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RDC : décès de Mgr Gérard Mulumba, oncle de Félix Tshisekedi et chef de la Maison civile du président

avril 15, 2020

Le religieux a pris sa retraite apostolique en 2017.

Le religieux a pris sa retraite apostolique en 2017. © Colin Delfosse pour Jeune Afrique

 

Frère de l’emblématique opposant, feu Étienne Tshisekedi, et oncle de l’actuel président, Mgr Gérard Mulumba occupait les fonctions de chef de la Maison civile à la présidence congolaise. Il est décédé des suites du coronavirus.

Personnage discret mais incontournable dans l’entourage du président Félix Tshisekedi, Gérard Mulumba, l’oncle du chef de l’État, est décédé dans la nuit de mardi à mercredi des suites du coronavirus. Il était âgé de 82 ans. L’information a été confirmée, ce mercredi 15 avril, par des proches du prélat congolais.

Gérard Mulumba occupait, depuis mai 2019, la fonction stratégique de chef de la Maison civile. À ce titre, il était chargé de la gestion de l’intendance et de la logistique des résidences et des sites présidentiels privés, ainsi que du secrétariat du chef de l’État et du service médical présidentiel.

Voie ecclésiastique

Mais Mgr Mulumba n’a pas toujours goûté à ce milieu politique kinois, et ce en dépit d’une filiation ô combien symbolique en République démocratique du Congo (RDC). Frère cadet de l’opposant historique Étienne Tshisekedi, Mulumba avait très tôt privilégié la voie ecclésiastique. Ordonné prêtre en 1967, ce diplômé de théologie avait effectué un bref passage par la Belgique avant de regagner le Zaïre de Mobutu au début des années 1970.

Alors que son frère, ancien cadre de l’administration du maréchal, choisit la voie de la contestation et fonde l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), en 1982, lui poursuit son ascension. En marge des tumultes politiques de la capitale, il devient, en 1989, l’évêque de Mweka, dans la province du Kasaï. « Du fait de l’identité de mon frère, il y a toujours eu des soupçons et des calomnies à mon égard. J’ai été plusieurs fois interpellé ! », racontera-t-il à Jeune Afrique au sujet de cette période. Il occupera néanmoins ces fonctions pendant 28 ans avant d’en être relevé, début 2017, en raison de son âge avancé (79 ans à l’époque).

À la mort du Sphinx de Limete, le 1er février 2017,  il écope, en vertu de sa position d’aîné de la fratrie, de la délicate mission d’organiser les funérailles de l’opposant. S’en suivent plusieurs mois de négociations infructueuses avec le régime, déterminé à ne pas faciliter le rapatriement du corps et l’organisation des obsèques de celui qui fut le principal adversaire politique de Joseph Kabila. Étienne Tshisekedi aura finalement droit à ses funérailles nationales fin mai 2019, quelques jours à peine après la nomination de Mulumba à la Maison civile. Tout un symbole pour celui qui revendiquait le rôle de « conseiller spirituel » dans le premier cercle du président, dont il gérait aussi les affaires privées.

Avec Jeuneafrique par Romain Gras

RDC : Félix Tshisekedi nomme Mgr Gérard Mulumba, son oncle, chef de la maison civile

mai 22, 2019

Félix Tshisekedi, le 29 avril à Kinshasa. © DR / présidence RDC

 

Le président congolais a nommé Mgr Gérard Mulumba, l’un de ses oncles, à l’intendance des services de la présidence. Il a par ailleurs confirmé dans ses fonctions de chef d’état-major le général Célestin Mbala Munsense, nommé par son prédécesseur Joseph Kabila, de même que le général major Jean-Claude Yav, qui a été nommé chef de la maison militaire.

Félix Tshisekedi a nommé Mgr Gérard Mulumba, « chef de la maison civile » du chef de l’État, avec rang de ministre, dans une ordonnance lue mercredi sur la chaîne d’État congolaise. Évêque émérite du diocèse de Mweka dans la province du Kasaï, Gérard Mulumba est le frère de feu Étienne Tshisekedi, décédé à Bruxelles le 1er février 2017.

Sa nomination intervient juste après l’annonce du rapatriement du corps et des funérailles d’Étienne Tshisekedi à Kinshasa du 30 mai au 1er juin. Le corps était en Belgique depuis plus de deux ans faute d’accord sur les funérailles avec l’ancien régime du président Kabila.

Placée sous l’autorité directe du président de la République, la maison civile du chef de l’État est chargée de la gestion du service de l’intendance et de la logistique des résidences et sites présidentiels privés, du secrétariat privé du chef de l’État et du service médical présidentiel.

Le chef d’état-major et le chef de la maison militaire de Kabila reconduits

Le président congolais a également reconduit le général Célestin Mbala Munsense au poste du chef d’état-major des Forces armées de la RDC, en le promouvant au grade de « général d’armée ». Célestin Mbala avait été installé en 2018 par l’ancien président Joseph Kabila.

Félix Tshisekedi a par ailleurs nommé le général major Jean-Claude Yav chef de la maison militaire. Ce dernier occupait déjà le même poste sous la présidence de Joseph Kabila.

Un autre général, François Kabamba, a été nommé conseiller militaire du chef de l’État.

Jeuneafrique.com avec

RDC – Mgr Mulumba: « La famille n’envisage pas l’enterrement de Tsisekedi à Bruxelles »

février 1, 2018
Les Congolais de la diaspora rendent un dernier hommage à l’opposant Étienne Tshisekedi à Bruxelles, le 5 février 2017. © Geert Vanden Wijngaert/AP/SIPA

Une année jour pour jour après sa mort à Bruxelles, Étienne Tshisekedi n’est toujours pas enterré. Le corps de l’opposant historique congolais est encore dans un funérarium de la capitale belge. « Inacceptable », selon son frère, Mgr Gérard Mulumba, qui s’est confié mercredi soir à Jeune Afrique.

« Une honte nationale. » Sur Twitter, c’est le député Patrick Muyaya qui décrit le mieux le sentiment de beaucoup de Congolais indignés par le non rapatriement de la dépouille d’Étienne Tshisekedi, décédé le 1er février 2017 à Bruxelles. Douze mois après le décès de cette figure emblématique de l’opposition, les tractations autour de son enterrement se trouvent aujourd’hui au point mort.

Pour le gouvernement congolais, c’est la famille biologique de l’opposant historique mais aussi son parti, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), qui seraient responsables du blocage. « Faux ! » rétorque Mgr Gérard Mulumba, convaincu que son frère, même mort, continue à faire peur au régime de Joseph Kabila.

Jeune Afrique : Quel est l’état d’esprit aujourd’hui de la famille biologique d’Étienne Tshisekedi que vous représentez ?

Mgr Gérard Mulumba : C’est une situation inacceptable ! Nous, la famille biologique mais aussi politique d’Étienne Tshisekedi, nous avons fait confiance aux autorités. Dès le début [des négociations], nous avons cru que le gouvernement allait tout faire pour rapatrier le corps et l’enterrer.

Nous avons fait des propositions sur le lieu de l’inhumation, comme les autorités nous le demandaient. Mais elles ont toutes été rejetées [Le 6 février 2017, la famille avait décliné de son côté le choix du cimetière de La Gombe, dans le centre-ville de Kinshasa, tel que décidé par le gouvernement, NDLR]. C’est pourquoi, au mois de mai, nous avons finalement opté pour un lieu à la périphérie de la ville de Kinshasa.

Une fois informé, le ministère de l’Intérieur nous a convoqué et des discussions ont de nouveau été relancées. Nous sommes même parvenus à rédiger un projet de communiqué conjoint. Ce document devrait être publié avec le programme des obsèques. Mais, malheureusement, des réunions ont été suspendues jusqu’à ce jour par le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur.

Depuis mai 2017, il n’y a donc plus eu des contacts entre la famille de Tshisekedi et le gouvernement congolais…

Et, surtout, aucun motif de cette suspension nous a été communiqué.

L’ambassadeur belge nous a dit que le gouvernement congolais ne veut pas que le corps de Tshisekedi rentre en RDC

Que répondez-vous à ceux, au sein du gouvernement, qui accusent aussi bien la famille biologique que politique d’Étienne Tshisekedi d’avoir conditionné le retour de la dépouille à la nomination de son fils, Félix Tshisekedi, au poste de Premier ministre ?

Lorsqu’Étienne Tshisekedi est mort, nous avons en effet pensé, au début, que si on nommait un Premier ministre qui répond à l’attente de la population et conformément à l’accord politique de la Saint-Sylvestre, les obsèques allaient se dérouler sans problème. Mais comme les autorités ne l’entendaient pas de cette oreille, nous avons évolué et laissé tomber ce point de vue.

D’ailleurs, dès le mois de mai, lorsque les pourparlers avaient repris, nous n’en parlions plus. Nous avons donc accepté que le gouvernement prenne en charge les frais de rapatriement, comme il le souhaitait. Il n’y avait plus aucune condition de notre part.

Comment expliquez-vous le blocage qui persiste autour de ce rapatriement, malgré la levée de vos conditions initiales ?

Les autorités ne nous ont toujours pas donné des raisons du blocage. Nous ne pouvons que croire à ce qui se dit : « Tshisekedi mort continue à leur faire peur ! » Nous en avons parlé à l’ambassadeur belge. Celui-ci nous a clairement dit que le gouvernement congolais ne veut pas que le corps de Tshisekedi rentre en RDC. Pourquoi ? Les Belges non plus ne connaissent la raison exacte de ce refus.

Les autorités ont-elles peur de ne pas parvenir à maîtriser la foule, quand le corps de Tshisekedi arrivera à Kinshasa ? Considèrent-elles que ce serait la fin du régime ? Voilà les questions qu’il faut se poser.

Le gouvernement doit respecter sa parole et s’impliquer pour le retour du corps de Tshisekedi en RDC

Selon vous, comment faut-il procéder pour débloquer cette situation et permettre enfin le rapatriement du corps de Tshisekedi ?

Nous ne voyons plus d’issue à ce blocage. Nous regrettons ce silence du gouvernement qui dure depuis plus de sept mois. Depuis que les discussions ont été suspendues. Nous lui lançons de nouveau un appel pour qu’il respecte sa parole et s’implique pour le retour du corps d’Étienne Tshisekedi en RDC.

En attendant, l’enterrement ne serait-ce que provisoire d’Étienne Tshisekedi en Belgique est-il envisageable ?

À ce stade, la famille n’envisage pas l’enterrement d’Étienne Tshisekedi à Bruxelles. Nous préférons qu’il soit inhumé en RDC. La raison est simple : de son vivant, sauf pour des raisons de santé, il n’a jamais voulu rester en Belgique. Même convalescent, Tshisekedi souhaitait toujours regagner le territoire national. L’enterrer en Belgique n’est donc pas la solution.

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