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RD Congo: un policier et un milicien tués lors d’affrontements dans le centre du pays

janvier 5, 2017

Kinshasa – Un policier et un milicien ont été tués dans l’attaque d’une ville de la province du Kasaï central, dans le centre de la République démocratique du Congo, par des partisans d’un chef traditionnel tué en août, a appris jeudi l’AFP de sources concordantes.

Mercredi matin, près de 200 partisans du chef Kamwina Nsapu ont investi et pris le contrôle de la cité de Tshimbulu, après avoir tué un policier, a déclaré jeudi matin à l’AFP une religieuse catholique témoin de l’incident, interrogée par téléphone.

Le corps d’un milicien a été retrouvé près du commandement de la police de Tshimbulu, a-t-elle ajouté jeudi en fin de journée, indiquant que des tirs à l’arme lourde sont entendus dans la partie sud de la ville. Ces informations ont été confirmées à l’AFP par des habitants.

Les assaillants ont quitté la ville (mercredi, ndlr) vers 19H00 (18H00 GMT) après avoir créé une grande panique. L’armée a repris le contrôle de Tshimbulu vers 23H00, a rapporté un journaliste d’une radio locale, joint par l’AFP depuis Kinshasa.

De son côté, le ministre des Médias et porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, a déclaré que l’armée mène des opérations dans cette zone contre des inciviques, qui se réclament du chef coutumier Kamwina Nsapu.

Quasiment tous les jeunes ont fui la cité, craignant d’être arrêtés par l’armée. Il y a un gros risque qu’ils aillent grossir les rangs de ce groupe, s’est pour sa part inquiétée auprès de l’AFP une source ecclésiastique.

Ville agricole et administrative de plus de 150.000 habitants, Tshimbulu est située dans le territoire de Dibaya, à 120 km au sud de Kananga, capitale du Kasaï central, au centre de la RDC.

Fin septembre, au moins 47 personnes ont été tuées dans des affrontements entre les forces de sécurité et des partisans se réclamant de ce chef pour le contrôle de l’aéroport de Kananga.

Médecin âgé d’une trentaine d’années, Kamwina Nsapu a été tué dans une opération de police le 12 août 2016.

Il était rentré en RDC en avril 2016 après un séjour en Afrique du Sud, et avait peu après lancé des appels à l’insurrection et à la libération du Congo, dans un appel audio qui circule sur les réseaux sociaux.

Romandie.com avec(©AFP / 05 janvier 2017 18h09)

Côte d’Ivoire : ex-miliciens pro-Gbagbo et ex-combattants pro-Ouattara dans la même caserne

juillet 10, 2011

Dans une caserne d’Abidjan, les frères ennemis d’hier, des miliciens de l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo et des combattants qui ont porté Alassane Ouattara au pouvoir, se côtoient au nom du retour à « la paix », en attendant d’être fixés sur leur avenir.

« Nous sommes ensemble! », clame un homme en treillis, kalachnikov en bandoulière. Dans le quartier de Yopougon (ouest), théâtre des derniers combats, ce qui fut la caserne de la BAE (Brigade anti-émeutes), une unité d’élite du régime déchu, est désormais sous l’autorité des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI), à qui la victoire est revenue en avril après quatre mois de crise post-électorale.

La base, dirigée par le commandant Ousmane Coulibaly, dit « Ben Laden » – l’un des chefs les plus connus des FRCI et de l’ex-rébellion du Nord qui en est l’ossature -, accueille plusieurs centaines de jeunes, membres des anciennes milices et volontaires FRCI.

Apprentissage de la discipline

Au petit matin, c’est le rassemblement sur la place d’armes en terre battue, au pied du drapeau ivoirien. La journée est rythmée par les exercices physiques et l’apprentissage de la discipline. Dans les rues de ce quartier très populaire qui a été un fief de Laurent Gbagbo, on voit ces jeunes courir en entonnant des chants guerriers.

Augustin Mian, chef de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (Fesci), tout-puissant et sulfureux syndicat sous l’ère Gbagbo, a été un artisan de ce rapprochement en appelant à déposer les armes après la chute de son mentor le 11 avril. « Il faut que véritablement la tranquillité, la quiétude, la sécurité soient de mise pour tout le monde », explique-t-il à l’AFP. De nombreux sympathisants de la Fesci s’étaient engagés au sein des milices, connues pour leurs exactions, qui combattaient aux côtés des militaires loyaux à l’ex-président.

« Je suis un ex-milicien, j’ai pris les armes pour une cause, mais j’ai compris qu’il fallait revenir à la paix », confie Guy-Hermann Gnakabi, étudiant. « Nous avons été accueillis après notre ralliement par nos frères des FRCI », dit-il, vantant « cohésion » et « fraternité ».

« On mange le même repas »

« Ici on patrouille ensemble, on dort dans la même chambre, on mange le même repas », confirme un élément FRCI. Ex-milicienne devenue secrétaire du commandant en second du camp, Edichy Gladis N’guessan renchérit : « il n’y a plus de miliciens pro-Gbagbo ni de rebelles pro-Ouattara, nous formons une seule entité pour aller à la paix ».

Mais une autre, Annick Emma Tieyon, reconnaît que les débuts ont été difficiles. « Il fallait enlever la peur et vivre ensemble. Ce n’était pas évident de rencontrer ses ex-ennemis ».

« C’est ici que la nouvelle armée ivoirienne est en train de prendre forme », s’enthousiasme un officier FRCI. Beaucoup de jeunes encadrés dans cette base – souvent des chômeurs – souhaitent embrasser le métier des armes. Si M. Ouattara vient tout juste de nommer un nouvel état-major, le chantier de la fusion-restructuration de l’armée n’est cependant pas vraiment lancé, et il fera nécessairement des déçus: nombre de FRCI et d’anciens miliciens seront recalés.

« Pour l’instant, on n’a pas eu d’assurance », témoigne un jeune. En attendant, placardé dans le camp, un message de « Ben Laden » annonçant la mort de « Maguy Le Tocard », ex-chef de milice emporté par une maladie, démontre que l’heure est officiellement à la réconciliation. « Information: le commandant Coulibaly Ousmane a le profond regret de vous annoncer le décès du commandant Maguy Le Tocard survenu le 3/07/11 ».

Jeuneafrique.com