Posts Tagged ‘Migrants’

Amnesty international dénonce le traitement « atroce » subi par des migrants en Libye

juillet 15, 2021

L’ONG dénonce les politiques européennes de retour forcé de migrants vers la Libye, où ils sont enfermés dans des centres de détention où des violences sont commises en toute impunité.

Des migrants secourus attendent devant un bateau des gardes-côtes dans la ville de Khoms, dans le nord-ouest de la Libye, le 1er octobre 2019.
Des migrants secourus attendent devant un bateau des gardes-côtes dans la ville de Khoms, dans le nord-ouest de la Libye, le 1er octobre 2019. HAZEM AHMED / AP

Amnesty international a dénoncé le traitement « atroce » subi par des migrants interceptés en Méditerranée et envoyés de force dans des centres de détention en Libye, avec l’aide « honteuse » des Européens, dans un rapport publié jeudi 15 juillet.

Plongée dans le chaos depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est devenue une voie privilégiée pour des dizaines de milliers de migrants, qui tentent de rejoindre l’Europe par la mer au risque de leur vie.

Les agences des Nations unies et les organisations non gouvernementales (ONG) opérant en Méditerranée dénoncent régulièrement les politiques européennes de retour forcé de migrants vers la Libye, où ils sont enfermés dans des centres de détention, dans des conditions très dures.about:

Dans son rapport, Amnesty International affirme qu’à la fin de 2020 la direction libyenne de lutte contre les migrations illégales (DCIM, dépendant du ministère de l’intérieur) a « légitimé » ces violations des droits humains en prenant le contrôle de deux centres de détention gérés par des milices, où des centaines de réfugiés et de migrants ont fait l’objet de disparitions forcées au cours de ces dernières années.

Torture, violences sexuelles, travail forcé

Dans l’un de ces centres, des témoins ont fait état de viols sur des femmes par des gardiens. Ces derniers les forçaient à avoir des relations sexuelles « en échange de nourriture ou de leur liberté », selon l’ONG.

« Ce rapport effroyable jette une nouvelle lumière sur les souffrances des personnes interceptées en mer et renvoyées en Libye, où elles sont immédiatement détenues arbitrairement et systématiquement soumises à des actes de torture, des violences sexuelles, au travail forcé et à d’autres formes d’exploitation, en toute impunité », a indiqué Diana Eltahawy, directrice régionale adjointe d’Amnesty pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. « Dans le même temps, les autorités libyennes ont récompensé ceux qui étaient (…) soupçonnés d’avoir commis de telles violations avec (…) des promotions », a-t-elle ajouté.

L’ONG a appelé les autorités libyennes à fermer « immédiatement » ces centres de détention. Elle a, par ailleurs, dénoncé « la complicité des Etats européens, qui continuent honteusement d’aider les garde-côtes libyens à capturer des personnes en mer et à les renvoyer de force dans l’enfer de la détention en Libye ».

Les Etats européens « doivent suspendre leur coopération sur les migrations et les contrôles des frontières avec la Libye », et aider « de façon urgente des milliers de personnes coincées là-bas et ayant besoin d’être protégées », a indiqué Amnesty.

Avec Le Monde avec AFP

Tunisie : les corps de 21 migrants repêchés au large de Sfax

juillet 5, 2021

Une cinquantaine de personnes ont pu être secourues après le naufrage de l’embarcation le 4 juillet, quatrième à subir ce triste sort depuis le 26 juin.

C'est le quatrieme naufrage de ce type depuis le 26 juin (illustration).
C’est le quatrième naufrage de ce type depuis le 26 juin (illustration).© ANIS MILI / AFP

La garde maritime tunisienne a repêché lundi 21 cadavres de migrants originaires d’Afrique subsaharienne et secouru 50 au large de Sfax, dans le centre de la Tunisie, après le naufrage de leur embarcation qui tentait de rallier clandestinement l’Europe. « Vingt et un corps de migrants ont été repêchés après le naufrage de leur embarcation le 4 juillet, et cinquante ont été secourus », a indiqué à l’Agence France-Presse Houcem Eddine Jebabli, porte-parole de la garde nationale (gendarmerie).

Partis depuis Sfax, ces migrants, tous originaires d’Afrique subsaharienne, tentaient de rallier l’Europe, a ajouté Houcem Eddine Jebabli. Au total, quatre embarcations parties de Sfax ont fait naufrage depuis le 26 juin, 78 migrants ont été secourus et 49 cadavres repêchés après ces drames, selon la même source.

43 disparus dans un autre naufrage le 3 juillet

Par ailleurs, le 3 juillet, un bateau parti de Libye avec 127 passagers à bord a coulé au large de Zarzis, dans le sud de la Tunisie. Quatre-vingt-quatre migrants ont été secourus et 43 ont disparu, avait indiqué samedi le Croissant-Rouge tunisien.

Les départs de Tunisie vers les côtes européennes ont atteint en 2020 un pic inédit depuis 2011. La majorité des candidats à l’exil ne sont désormais plus des Tunisiens. Les étrangers, essentiellement des ressortissants de pays d’Afrique subsaharienne, constituaient 53 % des migrants arrivés de Tunisie en Italie au premier trimestre 2021, selon l’ONG Forum tunisien des droits économiques et sociaux (FTDES).

Par Le Point avec AFP

[Chronique] Au Sénégal, des passeurs face à la justice

avril 30, 2021
Damien Glez

Après la condamnation du père de Doudou Faye, un adolescent mort en mer, deux passeurs présumés ont été présentés devant les juges, au Sénégal. Un procès qui pourrait avoir valeur d’exemple.

Pour les migrants, c’est une double ou une triple peine. Leur voyage, déjà dramatique en soi, est passé sous silence car les observateurs sont globalement mal informés et parce que le Covid-19 domine la scène médiatique. Cette obsession des pays européens à l’égard de la pandémie en cours est légitime. Elle ne masque cependant pas le fait que l’on continue de mourir en Méditerranée. Ce 22 avril, encore cent trente corps ont retrouvés aux alentours d’un bateau pneumatique retourné, au large des côtes libyennes.

Pour justifier la mise à l’index de ces navigateurs improvisés, on nous sert des réflexions de cet acabit : « Ces migrants ont plus le courage de prendre la mer que celui de résoudre les crises dans leur propre pays » ou : « Les autorités d’origine devraient cesser de détourner le regard ».

Rétines anesthésiées

Certes, la politique migratoire des Occidentaux a des fondements légitimes, et chaque clandestin à une histoire spécifique. Il est clair néanmoins que les migrants ne sont pas seulement victimes d’être nés dans une zone à risques. Ils le sont aussi de mirages européens, souvent sciemment fabriqués, puis, au cœur de leur périple, de malveillances criminelles. En novembre 2017, des images montrant des migrants vendus comme esclaves, en Libye, l’avaient démontré, au moment où la récurrence des naufrages finissait d’anesthésier la rétine des téléspectateurs blasés.

Quid du rôle des Africains qui poussent d’autres Africains découragés à abandonner leurs terres ? À la suite d’un fait divers particulièrement dramatique, la justice sénégalaise, un parent complice et de présumés passeurs assument leurs responsabilités.

LE CONDAMNÉ AVAIT ÉVOQUÉ LE RÊVE DE SON FILS : DEVENIR FOOTBALLEUR PROFESSIONNEL

Le fait divers, c’est le décès de Doudou Faye, un Sénégalais de 14 ans mort en mer, en novembre 2020, alors qu’il tentait de gagner les Canaries. Le 8 décembre suivant, le tribunal de Mbour, à 80 km au sud de Dakar, condamnait son père, Mamadou Lamine Faye, à deux ans de prison, dont un mois ferme, pour avoir financé la traversée fatale à hauteur de quelques centaines d’euros. À la barre, le condamné avait évoqué le rêve de son fils : devenir footballeur professionnel.

Au lendemain de cette condamnation aussi sévère qu’inédite, les juges ont continué à démêler l’écheveau des responsabilités. Le 27 avril dernier, deux passeurs présumés, Omar et Lamine Guèye, ont été entendus pendant plus d’une heure au même tribunal de Mbour, avant que l’audience ne soit renvoyée au 4 mai.

Confusion d’identité ?

Suspectés de « trafic de migrants » et de « mise en danger de la vie d’autrui », les deux hommes nient en bloc tout lien avec le décès du footballeur en herbe. Un report d’audience permettra de déterminer s’il y a eu confusion d’identité. La procédure se doit d’être irréprochable, tant son issue sera historique pour toutes les victimes de la tragédie migratoire africaine. En 2020, près de 2 000 personnes seraient mortes sur la route maritime qui sépare les côtes de l’Afrique de l’Ouest de celles des Canaries.

Par  Damien Glez

Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.

Vingt-quatre migrants meurent de faim et de soif entre l’Afrique et les îles Canaries

avril 29, 2021

BARCELONE, Espagne — Vingt-quatre migrants originaires d’Afrique subsaharienne, dont deux mineurs, sont apparemment morts de faim et de soif en tentant de rejoindre les îles Canaries depuis la côte ouest de l’Afrique.

© Fournis par La Presse Canadienne

Les corps ont été récupérés par des secouristes espagnols mercredi soir.

L’embarcation de bois qui dérivait dans l’Atlantique avait tout d’abord été repérée par un appareil de l’aviation espagnole lundi, à environ 500 kilomètres de l’île d’El Hierro.

Seulement trois personnes à bord étaient toujours vivantes, mais à peine, selon les secouristes. Deux hommes et une femme dans un état critique ont été transportés par hélicoptère vers un hôpital de l’île de Tenerife, selon la délégation du gouvernement espagnol aux îles Canaries.

Les survivants auraient confié aux secouristes avoir passé 22 jours en mer.

Un nombre croissant de migrants qui essaient d’échapper aux conflits, à la violence et aux problèmes économiques tentent au péril de leur vie de traverser l’Atlantique pour rejoindre l’archipel espagnol depuis la côte ouest de l’Afrique.

Ils peuvent devoir franchir entre 400 et 1500 kilomètres, dépendant de leur point de départ, et manquent souvent de nourriture, d’eau et de carburant avant d’arriver à destination.

Quelque 4300 migrants sont arrivés aux Canaries cette année, mais une centaine de personnes, dont des femmes et des enfants, ont perdu la vie en chemin, ont indiqué mercredi différentes agences onusiennes.

Au moins 850 personnes sont mortes ou disparues l’an dernier en tentant de rejoindre l’archipel, mais 23 000 sont arrivées à bon port, selon l’ONU.

L’agence admet toutefois que le bilan réel est fort probablement beaucoup plus lourd.

– Par The Associated Press avec La Presse Canadienne

États-Unis : 172.000 arrestations de migrants en mars à la frontière sud, plus haut niveau depuis 15 ans

avril 8, 2021

Les arrestations de migrants à la frontière des États-Unis avec le Mexique ont atteint en mars un niveau inédit depuis quinze ans, selon des statistiques publiées jeudi 8 avril qui accentuent la pression sur le président Joe Biden, accusé par l’opposition de minimiser la crise.

Plus de 172.000 personnes ont été appréhendées par les gardes-frontières le mois dernier après être entrées illégalement sur le sol américain, soit 71% de plus qu’en février. Parmi elles, se trouvent toujours plus de mineurs isolés, dont le nombre a doublé pour s’établir à 18.890, selon les données des services des douanes et des gardes-frontières (CPB). La hausse la plus importante concerne toutefois les migrants arrivés en famille, passés d’environ 20.000 en février à 53.823 en mars.

Ces flux, qui avaient commencé à augmenter à la fin 2020, mais ont clairement bondi depuis l’arrivée à la Maison Blanche de Joe Biden, posent un défi considérable à l’administration démocrate, qui s’est engagée à ne pas refouler les mineurs non accompagnés. À la date du 6 avril, plus de 20.000 d’entre eux se trouvaient dans des structures d’accueil gouvernementales, dont certaines peu adaptées à la prise en charge d’enfants parfois très jeunes.

«Appel d’air»

L’opposition républicaine accuse le président d’avoir causé un «appel d’air» en assouplissant les politiques migratoires de son prédécesseur Donald Trump. Il a créé «un tsunami humain en puissance», a ainsi récemment tancé le sénateur Lindsey Graham. Dès son arrivée au pouvoir, Joe Biden a suspendu les expulsions de sans-papiers, introduit un projet de loi pour leur offrir un chemin vers la citoyenneté et commencé à admettre une partie des demandeurs d’asile qui patientent depuis des mois dans des camps au Mexique.

Lors de sa première conférence de presse, le 25 mars, le démocrate a défendu son approche. «Je ne vais pas m’excuser d’avoir aboli des politiques qui violaient le droit international et la dignité humaine», a-t-il lancé, tout en relativisant la hausse des arrivées. Dans un communiqué jeudi, les gardes-frontières ont tenu un discours comparable. «Nous faisons face à une augmentation des arrivées et des arrestations, ce n’est pas nouveau», a écrit Troy Miller qui dirige actuellement ces services: «Les arrivées ont commencé à augmenter en avril 2020 et nos expériences passées nous ont préparés aux défis de cette année».

Près de 104.000 migrants ont immédiatement été refoulés en vertu de règles adoptées pour empêcher la propagation du virus Covid-19, ont souligné les gardes-frontières sans préciser ce qu’il était advenu des autres. En théorie, tous les adultes et toutes les familles sont renvoyés de l’autre côté de la frontière, mais les autorités mexicaines n’acceptent pas de reprendre toutes les familles, notamment celles ayant des enfants de moins de six ans.

La moitié de ces migrants sont originaires d’Amérique centrale, notamment du Guatemala, Honduras et El Salvador, d’où ils fuient la pauvreté et la violence des gangs de narcotrafiquants. Plus de 62.000 sont Mexicains, d’après les statistiques des CPB. Le ministre de la Sécurité intérieure Alejandro Mayorkas doit se rendre jeudi à la frontière sud pour une visite qui restera fermée à la presse. Dans ce contexte, le gouverneur du Texas Greg Abbott a réclamé mercredi la fermeture d’un centre d’accueil pour jeunes migrants situé à San Antonio, après avoir reçu des informations selon lui «crédibles» d’abus commis dans cette structure.

Par Le Figaro avec AFP

Mauritanie : les naufrages de migrants se multiplient

novembre 10, 2020
Des migrants arrivent au port d'Arguineguin, dans les îles Canaries, après avoir été secourus par l'Espagnol Salvamento Maritimo alors qu'ils contournaient l'île à bord de pirogues, le 7 novembre 2020.

Malgré l’épidémie et les risques encourus, pas une semaine ne passe sans que des Subsahariens ne trouvent la mort en tentant de rejoindre les îles Canaries depuis le continent.

Selon le collectif Caminando Fronteras, quelque 92 migrants qui avaient pris place à bord d’une pirogue partie du Sénégal avec 119 passagers sont morts noyés, le 3 novembre, dans le naufrage de leur embarcation au large de la Mauritanie. Quelques jours plus tôt, 36 migrants avaient disparu en face de Nouadhibou.

Aucune semaine ne passe sans de telles macabres informations, comme le confirme l’Organisation internationale pour les migrations (OIM, de l’ONU). Dans un communiqué daté du 6 novembre, elle estime à « environ 400 » le nombre de migrants « interceptés ou secourus au large des côtes mauritaniennes depuis la mi-octobre ».

Flux important

Ces chiffres confirment la reprise d’un flux important de migrations subsahariennes en direction des îles Canaries (Espagne), situées à la hauteur du Sahara occidental, d’où les Subsahariens espèrent pouvoir gagner l’Europe.

Ils sont très jeunes, ces candidats à un voyage risqué parce qu’entrepris sur des embarcations de fortune surchargées et dotées de moteurs au fonctionnement aléatoire. Ils viennent du Mali, de Gambie, de Guinée, du Sénégal ou de Mauritanie, où ils estiment n’avoir aucun avenir.

ILS ONT PAYÉ LES PASSEURS MOINS CHER QU’AVANT L’ÉPIDÉMIE

Ils ont payé les passeurs moins cher (700 euros) qu’avant l’épidémie (1 500 euros), car celle-ci a réduit provisoirement la demande. Partis des plages de Mbour (Sénégal), de Nouakchott ou de Nouadhibou, ils ont affronté un océan aux courants puissants. À la moindre panne, ils se sont retrouvés dans la situation des naufragés du radeau de La Méduse, qui ont connu le même sort dans les parages, au XIXe siècle.

Dénutris et déshydratés

Depuis fin septembre, 200 bateaux ont débarqué 5 000 migrants aux Canaries, soit dix fois plus que durant la même période en 2019. 

Dénutris et déshydratés après des jours de dérive, ils peuvent s’estimer chanceux de se retrouver dans un hôpital de Nouadhibou après avoir été récupérés par les gardes-côtes mauritaniens et pris en charge par l’OIM et le Croissant rouge.

PLUS DE 400 MORTS LORS DE LA TRAVERSÉE VERS L’ARCHIPEL ESPAGNOL

Selon l’OIM, 14 bateaux transportant 663 migrants ont quitté le seul Sénégal pour les Canaries au mois de septembre. Un quart d’entre eux ne sont pas arrivés à bon port parce qu’ils ont coulé ou sont tombés en panne.

Depuis le début de l’année, on déplore plus de 400 personnes mortes dans la traversée vers l’archipel espagnol.

Cette poussée migratoire (11 000 arrivées aux Canaries en dix mois) dépasse le niveau de l’an dernier (2 557 arrivées), mais elle est encore loin des chiffres de 2006 (32 000 arrivées). Elle inquiète pourtant les autorités espagnoles et européennes, car elle s’aggrave : depuis fin septembre, 200 bateaux ont débarqué 5 000 migrants aux Canaries, soit dix fois plus que durant la même période en 2019. 

La Guardia Civile à Nouakchott

Un avion C-235 de la Guardia Civile espagnole équipé de radars et de caméras est désormais positionné à l’aéroport de Nouakchott. En collaboration avec l’armée de l’air et la marine mauritaniennes, il patrouille chaque jour au-dessus de l’océan pour détecter les migrations illégales. Il a déjà permis d’arraisonner un bateau parti de Nouakchott qui naviguait plein nord avec 50 personnes à son bord.

DES CENTAINES DE CLANDESTINS RENVOYÉS

Car le voyage vers l’eldorado européen se conclut souvent par un retour à la case départ. Le ministère de l’Intérieur espagnol s’apprête ainsi à renvoyer des centaines de clandestins vers la Mauritanie, avec laquelle il a noué un partenariat dans la lutte contre l’immigration illégale en 2003.

De son côté, la Mauritanie a expulsé le 7 novembre, vers le Sénégal et le Mali, 210 migrants arrêtés la semaine dernière en mer ou sur une plage de Nouadhibou.

Avec Jeune Afrique par Alain Faujas

Bond migratoire aux Canaries : Bruxelles veut plus de renvois vers les pays d’origine

novembre 6, 2020

Les migrants débarquant sur les îles espagnoles des Canaries et ne bénéficiant pas d’un statut de réfugié doivent être renvoyés dans leur pays d’origine, a plaidé vendredi 6 novembre la Commissaire européenne aux Affaires intérieures, en déplacement sur l’archipel confronté à une explosion des arrivées clandestines.

«Nous avons beaucoup d’arrivées qui n’ont pas besoin de protection internationale, c’est pourquoi il est si important à présent d’augmenter les retours vers les pays d’origine et de transit», un sujet sur lequel «la Commission et l’Espagne travaillent», a déclaré Ylva Johansson lors d’une visite officielle sur l’île de Grande Canarie.

L’archipel espagnol situé au large des côtes nord-ouest de l’Afrique observe une explosion des arrivées de migrants clandestins, plus de 11.000 depuis le début de l’année d’après le ministère de l’Intérieur, soit sept fois plus que sur la même période en 2019.

«Fournir une protection internationale à ceux qui en ont besoin est une obligation morale, un droit fondamental, mais ceux qui n’ont pas besoin de cette protection internationale doivent retourner dans leur pays d’origine», a déclaré la Commissaire européenne.

Ylva Johansson a effectué sa visite au côté du ministre espagnol de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, qui a annoncé la fermeture du camp d’Arguineguin sur l’île de Grande Canarie, débordé d’après la Croix Rouge, au profit des «terrains militaires de Polvorín de Barranco Sec» dans la ville de Las Palmas.

Depuis plusieurs mois, les migrants africains ont repris la route des Canaries de préférence à la Méditerranée en raison d’accords de contrôles frontaliers conclus avec la Libye, la Turquie et le Maroc.

Par Le Figaro avec AFP

Huit migrants morts, 12 disparus, éjectés d’un bateau par des passeurs près de Djibouti

octobre 4, 2020

Huit migrants, des Ethiopiens, sont morts et 12 autres sont portés disparus après que des passeurs les ont éjectés d’un bateau au large des côtes de Djibouti, a déclaré à Nairobi une porte-parole de l’Office international des migrations (OIM), une agence des Nations unies.

«Selon des témoins survivants, que l’OIM a secourus, trois passeurs ont violemment poussé des jeunes hommes et des jeunes femmes hors du bateau qui était alors en pleine mer», a dit cette porte-parole, Yvonne Ndege

Par Le Figaro avec AFP

                                                  

2019: quatre fois plus de migrants qu’en 2018 ont voulu traverser la Manche par la mer

décembre 31, 2019

Près de 2500 migrants tentant de traverser la Manche pour rejoindre la Grande-Bretagne ont été secourus en mer en 2019, soit quatre fois plus que l’an dernier, selon un bilan des autorités, quatre personnes ayant elles trouvé la mort.

Au total, 261 «cas de traversées» ou «tentatives de traversées» par la mer ont été recensées cette année par les autorités françaises et britanniques, effectuées essentiellement par de petites embarcations pneumatiques souvent surchargées, selon la préfecture de la Manche et de la mer du Nord. 2358 personnes ont été secourues puis ramenées sur les côtes françaises ou britanniques, contre 586 en 2018. Un précédent décompte communiqué mi-décembre faisait état de 2521 migrants ayant tenté cette traversée, mais incluait des personnes interceptées à terre, par exemple sur des plages du Pas-de-Calais.

Mardi encore, une embarcation légère a été signalée «en difficulté» à environ 11 km au nord de Dunkerque. Les six hommes à bord, dont «certains en hypothermie», ont été ramenés au port de Calais (Pas-de-Calais). Les autorités avaient déjà porté assistance à une cinquantaine de migrants depuis dimanche matin, lors de plusieurs sauvetages. Le 26 décembre, 71 migrants avaient cette fois été interceptés au petit matin.

Depuis la fin 2018, ces traversées ne cessent de se multiplier dans la Manche, malgré les mises en garde répétées des autorités soulignant le danger lié à la densité du trafic, aux forts courants et à la faible température de l’eau. Selon la préfecture du Pas-de-Calais, d’où partent «95%» des embarcations, le «plan d’action» visant à «mettre fin» à ces traversées annoncé en janvier par la ministère de l’Intérieur «produit des résultats». «Depuis un an, 55% des traversées ont été mises en échec» grâce à «la forte mobilisation des forces publiques françaises en mer et sur terre», souligne le préfet du Pas-de-Calais Fabien Sudry, prenant en compte les migrants interceptés et les canots cachés dans les dunes découverts par les forces de l’ordre.

Par Le Figaro avec AFP

Sauvetage maritime en Méditerranée: 7 migrants morts, 70 rescapés

décembre 16, 2019

 

Un navire garde-côte de la marine marocaine a secouru 70 migrants subsahariens en difficulté à bord d’une embarcation de fortune en Méditerranée et repêché 7 corps, a-t-on appris lundi de source militaire.

Le bateau qui a chaviré dans la nuit de dimanche à lundi en mer d’Alboran, transportait une centaine de clandestins en route vers l’Espagne, selon l’association espagnole Caminando Fronteras qui dénombre «24 disparus».

Les informations de l’ONG qui suit de près le sort de ceux qui se lancent dans des traversées clandestines en Méditerranée n’ont pas été confirmées côté marocain.

Les rescapés, parmi lesquels dix femmes et un bébé, se trouvaient dans un «état très dégradé» et ont été transférés à Nador (nord du Maroc), pour recevoir des soins, selon la source militaire marocaine.

Trois femmes figurent parmi les personnes décédées, selon la même source.

Près de 25.000 personnes sont mortes depuis janvier 2014 en tentant de rejoindre l’Europe pour des raisons économiques ou politiques, selon le dernier bilan de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

La grande majorité (19.154) ont péri en Méditerranée, où se situent les principales voies d’accès au continent européen. Mais plus de 480 ont perdu la vie en Afrique de l’Ouest, dont environ 160 en 2019.

Des embarcations tentent de rallier les Canaries, archipel espagnol au large du Maroc depuis la Mauritanie ou le Sénégal.

Un naufrage survenu début décembre sur cette route atlantique a fait 62 morts, très majoritairement des Gambiens mais aussi des Sénégalais, selon l’OIM.

Par Le Figaro.fr avec AFP