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La Rwandaise Louise Mushikiwabo se retrouve aux commandes de l’OIF

octobre 12, 2018
Sommet de la Francophonie : les États membres passent au vote
© LUDOVIC MARIN Sommet de la Francophonie : les États membres passent au vote
 

L’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) a nommé par consensus une nouvelle secrétaire générale à sa tête, vendredi. Au terme d’une réunion à huis clos, les États membres réunis à Erevan, en Arménie, ont donné leur aval à la ministre des Affaires étrangères du Rwanda, Louise Mushikiwabo.

L’élection de Mme Mushikiwabo met un terme au mandat de Michaëlle Jean, dont la réputation a été ternie par la mise en lumière de dépenses de fonctions jugées extravagantes.

L’ancienne journaliste et politicienne canadienne avait livré la veille un ultime plaidoyer, lors du Sommet de la Francophonie, dénonçant entre les lignes le consensus autour de sa rivale.

Le régime rwandais a tour à tour été pointé du doigt par des organisations comme Amnistie internationale et Human Rights Watch pour la répression exercée contre les opposants politiques et l’important recul encaissé sur la question des droits et libertés.

Mme Jean a malgré tout vu ses chances s’envoler lorsque Québec et Ottawa ont annoncé qu’ils n’appuieraient pas sa candidature.

Celle qui est numéro deux du gouvernement de Kigali a réussi à obtenir le soutien de la France, principal bailleur de fonds de l’OIF, ainsi que l’appui d’une flopée de pays de l’Union africaine.

« L’épicentre de la langue française est sans doute dans le bassin du fleuve Congo », a ainsi souligné le président français Emmanuel Macron, jeudi, au premier jour du sommet.

Outre la question des droits de l’homme, le Rwanda a aussi été l’objet de critiques en raison de la place qu’occupe le français au pays. L’anglais a pris le dessus en devenant la langue obligatoire à l’école. Par ailleurs, c’est en anglais que le président rwandais Paul Kagame avait annoncé la candidature de sa ministre des Affaires étrangères.

Le plurilinguisme n’est toutefois pas contraire à la défense du français, a estimé le président Macron. « Le combat fondamental pour notre langue est un combat pour le plurilinguisme », a-t-il lancé.

La nomination de Louise Mushikiwabo consacre le retour du continent à la tête de l’OIF, qui avait toujours été dirigée par des Africains depuis sa création, en 1970, mis à part une parenthèse canadienne.

L’Organisation internationale de la Francophonie réunit 84 États et gouvernements, dont 26 observateurs et quatre « membres associés ». L’Afrique regroupe 27 des 54 États membres ayant droit de vote.

Selon l’OIF, 85 % des francophones en 2050 vivront sur le continent africain, soit un total de 700 millions, contre 274 millions aujourd’hui.

Radio-canada.ca avec Agence France-Presse

Francophonie: Ottawa et Québec ne soutiennent plus Michaël Jean (Officiel)

octobre 9, 2018

Montréal – Le Canada et le Québec ont annoncé mardi qu’ils ne soutenaient plus la candidature de Michaëlle Jean à la direction de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), dont elle est la secrétaire générale sortante, lors du prochain sommet de l’organisation.

La Canadienne, née en Haïti, ancienne gouverneure générale et ex-journaliste vedette, sera candidate à sa succession lors du prochain sommet de l’OIF jeudi et vendredi à Erevan. Elle sera opposée à Louise Mushikiwabo, ministre des Affaires étrangères du Rwanda, soutenue par la France et l’Union africaine.

La tradition veut que le choix soit fait par consensus, plutôt que par vote formel.

« Le Canada a décidé de se rallier au consensus, comme c’est la tradition, ça a toujours été la manière de faire, on ne va pas la changer », a déclaré à l’AFP une source gouvernementale. « On a bien vu qu’elle (Michaëlle Jean) n’avait pas les appuis nécessaires, la suite lui appartient, il faut se rendre à l’évidence. »

« Pour ce qui est du poste de Secrétaire général, le Canada est prêt à se rallier au consensus, comme le veut la façon de faire en Francophonie », a confirmé dans un courriel à l’AFP Jérémy Ghio, porte-parole de la ministre canadienne de la Francophonie Mélanie Joly.

De son coté, François Legault, le nouveau Premier ministre élu du Québec, attendu mercredi à Erevan avec le Premier ministre fédéral Justin Trudeau, a lui aussi annoncé qu’il ne soutiendrait pas Mme Jean.

« Nous nous joindrons au consensus africain qui est plein de potentiel », a annoncé M. Legault dans un tweet. « Il est maintenant temps de laisser place à un nouveau style de gestion ».

François Legault, dirigeant du parti nationaliste Coalition Avenir Québec (CAQ), a été élu la semaine dernière à la tête de la province canadienne qui est avec le Canada le deuxième contributeur de l’OIF, derrière Paris.

M. Legault prend ainsi le contrepied de son prédécesseur, le libéral Philippe Couillard, qui avait émis des réserves sur la gestion de Mme Jean avant de finalement appuyer sa candidature.

Les médias québécois ont pointé les dépenses, qualifiées de « somptueuses », de la Francophonie pour Mme Jean et sa famille, comme la rénovation de sa résidence officielle pour 500.000 dollars canadiens (plus de 335.000 euros).

Selon la presse québécoise, Paris aurait proposé à Ottawa de retirer la candidature de Mme Jean, en échange d’appuis aux Nations unies, où le Canada fait campagne pour un siège non permanent au Conseil de Sécurité.

L’information a été démentie par le bureau du Premier ministre.

M. Trudeau a appelé plusieurs dirigeants africains à l’été 2017 pour tenter de les rallier à la candidature de Mme Jean, avant de renoncer in extremis faute de soutiens suffisants.

Le Canada a toutefois tenu à rendre hommage au travail de la secrétaire générale sortante.

« Nous saluons le travail de Mme Jean à la tête de la Francophonie, notamment en ce qui a trait à l’éducation des filles et à l’émancipation des femmes », a souligné le porte-parole de la ministre canadienne de la Francophonie.

Romandie.com avec(©AFP / 09 octobre 2018 22h15)                                                        

Francophonie: duel feutré à l’ONU entre Michaëlle Jean et Louise Mushikiwabo

septembre 28, 2018

Louise Mushikiwabo (g) et Michaëlle Jean, les deus femmes en lice pour prendre la tête de l’OIF. © Vincent Fournier pour J.A. / Jacques Torregano pour J.A.

En marge de l’Assemblée générale des Nations unies qui vient de se clore à New York, Michaëlle Jean, soutenue par le Canada, et Louise Mushikiwabo, qui peut notamment compter sur la France et l’UA, ont rivalisé en coulisses à quelques jours du prochain sommet de l’OIF.

C’est à New York, en marge de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies, que s’est jouée, depuis le 24 septembre, la dernière étape du duel entre la Canadienne Michaëlle Jean et la Rwandaise Louise Mushikiwabo. Toutes deux présentes, la secrétaire générale sortante de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et sa rivale, ministre rwandaise des Affaires étrangères depuis 2009, ont profité de l’occasion pour évaluer les soutiens dont elles bénéficient auprès des 54 États membres de l’OIF.

Le Gabon apporte son soutien à Mushikiwabo

Louise Mushikiwabo, qui avait multiplié les déplacement depuis le début juillet, y a notamment rencontré ses homologues de Moldavie, d’Albanie, du Vanuatu ou encore de Sainte-Lucie. Le 26, le président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat, a organisé un cocktail en soutien de la candidate africaine. Plusieurs ministres des Affaires étrangères et représentants d’États membres de la Francophonie étaient présents.

Le même jour, au Gabon, visitant la scierie de Mevang (groupe Rougier), le président Ali Bongo Ondimba – par ailleurs président en exercice de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) – a profité d’un échange avec la presse pour assurer la Rwandaise du soutien de son pays.

« S’agissant de l’élection du prochain secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie, le Gabon porte son choix sur la candidature rwandaise. Nous avons adopté à l’unanimité cette position commune lors du sommet de l’Union africaine qui s’est tenu en Mauritanie en juillet dernier. Le Gabon, en tant que membre de l’UA, se conforme à cette position et confirme son soutien à la candidature du ministre des Affaires étrangères rwandais,  Mme Louise Mushikiwabo, qui est une candidate exceptionnelle et compétente. Elle a toute notre confiance. »

Un position réitérée deux jours plus tard par son ministre des Affaires étrangères, Régis Immongault, qui avait lui-même accompagné Louise Mushikiwabo en Roumanie et en Arménie fin août. Quinze jours plus tôt, c’est le chef de la diplomatie guinéenne, Mamadi Touré, qui s’était joint à elle au Laos, au Cambodge et au Vietnam.

Aucun ministre africain au cocktail de l’OIF

Michaëlle Jean, en sa qualité de secrétaire générale de l’OIF, a participé à la rencontre de haut niveau sur la situation au Mali, sous l’égide du président Ibrahim Boubacar Keïta et d’António Guterres. Elle a également participé à une réunion sur le thème de la scolarisation des jeunes filles organisée par le Niger, ainsi qu’à un événement organisé par l’OMS et présidé par Patrice Talon sur la problématique des médicaments de mauvaise qualité distribués en Afrique.

En revanche, l’invitation conjointe adressée par l’OIF, Madagascar et l’Arménie aux ministres des Affaires étrangères de la Francophonie semble avoir eu peu de succès, le 27 septembre. « Aucun ministre africain ni européen n’a répondu à l’invitation », assure un participant.

De son côté, le président Paul Kagame, présent à New York, a eu une séance de travail avec son homologue français Emmanuel Macron. Au menu des discussions, outre la candidature de Louise Mushikiwabo, les « crises dans la région », en particulier en RDC…

Jeuneafrique.com

Conversation avec Michaëlle Jean: parcours d’une résistante

août 8, 2017

 

« Le Monde » organise dans le cadre du « Monde Festival » une rencontre avec Michaëlle Jean, secrétaire générale de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) dimanche 24 septembre 2017 au Théâtre des Bouffes du Nord.

Michaëlle Jean, 27e gouverneure générale du Canada dans son bureau le 29 octobre 2014 à Ottawa. COLE BURSTON / AFP

Conversation avec Michaëlle Jean, secrétaire générale de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) le dimanche 24 septembre 2017 de 17 h 30 à 18 h 30 au Théâtre des Bouffes du Nord. Une rencontre animée par Annick Cojean.

Elle n’a jamais été légère ni insouciante, comme le sont les enfants. Elle croit même avoir toujours été « adulte », tant ses parents – fervent militants contre la dictature des Duvalier en Haïti – ont élevé leurs deux filles dans une idée de résistance et de combat. Et avec une seule interdiction : l’indifférence. De cette enfance à Port-au-Prince, puis de son exil forcé au Canada où elle fut la première femme noire à présenter le journal télévisé, puis à être nommée gouverneure générale du pays. Cheffe de l’Etat, elle a gardé un esprit rebelle, un attachement viscéral aux droits humains, une sensibilité extrême à la situation des migrants. Des valeurs qu’elle défend aujourd’hui, à la tête de l’Organisation Internationale de la francophonie. Rencontre avec une femme engagée, entrée depuis l’enfance « en résistance ».

Intervenante :

Michaëlle Jean

Michaëlle Jean avait 11 ans lorsqu’elle a fui avec ses parents sa terre natale de Haïti, alors sous le joug de la dictature sanglante des Duvalier, pour se réfugier au Québec. Après 18 ans de journalisme au sein de la télévision publique où elle fut la première femme noire à présenter les nouvelles, elle a été nommée gouverneure générale du Canada, un poste qui la conduira à voyager sur tout le territoire et à mener de nombreuses missions diplomatiques. En 2014, elle a succédé au président sénégalais Abdou Diouf au secrétariat général de la francophonie.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr

Congo – Diplomatie – Francophonie

mai 18, 2016
L’OIF rassure le Congo de son soutien
La Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), Michaëlle Jean, a rassurée le président congolais Denis Sassou N’Guesso et le Congo du soutien de son organisation dans une correspondance dont une copie est parvenu à APA ce mercredi.
Dans cette correspondance datant du 9 mai, Michaëlle Jean rassure le président Denis Sassou N’Guesso du soutien de l’institution qu’elle dirige et salue également son élection à l’issue du scrutin présidentiel du 20 mars qui l’a ramené à la magistrature suprême avec plus de 60% de suffrages exprimés.« Je saisis cette occasion », souligne la Secrétaire générale de l’OIF, « pour vous réitérer la détermination de la Francophonie à vous apporter le soutien nécessaire à la mise en œuvre des réformes constitutionnelles réalisées récemment sous votre impulsion. »

Michaëlle Jean encourage les autorités du Congo à l’approfondissement du dialogue dans le pays soulignant que « le dialogue est un élément fondamental pour la préservation de la paix dans le pays« .

Apanews.net

Michaëlle Jean a pris ses fonctions à la tête de la Francophonie

janvier 5, 2015
 Michaëlle Jean est l'unique femme candidate au secrétariat général de l'OIF. © Vincent Fournier pour J.A.

Michaëlle Jean, en poste au secrétariat général de l’OIF. © Vincent Fournier pour J.A.

La Canadienne Michaëlle Jean a officiellement pris ses fonctions lundi de secrétaire générale l’Organisation internationale de la Francophonie, a annoncé l’OIF. Elle est la première femme et la première personne non africaine à être nommée à ce poste.

La cérémonie de passation avec son prédécesseur Abdou Diouf s’est déroulée au siège de l’OIF à Paris. Michaëlle Jean, âgé de 57 ans, est la troisième personne à occuper le poste de secrétaire général de la Francophonie. Elle succède au Sénégalais Abdou Diouf (2003-2014) et à l’Egyptien Boutros Boutros-Ghali (1998-2002).

Gouverneure générale et commandante en chef du Canada de 2005 à 2010, Mme Jean a conclu le mois dernier un mandat de plus de 4 ans à titre d’envoyée spéciale de l’UNESCO pour Haïti. Née le 6 septembre 1957 à Port-au-Prince, elle a également fait carrière pendant plus de 18 ans à la télévision publique canadienne Radio-Canada.

Mme Jean avait été désignée le 30 novembre dernier par les chefs d’Etat et de gouvernement de l’OIF lors du 15e Sommet de la Francophonie à Dakar (Sénégal), pour un mandat de quatre ans. C’est la première fois que l’organisation a désigné un non-Africain pour la représenter, alors que l’Afrique concentre 90% de son action et représente la moitié des francophones dans le monde.

Plus haut responsable de l’OIF, le secrétaire général en est le porte-parole politique et le représentant officiel au niveau international. Il met en oeuvre l’action politique et diplomatique de la Francophonie. L’OIF compte 57 Etats et gouvernements membres, et 23 pays observateurs.

Romandie.com avec Jeuneafrique.com

Francophonie : l’élan du Canada

décembre 26, 2014

Michaëlle Jean à Ottawa en 2014
Michaëlle Jean à Ottawa en 2014 © Blaire Gables/Reuters

La participation d’Ottawa au budget de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) augmente, alors que celle de Paris ne cesse de diminuer. Est-ce la clé de l’élection de Michaëlle Jean ?

« Qui paie commande », dit-on. Et si l’explication de l’élection de la Canadienne Michaëlle Jean à la tête de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), le 30 novembre, était aussi simple que cet adage ? Selon des documents internes obtenus par Jeune Afrique, cela fait en effet plusieurs années que le Canada monte en puissance parmi les bailleurs de cette organisation.

Avec 20,7 millions d’euros de contribution en 2014, le Canada talonne désormais la France (premier bailleur avec 23,2 millions d’euros) et pourrait même la dépasser dans les prochaines années. Pour un pays presque deux fois moins peuplé et qui n’est que partiellement francophone, cet effort financier paraît important. Mais il l’est plus encore au regard de la baisse de la contribution « volontaire » (par opposition aux contributions « statutaires », fixées en fonction de la richesse nationale) de Paris.

De 18,3 millions d’euros en 2010, elle est descendue à 9,2 millions d’euros cette année, quand celle du Canada passait de 8,2 à 10,1 millions d’euros. « Je ne pense pas que cela soit l’explication principale de l’élection de Michaëlle Jean, estime, beau joueur, l’un de ses anciens rivaux au poste de secrétaire général.

Mais certains Africains déplorent que la France se détourne ainsi de l’OIF, soit par désintérêt, soit par manque de moyens. » « En réalité, notre contribution volontaire va être réévaluée à 10,5 millions d’euros d’ici à la fin de l’année car nous venons de dégeler cette ligne budgétaire », nuance-t-on au secrétariat d’État français au Développement et à la Francophonie. Il n’empêche, la contribution de la France devrait continuer de baisser au cours des prochaines années.

Qatar, mauvais élève

Quant à celle de l’Afrique, elle est presque insignifiante, en proportion : les 29 États du continent membres de plein droit versent conjointement moins de 2,3 millions d’euros au budget de l’OIF. Mais le véritable mauvais élève reste le Qatar, qui rechigne à payer sa part (pourtant modeste au regard de ses moyens) depuis son accession au statut de membre associé en 2012.

Dans ces conditions, qui aurait réellement pu s’opposer à l’élection de la candidate d’Ottawa ? « Je ne pense pas que cela ait réellement pesé, assure une source française. Les Canadiens n’auraient pas osé réduire fortement leur contribution en cas de déconvenue. » Mais s’ils l’avaient fait, nul doute que les conséquences auraient été lourdes pour l’organisation

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Francophonie : Michaëlle Jean à la tête de l’OIF, les heureux et les frustrés

décembre 1, 2014

Âgée de 57 ans, Michaëlle Jean était la plus jeune candidate au poste.
Âgée de 57 ans, Michaëlle Jean était la plus jeune candidate au poste. © AFP

En l’absence de consensus africain, c’est donc Michaëlle Jean, ancienne gouverneure du Canada, qui a été désignée pour prendre la succession d’Abdou Diouf au secrétariat général de la Francophonie. Mais la nomination d’une femme non africaine ne fait pas que des heureux. Réactions recueillies à chaud auprès, notamment, des candidats africains déçus.

« Femmes et jeunes en Francophonie : vecteurs de paix, acteurs de développement. » À l’occasion de son XVe sommet, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) s’est montrée fidèle à son slogan. Pour la première fois de son histoire, elle a en effet nommé une femme, qui plus est non estampillée « africaine » – ce qui est contraire à une règle non écrite -, au poste de secrétaire générale. Et l’heureuse élue, malgré ses 57 ans, était la plus jeune des cinq candidats en lice. Pour l’un de ses conseillers, 100% africain, lui, « Michaëlle Jean incarne la Francophonie du XXIe siècle ».

Si Michaëlle Jean est canadienne, son île natale n’a pas oublié qu’elle est aussi « une fille d’Haïti ». « Michaëlle Jean a fait campagne dans plusieurs pays africains et elle s’y sent très à l’aise car l’âme africaine est restée ancrée chez chaque Haïtien, déclare à Jeune Afrique Pierre Duly Brutus, le ministre haïtien des Affaires étrangères. Haïti est aussi l’un des pays qui ont lutté, aux Amériques et à travers le monde, pour l’usage de la langue française dans les instances internationales, notamment à l’Organisation des États américains. »

Mais si Michaëlle Jean a « l’âme africaine », une poignée d’Africains, eux, ont du vague-à-l’âme lorsqu’ils pensent à elle, malgré leur respect revendiqué pour sa personne.

Henri Lopes, candidat malheureux pour la seconde fois, l’admet sans faux semblant : « Je félicite Mme Michaëlle Jean… [silence] J’ai le cafard… Dans ces moments-là, il vaut mieux se taire. Je crois que j’ai mal lu la géopolitique africaine. »

Pour Jean-Claude de l’Estrac, la pilule a tout autant de mal à passer : « Au delà du candidat, c’est une indiscutable défaite africaine. Au Sénégal, pays de Senghor, l’Afrique laisse échapper la seule organisation internationale d’importance qu’elle contrôlait. »

Dans ce désert d’amertume, la réaction du candidat équato-guinéen, Augustin Nzé Nfumu, fait figure d’oasis : « Nous sommes heureux qu’il y ait pu avoir un consensus, c’est pour cela que nous avons retiré notre candidature. De toute façon, du sang africain coule dans les veines de la nouvelle secrétaire générale. »

La France aurait-elle lâché l’Afrique ?

De Port-Louis à Brazzaville, si la défaite est amère, ce n’est pas du fait de Michaëlle Jean. Mais plutôt parce que la France, figure tutélaire de l’OIF, est soupçonnée d’avoir trahi le pacte non écrit qui faisait de la fonction de secrétaire général de la Francophonie une chasse gardée subsaharienne.

« Je trouve surprenant que la France ait laissé ce poste échapper à l’Afrique, s’étonne ainsi Jean-Claude de l’Estrac. Et je ne suis pas sûr que cela soit dans son intérêt. »

Pour le ministre congolais des Affaires étrangères, Basile Ikouebé, « Michaëlle Jean est une bonne candidate, qui a les compétences requises. Mais nous déplorons qu’aujourd’hui, on s’oriente vers une Francophonie politique où l’on vient donner des leçons aux Africains sur leur sol, tout en menaçant les États qui ne respecteraient pas les règles constitutionnelles qu’ils feront face à des insurrections soutenues de l’extérieur. »

Une allusion à peine voilée au discours du président François Hollande, qui, parmi certaines délégations africaines, a provoqué plus de défiance que l’élection de Michaëlle Jean.

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Jeuneafrique.com par Mehdi Ba et Pierre Boisselet, à Dakar

La Canadienne Michaëlle Jean nommée nouvelle secrétaire générale de la Francophonie

novembre 30, 2014
 Michaëlle Jean est l'unique femme candidate au secrétariat général de l'OIF. © Vincent Fournier pour J.A.

Michaëlle Jean élue secrétariat général de l’OIF. © Vincent Fournier pour J.A.

Dakar – La Canadienne d’origine haïtienne Michaëlle Jean a été nommée au poste de secrétaire générale de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) lors d’un huis clos des dirigeants dimanche à Dakar, a annoncé l’OIF.

Il s’agit de la première nomination d’une personnalité non africaine, modifiant une règle non écrite selon laquelle le secrétaire général vient d’un pays du Sud – certains revendiquaient même une chasse gardée africaine – tandis que l’administrateur appartient à un pays du Nord.

Cette ex-gouverneure générale du Canada, âgée de 57 ans, a été désignée par consensus et non à l’issue d’un vote des 53 pays membres de plein droit de l’OIF, a indiqué à l’AFP une source proche des discussions.

L’OIF a annoncé cette nomination sur son compte Twitter, précisant que Mme Jean prendra ses fonctions en janvier 2015.

Je remercie les chefs d’Etat et de gouvernement de la confiance qu’ils me témoignent en me désignant secrétaire générale de la Francophonie, a déclaré Mme Jean dans un communiqué transmis à l’AFP par son équipe de campagne.

Elle a rendu hommage à son prédécesseur, l’ex-président sénégalais Abdou Diouf, qui quittera ses fonctions fin décembre, après avoir dirigé l’OIF pendant 12 ans.

Je mesure la tâche qui m’attend et je veillerai à prendre grand soin de l’héritage que nous lègue le président Diouf, a ajouté Michaëlle Jean.

J’entends répondre aux besoins et aux attentes des Etats et gouvernements membres de l’OIF tout en donnant une nouvelle impulsion à la Francophonie, a-t-elle déclaré, plaidant pour une Francophonie moderne et tournée vers l’avenir.

Quatre autres candidats étaient en lice, tous Africains, pour ce mandat de quatre ans créé en 1997, qui a successivement été occupé par l’Egyptien Boutros Boutros-Ghali et Abdou Diouf.

Concouraient l’ex-président burundais Pierre Buyoya (65 ans), l’écrivain et diplomate congolais Henri Lopes (77 ans), l’ex-Premier ministre mauricien Jean-Claude de l’Estrac (66 ans) et l’ancien ministre équato-guinéen Agustin Nze Nfumu (65 ans).

L’hypothèse d’un vote, qui aurait constitué une première dans l’histoire de l’OIF, avait plané dimanche matin en l’absence de consensus avant le début du huis clos des dirigeants.

Romandie.com avec(©AFP / 30 novembre 2014 15h56)

La Francophonie confrontée au casse-tête de la succession d’Abdou Diouf

septembre 28, 2014

La Francophonie confrontée au casse-tête de la succession d'Abdou Diouf
La Francophonie confrontée au casse-tête de la succession d’Abdou Diouf © AFP

Après 12 ans sous la férule de l’ancien président sénégalais Abdou Diouf, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) se trouve face au casse-tête de sa succession fin novembre à Dakar, pour laquelle les candidats se comptent sur les doigts d’une main.

« Il faut quelqu’un qui soit à la fois secrétaire et général », résume une source proche de l’organisation, qui compte une soixantaine de membres et 20 observateurs pour 220 millions de locuteurs à travers le monde.

Parfois décriée pour son manque de poids, l’OIF est à une période charnière. « L’après-Diouf est crucial pour voir où va aller l’OIF, voir ce qu’elle va devenir », estime un diplomate, soulignant le charisme de M. Diouf qu’on avait fini par confondre avec la fonction.

Le profil désiré était celui d’un ancien chef d’Etat ayant « l’oreille » de ses anciens collègues, mais diplomates et hommes politiques ont revu l’objectif à la baisse: aucun candidat ne correspond !

La France, qui n’a pas encore pris position, espérait même l’émergence d’un candidat de la société civile. « Chanteur, écrivain, artiste. . . Pourquoi pas? Cette règle d’un ancien chef d’Etat n’est pas inscrite dans le marbre », selon une source au Quai d’Orsay.

– Michaelle Jean, une longueur d’avance –

La Canadienne Michaelle Jean semble avoir une longueur d’avance sur ses quatre concurrents. Gouverneure générale de son pays de 2005 à 2010, et envoyée spéciale de l’Unesco pour Haïti, cette ancienne journaliste de 57 ans connaît à la fois la maison, puisqu’elle a été grand témoin de la Francophonie aux jeux Olympiques de Londres 2012, et les rouages des grandes organisations mondiales.

Elle a aussi l’avantage d’être du Sud avec ses origines haïtiennes, tout en étant soutenue par un des plus grands bailleurs de l’OIF, le Canada (mais aussi ses provinces de Québec et du Nouveau-Brunswick, membres à part entière).

Mme Jean veut mettre en place « une stratégie économique pour la francophonie ». « On ne peut pas penser désamorcer des crises (. . . ) si on ne pense pas aussi au développement », assure-t-elle, soulignant l’importance de l’éducation, « arme de construction massive ».

Autre atout, une femme pourrait donner à l’OIF une image plus dynamique. Toutefois, sa candidature de se heurte à un obstacle de taille: elle n’est pas Africaine.

– ‘Défaite diplomatique africaine’ ?-

Une règle non écrite veut en effet que le secrétaire général soit une personne du Sud –certains estiment même qu’il doit rester une chasse gardée africaine –, alors que de nombreux postes de haut niveau sont occupés par des gens du Nord.

Mme Jean en est consciente et n’hésite pas à évoquer ses origines haïtiennes et l’esclavage: « Je suis reçue comme une sœur, comme une fille de l’Afrique ».

Une source diplomatique du continent noir souligne: « Un secrétaire général non africain pourrait être perçu comme une défaite diplomatique africaine. En plus cela bouleverserait la géopolitique de l’institution. . .  »

Le Gabonais Jean Ping, ancien président de la commission de l’Union africaine et diplomate reconnu, présentait un profil idéal mais on lui prête des ambitions présidentielles dans son pays et il a décliné les approches.

Médiateur estimé en Afrique, l’ancien président burundais Pierre Buyoya (1987-1993, 1996-2003) devrait être barré, sauf surprise, par son passé d’ancien putschiste dans son pays semble vouer sa candidature à l’échec.

Du coup, l’ex-Premier ministre mauricien, Jean-Claude De Lestrac, secrétaire général de la Commission de l’Océan indien, pourrait tirer son épingle du jeu.

Des pays africains ont accepté de tirer un trait sur Buyoya mais pas sur une candidature africaine. « De Lestrac s’est retrouvé en tête de liste », confie-t-on de source africaine.

L’écrivain congolais Henri Lopes, déjà candidat au poste par le passé, joue sur le même registre mais son âge, 77 ans, et ses postes de ministres sous Denis Sassou Nguesso sont un handicap. Il est actuellement ambassadeur du Congo à Paris.

Le cinquième et dernier candidat, l’Equato-Guinéen Agustin Nze Nfumu ne semble avoir aucune chance. Mais, La Guinée largement hispanophone a peut être les moyens de peser avec ses pétrodollars alors que l’OIF a du mal à se financer.

Lors du sommet de Dakar fin novembre, les chefs d’Etat décideront à huis clos. Derrière les portes closes, les règles non écrites pourront alors être adaptées. Ou pas.

Jeuneafrique.com