Posts Tagged ‘Mohamed Ibn Chambas’

En Gambie, « le début d’une nouvelle ère »

avril 4, 2017

Pour Mohamed Ibn Chambas, représentant du secrétaire général de l’ONU en Afrique de l’Ouest, les élections législatives du 6 avril seront un test pour la coalition au pouvoir.

A Banjul, une statue commémorant le coup d’Etat du 22 juillet 1994, par lequel Yahya Jammeh était arrivé au pouvoir, est recouverte d’un T-shirt sur lequel est inscrit « La Gambie a décidé ». Crédits : SEYLLOU/AFP

L’Afrique de l’Ouest a connu une série d’élections présidentielles et législatives qui s’est déroulée pacifiquement et, surtout, dans le respect des normes démocratiques reconnues par l’Union africaine, la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) et les Nations unies. Rompant définitivement avec des pratiques antidémocratiques dominées par des alternances de coups d’Etat et de pouvoirs monopolisés sans limite de temps, la région s’est lancée sereinement dans la voie du changement politique qui s’appuie sur le principe d’élections libres garantissant le choix du peuple.

Désormais, plus qu’une tendance, c’est une réalité politique, dictée par une prise de conscience des Africains – citoyens comme leaders – que l’objectif du développement ne peut être atteint que grâce à une nouvelle culture politique dont la bonne gouvernance et le respect des droits sont les points fondamentaux. Il reste, sans aucun doute, du chemin à parcourir. Cependant, personne ne peut nier ni sous-estimer les progrès enregistrés en matière de respect des processus électoraux et d’alternance politique en Afrique de l’Ouest.

Du Nigeria à la Gambie en passant par le Bénin et le Ghana, les leaders africains et les citoyens ont fait preuve d’une grande maturité politique et ont démontré un grand sens des responsabilités, qu’il faut saluer et soutenir. Au-delà de quelques incidents mineurs entre militants des différents candidats, les dix dernières élections en Afrique de l’Ouest se sont déroulées pacifiquement et sans aucune violence.

Maturité politique

L’exemple de la Gambie est significatif. Dans un pays en proie à un pouvoir autocratique depuis plus de deux décennies, la marge de manœuvre permettant un changement politique pacifique était faible.

Qui aurait pensé que l’élection présidentielle pouvait se tenir librement ? Que la commission électorale pouvait être indépendante et se permettre d’annoncer des résultats confirmant l’éviction du pouvoir en place ? Et qui aurait pu prévoir que les Gambiens allaient pacifiquement voter et attendre les premiers résultats, puis la fin de la crise politique provoquée par le refus de Yahya Jammeh de reconnaître le candidat de la coalition de l’opposition, Adama Barrow, comme le troisième président élu de la Gambie ?

Cette maturité politique et ce sens des responsabilités représentent aussi le socle de la diplomatie préventive régionale qui a aidé au départ de Yahya Jammeh et a permis une résolution pacifique de la crise. La médiation conjointe Cedeao-UA-ONU dépêchée à Banjul au lendemain du refus de M. Jammeh de quitter le pouvoir témoigne de la volonté des pays de la région et des organisations régionales de veiller au respect du cadre légal permettant des alternances politiques pacifiques. Elle témoigne aussi de la détermination de ces organisations de s’approprier les problèmes et les solutions dans une démarche préventive. L’objectif majeur est de maintenir la paix et la stabilité de la région.

L’implication personnelle des présidents du Sénégal, du Liberia, du Nigeria, du Ghana, de la Sierra Leone, de la Mauritanie et de la Guinée durant toute la crise illustre la détermination des dirigeants africains à prévenir tout risque susceptible de produire un autre conflit et à maintenir la région dans une dynamique de changement pacifique.

Diplomatie préventive

Le départ de Yahya Jammeh et l’installation au pouvoir d’Adama Barrow sans aucune violence est un succès de la diplomatie préventive régionale. C’est aussi le fruit de l’attitude exemplaire des Gambiens. Mais ce succès de la diplomatie préventive régionale ne peut être entier et efficace que si la Gambie s’engage à poursuivre le processus de changement politique en respectant les principes démocratiques.

La décision du nouveau président, Adama Barrow, de mettre en place une équipe conjointe de transition composée notamment de membres de l’ancienne administration est un signal fort de l’attachement des nouvelles autorités au processus démocratique. Et la communauté internationale, qui s’est mobilisée durant la crise post-électorale pour affirmer la primauté du droit et de la Constitution, doit aujourd’hui apporter le soutien nécessaire à la Gambie pour consolider ce changement politique et accompagner les Gambiens dans leur aspiration au développement.

C’est pour cela que, soucieux de cette nécessité, le Bureau des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel a déployé, au lendemain du retour du président Barrow à Banjul, un expert en transition politique pour aider les administrations entrante et sortante à initier une transition sereine dont l’objectif est d’assurer un changement pacifique du pouvoir. Dans les prochains jours, l’équipe conjointe de transition devra rendre son rapport à Adama Barrow, ce qui marquera la fin de la période de transition et lancera le début d’une nouvelle ère, celle de l’alternance politique.

Mais cette dernière ne peut constituer une fin en soi, tant les défis politiques, économiques et sociaux sont multiples et nécessitent un engagement politique fort de la part des nouvelles autorités.

Relance économique

Quelque 60 % des Gambiens sont touchés par la pauvreté et un tiers de la population vit avec moins de 1,25 dollar par jour. Le déficit budgétaire du pays s’est creusé, atteignant les 7 % du PIB en 2016. Dans ce contexte, la priorité du nouveau gouvernement gambien sera sans aucun doute la mise en place de plans de relance économique et le lancement des réformes structurelles. Les élections législatives du 6 avril seront quant à elles un vrai test pour la coalition au pouvoir.

La diplomatie préventive régionale a été cruciale pour sauvegarder la volonté du peuple gambien et renforcer la paix dans une région qui en a besoin. La transition politique pacifique est fondamentale pour consolider les gains de l’alternance politique par des élections libres. Les Nations unies, en coordination avec les organisations régionales, continueront de soutenir la Gambie de cette phase importante de son histoire.

Lemonde.fr par Mohamed Ibn Chambas

Mohamed Ibn Chambas est représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel.

Gambie: le président Jammeh doit être prêt à céder le pouvoir à la date prévue en janvier

décembre 14, 2016

Dakar – Le représentant de l’ONU en Afrique de l’Ouest, Mohamed Ibn Chambas, a affirmé mercredi à l’AFP que le président gambien Yahya Jammeh devait être prêt à céder le pouvoir en janvier, indépendamment de son recours en justice contre l’élection de l’opposant Adama Barrow.

M. Ibn Chambas s’exprimait au retour d’une mission mardi à Banjul de quatre chefs d’Etat d’Afrique de l’Ouest, à laquelle il a participé, pour tenter de convaincre M. Jammeh de reconnaître définitivement sa défaite à l’élection présidentielle du 1er décembre et de céder le pouvoir.

L’opposition a remporté l’élection, qui a été juste, a affirmé le représentant spécial dans la région du secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon.

Le mandat de cinq ans de M. Jammeh expire le 19 janvier, a rappelé M. Ibn Chambas, ajoutant qu’il devra être prêt à céder le pouvoir à cette date.

D’ici là, c’est M. Jammeh qui est le président constitutionnellement élu. Nous espérons que pendant cette période toutes ses actions seront conformes à la Constitution, a souligné le responsable de l’ONU.

Interrogé sur les craintes émises par l’opposition, que la contestation des résultats devant la Cour suprême ne permette à M. Jammeh de se maintenir en place au-delà de la fin de son mandat, M. Ibn Chambas a assuré que les deux questions n’étaient pas liées.

Cette procédure juridique n’a rien à voir avec le terme de son mandat, fixé à janvier, a-t-il dit.

Le délai constitutionnel du 19 janvier comme terme du quinquennat de Yahya Jammeh a aussi été évoqué par un des responsables de l’opposition, Halifa Sallah, dans une déclaration devant la presse à Banjul.

Nous maintenons que le président élu Barrow demeure le prochain président gambien, qui devrait prendre ses fonctions le jour où expire le mandat du dirigeant, a déclaré M. Sallah.

Nous avons indiqué qu’autour du 19 janvier, si au moment où le président élu Barrow est censé être investi, le président Jammeh dit: +Je ne partirai pas+, alors, manifestement, il y aura une crise constitutionnelle et un probable conflit dans le pays, a-t-il ajouté.

Après une journée de discussions mardi, la présidente libérienne Ellen Johnson Sirleaf, qui conduisait la délégation de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), a reconnu qu’aucun accord n’avait encore été obtenu sur le départ du pouvoir de M. Jammeh.

Le même jour, passant outre les objections de l’opposition et de nombreux juristes, le parti au pouvoir a saisi la Cour suprême pour demander l’annulation des résultats accordant la victoire à Adama Barrow sur Yahya Jammeh par quelque 19.000 voix d’écart.

Faute de juges pour siéger à la Cour suprême depuis mai 2015, il n’existe en Gambie aucun mécanisme légal légitime pour statuer sur le recours électoral du président sortant, a estimé lundi l’Ordre des avocats gambiens.

De plus, désigner les juges manquants pour statuer sur ce recours entraînerait inévitablement des délais supplémentaires, selon l’opposition, qui dénie de toute façon au président sortant la légitimité pour exercer ce pouvoir.

Les juges de la Cour suprême sont nommés par le chef de l’Etat, sur proposition d’une commission spécialisée, et doivent prêter serment lors d’une cérémonie publique.

Romandie.com avec(©AFP / 14 décembre 2016 20h41)      

Burkina Faso : la communauté internationale presse les militaires de quitter le pouvoir

novembre 2, 2014
Burkina Faso : la communauté internationale presse les militaires de quitter le pouvoir

Burkina Faso : la communauté internationale presse les militaires de quitter le pouvoir

OUAGADOUGOU, 2 novembre (Xinhua) — La communauté internationale a appelé dimanche l’armée burkinabé, qui s’est emparée du pouvoir après la démission et la départ du président Blaise Compaoré, de remettre immédiatement la gestion du pays aux civils. « Nous voulons éviter des sanctions sur le Burkina Faso et sa suspension dans les instances internationales. Nous appelons donc à un ordre constitutionnel (..) nous espérons qu’il y aura une transition conduite par un civil », a affirmé le représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest, le Dr Mohamed Ibn Chambas, à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso.
Dans une déclaration, la mission conjointe des Nations Unies, de l’Union africaine (UA) et de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a demandé à la hiérarchie militaire de faire en sorte que les institutions de transition soient conformes aux normes constitutionnelles.

Après la chute du pouvoir de M. Compaoré, qui a régné durant 27 ans, le lieutenant-colonel Yacouba Isaac Zida, numéro deux de la garde de sécurité présidentielle (RSP) s’est proclamé, chef d’un régime de transition, après avoir écarté, le chef d’état-major des armées, le général Nabéré Honoré Traoré.

L’une des premières mesures des nouvelles autorités a été la suspension de la Constitution, suscitant la révolte d’une partie de la société civile qui estime que le pays n’est pas dans une situation de coup d’Etat, mais plutôt d' »une insurrection populaire ».

L’opposition politique et une partie de la société civile dénoncent une « confiscation » du pouvoir et invitent les populations à faire « barrage » aux militaires.

« L’opposition politique et les organisations de la société civile ont réaffirmé que la volonté issue de l’insurrection populaire appartient au peuple et par conséquent la gestion de la transition lui revient légitimement et ne saurait être en aucun cas être confisquée par l’armée », lit-on dans une déclaration commune publiée samedi.

La communauté internationale insiste sur la nécessité de renforcer le dialogue entre tous les acteurs politiques et non- politiques et appelle à remettre en marche, le plus vite possible, la machine gouvernementale et administrative afin d’assurer la continuité des services publics.

Selon les experts de la mission, ceci est particulièrement important dans un contexte où le virus Ebola fait des ravages dans la sous-région et que tous les pays sont engagés dans cette lutte.

« Le Burkina Faso a beaucoup donné à la communauté internationale et il mérite à son tour de bénéficier de l’appui et la solidarité internationale dans ces moments difficiles », a dit le Dr Chambas.

Le président déchu s’était illustré de façon « active  » dans la résolution de plusieurs crises dans la sous-région, notamment au Mali, en Côte d’Ivoire et au Togo. Plusieurs soldats burkinabè sont présentement sur les théâtres d’opération dans le cadre du maintien de la paix à travers l’Afrique.

Bâyiri.com avec Xinhua.com

L’ONU envoie un émissaire au Burkina Faso, en proie à des violences

octobre 30, 2014
Ban Kin moon

Ban Ki-moon

Nations unies (Etats-Unis) – Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon va envoyer jeudi un émissaire au Burkina Faso pour tenter de mettre fin aux violences provoquées par le projet du président Blaise Compaoré de se maintenir au pouvoir.

M. Ban suit avec une grande inquiétude la détérioration de la situation au Burkina Faso, a ajouté son porte-parole Stéphane Dujarric.L’émissaire de l’ONU pour l’Afrique de l’Ouest, Mohamed Ibn Chambas, sera au Burkina Faso vendredi, au sein d’une mission de paix conjointe à l’Union africaine et à la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

M. Ban appelle toutes les parties à mettre fin aux violences, à exercer leur calme et leur retenue, et à utiliser le dialogue pour résoudre les problèmes en suspens, selon son porte-parole.

Le Burkina-Faso est plongé dans une très grave crise qui a forcé le gouvernement à annuler le vote d’une révision constitutionnelle controversée.

Le projet permettrait le maintien au pouvoir du président Blaise Compaoré, l’un des hommes forts d’Afrique de l’Ouest, en place depuis 1987.

La capitale Ouagadougou a sombré dans le chaos.

Les violences ont fait au moins un mort. Le patron de l’ONU s’est dit attristé de cette mort provoquée par les derniers événements dans le pays, a affirmé M. Dujarric.

A l’Assemblée nationale, plusieurs bureaux, dont celui du président du Parlement, ont été ravagés par les flammes.

Bâyiri.com avec AFP

Trois Casque bleus sénégalais tués au Darfour

octobre 13, 2013

NEW YORK – Trois Casques bleus sénégalais membres de la mission conjointe ONU-Union africaine au Darfour (Minuad) ont été tués dimanche matin dans une embuscade près d’El Geneina, capitale du Darfour-ouest, a annoncé l’ONU.

Un autre Casque bleu sénégalais été blessé dans l’attaque, menée par des hommes armés non identifiés, a précisé la mission dans un communiqué.

Les victimes faisaient partie d’une équipe de police de la Minuad qui escortait un convoi depuis El Geneina jusqu’au quartier général de la Minuad.

Les attaquants se sont emparés d’un véhicule qui a été retrouvé à 7 km du lieu de l’embuscade.

L’attaque s’est produite sur une route où avait déjà eu lieu une attaque meurtrière le 3 octobre 2012, qui avait couté la vie à quatre soldats nigérians.

Le chef de la Minuad, Mohamed Ibn Chambas, a fermement condamné cette agression et a demandé au gouvernement soudanais de tout faire pour traduire en justice les responsables de tels crimes, ajoute le communiqué.

Il a félicité les forces de sécurité soudanaises qui ont poursuivi les assaillants, provoquant un échange de tirs qui a fait des victimes des deux côtés.

Il s’agit de la deuxième attaque contre la Minuad en trois jours. Un observateur militaire zambien membre de la mission avait été tué vendredi à El Fasher (nord du Darfour).

Les violences entre tribus et contre la Minuad se sont aggravées cette année au Darfour (ouest du Soudan), théâtre d’un conflit dévastateur depuis que des tribus locales se sont soulevées il y a dix ans contre les autorités de Khartoum.

L’attaque la plus meurtrière contre les Casques bleus de la Minuad avait fait huit morts — sept soldats tanzaniens et un policier sierra-léonais — et 16 blessés, le 13 juillet, près d’une base de la Minuad au nord de Nyala, une des principales villes du Darfour.

Romandie.com avec(©AFP / 13 octobre 2013 23h36)