Posts Tagged ‘Migrants’

2019: quatre fois plus de migrants qu’en 2018 ont voulu traverser la Manche par la mer

décembre 31, 2019

Près de 2500 migrants tentant de traverser la Manche pour rejoindre la Grande-Bretagne ont été secourus en mer en 2019, soit quatre fois plus que l’an dernier, selon un bilan des autorités, quatre personnes ayant elles trouvé la mort.

Au total, 261 «cas de traversées» ou «tentatives de traversées» par la mer ont été recensées cette année par les autorités françaises et britanniques, effectuées essentiellement par de petites embarcations pneumatiques souvent surchargées, selon la préfecture de la Manche et de la mer du Nord. 2358 personnes ont été secourues puis ramenées sur les côtes françaises ou britanniques, contre 586 en 2018. Un précédent décompte communiqué mi-décembre faisait état de 2521 migrants ayant tenté cette traversée, mais incluait des personnes interceptées à terre, par exemple sur des plages du Pas-de-Calais.

Mardi encore, une embarcation légère a été signalée «en difficulté» à environ 11 km au nord de Dunkerque. Les six hommes à bord, dont «certains en hypothermie», ont été ramenés au port de Calais (Pas-de-Calais). Les autorités avaient déjà porté assistance à une cinquantaine de migrants depuis dimanche matin, lors de plusieurs sauvetages. Le 26 décembre, 71 migrants avaient cette fois été interceptés au petit matin.

Depuis la fin 2018, ces traversées ne cessent de se multiplier dans la Manche, malgré les mises en garde répétées des autorités soulignant le danger lié à la densité du trafic, aux forts courants et à la faible température de l’eau. Selon la préfecture du Pas-de-Calais, d’où partent «95%» des embarcations, le «plan d’action» visant à «mettre fin» à ces traversées annoncé en janvier par la ministère de l’Intérieur «produit des résultats». «Depuis un an, 55% des traversées ont été mises en échec» grâce à «la forte mobilisation des forces publiques françaises en mer et sur terre», souligne le préfet du Pas-de-Calais Fabien Sudry, prenant en compte les migrants interceptés et les canots cachés dans les dunes découverts par les forces de l’ordre.

Par Le Figaro avec AFP

Sauvetage maritime en Méditerranée: 7 migrants morts, 70 rescapés

décembre 16, 2019

 

Un navire garde-côte de la marine marocaine a secouru 70 migrants subsahariens en difficulté à bord d’une embarcation de fortune en Méditerranée et repêché 7 corps, a-t-on appris lundi de source militaire.

Le bateau qui a chaviré dans la nuit de dimanche à lundi en mer d’Alboran, transportait une centaine de clandestins en route vers l’Espagne, selon l’association espagnole Caminando Fronteras qui dénombre «24 disparus».

Les informations de l’ONG qui suit de près le sort de ceux qui se lancent dans des traversées clandestines en Méditerranée n’ont pas été confirmées côté marocain.

Les rescapés, parmi lesquels dix femmes et un bébé, se trouvaient dans un «état très dégradé» et ont été transférés à Nador (nord du Maroc), pour recevoir des soins, selon la source militaire marocaine.

Trois femmes figurent parmi les personnes décédées, selon la même source.

Près de 25.000 personnes sont mortes depuis janvier 2014 en tentant de rejoindre l’Europe pour des raisons économiques ou politiques, selon le dernier bilan de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

La grande majorité (19.154) ont péri en Méditerranée, où se situent les principales voies d’accès au continent européen. Mais plus de 480 ont perdu la vie en Afrique de l’Ouest, dont environ 160 en 2019.

Des embarcations tentent de rallier les Canaries, archipel espagnol au large du Maroc depuis la Mauritanie ou le Sénégal.

Un naufrage survenu début décembre sur cette route atlantique a fait 62 morts, très majoritairement des Gambiens mais aussi des Sénégalais, selon l’OIM.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Irlande: 16 migrants découverts enfermés dans une remorque

novembre 21, 2019

 

Seize personnes ont été découvertes enfermées dans une remorque d’un camion sur un ferry en provenance de France et en direction de l’Irlande, a rapporté jeudi la compagnie maritime Stena Line.

Cet incident intervient quelques semaines après la découverte des corps de 39 migrants vietnamiens dans un conteneur près de Londres. Lors d’un autre incident mardi l’équipage d’un ferry de la compagnie DFDS a découvert 25 migrants dans un conteneur réfrigéré dans un bateau se rendant en Grande-Bretagne. Les 16 clandestins se trouvaient sur un ferry parti de Cherbourg, en Normandie, en direction du port irlandais de Rosslare. C’est «lors d’une inspection de routine» mercredi vers 21h00, qu’«un de nos employés a découvert 16 personnes dans une remorque scellée», a expliqué dans un communiqué Ian Hampton, directeur de la communication de la compagnie.

Selon lui, tous les passagers clandestins, dont la nationalité n’a pas été précisée, semblent être en bonne santé. La compagnie maritime dit avoir pris contact avec les autorités et les services d’immigration de Rosslare, le port irlandais où le navire doit accoster dans l’après-midi. La police irlandaise ne s’est pas encore exprimée sur cette affaire. Depuis 2018, les tentatives de traversée de la Manche se sont multipliées.

Fin octobre, les corps de 39 migrants vietnamiens avaient été retrouvés enfermés dans un camion frigorifique près de Londres. Le conteneur les transportant était arrivé par un ferry en provenance de Zeebruges, en Belgique. Eamon Harrison, accusé d’avoir fourni le conteneur en question, a comparu jeudi devant un tribunal de Dublin, qui a examiné sa demande d’extradition émise par le Royaume-Uni. Poursuivi pour 39 homicides involontaires, trafic d’êtres humains et aide à l’immigration illégale et blanchiment d’argent, Eamon Harrison devra de nouveau faire face au tribunal irlandais le 12 décembre, l’audience ayant été ajournée.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Naufrage en Grèce: sept migrants turcs morts, dont cinq enfants

septembre 27, 2019

 

Sept Turcs – un bébé, quatre enfants et deux femmes – sont morts vendredi 27 septembre dans le naufrage d’un bateau de migrants en mer Egée, ont annoncé les gardes-côtes grecs, les sauveteurs recherchant quatre personnes disparues.

Ces ressortissants turcs, accusés d’être gülénistes par le régime d’Erdogan, voulaient demander l’asile politique en Grèce, selon les gardes-côtes grecs. Le naufrage s’est produit près de l’îlot d’Inousses, situé entre l’île de Chios et la côte turque. Douze personnes, dont quatre enfants, cinq hommes et trois femmes, ont pu être sauvées. Leur nationalité n’était pas connue dans l’immédiat. Deux autres enfants feraient partie des disparus qui comptent également un homme et une femme, ont précisé les gardes-côtes.

Des centaines de migrants et réfugiés sont morts ces dernières années en tentant de traverser la mer Egée dans de petits bateaux surchargés. Plus de 50 personnes se sont ainsi noyées depuis le début de l’année, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). La Grèce accueille quelque 70.000 réfugiés et migrants, principalement des Syriens qui ont fui leur pays depuis 2015 en traversant la Turquie voisine.

En vertu d’un accord conclu en 2016 entre la Turquie et l’Union européenne, la Turquie a mis un frein aux flux des départs de migrants vers les cinq îles grecques les plus proches de son rivage, en échange d’une aide de 6 milliards de dollars. Mais le nombre des arrivées a grimpé régulièrement ces derniers mois.

Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a déclaré cette semaine qu’environ 3000 personnes étaient arrivées depuis la Turquie ces jours derniers, ce qui ajoute à la pression sur des installations d’accueil déjà surpeuplées.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Trafic de migrants vers le Royaume-Uni : 23 arrestations

septembre 24, 2019

 

Vingt-trois personnes ont été arrêtées dans le cadre d’une enquête sur le passage illégal de migrants vers le Royaume-Uni à bord de véhicules ou de petites embarcations, a annoncé mardi le ministère britannique de l’Intérieur.

Parmi ces personnes de nationalités britannique, iranienne ou irakienne, onze sont suspectées d’avoir «facilité des traversées illégales de la Manche à bord de petits bateaux», a indiqué le ministère dans un communiqué. Ces arrestations ont été effectuées entre le 11 et le 21 septembre par les autorités britanniques, notamment l’Agence britannique chargée de la Lutte contre le Crime organisé (NCA). Douze d’entre elles ont été menées lors de contrôles des frontières dans le nord de la France, selon le ministère.

Depuis fin 2018, les tentatives de traversée de la Manche se sont multipliées malgré le danger lié à la densité du trafic, aux forts courants et à la faible température de l’eau. Plusieurs des personnes arrêtées ont été remises en liberté, mais elles restent sous le coup de l’enquête.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Les pays occidentaux tardent à accueillir des réfugiés de Libye, selon l’ONU

septembre 13, 2019

 

Les pays occidentaux tardent à tenir leur engagement à accueillir et réinstaller les réfugiés et demandeurs d’asile bloqués en Libye ou au Niger voisin, estime un haut responsable de l’agence de l’ONU pour les réfugiés (HCR).

La Libye, où transitent 90% des personnes voulant traverser la Méditerranée pour gagner l’Europe, héberge près de 50.000 réfugiés et demandeurs d’asile, selon le HCR qui les enregistre.

Au 1er septembre 2019, quatorze pays – le Canada, la France, les Pays-Bas, la Norvège, la Suède, la Suisse, le Royaume-Uni, les Etats-Unis, la Finlande, l’Allemagne, l’Italie, le Luxembourg, l’Espagne, la Belgique – ont promis d’accueillir certains de ces réfugiés et demandeurs d’asile, mais tardent à mettre leur promesse à exécution, déplore l’envoyé spécial du HCR pour la Méditerranée centrale, Vincent Cochetel.

Certains «pays peuvent avoir l’impression (…) qu’il n’y a plus d’urgence»

«Aujourd’hui, on est proches de la moitié» des 6606 promesses de réinstallation – une installation permanente dans un pays tiers – «qui ont été réalisées», a-t-il dit à l’AFP en marge d’un forum régional tenu cette semaine à Bamako sur les déplacés du Sahel. Certains «pays n’accélèrent pas leurs procédures ou peuvent avoir l’impression, quand des gens arrivent au Niger, qu’il n’y a plus d’urgence», dit-il.

«Nous avons aussi au HCR des lenteurs dues à un travail en profondeur pour faire parler les gens, vérifier leurs parcours», ajoute Vincent Cochetel. Le responsable du HCR se réjouit par ailleurs de la décision mardi du Rwanda d’accueillir des réfugiés et demandeurs d’asile de Libye sur son sol en attendant qu’ils trouvent un pays d’asile définitif. «On invite d’autres pays à se joindre à eux, mais c’est compliqué à négocier», dit-il, reconnaissant que «ça prend du temps et ça coûte cher».

Le chaos qui a suivi la chute de l’ancien dictateur Mouammar Kadhafi en 2011 a fait de la Libye la voie privilégiée pour les migrants originaires d’Afrique de l’Est, du Sahel et du Moyen-Orient cherchant à rejoindre l’Europe.

Le HCR a appelé il y a deux ans la communauté internationale à accueillir des milliers de personnes en besoin urgent d’évacuation, soit parce qu’elles sont enfermées dans des conditions très dures dans des centres de rétention libyens, soit parce qu’elles sont très vulnérables. Une partie d’entre eux, évacués de Libye, attendent dans un centre de transit au Niger.

Le besoin de réinstallation est devenu plus pressant en 2019 avec l’intensification des hostilités dans la Libye en guerre, selon le HCR.

Par Le Figaro.fr avec AFP

USA: l’ONU dénonce la détention illimitée d’enfants migrants

septembre 4, 2019

 

La récente décision du gouvernement américain de retirer les limites régissant strictement le temps passé en centres de rétention par les enfants migrants est contraire au droit international, a indiqué la Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme.

Lors d’une conférence de presse, Michelle Bachelet s’est dite préoccupée par l’annonce faite fin août par le ministère américain de la Sécurité intérieure de vouloir mettre fin à une décision judiciaire de 1997, dite «Flores», imposant aux autorités fédérales de ne pas maintenir en détention les enfants plus de 20 jours. L’administration du président américain Donald Trump estime que la jurisprudence Flores est dépassée dans le contexte migratoire actuel et souhaite que cette limite de 20 jours soit levée dans les deux mois à venir. Plusieurs Etats américains ont annoncé leur intention de s’opposer devant la justice à cette décision. Rendre la détention illimitée est «contraire à toutes les conventions légales, au droit international des droits humains et aux lois sur les enfants», a expliqué Michelle Bachelet, pointant la Convention relative aux droits de l’Enfant qui stipule que les enfants ne peuvent être détenus qu’en dernier ressort et pour la durée la plus courte possible.

Donald Trump a fait de la lutte contre l’immigration illégale l’un des piliers de sa présidence et de sa campagne de réélection pour 2020. Il avait provoqué l’an dernier une forte indignation, y compris dans son camp républicain, avec sa politique de séparation des familles à la frontière, dite de «tolérance zéro», avant de faire machine arrière en juin 2018. Michelle Bachelet s’est toutefois inquiétée mercredi d’apprendre que bien que le gouvernement Trump ait affirmé avoir mis un terme à cette politique de séparation, «des centaines d’enfants supplémentaires ont été séparés de leur famille depuis (…) juin 2018». «Nous pensons que la séparation arbitraire des familles constitue une ingérence arbitraire et illégale dans la vie familiale et une grave violation des droits de l’enfant», a-t-elle déclaré.

Le chef des droits de l’homme de l’ONU s’est également opposé à la nouvelle règle annoncée par le gouvernement républicain visant à refuser la nationalité américaine aux migrants bénéficiant de prestations sociales.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Les États-Unis vont autoriser la détention illimitée d’enfants migrants

août 21, 2019

 

Le gouvernement de Donald Trump a annoncé mercredi qu’il allait retirer les strictes limites régissant le temps passé en centres de rétention par les enfants migrants, dans le cadre de sa politique de fermeté face à l’immigration clandestine.

Le ministère américain de la Sécurité intérieure a déclaré qu’il mettait fin à une décision judiciaire de 1997, dites «Flores», imposant aux autorités fédérales de ne pas maintenir en détention les enfants plus de 20 jours. Une nouvelle règle, qui doit être mise en oeuvre sous 60 jours, ne limitera plus le temps passé par les enfants ou leurs familles en centres de rétention.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Migrants : 251 rescapés désormais à bord de l’Ocean Viking

août 11, 2019

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Les hommes – principalement – secourus portaient pour certains des chambres à air en guise de gilet de sauvetage. Anne CHAON / AFP

EN IMAGES – Un nouveau sauvetage a eu lieu dimanche au large des eaux libyennes secourant des dizaines de personnes parties dans des conditions déplorables.

L’organisation humanitaire SOS Méditerranée a conduit dimanche son troisième sauvetage en trois jours au large des eaux libyennes, secourant 81 personnes, et accueille désormais 251 rescapés à bord de l’Ocean Viking que l’ONG opère avec Médecins sans Frontières, a constaté l’AFP à bord.

Le bateau de caoutchouc bleu transportait des jeunes hommes, majoritairement des Soudanais qui avaient quitté les côtes libyennes samedi soir et ont applaudi les sauveteurs en les voyant arriver.

L’Ocean Viking continue de patrouiller les eaux internationales à environ 50 miles nautiques (moins de 100 km) de Tripoli.

«Nous sommes les seuls dans la zone, les garde-côtes libyens ne répondent pas», a expliqué à l’AFP le coordinateur des opérations de recherches et secours (SAR, selon l’acronyme anglais) de SOS Méditerranée, Nicholas Romaniuk, qui fait également valoir les conditions météo favorables qui peuvent inciter aux départs.

En outre, la célébration de l’une des principales fêtes du calendrier musulman, l’Aïd-el-Kebir, allège peut-être aussi la présence des autorités sur les plages libyennes.

L’Océan Viking est le successeur de l’Aquarius et bat pavillon norvégien.

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La plupart des personnes recueillies à bord sont soudanaises. Anne CHAON / AFP

La plupart des personnes recueillies à bord depuis que le bateau est entré dans la zone de recherches sont soudanaises pour près des deux tiers environ (64,5%). Mais le premier bateau pneumatique secouru vendredi transportait 81 personnes issues d’Afrique de l’Ouest, Sénégal surtout et Côte d’Ivoire venues chercher du travail en Libye et rattrapés par la guerre.

MSF, qui se charge de leur enregistrement à bord, a noté dimanche que les trois-quarts (81%) des dernières personnes secourues ont entre 18 et 34 ans et que 17% sont des mineurs de moins de 18 ans.

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MSF se charge de l’enregistrement des rescapés à bord. Anne CHAON / AFP

Par Le Figaro.fr avec AFP

Richard Gere demande à l’Italie d’arrêter de «diaboliser» les migrants

août 10, 2019

U.S. actor Richard Gere holds a news conference in support of an NGO ship "Open Arms", which carries stranded migrants, in Lampedusa

L’acteur américain Richard Gere a tenu une conférence de presse à Lampedusa ce samedi, aux côtés du fondateur de l’ONG espagnole Proactivia. GUGLIELMO MANGIAPANE/REUTERS

L’acteur américain a appelé le gouvernement italien à venir en aide aux migrants, alors que le navire Open Arms est bloqué depuis neuf jours au large de Lampedusa avec plus d’une centaine de personnes à son bord.

Ce samedi 10 août, l’acteur américain Richard Gere a appelé le gouvernement italien à venir en aide aux migrants bloqués sur l’Open Arms, navire de l’ONG espagnole Proactivia bloqué depuis une semaine au large de Lampedusa, au lieu de les «diaboliser». «La plupart des gens en parlent comme de migrants mais pour moi ce sont des réfugiés en fuite», a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à Lampedusa aux côtés de dirigeants de Proactiva.

«Ce sont 121 histoires différentes, ce sont des gens extraordinaires, ils sont si forts, ils ont vécu des horreurs, un enfer, la torture, les viols, l’emprisonnement», a ajouté l’acteur, en disant n’«en avoir rien à faire de la politique» et «vouloir seulement aider des gens en détresse».

Il a fait allusion à la «très bizarre situation politique» américaine «avec un président qui place beaucoup d’énergie dans la déshumanisation». «Nous avons nos réfugiés venant du Honduras, du Salvador, du Nicaragua, du Mexique, c’est très similaire à ce qu’il se passe ici.» Mais «partout sur Terre, il faut arrêter de diaboliser les êtres humains», a plaidé l’acteur.

Vendredi, la star était montée à bord du navire humanitaire pour rencontrer l’équipage et les migrants dont une trentaine sont mineurs et leur apporter de l’eau et de la nourriture. Les migrants lui ont paru «en bonne forme mais ils se rapprochent du point de rupture», avait-il souligné. «J’espère qu’il bronze un peu et qu’il en profite», avait raillé le ministre italien de l’Intérieur, Matteo Salvini, à propos de l’acteur, en lui conseillant d’emmener les migrants à Ibiza.

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Richard Gere, vendredi, sur l’Open arms. HO/AFP

Ce samedi, Malte a dit, dans un communiqué, avoir «proposé de transférer les 39 migrants à bord d’un navire des forces militaires, et de les débarquer sur le sol maltais car ils ont été récupérés dans la zone de secours de compétence de Malte et coordonnée par le Centre de secours RCC», mais refuse de laisser débarquer les 121 autres présents sur le navire.

«On ne peut pas évacuer 39 personnes et dire aux 121 autres qu’elles ne peuvent pas débarquer, ce n’est ni juste ni logique»

Oscar Camps, fondateur de Proactiva Open Arms

«Après le sauvetage il y a quelques heures, Malte accepte seulement d’amener à terre 39 personnes [et] refuse de laisser débarquer les 121 personnes qui sont à bord depuis neuf jours», s’est indigné le fondateur de Proactiva Open Arms, Oscar Camps. Selon lui, la décision de Malte «a provoqué un sérieux problème de sécurité à bord. Le niveau d’anxiété de ces personnes est insoutenable». «On ne peut pas évacuer 39 personnes et dire aux 121 autres qu’elles ne peuvent pas débarquer, ce n’est ni juste ni logique.»

Le ministre de l’Intérieur italien, Matteo Salvini, avait déjà renvoyé vers l’Espagne les migrants bloqués à bord du navire humanitaire. «Que l’Open Arms ne l’oublie pas, les eaux territoriales italiennes sont fermées pour lui et nous sommes prêts à confisquer le navire», avait-il précisé, alors que le Parlement italien a adopté lundi soir une nouvelle loi sur la «sécurité». Cette loi prévoie notamment des amendes jusqu’à un million d’euros et la saisie du navire pour les ONG qui violeraient l’interdiction d’entrée dans les eaux territoriales italiennes.

Depuis l’été dernier, tous les migrants secourus par l’Open Arms ont par ailleurs débarqué en Espagne. Mais les autorités espagnoles avaient interdit au navire de retourner au large de la Libye, sous peine, selon l’ONG, d’une amende de 200.000 à 900.000 euros.

L’Open Arms n’est pas le seul navire à parcourir les eaux dans le but de venir en aide aux migrants. À peine arrivé dans la vaste zone des secours au large de la Libye, l’Ocean Viking, remplaçant de l’Aquarius , a également recueilli 85 migrants ce vendredi. Parti de Libye, un petit canot pneumatique avait été signalé jeudi soir à l’Ocean Viking.

Le navire affrété par SOS Méditerranée et Médecins sans frontières (MSF) a recueilli 85 personnes originaires du Sénégal, du Mali, de Côte d’Ivoire ou encore du Soudan. Parmi eux, cinq femmes, onze adolescents et quatre enfants dont le plus jeune n’a qu’un an.

Matteo Salvini, qui a fait éclater jeudi la coalition populiste en Italie, a immédiatement adressé un courrier au gouvernement de la Norvège, dont le navire bat pavillon. «L’Italie n’est pas juridiquement tenue, ni disposée à accueillir les immigrés clandestins non identifiés, se trouvant à bord de l’Ocean Viking», a-t-il écrit.

Par Le Figaro.fr avec AFP et Reuters