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Gabon: Environ 800 agents de l’Etat impliqués dans une fraude salariale

avril 27, 2013
 
Le gouvernement gabonais vient de démasquer, à la suite d’une « opération coup de poing », lancée jeudi à Libreville, quelque 800 agents de l’Etat percevant à la fois des salaires et des présalaires et 150 autres émargeant en même temps dans deux administrations différentes.
Sont particulièrement épinglés, des agents du ministère de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur et ceux du ministère de la santé, a indiqué le ministre délégué à la fonction publique, Raphael Ngazouzet, lors du lancement de l’opération.Il a indiqué que celle-ci participe également de l’entreprise globale d’assainissement du fichier solde des agents civiles de l’Etat.

‘'(…) Il n’est pas admissible que certains agents de l’Etat fassent montre d’autant de mauvaise foi, en percevant indument un surplus de traitement », a-t-il dit.

Les fonctionnaires soupçonnés de fraude seront désormais payés par bons de caisse et non plus par virements bancaires, afin qu’ils soient physiquement identifiés, indique-t-on.

En février 2010, cette méthode avait permis avait permis au gouvernement de débusquer quelque 6000 fonctionnaires fantômes qui émargeaient indûment au budget de l’Etat, à la suite d’un audit des effectifs de la fonction publique.

Ceux qui ne retireraient par leurs bons de caisse étaient menacés de radiation du fichier de la fonction publique, et passibles de poursuites judiciaires s’il était établi qu’ils avaient été jusque-là indûment payés,

Sur un effectif de 70 960 agents publics, 63 212 avaient été recensés. La confrontation des informations recueillies dans le fichier solde avait fait ressortir un effectif de 7748 agents non recensés dont 5683 seraient des fonctionnaires fantômes.

Le gouvernement avait annoncé des économies mensuelles de l’ordre de 2,1 milliards de FCFA, soit t 25,2 milliards de FCFA par an.

En dépit de la neutralisation des fonctionnaires fantômes, les conclusions de l’audit sont toujours attendues sur plusieurs autres irrégularités (faux diplômes, fausses promotions, etc.). En outre, aucun fonctionnaires fantôme n’a été traduit devant les tribunaux.

APA Libreville (Gabon)

Maroc : décès de Cheikh Yassine, fondateur d’Al Adl Wal Ihsane

décembre 13, 2012

Le très charismatique Cheikh Abdessalam Yassine, sortant de son domicile de Salé, le 19 mai 2000. Le très charismatique Cheikh Abdessalam Yassine, sortant de son domicile de Salé, le 19 mai 2000. © AFP

Abdessalam Yassine, plus connu sous le nom de « Cheikh Yassine », est mort, jeudi 13 décembre. Malade, le leader d’Al Adl Wal Ihsane (« Justice et bienfaisance ») était âgé de 84 ans.

« Cheikh Yassine » n’est plus. Le fondateur et leader d’Al Adl Wal Ihsane, confrérie islamiste doublée d’un mouvement politique non autorisé mais toléré au Maroc, est mort jeudi 13 décembre à l’âge de 84 ans.

Malade, le cheikh avait réduit ses activités ces dernières années. Prônant une vision radicale de l’islam tout en refusant le recours à la violence, son mouvement est très critique vis-à-vis du pouvoir royal et refuse de reconnaître les institutions. Les militants d’Al Adl Wal Ihsane avaient notamment participé aux manifestations populaires de 2011 aux côtés du Mouvement du 20 février.

Né en 1928 à Marrakech, Abdessalam Yassine a d’abord mené carrière au sein du ministère de l’Éducation nationale dans les années 1950 et 1960. En 1965, il se tourne vers le soufisme et intègre la Zaouïa Boutchichia de cheikh El Abbas. Il en claquera la porte quelques années plus tard pour lancer son propre mouvement religieux.

Il se fait connaître en 1974 en adressant une lettre au roi Hassan II intitulée « L’Islam ou le déluge », dans laquelle il invite le Roi à revenir à l’islam des origines. Pour ce défenseur de la charia, influencé par le penseur fondamentaliste égyptien Sayyid Qotb, le Maroc est un État impie qui se base sur des lois humaines au lieu de respecter celle du Coran. Au palais, la lettre ne passe pas. Abdessalam Yassine est arrêté sur ordre royal et condamé à trois ans et demi d’emprisonnement.

Rêves

Une fois libéré, Abdessalam Yassine fonde la « Jamaa Islamia » (« Mouvement islamiste ») au début des années 1980. En 1983, il publie son propre journal, interdit par les autorités dès le deuxième numéro. Un article visant le roi lui vaudra une nouvelle condamnation à deux ans de prison ferme. En 1987, il relance son mouvement qui prend le nom d’Al Adl Wal Ihsane (« Justice et bienfaisance »). Assigné à résidence dans sa maison de Salé, il ne sera totalement libre de ses mouvements qu’en 2000 après l’avènement du roi Mohammed VI.

Il reprend alors une action politique intense, multipliant les déplacements et les meetings non autorisés. Il adresse également une nouvelle lettre au Palais, qui cette fois restera sans conséquence judiciaire. Malgré la repression des autorités, Al Adl Wal Ihsane se fait progressivement connaître du grand public marocain.

Personnage charismatique, très admiré par ses partisans, Cheikh Yassine tenait fréquemment des réunions durant lesquelles il parlait de ses rêves à ses disciples. Sa disparition est donc un coup très dur pour son mouvement.

Selon le portail du mouvement islamiste, une cérémonie de funérailles sera organisé vendredi 14 décembre à la mosquée Assounna de Rabat, après la prière du vendredi.

 Jeuneafrique.com par Benjamin Roger