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Equateur: le gouvernement fustige la « violence » des manifestants, la mobilisation continue

juin 24, 2022
Equateur: le gouvernement fustige la "violence" des manifestants, la mobilisation continue
Equateur: le gouvernement fustige la « violence » des manifestants, la mobilisation continue© AFP/MARTIN BERNETTI

Au douzième jour de la mobilisation indigène dans la rue, le gouvernement équatorien a accusé vendredi les manifestants de ne vouloir « que la violence », tandis que le leader du mouvement a appelé à sa poursuite « indéfinie ».

« Ils ne veulent pas dialoguer. (…) Ils ne veulent pas la paix. Jusqu’à présent, la seule chose qu’ils ont montrée, c’est qu’ils veulent la violence », a déclaré le ministre des Affaires gouvernementales, Francisco Jimenez, sur une radio locale.

Le ministre s’exprimait au lendemain d’une tentative d’invasion du Parlement, signe d’un durcissement des manifestations qui ont fait un total de six morts, selon un dernier bilan.

Trois personnes ont péri au cours des dernières 24 heures, selon l’Alliance des organisations de défense des droits humains, qui avait fait état de trois premiers décès survenus entre lundi et mercredi.

Jeudi, la police avait évacué en signe de bonne volonté, « dans l’intérêt du dialogue et de la paix », un centre culturel, lieu de rencontre des indigènes dans la capitale.

« Nous avons cédé (…) dans le but de rétablir la paix dans la ville et dans le pays. Cependant, c’est le contraire qui s’est produit. Ils en ont profité pour générer plus de désordre », a déploré M. Jimenez.

« C’est une mobilisation indéfinie jusqu’à ce que nous ayons les résultats » escomptés, a déclaré de son côté à l’AFP le leader du mouvement, Leonidas Iza, chef de la Confédération des nationalités indigènes d’Equateur (Conaie).

« Nous ne pouvons plus retenir la colère du peuple. L’indignation échappe à notre contrôle et au contrôle de nos organisations », a-t-il affirmé, jugeant que les indigènes « se sont sentis trompés » par des mois des discussions sans résultat avec le gouvernement sur la hausse du coût de la vie.

« Carabines »

Plusieurs contre-manifestations avec des drapeaux blancs et appelant à la fin des violences ont été signalées jeudi dans la capitale de trois millions d’habitants.

L’armée a de son côté indiqué que des soldats qui assuraient la sécurité d’un convoi routier ont été « agressés par un groupe violent » jeudi à Caspigasí, en banlieue de Quito, et que 17 militaires ont été gravement blessés.

Le commandant de la première division de l’armée, Ewdin Adatty, a dénoncé des faits d’une « extrême violence », avec trois véhicules incendiés par des « délinquants armés », certains avec « des carabines et même d’autres types d’armes ».

L’objectif de ce convoi, venu du nord-ouest de Quito, « était de permettre le flux logistique de plus de 1.000 camions qui sont bloqués sur cette route », ce qui affecte sérieusement l’approvisionnement de la capitale, a expliqué l’officier supérieur, alors que certains quartiers commencent à souffrir de pénuries.

L’attaque du Parlement a également été marquée par un niveau élevé de violences, avec canon à eau, grenades lacrymogène et assourdissantes en riposte aux jets de pierres, tirs de mortiers feux d’artifice et cocktails molotov des protestataires.

La crise a fait 92 blessés selon l’Alliance des organisations de défense des droits humains. La police a de son côté annoncé que 169 de ses membres avaient été blessés, et 121 personnes arrêtées, tandis que cinq stations de police ont été détruites ainsi qu’une vingtaine de véhicules.

Lors des manifestations de 2019, des manifestants avaient pris d’assaut le siège du gouvernement et brièvement envahi le Parlement, incendié le bâtiment de l’Inspection des finances et attaqué les locaux de deux médias. Les indigènes avaient alors rejeté la responsabilité sur des « infiltrés ».

Près de 14.000 manifestants sont mobilisés dans tout le pays pour protester contre la hausse du coût de la vie et exiger notamment une baisse des prix des carburants d’après la police, qui estime leur nombre à près de 10.000 dans la capitale Quito.

« Les petits producteurs sont en mauvaise posture, les pris sont élevés, nous nous battons pour survivre », criait Carlos Pilla, un indigène originaire de Tungurahua (sud). « Si nous avons une réponse positive aujourd’hui, nous partirons aujourd’hui même, en paix et la tête haute ».

Le gouvernement assure que les demandes des manifestants, juste sur les carburants, coûteraient à l’Etat plus d’un milliard de dollars par an.

Pour compliquer la donne, et d’éventuelles discussions, le chef de l’Etat Guillermo Lasso, diagnostiqué positif au Covid-19, est depuis mercredi contraint à l’isolement.

Le président conservateur au pouvoir depuis un an, voit dans cette révolte une tentative de le renverser. Entre 1997 et 2005, trois présidents équatoriens ont dû quitter le pouvoir sous la pression des autochtones.

Il peut toutefois compter sur le soutien des militaires qui ont mis en garde les manifestants, les accusant de représenter un « grave danger » pour la démocratie.

Avec Le Point avec AFP

Inflation : la Côte d’Ivoire mobilise plus de 80 millions d’euros pour lutter contre l’envolée des prix

mars 8, 2022
Sur un marché à Adjamé, l’une des communes d’Abidjan, le 18 juin 2020. © Reuters/Thierry Gouegnon

Après l’Algérie et le Sénégal, la Côte d’Ivoire légifère pour contenir l’inflation, qui frappe l’ensemble de la région.

Le 4 mars, au journal télévisé de 20h, sur la chaîne publique nationale, Souleymane Diarrassouba, le ministre ivoirien du Commerce et de l’Industrie, a annoncé qu’une série de mesures allaient être mises en œuvre pour faire face à une inflation alimentaire galopante.

Entre janvier et mars 2022, les prix des produits pétroliers, notamment ceux du gasoil, seront partiellement subventionnés grâce à une enveloppe budgétaire de 55 milliards de F CFA (83,8 millions d’euros). S’agissant des produits alimentaires, un plafonnement des prix s’appliquera durant une période de trois mois sur l’huile de palme raffinée, le sucre, le lait, le riz, le concentré de tomate, la viande de bœuf et les pâtes. La liste des produits de grande consommation et des services dont les prix sont réglementés sera élargie.

L’impact du conflit en Ukraine

Le gouvernement ivoirien souhaite également contrôler davantage l’évolution des prix lorsque celle-ci dépend de décisions locales et non des fluctuations des cours sur les marchés internationaux.

Pour y parvenir, et durant les six mois précédant toute augmentation du prix des denrées de grande consommation, une « information préalable » sera communiquée, suivie d’une « concertation ». Par ailleurs, pour favoriser le marché intérieur, les exportations de produits vivriers de grande consommation (banane plantain, manioc, igname…) seront soumises à autorisation.

Les acteurs du secteur vivrier bénéficieront, pour leur part, d’une allocation. La population sera tenue au courant du démantèlement des barrages routiers illégaux. Enfin, le gouvernement consentira des efforts supplémentaires pour informer les consommateurs de l’évolution des cours des produits et des intrants sur le marché international.

Pour un même produit, indique le ministère du Commerce et de l’Industrie, l’inflation varie en amplitude d’une région à une autre. Ce phénomène serait dû à « une combinaison de facteurs endogènes et exogènes ». En raison de la guerre qui oppose l’Ukraine à la Russie, le prix du pétrole a fortement augmenté. Ce lundi 7 mars, le baril de Brent a crû de 17,8%, pour atteindre 139,13 dollars, du jamais-vu depuis la crise de 2008, année de son record historique à 147,50 dollars. Le coût du transport maritime s’est lui aussi envolé, les tarifs du fret étant en forte augmentation.

Sur le plan intérieur, une faible pluviosité a « entraîné une perturbation du calendrier agricole », ce qui a abouti à « une insuffisance de l’offre de produits vivriers locaux ».

Mieux qu’au Mali ou au Bénin

L’inflation qui sévit en Côte d’Ivoire frappe également, à des niveaux variables, la plupart des pays d’Afrique de l’Ouest et du Maghreb. Dans un bulletin publié au début de mars, la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) souligne que la rapidité de la hausse des prix dans la zone de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) est principalement liée aux produits alimentaires.

Si l’on considère que ce taux est passé de 6% en décembre 2021 à 6,5% en janvier 2022 dans l’Uemoa, la Côte d’Ivoire est plutôt épargnée (5,6%) par rapport à ses voisins tels que le Mali (8,7%), le Bénin (7,9%) et le Togo (7,5%). Les cours mondiaux des principaux produits alimentaires atteignent quant à eux des sommets, comme ceux de l’huile, dont le taux atteint 54% en glissement annuel

Pour contenir la poussée inflationniste sur les biens alimentaires de grande consommation, l’Algérie et le Sénégal ont eux aussi annoncé l’adoption de mesures. Lors d’un Conseil des ministres, Abdelmadjid Tebboune, le président algérien, a décidé de geler des taxes sur certains produits alimentaires, qui figurent dans la loi de finances 2022. Au Sénégal, 50 milliards de F CFA (76,2 millions d’euros) ont été mobilisés pour subventionner les producteurs locaux de riz. Une baisse de 100 F CFA (0,15 euro) sur le prix de l’huile, de 25 F CFA sur le kilo de riz « brisé non parfumé » et de 25 F CFA sur celui du sucre a été annoncée.

Avec Jeune Afrique par Maureen Songne

Canada-Québec/Réfugiés ukrainiens : le Service d’accueil des nouveaux arrivants se mobilise

mars 5, 2022

Nadia serrait contre elle sa petite-fille, au poste de frontière avec la Pologne. Photo : Radio-Canada/Frédéric Tremblay

Québec annonce un investissement de 5,7 millions de dollars pour mieux répondre au besoin de familles immigrantes. On veut leur offrir un meilleur accès à tous les services.

Une annonce qui tombe à point alors que la province pourrait accueillir sous peu de nombreux Ukrainiens.

Le ministre de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration et aussi ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet veut que son gouvernement prenne le relais du gouvernement fédéral dans le processus d’immigration. De l’Ukraine au Québec, c’est Ottawa qui prend en charge les visas, l’ambassade, le transport. Mais quand elles arrivent au Québec, c’est là qu’on prend en charge, dit-il.

Les organismes communautaires, les coopératives de services, les villes et MRC, tout le monde sera mis à contribution afin d’offrir un maximum de services aux migrants ukrainiens qui réussiront à fuir la guerre.

« On va évaluer leur besoin pour obtenir permis de conduire, des cours de français, inscrire leur enfant à l’école. On va s’assurer de les faire bénéficier du service québécois d’assurance maladie; des services de garderie et autres. »— Une citation de  Jean Boulet, ministre de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration et aussi ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale

Selon le ministre, 42 500 personnes d’origine ukrainienne résident actuellement au Québec. Un programme spécial sera mis en place afin que les membres de leur famille puissent venir les rejoindre. Il explique que leur situation exceptionnelle fera en sorte que leur dossier sera traité en priorité.

Une situation exceptionnelle déjà vécue à Trois-Rivières

À Trois-Rivières, le Service d’accueil des nouveaux arrivants (SANA) est déjà mobilisé. En 2016, l’équipe a facilité l’arrivée d’une vingtaine de familles en Mauricie comme l’expliquait le directeur général Ivan Suaza : C’était une des premières villes, Trois-Rivières, qui était prête à recevoir les Syriens dans le temps. Alors, ce n’est pas une situation que nous ne connaissons pas. On connaît déjà la situation d’urgence.

« On a une bonne équipe de bénévoles, d’intervenants. J’ai déjà commencé à chercher des gens qui parlent russe un peu partout pour se préparer. »— Une citation de  Ivan Suaza, directeur général du SANA

Même si le temps presse, Ivan Suaza rappelle qu’il faut bien faire les choses : Il faut préparer les gens. Votre famille va aller à tel endroit, tout le monde va y aller. C’est dur quand on sépare les familles.

Tout comme le gouvernement fédéral, celui de Québec n’a pas l’intention d’imposer de limite. Le ministre Boulet n’anticipe pas une arrivée massive : On anticipe qu’on sera capable de respecter notre capacité d’accueil, d’intégration et de francisation. Si ça va au-delà de cette capacité-là, on aura à évaluer si on ajoute des ressources et des budgets additionnels.

Avec Radio-Canada par Jonathan Roberge

L’Ukraine mobilise ses réservistes, se prépare à instaurer l’état d’urgence

février 23, 2022
Un homme en treillis militaire fume.

Un soldat ukrainien fume une cigarette dans un abri situé près de la ligne de front dans la région de Louhansk. Photo HOTO : Getty Images/AFP/Anatolii Stepanov

Confrontée à la perspective d’une invasion russe, l’Ukraine a entrepris mercredi de mobiliser tous ses réservistes âgés de 18 à 60 ans et se prépare à instaurer l’état d’urgence dans tout le pays.

L’enrôlement des réservistes a été ordonné mardi par le président Volodymyr Zelensky, qui avait cependant précisé qu’il n’était pas nécessaire de procéder à une mobilisation générale à l’heure actuelle.

L’Ukraine compte plus de 200 000 réservistes, en plus des 250 000 membres des forces armées régulières.

Le Conseil de la sécurité nationale et de la défense de l’Ukraine a pour sa part demandé d’instaurer l’état d’urgence pour une période de 30 jours, une décision qui doit être entérinée par le Parlement dans les 48 heures.

L’état d’urgence s’appliquerait sur l’ensemble du territoire à l’exception des régions de Donetsk et de Louhansk, où il est déjà en vigueur depuis que des séparatistes prorusses en ont pris partiellement le contrôle en 2014.

Il permettrait au gouvernement de renforcer la protection de l’ordre public et des infrastructures stratégiques, de limiter la circulation des transports et d’intensifier la vérification des véhicules et des documents des citoyens, a précisé le secrétaire du Conseil de la sécurité nationale et de la défense de l’Ukraine, Oleksiï Danilov.

Les autorités locales pourront quant à elles décider de mettre ou non en place des couvre-feux.Une femme embrasse le cadavre d'un homme, sous le regard de plusieurs personnes, dont des prêtres orthodoxes.

Des Ukrainiens rendent un dernier hommage au capitaine Anton Olegovich Sidorov, lors d’une cérémonie funéraire tenue mardi, à Kiev. Le soldat est mort après avoir été touché par un éclat d’obus tiré depuis une région tenue par les séparatistes prorusses dans l’Est de l’Ukraine. Photo : GettyImages/Chris Mcgrath

Il s’agit de mesures de prévention pour préserver le calme dans le pays, pour que l’économie continue de fonctionner, a-t-il précisé au terme d’une réunion du Conseil, assurant que cela n’aura pas d’impact radical sur la vie quotidienne des Ukrainiens.

« En fonction des menaces susceptibles d’émerger dans certains territoires, il y aura soit un état d’urgence renforcé, soit un état d’urgence allégé [dans les] zones frontalières avec la Fédération russe, avec la Biélorussie. »— Une citation de  Oleksiï Danilov, secrétaire du Conseil de la sécurité nationale et de la défense de l’Ukraine.

Kiev n’entend cependant pas instaurer la loi martiale jusqu’à nouvel ordre, a indiqué le secrétaire du Conseil de la sécurité nationale et de la défense de l’Ukraine. Des parlementaires avaient demandé au gouvernement d’agir en ce sens.

Ce n’est pas le cas pour l’instant, mais nous sommes prêts à tout, a déclaré Oleksiï Danilov. Si nécessaire, cette mesure sera adoptée immédiatement.

Des athlètes canadiens qui tiennent des drapeaux du Canada.

L’Ukraine mobilise ses réservistes pour faire face à une éventuelle invasion par la Russie. Les précisions de Tamara Alteresco.

Les Ukrainiens bientôt autorisés à porter des armes?

Le Parlement ukrainien a aussi voté mercredi en première lecture une proposition de loi autorisant les Ukrainiens à porter des armes à feu et à les utiliser pour se défendre.

L’adoption de cette loi est totalement dans l’intérêt du pays et de la société, notent les parlementaires à l’origine de ce texte, en précisant qu’une telle loi est nécessaire en raison des menaces et dangers qui pèsent actuellement sur les citoyens de l’Ukraine.Une femme marche devant une murale montrant des enfants observant le passage de soldats ukrainiens dans des véhicules militaires.

Une Ukrainienne marche devant une murale peinte en hommage aux soldats tués au combat dans la ville de Sievierodonetsk, dans la province de Louhansk. Photo : La Presse Canadienne/AP/Vadim Ghirda

Le ministère ukrainien des Affaires étrangères a pour sa part appelé les ressortissants ukrainiens à quitter la Russie au plus vite – quelque 3 millions de personnes, selon certaines estimations –, et a invité les citoyens à s’abstenir de tout voyage en Russie.

Jusqu’à nouvel ordre, il semble que des soldats russes ne soient pas encore entrés sur le territoire des républiques autoproclamées de Donetsk et Louhansk, situées dans l’Est ukrainien, comme cela est attendu depuis que le président russe a ordonné à son armée d’y maintenir la paix.

Dans la région russe de Rostov, à une cinquantaine de kilomètres de la frontière, des forces russes sont stationnées en nombre : camions militaires, lance-roquettes ou obusiers, sans signe d’activité particulière, selon des journalistes de l’AFP.

À Kiev, capitale de l’Ukraine, les habitants n’ont pas renoncé à leur routine. Mais depuis mardi, à chaque heure pile, des haut-parleurs font résonner l’hymne national ukrainien sur l’immense place Maïdan.

Un soldat tué par un bombardement dans l’Est, selon l’armée

Un soldat ukrainien a été tué mercredi dans un bombardement des séparatistes prorusses sur la ligne de front dans l’est de l’Ukraine, a annoncé l’armée.

Les forces armées ukrainiennes n’ont pas précisé où l’attaque avait eu lieu, indiquant seulement dans un communiqué qu’un soldat avait succombé à ses blessures et qu’un autre avait été blessé.

Depuis le début de l’année et le regain de tension sur le front de l’est de l’Ukraine, neuf soldats des forces armées ukrainiennes et un civil ont été tués, la plupart par des tirs d’artillerie.

En 2021, selon les forces armées ukrainiennes, 66 soldats ont été tués aux abords des deux républiques autoproclamées de Donetsk et de Louhansk.

Les dirigeants rebelles prorusses affirment que plusieurs civils ont été tués par l’armée ukrainienne ces derniers jours, ce que celle-ci dément, répétant n’avoir effectué aucun tir dans ces zones.

Des athlètes canadiens qui tiennent des drapeaux du Canada.

Les bombardements causent la désolation dans l’est de l’Ukraine. Face à l’invasion russe, le pays se prépare à se défendre. Les précisions de Jean-Philippe Hughes.

Des appuis à une candidature ukrainienne à l’Union européenne

L’Ukraine mérite d’obtenir le statut de candidate à l’adhésion à l’Union européenne, ont déclaré mercredi les présidents de la Pologne et de la Lituanie, Andrzej Duda et Gitanas Nauseda, dans une déclaration commune avec leur homologue ukrainien.

Varsovie et Vilnius soutiendraient l’Ukraine dans une telle démarche, ont ajouté les dirigeants des deux pays.

Nous soulignons que, étant donné les progrès importants dans la mise en œuvre de l’accord d’association et des réformes intérieures, ainsi que les défis sécuritaires actuels, l’Ukraine mérite le statut de candidate à l’adhésion à l’UE et la Lituanie et la Pologne soutiendront l’Ukraine dans la réalisation de cet objectif, indique la déclaration.Volodymyr Zelensky, en compagnie Andrzej Duda et Gitanas Nauseda. aux côtés de deux hommes en uniforme au garde-à-vous.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a reçu mercredi ses homologues polonais et lituaniens, Andrzej Duda et Gitanas Nauseda, au palais présidentiel de Kiev. Photo : Reuters/Service de Presse de la Présidence ukrainienne

L’UE et l’Ukraine sont liées par un accord d’association entré en vigueur en 2017, qui porte notamment sur des mesures de libre-échange et vise aussi à un approfondissement des liens politiques et au respect des valeurs communes.

Lors d’une conférence de presse commune avec ses homologues, le président Zelensky a pour sa part demandé mercredi des garanties de sécurité claires et concrètes pour son pays de l’Occident et de Moscou.

Je crois que la Russie doit être parmi les pays donnant ces garanties de sécurité claires, a ajouté M. Zelensky, rappelant qu’il avait proposé à plusieurs reprises de rencontrer Vladimir Poutine pour désamorcer la crise actuelle.

Il a remercié ses homologues polonais et lituanien pour leur soutien et les livraisons d’armes et d’équipement militaire à Kiev. Nous sommes unis dans la conviction que l’avenir de la sécurité européenne se joue en ce moment même chez nous, en Ukraine, a-t-il dit.

Avec Radio-Canada

L’Équateur décrète l’état d’exception après une vague de violence

octobre 18, 2021

L’état d’exception ordonne la mobilisation des policiers et des militaires dans les rues pour lutter contre la violence engendrée par le trafic de drogue.

Le president Guillermo Lasso a decrete l'etat d'exception pour lutter contre les violences.
Le président Guillermo Lasso a décrété l’état d’exception pour lutter contre les violences. © RODRIGO BUENDIA / AFP

Le président équatorien Guillermo Lasso a annoncé lundi avoir décrété l’état d’exception pour l’ensemble du pays en raison d’une vague de violence due au trafic de drogue, ordonnant la mobilisation dans les rues de policiers et militaires. « Dès maintenant, nos forces armées et notre police seront massivement mobilisées dans les rues car nous décrétons un état d’exception sur tout le territoire national », a lancé le chef de l’Etat dans une allocution diffusée par la chaîne publique EcuadorTV. « Dans les rues de l’Equateur, il n’y a qu’un ennem i: le trafic de drogue », et « ces dernières années, l’Equateur est passé de pays de trafic de drogue à pays qui consomme également de la drogue », a dit Guillermo Lasso, qui a pris ses fonctions en mai dernier.

Le dirigeant de droite avait décidé plus tôt ce lundi de changer de ministre de la Défense, dans un contexte de crise carcérale, en nommant un général à la retraite, Luis Hernandez. Entre janvier et août 2021, 1 427 homicides volontaires ont été enregistrés dans le pays, soit 55 meurtres de plus que ceux signalés sur l’ensemble de l’année 2020, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur.

Des affrontements d’une violence rare

Fin septembre, une prison du sud-ouest de l’Equateur a été le théâtre du massacre de 119 détenus, dont certains avaient été démembrés ou brûlés, dans de violents affrontements entre gangs rivaux liés aux narcotrafics et aux cartels mexicains et colombiens, une des pires tueries pénitentiaires de l’histoire d’Amérique latine.

Selon des chiffres officiels, au moins 238 prisonniers ont trouvé la mort depuis début 2021 dans les prisons équatoriennes, surpeuplées et soumises à des violences récurrentes depuis des années.

Par Le Point avec AFP

Pédocriminalité dans l’Eglise: appel à la démission des évêques, mobilisation sur les réseaux sociaux

octobre 11, 2021
Pedocriminalite dans l'Eglise: appel a la demission des eveques, mobilisation sur les reseaux sociaux
Pédocriminalité dans l’Eglise: appel à la démission des évêques, mobilisation sur les réseaux sociaux© POOL/AFP/Archives/Thomas COEX

C’est un appel inédit qu’ont lancé lundi trois personnalités en réclamant la démission de l’ensemble des évêques, comme seule réponse « honorable », selon eux, aux conclusions du rapport Sauvé sur la pédocriminalité dans l’Eglise catholique.

Par ailleurs, via les réseaux sociaux et des hashtags comme #MyChurchToo, des catholiques s’indignent ou se mobilisent pour réformer leur église.

Dans un texte transmis à l’AFP, trois personnalités ont réclamé lundi « la démission collective de l’ensemble des évêques en exercice », « comme un signe d’espoir et de renouveau ».

Il s’agit du cofondateur de l’association de victimes La parole libérée (aujourd’hui dissoute) François Devaux, de la directrice de la rédaction de Témoignage chrétien Christine Pedotti et de la théologienne Anne Soupa, qui milite depuis plusieurs années pour donner davantage de place aux femmes dans la gouvernance de l’Eglise.

Selon eux, la démission « est le seul geste à la mesure de la catastrophe et de la perte de confiance dans laquelle nous sommes. C’est un premier acte de repentir concret, coûteux, à l’égard des victimes. C’est la seule attitude qui peut permettre de restaurer la maison Eglise ».

C’est aussi « la seule façon de rendre possible l’indemnisation des victimes car la faillite de l’institution est aussi matérielle. Les fidèles ne veulent pas contribuer pour des fautes qu’ils n’ont pas commises. Mais dans une Eglise restaurée dans laquelle tous et toutes seront représentés, cette solidarité et cette fraternité nouvelles permettront de trouver les ressources financières nécessaires », détaillent-ils.

Dans son rapport publié mardi dernier, la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (Ciase), présidée par Jean-Marc Sauvé, a estimé à 216.000 le nombre de mineurs victimes d’un prêtre ou d’un religieux en France depuis les années 1950, et à 330.000 si l’on ajoute les agresseurs laïcs en lien avec les institutions de l’Eglise.

La France compte un peu moins de 120 évêques.

#MyChurchToo

« Le rapport Sauvé dit que la pédocriminalité est un phénomène systémique. C’est donc l’ensemble du corps – institutionnel – qui doit réagir », a déclaré à l’AFP le père Pierre Vignon. « Les évêques sont responsables, dans l’ensemble du corps – même s’il ne s’agit pas de la responsabilité personnelle de l’un ou l’autre ».

« Ce qui aurait eu du panache et aurait marqué les esprits, aurait été de démissionner aussitôt collectivement », a-t-il écrit ce week-end, dans un texte au site internet religieux italien Adista. Le père Vignon avait réclamé, en août 2018, la démission du cardinal Barbarin.

Tous rappellent qu’en Allemagne, en juin dernier, un des cardinaux les plus influents du pays, l’archevêque de Munich Reinhard Marx, a demandé au pape François d’être démis de ses fonctions, tirant les conséquences de l' »échec », selon lui, de l’Église catholique dans « la catastrophe des abus sexuels », notamment dans le diocèse de Cologne, le plus important du pays. Une demande qui sera ensuite rejetée par le pape.

Trois mois avant, un rapport accablant avait révélé que des centaines de mineurs avaient subi des violences sexuelles dans le diocèse de Cologne entre 1975 et 2018, et que plusieurs responsables religieux s’étaient tus.

Le rapport Sauvé a continué lundi à susciter des réactions. Vendredi des messages ont émergé sur le réseau Twitter sous les hashtags #AussiMonÉglise et #MyChurchToo, relayés par des influenceurs catholiques comme Erwan Le Morhedec, auteur du blog koztoujours. Des fidèles, pratiquants ou non, s’interrogent sur les réformes à mener, ou expriment leur indignation.

« Aux victimes qui nous lisent, pardon. Pardon de ne pas avoir été là pour vous, hier. Croyez que nous voulons l’être aujourd’hui. Laïcs, nous réclamons les réformes nécessaires. Pas au rabais, pas au minimum, avec ambition ! », a lancé Erwan Le Morhedec.

De son côté, la conférence des baptisés francophones, un réseau d’associations de catholiques réformateurs qui tenait ses assises ce week-end à Paris, a prévenu dans un communiqué que les fidèles attendaient « des changements de fond à hauteur des enjeux » et prévenu qu’elle serait « la vigie exigeante de la mise en œuvre des recommandations » de la Ciase.

Par Le Point avec AFP

« Ils veulent contrôler nos corps » : Washington mobilisé pour le droit à l’avortement

octobre 3, 2021

REPORTAGE. Samedi, des milliers de manifestants ont affirmé leur attachement à un droit de plus en plus menacé par des lois passées dans les États conservateurs.

Lors de la Marche des femmes, a Washington samedi.
Lors de la Marche des femmes, à Washington samedi.  © ANDREW CABALLERO-REYNOLDS / AFP

Le samedi à Washington, les manifestations se suivent, mais ne se ressemblent pas. La semaine dernière, parmi la centaine de pro-Trump soutenant les « prisonniers politiques » (c’est-à-dire qui sont entrés dans le Capitole le 6 janvier 2021), certains étaient déguisés en Batman pourfendant la corruption, ou habillés comme le « chaman » de QAnon, devenu emblématique de l’assaut.

Ce samedi, ils – mais surtout elles – sont des milliers. Certaines sont déguisées en Ruth Bader Ginsburg, la juge de la Cour suprême décédée en septembre 2020, infatigable défenseuse des droits des femmes ; ou en servantes écarlates, comme dans la série dystopique où les femmes fécondes sont violées dans l’espoir d’une grossesse. Les pancartes multicolores font assaut de créativité, montrant l’« éléphant dans l’utérus » (emblème du Parti républicain) ou des cintres barrés (rappel des pratiques dangereuses d’avortements clandestins) ou comparant les conservateurs aux talibans. L’ambiance est joyeuse, égayée par un concert, mais combative. Dans tout le pays, des manifestations ont lieu pour défendre le droit à l’avortement, fragilisé dans les États conservateurs. Mais Washington réunit le plus grand nombre de participants, des milliers de personnes voulant mettre la Cour suprême des États-Unis sous pression avant sa rentrée, lundi.closevolume_off

À LIRE AUSSIAraud – États-Unis : le combat toujours renouvelé contre l’avortementMimi porte un panneau où on peut lire : « Vraiment, la Cour suprême ? Faites mieux ! » Elle est venue du Connecticut avec sa sœur de New York, une autre de Cleveland, et sa nièce Tate, 26 ans, assistante juridique à Cincinnati, dans l’Ohio. « C’est terrifiant ce qui s’est passé au Texas, dit celle-ci. L’Ohio est violet [parfois républicain, parfois démocrate, NDLR] et si Roe v. Wade [la loi autorisant l’avortement depuis 1973, NDLR] tombe, chez nous, cela entraîne l’application de dispositions restrictives. »

La Cour suprême critiquée

Le 1er septembre, le Texas a passé une loi interdisant l’avortement après six semaines (sans exception pour les viols), et tout particulier peut attaquer en justice quelqu’un qu’il soupçonne d’avoir aidé à interrompre une grossesse après ce délai. Des associations ont déposé un recours devant la Cour suprême, qui l’a maintenue. L’institution devra également traiter, après sa rentrée, un autre cas concernant l’avortement, au Mississippi, qui pourrait entraîner une remise en cause générale de la loi Roe v. Wade. Chaque État pourrait ensuite décider d’autoriser ou non l’avortement. Depuis le 1er janvier, 19 États ont adopté 63 lois le restreignant.

Sharon Walters, 66 ans, a mis deux heures et demie, en métro et en bus, pour venir de Virginie. Elle aussi s’en prend à la Cour suprême. « Les trois derniers juges placés par Trump sont très politiques, et ils ne sont pas censés l’être. La seule solution est de la réformer. On pourrait imposer des limites de mandats, ou changer le mode de nomination. C’est très inquiétant, ils votent en fonction de leur religion. Quant à Amy Coney Barrett, elle a cinq enfants et elle est juge à la Cour suprême. On n’arrive pas là en changeant des couches et en allant aux réunions parents-professeurs. Elle a eu énormément d’aide, c’est une femme blanche qui a eu des privilèges. »

Ils refusent de réguler l’accès aux armes, mais régulent nos corps.

Les audiences pour la nomination de cette jeune juge ultraconservatrice, en octobre 2020, s’étaient focalisées sur son opposition à l’avortement. Les dernières semaines et le refus de la Cour suprême de statuer sur la loi texane ont confirmé les craintes des libéraux. Casey Schmitz, 23 ans, qui travaille dans le marketing à Baltimore, est venue avec sa mère. Elle aussi est « terrifiée » : « Amy Coney Barrett a été installée si vite, ça n’a l’air de rien, mais sa nomination a un impact énorme sur des milliers de femmes. Et ce qui m’exaspère, c’est qu’on a tellement d’enfants orphelins dont on ne s’occupe pas. »https://44a9af64109c1abc5fbf3c7dac4c8f85.safeframe.googlesyndication.com/safeframe/1-0-38/html/container.html

Le Texas, sans surprise, concentre les critiques. Catherine Mouer, 21 ans, est d’Austin, elle a honte : « C’est incroyable qu’ils refusent de réguler l’accès aux armes, mais régulent nos corps. Ces gens qui se disent pro-vie sont aussi antimasque, antivax, opposés à l’assurance santé universelle… Il faut qu’on s’occupe de ceux qui sont en vie, et on a le droit de ne pas être abattu en pleine rue ! » Le 1er septembre, le Texas a aussi autorisé le port d’armes sans permis. Son amie, Katherine Dunbar, de Dallas, surenchérit : « Quand la loi sur l’avortement est passée, on a toutes eu une réaction viscérale, on était très mal, ça nous affecte directement. Je me souviens d’avoir pleuré, quand Ruth Bader Ginsburg est morte, et que mon père, pourtant merveilleux, ne comprenait pas. Au Texas, ça devient aussi plus difficile d’avoir accès à la contraception, et à la pilule du lendemain. Il est très clair que ces gens n’en ont rien à faire, de la vie, ils veulent juste contrôler le corps des femmes. Sinon, ils investiraient dans les orphelinats. »

Face à face

Manifestants contre l’IVG devant la Cour suprême à Washington, samedi 2 octobre.  © ALLISON BAILEY / NurPhoto / NurPhoto via AFP

Après des interventions à la tribune, le cortège s’ébranle pour atteindre la Cour suprême, où les attend une poignée de militants antiavortement protégés par un cordon de policiers. Un groupe chrétien prie à voix haute et diffuse des hymnes religieux. À côté, Danielle Cormier, 25 ans, est étudiante à Washington DC, mais elle est originaire de l’État conservateur de la Louisiane. « Les femmes méritent mieux que l’avortement, il faut de meilleures politiques sociales pour celles qui se trouvent en situation d’en vouloir un, parce qu’elles sont pauvres ou ont besoin d’aide. Il faudrait une assurance santé universelle pour les jeunes enfants. » Et dans le cas d’un inceste ou d’un viol ? « Il faut aider ces femmes, leur apporter un soutien émotionnel et financier, c’est très difficile, mais il s’agit toujours d’un enfant, dans leur utérus, qui n’a pas demandé à être conçu de telle ou telle façon. » La Cour suprême doit examiner le cas du Mississippi le 1er décembre.

Global Citizen Live : une journée de mobilisation pour la planète

septembre 25, 2021
Un agent de santé reçoit le vaccin Covid-19 sur le terrain d’un hôpital académique, à Johannesburg (Afrique du Sud).

Pandémie de Covid-19, changement climatique, pauvreté… Le 25 septembre 2021, une série de manifestations est organisée à travers le monde pour sensibiliser le public à ces questions.

L’Assemblée générale des Nations unies, qui s’est ouverte mardi 21 septembre 2021, n’a jamais été aussi attendue et cruciale. Le sort de notre humanité dépend inextricablement de tous les pays, à l’heure où la pandémie de Covid-19 et le réchauffement climatique menacent notre survie.

De ce combat-là, force est de constater que les nations riches ne pourront sortir vainqueurs que si elles tendent la main aux plus pauvres.

La coopération internationale qu’incarne ce grand ballet des nations, pendant une semaine à New York, est la condition sine qua none pour assurer une relance équitable et verte sur la planète.

Réchauffement climatique « catastrophique »

Car cette rentrée est particulièrement éprouvante sur le plan de la politique internationale. Nous nous dirigeons inéluctablement vers un réchauffement « catastrophique » de 2,7 °C au-delà des niveaux pré-industriels, bien loin de l’objectif de 1,5 °C établi lors de l’Accord de Paris sur le climat, selon le dernier rapport des Nations unies. Bilan établi six semaines avant la COP26 qui se déroulera à Glasgow (Écosse), du 1er au 12 novembre prochain.

Emblématiques de ces changements climatiques destructeurs, des incendies meurtriers ont ravagé le bassin méditerranéen et l’Algérie, et des inondations sans précédent ont touché New York, pour ne citer que quelques exemples. En outre, un puissant séisme a frappé Haïti, dévastant une nouvelle fois ce pays parmi les plus pauvres du monde.

La crise sanitaire, quant à elle, devrait pousser 100 millions de personnes supplémentaires dans l’extrême pauvreté. La recrudescence de l’épidémie de Covid-19 fait craindre le pire à l’heure où l’Afrique ne s’est fait livrer que 2 % de toutes les doses administrées sur la planète. Par ailleurs, 80 % des États africains risquent de ne pas atteindre les objectifs de vaccination, selon un récent avertissement de l’Organisation mondiale de la santé.

QU’IL S’AGISSE DE LA PANDÉMIE OU DES CHANGEMENTS CLIMATIQUES, NUL NE SERA EN SÉCURITÉ TANT QUE NOUS NE LE SERONS PAS TOUS

Le message est pourtant simple : qu’il s’agisse de la pandémie de Covid-19 ou des changements climatiques, nul ne sera en sécurité tant que nous ne le serons pas tous.

Aujourd’hui plus que jamais, une action concertée est nécessaire de la part des gouvernements, des organisations internationales, du secteur privé et de la société civile afin de faire face aux défis les plus urgents auxquels l’humanité est confrontée.

Trois mesures concrètes pour le changement

Trois mesures concrètes et à portée de main, favoriseraient le changement nécessaire.

Il est primordial de partager les doses de vaccin contre le Covid-19 avec les pays les plus vulnérables. Les tendances de repli et de nationalisme vaccinal, dont ont fait preuve la plupart des pays depuis l’irruption de la crise sanitaire, ne font qu’entraver une action concertée. Les États riches, dont la France, sont en passe d’accumuler plus d’un milliard de doses que le nombre nécessaire pour la vaccination de la totalité de leur population.

Dans l’Union européenne, près des trois quarts de la population adulte étaient entièrement vaccinés contre le Covid-19 au début du mois de septembre contre seulement 1,9 % dans les pays à moyen et faible revenu ayant reçu au moins une dose de vaccin.

À l’heure de la mondialisation, comment atteindre l’immunité collective quand seuls les pays du Nord sont vaccinés ? Les mécanismes de solidarité internationale pour faire don de vaccins aux nations pauvres existent déjà, comme Covax. Il ne manque que la volonté politique.

En outre, il est urgent que les États les plus puissants de la planète, dont la France, financent davantage la lutte contre les changements climatiques.

LES PAYS RICHES S’ÉTAIENT ENGAGÉS À MOBILISER 100 MILLIARDS DE DOLLARS PAR AN POUR AIDER LES PAYS LES PLUS DÉMUNIS À COMBATTRE LE RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE

Ils en avaient fait la promesse. Ils s’étaient engagés, il y a plus d’une décennie, à mobiliser 100 milliards de dollars par an pour aider les pays les plus démunis à combattre le réchauffement climatique. Aujourd’hui, ils n’ont toujours pas distribué les 20 milliards restants. Un montant conséquent pour que les communautés les plus vulnérables développent des stratégies d’adaptation vitales.

Ils en ont les moyens. Ils ont, à leur disposition, un instrument monétaire unique, utilisé en temps de crise : les Droits de tirages spéciaux (DTS). Développé par le Fonds monétaire international (FMI), cet outil permet d’aider les nations les plus démunies à lutter contre le changement climatique.

Alors que le FMI a distribué l’équivalent de 650 milliards de dollars de DTS en août 2021, il revient aux pays riches d’en faire don aux plus pauvres. Tous les États membres n’ont pas le même pouvoir de décision ni les mêmes droits. Ainsi, les 59 pays les plus pauvres de la planète n’ont collectivement reçu que 4 % de cette allocation tandis que ceux du G20 en ont obtenu 68 %, exacerbant ainsi les inégalités.

L’écologie : le combat du siècle

Plus qu’un effort de solidarité internationale, redistribuer les DTS est un devoir. Pour la France, en particulier, qui estime que l’écologie est le « combat du siècle ».

Enfin, il incombe à la société civile mondiale de se mobiliser pour exhorter les dirigeants internationaux et le secteur privé à prendre des engagements substantiels dans la lutte contre la pandémie de Covid-19 et les changements climatiques. Et pour les en tenir responsables.

LE 25 SEPTEMBRE 2021, LES CITOYENS DU MONDE POURRONT FAIRE ENTENDRE LEUR VOIX COLLECTIVE POUR INCITER LES PUISSANTS À MENER UNE ACTION CONCERTÉE

Le 25 septembre 2021, les citoyens du monde pourront faire entendre leur voix collective pour inciter les puissants à mener une action concertée, seul moyen de faire face aux enjeux les plus décisifs auxquels notre humanité est confrontée. Ce sera à l’occasion du Global Citizen Live, campagne planétaire organisée par le collectif international Global Citizen, qui lutte pour défendre la planète et vaincre la pauvreté.

Des concerts et des manifestations se tiendront simultanément dans différentes villes internationales (Paris, Londres, New York, Séoul…). La diffusion télévisuelle mondiale, en direct et durant 24 heures, offrira une plateforme inédite pour faire pression sur les décideurs et s’assurer que nous soyons tous, partout sur la planète, protégés du virus et des bouleversements climatiques.

Friederike Röder

Avec jeune Afrique par Friederike Röder

Friederike Röder est directrice de l’ONG ONE France.

Présidentielle en Zambie: mobilisation des électeurs, scrutin annoncé serré

août 12, 2021
Presidentielle en Zambie: mobilisation des electeurs, scrutin annonce serre
Présidentielle en Zambie: mobilisation des électeurs, scrutin annoncé serré© AFP/Patrick Meinhardt

Les Zambiens choisissaient jeudi leur président, entre le sortant Edgar Lungu et son grand rival Hakainde Hichilema, après une campagne tendue centrée sur l’économie du premier pays africain à avoir fait défaut sur sa dette depuis le début de la pandémie.

Dès l’aube, des centaines forment des files d’attente impressionnantes devant les bureaux de vote. Dans le township de Matero, Andrew Daka, 20 ans, qui vote pour la première fois, veut du « changement »: « on ne peut plus continuer comme ça », souffle-t-il à l’AFP.

Plus loin, dans ce bureau modeste du sud de Lusaka, le président Lungu, 64 ans, veste en cuir et dents du bonheur, dépasse tout le monde d’une tête. « Les Zambiens sont prêts à voter et ils sont nombreux », dit-il à sa sortie, acclamé par des partisans poings en l’air. « On va gagner ! ».

A la mi-journée, Hichilema, surnommé « HH » ou le terme affectueux « Bally », riche homme d’affaires autodidacte de 59 ans qui se présente pour la sixième fois et promet de redresser l’économie, prend un bain de foule en allant voter.

Des centaines de journalistes et partisans agglutinés le suivent pas à pas. « Nous sommes confiants (dans le fait que) nous allons remporter la mise », dit-il, en costume sobre et col ouvert. « Les gens veulent que ça change, ça se voit sur leurs visages ».

« Ce qui compte, c’est que la décision de qui devient président, qui dirige ce pays, soit déterminée par (…) les électeurs, pas par les gens qui comptent les voix », ajoute-t-il le sourcil froncé. La veille, « HH » avait appelé la commission électorale à garantir un scrutin « libre et équitable ».

L’opposition, qui craint des fraudes, avait aussi accusé le gouvernement de chercher à entraver la campagne de M. Hichilema, ce que le Front patriotique (PF) au pouvoir dément avec véhémence.

Et alors que le gouvernement avait menacé de bloquer internet si certains « colportent des fausses informations pouvant déstabiliser » l’élection, messages Whatsapp et internet étaient ralentis ou bloqués par endroits dans l’après-midi, a-t-on constaté.

Résultats d’ici dimanche

Dans le quartier populaire de Mtendere, plus de 200 électeurs prennent leur mal en patience, papotant dans la queue ou achetant une glace à un vendeur apparu opportunément. Musique à fond, tavernes servant des bières et circulation dense… Pas de tension palpable.

Thomas Wandu, mineur de 41 ans, va voter Lungu, perçu comme un homme fort. « Sous terre, ça ne se passe comme ça devrait », confie-t-il à l’AFP, « les patrons (chinois) ne respectent pas leurs engagements de salaires ».

Mais la hausse du coût de la vie a érodé la base de soutien du président sortant, selon les sondages, et l’élection pourrait être plus serrée qu’en 2016, quand « HH » avait perdu d’un peu plus de 100.000 voix.

M. Lungu, avocat de formation, est critiqué pour avoir emprunté de façon déraisonnable, notamment auprès de créanciers chinois, pour financer une frénésie de projets d’infrastructure.

L’inflation a grimpé à plus de 20 % sous sa présidence et fin 2020, la Zambie a été le premier pays africain à se trouver en défaut de paiement depuis l’apparition du coronavirus.

Des violences sporadiques ont éclaté à l’approche du vote entre partisans des deux principaux candidats, poussant M. Lungu à déployer l’armée. L’opposition a dénoncé cette mesure sans précédent, la qualifiant de tactique d’intimidation.

Le président s’est montré de plus en plus autoritaire face à toute opposition depuis son arrivée au pouvoir en 2015, faisant craindre des tensions en cas de contestation des résultats, qui devraient être connus d’ici dimanche soir, dans les 72 heures après la fermeture des bureaux de vote jeudi (16H00 GMT).

Le gagnant doit obtenir plus de 50 % des voix pour éviter un second tour, ce que les observateurs jugent peu probable.

Pare Point avec AFP

Régionales : après la défaite, Le Pen donne « rendez-vous aux Français »

juin 27, 2021

Alors que son parti n’a pas réussi à remporter une région, la présidente du Rassemblement national lance un appel à la mobilisation pour la présidentielle.

Malgré l’échec du Rassemblement national (RN) aux élections régionales, Marine Le Pen, la candidate du RN à la présidentielle, a donné « rendez-vous aux Français, dès demain, pour construire tous ensemble l’alternance dont la France a besoin ». « Ce soir nous ne prendrons pas de région », a-t-elle reconnu, dénonçant des « alliances contre-nature » de la part des présidents sortants et affirmant que le résultat en Paca « démontre que la mobilisation est la clé des victoires à venir ».

« Ce soir nous ne prendrons pas de région », a-t-elle reconnu, dénonçant des « alliances contre-nature » de la part des présidents sortants et affirmant que le résultat en Paca « démontre que la mobilisation est la clé des victoires à venir. » « Je suis plus que jamais déterminée à mettre toute mon énergie et ma volonté à réhabiliter la politique », a-t-elle assuré, s’alarmant d’une « désaffection civique historique ».

« Une organisation désastreuse et erratique des scrutins »

La présidente du RN a expliqué l’abstention quasi record de 66 % notamment par « une organisation désastreuse et erratique des scrutins par le ministère de l’Intérieur » et « un désenchantement à l’égard des élections intermédiaires ».

« Information des électeurs, proportionnelle, référendum d’initiative citoyenne: tout doit être aujourd’hui débattu pour rendre à nos compatriotes le goût de décider de leur avenir », a déclaré Marine Le Pen. « La présidentielle apparaît plus que jamais comme l’élection qui permet de changer de politique et les politiques », a-t-elle analysé, affirmant que « les Français nous apportent leur soutien dans cette mission ».

Par Le Point avec AFP