qui a mis à l’arrêt le pilier de son développement: le tourisme haut de gamme. Après plus de deux mois d’arrêt des rotations aériennes internationales, le gouvernement polynésien cherche à relancer au plus vite ce pan essentiel de l’économie locale aujourd’hui atone.
D’autant que le confinement a permis d’éliminer le virus, après 60 cas confirmés et aucun décès.

«Il faut rouvrir nos frontières. Sinon, nous allons nous asphyxier économiquement, ce sont des milliers d’emplois qui sont menacés», s’alarme auprès de l’AFP Nicole Bouteau, la ministre du Tourisme et de l’Emploi de ce territoire de 280.000 habitants environ. «Quinze à vingt mille emplois sont menacés», estime Nicolas Prud’homme, le directeur de l’Institut de la Statistique en Polynésie. La collectivité recensait un total de 67.000 salariés fin 2019 et ne dispose pas de caisse de chômage.

Tous les hôtels sont fermés et deux d’entre eux ont annoncé cette semaine qu’ils ne rouvriraient pas. Le gouvernement a déployé un important dispositif de soutien à l’emploi dans les secteurs touchés. Mais, faute de touristes, les hôtels n’ont aucune activité à proposer à leurs employés, hors gardiennage et entretien. Et surtout aucune recette. Le gouvernement entend donc doper le tourisme intérieur, avec des tarifs attractifs sur les vols inter-îles et les hébergements.

Les vols intérieurs ont partiellement repris le 22 mai, et le nombre d’îles desservies devrait doubler en juin. Air Tahiti compte proposer des offres promotionnelles aux Polynésiens qui souhaitent rendre visite à leur famille, avec «45, voire 50% de réduction» selon son directeur Manate Vivish. Cette stratégie pourrait donner un peu d’air aux pensions de familles et prestataires de services touristiques, alors que les Polynésiens ne peuvent plus se rendre en Californie, à Hawaï ou en Nouvelle-Zélande, destinations proches et prisées.

Par Le Figaro avec AFP

Le concert historique de Fally Ipupa s’est tenu à Paris, malgré les menaces des « combattants »

février 29, 2020

Le chanteur congolais Fally Ipupa, le 20 septembre à Paris.

Le chanteur congolais Fally Ipupa, le 20 septembre à Paris. © Francois Grivelet pour JA/REA 

La star congolaise a pu se produire vendredi soir devant des milliers de spectateurs. Des groupes d’opposants congolais radicaux ont pourtant tout fait pour empêcher le concert de Fally Ipupa, à l’AccorHotels Arena.

Les dernières heures précédant le concert de Fally Ipupa à Paris laissaient craindre le pire. Un incendie spectaculaire, déclenché par des feux de scooters et de poubelles, a d’abord enfumé, dans l’après-midi, le quartier de la gare de Lyon, proche de l’AccorHotels Arena du XIIe arrondissement. Ce n’est que vers 18h30, à un peu plus d’une heure du début théorique de l’événement, que les pompiers ont maîtrisé les flammes.

Vous risquez gros en y allant

Mais les intimidations ne se sont pas arrêtées là. Plusieurs centaines de “combattants”, la plupart des hommes jeunes et déterminés, se sont donnés rendez-vous aux abords de la salle de 20 000 places dans le but d’empêcher le concert. « C’est annulé », « Vous risquez gros en y allant », « Vous êtes fiers de ce que vous faites ? » « Là-haut, Dieu vous voit ! »… Mêlant mensonges et menaces, empoignant parfois des spectateurs ou les bousculant, les combattants ont tenté le tout pour le tout.

C’était sans compter sur un impressionnant dispositif de sécurité. Métros fermés, dizaines de fourgons de gendarmerie, barrières métalliques… Des contrôles de billets ont été mis en place à distance de la salle pour trier spectateurs et agitateurs. Et le parcours menant à l’enceinte de l’AccorHotels n’avait rien à envier à la sécurité des aéroports : boissons et parapluies confisqués, consigne obligatoire pour les sacs, fouilles, passage sous un portique de détection de métal : rien n’a été laissé au hasard.

Faire la fête, loin des querelles politiques

Après cette parenthèse pesante, qui a tout de même réussi à intimider une petite partie du public, on découvrait une ambiance totalement différente. Sapeurs, familles au complet, Africains de tous les pays, s’étaient donné rendez-vous pour chanter et danser. Bref, faire la fête, loin des querelles politiques.

« Bien sûr, on a eu un peu peur en voyant les dernières infos, mais après l’Olympia annulé en 2017, c’était ce soir ou jamais », confiait une maman ivoirienne venue avec sa fille applaudir « l’aigle » depuis la fosse. En regardant le public rire et papoter, on pouvait même penser qu’il s’agissait d’un concert presque comme un autre.

Presque, seulement. La première partie, du spectacle, avec notamment Robinio Mundibu, l’un des protégés de Fally, a commencé avec une quarantaine de minutes de retard du fait des incidents dans une salle à moitié vide. Et ce n’est qu’après un long entracte (sans doute pour attendre que la jauge se remplisse) que la star de la soirée a fait une entrée triomphante.

Après une vidéo montrant un aigle survoler Kinshasa et les grandes métropoles occidentales, le rideau s’est levé sur une gigantesque structure gonflable du rapace qui a lentement elle-même « pris son envol. »

“Jour historique”

Sa Majesté Fally, en peignoir et baskets, une couronne revisitée posée sur la tête, pouvait enfin commencer à chanter… après un long silence dans la capitale française. La chanson inaugurale « La vie est belle », sonnait comme un pied de nez aux combattants.

Le concert, maîtrisé de bout en bout, a été une véritable démonstration de force. Fally, en forme vocalement, était accompagné sur scène par une quarantaine de danseurs, chanteurs et musiciens, dans la grande tradition congolaise. Il a su alterner tubes urbains façon Tokooos et classiques rumba, multipliant les costumes et faisant le show pendant plus de deux heures.

Sur scène, quelques personnalités sont apparues : les chanteurs Mokobé et Bramsito, l’actrice et réalisatrice Angela Bassett… Mais c’est surtout le Franco-Congolais Dadju qui a retenu l’attention avec un tour de chant inspiré et en clamant tout haut ce que beaucoup de spectateurs pensaient tout bas : « Aujourd’hui est un jour historique, c’est une grande victoire pour le Congo ! »

Mais quelques minutes avant 23h30, un agent venait glisser un mot à l’oreille de Fally, visiblement agacé. Le chanteur était contraint de terminer son concert, assez brutalement, à l’heure convenue avec la salle, sans avoir le temps d’interpréter tous les tubes qu’il avait répétés pour la soirée.

Avant de quitter la scène la star congolaise a néanmoins promis de venir rapidement faire à nouveau l’événement en France. On espère le retrouver dans une ambiance plus apaisée.

Avec Jeuneafrique par Léo Pajon

France: Une adolescente harcelée et menacée de mort après avoir critiqué l’islam

janvier 22, 2020

Une lycéenne de 16 ans a reçu plusieurs centaines de menaces en ligne après avoir publié une vidéo dans laquelle elle affirme que «l’islam c’est de la merde».

Mila, 16 ans, adolescente de la région lyonnaise, a reçu de nombreuses menaces après une vidéo dans laquelle elle critiquait l'islam.
Mila, 16 ans, adolescente de la région lyonnaise, a reçu de nombreuses menaces après une vidéo dans laquelle elle critiquait l’islam. Capture d’écran Instagram

Une jeune femme de 16 ans nommée Mila se trouve depuis ce week-end au cœur d’une polémique grandissante après avoir publié le 18 janvier sur Instagram une vidéo dans laquelle elle critique l’islam. Relayés sur les réseaux sociaux, ses propos lui ont valu de nombreuses insultes et menaces de mort.

L’affaire a commencé samedi, après que Mila, adolescente de la région lyonnaise et chanteuse à ses heures, a ouvert un live en ligne pour parler de sa passion avec ses abonnés. D’après le magazine Marianne, un internaute l’aurait alors pris à partie pour la «draguer de manière insistante ». Recadré par l’adolescente ouvertement lesbienne, il réagit en l’insultant et en l’accusant de racisme et d’islamophobie, ce à quoi Mila répond par une diatribe sans pincettes.

«Je déteste la religion, le Coran il n’y a que de la haine là-dedans, l’islam c’est de la merde, c’est ce que je pense», affirme-t-elle face caméra. «Je ne suis pas raciste, pas du tout. On ne peut pas être raciste envers une religion. Votre religion, c’est de la merde, votre Dieu, je lui mets un doigt dans le trou du cul, merci, au revoir.»

Diffusée sur Instagram et reprise sur Twitter, la vidéo déclenche un torrent d’insultes et de menaces à l’encontre de la jeune femme. «Je recevais 200 messages de pure haine à la minute», affirme Mila dans une interview parue sur le site féministe identitaire Bellica. Ses informations personnelles sont diffusées. « Je ne peux plus mettre un pied dans mon lycée», poursuit-elle.

Haine en ligne: comprendre la polémique sur la loi Avia
Alors que le texte de la loi Avia revient à l’Assemblée Nationale, retour sur le contenu et les aspects polémiques de la future loi. Contenus haineux, risque de censure, rôle du CSA…

La campagne de harcèlement a provoqué l’indignation d’une partie des internautes, qui ont rappelé que le blasphème n’était pas illégal en France, et partagé un hashtag de soutien #JeSuisMila, auquel a rapidement répondu un hashtag #JeNeSuisPasMila. Des personnalités politiques, au nombre desquelles Marine Le Pen et Jean Messiha, ont également apporté leur soutien à la jeune femme.

«Les propos de cette jeune fille sont la description orale des caricatures de Charlie, ni plus ni moins», a affirmé sur Twitter la présidente du Rassemblement national. «On peut trouver ça vulgaire, mais on ne peut pas accepter que, pour cela, certains la condamnent à mort, en France, au XXIe siècle.»

Par Le Figaro.fr