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RDC-Religion : la Cénco fustige la haine contre l’Eglise catholique

août 2, 2021

Les cardinal, archevêques et évêques indignés face aux attaques perpétrés contre l’Eglise promettent, par ailleurs, de continuer à jouer leur rôle de sentinelle et réitère leur engagement à poursuivre l’accompagnement du peuple congolais dans la consolidation de la démocratie et l’amélioration de ses conditions de vie.

Des lieux de culte catholiques profanés

Dans leur réaction du 2 août, le cardinal, les archevêques et évêques catholiques membres du comité permanent de la Conférence épiscopale nationale de la République démocratique du Congo (Cénco) ont exprimé leur peine face à la haine contre leur église ainsi que des actes de vandalisme perpétrés contre certains lieux de culte et des installations de cette confession religieuse. « La Cénco condamne fermement ces actes de violence inadmissibles qui sont une atteinte à la  liberté religieuse et d’expression, mais aussi une entorse à la démocratie. C’est un grand recul sur le chemin de l’état de droit auquel aspire tout le peuple congolais », ont fait savoir les prélats catholiques.

Face à ces actes décriés, le cardinal, les archevêques et évêques, qui notent que le cardinal n’a pas pris une position qui n’est pas celle de la Cénco dans le cadre de sa mission prophétique, leur peine est d’autant plus grande que tous ces actes manifestent une haine contre l’Eglise catholique.  Pour la Cénco, dans sa position prise, elle ne fait qu’accomplir sa mission prophétique, dans la recherche du bien-être du peuple congolais. « Pourquoi s’en prendre à la Cénco quand elle prêche la cohésion nationale ? Pourquoi l’attaquer quand elle défend l’indépendance de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) ? », se sont-ils demandé. Ils ne s’expliquent pas que leur position leur attire la foudre.

La poursuite de sa mission

Malgré ces actes d’agression et de vandalisme, la Cénco promet de continuer à mener sa mission et réitère son engagement à poursuivre l’accompagnement du peuple congolais dans la consolidation de la démocratie et l’amélioration de ses conditions de vie. « Pour l’amour des Congolais, la Cénco ne se taira point », ont dit les prélats.

Toutefois, la Cénco, qui condamne ces actes ignobles, demande à ses fidèles chrétiens et aux défenseurs de la démocratie de ne pas réagir violemment. « La violence est l’arme de ceux qui maquent les arguments dans un débat démocratique et citoyen. Elle tue la démocratie qu’elle remplace par la dictature », a-t-elle noté.

Les prélats catholiques attendent, cependant, des commanditaires de ces actes, d’arrêter alors qu’au gouvernement, ils demandent de pendre cette situation en  main, en identifiant ces inciviques qui ont opéré à visage découvert afin qu’ils soient sévèrement sanctionnés et que plus jamais pareils attaques ne se répètent.

Dans les faits, la Cénco note, par ailleurs, que c’est depuis le mois d’avril que des actes abominables de profanation sur les lieux de culte sont enregistrés notamment à Mbuji-Mayi dans le Kasaï. Elle se dit aussi consternée de voir sur la toile, le 31 juillet, le secrétaire général de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), Augustin Kabuya, tenir des propos désobligeants à l’endroit du cardinal archevêque de Kinshasa et son secrétaire général, les accusant entre autres de politiser l’Eglise.

Les prêtres se disent choqués de constater que, juste après ces déclarations d’un de haut cadre du parti au pouvoir, des actes de vandalisme accompagnés des injures macabres sont posés à l’archevêché de Kinshasa et à la résidence du cardinal par un groupe de jeunes non autrement identifiés qui, dans leur discours, ont repris certains propos du secrétaire général de l’UDPS.

Avec Adiac-Congo par Lucien Dianzenza

Un logiciel israélien utilisé pour espionner journalistes et militants dans le monde (médias)

juillet 18, 2021
Un logiciel israelien utilise pour espionner journalistes et militants dans le monde (medias)
Un logiciel israélien utilisé pour espionner journalistes et militants dans le monde (médias)© AFP/JACK GUEZ

Des militants des droits humains, des journalistes et des opposants du monde entier ont été espionnés grâce à un logiciel mis au point par une société israélienne, selon une enquête publiée dimanche dans plusieurs médias.

Le logiciel espion Pegasus de la société NSO Group, s’il est introduit dans un smartphone, permet d’en récupérer les messages, les photos, les contacts, et même d’écouter les appels de son propriétaire.

L’entreprise, fondée en 2011 et qui a régulièrement été accusée de faire le jeu de régimes autoritaires, a toujours assuré que son logiciel servait uniquement à obtenir des renseignements contre des réseaux criminels ou terroristes.

Mais les organisations Forbidden Stories et Amnesty International ont eu accès à une liste, établie en 2016, de 50.000 numéros de téléphone que les clients de NSO avaient sélectionnés en vue d’une surveillance potentielle. Elle inclut les numéros d’au moins 180 journalistes, 600 hommes et femmes politiques, 85 militants des droits humains, ou encore 65 chefs d’entreprise… selon une analyse menée par 17 rédactions.

Sur cette liste, figure notamment le numéro d’un journaliste mexicain Cecilio Pineda Birto, abattu quelques semaines après son apparition sur ce document. Des correspondants étrangers de plusieurs grands médias, dont le Wall Street JournalCNNFrance 24Mediapart, El País, ou l’AFP en font aussi partie.

D’autres noms de personnalités figurant sur la liste seront divulgués dans les prochains jours par le consortium de médias qui ont mené l’enquête, dont font notamment partie Le Monde, The Guardian, et The Washington Post.

Leurs journalistes ont rencontré une partie des personnes visées et ont récupéré 67 téléphones, qui ont fait l’objet d’une expertise technique dans un laboratoire d’Amnesty International.

Elle a confirmé une infection ou une tentative d’infection par le logiciel espion de NSO Group pour 37 appareils, selon les compte-rendus publiés dimanche.

Deux des téléphones appartiennent à des femmes proches du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, assassiné en 2018 dans le consulat de son pays à Istanbul par un commando d’agents venus d’Arabie saoudite.

Pour les 30 autres, les résultats ne sont pas probants, souvent car les propriétaires des numéros ont changé de téléphone.

« Il y a une forte corrélation temporelle entre le moment où les numéros sont apparus sur la liste et leur mise sous surveillance », précise le Washington Post.

Cette analyse, qui met à mal la communication de la société, s’ajoute à une étude, menée en 2020, par le Citizen Lab de l’Université de Toronto, qui avait confirmé la présence du logiciel Pegasus dans les téléphones de dizaines d’employés de la chaîne Al-Jazeera du Qatar.

Par Le Point avec AFP

Deux militants de la Ligue de défense noire africaine condamnés pour avoir intimidé Patrick Balkany

novembre 25, 2019

Deux militants de la Ligue de défense noire africaine (LDNA) ont été condamnés lundi pour acte d’intimidation envers Patrick Balkany, qu’ils avaient pris à partie début septembre dans la rue à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine).

Déjà défavorablement connus de la justice, les deux hommes sans emploi, âgés de 30 et 31 ans, ont été condamnés pour «acte d’intimidation envers un élu public» à six mois de prison et devront indemniser l’édile d’un euro symbolique. Le plus âgé, notamment condamné en 2014 à sept ans de prison pour viol de personne vulnérable, a également écopé d’une amende de 1000 euros pour avoir donné aux enquêteurs une «identité imaginaire» – son «nom de militant», a-t-il expliqué à la barre. Le ministère public avait requis quatre mois de prison contre lui. «Cette condamnation est excessive», a aussitôt réagi son avocate Natacha Haleblian, annonçant faire appel. «On n’a pas pris en compte les violences dont mon client a été victime» de la part du plaignant», a-t-elle estimé. L’autre co-prévenu, qui était par ailleurs poursuivi pour «menace de mort réitérée» contre une femme qui avait tenté de protéger Patrick Balkany pendant l’altercation, devra également indemniser cette dernière à hauteur de 1.000 euros pour préjudice moral.

Les deux militants, qui disent «lutter contre les discriminations» et demandaient leur relaxe, ont expliqué avoir voulu ce jour-là, le 5 septembre, prendre rendez-vous avec le maire, croisé fortuitement devant le commerce d’une femme en difficulté qu’ils soutiennent depuis février. Une affaire «d’ordre privé» qui ne le regardait pas, avait alors balayé Patrick Balkany en tentant de mettre un terme à la conversation. Des extraits vidéos tournés avec son portable par l’un des militants montrent une discussion «courtoise» dans un premier temps, mais qui s’envenime peu à peu.

On y voit notamment le maire, récemment condamné pour fraude fiscale et blanchiment, prendre le militant le plus âgé par l’oreille pour l’«emmener au commissariat sous d’incessants allez-y, tapez-le!», «tapez-moi!» ou encore »agressez-moi!« lancés par l’un ou l’autre des militants. L’un d’entre eux dit avoir même reçu un «coup de poing» sur la poitrine et n’avoir «jamais bousculé» le maire. Mais pour le ministère public, la vidéo est sans appel: «Ils viennent au contact, cherchent le dérapage. L’acte d’intimidation est parfaitement caractérisé».«La LDNA utilise ce procès» comme une «tribune», a tancé de son côté Romain Dieudonné, l’avocat de Patrick Balkany.

Par Le Figaro.fr avec AFP

RDC: Démonstration de force des militants contre les combattants lors de l’arrivée de Félix Tshisekedi à Paris

novembre 12, 2019

RDC: De l’électricité dans l’air politique au MLC

septembre 6, 2018

 

RDC: conférence de presse de la Lucha interdite à Goma, libération de 40 militants à Kinshasa

juillet 31, 2018

Kinshasa – Un point-presse du mouvement pro-démocratie Lutte pour le changement (Lucha), qui voulait dénoncer « l’assassinat » d’un de ses membres mort dans un incendie, a été interdit par la police mardi à Goma dans l’est de la République démocratique du Congo.

Une quarantaine de manifestants arrêtés la veille dans la capitale Kinshasa, ont été libérés mardi, en début d’après midi.

La police a interdit l’accès au point-presse de la Lucha dans son fief de Goma (est), a constaté l’AFP. « Il ne pouvait pas tenir leur conférence de presse sans l’autorisation de la mairie », a justifié le maire Timothée Muissa Kiesse.

Un militant de la Lucha a lu dans la rue un communiqué qui dénonce les conclusions d’une enquête judiciaire sur la mort de Luc Nkulula, 33 ans, mi-juin dans l’incendie de sa maison à Goma. « Pour l’instant, il n’y a aucun prévenu à poursuivre. C’est tout simplement un incident malheureux », a déclaré vendredi le procureur.

« Nous sommes plus que jamais convaincus que notre camarade a été assassiné », dit le communiqué de la Lucha, mouvement des jeunes indignés qui demande le départ du président Joseph Kabila dont le mandat à la tête du pays s’est achevé en décembre 2016.

Lundi, quarante militants des mouvements citoyens congolais dont sept de la Lucha avaient été arrêtés « lors d’une marche silencieuse ».

« Ils marchaient pour aller déposer un mémorandum au bureau de la représentante spéciale du chef de l’État en charge de la lutte contre les violences sexuelles afin d’exiger l’implication du président de la République pour la libération des filles et femmes esclaves sexuelles au Kasaï », avait déclaré plus tôt à l’AFP Nera Kanyinda, chargé de communication d’un autre mouvement citoyen (Engagement citoyen pour le changement, Eccha), organisatrice de la marche.

« On vient de libérer les 40 militants, aucune charge n’a été retenue contre eux », a affirmé M. Kanyinda.

M. Kanyinda a cependant ajouté qu' »un autre militant du mouvement Eccha a été interpellé » par la police alors qu’il assistait à la libération de ses camarades.

Romandie.com avec(©AFP / 31 juillet 2018 13h19)

Une sénatrice et deux militants communistes français arrêtés en Turquie (PCF)

juin 24, 2018

Les personnes arrêtées s’étaient rendues en Turquie en tant qu’observateurs des élections qui se déroule le 24 juin 2018 / © AFP / ADEM ALTAN

Une sénatrice, Christine Prunaud, et deux militants communistes ont été arrêtés dimanche à Agri (est de la Turquie) alors qu’ils étaient venus comme observateurs des élections à l’invitation d’un parti pro-kurde, a annoncé le PCF dans un communiqué.

« Ils ont été arrêtés et empêchés de réaliser leur mission. Ils ont été auditionnés par un procureur qui leur a soustrait leurs passeports. Ils sont retenus au commissariat jusqu’à la fin des opérations de vote », a précisé ensuite à Franceinfo le secrétaire général du Parti communiste, Pierre Laurent.

« Christine Prunaud m’a dit qu’ils seraient retenus jusqu’à 17 heures dans une gendarmerie et ensuite assignés à leur hôtel », a déclaré à l’AFP la présidente du groupe communiste du Sénat, Eliane Assassi, qui s’est entretenue brièvement avec sa collègue par téléphone.

Outre Christine Prunaud, sénatrice des Côtes d’Armor et membre de la commission des Affaires étrangères de la Haute assemblée, la délégation comprend Hulliya Turan, secrétaire départementale du Bas-Rhin, et Pascal Torre, membre du secteur des Relations Internationales au PCF.

L’agence turque Anadolu a de son côté rapporté que 10 étrangers, dont trois Français, trois Allemands et trois Italiens, avaient été interpellés, accusés, selon l’agence, d’avoir tenté de se faire passer pour des observateurs internationaux.

Le PCF a répondu à un appel du HDP, le principal parti prokurde, a expliqué Pierre Laurent.

Les émissaires du PCF étaient sur place pour « une mission d’observation de nature citoyenne comme cela se fait dans d’autres pays », afin de s’assurer qu’aucune fraude n’était commise, car « il y a eu des doutes lors des précédentes élections sur la sincérité du scrutin. » « On n’a pas du tout caché la raison pour laquelle ils se rendaient sur place », a assuré le patron du PCF et sénateur.

Le PCF « condamne ces méthodes, qui ne font que le renforcer résolument à rester aux côtés des démocrates de Turquie qui entendent mettre un terme à la dictature de R.T. Erdogan », selon son communiqué.

La Turquie votait lors d’élections présidentielle et législatives âprement disputées entre le chef de l’Etat, Recep Tayyip Erdogan, qui brigue un nouveau mandat aux pouvoirs renforcés et une opposition galvanisée, sur fond de difficultés économiques. Le principal parti d’opposition turc a dénoncé des tentatives de fraude.

Romandie.com avec(©AFP / 24 juin 2018 16h43)

Congo: Programme relatif aux obsèques des militants de l’UDH-YUKI

juillet 30, 2017

Avec Zenga-mambu.com

Côte d’Ivoire : Pascal Affi N’Guessan appelle à une marche pacifique

mai 12, 2017

Pascal Affi N’Guessan à Paris, en juin 2015. © Vincent Fournier pour J.A.

Pascal Affi N’Guessan, président d’une aile du Front populaire ivoirien (FPI), a appelé jeudi 11 mai à « une marche pacifique  » le 17 juin prochain pour dénoncer la politique menée par le chef de l’État ivoirien Alassane Ouattara.

Pascal Affi N’Guessan tente de remobiliser ses troupes. Le patron du Front populaire ivoirien (FPI) – contesté par l’aile du parti menée par Aboudramane Sangaré – a appelé jeudi à « une marche pacifique » le 17 juin prochain pour protester contre la politique menée par le gouvernement ivoirien. « Tous dans la rue le 17 juin », a lancé l’ancien Premier ministre de Laurent Gbagbo lors d’une conférence de presse animée au siège du parti, à Abidjan.

 

« La faillite de l’État s’observe par les nombreux actes de défiance », a affirmé Pascal Affi N’Guessan, dénonçant tour à tour « la corruption endémique », « la complicité de l’État » dans le récent scandale de l’agrobusiness, la condamnation fin mars de l’opposant Sam l’Africain ou encore « la gestion catastrophique » des récentes mutineries dans les casernes ivoiriennes. « Nous devons réagir et crier notre colère de façon bruyante dans la rue », a-t-il conclu.

Reste que cette mobilisation, annoncée dans plus d’un mois, devrait avoir lieu sans la participation de l’aile du FPI surnommée les « Gbagbo ou rien », en rupture avec celle présidée par l’ancien Premier ministre. « Il peut marcher, nous ne nous sentons pas concernés », a réagi Boubakar Koné, porte-parole du FPI tendance Aboudramane Sangaré, qui conteste toute légitimité à Pascal Affi N’Guessan.

Jeuneafrique.com par – à Abidjan

France: « Responsable » ou « infamie »… les électeurs socialistes divisés par la décision de Valls de voter Macron

mars 30, 2017

Le choix de l’ex-premier ministre de voter pour le leader d’En marche ! dès le premier tour de la présidentielle a suscité un torrent de réactions, indignées ou favorables.

Manuel Valls et Emmanuel Macron le 8 février 2016 à Paris.

Manuel Valls et Emmanuel Macron le 8 février 2016 à Paris. PATRICK KOVARIK / AFP
Jamais les électeurs n’ont été aussi indécis à moins d’un mois du premier tour de l’élection présidentielle, ni l’abstention aussi menaçante. Pour autant, jamais le scrutin n’a semblé susciter autant d’intérêt. En moins d’une heure, mercredi 29 mars, vous étiez déjà plus de trois cents à avoir répondu à l’appel à témoignages du Monde.fr. Nous voulions connaître votre réaction à la décision de Manuel Valls, le même jour, de voter dès le premier tour pour le leader d’En marche !, Emmanuel Macron, au détriment du vainqueur de la primaire du Parti socialiste, Benoît Hamon. Le déferlement de messages fut sans précédent. Les 1 032 réactions recueillies sont à l’image de la gauche à la veille du scrutin présidentiel, profondément divisées.

« Déni de démocratie »

Parmi les électeurs du candidat socialiste à la primaire, beaucoup se disent révoltés par la « trahison » de l’ex-premier ministre, qui avait promis de soutenir le vainqueur du scrutin. Ils font également part de leur « dégoût » face à ce qu’ils considèrent comme un « déni de démocratie ».

« C’est une honte, une infamie, tonne Monique G., retraitée. J’ai toujours voté socialiste… Je suis totalement outrée, dégoûtée, scandalisée. » « Le vote des militants et sympathisants est purement et simplement bafoué. Rendez-moi mes 2 euros ! », réclame Guillaume B., médecin à Strasbourg, en allusion à la somme réclamée pour participer à la primaire. Un militant socialiste se dit « totalement perdu », avec « l’impression de [s]’être fait avoir encore une fois ».

Certains reprochent à Manuel Valls d’avoir pris position publiquement. « Il peut voter pour qui il veut – le vote est confidentiel –, mais il devait soutenir Hamon en public, c’était la moindre des choses, s’agace Gilles P., cadre à Blaye, en Gironde. Un traître, un mauvais perdant et le principal artisan de la déconfiture de la gauche, voilà ce que l’on retiendra de lui. »

L’argument du « vote utile » brandi par le candidat malheureux à la primaire ne les convainc pas. « Je crois que ce qui me gêne le plus c’est l’excuse de “lutte contre le FN”, explique Vanessa B. Au second tour, je pourrais entendre/comprendre le vote utile », mais pas au premier.

Valls accusé de faire le jeu de l’abstention et du FN

La déception est à la mesure de l’espoir que chacun plaçait dans son suffrage. Aaron H., étudiant de 22 ans à Montpellier, a voté pour la première fois de sa vie lors de la primaire de la gauche. Mais cette première expérience est déjà une désillusion :

« C’était la première fois que je pouvais participer à la prise de décision dans mon pays, que mon avis, que ma vision de la France serait pris en compte, et j’ai choisi Benoît Hamon. Son projet incarne la France dans laquelle je veux vivre, grande et généreuse. La décision de Valls est pire qu’une trahison, c’est une insulte. Elle nous montre que finalement on ne compte pas. Elle prouve aux abstentionnistes qu’ils ont raison de ne plus croire en la politique puisqu’au final ce sont toujours les mêmes qui décident. »

Comme lui, Véronique F., enseignante, accuse Manuel Valls de « faire le jeu de l’abstention, car finalement, qu’on vote ou pas, notre choix n’est jamais respecté. Comment peut-on être plus pyromane à trois semaines du premier tour ? ».

Pis, en reniant sa promesse de soutenir le vainqueur de la primaire, l’ex-premier ministre ferait le lit du Front national, selon certains. « Le choix de Manuel Valls montre qu’il n’a aucun sens de ce que l’engagement sur l’honneur signifie. Cela alimente l’idée du tous pourris de Le Pen », se désole Nicolas B., de Lyon. Un autre déçu estime que Manuel Valls donne corps à ce qui nourrit le vote frontiste : « L’UMPS tant clamé par le FN, plus aucune croyance dans la parole politique, et le rejet des classes politiques classiques. »

« Traiter Valls de traître, c’est l’hôpital qui se fout de la charité »

Le ton est différent lorsque les électeurs ont voté pour Manuel Valls à la primaire. La plupart disent comprendre et approuver son positionnement, jugé « cohérent ». « Les divergences politiques sont bien plus grandes entre Valls et Hamon, qu’entre Valls et Macron, observe Dominique, commercial à Nantes.

A Marseille, Soazig P. se dit, elle aussi, « 100 % d’accord avec Valls » :

« J’ai voté pour Valls à la primaire et je vais faire comme lui, voter pour Macron. Hamon n’a fait aucun effort pour rassembler, ne serait-ce que le PS. Sa campagne n’est pas bien menée et ne suscite aucun espoir. Bien sûr, en votant à la primaire, on s’est engagé à soutenir le vainqueur, mais pas quoi qu’il fasse ! On n’a pas signé un chèque en blanc. »

Même Benoît C., qui a voté pour Benoît Hamon à la primaire, regrette que son candidat n’ait pas « cherché à rassembler la gauche ». « On est clairement en droit de s’interroger sur [sa] volonté [de] gagner. Je comprends donc la position de Manuel Valls et voterai probablement Macron », dit-il.

Quant aux accusations de trahison du candidat socialiste, elles font sourire les partisans de l’ancien premier ministre. « Je trouve assez drôle de voir Benoît Hamon donner des leçons de loyauté à Manuel Valls, lui qui a “pourri” le quinquennat de Hollande avec les frondeurs. C’est l’arroseur arrosé », s’amuse une électrice. « Traiter Valls de traître, c’est l’hôpital qui se fout de la charité », tempête une autre.

Malgré sa promesse, Manuel Valls ne pouvait pas soutenir le candidat socialiste, estime Pierre L., ingénieur au Havre (Seine-Maritime). « Il est normal que ceux qui croient que le programme de Hamon est mauvais ne le défendent pas. Le contraire serait d’une immense hypocrisie, insupportable : comment Valls pourrait soutenir celui qui l’a empêché de gouverner, l’a forcé à recourir au 49.3 ? De la même façon, qui pourrait imaginer Benoît Hamon soutenir M. Valls, si M. Valls avait gagné la primaire ? J’attends des hommes politiques des convictions, de la cohérence, qui doit être au-dessus de la logique des partis », conclut-il.

Auprès de ces électeurs, l’argument du vote utile semble faire mouche. « J’assume le caractère de vote utile que revêtira le mien en faveur d’Emmanuel Macron. Je n’ai pas envie de prendre le risque, même improbable de voir Mme Le Pen accéder au pouvoir », explique Jean-Marc D., jugeant le choix de Manuel Valls « responsable ».

« Le Parti socialiste vient juste d’exploser »

Effet corollaire du sentiment de trahison éprouvé par les électeurs favorables à Benoît Hamon, le système de primaires est remis en cause. « A quoi servait de faire des primaires si ensuite les socialistes sont incapables de soutenir le candidat choisi ?, s’interroge Livia M. C’est une farce qui dit bien la déliquescence de ce parti incapable d’agir pour monter un projet commun, de fédérer les électeurs et de battre le FN. »

« Ils ont tué la primaire et peut-être le PS par la même occasion », renchérit Pierre-Yves, enseignant dans le Finistère. Comme de nombreux autres votants à la primaire, il appelle les personnalités socialistes ayant rallié Emmanuel Macron à « démissionner du PS ». « Désolé M. Hamon, ces gens sans parole nous conduisent à fuir le PS et à nous tourner vers Jean-Luc Mélenchon », prévient-il.

Perçu par une partie des électeurs de gauche comme « le fossoyeur du PS », Manuel Valls lui aurait porté l’estocade finale et entériné la théorie des deux gauches irréconciliables. Rudy M., à Perpignan, en est convaincu :

« En marche ! est la suite logique du PS de droite. Or, nous autres électeurs sommes apparemment en majorité plutôt du PS de gauche. Le Parti socialiste vient juste d’exploser. »

Un certain nombre de personnes appellent d’ailleurs de leurs vœux une scission du parti. « Si ce soutien de Manuel Valls à Emmanuel Macron pouvait enfin provoquer la scission de ce PS qui réunit des courants si différents ! », espère Christine C. « L’explosion du PS est peut-être la meilleure chose qui puisse arriver aux électeurs de gauche à ce stade », renchérit une autre électrice. Ce scénario paraît désormais de plus en plus probable.

Lemonde.fr par Faustine Vincent , Journaliste au Monde