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Migrants : un bébé d’un an a fait seul la traversée de la Méditerranée

décembre 18, 2021

Un enfant de un an, dont le nom reste inconnu, a été retrouvé sur l’île de Lampedusa à l’arrivée d’une embarcation de quelque 70 migrants.

Un groupe de jeunes migrants, pris en charge par l'ONG Save the Children Italia, sur l'iel de Lampedusa, le 16 mai 2021.
Un groupe de jeunes migrants, pris en charge par l’ONG Save the Children Italia, sur l’îel de Lampedusa, le 16 mai 2021.© ALBERTO PIZZOLI / AFP

Il était tout seul. Un enfant de un an a été retrouvé seul sur l’île de Lampedusa. Selon le quotidien La Repubblica, il aurait fait la traversée de la Méditerranée seul, à bord d’une embarcation où se trouvaient quelque 70 hommes. Ses parents l’auraient eux-mêmes confié aux autres migrants, qui ignoraient son identité, les suppliant de le garder en sécurité pendant la traversée, peut-être parce qu’ils n’avaient pas pu embarquer avec lui, ajoute le quotidien.

« Il a traversé la Méditerranée avant même d’avoir appris à marcher. Il a bravé les vagues seul », a écrit La Repubblica, soulignant que l’enfant est « trop jeune pour révéler son nom et son histoire ».

Un adolescent a perdu sa mère lors de la traversée

Quelque 500 migrants sont arrivés en sept débarquements distincts sur la petite île au cours des deux derniers jours, d’après le journal. Parmi les autres migrants arrivés récemment figure un adolescent de 14 ans, dont la mère est décédée lors d’une tentative de sauvetage au large de l’île. « Elle se trouvait sur un bateau avec 25 autres personnes, dont son propre fils qui l’a vue se noyer », a indiqué Médecins Sans Frontières (MSF) sur Twitter. « Une nouvelle perte qui aurait pu être évitée aux portes de l’Europe, une nouvelle vie fauchée par des politiques migratoires irresponsables », a déploré MSF.

Les départs de migrants souhaitant gagner l’Europe via la Méditerranée, en partant de Libye ou de Tunisie, sont en forte hausse par rapport aux années précédentes. Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), quelque 1 340 personnes sont mortes en tentant la dangereuse traversée de la Méditerranée centrale depuis le début de l’année.

Avec AFP

La majorité des migrants noyés dans la Manche à la fin de novembre est désormais identifiée

décembre 14, 2021

Ce naufrage est le plus meurtrier depuis que les migrants tentent de rejoindre l’Angleterre par la mer. Quatre arrestations avaient été annoncées par les autorités françaises à la suite de ce drame.

Elles s’étaient noyées dans la Manche la nuit du 24 novembre alors qu’elles tentaient de rejoindre les côtes anglaises. Vingt-six des vingt-sept personnes mortes cette nuit-là ont été « formellement identifiées », a annoncé la procureure de Paris dans un communiqué, mardi 14 décembre.

La commission d’identification des victimes, tenue lundi, a confirmé « l’identité de seize personnes kurdes d’Irak, dont quatre femmes âgées de 22 à 46 ans, un adolescent de 16 ans, une enfant de 7 ans et dix hommes âgés de 19 à 37 ans, ainsi que celle d’un homme kurde d’Iran de 23 ans », rapporte le communiqué. « Ont également été identifiés trois Ethiopiens, dont deux femmes de 22 et 25 ans et un homme de 46 ans, une femme somalienne de 33 ans, quatre hommes afghans âgés de 24 à 40 ans et un homme égyptien de 20 ans. » Un dernier corps reste encore à identifier.

Multiplication des tentatives de traversée

Ce naufrage est le « pire accident », selon la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord, depuis l’augmentation importante, en 2018, des traversées migratoires en raison du verrouillage croissant du port de Calais et d’Eurotunnel, emprunté jusque-là par les migrants tentant de rallier l’Angleterre.

Les tentatives de traversée migratoire de la Manche à bord de petites embarcations ont doublé ces trois derniers mois, avait mis en garde, le 19 novembre, le préfet maritime de la Manche et de la mer du Nord, Philippe Dutrieux. Au 20 novembre, 31 500 migrants avaient quitté les côtes depuis le début de l’année et 7 800 migrants avaient été sauvés, avait-il affirmé. Selon Londres, 22 000 migrants ont réussi la traversée sur les dix premiers mois de l’année. L’agence britannique Press Association (PA) a estimé ce chiffre à plus de 25 700, soit trois fois plus que sur toute l’année 2020.

M. Dutrieux expliquait notamment ce phénomène par « le cynisme des organisations qui sont derrière ces passages, qui jettent à l’eau des migrants parce que c’est une entreprise qui rapporte bien ». Quatre arrestations avaient été annoncées par les autorités françaises dans la foulée du naufrage pour leur implication présumée dans l’incident.

Par Le Monde avec AFP et Reuters

France-Calais : plus de 20 migrants morts dans un naufrage, Darmanin sur place

novembre 24, 2021

Plus de 20 migrants sont morts dans le naufrage de leur embarcation dans la Manche. Le ministre de l’Intérieur a décidé de se rendre sur place.

Gerald Darmanin se rend a Calais, a la suite du naufrage d'une embarcation de migrants qui a fait plusieurs morts, mercredi 24 novembre.
Gérald Darmanin se rend à Calais, à la suite du naufrage d’une embarcation de migrants qui a fait plusieurs morts, mercredi 24 novembre.© JULIEN DE ROSA / AFP

Une embarcation de migrants a chaviré dans la Manche, au large de Calais, mercredi 24 novembre en début d’après-midi. Plus de 20 migrants, qui étaient à bord de ce bateau de fortune, sont morts dans le naufrage. Ils tentaient tous de gagner la Grande-Bretagne. « Vers 14 heures, un pêcheur a signalé la découverte d’une quinzaine de corps flottant au large de Calais. Un bâtiment de la marine nationale a repêché plusieurs corps, dont cinq personnes décédées et cinq inconscientes, selon un bilan provisoire », a-t-on ajouté dans un premier temps de même source. Le ministre de l’Intérieur a décidé de se rendre sur place, selon cette source.

« Forte émotion devant le drame des nombreux morts dû au chavirage d’un bateau de migrants dans la Manche. On ne dira jamais assez le caractère criminel des passeurs qui organisent ces traversées », a tweeté Gérald Darmanin.

Une enquête ouverte

Le parquet de Dunkerque a annoncé à l’Agence France-Presse l’ouverture d’une enquête pour « aide à l’entrée au séjour irrégulier en bande organisée » et « homicide involontaire aggravé ». Selon la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord, trois hélicoptères et trois bateaux participent aux recherches.

Vendredi dernier, la préfecture maritime avait comptabilisé 31 500 tentatives de départ vers la Grande-Bretagne et 7 800 migrants sauvés, depuis le début de l’année. Ces tentatives de traversée ont causé un total de « sept décès ou disparus » depuis le 1er janvier, avait-elle ajouté.

Par Le Point avec AFP

Antonio Dikele Distefano : « Les Noirs d’Europe ne se préoccupent pas du sort des migrants »

novembre 23, 2021
Antonio Dikele Distefano est à la fois écrivain, scénariste et présentateur d’émissions télévisées © Basso CANNARSA/Opale/Leemage

Dans le roman « Invisible », déjà adapté sur Netflix, cet Italien d’origine angolaise retrace le parcours du combattant d’un Noir en Europe. Entretien avec ce touche-à-tout qui témoigne du racisme et évoque sans détours la question de l’immigration.

« Invisible »  est à la fois tout et rien. Dans ce premier roman paru le 9 octobre, Antonio Dikele Distefano met en scène Zéro, un personnage à la fois timide et engagé qui navigue dans cette Italie où les gens de couleurs peinent à se faire une place. Si l’auteur affirme que ce roman n’est pas un autoportrait, il est tout de même difficile de ne pas le confondre avec son personnage principal.

L’enfance d’Antonio, né en 1992 à Ravenne, en Émilie-Romagne, est marquée par la précarité. Chômage, fins de mois compliquées, expulsions… Sa famille, qui a fui la guerre civile en Angola, se heurte vite aux réalités des migrants africains en Italie. Très jeune déjà, tout comme Zéro, Antonio se sent « vieux » face aux difficultés. Alors que sa mère est rentrée au pays, il se confronte dès l’âge de 17 ans à la vie d’un adulte noir en Italie. Mais il se forge rapidement une carapace et pause petit à petit ses pions.

Écrivain, scénariste, présentateur d’émissions télévisées, le parcours de cet autodidacte à qui le destin n’a pas fait de cadeau est aujourd’hui un symbole de réussite dans la péninsule. Ce succès est le fil conducteur de ce roman aujourd’hui adapté en série et disponible sur la plateforme Netflix, qui laisse peu de place au fatalisme.

Jeune Afrique : Votre roman s’intitule « Invisible » et le personnage principal porte le nom de Zéro. Pourquoi ces choix ?

Antonio Dikele Distefano : Le mot « zéro » représente tout et rien. Alors dans ce roman j’ai voulu dessiner un personnage auquel tous les lecteurs pouvaient s’identifier. Ce terme peut aussi renvoyer à la fois à l’invisibilité et à la visibilité d’une personne noire en Italie. Quand on est noir dans ce pays, nous sommes soumis aux jugements. Les Noirs sont ceux qui attisent les débats. En revanche, du point de vue de la loi et de l’état civil, nous sommes invisibilisés.

Enfin, ce chiffre représente graphiquement un point et un espace qu’on peut remplir avec ce que l’on veut. C’est exactement ce que fait le personnage du livre en se créant sa propre histoire pour ne pas tomber dans un certain déterminisme social. Il ne veut pas vivre la vie que la société veut lui imposer, mais celle qu’il veut inventer.

Dans votre livre, vous utilisez quelques mots en lingala. Le parlez-vous ? 

J’ai appris le lingala à la maison. Mon père s’est toujours exprimé en lingala avec ses frères. Chez nous la règle était simple, quand mon père me parlait en lingala, il fallait que je lui réponde dans la même langue et non en italien. 

Quel est donc votre rapport à l’Afrique ? 

L’Afrique est un continent que j’ai dans la peau et c’est probablement l’endroit où je me sens le mieux. J’y vais autant que je peux et à terme, j’aimerais partager ma vie entre le continent et l’Italie.

LES NOIRS D’EUROPE SE SONT MOBILISÉS APRÈS LA MORT DE GEORGE FLOYD MAIS NE S’OCCUPENT PAS DU SORT DES MIGRANTS

Dans l’un des passages de votre livre, vous dîtes : « les Africains défendent une identité qui ne leur appartient pas. L’histoire m’a appris que si je suis d’origine angolaise c’est parce que les Européens l’ont voulu ». Qu’est ce que cela signifie ? 

Les Noirs sont avant tout animistes, même si les colons ont voulu nous faire croire que cette pratique incarne le mal. Les frontières africaines qui prévalent aujourd’hui ne nous appartiennent pas. Un jour, les Européens se sont assis à une table et se sont partagé le continent comme un gâteau. C’est pour cette raison que je m’identifie d’abord à une tribu au lieu de dire que je suis angolais. Mes ancêtres étaient bantous avant l’arrivée des Portugais.

« Invisible », d’Antonio Dikele Distefano, Liana Lévi, 224 pages, 16 euros
« Invisible », d’Antonio Dikele Distefano, Liana Lévi, 224 pages, 16 euros © DR

Les afro-descendants doivent-ils donc revenir aux sources pour mieux appréhender leur identité ?

Absolument. Il manque à un enfant noir qui vit en Europe une certaine dimension historique de son identité. À l’école, l’histoire des Africains se résumait à la traite des esclaves et à leur déportation en Amérique. C’est en partie à cause de cette erreur d’appréciation qu’en Europe, les Noirs ont tendance à adopter les luttes afro-américaines.

En Italie et ailleurs, j’ai vu beaucoup d’entre eux aller dans les manifestations après la mort de George Floyd. Mais quand il s’agit de se préoccuper du sort des migrants qui se noient dans la Méditerranée, il n’y a personne. C’est déplorable puisque ces migrants sont plus proches de nous.

Les Noirs d’Europe doivent-ils alors constituer leurs propres luttes ?

Cela est inévitable. Nous devons mener une lutte instructive qui ne vient pas forcément d’un sentiment de rage. La bataille doit être portée sur le plan politique et sur le plan économique. Il faut des Noirs en politique, dans la littérature et au sein des organisations économiques. En Europe, la réussite de l’homme noir ne doit pas forcément se résumer aux footballeurs.

QUAND IL S’AGIT D’IMMIGRATION, LES PERSONNES DE COULEUR SONT CLASSÉES DANS UNE SOUS-CATÉGORIE

Alors que les partis d’extrême droite ont le vent en poupe en Europe, quel regard portez-vous sur l’immigration  ?

La stigmatisation des migrants africains n’a pas de sens. En Italie, on ne cesse de les tenir responsables de tous les maux alors qu’ils sont minoritaires. La plupart des migrants italiens viennent d’Europe de l’Est et d’Europe du Sud. Ces personnes se sont aussi déplacées pour trouver de meilleurs opportunités. Quand il s’agit d’immigration, les personnes de couleur sont classées dans une sous-catégorie.

Dans le roman, Zéro est constamment victime de discriminations. L’Italie est-elle un pays raciste ? 

L’Italie est un pays raciste dans ses lois mais on ne peut pas dire que tous les Italiens le sont. Cela fait huit ans que j’entends dire que je suis un nouvel Italien parce que j’ai acquis la nationalité. Cela n’a aucun sens puisque je suis né dans ce pays et je me sentais italien avant d’être naturalisé. Être italien est un droit, ce n’est pas un mérite.

Avec Jeune Afrique par Fatoumata Diallo

La Biélorussie affirme que les campements de migrants à la frontière polonaise ont été évacués

novembre 18, 2021

Nombre de ceux qui campaient à la frontière ont été emmenés vers des hangars situés non loin, selon l’agence de presse biélorusse Belta. Dans le même temps, le rapatriement de certains Irakiens a commencé.

Des camps de migrants désertés, le 18 novembre 2021, à Grodno, en Biélorussie, à la frontière polonaise.
Des camps de migrants désertés, le 18 novembre 2021, à Grodno, en Biélorussie, à la frontière polonaise. LEONID SHCHEGLOV / AFP

L’agence de presse biélorusse Belta a annoncé, photos à l’appui, jeudi 18 novembre, que des migrants ont quitté deux principaux camps qu’ils occupaient près de Bruzgi, en Biélorussie, à la frontière polonaise, et nombre d’entre eux ont été emmenés vers des hangars situés non loin.

Un porte-parole des gardes-frontières polonais a confirmé que ces camps avaient été évacués. Ils « sont désormais vides, les migrants ont été le plus probablement emmenés vers le centre de logistique et de transport qui n’est pas loin du poste frontière de Bruzgi », a-t-il par ailleurs déclaré. « Il n’y avait pas d’autres camps de ce type (…), mais il y a eu des groupes qui apparaissaient à d’autres endroits pour tenter de franchir la frontière. Nous allons voir ce qu’il se passe dans les prochaines heures (…). Il y a encore des gens par là, mais ça se vide clairement », a-t-il poursuivi.

Parallèlement, quelque 430 Irakiens se sont manifestés pour rentrer en Irak, a annoncé Majid Al-Kilani, le consul d’Irak en Russie, cité par l’agence Associated Press. Un appareil de la compagnie Iraqi Airways a décollé dans l’après-midi de Minsk pour Bagdad, où le gouvernement avait annoncé le « rapatriement » de ses ressortissants « volontaires ».

  • « Fake news » sur le rapatriement

« Environ 7 000 » migrants se trouvent actuellement en Biélorussie, dont environ 2 000 à la frontière avec la Pologne, a affirmé jeudi la présidence biélorusse. Sa porte-parole, Natalia Eïsmont, a déclaré que Minsk allait œuvrer au rapatriement de 5 000 migrants, assurant que la chancelière allemande, Angela Merkel, allait négocier avec l’UE un « corridor humanitaire » pour évacuer les 2 000 restants vers l’Allemagne. Cette information a toutefois été démentie par la chancellerie allemande. Le ministre de l’intérieur allemand, Horst Seehofer, en visite à Varsovie, a déclaré qu’il avait « immédiatement contacté » la chancelière après avoir entendu les déclarations biélorusses et avait « reçu l’information claire qu’il s’agissait de fake news” ».

  • Arrestations en Pologne

De leur côté, les forces de sécurité polonaises ont annoncé qu’elles ont arrêté une centaine de migrants alors qu’ils tentaient de franchir la frontière avec la Biélorussie dans la nuit de mercredi 17 novembre à jeudi 18 novembre, Varsovie accusant Minsk d’avoir orchestré cette tentative d’entrée dans l’Union européenne.

Le ministère de la défense polonais a accusé les Biélorusses d’avoir « forcé les migrants à jeter des pierres sur les soldats polonais afin de détourner leur attention ». « La tentative de franchir la frontière a eu lieu à quelques centaines de mètres de là », près du village de Dubicze Cerkiewne, a précisé le ministère.

Une vidéo diffusée par le ministère de la défense montre des soldats polonais entourant un groupe important de migrants accroupis par terre la nuit dans une forêt près d’une barrière de fils de fer barbelés. « L’attaque d’hier [mercredi] a été menée par des forces spéciales [de la Biélorussie] », a accusé une nouvelle fois le ministère. L’incident n’a pas pu être vérifié de manière indépendante, car l’accès à la zone frontalière est interdit aux journalistes du côté polonais.

Lors d’un autre incident, des séquences vidéo diffusées par les gardes-frontières biélorusses montraient un chien garde-frontière lituanien mordant un homme allongé sur le sol dans un sac de couchage. Les gardes-frontières lituaniens ont admis l’incident, affirmant qu’ils tentaient de repousser un groupe de migrants en Biélorussie et que les gardes-frontières n’avaient pas vu le migrant.

  • Le G7 condamne Minsk

Les pays du G7 ont appelé jeudi la Biélorussie à mettre fin « immédiatement » à la crise migratoire en cours aux frontières de l’UE, accusant Minsk de chercher à « détourner l’attention » des violations du droit international et des droits humains. L’Occident accuse Minsk d’avoir orchestré depuis l’été cet afflux, en réponse à des sanctions occidentales contre la Biélorussie après la répression, en 2020, d’un mouvement d’opposition historique.

Dans un communiqué, les chefs de la diplomatie du Royaume-Uni (qui occupe la présidence tournante du G7), de France, des Etats-Unis, du Canada, d’Allemagne, d’Italie, du Japon et de l’Union européenne ont condamné « l’orchestration par le régime biélorusse de l’immigration illégale à travers ses frontières »« Nous demandons au régime de cesser immédiatement sa campagne agressive et d’exploitation afin d’éviter de nouvelles morts et de nouvelles souffrances », ont-ils déclaré.

Le G7 a demandé à Minsk d’accorder aux organisations internationales « un accès immédiat et sans entrave pour livrer de l’aide humanitaire » et a exprimé sa « solidarité » avec la Pologne, la Lituanie et la Lettonie, victimes « d’un usage provocateur de l’immigration illégale ».

  • Nouvel entretien Loukachenko-Merkel

Le président biélorusse, Alexandre Loukachenko, et la chancelière allemande, Angela Merkel, s’étaient entretenus dans la journée par téléphone, pour la seconde fois en trois jours, afin d’évoquer ce dossier qui provoque de graves tensions entre l’UE et la Biélorussie soutenue par Moscou.

Isolé depuis sur la scène internationale, Minsk a soutenu mercredi que l’appel entre Mme Merkel et M. Loukachenko avait abouti à un accord sur l’organisation de pourparlers Biélorussie-UE. Mais cette annonce a été immédiatement nuancée par Berlin, qui n’a évoqué qu’une coopération entre Minsk et l’UE pour fournir une aide humanitaire aux migrants coincés à la frontière, la Commission européenne évoquant seulement des « discussions techniques » avec Minsk sur le rapatriement dans leur pays des migrants, la Biélorussie devant « donner accès à l’aide humanitaire et fournir un abri aux migrants dans le pays ».

Par Le Monde avec AFP

Traversée de migrants: la France n’a « pas de leçons à recevoir des Britanniques »

novembre 15, 2021
Traversee de migrants: la France n'a "pas de lecons a recevoir des Britanniques"
Traversée de migrants: la France n’a « pas de leçons à recevoir des Britanniques »© AFP/Archives/Bertrand GUAY

« Nous n’avons pas de leçons à recevoir des Britanniques » sur la gestion par la France des migrants qui veulent rejoindre la Grande-Bretagne, s’est exclamé lundi le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, qui s’entretiendra dans la journée avec son homologue d’outre-Manche.

Les Britanniques « doivent arrêter de nous prendre pour des punching balls de politique intérieure », a ajouté sur CNews le ministre.

Alors qu’il était prévu que Priti Patel vienne à Paris pour y rencontrer à 19H00 son homologue français, l’attentat de Liverpool a bouleversé l’agenda de la ministre britannique; la discussion entre les deux responsables aura donc lieu en visioconférence, a-t-on appris dans l’entourage de M. Darmanin.

« Nous ne sommes ni leurs collaborateurs, ni leurs supplétifs », a dit encore sur CNews le ministre de l’Intérieur.

Gérald Darmanin a fait valoir que la situation à Calais, où des migrants sont massés dans l’espoir de gagner la Grande-Bretagne, était le fait du gouvernement de Boris Johnson.

« Je rappellerai à mon homologue britannique, a-t-il dit, que les ONG qui empêchent la police et la gendarmerie de travailler, ce sont des ONG en grande partie britanniques avec des citoyens britanniques qui sont sur le sol français et font de l’agit-prop ».

Il a fait valoir en outre que « les passeurs, qui organisent des réseaux et exploitent des femmes et des enfants (…) sont très souvent en Grande-Bretagne ».

Enfin, M. Darmanin a critiqué le « marché du travail qui en Grande-Bretagne fonctionne en grande partie grâce à une armée de réserve, comme dirait Karl Marx, des gens irréguliers qui peuvent travailler à bas coût ». « Si les Britanniques changeaient très fortement leur législation – ils l’ont fait, mais pas assez – les gens ne seraient plus à Calais ou à Dunkerque », a-t-il souligné.

« C’est nous qui subissons la politique britannique. Il ne faut pas inverser les rôles », a lancé le ministre de l’Intérieur.

Le porte-parole du Premier ministre britannique a assuré lundi que le gouvernement de Boris Johnson voulait « travailler de manière constructive » à la « recherche d’une solution ».

Vendredi, la tension s’était accrue entre Londres et Paris, après que le nombre de traversées illégales de la Manche a atteint un record la veille avec au total 1.185 migrants ayant réussi à atteindre le sol britannique, selon le ministère britannique de l’Intérieur

Par Le Point avec AFP

Migrants : fortes tensions à la frontière entre la Pologne et la Biélorussie

novembre 8, 2021

L’Union européenne accuse le président biélorusse, Alexandre Loukachenko – lequel dément –, d’avoir orchestré l’arrivée d’une vague de migrants et de réfugiés, en réponse aux sanctions imposées par Bruxelles.

Des migrants tentent de franchir le passage frontalier de Kuznica, le lundi 8 novembre 2021.
Des migrants tentent de franchir le passage frontalier de Kuznica, le lundi 8 novembre 2021. HANDOUT / VIA REUTERS

Les autorités polonaises ont averti, lundi 8 novembre, que des centaines de migrants, en provenance de la Biélorussie, essayaient de franchir la frontière de la Pologne, limite orientale de l’Union européenne (UE). Cette dernière accuse le président biélorusse, Alexandre Loukachenko – lequel dément –, d’avoir orchestré l’arrivée d’une vague de migrants et de réfugiés, venus principalement du Moyen-Orient pour tenter d’entrer sur le territoire de l’UE, en réponse aux sanctions imposées par Bruxelles à la suite de la répression brutale de son régime contre l’opposition.

La Pologne a envoyé des milliers de soldats à la frontière, y a construit une clôture de fils barbelés à lames de rasoir et a appliqué un état d’urgence local interdisant aux journalistes de travailler. « Un groupe de quelques centaines de personnes se dirigent vers le passage frontalier de Kuznica. Un groupe a déjà essayé de franchir la frontière », a déclaré à la presse le porte-parole du gouvernement polonais Piotr Müller. Selon lui, cette opération est organisée « par les personnes liées à des services spéciaux biélorusses ».about:blankhttps://acdn.adnxs.com/dmp/async_usersync.html

« L’utilisation des migrants par le régime [du président biélorusse Alexandre] Loukachenko comme tactique hybride est inacceptable », a estimé dans un communiqué un responsable de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord. Et d’ajouter : « Nous sommes préoccupés par la récente escalade à la frontière entre la Pologne et la Biélorussie. Nous appelons la Biélorussie à se conformer au droit international. »

Une partie de la clôture frontalière détruite

Depuis lundi matin, des dizaines de vidéos ont été publiées sur les réseaux sociaux. Les images montrent des groupes de centaines de personnes, avec des vêtements chauds et des sacs à dos, marchant le long d’une route. Selon une géolocalisation faite par le service de vérification des informations de l’Agence France-Presse, une des vidéos a été prise près de bâtiments situés à Bruzgi, en Biélorussie, à 1,2 km de la frontière avec la Pologne. Une vidéo publiée sur Twitter par le ministère de la défense polonais fait, quant à elle, état de centaines de migrants massés le long de la frontière près du poste-frontière de Kuznica-Bruzgi.

Une autre vidéo publiée par le ministère de l’intérieur montre une partie de la clôture frontalière installée par la Pologne détruite, avec, d’un côté, des centaines de migrants et, de l’autre, des soldats, gardes-frontières polonais et des policiers en tenue antiémeute. « Les services polonais ont empêché les migrants de se frayer un chemin du côté polonais au sud du poste-frontière de Kuznica. La situation était sous contrôle », a fait savoir le ministère dans le tweet.

De leur côté, les gardes-frontières biélorusses ont confirmé lundi dans un communiqué : « En ce moment, un grand groupe de réfugiés avec des effets personnels se déplace le long de l’autoroute vers la frontière avec la Pologne. »

Cellule de crise

A Varsovie, une cellule de crise du gouvernement – à laquelle ont participé le premier ministre, Mateusz Morawiecki, et les ministres de l’intérieur et de la défense – s’est réunie à 13 heures pour discuter de la situation. Au moins dix migrants sont morts jusqu’à présent dans la région, dont sept du côté polonais de la frontière, selon le quotidien du pays Gazeta Wyborcza.

La chef de l’opposition biélorusse, Svetlana Tsikhanovskaïa, a reproché lundi au président Alexandre Loukachenko d’avoir orchestré ce qu’elle a qualifié d’« attaque hybride » et a appelé le Conseil de sécurité des Nations unies à réagir dans un message publié lundi sur Twitter :

« Les migrants sont poussés à la frontière par des hommes armés. Loukachenko est pleinement responsable de l’attaque hybride contre la Pologne, la Lituanie et l’Union européenne. Le trafic de migrants, la violence et les mauvais traitements doivent cesser. Une réponse forte est nécessaire. #UNSC devrait discuter de cette crise. »

Avec Le Monde avec AFP

Algérie : le trafic de migrants vers l’Espagne a généré près de 60 millions d’euros en 2021

novembre 4, 2021
Deux clandestins algériens conduits par un policier espagnol à un Centre d’assistance temporaire pour étrangers, à Almeria, le 16 octobre 2021. © JORGE GUERRERO/AFP

Une véritable industrie. Depuis plusieurs mois, les arrivées d’embarcations de migrants algériens en Espagne se multiplient. Un trafic qui s’est professionnalisé, générant des millions d’euros de bénéfices sur le dos des candidats au départ.

Tolérance zéro. C’est la politique que les autorités espagnoles ont décidé d’adopter à l’égard des migrants clandestins pour tenter d’endiguer les vagues successives de harragas qui arrivent en provenance des côtes ouest de l’Algérie depuis plusieurs mois.

Mardi soir, un navire de la compagnie Trasmediterránea a quitté le port d’Almeria en direction d’Oran avec à son bord une centaine de migrants qui avaient été détenus pendant plus d’un mois dans des centres de rétention à Madrid, Valence et Barcelone. D’autres expulsions devraient suivre dans les prochaines semaines.

PRÈS DE 10 000 ALGÉRIENS SONT ENTRÉS CLANDESTINEMENT SUR LE TERRITOIRE ESPAGNOL EN 2021

Face à un phénomène qui a pris une ampleur inédite depuis le début de l’été, le gouvernement espagnol a donc décidé d’agir. Il s’active pour le rapatriement des migrants récemment arrêtés ou interceptés, et le transfert des clandestins dans des centres de rétention répartis à travers le territoire espagnol. La tâche se révèle ardue dans la mesure où la quasi-majorité des clandestins arrivant des côtes algériennes ne possèdent pas de pièce d’identité, ce qui complique leur expulsion vers leur pays d’origine.

Un autre front a été ouvert par les autorités, celui-là contre les réseaux criminels opérant sur l’axe Dellys-Mostaganem-Oran avec des complicités dans le sud de l’Espagne. Selon un document interne des autorités espagnoles que l’AFP a consulté, près de 10 000 Algériens sont entrés clandestinement sur le territoire espagnol depuis le début de l’année.

Navires plus performants

Ce chiffre ne tient pas compte des personnes qui ont pu échapper aux autorités portuaires. Au cours des mois de septembre et d’octobre, les services de sécurité algériens ont intercepté 1 793 harragas alors qu’ils tentaient de rejoindre les côtes espagnoles. En 2020, le bilan des entrées de clandestins en provenance d’Algérie dans les ports d’Almeria, Murcie et Alicante s’était établi à 11 500 personnes.

En raison des conditions climatiques clémentes, des dizaines de bateaux, de plus en plus performants, partent quotidiennement des plages de l’ouest algérien. L’époque où les harragas embarquaient sur des rafiots, des chalutiers, des bateaux pneumatiques ou de vieux esquifs semble révolue, laissant ainsi place à une industrie de la migration dirigée et contrôlée par des réseaux trans-méditerranéens.

Une récente enquête de l’Unité contre l’immigration irrégulière (UCRIF) de la police espagnole révèle que ces vagues successives de clandestins visent la saturation, le débordement et l’effondrement des services publics de sauvetage, d’interception, d’assistance humanitaire et sanitaire ainsi que d’accueil des migrants.

Car le dérèglement de ses structures permettrait à ces organisations criminelles d’acheminer un nombre croissant de migrants et de générer de plus en plus de revenus. L’enquête a également établi que ces réseaux disposent aujourd’hui d’une flotte de « bateaux-taxis », des embarcations dotées de puissants moteurs de 200 à 300 chevaux permettant de gagner rapidement les côtes espagnoles et d’effectuer plusieurs rotations par semaine.

CERTAINS VOYAGEURS VONT JUSQU’À DÉBOURSER 1 MILLION DE DINARS POUR LA TRAVERSÉE

Des écoutes effectuées par la police espagnole sur les téléphones portables de plusieurs trafiquants ont mis en lumière l’existence d’un réseau algéro-espagnol spécialisé dans l’achat et la livraison en Algérie de bateaux achetés auprès de fournisseurs espagnols.

Au cours des dernières semaines du mois d’octobre, la police espagnole a effectué des descentes dans les structures d’accueil de l’îlot d’Escombreras, dans la baie de Carthagène, pour enquêter auprès des migrants sur ce vaste réseau.

Renchérissement

Six personnes, âgées de 18 à 35 ans, ont été arrêtées et inculpées pour crimes liés à l’immigration clandestine. Les prévenus ont accepté de coopérer avec la justice pour identifier les passeurs et leurs acolytes qui opèrent entre les deux rives.

L’acquisition de ces vedettes rapides et modernes a induit une hausse du prix de la traversée. Le coût d’une place sur un bateau s’élève aujourd’hui à plus de 800 000 dinars (environ 5 000 euros). Établi en fonction du poids et de la taille du voyageur clandestin, ainsi que des conditions météo, ce tarif peut être revu à la hausse. Certains voyageurs vont jusqu’à débourser 1 million de dinars (6 300 euros).

La réussite de la traversée de milliers de migrants agit comme un appel d’air pour les candidats qui souhaitent partir… et provoque le renchérissement du prix du voyage. Le trafic génère des fortunes qui permettent aux membres du réseau d’investir davantage dans ces bateaux et de verser des commissions substantielles aux complices.

Selon les estimations effectuées par JA, le commerce de la migration clandestine a généré plus de 60 millions d’euros au profit des réseaux de passeurs depuis le début de l’année 2021.

Avec Jeune Afrique par Farid Alilat

Mexique: déploiement policier dans un camp de migrants haïtiens

septembre 23, 2021
Mexique: deploiement policier dans un camp de migrants haitiens
Mexique: déploiement policier dans un camp de migrants haïtiens© AFP/PEDRO PARDO

La tension régnait jeudi dans un camp de migrants haïtiens installé dans la ville mexicaine de Ciudad Acuña (nord), à la frontière avec les États-Unis, après le déploiement d’une centaine de policiers mexicains, ont constaté des journalistes de l’AFP.

« Ils vont nous expulser ? », demande, visiblement angoissé, un homme après le déploiement des patrouilles. « Je n’ai rien dans mon pays. Que vont-ils faire ? », demande au bord des larmes une Haïtienne, qui dit s’appeler Sonia.

Les forces de l’ordre se sont déployées après l’annonce faite par l’Institut national des migrations (INM) indiquant que la situation des migrants serait examinée afin de les renvoyer dans la ville où ils ont initialement déposé leur demande d’asile.

« Ceux qui sont entrés (au Mexique) et ont demandé l’asile doivent poursuivre leurs démarches devant les instances où leur demande a été déposée », a expliqué à des journalistes Francisco Garduño, l’envoyé spécial de l’INM à Ciudad Acuña.

Cette demande doit permettre à terme aux migrants clandestins de rester légalement au Mexique et d’éviter l’expulsion, dans l’attente d’une entrée éventuelle aux États-Unis.

Les policiers sont arrivés à l’aube près du parc où sont massés depuis près d’une semaine plusieurs centaines de migrants, a constaté l’AFP.

Les forces de l’ordre mexicaines se sont postées le long du fleuve Rio Grande, traversé quotidiennement par des centaines de clandestins qui vont et viennent d’une rive à l’autre pour tenter de s’approvisionner en nourriture et médicaments.

Plusieurs véhicules des garde-frontières américains étaient visibles du côté américain de la frontière. Un hélicoptère survole également la zone en permanence, selon les journalistes de l’AFP.

« Nous sommes venus pour coordonner l’assistance à cette population qui se retrouve en situation de vulnérabilité. Le respect de ces personnes est garanti », a assuré Francisco Garduño.

Des fonctionnaires de l’INM étaient présents au début du déploiement des forces de sécurité, avant de se retirer, selon l’AFP.

Des dizaines de milliers de migrants, pour la plupart des Haïtiens, s’entassent depuis plusieurs semaines dans les villes mexicaines de Tapachula, à la frontière sud avec le Guatemala, et de Ciudad Acuña, à la frontière du Texas.

Fuyant la pauvreté et le chaos, ils cherchent à gagner les États-Unis, pour nombre d’entre eux après avoir traversé une douzaine de pays comme le Panama et la Colombie, où quelque 19.000 migrants, en majorité Haïtiens, sont également massés à la frontière.

Des centaines de migrants ont été expulsés par avion cette semaine vers Port-au-Prince par les autorités américaines.

Le Mexique a affecté 28.395 soldats à la surveillance des frontières, selon le gouvernement, qui a indiqué mercredi que 147.033 migrants irréguliers avaient été interceptés jusqu’à présent en 2021.

Cette nouvelle vague de migration a été déclenchée après que Washington a prolongé le statut de protection temporaire (TPS) pour tous les Haïtiens qui se trouvaient aux États-Unis le 29 juillet ou avant. Cette décision a incité des milliers de personnes à se précipiter vers la frontière américaine.

Avec Le Point avec AFP

Amnesty international dénonce le traitement « atroce » subi par des migrants en Libye

juillet 15, 2021

L’ONG dénonce les politiques européennes de retour forcé de migrants vers la Libye, où ils sont enfermés dans des centres de détention où des violences sont commises en toute impunité.

Des migrants secourus attendent devant un bateau des gardes-côtes dans la ville de Khoms, dans le nord-ouest de la Libye, le 1er octobre 2019.
Des migrants secourus attendent devant un bateau des gardes-côtes dans la ville de Khoms, dans le nord-ouest de la Libye, le 1er octobre 2019. HAZEM AHMED / AP

Amnesty international a dénoncé le traitement « atroce » subi par des migrants interceptés en Méditerranée et envoyés de force dans des centres de détention en Libye, avec l’aide « honteuse » des Européens, dans un rapport publié jeudi 15 juillet.

Plongée dans le chaos depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est devenue une voie privilégiée pour des dizaines de milliers de migrants, qui tentent de rejoindre l’Europe par la mer au risque de leur vie.

Les agences des Nations unies et les organisations non gouvernementales (ONG) opérant en Méditerranée dénoncent régulièrement les politiques européennes de retour forcé de migrants vers la Libye, où ils sont enfermés dans des centres de détention, dans des conditions très dures.about:

Dans son rapport, Amnesty International affirme qu’à la fin de 2020 la direction libyenne de lutte contre les migrations illégales (DCIM, dépendant du ministère de l’intérieur) a « légitimé » ces violations des droits humains en prenant le contrôle de deux centres de détention gérés par des milices, où des centaines de réfugiés et de migrants ont fait l’objet de disparitions forcées au cours de ces dernières années.

Torture, violences sexuelles, travail forcé

Dans l’un de ces centres, des témoins ont fait état de viols sur des femmes par des gardiens. Ces derniers les forçaient à avoir des relations sexuelles « en échange de nourriture ou de leur liberté », selon l’ONG.

« Ce rapport effroyable jette une nouvelle lumière sur les souffrances des personnes interceptées en mer et renvoyées en Libye, où elles sont immédiatement détenues arbitrairement et systématiquement soumises à des actes de torture, des violences sexuelles, au travail forcé et à d’autres formes d’exploitation, en toute impunité », a indiqué Diana Eltahawy, directrice régionale adjointe d’Amnesty pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. « Dans le même temps, les autorités libyennes ont récompensé ceux qui étaient (…) soupçonnés d’avoir commis de telles violations avec (…) des promotions », a-t-elle ajouté.

L’ONG a appelé les autorités libyennes à fermer « immédiatement » ces centres de détention. Elle a, par ailleurs, dénoncé « la complicité des Etats européens, qui continuent honteusement d’aider les garde-côtes libyens à capturer des personnes en mer et à les renvoyer de force dans l’enfer de la détention en Libye ».

Les Etats européens « doivent suspendre leur coopération sur les migrations et les contrôles des frontières avec la Libye », et aider « de façon urgente des milliers de personnes coincées là-bas et ayant besoin d’être protégées », a indiqué Amnesty.

Avec Le Monde avec AFP