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Cameroun: un missionnaire américain tué dans le Nord-Ouest anglophone

octobre 30, 2018

Un blindé de l’armée camerounaise le 7 octobre 2018 à Lysoka, près de Buean / © AFP / MARCO LONGARI

Un missionnaire américain a été tué mardi dans la région du Nord-Ouest anglophone du Cameroun en proie à un violent conflit entre des combattants séparatistes et l’armée, ont indiqué des sources médicale, religieuse et sécuritaire.

Il a « succombé à ses blessures » après que son véhicule a été « criblé de balles » mardi à Bambui, en banlieue de la capitale régionale, Bamenda, a déclaré à l’AFP une source proche de l’archidiocèse de Bamenda.

Blessé dans une attaque, il a été évacué à l’hôpital de Bamenda, où « il est mort cet après-midi », selon une source à l’hôpital, confirmant une information d’une source sécuritaire à Yaoundé.

Médecins sans frontières (MSF) est intervenue après l’incident pour évacuer « les blessés de l’attaque », a confirmé une source humanitaire.

Un déploiement de forces de sécurité était visible mardi soir autour de l’hôpital, selon des témoins.

Les deux régions anglophones camerounaises sont le théâtre depuis un an d’un conflit entre des séparatistes réclamant l’indépendance du Cameroun anglophone et l’armée camerounaise.

Il n’était pas possible mardi soir de déterminer de manière indépendante de quel camp ont été tirés les coups de feu fatals au missionnaire.

Contactée par l’AFP, l’ambassade des Etats-Unis à Yaoundé n’a pas fait de commentaire.

« My cher mari, Charles, est désormais avec le Sauveur qu’il a adoré et fidèlement servi pendant de nombreuses années », a posté sur Facebook Stéphanie Wesco, la femme du missionnaire Charles Wesco, indiquant que son « cœur est brisé ». « Je veux me réveiller d’un horrible cauchemar ».

Jeudi, un enseignant de l’université de Bamenda avait été tué à Bambui.

Des enseignants de l’université avaient estimé que son « assassinat » portait « la signature des Amba Boys » – les séparatistes – sans qu’il soit possible de confirmer l’information.

Dans les deux régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, une crise socio-politique sans précédent s’est installée fin 2016. Elle s’est transformée fin 2017 en conflit armé.

Des affrontements entre l’armée et des séparatistes, regroupés en groupes épars dans la forêt équatoriale, s’y produisent depuis plusieurs mois quasiment tous les jours.

Selon des sources concordantes, aux séparatistes armés se sont ajoutés des bandes armées de bandits et de pillards, qui rackettent les populations et les entreprises.

Yaoundé, qui refuse le dialogue avec les séparatistes qu’il estime être des « terroristes », a procédé depuis début 2018 à un important déploiement de forces de sécurité pour « rétablir l’ordre ».

Plus de 175 membres des forces de défense et sécurité camerounaises ont perdu la vie dans ce conflit, ainsi que plus de 400 civils, selon les ONG.

Dans la zone, plus de 300.000 personnes ont fui les violences, pour la grande majorité en brousse et dans les grandes villes des régions voisines, et pour certaines au Nigeria voisin.

Dans les deux régions anglophones, le taux de participation à la présidentielle du 7 octobre a été très faible (5% dans le Nord-Ouest et 15% dans le Sud-Ouest) mais Paul Biya a y obtenu dans chacune plus de deux tiers des suffrages exprimés.

M. Biya, 85 ans, et au pouvoir depuis 1982, a été réélu pour un septième mandat avec 71,28% des votes.

Romandie.com avec(©AFP / (30 octobre 2018 20h34)

Ebola : le missionnaire rapatrié en Espagne est dans un « état grave »

septembre 22, 2014

Le Frère Manuel Garcia Viejo lors de son rapatriement de Freetown vers l’Espagne.
Le Frère Manuel Garcia Viejo lors de son rapatriement de Freetown vers l’Espagne. © AFP

Un missionnaire catholique espagnol contaminé par le virus Ebola en Sierra Leone a été rapatrié dans la nuit de dimanche à lundi à Madrid. Selon les services médicaux, il est hospitalisé « dans un état grave ».

Frère Manuel Garcia Viejo, 69 ans, est le deuxième citoyen espagnol contaminé par le virus Ebola. Le missionnaire catholique, qui était basé en Sierra Leone, est arrivé dans la nuit du dimanche 21 au lundi 22 septembre à Madrid à bord d’un avion médicalisé de l’armée de l’air espagnole. Il a été transporté en ambulance et isolé dans un service de l’hôpital Carlos III.

Le malade se trouve « pour le moment dans un état grave », a déclaré à la presse le docteur Francisco Arnalich, chef du service de médecine interne de l’hôpital de La Paz, dont dépend Carlos III. Il souffre d’une « importante déshydratation » et son foie et ses reins sont également touchés, a-t-il précisé. Les médecins « étudient les différentes possibilités de traitement », a ajouté le responsable du service des maladies infectieuses de l’hôpital, José Ramon Arribas.

Le patient ne pourra pas être traité avec le sérum ZMapp – qui n’a pas fait l’objet d’essais cliniques mais a été administré à titre compassionnel à plusieurs personnes infectées par le virus Ebola – car les stocks sont « épuisés dans le monde entier », a-t-il rappelé. Les médecins envisagent donc d’autres alternatives : lui administrer un sérum provenant « d’un patient convalescent, ce qui a été fait avec d’autres patients atteints par l’Ebola », ou « d’autres alternatives thérapeutiques expérimentales », à condition que Manuel Garcia donne son consentement, a expliqué José Ramon Arribas.

En Afrique depuis 30 ans

Équipé d’une chambre d’isolement, l’avion Hercules C-130 était parti dimanche matin de Madrid pour Freetown, en Sierra Leone, d’où il avait redécollé en fin de journée. Directeur depuis 12 ans d’un hôpital dans la ville de Lunsar, Frère Manuel Garcia Viejo avait exprimé le désir d’être transféré en Espagne après avoir été testé positivement au virus Ebola. Médecin spécialisé en médecine tropicale, ce missionnaire est membre de l’Ordre hospitalier de San Juan de Dios, un ordre catholique qui gère l’association caritative Juan Ciudad travaillant avec les victimes d’Ebola. Il travaillait en Afrique depuis 30 ans.

En août, un prêtre espagnol de 75 ans, Miguel Pajares, avait été le premier Européen atteint d’Ebola à être rapatrié en Europe, puis le premier Européen à succomber au virus. Contaminé au Liberia, ce missionnaire avait été rapatrié à Madrid et placé en isolement dans le même hôpital que Manuel Garcia. Depuis, d’autres étrangers contaminés dans l’ouest de l’Afrique ont été transportés vers leurs pays d’origine. Dernière en date, une infirmière française, volontaire de Médecins sans frontières, contaminée au Liberia et rapatriée en France dans la nuit de jeudi à vendredi.

Jeuneafrique.com avec AFP