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RDC : le général Amisi, numéro deux des FARDC, accusé par l’ONU de vendre des armes aux rebelles dans l’Est

novembre 22, 2012
Le général Gabriel Amisi, numéro deux de l'armée congolaise. Le général Gabriel Amisi, numéro deux de l’armée congolaise. © AFP

Le rapport final de l’ONU sur la RDC, publié le 21 novembre, ne va pas arranger les affaires de l’armée congolaise. Menée par des experts indépendants, l’enquête révèle ainsi que le général Amisi, chef d’état-major des forces terrestres, dirigerait en sous-main un réseau de vente d’armes destinées aux mouvements rebelles de l’est de la RDC. Une accusation qui pourrait fragiliser un peu plus le président Kabila.

Alors qu’elle vient de subir une série de « revers » à Goma, prise par le M23 sans véritables combats, l’armée congolaise est une nouvelle fois pointée du doigt par les Nations unies. Dans un rapport publié mercredi 21 novembre, l’organisation accuse ainsi l’une des principales figures des FARDC d’alimenter en armes des groupes rebelles de l’est du pays, sans que le M23 ne soit pour autant cité.

« Le général Gabriel Amisi [chef d’état-major des forces terrestres, NDLR] supervise un réseau de distribution d’armement pour les braconniers et les groupes armés, incluant Raïa Mutomboki », explique le document, qui mentionne ainsi l’une des milices locales. Laquelle serait responsable, avec les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR, actives à l’est de la RDC), de la mort de plus de 260 civils, en novembre au Nord-Kivu, selon l’ONU.

Influent à Kinshasa

Le chef de l’armée de terre congolaise est également accusé d’avoir fourni 300 fusils d’assaut AK47 au groupe Nyatura, agissant également dans l’est de la RDC. Selon l’ONU, le réseau se déploie jusqu’au Congo-Brazzaville où les munitions sont achetées. Elles sont ensuite acheminées clandestinement jusqu’à Kinshasa puis transportées à l’Est grâce à de nombreux collaborateurs, dont certains sont membres de la famille du général Amisi.

Ancien rebelle ayant intégré l’armée congolaise, Gabriel Amisi avait déjà été accusé par des organisations locales et internationales de défense des droits de l’homme d’avoir été directement impliqué dans des crimes de guerre. Aujourd’hui numéro deux dans la chaîne de commandement militaire des forces congolaises, il est considéré comme l’une des personnalités les plus influentes auprès de Joseph Kabila.

Jeuneafrique.com par Patrick  Olivier 

RDC: 11 morts dans des affrontements dans le Masisi

août 20, 2012
RDC: 11 morts dans des affrontements dans le Masisi RDC: 11 morts dans des affrontements dans le Masisi © AFP

Des affrontements impliquant des milices locales ont fait 11 morts depuis vendredi et poussé des centaines de personnes à fuir leurs habitations, dans la région du Masisi, dans l’est de la République démocratique du Congo, a constaté l’AFP.

Cinq personnes ont été tuées vendredi lors de combats entre un groupe Mai Mai (local) appelé Force de défense congolaise (FDC) et une milice Hutu baptisée Nyatura, a-t-on appris sur place.

Depuis, plusieurs villages ont été incendiés et des centaines de personnes fuient leurs habitations.

Ces combats se produisent après « que nos frères congolais ont tué des Hutus et brûlé leurs maisons », a déclaré à l’AFP le responsable de la milice Nyatura, le colonel Marcel Haburugira, interrogé près de la bourgade de Masisi, à une centaine de kilomètres au nord-est de Goma.

Selon ce chef d’une bande d’une quinzaine de miliciens armés de Kalachnikov et d’un lance-grenades, qui a quitté l’armée régulière il y a 18 mois, les FDC ont été armées par les rebelles du M23 afin d’accroître l’insécurité dans la région.

Les habitants du village de Luke, ont fui leurs maisons, emportant matelas, bidons, bassines et enfants, et sont allés chercher refuge à Kibaki, une bourgade voisine.

Plus loin, à l’écart de la route, Ngululu, un autre village situé à deux heures de marche, a été partiellement détruit et pillé. Six personnes –quatre hommes et deux femmes– ont été tuées lors d’affrontements le week-end dernier, ont raconté des habitants.

Plus loin, à une demi-heure de marche, le village de Rusemo a également été pillé. Plusieurs maisons ont été brûlées et des tirs interdisent toute approche.

Les milices Mai Mai, qui étaient jusqu’à présent équipées de Kalachnikov, sont désormais dotées de mortiers.

L’activité économique dans ces régions fertiles et escarpées qui approvisionnent la capitale régionale, Goma, est quasiment réduite à néant. Les champs sont déserts. Pendant une journée, les journalistes de l’AFP ont croisé deux véhicules, chargés de récoltes de haricots et de pommes de terre.

Aucune ONG ni force des Nations unies n’a été vue sur place.

Jeuneafrique.com avec AFP

Libye : vent de révolte à l’Est

mars 14, 2012

L’annonce unilatérale de l’autonomie de la Cyrénaïque, qui concentre l’essentiel des ressources pétrolières libyennes, pourrait remettre le pays sur la voie du fédéralisme. Mais certains redoutent déjà une partition.   Chez les facebookeurs libyens, une affiche fait le buzz. À côté du monumental phare italien qui domine la ville, une large accroche : « Je suis de Benghazi, et la soi-disant conférence de Brega ne me représente pas ». C’est la réponse des réseaux sociaux à la déclaration unilatérale d’autonomie de la Cyrénaïque lancée à Benghazi, le 6 mars, par des chefs de tribus et de milices locales. Couvrant presque la moitié du territoire libyen, cette région s’étend de la côte orientale aux frontières du Tchad et du Soudan, et de l’Égypte limitrophe jusqu’au centre du pays. C’est dans cette province, où sont concentrés les gisements d’hydrocarbures ainsi que les terminaux vitaux pour les exportations de pétrole et de gaz, qu’avait commencé le soulèvement contre Mouammar Kaddafi, en février 2011.   Aspirations fédéralistes   Or, un an jour pour jour après la création du Conseil national de transition (CNT), le poids de la Cyrénaïque et son influence politique restent un sujet de profond mécontentement pour ses habitants. Sous Kaddafi, le centre de gravité de la Libye a toujours penché vers la Tripolitaine, la région côtière s’étendant de la frontière tunisienne à Syrte, d’où était originaire le « Guide ». À son accession au pouvoir, en 1969, Kaddafi avait mis fin aux aspirations fédéralistes d’une partie des élites monarchistes qui n’avaient accepté le pouvoir du roi Idriss (de 1951 à 1969) qu’en contrepartie d’une large autonomie régionale. Tripoli devenu capitale unique de la Jamahiriya, Benghazi ressassait le souvenir de sa gloire perdue.

Sous Kaddafi, Tripoli était privilégié. Et Benghazi ressassait le souvenir de sa gloire perdue…   L’annonce des chefs de l’Est témoigne de la renaissance des aspirations fédéralistes et de la faiblesse du CNT, incapable de fixer un plan de transition convaincant à quelques mois de l’élection d’une Assemblée constituante. Les milices de la Tripolitaine (surtout celles de Zintan, qui contrôlent l’aéroport international de Tripoli et maintiennent au secret Seif el-Islam Kaddafi) ont réussi à imposer leur loi et l’idée qu’il faut taper du poing sur la table. En réaction, la conférence de Brega s’est choisi pour chef Ahmed Zubaïr al-Senoussi, jusque-là membre du CNT chargé du sort des détenus, célèbre pour avoir été prisonnier politique sous Kaddafi trente et un ans durant (il a reçu le prix Sakharov en 2011).   Levée de boucliers

Et s’ils ont pris soin de ne pas se présenter comme des séparatistes, les instigateurs de la déclaration d’autonomie ont tout de même essuyé une levée de boucliers. Le soir du 6 mars, Mustapha Abdeljalil, le président du CNT, a dénoncé un « complot de l’étranger », imputable à certains « pays voisins » qu’il n’a pas nommés, et a menacé de recourir à la force. De son côté, le grand mufti Sadeq al-Gharyani, de plus en plus influent, a mis en garde contre les risques de partition, qui « mène inévitablement à la discorde et ouvre la voie à des conflits, notamment sur les ressources naturelles ».

Jeuneafrique.com par Youssef Aït Akdim