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Kamala Harris en Corée du Sud, Pyongyang tire des missiles

septembre 29, 2022
Kamala Harris en Coree du Sud, Pyongyang tire des missiles
Kamala Harris en Corée du Sud, Pyongyang tire des missiles© POOL/AFP/LEAH MILLIS

La vice-présidente américaine Kamala Harris a achevé jeudi une visite en Corée du sud destinée à renforcer les liens avec Séoul en matière de défense, précédée et suivie de tirs de missiles nord-coréens.

L’armée sud-coréenne a fait état de « deux tirs de missiles balistiques de courte portée tirés depuis le secteur de Sunchon, dans la province de Pyongan du Sud », peu après le départ de la responsable américaine.

Les jours précédant son arrivée avaient déjà été marqués par deux tirs de missiles balistiques par Pyongyang, engagé dans une série record de tests d’armes depuis le début de l’année.

Mme Harris a visité jeudi la frontière sud-coréenne, lourdement fortifiée, lors de ce voyage visant à renforcer l’alliance de sécurité avec Séoul.

Dans un poste d’observation situé au sommet d’une colline escarpée surplombant la Corée du Nord, elle a pu observer la frontière à l’aide de jumelles.

L’engagement des États-Unis pour la défense de la Corée du Sud est « inébranlable », a-t-elle déclaré, assurant que Washington et Séoul étaient « alignés » dans leur réponse à la menace croissante que représentent les programmes d’armement du Nord.

Les Etats-Unis disposent de quelque 28.500 soldats en Corée du sud.

S’ils souhaitent tous deux « une dénucléarisation complète de la péninsule coréenne », a-t-elle poursuivi, les deux pays alliés sont, en attendant, « prêts à faire face à toute éventualité ».

La vice-présidente a également visité le village de la trêve de Panmunjom, dans la zone démilitarisée (DMZ) entre les deux pays, où Donald Trump, alors président des Etats-Unis, avait rencontré le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un en 2019. Elle s’est aussi entretenue avec des soldats américains au Camp Bonifas, un poste militaire des Nations unies.

La vice-présidente américaine s’était préalablement rendue au Japon pour assister aux funérailles nationales de l’ancien premier ministre assassiné, Shinzo Abe.

A Séoul, elle a rencontré le président sud-coréen Yoon Suk-yeol, qui a pris ses fonctions en mai, pour des entretiens dominés par les questions de sécurité, les responsables sud-coréens et américains avertissant depuis des mois que Pyongyang se prépare à effectuer un nouvel essai nucléaire.

Mercredi, le Service national du renseignement (NIS) sud-coréen a estimé que ce test pourrait avoir lieu en octobre.

Selon le NIS, Kim Jong-un choisira probablement la période comprise entre le prochain congrès du Parti communiste chinois, le 16 octobre, et les élections de mi-mandat aux Etats-Unis, le 7 novembre.

Durant la rencontre, Séoul a également fait part de ses préoccupations quant à une nouvelle loi signée par le président américain Joe Biden, qui supprime les subventions pour les voitures électriques construites en dehors des Etats-Unis, ce qui affecte les constructeurs sud-coréens comme Hyundai et Kia.

Mme Harris, première femme vice-présidente des Etats-Unis, a également rencontré ce que la Maison Blanche a appelé des « dirigeantes innovatrices » de Corée du Sud afin d’aborder des questions liées à l’égalité des sexes, sujet qu’elle dit avoir abordé avec M. Yoon.

M. Yoon, qui s’est engagé à abolir le ministère de l’Egalité des sexes, a été critiqué dans son pays pour le manque de femmes dans son gouvernement.

Essai nucléaire ?

La Corée du Nord, qui fait l’objet de multiples sanctions de l’ONU pour ses programmes d’armement, cherche généralement à maximiser l’impact géopolitique de ses essais en choisissant le moment qui lui semble le plus opportun.

Le pays communiste a testé des armes nucléaires à six reprises depuis 2006. Son dernier essai, le plus puissant, réalisé en 2017 – qui, selon Pyongyang, était une bombe à hydrogène – avait une puissance estimée à 250 kilotonnes.

Sous le président Yoon, Séoul et Washington ont intensifié leurs exercices militaires conjoints, dont ils insistent sur le caractère purement défensif. De son côté, la Corée du Nord les dénonce systématiquement comme une répétition d’invasion.

Les deux alliés organisent cette semaine un exercice naval conjoint de grande envergure considéré comme une démonstration de force face aux provocations croissantes du Nord.

Séoul a annoncé jeudi l’organisation d’exercices trilatéraux anti-sous-marins avec Tokyo et Washington, les premières manoeuvres de ce type depuis 2017, après que des officiels ont indiqué ce week-end avoir détecté des signes que Pyongyang pourrait préparer un tir d’essai de missile balistique lancé depuis un sous-marin.

Par Le Point avec AFP

Le président biélorusse accuse Kiev de tirer des missiles sur son pays

juillet 2, 2022

« On nous provoque », affirme Alexandre Loukachenko, qui révèle que son armée a intercepté des missiles tirés depuis l’Ukraine sur la Biélorussie.

Le president bielorusse Alexandre Loukachenko est en alerte. (Photo d'illustration)
Le président biélorusse Alexandre Loukachenko est en alerte. (Photo d’illustration)© MIKHAIL METZEL / Sputnik / Sputnik via AFP

Le président biélorusse Alexandre Loukachenko a affirmé, samedi 2 juillet, que son armée avait abattu des missiles tirés depuis l’Ukraine sur la Biélorussie, en pleine spéculation sur une implication grandissante de Minsk dans le conflit entre Kiev et Moscou.

« On nous provoque. Je dois vous dire qu’il y a environ trois jours, peut-être plus, on a essayé depuis l’Ukraine de frapper des cibles militaires en Biélorussie. Dieu soit loué, nos systèmes anti-aériens Pantsir ont intercepté tous les missiles tirés par les forces ukrainiennes », a-t-il affirmé, cité par l’agence de presse d’Etat Belta.

« Nous n’avons pas l’intention de combattre en Ukraine »

« Je vous le répète, comme je l’ai dit il y a plus d’un an, nous n’avons pas l’intention de combattre en Ukraine », a-t-il toutefois assuré. Depuis l’attaque du Kremlin contre l’Ukraine, le 24 février, la Biélorusse, alliée de la Russie, a servi de base arrière aux forces russes. Les troupes russes s’étaient notamment élancées de la Biélorussie pour tenter de prendre la capitale Kiev, avant de renoncer fin mars face à la résistance ukrainienne et de se retirer.

Le régime de Alexandre Loukachenko, sous lourdes sanctions occidentales, est très dépendant militairement et économiquement de la Russie. La semaine dernière, le président russe Vladimir Poutine a annoncé que Moscou allait livrer « dans les prochains mois » au Bélarus des missiles Iskander-M capables de transporter des charges nucléaires.

Par Le Point avec AFP

Poutine promet au Bélarus des missiles capables de transporter des charges nucléaires

juin 25, 2022
Vladimir Poutine (à droite) au moment de recevoir le dirigeant bélarusse Alexandre Loukachenko.

Cette annonce survient au moment où la Russie et son allié, le Bélarus, sont en crise ouverte avec les pays occidentaux depuis l’invasion de l’Ukraine par les forces russes. Photo: AP/Maxim Blinov

La Russie va livrer au Bélarus, pays voisin de l’Ukraine, des missiles capables de transporter des charges nucléaires, a annoncé Vladimir Poutine samedi.

Au cours des prochains mois, nous allons transférer au Bélarus des systèmes de missiles tactiques Iskander-M, qui peuvent utiliser des missiles balistiques ou de croisière, dans leurs versions conventionnelle et nucléaire, a déclaré M. Poutine lors d’une rencontre avec son homologue bélarusse, Alexandre Loukachenko, à Saint-Pétersbourg.

Le président russe a promis de moderniser les avions Su-25 du Bélarus dans des usines de son pays et de procéder aussi à l’entraînement du personnel militaire après que M. Loukachenko lui eut demandé d’adapter ses appareils capables de transporter des armes nucléaires.

Nous nous mettrons d’accord sur la façon d’accomplir cela, a assuré M. Poutine à son homologue bélarusse.

Ces nouvelles annoncent de Poutine risquent de tendre encore ses rapports avec les dirigeants occidentaux, déjà détériorés depuis que Moscou a envoyé des troupes en Ukraine.

L’Iskander-M est un système guidé mobile nommé SS-26 Stone par l’OTAN, qui a remplacé le Scud soviétique. Ses deux missiles guidés ont une portée allant jusqu’à 500 km et peuvent transporter des ogives conventionnelles ou nucléaires.

Cet échange survient au moment où la Russie et son allié, le Bélarus, sont en crise ouverte avec les pays occidentaux depuis que Moscou a lancé, avec l’appui diplomatique et logistique de Minsk, une offensive militaire contre l’Ukraine.

Le Bélarus, frontalier de l’Ukraine et de plusieurs pays membres de l’OTAN, avait déjà annoncé le mois dernier avoir acheté des systèmes Iskander, capables de transporter des charges nucléaires.

Lors d’une rencontre à Saint-Pétersbourg avec Vladimir Poutine, le président bélarusse Alexandre Loukachenko avait fait part à son homologue russe de ses préoccupations et des inquiétudes face aux politiques agressives et conflictuelles de ses voisins lituaniens et polonais.

La Russie lance des missiles sur l’Ukraine à partir de la Biélorussie

Avant la rencontre de Vladimir Poutine et d’Alexandre Loukachenko, Kiev avait accusé Moscou samedi de vouloir attirer Minsk, son allié diplomatique, dans la guerre en Ukraine après avoir fait état, plus tôt en matinée, de missiles russes tirés depuis le Bélarus voisin sur un village ukrainien.

La frappe d’aujourd’hui est directement liée aux efforts du Kremlin pour attirer le Bélarus dans la guerre en Ukraine en tant que cobelligérant, a affirmé sur Telegram la Direction générale du renseignement ukrainien, rattachée au ministère de la Défense.

Vers 5 h du matin [heure locale], la région de Tcherniguiv a subi un bombardement massif de missiles. Vingt roquettes ont visé le village de Desna, tirées depuis le territoire du Bélarus [et aussi] depuis les airs, avait indiqué dans la matinée sur Facebook le commandement Nord des troupes ukrainiennes, précisant qu’il n’y avait pas de victimes à ce stade.

Quoique non belligérant dans le conflit avec l’Ukraine à ce stade, le Bélarus a servi de soutien logistique aux troupes de Moscou, notamment lors des premières semaines de l’offensive russe.

Radio-Canada avec les informations de Agence France-Presse et Reuters

Une pluie de missiles russes s’abat sur plusieurs grandes villes de l’Ukraine

avril 18, 2022

Des pompiers tentent d’éteindre l’incendie provoqué par une frappe de missile dans un garage de Lviv, lundi. Photo : Getty Images/Joe Raedle

La Russie poursuit son offensive massive en Ukraine, lundi, visant des centaines de cibles un peu partout, notamment à Kharkiv, Zaporijjia, Donetsk, Dnipropetrovsk, Mikolaïv et Lviv, une ville refuge située tout près de la frontière polonaise et qui est généralement épargnée par les bombardements.

Le gouverneur de la région, Maksym Kozitsky, a évoqué quatre frappes de missiles de croisière, tirés depuis la Caspienne : trois sur des infrastructures militaires et une sur un garage de pneumatiques, qui ont provoqué des incendies. Toutes les cibles sont gravement endommagées, selon lui.

À cette heure, sept morts sont connus, a-t-il ajouté, évoquant également 11 blessés, dont un enfant, et précisant que trois blessés se trouvent dans un état grave.

Selon M. Kozitsky, il s’agit des premières victimes du conflit dans la ville. Et les autorités craignent que d’autres personnes soient coincées dans les ruines.

« Les Russes continuent d’attaquer en barbares les villes ukrainiennes depuis les airs, déclarant cyniquement au monde entier leur « droit » de tuer des Ukrainiens. »— Une citation de  Mikhaïlo Podoliak, conseiller du président Volodymyr Zelensky

Sur les lieux de la frappe contre le garage, à environ quatre kilomètres du centre de la ville, des journalistes de l’Agence France-PresseAFP ont vu le bâtiment en feu, avec des carcasses de voitures dans un cratère près d’une voie ferrée.

Le maire de Lviv a indiqué qu’au moins un enfant figurait parmi les victimes des frappes survenues lundi sur sa ville. Photo : Twitter/Andriy Sadovyi

Les chemins de fer ukrainiens ont de leur côté indiqué sur Telegram que plusieurs missiles sont tombés à proximité des installations ferroviaires sans faire de victimes et sans entraver la circulation.

Nous réparerons notre infrastructure endommagée. Le chemin de fer continue de fonctionner, a affirmé le président du conseil d’administration de la compagnie, Alexandre Kamychine.

Située loin du front, à 60 kilomètres de la frontière polonaise, Lviv s’est convertie en ville refuge pour les personnes déplacées et a accueilli au début de la guerre plusieurs ambassades occidentales transférées à partir de Kiev.

Plus de 4,9 millions d’Ukrainiens ont fui leur pays 54 jours après l’invasion russe du 24 février, selon les chiffres publiés lundi par le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés. L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) estime aussi à 7,1 millions le nombre de déplacés à l’intérieur du pays. Au total, ce sont donc environ 12 millions de personnes, soit plus du quart de la population, qui ont dû quitter leur foyer soit en traversant la frontière, soit en trouvant refuge ailleurs en Ukraine.Un train passe devant un garage en ruine d'où s'échappe de la fumée.

Un train en provenance de Dnipro passe devant des bâtiments endommagés par une frappe russe à Lviv, lundi. Photo : AP/Philip Crowther

L’une des plus vastes séries de frappes

Le ministère de la Défense russe a annoncé lundi avoir lancé des frappes massives contre plusieurs centaines de cibles militaires ukrainiennes en mobilisant simultanément son artillerie, son aviation et son arsenal de missiles.

Il s’agit d’une des plus vastes séries de frappes signalées ces dernières semaines en Ukraine.

La plupart de ces frappes, menées dans l’est du pays, ont visé plus de 315 cibles militaires, selon le ministère de la Défense russe. Les autorités ukrainiennes, elles, accusent plutôt la Russie de viser des infrastructures civiles.

Les frappes ont principalement eu lieu dans les régions de Kharkiv, Zaporijjia, Donetsk et Dnipropetrovsk et dans le port de Mikolaïv, dans l’est du pays. Kiev et ses environ ont aussi été visés.Une femme pleure à genoux près d'un corps. Deux personnes l'entourent.

Une femme soutient sa mère, qui pleure près de la dépouille de son mari, à Kharkiv, lundi. Photo: Reuters/Alkis Konstantinidis

À Kharkiv, des journalistes de l’Agence France-PresseAFP ont entendu une série d’explosions dans la matinée de lundi. Les autorités locales, qui ont évoqué une frappe sur un centre de distribution d’aide humanitaire et un obus tombé sur un terrain de jeu pour enfants dans une zone résidentielle, ont rapporté trois morts et six blessés.

La Russie mène cette série d’attaques contre des cibles stratégiques ukrainiennes pour épuiser la capacité du pays à résister à une offensive terrestre majeure dans le Donbass, région disputée de l’est, à majorité russophone.

Le président Vladimir Poutine a choisi d’y concentrer ses efforts après que son armée eut été repoussée par la résistance ukrainienne dans le nord, d’où elle s’est récemment retirée. Les autorités ukrainiennes ont prévenu à plusieurs reprises dans les derniers jours qu’une offensive majeure est imminente dans le Donbass.

L’armée russe entre à Kreminna

Les troupes russes sont par ailleurs entrées lundi dans la ville de Kreminna, dans l’est de l’Ukraine, selon les autorités locales.

Il y a eu une importante attaque dans la nuit de dimanche à lundi à Kreminna, a déclaré le gouverneur ukrainien de la région de Lougansk, Serguiï Gaïdaï, sur sa page Facebook.

L’armée russe y est déjà entrée, avec une énorme quantité de matériel de guerre […]. Nos défenseurs se sont repliés sur de nouvelles positions, a-t-il ajouté.

Kreminna, qui compte environ 18 000 habitants, se trouve à une cinquantaine de kilomètres au nord-est de Kramatorsk, la capitale ukrainienne du Donbass et l’une des cibles de Moscou dans cette région.

La ville est aussi voisine de celle de Roubijné, qui était sous le feu intense de l’artillerie et des mortiers ukrainiens, ont constaté lundi des journalistes de l’Agence France-PresseAFP.

Le 13 avril, le chef des séparatistes prorusses de Lougansk, Léonid Passetchnik, avait indiqué que les Ukrainiens contrôlaient encore une partie de la ville de Roubijné.

Dès que nous aurons libéré [toute la région], nous prendrons une décision pour fournir une aide éventuelle à nos frères de Donetsk et éventuellement à la Russie, avait-il ajouté.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a accusé dimanche soir la Russie de vouloir détruire toute la région orientale du Donbass et de se préparer à une offensive dans l’est du pays.

Pas de corridors humanitaires, y compris à Marioupol

Pour aujourd’hui, le 18 avril, il n’y aura malheureusement pas de couloirs humanitaires, a indiqué sur Telegram la vice-première ministre ukrainienne, Iryna Verechtchouk.

Selon Mme Verechtchouk, les négociations avec l’armée russe sont longues et complexes, notamment pour la ville dévastée de Marioupol, en grande partie sous contrôle de Moscou, et d’autres localités où se déroulent des combats.

« Les occupants russes ne cessent de bloquer et de bombarder les routes humanitaires. Par conséquent, pour des raisons de sécurité, il a été décidé de ne pas ouvrir de couloirs. »— Une citation de  Iryna Verechtchouk, vice-première ministre de l’Ukraine

À Marioupol, les derniers défenseurs ukrainiens tiennent toujours des secteurs de la ville et ont refusé l’ultimatum lancé par les Russes qui expirait dimanche à la mi-journée.

Aucun bilan global récent des victimes n’est disponible, mais il est à l’évidence très lourd. Rien qu’à Marioupol, Kiev évoque 20 000 morts. Selon le directeur du Programme alimentaire mondial, David Beasley, plus de 100 000 personnes y sont au bord de la famine, manquant également d’eau et de sources de chauffage.Des rangées de tombes où sont posées des fleurs.

De nouvelles tombes ont été creusées à Irpin, en banlieue de Kiev, pour enterrer les dépouilles des personnes tuées depuis le début de l’invasion russe, le 24 février. Photo: Reuters/Zohra Bensemra

Radio-Canada avec les informations de Agence France-Presse et Reuters

Les livraisons d’armes occidentales feront-elles pencher la balance en Ukraine?

mars 25, 2022

L’arsenal de missiles antichars occidentaux livré aux Ukrainiens permet de détruire des blindés. Des soldats ukrainiens tirent ici un Javelin de fabrication américaine lors d’un exercice, en décembre dernier. Photo : AP

Depuis un mois, les forces terrestres russes se butent à une résistance acharnée des Ukrainiens sur le champ de bataille où les missiles portatifs occidentaux comme le Javelin, le NLAW ou le Stinger infligent de lourds dégâts à leurs colonnes de blindés et à leurs hélicoptères de combat.

Mais en dépit de ce succès incontestable contre le fer de lance des forces d’invasion russes, ces armes légères peuvent-elles vraiment changer la donne durablement en Ukraine?

La question ne laisse aucun doute dans mon esprit. Oui, ces armes-là ont un effet important, estime Charles-Philippe David, fondateur de la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques de l’UQAM.

Il est clair, poursuit-il, que l’état-major russe a largement sous-estimé le potentiel que les Ukrainiens allaient tirer de ces missiles sur le terrain.

Fabriqués par Lockheed Martin, Raytheon et SAAB, ces petits missiles, dont le prix varie de 30 000 $ à 80 000 $ pièce, se transportent en bandoulière et permettent à un soldat, seul, de détruire à peu près n’importe quel véhicule blindé, bâtiment ou position ennemie jusqu’à une distance de 2 à 3,5 kilomètres, selon le modèle.

Même les récents chars russes T90, dotés des blindages les plus sophistiqués, n’y résistent pas.

Au début de mars, le département américain de la Défense estimait que la Russie perdait en moyenne une cinquantaine de véhicules par jour en Ukraine.

La puissance de feu que confèrent les armes antichars occidentales et l’agilité des unités ukrainiennes semblent avoir pris les forces russes par surprise. Photo: AFP via Getty Images/Anatolii Stepanov

Auparavant, détruire un char de combat moderne nécessitait la forte puissance de feu qu’apportent les canons, les bombardements aériens ou encore les mines terrestres. Les soldats au sol n’avaient que peu de chances de détruire un char d’assaut sauf, peut-être, lors d’embuscades en combat rapproché. Et encore, les risques étaient très importants pour ceux qui se lançaient dans une telle entreprise.

Au fil de leur évolution technologique, les armes antichars occidentales sont devenues de plus en plus précises et faciles à transporter.

Si, au début des années 2000, il fallait en général trois hommes pour tirer un missile antichar TOW sur le champ de bataille, un soldat suffit aujourd’hui pour lancer un Javelin ou un NLAW et obtenir le même résultat.

Dans un bilan publié mercredi, l’état-major ukrainien affirme avoir détruit 517 chars d’assaut, 1578 blindés, 267 pièces d’artillerie et une cinquantaine de lanceurs de missiles antiaériens. Depuis le début de l’invasion, Moscou n’a reconnu de son côté que la perte de 1351 soldats et 3825 blessés. Selon les dernières estimations de l’Organisation du traité de l’Atlantique nordOTAN, entre 30 000 et 40 000 soldats russes ne seraient plus en état de combattre. Des données à traiter avec prudence, bien entendu.

Mobiles, discrètes et précises

Tout le succès de ces armes intelligentes, livrées par milliers en Ukraine, repose sur le fait qu’elles touchent leur cible à la verticale, frappant le dessus des véhicules, là où leur blindage est le plus faible.

Une fois la cible verrouillée et le tir effectué, le missile de type autonome après tir (fire and forget) trouve lui-même son chemin jusqu’au blindé sans que l’opérateur ait à rester sur place pour le guider, au risque de devenir une cible à son tour.

Une unité de soldats munie de missiles antichars NLAW en déploiement près de Lviv, dans l’ouest de l’Ukraine. Photo: AP/Pavlo Palamarchuk

Avec de telles armes, il est désormais possible pour une petite unité de combattants à pied de détruire des mastodontes blindés de plusieurs millions de dollars sans trop s’exposer à leur tir meurtrier.

Faciles à cacher et à transporter dans des coffres de voitures, ces lance-missiles d’à peine 1,2 mètre de longueur peuvent aussi être utilisés depuis l’intérieur d’un bâtiment, ce qui les rend redoutables dans les combats urbains.

Les images relayées sur les réseaux sociaux et les télévisions occidentales qui montrent la destruction de chars et de blindés russes lors d’embuscades ukrainiennes parlent d’elles-mêmes.

Je pense que ça constitue vraiment un game changer, insiste Charles-Philippe David. La preuve est dans le résultat. Les Russes n’ont pas conquis de villes, outre Marioupol [qui résiste encore], et peut-être Kherson et quelques autres dans le sud.

Outre les Javelin, les drones Bayraktar TB2 fournis à l’Ukraine par la Turquie – de petits engins volants commandés à distance, dotés de caméras et de missiles – causent aussi beaucoup de maux de tête aux forces mécanisées russes, pourtant cinq fois supérieures à celles des Ukrainiens.

Ces drones ont connu un tel succès que Vladimir Poutine en a même commandé à la Chine, ironise Charles-Philippe David.

La Turquie, qui est membre de l’OTAN, a livré en 2019 aux Ukrainiens plusieurs exemplaires de ses drones de combat Bayraktar TB2 qui se sont particulièrement illustrés contre les colonnes de blindés russes. Photo : The AP

Pas assez pour gagner la guerre

Moins catégorique que son collègue, le major canadien à la retraite Michael Boire, professeur adjoint au Collège militaire royal du Canada à Kingston, reconnaît l’apport indéniable de ces missiles, mais il n’est pas certain que les conditions soient réunies sur le terrain pour qu’ils changent définitivement la donne face à une invasion aussi puissante et coordonnée.

On ne peut pas se contenter de dire : « Ces armes vont arriver, elles seront déployées par les Ukrainiens et il y aura aussitôt des effets positifs. » Les Ukrainiens peuvent créer des conditions très difficiles pour les Russes, poursuit-il, et on espère que ça arrivera, mais il y a beaucoup de conditions à remplir.

Et il n’est pas sûr que ce soit le cas pour l’instant, selon les informations accessibles.

Malgré ce qu’on peut entendre et voir à la télévision, les Russes, jusqu’à maintenant, n’ont pas arrêté. Ils ont été stoppés à plusieurs reprises, mais ils sont toujours en mouvement, soutient Michael Boire.

Selon l’ancien officier qui a servi plusieurs années au quartier général de l’Organisation du traité de l’Atlantique nordOTAN, où il étudiait la stratégie militaire russe, les cargaisons de Javelin, de NLAW et de Stinger doivent pouvoir continuer à se rendre jusqu’aux champs de bataille.

Or, cela est de moins en moins évident, dans la mesure où les Russes bombardent les lignes d’approvisionnement ukrainiennes près des frontières roumaines et polonaises.

De plus, une fois livrées, les armes doivent être protégées et distribuées aux unités de combat dans tout le pays, surtout aux endroits où elles joueront un rôle déterminant, ce qui n’est pas gagné d’avance quand les lignes de communication sont coupées et les villes assiégées. Ça demande de la logistique et de l’information terrain.

Une autre condition à remplir, précise Michael Boire, est la formation des soldats appelés à utiliser ces armes. En effet, dans la mesure où les forces ukrainiennes sont composées d’une part importante de réservistes et de volontaires, il faut leur apprendre à les manier, et à le faire de concert avec l’artillerie et le reste des forces ukrainiennes.

L’ex-officier émet également des réserves quant à l’efficacité réelle de ces armes de haute technologie en situation de combat, avec tout le stress et les imprévus que cela implique.Des soldats apprennent à un volontaire ukrainien comment utiliser un lance-missile NLAW.

Malgré la simplicité et l’efficacité de ces armes, leur maniement doit être appris aux combattants pour qu’elles soient pleinement efficaces sur le champ de bataille. Photo: AP/Efrem Lukatsky

« Quand on parle de 85 % ou 90 % d’efficacité, on parle d’un soldat qui tire un missile sur une cible qui ne se déplace pas dans une ambiance où il peut se concentrer sur son tir. »— Une citation de  Michael Boire, professeur adjoint au Collège militaire royal du Canada à Kingston

Il en va autrement lorsqu’on est sous le feu de l’ennemi sur un champ de bataille où les cibles sont en mouvement, souligne-t-il. En tant que chef, si mes missiles frappaient une fois sur deux, je serais content.

Et les Russes vont s’adapter… Face à ce problème, ils vont commencer à faire des tirs spéculatifs pour trouver les missiles en engageant les meilleures positions de tir. Sans compter le nettoyage des sites de tir ukrainiens les plus probables avec des barrages d’artillerie.

Mais Charles-Philippe David n’en démord pas : l’aide militaire occidentale et la combativité des Ukrainiens, déterminés à défendre leur pays coûte que coûte, ont profondément ébranlé la confiance et les plans de l’état-major russe.

C’est vraiment une défaite pour Poutine, avance-t-il, dans l’optique où le Kremlin croyait prendre le contrôle de l’Ukraine probablement en moins d’une semaine. Ce qui constitue d’autant plus une erreur, selon lui, que Moscou savait qu’il devrait affronter ce type d’armes occidentales sur le terrain.

Les Javelin, les NLAW et autres missiles du genre ne sont pas une nouveauté pour les Ukrainiens, rappelle-t-il. Kiev s’était déjà dotée de stocks de missiles antichars modernes et de drones turcs après l’annexion de la Crimée par la Russie, en 2014.

Plusieurs pays de l’Organisation du traité de l’Atlantique nordOTAN, dont le Canada, ont également fourni des instructeurs militaires à l’Ukraine pendant près de huit ans pour leur apprendre à utiliser ces armes, rappelle le fondateur de la Chaire Raoul-Dandurand.

Les Russes ont agi en amateurs en envahissant l’Ukraine, analyse Charles-Philippe David.

C’est bizarre à dire, Poutine va tuer énormément de civils, mais il va peut-être perdre plus de soldats que l’Ukraine perd de civils, souligne le chercheur. Pour l’instant, on n’a pas de chiffres exacts et on ne peut pas vérifier. On parle de presque 10 000 soldats russes qui auraient peut-être péri jusqu’ici.

Le défi des grandes villes

Les bombes et les missiles pleuvent sur les grandes villes ukrainiennes depuis le tout début de l’invasion russe. Photo : (Mstylav Chernov/The AP)

S’il est un point sur lequel les deux experts se rejoignent, c’est sur l’efficacité redoutable qu’auront ces missiles portatifs contre les Russes dans les grandes villes, en raison du coût élevé en hommes et en matériel que représente une telle campagne pour l’armée russe.

Ces missiles antichars peuvent être super efficaces dans une agglomération urbaine, assure le major Boire, qui souligne que, depuis la Tchétchénie, les forces russes ont renoncé aux combats urbains à la faveur d’une stratégie de siège et de bombardements à distance.

Pourquoi perdre des soldats inutilement quand on peut prendre des semaines pour bombarder et assiéger les villes sans menace aérienne? souligne le major à la retraite.

Kiev, les Russes ne vont pas la conquérir. Ils vont peut-être la détruire, mais ils ne vont pas la conquérir, renchérit Charles-Philippe David.

Ils n’ont pas assez de troupes, ils n’ont pas assez d’équipement et ils n’ont pas la maîtrise complète du ciel, poursuit-il, rappelant qu’après un mois de bataille, aucun grand centre urbain d’Ukraine n’est encore sous contrôle russe.

Depuis des jours maintenant, les troupes russes assiègent et bombardent Marioupol, dans le sud de l’Ukraine, sans toutefois en détenir le contrôle. Photo : AP/Evgeniy Malolekta

Tout ce qui reste à Vladimir Poutine, c’est de bombarder et tirer sur les civils jusqu’à ce qu’il y ait assez d’Ukrainiens qui soient morts pour que [le président] Zelensky plie. C’est ce qu’il a fait à Grozny, c’est ce qu’il a fait à Alep [en Syrie]. Pourquoi penser que ce serait différent cette fois? Allez demander aux Syriens qui vivaient à Alep comment ils voient leur ville. C’est pareil aux photos qui nous viennent de Marioupol.

Le Canada, qui est membre de l’Organisation du traité de l’Atlantique nordOTAN, a annoncé récemment l’envoi en Ukraine de 4500 roquettes antichars M72 LAW ainsi que d’une centaine de canons antichars sans recul Carl Gutav M2 et de 2000 projectiles de 84 millimètres pour les alimenter. Le tout provient de l’arsenal des Forces canadiennes. Malgré leur efficacité démontrée, ces armes accusent un certain retard face aux nouvelles générations de véhicules blindés.

Le problème du ciel demeure entier

La Pologne a proposé de céder sa flotte de chasseurs Mig-29 aux pilotes ukrainiens qui sont formés pour combattre dans ce type d’appareil. Photo: Reuters/Peters Andrews

En dépit de l’efficacité démontrée des armes légères livrées par l’Organisation du traité de l’Atlantique nordOTAN et de la ténacité avérée des combattants ukrainiens depuis un mois maintenant, les villes ukrainiennes ne pourront tenir longtemps encore sous les bombes et les missiles de croisière russes sans une défense aérienne adéquate.

Conscient de cet état de fait depuis le premier jour de l’invasion, le président ukrainien Volodymyr Zelensky ne cesse de réclamer à ses alliés une zone d’exclusion aérienne que l’Organisation du traité de l’Atlantique nordOTAN n’ose pas instaurer, de peur d’aggraver ce conflit avec la première puissance nucléaire du monde.

Une position qui irrite de plus en plus d’observateurs pour qui un affrontement avec la Russie deviendrait de toute façon inévitable si le conflit s’enlisait et, surtout, si Vladimir Poutine décidait de recourir à des armes non conventionnelles (chimiques ou nucléaires) pour avoir le dernier mot en Ukraine.

Comment, en effet, protéger le ciel des villes ukrainiennes sans y déployer des armes plus lourdes ou des forces aériennes que seule l’Organisation du traité de l’Atlantique nordOTAN pourrait fournir, sans entrer automatiquement en guerre contre la Russie? Cette question, tous les membres de l’Alliance atlantique se la posent. Et certains, voisins de l’Ukraine, sont déjà prêts à en faire plus.

Après la Pologne qui a récemment essuyé un refus catégorique de Washington d’offrir sa flotte de 27 chasseurs Mig-29 à l’Ukraine, la Slovaquie a proposé le 17 mars dernier de fournir des missiles antiaériens S300 à l’Ukraine. De conception russe, ces systèmes de missiles lourds peuvent abattre des cibles en vol jusqu’à une distance de 120 kilomètres.

Le déploiement de telles armes autour des grandes villes d’Ukraine – que les soldats ukrainiens connaissent bien – serait en effet efficace, croit Charles-Philippe David. Mais il en faudrait, selon lui, beaucoup, et le gros problème serait bien entendu d’acheminer ces volumineux systèmes sur le terrain sans que les Russes les détruisent.

La Slovaquie s’est récemment dite prête à fournir aux Ukrainiens ses missiles S300 pour les aider à se défendre contre les missiles de croisière et les bombardiers russes. Photo: AFP via Getty Images/AFP

Pour le major à la retraite Michael Boire, on marcherait carrément sur la ligne rouge tracée par les Russes si l’Organisation du traité de l’Atlantique nordOTAN devait entreprendre de déployer de telles batteries antiaériennes en Ukraine.

C’est un casus belli [un acte de nature à motiver une déclaration de guerre]. C’est une autre version de la zone d’exclusion aérienne. Les Russes ne l’accepteront pas.

Réunis jeudi à Bruxelles, en Belgique, les membres de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord semblent arriver aux mêmes conclusions.

L’Organisation du traité de l’Atlantique nordOTAN garde ses distances

Se disant déterminée à tout faire ce qu’elle peut pour aider l’Ukraine, l’Alliance atlantique a répété qu’elle veillera à éviter toute escalade susceptible d’entraîner les alliés dans une guerre totale contre la Russie.

L’Organisation du traité de l’Atlantique nordOTAN s’engage, au mieux, pour l’instant, à continuer de fournir des armes antichars, des systèmes de défense antiaériens, des drones et de l’aide humanitaire.

Traçant à son tour une ligne rouge, le président des États-Unis, Joe Biden, a cependant clairement prévenu que l’Organisation du traité de l’Atlantique nordOTAN répliquerait si la Russie s’avisait de recourir à des armes chimiques en Ukraine.

Tous ces palabres et ces mises en garde de dernière minute pour défendre l’Ukraine arrivent bien tard, déplorent en conclusion Charles-Philippe David et Michael Boire. D’autant plus, souligne ce dernier, que la stratégie de sécurité nationale de la Russie sur la question ukrainienne était bien connue de l’Organisation du traité de l’Atlantique nordOTAN et accessible depuis au moins cinq ans sur Internet.

C’est à cette époque qu’il fallait selon lui déployer de réelles mesures dissuasives en Ukraine.

Que tout cet imbroglio soit aujourd’hui une surprise, ça m’échappe, conclut-il, dubitatif.

Avec Radio-Canada par Stéphane Bordeleau

La Russie reconnaît avoir détruit un satellite avec un missile

novembre 16, 2021

Les Etats-Unis avaient accusé lundi la Russie d’avoir mené un tir de missile antisatellite « dangereux et irresponsable ». Les astronautes de l’ISS se sont préparés à une éventuelle évacuation d’urgence.

La Station spatiale internationale, le 4 octobre 2018.
La Station spatiale internationale, le 4 octobre 2018. HANDOUT / REUTERS

La Russie a reconnu, mardi 16 novembre, avoir effectué un tir d’essai contre l’un de ses vieux satellites en orbite, confirmant des accusations portées plus tôt par Washington. « Le 15 novembre, le ministère russe de la défense a mené avec succès un test à l’issue duquel l’engin spatial Tselina-D, en orbite depuis 1982 et inactif, a été détruit », a écrit l’armée russe dans un communiqué.

Les Etats-Unis avaient accusé lundi la Russie d’avoir mené un tir de missile antisatellite « dangereux et irresponsable » dans une démonstration de force ayant eu pour conséquence directe de menacer la sécurité des astronautes à bord de la Station spatiale internationale (ISS).

« La Russie a conduit de façon irresponsable un test destructeur de missile antisatellite à ascension directe à l’encontre de l’un de ses propres satellites », avait déclaré le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, dans un communiqué.

« Ce test a jusqu’ici généré plus de 1 500 débris orbitaux traçables, et va probablement générer des centaines de milliers de morceaux plus petits de débris orbitaux. »

Les astronautes préparés à une éventuelle évacuation d’urgence

La Station spatiale passe « à travers ou près du nuage [de débris] toutes les quatre-vingt-dix minutes », avait précisé la NASA dans un communiqué.

Lors des deuxième et troisième passages – entre environ 8 heures du matin (heure de Paris) et 10 heures –, les sept personnes actuellement à bord de l’ISS se sont réfugiées dans leurs vaisseaux amarrés à la station, afin de se préparer à une éventuelle évacuation d’urgence. Il s’agit de quatre astronautes américains, un Allemand et deux cosmonautes russes. Cette mesure a été prise spécifiquement lors de ces passages sur la base d’une évaluation des risques par la NASA.

« Je suis scandalisé par cette action irresponsable et déstabilisatrice, a déclaré dans un communiqué le patron de l’agence spatiale américaine, Bill Nelson. Il est impensable que la Russie mette en danger non seulement les astronautes américains et des partenaires internationaux dans l’ISS, mais aussi ses propres cosmonautes. »

De nombreuses écoutilles restent actuellement fermées entre différents modules par mesure de précaution (mais pas entre le segment russe et américain).

Les astronautes hors de danger, selon Moscou

« Les débris créés par ce test dangereux et irresponsable menaceront désormais pour les décennies à venir les satellites et autres objets spatiaux vitaux pour la sécurité, l’économie, et les intérêts scientifiques d’autres nations », a accusé Antony Blinken. Il a promis que les Etats-Unis allaient « travailler avec [leurs] alliés et partenaires pour chercher à répondre à cet acte irresponsable ».

A quoi le ministre des affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, a rétorqué mardi : « Déclarer que la Fédération de Russie crée des risques pour l’exploitation à des fins civiles de l’espace est pour le moins hypocrite. Il n’y a aucun fait en ce sens. »

Lundi, l’agence spatiale russe Roscosmos avait déclaré que les astronautes à bord de l’ISS étaient hors de danger, sans faire mention d’un test de missile. « L’orbite de l’objet, qui a forcé l’équipage aujourd’hui à se rendre dans le vaisseau selon les procédures standards, s’est éloignée de l’orbite de l’ISS », avait tweeté Roscosmos. « Les amis, tout est en ordre chez nous. On continue le travail selon notre programme », avait tweeté le cosmonaute russe Anton Shkaplerov. Mardi, dans un communiqué, l’agence spatiale russe a ajouté que « la sécurité de l’équipage » de l’ISS était sa « priorité principale ».

Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a dénoncé mardi, à Bruxelles, un « acte irresponsable ». Pour lui, cette destruction est une « source d’inquiétude » car « elle démontre que la Russie développe de nouveaux systèmes d’armement qui peuvent détruire des satellites ainsi que des capacités spatiales utilisées pour des infrastructures de base sur Terre, comme des communications, la navigation ou des systèmes d’alerte de tir de missile ».

Le Pentagone a déclaré travailler « activement pour caractériser le champ de débris ». Il s’agit notamment d’identifier la trajectoire de chacun des objets, afin d’identifier les menaces de collision potentielles. « Nous regardons de près le type de moyens que la Russie semble vouloir développer », a ajouté John Kirby, le porte-parole du Pentagone, précisant que Moscou n’avait pas prévenu Washington à l’avance.

Appels à une plus grande régulation

Des tirs antisatellites ont déjà été menés par seulement quatre nations (Etats-Unis, Chine, Inde et Russie). Ils sont très critiqués à cause des nombreux débris générés, qui deviennent de dangereux projectiles. Ils peuvent alors notamment heurter les milliers d’autres satellites en orbite, sur lesquels les pays comptent pour de très nombreuses activités, par exemple de communication ou encore de localisation. Pouvoir détruire des satellites d’autres pays peut donc se révéler un atout militaire stratégique.

« Des événements de débris causés par des tests antisatellites n’arrivent pas souvent, le dernier était un test indien » en mars 2019, a rappelé l’astronome Jonathan McDowell, interrogé par l’Agence France-Presse. Selon lui, en déduisant les trajectoires de l’ISS et des objets connus, le satellite visé par la Russie pourrait être un satellite nommé Cosmos-1408, qui n’est plus actif depuis les années 1980. « Le détruire n’était absolument pas nécessaire, a jugé le spécialiste. Il s’agit purement d’un test militaire. »

« Nous avons déjà beaucoup trop de débris là-haut pour délibérément en générer d’autres, c’est inexcusable », a-t-il ajouté. Selon lui, certains débris provoqués par ce test se désintégreront en entrant dans l’atmosphère « dans les mois qui viennent », mais d’autres pourraient rester en orbite jusqu’à pendant dix ans.

De nombreux experts réclament une plus grande régulation face à ces risques. « Nous appelons toutes les nations spatiales responsables à nous rejoindre dans nos efforts pour développer des normes de comportement responsables », a appuyé lundi Antony Blinken.

Par Le Monde avec AFP

En réponse à Israël, le Hezbollah dit avoir des « missiles de haute précision »

septembre 20, 2018

Capture d’écran montrant le chef du mouvement chiite libanais Hassan Nasrallah, lors d’un discours diffusé sur la chaîne TV al-Manar, le 20 septembre 2018 / © AL-MANAR TV/AFP / –

Le chef du Hezbollah libanais, Hassan Nasrallah, a assuré jeudi que son mouvement, engagé dans le conflit syrien, avait réussi à se doter de « missiles de haute précision », malgré les tentatives d’Israël de l’en empêcher avec ses frappes en Syrie.

Le Hezbollah, ennemi juré de l’Etat hébreu, qu’il a combattu par le passé, soutient militairement le régime syrien de Bachar al-Assad au côté de son parrain iranien. Damas et ses alliés sont régulièrement la cible de raids israéliens.

Ces opérations ont notamment pour objectif d’empêcher « le « transfert d’armes sophistiquées » au Hezbollah par l’Iran, de l’aveu même des responsables israéliens.

Evoquant jeudi « les missiles de haute précision » et les « tentatives » d’Israël en Syrie, Hassan Nasrallah a semblé mettre au défi l’Etat hébreu dans une allocution à l’occasion des célébrations religieuses d’Achoura.

« C’est chose faite. La résistance possède (elle-même) des missiles de haute précision (…) et des capacités en matière d’armement. Si Israël veut imposer une guerre au Liban, il sera confronté à un destin qu’il n’aurait jamais pu prédire », a-t-il clamé.

Selon les militaires israéliens, le Hezbollah disposerait de 100.000 à 120.000 roquettes et missiles de courte portée, et de plusieurs centaines de missiles de longue portée.

Lundi soir, dans la foulée d’ incursion aérienne israélienne en Syrie, un avion de la Russie, allié du régime, a été abattu par erreur par l’armée syrienne, dans le nord-ouest du pays.

L’armée israélienne a affirmé que ses appareils avaient attaqué un site du régime où des systèmes entrant dans la fabrication d’armes de précision allaient être livrés au Hezbollah.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a souligné le lendemain que son pays était « déterminé à arrêter l’enracinement de l’armée iranienne en Syrie, ainsi que les tentatives par l’Iran » de transférer au Hezbollah des armes destinées à « être utilisées contre Israël ».

Le chef du Hezbollah a encore accusé jeudi les Israéliens de « chercher jour et nuit à le tuer », alors qu’il vit dans un lieu secret depuis une décennie et fait très rarement des apparitions publiques.

Il avait confié en 2014 qu’il changeait souvent de lieu de résidence, dans le secret le plus total.

Romandie.com avec(©AFP / (20 septembre 2018 12h56)

L’aviation israélienne détruit une batterie de missiles en Syrie

octobre 16, 2017

Une batterie de missiles israéliens sur le plateau du Golan, le 20 janvier 2015 / © AFP/Archives / JACK GUEZ

L’aviation israélienne a attaqué et détruit lundi une batterie de missiles à l’est de Damas en réponse à un tir de missile syrien en direction d’appareils israéliens qui étaient en reconnaissance au-dessus du Liban, a indiqué un porte-parole de l’armée.

Les avions n’ont pas été touchés et ont pu regagner leur base sans encombre, a déclaré le porte-parole, le colonel Jonathan Conricus. La batterie syrienne a été « neutralisée », a-t-il dit.

« A (sa) connaissance », c’est la première fois depuis le début de la guerre en Syrie en 2011 que les Syriens tirent en direction d’appareils israéliens survolant le Liban.

« Nous tenons le régime syrien pour responsable de ce tir anti-aérien et pour toute attaque provenant de Syrie », a-t-il prévenu.

Mais, a-t-il ajouté, Israël considère qu’il est dans « l’intérêt commun » de préserver la « relative stabilité » dans la zone et « n’a aucune intention de déstabiliser la situation ».

Depuis le déclenchement du conflit syrien, Israël a effectué des raids aériens en Syrie contre des convois transportant des armes destinées au Hezbollah, selon un général israélien. Le mouvement chiite libanais est un allié militaire du régime de Bachar al-Assad.

Romandie.com avec(©AFP / 16 octobre 2017 12h34)                

L’Iran a testé « avec succès » un nouveau missile

septembre 23, 2017

Un missile iranien Khoramshahr lors d’une parade militaire, le 22 septembre 2017 à Téhéran / © afp/AFP /

L’Iran a annoncé samedi avoir testé « avec succès » un nouveau missile d’une portée de 2.000 kilomètres au moment où les Etats-Unis dénoncent le programme balistique de Téhéran et menacent de sortir de l’accord nucléaire.

La télévision d’Etat a diffusé des images du lancement du missile Khoramshahr et d’autres prises depuis l’intérieur de l’appareil.

La date du test n’a pas été communiquée mais vendredi, lors de la présentation du missile pendant le défilé militaire marquant le déclenchement de la guerre par l’Irak contre l’Iran en 1980, un responsable iranien avait indiqué qu’il serait « opérationnel dans un avenir proche ».

Cette annonce intervient sur fond de climat très tendu entre l’Iran et les Etats-Unis, le président Donald Trump menaçant de sortir son pays de l’accord sur le nucléaire que Washington a signé en 2015 avec Téhéran conjointement avec l’Allemagne, la Chine, la France, la Grande-Bretagne et la Russie.

L’accord nucléaire n’interdit pas les activités balistiques de l’Iran mais la résolution 2231 du Conseil de sécurité de l’ONU, qui l’a entériné, demande à l’Iran de ne pas mener d’activités pour développer des missiles conçus pour porter des têtes nucléaires.

Les responsables iraniens affirment que les missiles de leur pays ne sont pas conçus pour porter des têtes nucléaires, et que, plus largement, Téhéran n’a pas de programme pour fabriquer des armes nucléaires.

« Le missile Khoramshahr, d’une portée de 2.000 km, peut transporter plusieurs têtes conventionnelles pour frapper plusieurs cibles à la fois », a dit le général Amir Ali Hadjizadeh, le commandant de la force aérospatiale des Gardiens de la révolution, cité vendredi par Irna.

Selon des responsables iraniens, la République islamique possède la technologie nécessaire pour augmenter la portée de ses missiles, pour le moment limitée à 2.000 km.

L’Iran possède déjà deux autres missiles, Ghadr-F et Sejil, qui ont portée de 2.000 kilomètres capables d’atteindre Israël, l’ennemi juré de l’Iran, et les bases américaines dans la région.

Vendredi, le président Hassan Rohani avait déjà affirmé que l’Iran refusait de limiter son programme balistique.

– ‘Dissuasion’ –

« Que vous le vouliez ou pas, nous allons renforcer nos capacités militaires, nécessaires en matière de dissuasion. Non seulement nous allons développer nos missiles mais aussi nos forces aériennes, terrestres et maritimes. Pour défendre notre patrie, nous ne demanderons la permission à personne », a dit M. Rohani lors du défilé militaire.

L’accord de 2015 est censé garantir le caractère strictement civil et pacifique du programme nucléaire iranien, en échange de la levée progressive des sanctions contre Téhéran.

Mais depuis l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche, les Etats-Unis ont multiplié les attaques contre l’accord, que M. Trump avait l’an passé promis de « déchirer ».

Le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson a notamment jugé mercredi que les « attentes » d’une stabilisation du Moyen-Orient qu’avait engendré l’accord avaient été déçues.

« Depuis l’accord, nous n’avons pas constaté que la région est devenue plus stable et pacifique », a dit Rex Tillerson, évoquant le soutien iranien au régime de Bachar al-Assad, ainsi que le développement du programme de missiles balistiques de Téhéran.

Le 15 octobre prochain, le président Trump doit notifier au Congrès si l’Iran respecte ses engagements dans le cadre de l’accord. S’il annonce que ce n’est pas le cas, alors le Congrès pourra réimposer les sanctions contre l’Iran.

Les responsables iraniens ont mis en garde à plusieurs reprises contre tout retour des sanctions.

De leur côté, les pays européens ainsi que la Russie ont demandé à M. Trump de ne pas sortir de l’accord nucléaire.

Le président français Emmanuel Macron a cependant affirmé que l’accord n’était pas suffisant et qu’il fallait obliger l’Iran à réduire son programme balistique et limiter ses activités dans la région, notamment en Syrie. Ce que Téhéran rejette.

Ces dernières années, l’Iran a développé un vaste programme balistique, ce qui inquiète les Etats-Unis mais aussi l’Arabie saoudite, son principal rival dans la région, des pays européens dont la France, ainsi qu’Israël.

Téhéran affirme avoir besoin de renforcer son programme balistique pour créer un équilibre avec les autres pays de la région, notamment l’Arabie saoudite et Israël qui achètent des milliards de dollars d’armes aux pays occidentaux, en particulier aux Etats-Unis.

Romandie.com avec(©AFP / 23 septembre 2017 11h19)                

Missiles nord-coréens: faut-il intercepter? Le dilemme des Américains et Japonais

septembre 18, 2017

Photo fournie le 16 septembre 2017 par l’agence officielle nord-coréenne d’un tir de missile balistique Hwasong-12 dans un endroit non précisé / © KCNA VIA KNS/AFP /

Le dernier tir d’un missile intercontinental par la Corée du Nord, vendredi, a déclenché des sirènes et des alarmes au Japon. Mais ni l’armée japonaise, ni les Américains n’ont tenté d’abattre la fusée.

Les deux alliés ont pourtant vanté ces derniers mois leurs systèmes de défense antimissiles, de coûteuses technologies militaires dont le président Donald Trump souhaite équiper encore plus la Corée du Sud et le Japon.

La prochaine fois, a lancé l’élu républicain américain Dana Rohrabacher, « j’espère qu’on abattra le missile pour envoyer un message aux Nord-Coréens et aux gens qui comptent sur nous, comme les Japonais ».

Jamais Pyongyang n’avait envoyé de missile à une distance aussi grande: 3.700 km, selon le commandement pacifique américain. Le missile s’est abîmé dans le Pacifique, mais non sans avoir survolé l’île septentrionale de l’archipel japonais, Hokkaido.

A Washington, les experts Evans Revere et Jonathan Pollack, du centre de réflexion Brookings Institution, ont recommandé que les Etats-Unis déclarent que tout futur tir de missile en direction des Etats-Unis ou du territoire d’un allié soit considéré comme une menace directe nécessitant une réponse « de la totalité des capacités défensives des Etats-Unis et des alliés ».

Cette fois, les Etats-Unis et le Japon ont estimé que le missile ne représentait pas une menace directe.

S’ils avaient « estimé qu’il y avait une menace directe, nous l’aurions abattu », a déclaré le porte-parole du Pentagone, Rob Manning, en soulignant que l’arsenal américain était très varié.

– Ne pas rater –

Quels sont ces moyens de défense?

Les Japonais possèdent des batteries antimissiles Patriot, conçues pour intercepter des missiles à basse altitude; et des missiles SM-3, développées en partenariat avec les Américains, qui interviennent à haute altitude contre des missiles de portée courte et intermédiaire.

Ces technologies n’ont pas un taux de réussite de 100%, mais le Pentagone, lors d’essais, a démontré sa capacité à atteindre des missiles intercontinentaux.

Dans le cas du missile de vendredi, selon Bruce Klingner, chercheur au centre de réflexion conservateur Heritage Foundation, la trajectoire était toutefois trop élevée pour qu’aucun système d’interception présent dans la région ait pu fonctionner, même les SM-3.

A cela s’ajoute une limitation politique: le Japon, pays pacifiste, ne peut d’après sa Constitution lancer d’action militaire que de façon défensive.

Tokyo a donc comme doctrine de ne tenter d’intercepter que les missiles qui menacent de frapper le territoire japonais, explique Hideshi Takesada, expert de la Corée du Nord et professeur à l’Université Takushoku à Tokyo, à l’AFP. Ce qui n’était pas le cas vendredi.

« Ce qui explique que le gouvernement n’a pas donné d’ordre de destruction », dit l’expert.

Il y a aussi une contrainte technique. L’archipel japonais est si étendu qu’il est difficile de le protéger entièrement par des systèmes d’interception.

« Il est également compliqué d’estimer tout de suite si un missile peut poser une menace directe contre le territoire japonais », ajoute Akira Kato, professeur de politique internationale à l’Université J.F. Oberlin University à Tokyo.

Face à ces contraintes, Japon et Etats-Unis ne veulent pas risquer une interception qui raterait sa cible. Un échec pourrait provoquer la panique dans la région, et dévoiler à Pyongyang les lacunes militaires des alliés.

« Un échec d’interception donnerait l’impression que les capacités défensives du Japon sont insuffisantes », détaille le professeur Kato à l’AFP.

Les Japonais disposent aussi de destroyers équipés de missiles Aegis. Donald Trump aimerait que Tokyo et Séoul achètent notamment sa version terrestre.

Est-il possible d’intervenir plus tôt contre un tir de missile?

Selon le New York Times, les Etats-Unis avaient repéré un jour avant le tir que les Nord-Coréens remplissaient de carburant leur missile.

Le Pentagone souhaite développer des technologies qui permettraient d’intercepter le missile juste après le lancement, quand ils sont lourds de carburant et volent à une vitesse moins rapide que dans les phases intermédiaires ou finales. Cela impliquerait de tirer des missiles depuis des sites plus rapprochés.

Reste enfin la possibilité de lancer des cyberattaques, ou d’équiper des drones de lasers capables d’abattre les missiles intercontinentaux peu après leur lancement.

Romandie.com avec(©AFP / 18 septembre 2017 10h39)